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Les sénateurs exigent l’annulation des sénatoriales pour illégalité

« Les sénateurs multiplient les offensives pour contrer les réformes visant à modifier les statuts du Sénat. Moins d’une dizaine de jours après la plainte qu’ils ont déposée (…) pour l’adoption de ce projet de loi controversé à l’Assemblée nationale, les voilà en train de demander l’annulation du décret de convocation des grands électeurs pour les sénatoriales (…). Une délégation de sénateurs (…) a déposé hier un recours (…). Ces sénateurs dénoncent cette fois-ci un décret illégal. » (17 septembre 2020).



Le titre surprenant et les quelques phrases introduisent un article de …"Madagascar-Tribune" publié par R. Mandimbisoa le 17 septembre 2020 et qui concerne les élections sénatoriales à Madagascar prévues le 11 décembre 2020. Situation politique tendue à Madagascar puisque le Président Andry Rajoelina s’est permis de réformer les institutions par voie de simples ordonnances qui n’ont même pas été ratifiées par les parlementaires dans les délais. J’évoque ces élections sénatoriales malgaches juste pour rappeler que la France n’est pas seule au monde. Mon introduction est un peu provocatrice car mon article veut en fait évoquer les élections sénatoriales françaises qui ont lieu dans quelques jours, le dimanche 27 septembre 2020, et la campagne électorale ne bénéficie que d’un très faible écho médiatique.

Pourtant, le Sénat, en France, est une instance importante et au contraire de l’Assemblée Nationale, ce n’est pas une chambre d’enregistrement. La manière très territorialisée de désigner les sénateurs, leur longévité, leur sagesse qui les décale de l’actualité survoltée et leurs couloirs feutrés ont toujours donné une valeur ajoutée au rôle du Parlement, dans la construction des lois, mais aussi dans le contrôle sur le gouvernement.

Le Président du Sénat Gérard Larcher, candidat à sa reconduction et très apprécié de tous les sénateurs, pas seulement de la majorité sénatoriale, a d’ailleurs une formule choc pour résumer l’état d’esprit du Sénat : « Le Sénat ne dit jamais oui par discipline et non par dogmatisme. ». Et c’est vrai que c’est précieux d’éviter de réagir par posture politicienne ou idéologique, et de simplement rechercher, sincèrement parfois de manière étonnante, l’intérêt général.

On l’a vu dans l’affaire Benalla où la commission d’enquête du Sénat a fait beaucoup plus d’investigations et a été beaucoup plus utile que celle de l’Assemblée Nationale. On verra d’ailleurs dans quelques semaines ou quelques mois, on pourra faire la comparaison entre la commission d’enquête de l’Assemblée Nationale et celle du Sénat sur la gestion de la crise du covid-19 (qui n’est pas encore terminée).

Dans l’élaboration de la loi, tout ce qui relève du long terme a montré les atouts du Sénat, qui fut à l’origine des premières lois de bioéthiques (notamment avec le sénateur de Nancy Claude Huriet). Les sénateurs, capables de plus d’indépendance vis-à-vis des états-majors partisans, ont pu améliorer de nombreuses lois, ne se frottant pas aux diktats des chefs de partis, ont supprimé des dispositions très clivantes et contestées (par exemple les tests ADN pour les candidats à l’immigration), etc. Même si, parfois, leurs propositions ne sont pas prises en compte puisque, à part dans le cadre des révisions constitutionnelles et quelques autres exceptions, l’Assemblée Nationale garde toujours le mot de la fin.

Les sénateurs sont aussi très présents dans la vie de la société, ce qu’on pourrait appeler la "vie réelle", ou "forces vives", en organisant des journées spécifiques pour les chercheurs, pour les apprentis, pour les entreprises innovantes, etc.

Les sénateurs ont le temps de réfléchir, et il est faux de dire que le Sénat est une maison de retraite. Il suffit, pour donner un exemple, de demander à la conseillère régionale communiste de Rhône-Alpes depuis 2004, élue sénatrice de la Loire en 2011 à l’âge de 35 ans (réélue en 2017) et qui est loin d’être personne âgée agonisante et inactive ! Ou encore demander à Loïc Hervé, ancien maire UDI de Marnaz (élu pour la première fois à 28 ans), et élu sénateur de Haute-Savoie en 2014 à l’âge de 34 ans (il espère être réélu), par ailleurs capitaine de corvette de réserve dans la Marine nationale, qui n’est pas non plus un vieillard croulant.

Avec ce temps long, les sénateurs évitent de tomber dans l’émotionnel en pleine accélération des événements d’actualité. Cela ne les a pas exonérés de réformes internes et d’adaptation à cette accélération : sous l’impulsion de Christian Poncelet et du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, les sénateurs se sont réformés eux-mêmes. Ils ont ainsi réduit la durée de leur mandat de neuf ans (beaucoup trop long maintenant) à six ans.

Ils ont aussi renforcé leur représentativité dans les départements (avec plus de proportionnelle), et le Sénat a montré qu’il savait être représentatif du paysage politique : longtemps fief des partis centristes et radicaux, il a déjà eu une majorité gaulliste (depuis 1998) et même socialiste (entre 2011 et 2014), ce qui signifie que tous les partis peuvent, un jour, espérer conquérir la majorité sénatoriale, mais celle-ci ne sera jamais monolithique car cette majorité n’a jamais été autrement qu’une coalition de plusieurs partis ou groupes politiques, au contraire de ce qui se passe à l’Assemblée Nationale.

L’élection au suffrage universel indirect des sénateurs a l’avantage de leur faire représenter non seulement la population (ce qui est plus le rôle des députés) mais aussi les territoires. En effet, les sénateurs sont élus par les parlementaires, les conseillers régionaux et départementaux, mais surtout, pour 95% de leurs grands électeurs, par les délégués des conseils municipaux des 35 416 communes. C’est pourquoi il fallait absolument organiser les élections municipales avant les élections sénatoriales, afin d’être représentatives de l’évolution des territoires en 2020, et il y en a eu, notamment sur le front de l’écologie politique et des grandes villes. Par ailleurs, le suffrage universel indirect réduit les tentations démagogiques, puisque les grands électeurs sont souvent des personnes qui connaissent déjà les dossiers locaux et qui savent qu’il n’y a jamais de solution simple à des problèmes complexes.

En tout, 348 sénateurs siègent au Sénat, et 172 sièges sont renouvelables le 27 septembre 2020 (les départements du début et de la fin de la liste alphabétique, hors départements franciliens). Les autres sièges ont été renouvelés le 24 septembre 2017 et seront remis en jeu en septembre 2023. 6 autres sièges auraient dû être renouvelés en 2017, ceux des sénateurs représentant les Français établis hors de France, mais le report des élections consulaires pour cause de crise du covid-19 a fait repousser l’élection de ces 6 sénateurs à 2021.

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Actuellement, issu des élections sénatoriales du 24 septembre 2017, le Sénat est composé de sept groupes politiques : le groupe LR présidé par Bruno Retailleau, actuellement candidat à la candidature LR à l’élection présidentielle de 2022, qui est le groupe le plus important avec 144 sièges (dont 76 renouvelables) ; le groupe socialiste présidé par l’ancien ministre Patrick Kanner, avec 71 sièges (dont 35 renouvelables) ; le groupe Union centriste (UC, notamment l’UDI, mais aussi MoDem, sur ce dernier point, sous réserve que je ne me trompe pas !) présidé par Hervé Marseille, avec 51 sièges (dont 24 renouvelables) ; le groupe RDSE (Rassemblement démocratique, social et européen, notamment les radicaux) présidé par Jean-Claude Requier, avec 24 sièges (dont 14 renouvelables) ; le groupe LREM présidé par François Patriat, avec 23 sièges (dont 10 renouvelables) ; le groupe communiste présidé par Éliane Assassi, avec 16 sièges (dont seulement 3 renouvelables) et le groupe LIRT (Les Indépendants et République et Territoires) présidé par Claude Malhuret, avec 13 sièges (dont 6 renouvelables). Ce dernier groupe était issu de LR mais Macron-compmatible. Parmi les 6 sénateurs sans appartenance à un groupe, il y a deux sénateurs issus des listes FN de 2014 qui sont renouvelables.

L’un des principaux enjeux de ces élections sénatoriales, c’est de savoir si la majorité sénatoriale sera reconduite ou pas. Ce scrutin dépend beaucoup des résultats des dernières élections municipales où LR et le centre droit ont maintenu leurs positions sauf dans quelques grandes villes. La majorité sénatoriale sortante était confortable, au moins 208 sièges (sans compter certains élus du groupe RDSE), pour une majorité absolue de 175. Il y a donc peu de chance, avec les résultats des municipales, qu’il y ait un grand bouleversement, d’autant plus que Gérard Larcher mène une campagne très active dans toute la France.

Il y a aussi deux autres enjeux : le parti présidentiel et les écologistes.

LREM n’a pas réussi à conquérir les "territoires", ni aux sénatoriales de 2017 (au moyen de transfuges du PS ou de LR), ni aux municipales de 2020. Il y a donc peu d’incertitude à ce sujet, les sénateurs LREM devraient rester un groupe assez peu nombreux et ne pas avoir plus d’influence qu’auparavant, ce qui, pour le Président Emmanuel Macron, lui empêche toute initiative vraiment sérieuse de révision constitutionnelle (le Sénat, comme contre-pouvoir, est donc une instance indispensable dans une démocratie équilibrée qui ne doit pas permettre à un seul homme de faire tout ce qu’il veut, comme c’est le cas, par exemple, à Madagascar, voir plus haut).

Plus intéressante sera surtout la connexion entre les sénateurs LREM et les sénateurs de la majorité sénatoriale sortante (LR, UC, LITR, etc.). Il y a des espaces de coopération évidents entre LR et alliés et LREM au Sénat. Intéressant par exemple, l’ancien Premier Ministre Édouard Philippe, issu de LR mais ancien chef de la majorité LREM, fait actuellement campagne, aussi en tant que maire du Havre, pour soutenir des candidats aussi bien de la majorité sénatoriale que de la majorité présidentielle (comme Sébastien Lecornu, actuel membre du gouvernement).

Son appel au rassemblement du 16 septembre 2020 à Octeville-sur-Mer n’est d’ailleurs pas passé inaperçu des observateurs avisés de la vie politique nationale : « Je suis assez insensible aux logiques partisanes. Je pense que les gens votent pour les conseillers départementaux, les maires, les sénateurs pour ce qu’ils connaissent de la personne, par adhésion à la personne, à ce qu’elle fait, à ce qu’elle comprend (…). Plutôt qu’aux logiques partisanes, intéressons-nous aux femmes, aux hommes, aux projets, à la méthode, aux valeurs, à ce pour quoi vous voulez vous battre. Le dépassement, le sens de l’État, le sens de la France, devraient pouvoir plus sûrement qu’une boussole partisane nous dire comment travailler ensemble. ».

Le troisième enjeu, qui, à mon sens, est la seule vraie inconnue, c’est le résultat des écologistes à ce scrutin très particulier. En juin 2017, les écologistes avaient perdu leur groupe qu’il avait pu former en janvier 2012 et qui était présidé par Jean-Vincent Placé (en juin 2017, un sénateur EELV a rejoint le groupe LREM, faisant passer le nombre de sénateurs EELV à neuf, soit en dessous du seuil requis pour créer un groupe). Le scrutin du 24 septembre 2017 n’a pas permis de recréer ce groupe.

La conquête de grandes métropoles (notamment Lyon, Strasbourg, Bordeaux, etc.) devrait avoir une traduction sur le scrutin sénatorial, d’autant plus que ces métropoles sont situées, pour la plupart (hasard du calendrier), dans des départements renouvelables (ce qui n’est pas le cas de Grenoble). Actuellement, il n’y a que cinq sénateurs écologistes sortants et la sénatrice EELV du Val-de-Marne Esther Benbassa espère bien que les écologistes pourront reformer un groupe politique (il faut dix sièges) et aussi, elle souhaite le présider !

Les dirigeants EELV comptent raisonnablement conquérir un siège en Gironde, dans le Rhône, dans le Bas-Rhin, en Haute-Savoie et en Ille-et-Vilaine. Le problème pour eux, c’est que la conquête des métropoles ne s’est jamais faite sans coalition avec des mouvements de gauche, et donc, la "distribution" des délégués de ces grandes villes va donner des résultats peu prévisibles, d’autant plus que EELV n’a pas gagné de banlieues dans les grandes agglomérations et que l’attitude doctrinaire récente des nouveaux maires écologistes pourrait rebuter plus d’un grand électeur.

Enfin, je rajoute un quatrième enjeu : le RN. En 2014, le FN avait créé la surprise en gagnant deux sièges de sénateurs, Stéphane Ravier, maire du 7e secteur à Marseille, dans les Bouches-du-Rhône, qui devrait probablement être réélu, et David Rachline, maire de Fréjus, dans le Var, qui, en raison de la loi sur le cumul des mandats, a démissionné de son mandat de sénateur. Sa successeure en octobre 2017 comme sénatrice du Var est Claudine Kauffmann qui fut exclu du FN en 2018 en raison de ses positions très extrêmistes (sur les migrants, etc.), si bien …qu’elle a adhéré en 2019 à Debout la France ! de Nicolas Dupont-Aignan (qui, donc, récupère les trop extrémistes du RN !). Il y a peu de doute qu’elle ne sera pas réélue et le maintien d’un siège RN dans le Var n’est même pas certain (la personnalité de David Rachline avait beaucoup contribué à son élection en 2014).

Plus généralement, à l’exception de Perpignan, en Pyrénées-Orientales, le RN a fait des scores assez médiocres aux dernières municipales et le scrutin des sénatoriales devrait le refléter (notons que le département de Pyrénées-Orientales n’est pas renouvelable en 2020, la conquête d’un siège RN au Sénat dans ce département pourrait avoir lieu seulement en 2023, ou pas, en tout cas, pas avant 2023).

Sur le plan des personnalités, précisons enfin que les sénateurs sortants Claude Malhuret, Dominique Estrosi Sassone, Jean-Noël Guérini, Stéphane Ravier, François Patriat, Alain Houpert, Ladislas Poniatowski, Nicole Duranton, Hervé Maurey, Alain Cazabonne, Nathalie Delattre, Jean-Pierre Grand, François-Noël Buffet, Alain Joyandet, Loïc Hervé, Catherine Morin-Desailly, Claudine Kauffmann, Alain Milon, Bruno Retailleau, Daniel Gremillet, entre autres, sont candidats à leur réélection, tandis que Yves Daudigny, Philippe Adnot, Bruno Gilles, Bernard Cazeau, Jean-Marie Bockel, Jean-Pierre Vial, Jérôme Bignon, Yvon Collin et Alain Fouché, notamment, ne se représentent pas et quittent le Sénat.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (20 septembre 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Les enjeux des élections sénatoriales du 27 septembre 2020.
Christian Poncelet.
Résultats des élections municipales de 2020.
Le Sénat vote le principe de la PMA pour toutes.
80 km/h : le recul irresponsable adopté par les sénateurs.
Affaire Benalla : l’attaque frontale des sénateurs.
Benalla vs Sénat : 1 partout.
Gérard Larcher.
Élection du nouveau Président du Sénat (le 2 octobre 2017).
Résultats des élections sénatoriales du 24 septembre 2017.
Sénatoriales 2017 : état des lieux.
La XVe législature de la Ve République.
Les Langoliers.
Forza Francia.
La Ve République.
La campagne des élections législatives de juin 2017.
Élections sénatoriales du 28 septembre 2014.
Jean-Pierre Bel.
René Monory.
Alain Poher.

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23 réactions à cet article    


  • Clocel Clocel 21 septembre 11:15

    La révolte des séniles...

    Gaffe Macron, pas touche à la sinécure des gérontes !


    • Bec à foin Carabosse 21 septembre 11:48

      @Clocel

      Quand les frères trois-points auront épuisé tous leurs pétards mouillés, les mondialistes n’auront plus qu’à célébrer leurs obsèques et transformer le sénat en chambre des pairs LREM qui auront entre temps donné à une nouvelle aristocratie héréditaire le statut de patriciens.


    • Clocel Clocel 21 septembre 12:07

      @Carabosse

      Allez expliquer ça aux voteurs frénétiques !

      10 générations n’auront pas suffit pour comprendre que le République et la démocratie qui va avec n’est qu’une vaste fumisterie et que jamais l’être humain ne s’est trouvé encagé à ce niveau-là...

      Le bon vieux troc liberté contre sécurité, avec cet hameçon pourri vous choppez encore les 3/4 du corps électoral et que le reste se démerde dans les marges inexistantes.


    • Bec à foin Carabosse 21 septembre 13:45

      @Clocel

      Pour élire les sénateurs, les « voteurs frénétiques » sont des « grands électeurs », ce qui décuple la gravité de la pathologie et la difficulté à prescrire une thérapie adaptée, l’infection étant aggravée par le fait qu’il s’agit d’un cas typique de comorbidité.


    • Clocel Clocel 21 septembre 14:17

      @Carabosse

      La base du merdier, ce qui lui donne sa pseudo légitimité, qui nous place sous la dictature des médiocres, c’est le suffrage universel, sans lui, pas de « grands » électeurs.

      Il faut dix ans de goulag scolaire pour installer le logiciel de la soumission dans les tronches, entretenu journellement par les messes médiatiques et le virus de la peur, au propre comme au figuré.

      Politiquement, le stade anal indépassable, ils sont prêts à tuer pour garder leur aliénation.


    • zygzornifle zygzornifle 21 septembre 12:19

      Les sénateurs multiplient les offensives pour contrer les réformes visant à modifier les statuts du Sénat.

      Faut leur envoyer la BAC au bout de quelques yeux de crevés, de mains arrachées , de plaquage au sol suivis d’étranglements ils rentreront comme des Bernard l’Hermite dans leur coquille .... 


      • Bec à foin Carabosse 21 septembre 12:23

        @zygzornifle

        et le LBD ? 
        c’est fait pour quoi alors ?


      • Samson Samson 21 septembre 13:11

        Hi, hi, ...

        En Marche vers Nulle Part mieux vaut en rire qu’en pleurer, mais cette

        première occasion à haute résonnance symbolique de voter bâillonné est à ne surtout pas manquer ! smiley smiley smiley


        • Samson Samson 21 septembre 19:47

          @Samson
          ... d’autant que c’est à mon avis une des dernières de la Vème République.


        • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 21 septembre 15:12

          Le Sénat a accepté l’abolition de la peine de mort.

          Le Sénat a accepté l’avortement.

          Le Sénat a accepté le mariage homo.

          Le Sénat a accepté d’annuler le NON au référendum sur la constitution européenne.

          Le Sénat a accepté l’autoamnistie.

          Le Sénat a accepté l’assemblage hétéroclite des Régions sous Hollande.


          • babelouest babelouest 21 septembre 16:30

            @Daniel PIGNARD l’Assemblée, aussi. De toute façon, selon les dispositions actuelles elle a le dernier mot. Et selon le détestable article 27 de la constitution actuelle, « tout mandat impératif est nul » comme l’avait déjà proposé Sieyès le 7 septembre 1789. Vous allez peut-être me répondre : proposez une autre constitution ! Voilà.
            https://ti1ca.com/e6dm2nvr-2020-09-17-2020-09-17.pdf.html


          • Septime Sévère 21 septembre 23:16

            @babelouest
            .
            Le mandat impératif permettrait de grandes économies puisque le gouvernement suffit. Il n’y a plus besoin de parlement. Le système a donné toute satisfaction en URSS à cela près que ce pays n’a pas osé supprimer formellement la députation, et a donc manqué les économies faisables. 


          • ETTORE ETTORE 21 septembre 20:41

            L’auteur@

            « Le Sénat ne dit jamais oui par discipline et non par dogmatisme. ». Et c’est vrai que c’est précieux d’éviter de réagir par posture politicienne

             -------------------------------------------------------

            On l’a vu dans l’affaire Benalla où la commission d’enquête du Sénat a fait beaucoup plus d’investigations et a été beaucoup plus utile que celle de l’Assemblée Nationale.

             ---------------------------------------------------------------

            Ouhaouuuu ! Arrivé là...j’ai décroché, vu que ces deux paragraphes se gracient l’un, l’autre !

            La vache, Rakoto....Vous la faites venir en direct ? Parce que par chez nous, on en trouve pas d’aussi....rafinée !


            • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 21 septembre 20:45

              @ETTORE

              La vache, Rakoto....Vous la faites venir en direct ? Parce que par chez nous, on en trouve pas d’aussi....rafinée !

              C’est la magie Rakoto, du pur Vaudou malgache. Tu imprimes l’article du découpes une bande de 8cm de la feuille, tu roules avec un peu de tabac, tu allumes et t’es direct propulsé dans le terrier du lapin blanc.  smiley


            • ETTORE ETTORE 21 septembre 20:55

              Philippe Huysmans

              @

              et t’es direct propulsé dans le terrier du lapin blanc. 

              ahhh ? Zut ! Moi ça a été, direct, le terrier de LaREM !

              C’est sûrement dû au papier, j’avais gardé le bulletin de vote ! lol

              Pt’ain, ça secoue !


              • Octave Lebel Octave Lebel 22 septembre 10:04

                Êtes-vous sûr que ceux que vous soutenez avec autant de constance et d’imagination méritent tous ces efforts ?

                « L’élection au suffrage universel indirect des sénateurs a l’avantage de leur faire représenter non seulement la population (ce qui est plus le rôle des députés) mais aussi les territoires. En effet, les sénateurs sont élus par les parlementaires, les conseillers régionaux et départementaux, mais surtout, pour 95% de leurs grands électeurs, par les délégués des conseils municipaux des 35 416 communes. »

                 

                30 000 maires élus au 1er tour le 15 mars 2020 en l’absence de 55% des électeurs contre 7600 en 2014 appuyés sur 64% de leurs concitoyens.

                60% d’abstentions au second tour alors que nos concitoyens refréquentaient les marchés, nos grands places et lieux de promenade.

                Les maires et conseillers municipaux de 2020 arborent à leur revers un score entre 10% et 20% des inscrits ce qui leur permettra de renouveler la moitié du sénat pour un mandat de 6 ans.

                Rappelons l’élection d’un président par défaut soutenu par l’assemblée dite des 62 (62 % des électeurs qui sont restés les bras croisés aux législatives).

                 

                C’est un constat imparable, le système est de plus en plus instable, délégitimé et les professionnels de la politique avec leurs partenaires médiatiques sont aux abois. Agitations, cacophonie, fébrilité, encore à peine équilibrés par une mielleuse gentillesse de circonstance. Cela se voit et s’entend.

                Chaque année la même enquête pointe que seul maintenant 24% d’entre nous font confiance aux médias. Sur 35 pays interrogés nos sommes le deuxième plus mécontent. C’est une fierté nationale et internationale, n’est-ce pas. Si on enlève les 10% qui en sont les commanditaires, l’encadrement ou les clients intéressés (publicitaires, producteurs, éditeurs, clientèles du pouvoir), il doit y avoir des nuits peuplées de cauchemars dans ce petit monde qui fait malgré tout encore bonne mine comme le malade qui se cache sa maladie devant le diagnostic.

                Au classement mondial de la liberté de la presse (Reporters sans frontières 2020), la France patrie des Droits de l’Homme est en place 34 suivie du Royaume-Uni sur 180 pays (Norvège 1, Pays-Bas 5, Suisse 8, Portugal 10, Allemagne 11, Belgique 12…).

                L’exploitation maintenant des faits divers sortis de l’ombre alors qu’à d’autres moments on les cache, des extravagances des identitaires de tous poils qui sans les cymbales que font jouer les médias seraient tout simplement ignorés par l’indifférence du plus grand nombre, plombés par leur bêtise, ignorance et excès.

                De nouveau ces procédés de bas étage pour éviter à tout prix que nos concitoyens finissent par fédérer un rassemblement en vu de demander un renouvellement des institutions de nature à permettre leur réelle représentation ainsi qu’un véritable contrôle de l’exécutif.

                Entendre, reconnaître l’aspiration démocratique de nos concitoyens et travailler à sa mise en œuvre sont la réponse que les classes dirigeantes tentent à repousser le plus loin possible parce qu’ils sentent bien que dans ce mouvement beaucoup d’entre eux devront s’effacer.

                 

                Êtes-vous sûr que ceux que vous soutenez avec autant de constance et d’imagination méritent tous ces efforts ?


                • oncle archibald 22 septembre 11:48

                  @Octave Lebel : j’aime beaucoup lire vos contributions, que je partage souvent.

                  Très nombreux sommes nous à voir que ça ne peut pas « continuer comme ça » et que l’aspiration profonde des citoyens est un changement profond du fonctionnement de la société. Hélas très souvent on n’entend que des voix destructives : à bas Sarko, à bas Hollande, à bas Macron, chassons les immigrés, .... et très rarement des voix constructives.

                  Ce qui empêche le changement c’est la nécessité pour chacun de payer chaque mois son loyer et chaque semaine la note du supermarché. Car chacun sait qu’une économie à l’arrêt serait insupportable et qu’un nouveau modèle économique serait long et difficile à mettre en œuvre.

                  Chacun sait aussi que le vieux truc éculé « on fera payer les riches » ne fonctionnera pas : au contraire les "très riches’ abhorrés seraient les seuls à bien s’en sortir en partant ailleurs. Eux le peuvent matériellement et pour beaucoup je pense que quitter la France ne leur fendrait pas le cœur.

                  Alors ? Tous en SCOP ? Autant c’est envisageable pour les PME autant ça parait difficile pour les grosses entreprises de taille internationale et travaillant à l’export. Alors ? Et qui le décide ? On prend l’avis de chaque gilet jaune ? On aura autant d’avis différents que de gilets jaunes. Quoi d’autre ?


                • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 22 septembre 12:32

                  @oncle archibald

                  « Quoi d’autre ? »

                   

                  Mais tout simplement que Dieu reprenne la main.

                  https://www.biblegateway.com/passage/?search=Jacques+5%3A1-6%3BAmos+8%3A4-8&version=LSG


                • Octave Lebel Octave Lebel 23 septembre 10:20

                  @oncle archibald
                  Merci pour votre intérêt.Vous avez raison de poser ces questions du point de vue du quotidien et de la faisabilité.Nous sommes tous en recherche de repères et personne ne possède toutes les réponses.
                  Le format d’un commentaire est un peu étroit pour proposer une réflexion et je vais travailler à un article qui relèvera plus de pistes de travail et réflexions.


                • oncle archibald 23 septembre 12:25

                  @Octave Lebel

                  Je découvre tardivement l’intérêt de vos articles et contributions, et le peu de réactions qu’ils reçoivent en retour. J’en suis désolé mais pas vraiment surpris en constatant la facile médiocrité des articles qui « font le buzz ». AV devient le site ou il faut hurler avec les loups, c’est lassant. Mille fois je me suis dit qu’il fallait que je m’en aille d’ici, mais par une addiction que je n’explique pas, je n’y arrive jamais vraiment !


                • oncle archibald 23 septembre 12:30

                  @Octave Lebel

                  J’ai répondu très tardivement sous l’un de vos articles que je n’avais pas lu traitant de l’intéressement et de la participation, publié le 29 mai 2020.


                • Octave Lebel Octave Lebel 24 septembre 20:17

                  @oncle archibald

                  Merci de cet échange. Qu’il n’y ait pas beaucoup de réactions en retour n’est pas le plus important tout compte fait. La qualité des réactions est plus intéressante que ce soit dans le registre de l’approbation ou de la critique ou de la discussion. Ce que je regarde plutôt c’est l’évolution du nombre de lectures tout en sachant que ce qui est compté c’est l’ouverture d’un article, présumons-en la lecture. Je trouve cela satisfaisant, 1000, 1500,2000 lectures me vont très bien. Pour un sujet qui me tient à cœur quelques centaines aussi. Faire un score n’est pas un objectif, les recettes sont connues et fonctionnent au détriment du contenu. Écrire un article, c’est l’occasion de préciser pour soi un point de vue voire une analyse sur un sujet, de les rendre compréhensibles pour autrui et les partager. Je pense que ce sont des graines qui font leur chemin au-delà de notre visibilité. Beaucoup de lectures, filtrées à travers mes savoirs et expériences me nourrissent et me stimulent et au fond je m’inscris modestement dans ce processus. Il y a un côté bouteille à la mer. De ce point de vue, vivre à l’heure d’internet et connaître des expériences comme agrvx, c’est une chance, c’est un phénomène social nouveau avec ses essais, erreurs, ses parasitages, une forme aussi d’indépendance par rapport aux GAFA et aux médias professionnels dont les services de médiation sont bidon.

                  Il m’arrive d’être déçu et de penser à m’éloigner. Mais ce que je trouve intéressant ici c’est la disparité des centres d’intérêts et références et aussi la disparité de la rigueur et de la technicité mises dans les articles, l’expression assez libre et au fil de l’eau de certaines productions et que tout cela se côtoie, c’est assez unique. Je trouve intéressant de connaître la diversité des opinions, convictions, intérêts et leurs formulations de mes concitoyens. Une espèce de pouls (parmi d’autres bien sûr) de la société loin des sites plus académiques et plus formalisés qui n’ont pas que des qualités. Ils sont souvent limités par une forte homogénéité idéologique et culturelle. Je trouve très intéressant que ceux qui n’ont pas été initiés à la production écrite se lancent et s’approprient ce qui est un outil d’expression mais aussi un outil d’apprentissage et disent ce qu’ils ont à dire en toute responsabilité bien entendu. Je pense que ce mouvement est une dynamique dans nos sociétés. Dynamique d’appropriation et de circulation des idées.

                  Concernant agoravox, il me semble que la dominante est plutôt sur l’actualité politique nationale et internationale et cela m’intéresse. Il y a quelques belles contributions culturelles et sociétales, pas assez mais il faut des contributeurs et qu’ils trouvent du répondant.

                  Il me semble qu’il y a les lecteurs et/ou rédacteurs qui sont sur la position approuver/critiquer sans que l’on sache toujours très bien quelles sont leurs références, qu’il y a des affinités d’approbation. Ce n’est pas un reproche parce que les références sont complexes, quelquefois évolutives et peuvent varier chez chacun. Je crois afficher mes références avec clarté et nuances et je pense qu’il faut accepter pour soi-même de douter de ce que l’on croit savoir. Il y a un certain nombre de lecteurs pressés qui sont plutôt dans la réaction brève, quelquefois lapidaires ou dans des jeux de mots à plusieurs. A chacun ses plaisirs comme on dit. Il me semble que les plus nombreux sont les lecteurs silencieux qui comptent beaucoup, n’oublions pas de les saluer. Il y a quelques trolls un peu pitoyables mais qui me semblent avoir été tenus en respect ces derniers temps. Il faut s’en accommoder quelquefois et ne pas leur accorder un pouvoir qu’ils n’ont pas.


                • Arafel Arafel 2 octobre 20:17

                  "Pourtant, le Sénat, en France, est une instance importante et au contraire de l’Assemblée Nationale, ce n’est pas une chambre d’enregistrement.

                  "

                  Vous voulez certainement lorsqu’il n’est pas de la même couleur que le gouvernement...parce que sinon...ça suit les ordres...

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