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Loi « anti-fake news » : Le vrai visage du comité d’experts du CSA

Panorama Media est un média qui fait le choix d'une approche minimaliste. Nous cherchons à retranscrire une information à "l'état brut" et sourcée, sans commentaire ; ce sont nos "brèves". 

Régulièrement, nos "panoramas" traiteront une question d'actualité de manière à mettre en avant l'ensemble des sensibilités exprimées dans l'espace public sur le sujet. 

Enfin, nos "parti-pris" donneront la parole de façon assumée à un ou plusieurs acteurs sociaux et pourront donner lieu à des droits de réponses. 

Loi "anti-fake news" : Le vrai visage du comité d'experts du CSA

Rappel

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a rendu public vendredi 12 décembre dans un communiqué de presse la constitution d'une "équipe projet" et d'un "comité d'experts" sur la désinformation en ligne afin de "superviser les dispositifs de lutte contre la manipulation de l’information mis en place par les grandes plateformes de contenus".

Cette décision fait suite à l'adoption de la loi relative à la lutte contre la manipulation de l'information votée à l'Assemblée nationale en novembre 2018. Le CSA est chargé de la lutte contre la diffusion "de fausses informations [délibérées] susceptibles de troubler l’ordre public ou de porter atteinte à la sincérité" du scrutin et s'assure du "suivi de l’obligation pour les opérateurs de plateforme en ligne [comme Facebook et Twitter] de prendre les mesures prévues" par la loi, ce qui comprend notamment la lutte contre les comptes propageant massivement de fausses informations sur les réseaux sociaux.

Le comité d'experts

Le CSA a pris l'initiative de se doter d'un "comité d'experts" sur la lutte contre la désinformation en ligne conduit par Michèle Léridon, journaliste et membre du CSA. Ce comité réunit dix-huit personnes aux compétences diverses pour garantir une approche juridique, économique, scientifique, technologique et éthique. Le groupe composé de professionnels des médias, de journalistes, d'universitaires et de spécialistes du numérique pourra également "formuler des avis et des propositions".

Un comité d'experts aux tendances politiques affichées ?

Le vote de la loi relative à la lutte contre la manipulation de l'information a fait coulé beaucoup d'encre et a été à l'origine de nombreux débats. Si la loi vise "à garantir la sincérité d'un scrutin" dans les trois mois avant le jour de l'élection, aucune définition ne vient cependant encadrer très précisément les contenus ciblés. Beaucoup d'interrogations demeurent donc sur l'application de cette loi et les premières interventions du CSA seront naturellement scrutées.

La composition du récent "comité d'experts" apparaît à ce titre symbolique des débats qui se sont déroulés à l'Assemblée nationale lors du vote de cette loi. Outre les compétences des différents membres de ce comité d'experts, les orientations politiques, affichées ostensiblement par certains, ne contribuent pas à rassurer.

Le comité peut-il réellement revendiquer son expertise "éthique" quand un tiers de ses membres s'expriment ouvertement en faveur ou contre des candidats lors de la campagne présidentielle de 2017 ? La question se pose. S'il est saugrenu d'imaginer un comité composé de membres sans opinions, la pluralité des convictions serait un gage de neutralité.

Nous avons épluché les comptes Twitter de chaque membre du "comité d'experts" durant la campagne présidentielle et législative de 2017 et avons retenu ceux qui se sont exprimés. Il apparaît qu'un tiers de ses membres s'est déclaré en faveur ou contre un candidat.

L'implication de nombreux experts dans le débat politique partisan semble révéler une absence de diversité des idées politiques dans ce comité qui navigue entre la gauche et le centre-gauche.

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Christine Balagué

professeur à l’Institut Mines-Télécom Business School, titulaire de la Chaire Good in Tech ;

a soutenu Emmanuel Macron et a participé au financement de la campagne présidentielle du candidat ; a fait des tweets contre François Fillon et Marine Le Pen.

 

Julia Cagé

Assistant Professor en économie à Sciences Po ;

a participé à la campagne de Benoit Hamon, en charge des questions économiques comme son mari, l'économiste Thomas Piketty

Yves Caseau,

directeur des systèmes d’information du Groupe Michelin, membre de l’Académie des technologies ;

a soutenu la candidature d'Alain Juppé à la primaire de la droite et du centre en 2016 puis En marche

Frédéric Filloux, président-directeur général de Deepnews.ai ;

a soutenu Emmanuel Macron ; il a dénoncé le traitement médiatique de son candidat en incriminant la responsabilité ... du CSA.

"frenchelection @frenchelection2017 Emmanuel Macron incarne une chance historique de moderniser la France. Il pourrait être un grand président"

Divina Frau-Meigs, professeur en sciences de l’information et de la communication à l’Université Sorbonne nouvelle – Paris III, experte auprès de l’Unesco, du Conseil de l’Europe et de la Commission européenne ;

a pris position lors du second tour

Boris Jamet-Fournier, responsable du département recherche et innovation de l’Institut national de l’audiovisuel ;

a soutenu Benoit Hamon puis a fait campagne pour le candidat PS Patrick Bloche lors des élections législatives de juin 2017 ; actuellement Adjoint au Maire du IVe arrondissement de Paris chargé de l'urbanisme, des nouveaux usages, de l'innovation, de la participation citoyenne et de la modernisation de l'administration

Lucas Menget, directeur-adjoint de la rédaction de France Info ;

Panorama Media

 

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13 réactions à cet article    


  • Jonas Jonas 27 décembre 2019 10:25

    "L’implication de nombreux experts dans le débat politique partisan semble révéler une absence de diversité des idées politiques dans ce comité qui navigue entre la gauche et le centre-gauche."

    Le CSA est un organisme partisan du sytème politique Macron.
    Et c’est normal, puisque son président, Roch-Olivier Maistre, a été nommé par Emmanuel Macron.


    • Le421 Le421 28 décembre 2019 08:54

      @Jonas
      Sans blague !!
      Je ne m’en serais jamais douté !!
      Merci. smiley


    • JL JL 27 décembre 2019 10:56

      ’’L’implication de nombreux experts dans le débat politique partisan semble révéler une absence de diversité des idées politiques dans ce comité qui navigue entre la gauche et le centre-gauche.’’

       

      La Gauche ? Le Centre gauche ?

       

      Voyons voir :

       

      Christine Balagué a soutenu Emmanuel Macron

      Julia Cagé, a participé à la campagne de Benoit Hamon

      Yves Caseau, a soutenu la candidature d’Alain Juppé à la primaire de la droite

      Frédéric Filloux a soutenu Emmanuel Macron.

      Divina Frau-Meigs, a soutenu Emmanuel Macron. contre Le Pen

      Boris Jamet-Fournier, a soutenu Benoit Hamon

      Lucas Menget,  (tweet anti-Le Pen)

       

       A part Hamon, qui peut se revendiquer de la gauche PS, autrement dit européiste, les autres je vois pas ! se prononcer contre Le Pen c’est être à gauche ?


      • JL JL 27 décembre 2019 18:33

        @kimonovert
         
         smiley


      • Pierre Régnier Pierre Régnier 27 décembre 2019 11:42

        Plutôt que de veiller à la domination d’une bien-pensance au service des pouvoirs politiques établis, et plutôt que de détruire l’audiovisuel de service public, le CSA, mais aussi l’ensemble de la population démocratique de France, devrait exiger son extension par la création sur internet d’au moins un véritable réseau social où seraient exclus les interventions sous pseudo, les injures, les grossièretés, la pornographie...

        Ajouter « et les mensonges » serait, je crois, une erreur. Si les conditions de libres échanges corrects étaient réunis, très vite les inexactitudes, les fausses informations, volontaires ou pas, apparaîtraient pour ce qu’elles sont et leurs auteurs seraient vite décrédibilisés.

        L’important, me semble-t-il, est d’aider la jeunesse à échapper aux faux progrès que constituent les réseaux créés, principalement aux États Unis, pour répandre partout la « culture » américaine qui ramène tout à l’appauvrissement spirituel et aux profits financiers.


        • L'Astronome L’Astronome 27 décembre 2019 14:21

           

          Cette loi « anti-fuck news » a l’air d’être une fuck new

           


          • HELIOS HELIOS 27 décembre 2019 15:45

            loi anti-fake news... ah, ah, ah.... 

            Le CSA est un organisme qui pourrait être respectueux des opinions... comme les communistes en leur temps, tant que ces opinions sont les même que les siennes.

            Alors, oui, il y a des fakes news, oui il faut les combattre... helas le CSA ne s’en occupera pas, trop heureux de laisser courir ce qui le gêne.

            De plus, dans toute information, il y a toujours au delà des fait, une part prospective qui sert évidement les censeurs.

            La preuve :

            L pacte de Marrakech, dans son objectif 17 : Éliminer toutes les formes de discrimination et encourager un débat public fondé sur l’analyse des faits afin de faire évoluer la manière dont les migrations sont perçues

            ... qui est évidement une bonne intention a ce niveau... mais les points c) ci dessous (texte) :

            Promouvoir une information indépendante, objective et de qualité, y compris sur Internet, notamment en sensibilisant les professionnels des médias aux questions de migration et à la terminologie afférente, en instituant des normes déontologiques pour le journalisme et la publicité et en cessant d’allouer des fonds publics ou d’apporter un soutien matériel aux médias qui propagent systématiquement l’intolérance, la xénophobie, le racisme et les autres formes de discrimination envers les migrants, dans le plein respect de la liberté de la presse  ;

            ...... En gras, cela veut dire que ceux qui ne sont pas d’accord ne pourront l’exprimer et il sera interdit aux journalistes de le dire malgré le détail cosmétique des derniers mots. (normes déontologiques...ah, ah, ah...)

            ainsi que f)... (texte) :

            Favoriser les campagnes de sensibilisation à l’intention des communautés d’origine, de transit et de destination, le but étant d’amener le public à considérer les effets positifs qu’ont des migrations sûres, ordonnées et régulières, sur la base d’éléments tangibles et de faits, et de mettre un terme au racisme, à la xénophobie et à la stigmatisation à l’égard de tous les migrants ;

            ..... En gras, cela veut dire qu’on ne doit parler que des « effets positifs » et s’abstenir de parler des problèmes... cela s’appelle la déontologie et la liberté de la presse.

            Et le CSA dans tout ça : il sera (il est) là pour s’assurer que les fake news officielles puissent survivre... l’exemple du pacte de Marrakech est loin d’étre le seul (pensez un peu au GIEC et au CO2) et ne fait que materialiser ce que font les grands média main stream aujourd’hui par autocensure.

            Et après les journalistes se plaignent du désamour.


            • CLOJAC CLOJAC 27 décembre 2019 20:52

              @HELIOS

              « loi anti-fake news... ah, ah, ah.... »

              Déjà le fait qu’un organisme public nommé par le pouvoir et à sa botte puisse prétendre dire le vrai, le bon, le juste, le bien d’un côté... Et dénoncer le faux, le mauvais, l’inique, le mal de l’autre... Est une abomination !
              Une perversion absolue de la liberté d’informer.
              L’affichage cynique de la volonté du pouvoir d’imposer ses vérités...
              Et par voie de conséquence d’interdire et de sanctionner les opinions contraires.

              Avant de déclarer hors-la-loi toute expression qui ne sera pas 100% béni-oui-oui.
              Alors certes, avec la corruption, la flagornerie, la bassesse et le conformisme qui régissent les médias aujourd’hui, on n’est pas loin de cette situation.
              Mais au moins a-t-on encore le droit de se rebiffer et de dénoncer leurs exactions.
              De diffuser des faits, des idées, des opinions contraires à la vérité officielle.
              Demain, si ce projet macronesque aboutissait, ce serait bouche cousue pour tous, sauf pour qui adulent le freluquet. Par intérêt ou par lâcheté.


            • jjwaDal jjwaDal 27 décembre 2019 18:40

              Les principaux émetteurs de fausses informations sont les Etat et l’Histoire le prouve. Ils peuvent d’autant plus facilement les propager qu’ils sont soit propriétaires soit contrôlent directement ou non, les principaux médias. Il est assez facile de douter et de démonter les ragots et les foutaises émis sur le réseau, y compris les réseaux sociaux, bien plus dur de douter et de démontrer la fausseté volontaire des mensonges d’Etats.
              Donc, tout organisme de contrôle sera biaisé dès le départ, prenant la propagande d’Etats pour de l’information et toute tentative de mettre en doute cette désinformation, comme de la désinformation.
              Les grands médias ont toujours propagé les rumeurs de sources étatiques sans les vérifier, se transformant en colporteurs de fausses nouvelles. Les affirmations sans preuve aucune, y sont devenues tellement banales qu’on ne les relèvent quasiment plus.
              Donc ce comité Théodule ne peut avoir pour objet que de contrôler la liberté d’expression, y compris la liberté de se tromper sans intention de tromper les autres, chose difficilement concevable pour les mensonges d’Etats qui sont toujours des constructions élaborées pour déformer, cacher, induire en erreur.


              • Le421 Le421 28 décembre 2019 09:00

                @jjwaDal
                Excellent exemple que le cas Dupont De Ligonnès...

                Je ne parlerais pas du traitement médiatique de la perquisition de Mélenchon (j’ai cru en regardant qu’il avait fait allégeance à DAECH !!) qui c’est limité à la bonne phrase bien mal traduite, la république c’est moi !!
                D’ailleurs, voici un film sur la technique du « lawfare », nouvelle technique utilisée...
                https://www.youtube.com/watch?v=UqtXvGs66iw&feature=share&fbclid=IwAR1U2t1SK_ME-dq6j_eUV9fNNmzCJtn8tQIcCWXBo8KDQ8qWhnR3n11zvIs


              • jjwaDal jjwaDal 28 décembre 2019 23:41

                @Le421
                Merci pour le lien. Oui, joli coup du pouvoir à l’époque. C’est un métier...


              • capobianco 30 décembre 2019 12:49

                @Le421
                Le lien que tu donne mériterait d’être popularisé tant l’on peut voir la « technique » utilisée par les pouvoirs liés à la finance pour se « débarrasser » des oppositions. J’avais bien vu la méthode contre Lula et d’autres présidents de gauche d’amérique du sud mais je n’avais pas fais le lien avec ce qui c’est passé chez nous ! 
                Je me révolte d’être vieux et de savoir que je n’ais plus le temps et la force de militer pour notre peuple. Il faut populariser cette vidéo ce sera au moins çà ma contribution à l’action.
                Meilleurs vœux à toi et à ta famille.


              • Xenozoid Xenozoid 30 décembre 2019 12:59

                Dans une atmosphère d’hystérie et de paranoïa collective, les récits des autorités ou/et autorisés n’ont pas besoin d’avoir de sens ou de résister à n’importe quel examen approfondi. Leur but premier n’est pas de tromper, mais plutôt de délimiter un territoire idéologique acceptable, d’expression et d’émotion auquel les gens « normaux » doivent se conformer. Au-delà des limites, se trouvent les ténèbres extérieures de « l’anomalie » et de « l’extrémisme », dont aucune personne « normale » ne veut. Pour éviter d’être jeté dans cette obscurité extérieure, les gens se conformeront aux absurdités les plus absurdes et paranoïaques que vous pouvez imaginer. 
                Les classes dirigeantes le savent, et c’est pourquoi elles s’en moquent si vous réfutez leurs récits sur Twitter ou sur un site web « déshonorant » qu’ils ont rendu pratiquement invisible de toute façon. Ils ne discutent pas des faits ou de la vérité ... ils marquent les limites de ce territoire « normal » et attirent des gens effrayés. 

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