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Macron, ou le « hold-up » politique du siècle

En sport, on parle de « hold-up » lorsqu’une victoire revient à une équipe ou un joueur qui n’avait en théorie aucune chance de l’emporter. Or, après avoir gagné l’élection présidentielle, Emmanuel Macron – inconnu des Français il y a 3 ans et sans parti il y a 14 mois ! – est en passe de disposer à l’Assemblée Nationale d’une très large majorité. Du jamais vu sous la Ve République...

Après qu’Emmanuel Macron ait gagné, lors des scrutins des 23 avril et 7 mai, une élection présidentielle réputée quelques mois plus tôt « imperdable » par Les Républicains, voilà le nouveau chef de l’État en passe de réunir sous les couleurs de son parti La république En Marche une très large majorité de députés au service de ses projets politiques. Une situation tellement impensable à l’aube de cette année 2017 que l’on peut qualifier cette probable et très large majorité absolue de « chambre introuvable », pour reprendre l’expression employée par Louis XVIII pour désigner le parlement d’août 1815 constitué, contre toute attente, d’une majorité d’élus « ultras » dévoués à la cause de la monarchie. C’est donc bien d’un « hold-up » politique qu’il s’agit dans la mesure où, pour légitimes que soient les résultats des deux rendez-vous électoraux, personne n’aurait misé le moindre centime sur un tel scénario il y a 6 mois

Comment en est-on arrivé là ? Emmanuel Macron est, à l’évidence, un produit du libéralisme décomplexé soutenu par les puissances de l’oligarchie et servi par un marketing parfaitement huilé. Mais il est absurde d’affirmer qu’il a été lancé dans l’aventure politique dans l’optique de devenir président de la République dès 2017. Cela n’aurait eu aucun sens, et c’est plutôt un investissement des grands groupes financiers et industriels pour l’avenir qu’il faut voir dans ce personnage au look de premier de la classe version Harvard ou Yale. Car Emmanuel Macron était, selon toute probabilité, « programmé » pour 2022. Dès lors, le lancement de son parti le 6 avril 2016 puis sa campagne présidentielle ne visaient – dans un contexte où la victoire de LR était acquise du fait de la déroute annoncée du PS – qu’à lui donner une assise électorale solide pour lancer LA véritable offensive élyséenne lors du prochain rendez-vous présidentiel dans 5 ans, après qu’Alain Juppé ait effectué son unique mandat.

Les circonstances imprévisibles de cette campagne atypique ont fait le reste en écartant de la route du pouvoir tous les prétendants a priori destinés à se disputer la présidence : Qui aurait pu prévoir l’élimination de Nicolas Sarkozy et d’Alain Juppé lors de la primaire de la droite et du centre ? Qui aurait pu prévoir la piteuse élimination de Manuel Valls au profit de Benoît Hamon lors de celle de la gauche socialiste et radicale ? Qui aurait pu prévoir la révélation dévastatrice de l’affaire Fillon ? Qui, surtout, aurait pu prévoir l’entêtement suicidaire des caciques Républicains à maintenir la candidature du sulfureux Sarthois alors que le retour d’Alain Juppé aurait replacé le candidat LR en situation de grand favori du scrutin ? Même un professionnel des fictions télévisées pas très regardant sur la crédibilité n’aurait jamais osé écrire un tel scénario ! Ajoutons à cela que Juppé à la place de Fillon, Macron n’aurait jamais dépassé 10 % des suffrages, eu égard à un positionnement libéral très proche en matière de projet !

Un clivage dépassé

À ces faits se sont en outre ajoutés deux éléments qui, à n’en pas douter, ont joué un rôle prépondérant dans la réussite présidentielle d’Emmanuel Macron : D’une part, le rejet d’un nombre croissant d’électeurs pour les caciques des vieux partis de gouvernement qui les ont si souvent trompés au cours des dernières décennies en tournant délibérément le dos à leurs engagements une fois au pouvoir. D’autre part, l’appétence pour un positionnement « ni de gauche ni de droite » qui est apparu à beaucoup de Français comme une synthèse de la réalité ressentie d’un clivage partisan dépassé, car devenu artificiel, entre des socialistes et des républicains positionnés peu ou prou sur une même ligne libérale privilégiant le service des puissants au détriment de celui des classes populaires.

Présider la République française est une chose, pouvoir la gouverner en s’appuyant sur une majorité de parlementaires en est une autre, et là aussi le défi était a priori redoutable à relever pour ce président à la tête d’un parti sans référence ni assises, composé principalement de novices mêlés à des transfuges du parti socialiste et de l’aile modérée de la droite. Dès lors, obtenir une majorité, a fortiori absolue, relevait de la mission impossible semblaient dire d'éminents analystes politiques au soir et au lendemain du 7 mai. Impossible ? Apparemment non si l’on en croit les différentes enquêtes publiées à ce jour. Toutes montrent un net effet d’amplification du score réalisé par Emmanuel Macron au 1er tour de la présidentielle. Avec des estimations allant de 28,5 à 31 %, LREM se situe effectivement entre 4,5 et 7 points au-dessus du résultat du candidat En Marche le 23 avril, et entre 7 et 9 points devant Les Républicains ! On savait les Français légitimistes, ils le démontrent une fois de plus : malgré le manque d’expérience du nouveau président et l’inconnue d’une majorité sans repères, ils affichent une volonté de cohérence en s’apprêtant bel et bien à donner au chef de l’État les moyens législatifs de la politique qu’il entend conduire.

À cet égard, l’enquête publiée le vendredi 2 juin et réalisée conjointement par l’Ipsos et le Cevipof (lien) est d’autant plus impressionnante qu’elle s’appuie sur un échantillon de plus de 8 700 personnes certaines d’aller voter, soit 4 à 6 fois plus que les enquêtes habituelles. Avec un nombre de députés LREM compris dans une fourchette allant de 395 à 425 élus, c’est vers un raz-de marée macroniste que l’on semble aller si l’on en croit cette étude, et cela au détriment d’anciens partis de gouvernement laminés (LR et PS) et de partis populaires (FI et FN) en net recul par rapport à leurs attentes. À noter que cette projection a été réalisée en croisant les intentions de vote partisanes au niveau national avec les résultats enregistrés au 1er tour de la présidentielle dans chaque circonscription, le tout pondéré par les conditions spécifiques de qualification au 2e tour des élections législatives*.

Des partis minoritaires laminés

Comment expliquer un tel chamboulement de l’Assemblée Nationale au profit d’un parti né il y a seulement un peu plus d’un an ? Par un phénomène simple : la volonté de cohérence des Français conjuguée au rejet des pratiques politiques à l’ancienne. Il en résulte que dans la grande majorité des circonscriptions, les candidats LREM, profitant pleinement de l’effet d’amplification naturelle du score présidentiel, devraient se qualifier pour le 2e tour. Dès lors, grâce à leur positionnement identifié comme centriste, ces candidats bénéficieront de gros reports de voix venues : d’un côté, des électeurs de droite qui ne veulent pas d’un élu de gauche ; de l’autre, des électeurs de gauche qui ne veulent pas d’un député LR-UDI. Quant aux candidats de la France Insoumise et du Front National, ils devraient payer dans ce contexte très favorable à LREM le fait que l’abstention limitera fortement le nombre des triangulaires*, beaucoup plus favorables à leurs couleurs que des duels du fait de la dispersion des voix. Pour mémoire, il y avait eu 495 duels en 2012, et seulement 82 triangulaires et quadrangulaires.

Entre la présidentielle et les législatives, c’est donc bien un « hold-up » au sens sportif du terme qui devrait être finalisé au soir du 2e tour des législatives le 18 juin. Avec pour conséquence un traitement inique des partis minoritaires comme je l’ai écrit le 29 mai dans Législatives : vers un déni de démocratie. Or, l’étude Ipsos-Cevipof évoquée ci-dessus montre que ce déni pourrait être encore plus prononcé qu’on pouvait le présumer. Il suffit pour s’en convaincre de comparer la moyenne des sièges attribués dans cette enquête à l’alliance LREM-Modem, soit 410, au total des moyennes de sièges attribués aux différents partis : moins de 170 pour toutes les autres formations, du FN à la FI et au PC en passant par LR et l’UDI, le PS et ses alliés, sans oublier quelques indépendants ! Jamais aucun président n’a disposé d’une telle assise parlementaire depuis De Gaulle en 1958 !

Encore faudrait-il, du côté des macronistes, ne pas vendre la peau de l’opposition avant que les Français n’aient voté les 11 et 18 juin. Nul ne sait en effet si les projections Ipsos-Cevipof seront confirmées ou non dans les urnes. À cet égard, les inquiétudes nées dans l’opinion des révélations sur le contenu des ordonnances relatives à la future Loi Travail pourraient quelque peu tempérer l’enthousiasme en faveur de La République En Marche. Mais sans doute pas au point d’empêcher Emmanuel Macron de sabler le champagne au soir du 2e tour des législatives. À ce jour, les jeux ne sont toutefois pas faits, et il appartient encore à chaque électeur de peser sur les choix du gouvernement selon sa sensibilité.

Pour se qualifier au 2e tour des législatives, il est nécessaire d’avoir obtenu au moins 12,5 % des inscrits du 1er tour. Cela signifie qu’il faudra, pour se qualifier, avoir réussi un score de 1er tour situé entre 18 et 23 % selon les circonscriptions, compte tenu du taux local d’abstention.


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198 réactions à cet article    


  • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 6 juin 08:37

    Le Général Henri Roure, Secrétaire national pour les questions de défense au CNIP (Centre National des Indépendant et Paysans), fait une analyse qui rejoint la-vôtre.


    • Fergus Fergus 6 juin 09:24

      Bonjour, Jeussey de Sourcesûre

      Merci pour ce lien.

      Il y a quand même une différence : personnellement, j’ai noté depuis le mois de janvier un réel engouement d’une partie de la population pour Macron. Et sur le terrain, l’on constate désormais une réelle envie d’une chambre En Marche ! pour les raisons que j’ai évoquées dans l’article.

      C’est pourquoi je pointe le danger qu’il y aurait pour les adversaires - dont je suis - de la ligne politique de Macron à nier ce phénomène en tentant de se persuader que Macron n’a été qu’un produit marketing, ce qui est manifestement faux. On ne combat pas un adversaire en le sous-estimant et en ne cessant de le ramener à un destin éphémère ! 


    • JBL1960 JBL1960 6 juin 17:52

      @Jeussey de Sourcesûre Oui, comme il est dit dans l’analyse « on est confronté à un monstre »...
      Ce monstre est tentaculaire... Aussi arrêtons de se faire « tentaculer », non ?

      Alors, sur le site d’entrefilets.com je suis tombée sur ça https://tambouille-electorale.fr/ très instructif !

      Il est un fait que ce devait absolument être Macron, et le « Make our planete great again » est particulièrement tendancieux, lorsqu’on le met en regard, par exemple, avec le America First ou le Make America great again de Trump d’une part, et les écrits des Natifs ou Nations premières d’autre part.

      Maintenant, après Manchester 3.1 et London 3.2, et pour justifier la prolongation de l’état d’urgence, La Voix de Son Maitre est prête à tout : https://francais.rt.com/france/39320-mouvement-foule-notre-dame-paris-detonations-entendues#.WTa9dRI6K14.twitter La préfecture de police de Paris a confirmé à l’AFP qu’un individu avait attaqué un ou plusieurs officier(s) de police avec un marteau, à proximité du parvis de Notre-Dame de Paris, dans l’après-midi du 6 juin. L’individu a été blessé par balle par un officier.

      Et ce au prix de nos vies...


    • oncle archibald 6 juin 08:47

      « Pour se qualifier au 2e tour des législatives, il est nécessaire d’avoir obtenu au moins 12,5 % des suffrages exprimés du 1er tour. Cela signifie qu’il faudra, pour se qualifier, avoir réussi un score de 1er tour situé entre 18 et 23 % selon les circonscriptions, compte tenu du taux local d’abstention. »

      Relisez vous bordel ! Ce sont 12,5% des INSCRITS qu’il faut obtenir pour avoir le droit de repartir pour le deuxième tour. C’est super énervant un mec qui pérore sur des statistiques de sondages sans faire attention à l’essentiel.

      Car il est là l’essentiel : l’éclatement en plein vol du PS et de LR complètement vramés dans l’opinion, plus le probable taux important de l’abstention, plus la multiplication des candidatures, cet ensemble de causes va limiter énormément les possibilités d’accès au deuxième tour et donc ... Celui qui arrivera premier au premier tour aura de très grandes chances d’être élu au second. Et comme ce sont les candidats Macron qui seront en tête presque partout ......


      • Fergus Fergus 6 juin 09:26

        Bonjour, oncle archibald

        Vous avez entièrement raison : ce sont bien les inscrits. Sincèrement désolé pour cette grosse faute d’inattention de ma part.


      • papijef papijef 11 juin 18:57

        @Fergus
        tu permets ? une faute de signifie « manquer de », donc une faute d’inattention, c’est que tu as manqué d’inattention ? que tu as été attentif ? sois moins inattentif dans l’emploi des mots s’il te plait ...


      • gruni gruni 6 juin 08:48

        Bonjour Fergus


        Environ 45% d’abstentionnistes sont annoncés. Autant dire que ce fameux « peuple » que tous les candidats revendiquent ne s’intéresse guère à la future Assemblée. Après, les mêmes braves Français viendront se plaindre que l’Assemblée n’est pas représentative. Nous avons en France un peuple vraiment formidable tout juste bon à gueuler dans la rue... Macron t’es foutu !

        • gruni gruni 6 juin 09:23

          @ l’inconnu qui ma mis une étoile


          Merci je vais pouvoir jouer au shérif 

        • Trelawney Trelawney 6 juin 09:25

          @gruni

          J’habite une ville composée de 43000 électeurs et dont le maire aux dernières élections a été élu avec 7100 voix. L’abstention ne date pas d’aujourd’hui

        • gruni gruni 6 juin 09:33

          @Trelawney


          Je sais bien que l’abstention ne date pas d’aujourd’hui, mais là il ne s’agit pas d’une élection locale, mais nationale. Dire qu’on va voter pour des députés godillots c’est un peu facile. Souvenez-vous des frondeurs du PS et regardez le fiasco des socialistes aux élections. 

        • Fergus Fergus 6 juin 09:37

          Bonjour, gruni

          Je suis d’accord avec toi, c’est avant tout dans les urnes qu’il convient de défendre ses idées. Or, ce ne sont pas les offres alternatives qui manquent !


        • Extra Omnes Extra Omnes 6 juin 11:27

          @gruni
          macron = monarc
          les français seraient ils royalistes ?
          Quant a l’abstention ... 81 % de non votants au 1er tour des legislatives qui a eu lieu dimanche 4 juin chez les français de l’étranger. Macron arrive en tête de 10 circonscriptions sur 11. Certains candidats LRM font plus de 60 % mais ne sont cependant pas élus n’obtenant pas les 12.5 % d’inscrits.
          C’est quoi ces élections ?
          Les français semblent écœurés.



        • Fergus Fergus 6 juin 11:53

          Bonjour, Extra Omnes

          « Les français semblent écœurés »

          Pas si sûr : quand on est « écœuré » on a plutôt tendance à se battre pour un changement véritable.

          Or, rien de tel là : ceux qui soutiennent Macron votent pour ses candidats, leurs adversaires étant laminés, notamment du fait de l’abstention de leurs propres électeurs. Tout cela légitime de facto les candidats LREM malgré la faible participation. 


        • Croa Croa 6 juin 12:22

          À gruni,
          Ce n’est pas que les gens ne s’intéressent pas à la politique, c’est que la plupart des gens considèrent que c’est foutu d’avance. Ils n’ont pas tout à fait tors même si par principe c’est bien d’aller voter quand même.


        • gruni gruni 6 juin 12:29

          @Croa


          Pour reprendre la métaphore du foot, si vous déclarez forfait avant le match vous perdez 3 à 0. Mais là, Macron risque fort de faire un véritable carton.

        • gruni gruni 6 juin 12:56

          @Extra Omnes


          Oui, pour des raisons diverses il y a souvent une forte abstention lors du vote des étrangers. C’est également vrai en France et pas seulement aux législatives. Comme si la seule élection qui compte était la présidentielle. C’est vrai qu’en France le Président a énormément de pouvoir, trop sans doute. Ceci peut expliquer cela, mais est-ce une raison pour renoncer à s’opposer...

        • François Vesin François Vesin 6 juin 15:10

          @Fergus
          « Pas si sûr : quand on est « écœuré » on a plutôt tendance 

          à se battre pour un changement véritable. »

          Bravo ! Vous commencez enfin à comprendre que
          le changement véritable mérite que l’on se batte !

          Mais, en l’état actuel de déliquescence de nos 
          institutions démocratiques, ce combat est perdu
          d’avance si l’on s’acharne à croire que « l’offre »
          politique pour laquelle il nous faudrait voter a la 
          moindre chance de répondre à l’attente
          de nos concitoyens.

          Le combat pacifique consiste à les affamer de nos 
          voix qu’ils s’empressent de trahir et, 
          d’entrer en résistance jusqu’à l’obtention 
          du mandat impératif qui reste notre seule
          chance de restaurer la démocratie.


        • Fergus Fergus 6 juin 15:32

          Bonjour, François Vesin

          « Vous commencez enfin à comprendre que le changement véritable mérite que l’on se batte ! »

          Je ne commence rien, cela fait des décennies que je participe à des actions. Et en 1995 pour ne citer que cette période, je n’ai pas raté une seule manifestation parisienne contre le plan Juppé. Quelques temps après, j’ai même aidé des militants de Sud à rédiger des tracts.

          Pour ce qui est de « l’offre », je suis persuadé que le projet de la France Insoumise est une bonne réponse.

          Le « mandat impératif » est, à mon avis, une absurdité eu égard aux aléas qui peuvent, à tout moment, modifier la gouvernance d’un exécutif et obliger celui-ci soit à renoncer à des engagements, soit à prendre des décisions non présentes dans le projet initial. En réalité, ce type de mandat ne peut trouver sa place que dans un cadre ponctuel sur un objectif très ciblé.

          Enfin, notre démocratie n’est malade que parce qu’elle est dévoyée. Il n’en irait pas de même s’il existait dans le cadre d’une nouvelle constitution de véritables contre-pouvoirs indépendants. C’est donc dans cette voie qu’il faut aller, et sur ce plan, je suis d’accord avec la FI et sa VIe république.


        • François Vesin François Vesin 6 juin 16:53

          @Fergus
          « Le « mandat impératif » est, à mon avis, une absurdité eu égard aux aléas qui peuvent, à tout moment, modifier la gouvernance d’un exécutif ».


          Vos certitudes n’en finissent pas de me sidérer !

          La voie que vous préconisez est celle de Mélenchon
          dont il n’est jamais inutile de rappeler que, tout à sa 
          fascination pour son idole Mitterrand, il a soutenu
          avec l’ardeur qu’on lui connait le traité de Maastricht
          qui est l’un des piliers de l’enfer dans lequel nous sommes !!!

          Libre à vous de vouloir une République de plus et après elle
          une autre encore ...mais, si nous ne refondons pas les bases 
          de notre démocratie et que nos représentants continuent à défendre
          d’autres intérêts que ceux que nous leurs aurons contractuellement confiés,
          les politichiens ont encore de belles heures devant eux...c’est absurde ! 




        • Extra Omnes Extra Omnes 7 juin 00:15

          @Fergus
          donc 81 % d’abstention légitime l’élection ? Vous êtes trop fort !
          J’ai remarqué que les télés qui parlent de ces résultats (CNEWS par ex) ne disent jamais 81 % d’abstention mais « seulement environ 20 % de votants » ce qui sème la confusion. Comme d’habitude.
          Mais puisqu’il faut être heureux du Monarc, soyons le.... avant la guerre civile qui ne manquera pas d’arriver.


        • Fergus Fergus 7 juin 09:27

          Bonjour, Extra Omnes

          Vous déformez mon propos : en n’allant pas voter pour s’opposer aux candidats LREM, les abstentionnistes valident de facto le choix fait par ceux qui ont voté.

          Et donc ils valident ceux qui sortent gagnants des urnes malgré le taux d’abstention élevé. C’est aussi simple que cela, et l’on nomme ce mode de fonctionnement la démocratie.

          J’ajoute à cela qu’étant électeur de la France Insoumise, ces résultats ne vont pas du tout dans le sens que j’aurais souhaité. Mais c’est le corps électoral qui décide.


        • Et hop ! Et hop ! 7 juin 10:02

          @Fergus : C’était à l’élection présidentielle qu’il fallait faire barrage en élisant Marine Le Pen.


          Avec le soutien du PS, du PC, de la CGT, de FO, de Sud, de l’UDF, de LR, il était certain qu’il aurait une majorité importante au parlement, et de toutes façons il avait annoncé qu’il réformerait par ordonnances.

          Vous avez voulu le vrai fascisme, vous l’avez.

        • Fergus Fergus 7 juin 10:29

          Bonjour, Et hop !

          Si je résume ce que je lis dans les commentaires, nous avons été victimes d’un « coup d’état » et nous sommes en « dictature » sous un régime « fasciste ».

          Merci pour cette franche poilade ! smiley


        • Fergus Fergus 7 juin 17:36

          Bonjour, Mona

          « Sommes-nous vraiment en démocratie ? »

          Oui, bien sûr. N’oubliez pas qu’il s’en est fallu de 600 000 voix seulement pour que Mélenchon soit au 2e tour de la présidentielle, ce qui aurait donné un vrai débat « projet libéral » contre « projet social » qui aurait pu ouvrir les yeux des électeurs partis des classes populaires partis vers le FN.

          Et même en cas de défaite - probable - de Mélenchon, cela aurait sans doute permis à la FI de ne pas en être à espérer une vingtaine de sièges, mais une centaine d’élus à l’Assemblée Nationale. Avec, à la clé, un rôle de premier opposant que ni LR ni le PS ne sont plus en mesure d’assurer tant ils sont hors du coup et victimes de la triangulation macroniste.

          Pour ce qui est de la proportionnelle, il est probable que Macron, aiguillonné par Bayrou qui en a toujours fait l’un de ses chevaux de bataille, donnera une suite favorable à l’introduction d’une dose de députés élus selon ce système. Mais il ne faut pas rêver, cette dose sera sans doute homéopathique et limitée au maximum à 10 %.


        • Sparker Sparker 7 juin 23:19

          @François Vesin
          Il y a la sixième république qui peut ne pas être « une république de plus » mais un creuset démocratique populaire.
          J’ai un peu de mal avec le républicanisme, mais ça peut ouvrir la porte à d’autres évolutions si la population s’y met vraiment.


        • papijef papijef 11 juin 19:38

          @Fergus
          bon, là en tant qu’abstentionniste militant, je me dois d’intervenir pour répondre au tissu d’inepties que je viens de lire sur le sujet de l’abstentionnisme.
          militant bien avant Fergus, puisque déjà je criais « élections, piège à cons » en 68, et allais sérigraphier le slogan aux Beaux Arts, preuve de mon militantisme, j’avais commencé bien plus tôt en refusant de voter pour nommer le « chef de classe » dès le lycée.

          j’avais, en fait, commencé bien avant puisque sous Périclès les esclaves n’avaient pas droit de vote, ce droit de vote ayant été accordé aux esclaves bien plus tard, et aux esclaves femmes il n’y a pas si longtemps.

          déjà le parti communiste, dans les années 58 disait que ne pas voter, c’était voter pour la droite, ce qui n’empêcha ni la guerre du Vietnam, ni la guerre d’Algérie, votée et soutenue par des députés élus, et qui continuèrent de siéger, et même donnèrent le pouvoir au putschiste de Gaulle.

          l’offre est de qualité, dites-vous ? je sais que dès qu’ils entreront au parle-ment, tous les élus porteront cravate. c’est dans le règlement de l’assemblée nationale.

          rien que ça est un argument : je ne vote pas pour des mecs qui portent cravate, et surtout pas pour qui accepte la cravate obligatoire.

          vous voulez d’autres arguments ? j’en ai des tonnes. mais de grâce cessez de supputer et d’analyser, pour prendre les choses comme elles sont : les élus ne représentent pas grand chose.

          les vraies choses se passent ailleurs, elles mûrissent en silence.


        • Fergus Fergus 11 juin 20:45

          Bonsoir, papijef

          Dès les années 60 durant ma scolarité, j’étais moi aussi rebelle. D’où 9 établissements scolaires durant mon parcours jusqu’à la seconde où j’ai été viré définitivement pour la dernière fois. Et alors ???

          L’abstentionnisme militant, fort bien ! Votre choix est donc très clairement de vous porter au secours du camp vainqueur, quel qu’il soit !!!

          Ce soir, comme les 23 avril et 7 mai, vous avez donc soutenu le vote Macron. Assumez-le !


        • Fergus Fergus 11 juin 21:45

          Bonsoir, Luca Brasi

          Où avez-vous que je n’assume pas le résultat des urnes ? Sachez que je suis légitimiste ; je m’en remets donc sans le contester au choix des Français. Or, ce choix a été limpide et s’imposera à tous malgré un taux d’abstention élevé.


        • Fergus Fergus 11 juin 23:35

          @ Luca Brasi

          Le résultat des urnes ne me satisfait pas, c’est vrai. Mais encore une fois je respecte ce résultat comme je respecte le « jeu démocratique ».

          Quant aux abstentionnistes, il est évident qu’ils portent la responsabilité non d’un résultat qui ne me convient pas - ce n’est pas le sujet -, mais d’un résultat que beaucoup vont subir.


        • maQiavel maQiavel 12 juin 09:47

          @Fergus

           

          Quant aux abstentionnistes, il est évident qu’ils portent la responsabilité non d’un résultat qui ne me convient pas - ce n’est pas le sujet -, mais d’un résultat que beaucoup vont subir.

          ------>Les abstentionnistes plus que les électeurs ? Foutaise !


        • Fergus Fergus 12 juin 11:38

          Bonjour, Luca Brasi

          Au delà des 10 ou 15 % d’abstentionnistes irréductibles qui ne voteront jamais, les autres sont par définition des personnes qui ne se reconnaissent pas dans l’offre qui leur est proposée. Dès lors, elles s’en remettent par choix délibéré à ceux qui votent, que vous le vouliez ou non.

          C’est un droit que je ne remets évidemment pas en question, même s’il est des circonstances où les électeurs responsables peuvent être amenés à choisir la solution politique la moins pénalisante à leurs yeux pour le pays.

          « vous espérez que les abstentionnistes rejoignent les rangs de votre candidat préféré... »

          Non, je préférerais que les abstentionnistes fassent comme la majorité des électeurs et votent au 1er tour pour le candidat de leur choix, ou à défaut le moins éloigné de leurs idées. Et cela quelle que soit la couleur de ce candidat !

          L’abstention ne peut pas être une solution car elle amalgame les militants de cette attitude à tous les branleurs et autres dilettantes qui ne votent pas pour les pires raisons !


        • chantecler chantecler 12 juin 12:02

          @Fergus
          Peut être aussi qu’un certain nombre de citoyens ne croient plus au cadre démocratique et désertent les urnes pour la raison d’ailleurs que monolecte a dénoncé : la gouvernance , les décisions sont prises ailleurs .
          Alors on peut « faire semblant » , comme tu l’évoques avec quand même pas mal de contorsions (entre FI et REM ), de ta part « oui mais , et patati patata »...
          Finalement j’ai été voter car je me sentais engagé , mais je constate depuis hier soir que ce manque de mobilisation, de participation constatés : 50 % puis encore 50 % d’abstentions , interpellent bien plus nos éditorialistes que si par exemple la REM se projetait sur une AN avec 55 % de représentants mais avec une participation normale (genre 75 %.)
          ...
          Pour être juste je pense que ce qui se passe aujourd’hui n’est que le reflet d’un aboutissement d’un système , dit TINA , néolib ,pro UE, qui a démarré à la chute du rideau de fer .
          Ce qui ne dédouane aucunement ses promoteurs passés et présents .
          Mais dont le PS porte une large responsabilité .


        • Fergus Fergus 12 juin 12:58

          Bonjour, chantecler

          Je crois en effet que l’effet TINA joue un grand rôle dans la situation actuelle. A cet égard, le fait que Hollande se soit grosso modo mis dans les pas de Sarkozy a très largement induit la désaffection que l’on constate aujourd’hui et, pour ceux qui continuent de voter, le vote LREM par rejet de LR et du PS.


        • Fergus Fergus 12 juin 13:01

          Désolé pour la formulation ...en effet que l’effet... « Peut mieux faire ! » auraient dit mes profs. smiley


        • Fergus Fergus 12 juin 15:23

          @ Luca Brasi

          « Dans ma circonscription au deuxième tour ce sera en marche ou fn... Je fais quoi ? »

          Simple : si vous ne voulez voter ni pour l’un ni pour l’autre, vous votez blanc !

          A toutes fins utiles, copie de commentaire adressé à hervépasgrave :

          « le vote blanc est infiniment supérieur à l’abstention en cela qu’il signifie que l’électeur a fait l’effort de se rendre à son bureau de vote pour signifier officiellement son rejet du choix proposé, ce qui n’est absolument pas démontré par l’abstention du fait de l’amalgame avec les personnes dénuées d’esprit civique. »

          En restant chez vous, personne ne sait en effet si vous privilégiez le sudoku ou le jardinage au devoir citoyen !


        • jmdest62 jmdest62 12 juin 18:10

          @Fergus
          Salut
          « En restant chez vous, personne ne sait en effet si vous privilégiez le sudoku ou le jardinage au devoir citoyen ! »
          Vous allez voter pour le candidat ou le programme que vous soutenez ou juste pour avoir « bonne conscience » et/ou pour le « qu’en dira-t-on » ?
          Le coup de l’ abstentionniste « glandeur » c’était « plausible » quand on était à 25% d’abstention ....à l’occasion de cette élection , on a basculé dans tout autre chose.
          Vous avez , bien sûr , noté que dans les grandes soirées électorales on ne parle que de l’abstention et jamais des blancs ou nuls c’est ce qui m’a décidé à l’ abstention plutôt qu’au vote Blanc quand ce qui m’est proposé ne me convient pas
          °
          J’ai voté FI au premier tour mais ,résultat dans ma circo = ballotage entre un LR et un FN ..... dimanche prochain , je vais donc « voter abstention » pour contribuer à augmenter le score de ce parti déjà majoritaire et si quelqu’un pense que je manque d’esprit civique et ben ...je m’en « tape »
          °
          « le vote blanc est infiniment supérieur à l’abstention ............ »
          Petite remarque ..juste en passant :
          Quand vous votez blanc vous ne pouvez absolument pas démontrer que vous avez voté blanc...
          alors , en quoi votre vote blanc est-il infiniment supérieur ?
          @+


        • jmdest62 jmdest62 12 juin 18:30

          @Fergus
          Salut
          « Mais encore une fois je respecte ce résultat comme je respecte le « jeu démocratique ».  »
          Sauf que le jeu n’est plus démocratique...comme beaucoup j’ai résisté à cette idée mais ..
          .................à 52,38% d’abstention + Blancs + Nuls ....
          .................et 75% de députés avec 14% des inscrits
          désolé ça passe plus ...........Overdose !
          @+ 


        • Fergus Fergus 12 juin 19:18

          Bonsoir, jmdest62

          Les votes blancs son supérieurs à mes yeux en cela qu’ils caractérisent officiellement un rejet de l’offre politique. Ce qui n’est évidemment pas le cas des abstentions dont personne ne peut dire dans quelle proportions elles relèvent de l’acte politique - là encore motivé par le rejet -, des convenances personnelles circonstancielles, ou bien encore d’un total mépris pour les institutions.


        • jmdest62 jmdest62 13 juin 08:05

          @Fergus
          Salut
          Petite métaphore :
          Quand vous vous présentez devant un restaurant et que la carte ne vous plait pas ....vous entrez dans le restaurant pour en faire part au patron ou vous passez votre chemin ?  smiley

          @+

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