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Macron président, ou comment l’effet de halo a fait triompher un « golem aware »

Emmanuel Macron va très probablement devenir le prochain président de la République française. Longtemps, on a pu croire qu'il constituait une simple bulle médiatique, qui allait éclater au soir du premier tour ; pourtant, c'est bien l'ancien secrétaire général adjoint de l'Élysée qui a passé la ligne en tête, avec 24 % des suffrages. Pour un observateur de la vie politique sur le Net, le choix des Français peut apparaître complètement déconcertant ; mais, précisément, était-ce à proprement parler un "choix", fruit de leur réflexion éclairée ? Ou bien autre chose, qui aurait davantage à voir avec un acquiescement, à peine conscient, à une forme de conditionnement ?

Dans les milieux "dissidents" sur Internet, ce fut la stupeur ce 23 avril 2017 à 20h, comme sur Meta TV, où Tepa et Adrien Abauzit, commentant en direct les résultats, n'en revenaient pas ; Alain Soral, de son côté, prophète de son état, avait annoncé l'élimination prématurée de Macron, censé finir quatrième ; quant aux militants de l'UPR, certains d'entre eux, abasourdis, estimèrent de prime abord que les résultats devaient être truqués.

Un candidat de synthèse

On comprend ces réactions, venant de gens réfléchis : Macron apparaissait clairement à leurs yeux comme le candidat de l'oligarchie, du "système", allant de Robert Hue à Alain Madelin, en passant par la plupart des caciques du Parti socialiste, François Bayrou, ou encore Pierre Bergé, Bernard-Henri Lévy, Alain Minc, Jacques Attali, Daniel Cohn-Bendit, et une bonne partie du show-biz. Pire : son discours était vide, flou, souvent incohérent, aussi creux et obscur que la fosse des Mariannes... c'est dire. L'humoriste Nicolas Canteloup n'hésitait pas à comparer à Jean-Claude Van Damme le candidat qui nous enjoignait à "penser printemps".

A dire vrai, personne n'a peut-être mieux analysé, comme par anticipation, les prestations d'Emmanuel Macron que Franck Lepage dans ses sketchs sur la langue de bois, où il s'agit d'aligner les uns à la suite des autres, dans un ordre ou dans un autre, une liste de mots-clés pour former un semblant de discours sensé, qui ne dit en vérité strictement rien :

Julien Rochedy, quant à lui, fit cette analyse dans un entretien avec Christopher Lannes publié sur TV Libertés le 22 avril, soit la veille du premier tour :

"Macron, en ce moment, est en train de régresser, je le crois fortement, parce qu'on est en train de s'apercevoir qu'il dit absolument tout et son contraire, et ce que je suis en train de te dire, tout le monde s'en rend compte.

Dernièrement il nous a fait un coup formidable : il a fait un discours à Marseille où il appelle tous les Français d'après leur nationalité première, "je vois des Algériens, je vois des Comoriens, je vois..." et ainsi de suite, pour après faire, dans la minute qui suit, un entretien avec Causeur d'Elisabeth Lévy pour dire que la France n'est pas multiculturelle et qu'elle ne le sera jamais. C'est vraiment du grand n'importe quoi.

Et là, la polémique qui vient de sortir dernièrement, sur un de ses soutiens qui serait un radical islamiste, il dit sur Beur FM "c'est vrai qu'il est radical", et puis dans la minute qui suit "mais en même temps c'est quelqu'un de bien", donc pour lui tout le monde il est gentil, tout le monde il est beau, il n'y a aucun fond. (...)

Je fais le pari que Macron ne fera pas du tout le score qui lui est prédit dans les instituts de sondages et qu'il y a des chances pour qu'il ne soit pas au deuxième tour."

Grossière erreur que de penser que tout le monde se rendait compte de ses contradictions, ou en prenait ombrage... Seul un homme attentif et rationnel peut y trouver à redire, ce que le consommateur moyen (et superficiel) d'informations n'est pas.

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Madelin et Philippot

On entendit son soutien Alain Madelin dire, en off, que Macron n'avait pas d'épaisseur politique et historique, et des professionnels de la communication lui tailler un costard, sur lequel n'aurait pas craché François Fillon, tant il était richement décoré. Petit florilège de ces piques, lancées sur LCI :

"Il a pastellisé la campagne (...). C'est plus de la télé réalité, on est revenu à Hélène et les Garçons (...), c'est la cantine de la fac. Lui, il est au milieu de tout ça comme un évangéliste en train de hurler comme un gourou, il est effrayant..."

"C'est du marketing politique de très bas étage..."

"Quand on regarde sa gestuelle, il imite Nicolas Sarkozy... Il a le programme de Hollande et la gestuelle de Sarkozy... C'est un produit qui a été fabriqué. Il est probablement le jouet ou la marionnette de quelqu'un qui aurait aimé pouvoir se présenter mais qui malheureusement ne l'a pas pu..."

"C'est un trou noir... c'est une espèce de force, mais il n'y a rien... c'est un candidat de synthèse, voire un artefact pur et dur... c'est le Triangle de Bermudes..."

"Ce type est dangereux, son programme est dangereux..."

"Il est le garant de la continuité du programme de François Hollande..."

"Macron est coaché par... une folle... On lui a appris à parler marseillais en 48h... Quand il parle du groupe de rap IAM, il ne comprend pas ce qu'il dit..."

"Dans les meetings de Macron, on se fait chier..."

"Quand il reprend IAM, soit c'est un neuneu (qui n'a pas compris le sens de la chanson), soit c'est du cynisme, beaucoup plus grave et indigne..."

"Il est dans la superficialité totale..."

"On sent que ce sont des phrases préparées, et qu'il ne se les est pas appropriées... Il interprète un rôle, qui lui a probablement été écrit par d'autres, dont on peut supposer qu'ils sont François Hollande, son épouse et je ne sais qui encore... Finalement, il n'est peut-être pas autre chose qu'un comédien de planches qui interprète un rôle que d'autres veulent écrire pour lui..."

"Macron nourrit l'abstention... car c'est du foutage de gueule..."

Certains ont pu synthétiser toutes ces observations en qualifiant Macron de "golem aware". "Le Golem est, dans la mystique puis la mythologie juive, un être artificiel, généralement humanoïde, fait d’argile, incapable de parole et dépourvu de libre-arbitre façonné afin d’assister ou défendre son créateur." On devine l'identité du créateur en lisant dernièrement sur AgoraVox la journaliste Aude Lancelin, qui voit dans la victoire annoncée de Macron un "putsch du CAC 40". Quant au terme "aware", il renvoie au style oral jusqu'ici inimitable de l'interprète belge de Full Contact.

Des électeurs en marche... de zombies

Différents micros-trottoirs, dont celui de Vincent Lapierre sur E&R, ont pu montrer la superficialité ahurissante de nombre des futurs électeurs de Macron, ne sachant pas dire pourquoi ils allaient voter pour lui, incapables de citer une seule de ses idées ou de ses mesures. A vrai dire, l'argument qui revient le plus souvent, y compris dans les reportages diffusés à la télévision, c'est que Macron est jeune, que c'est un nouveau visage ; parfois, on ajoute qu'il est beau.

Il est à préciser que ce sont des personnes d'âge mûr qui tiennent ce langage, même s'il rappelle étrangement celui de Théo, 10 ans, interrogé par BFM TV le 11 avril 2017 : « Je voterais plutôt pour Emmanuel Macron parce qu’il a les yeux bleus, comme moi, il a l’air sympa. » Théo, malgré son jeune âge, a donc le même niveau de réflexion que l'électeur moyen d'Emmanuel Macron. Le candidat d'En marche ! incarne physiquement le slogan de campagne de François Hollande en 2012, à savoir "Le changement, c'est maintenant !"

Michel Onfray a pu estimer, non sans quelque raison, que le leader d'En marche ! avait "séduit tous les incultes" et que "ça [faisait] du monde".

Ce que nous en sommes en train de vivre avec l'élection programmée d'Emmanuel Macron à l'Élysée, et qui peut être assimilée à une expérience de psychologie sociale grandeur nature, nous rappelle une vérité fondamentale, difficile à accepter pour cet animal présomptueux et arrogant qu'est l'être humain : nos jugements et nos décisions ne sont pas, principalement, le fait de notre raison, le résultat du travail raisonné de notre intellect, mais la résultante, quasi automatique, d'influences plus profondes, en partie inconscientes, qui passent par nos émotions, en particulier la peur, mais aussi l'enthousiasme.

L'hypothèse que je propose est que le succès d'Emmanuel Macron repose essentiellement sur un double effet de halo, qui porte, d'une part, sur sa propre personne, et, d'autre part, sur celle de Marine Le Pen. D'abord, rappelons la définition de l'effet de halo :

"L’effet de halo, effet de notoriété ou encore effet de contamination, est un biais cognitif qui affecte la perception des gens ou de marques. C'est une interprétation et une perception sélective d'informations allant dans le sens d'une première impression (...). Une caractéristique jugée positive à propos d'une personne ou d'une collectivité a tendance à rendre plus positives les autres caractéristiques de cette personne, même sans les connaître (et inversement pour une caractéristique négative). (...) Ainsi Clifford (1975) a pu montrer que des personnes étaient jugées plus intelligentes que d'autres uniquement sur la base de leur attrait physique".

On se rend ici compte de la portée des réponses données dans les micros-trottoirs par les sympathisants de Macron : "il est jeune, il est nouveau, il est beau" (dynamique, optimiste...), autant de caractéristiques positives (dans un contexte où les électeurs en ont ras-le-bol de leur classe politique vermoulue), qui tendent à rendre plus positives ses autres caractéristiques, son programme par exemple, même si on ne le connaît pas (et, de fait, en général, on ne le connaît pas).

On se retrouve ainsi avec des foules affluant vers les meetings de Macron, un peu comme des hordes de zombies convergeant vers les supermarchés dans les films de genre, ne sachant pas trop pourquoi elles sont là, et qui, lorsqu'elles se réveillent parfois, se rendent subitement compte du vide du discours et font marche arrière.

On se souvient de ce reportage de France 5, où l'on voyait le public de Macron quitter ses meetings au bout de quelques minutes, tant le vide était sidéral ; chose que les reporters reconnaissaient n'avoir jamais vu, ni chez Fillon, ni chez Le Pen, ni chez Mélenchon, ni chez Hamon…

La prestidigitation pour les nuls

Mais ces éveillés de la dernière heure ne sont pas légion. Chez la plupart, le charme macronien opère encore. Le charme très particulier du banquier d'affaires, qui comparait lui-même son métier, dans un entretien au Wall Street Journal du 8 mars 2015, à celui d'une prostituée : « On est comme une sorte de prostituée. Le job, c'est de séduire ». Et, pour séduire, le jeune homme sait y faire, qui multiplie les clins d'oeil à son auditoire lorsqu'il monte à la tribune, comme il l'a encore fait le soir du premier tour.

Voici comment François Henrot, directeur de la banque Rothschild, décrivait sur France 3 les compétences acquises chez lui par le jeune Emmanuel Macron :

"Ça, on apprend l'art de la négociation. On est aussi amené beaucoup (et ça c'est, j'allais dire, heureusement ou malheureusement, utile en politique) à communiquer, c'est-à-dire à raconter des his... une histoire. Donc on y apprend, d'une certaine façon aussi, des techniques de, comment j'allais dire, pas de manipulation de l'opinion, mais de... un petit peu."

Les techniques de manipulation mentale utilisées par Macron ont été rapidement identifiées par les observateurs attentifs (ce que ne sont pas, répétons-le, la majorité des électeurs) : dire tout et son contraire, parfois d'une phrase à l'autre, via son célèbre "en même temps", ce qui est un moyen habile de harponner tous les électorats, de droite comme de gauche, qui peuvent avoir le sentiment que l'on répond à leurs attentes.

Si Marine Le Pen se prétend ni de droite, ni de gauche, Macron se revendique, lui, de droite et de gauche. Une manière d'être "anti-système" (en refusant le clivage traditionnel), tout en attirant dans son sillage la quasi totalité des acteurs du "système". Ainsi, lors de son grand meeting parisien à Bercy, le 17 avril, il proclamait sous les acclamations de ses fans :

"Je continuerai à utiliser "en même temps". Car je choisis la croissance et la solidarité, la liberté et l'égalité, les entreprises et les salariés, le meilleur de la droite, de la gauche et du centre".

Rarement aura-t-on atteint pareil sommet dans la démagogie.

Comme l'explique Clément Viktorovitch, docteur en science politique et spécialiste de rhétorique, sur CNews, nous avons, nous autres êtres humains, la caractéristique cognitive de disposer d'une attention sélective, qui nous rend plus sensibles, dans un discours, à ce qui conforte nos opinions ; ainsi, en écoutant un discours d'Emmanuel Macron, une personne favorable à la prolongation de l'état d'urgence croira comprendre qu'il y est, lui aussi, favorable, de même qu'une personne qui y est défavorable... car Macron exprime consécutivement, plus ou moins clairement, les deux positions.

Raisonnement contre conditionnement, ou le combat de David contre Goliath

Macron bénéficie aussi d'un concours de circonstances extraordinaire. Sans l'éclatement des affaires touchant Fillon, celui-ci l'aurait probablement emporté haut la main. Si Valls avait remporté la primaire de la gauche, il aurait siphonné une bonne partie des voix de Macron et sans doute contrarié son accession au second tour. Si Hamon s'était retiré, Mélenchon lui serait certainement passé devant. Mais l'obstination de Fillon (plombé par les affaires), comme celle de Hamon (le plus mauvais candidat de l'histoire du Parti socialiste) lui ont tracé un boulevard. Macron apparaît clairement comme un choix par défaut, non de forte adhésion, comme en témoigne d'ailleurs son score relativement faible (Sarkozy avait atteint 31,18 % en 2007 et Hollande 28,63 % en 2012).

Parmi les "petits candidats", certains étaient de bon niveau, comme Nicolas Dupont-Aignan et François Asselineau, autrement plus structurés qu'Emmanuel Macron, mais ils ne pouvaient séduire qu'une part restreinte de l'électorat, qui s'intéresse de près à la politique, y consacre du temps, notamment sur Internet. Cet intérêt fort n'est pas le fait de la grande majorité de la population, qui fait son choix parmi les têtes d'affiche bénéficiant d'une très large exposition médiatique tout au long de l'année. Pour le public peu politisé, davantage influencé par les apparences que par le fond d'un projet, il importe de percevoir derrière le candidat la puissance d'un grand parti, un nombre conséquent de soutiens connus, de figures médiatiques de premier plan. Le grand public se rallie avant tout à la puissance, pas à la finesse des arguments d'un candidat isolé. On comprend que Dupont-Aignan et Asselineau, étant les seules figures connues de leurs (petits) mouvements, n'avaient aucune chance de séduire les masses.

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Errico Malatesta

En outre, leur objectif, clair pour l'un, un peu moins pour l'autre, de sortir de l'Union européenne ne pouvait que susciter une forte réticence, non pas fondée sur la raison le plus souvent, mais sur une forme d'habitude, de conditionnement, que nous aide à saisir l'anarchiste italien Errico Malatesta dans un texte intitulé L'anarchie :

"Comme tous les êtres vivants, l'homme s'adapte et s'habitue aux conditions dans lesquelles il vit, et il transmet, par hérédité, les habitudes qu'il a acquises. C'est ainsi qu'étant né et ayant vécu dans les chaînes, et étant l'héritier d'une longue série d'esclaves, l'homme a cru, quand il a commencé à penser, que l'esclavage était la caractéristique même de la vie, et la liberté lui est apparue comme quelque chose d'impossible. De la même façon, contraint depuis des siècles et donc habitué à attendre le travail, c'est-à-dire le pain, du bon vouloir du patron, ainsi qu'à voir sa propre vie perpétuellement à la merci de celui qui possède la terre et le capital, le travailleur a fini par croire que c'est le patron qui lui permet de manger et il se demande naïvement comment on ferait pour vivre si les maîtres n'étaient pas là.

Imaginez quelqu'un qui aurait eu les deux jambes attachées depuis sa naissance, et qui aurait cependant trouvé le moyen de marcher tant bien que mal : il pourrait très bien attribuer cette faculté de se déplacer à ces liens, précisément - qui ne font au contraire que diminuer et paralyser l'énergie musculaire de ses jambes.

Et si aux effets naturels de l'habitude s'ajoute l'éducation donnée par le patron, par le prêtre, par le professeur, etc., qui sont tous intéressés à prêcher que les maîtres et le gouvernement sont nécessaires, s'il s'y ajoute le juge et le policier qui font tout pour réduire au silence quiconque penserait différemment et serait tenté de propager ce qu'il pense, on comprendra comment a pu s'enraciner dans le cerveau peu cultivé de la masse laborieuse le préjugé selon lequel le patron et le gouvernement sont utiles et nécessaires.

Imaginez qu'à cet homme qui a les deux jambes attachées, dont nous parlions, le médecin fasse toute une théorie et expose mille exemples habilement inventés pour le persuader qu'il ne pourrait ni marcher ni vivre si ses deux jambes étaient libres : cet homme défendrait farouchement ses liens et verrait un ennemi en quiconque voudrait les lui détacher."

De même, Asselineau a beau essayé d'expliquer que les traités européens constituent une entrave, ils sont perçus par la population comme les conditions même de notre survie et de notre liberté, car c'est ce que nos prêtres à nous, les médiacrates, répètent à longueur de journées (à tort ou à raison, là n'est pas la question ici). L'idée que "nous sommes plus forts ensemble" paraît, en outre, frappée au coin du bon sens. Et l'homme qui veut détacher la France de ses liens est perçu, en toute logique, comme un ennemi ou, du moins, un danger, ou encore comme un candidat farfelu, dixit Hervé Gattegno, directeur de la rédaction du Journal du dimanche et éditorialiste à RMC et BFM TV.

La raison impuissante face à la peur  

Reste le cas de Marine Le Pen. Son score décevant du premier tour (21,3 %), qui ne lui laisse entrevoir aucune chance de l'emporter au second (un score entre 35 et 40 % serait un maximum, sauf circonstances imprévues), témoigne de ce que l'entreprise de dédiabolisation n'aura pas modifié en profondeur la perception que la grande majorité de la population a encore du Front national. Cette perception a été conditionnée par plusieurs décennies de messages anxiogènes et même terrorisants de la part de la quasi totalité des leaders d'opinion qui ont l'occasion de s'exprimer dans les médias de masse. La reductio ad Hitlerum a notamment eu un effet inhibiteur ravageur : associer régulièrement Jean-Marie puis Marine Le Pen à Adolf Hitler a produit un effet de halo négatif, qui a contaminé tout leur programme politique, quand bien même on ne le connaît pas (ou quand bien même il émane aujourd'hui largement d'un ancien chevènementiste, Florian Philippot).

On se souvient que Lionel Jospin avait déclaré en 2007 sur France Culture que le Front national de Jean-Marie Le Pen, durant les années de présidence de François Mitterrand, n'avait jamais été "un parti fasciste" et que, par conséquent, "tout anti-fascisme n'était que du théâtre" ; dix ans plus tard, rares sont les Français qui, à l'instar d'Henri Guaino (qui s'est exprimé à ce sujet le 25 avril 2017 sur LCI), semblent partager les vues de l'ancien Premier ministre socialiste.

Il n'est ainsi pas rare de rencontrer des personnes qui se disent très défavorables à l'immigration, notamment extra-européenne, à l'insécurité ou à l'islamisation qui en découleraient, et qui pourtant seraient terrorisées à l'idée de voter pour Marine Le Pen, et qui préfèrent encore voter pour Emmanuel Macron, selon lequel pourtant "l’immigration se révèle une chance d’un point économique, culturel, social". On voit bien, dans ce cas de figure, que ce n'est pas la raison qui les commande, car, sur le fond, elles ont les mêmes idées que celles que l'on défend au Front national. Ce qui les retient, c'est une émotion, en l'occurrence la peur, qui leur est transmise continuellement (comme un bruit de fond) par les médias, la télévision en tête. Ces personnes peuvent ainsi invoquer, pour justifier leur crainte, Adolf Hitler et les chambres à gaz, craignant sincèrement que l'histoire ne recommence. Il est vrai que la présence persistante, au sein du FN, d'admirateurs du nazisme, même s'ils sont régulièrement mis à la porte par la patronne du parti, n'est pas là pour rassurer, même les électeurs plus rationnels.

Les émotions et la raison sont constamment en lutte en nous, et c'est presque toujours l'émotion qui l'emporte, et contraint la raison de la suivre. On ne peut ainsi qu'éprouver une forme de dissonance cognitive lorsque l'on entend tous les tenants du "front républicain" affirmer que Marine Le Pen est une ennemie de la République, alors même qu'on entend cette dernière nous dire qu'elle instaurera la proportionnelle à l'Assemblée nationale, le référendum d'initiative populaire, et ne prendra aucune grande décision, comme la sortie de l'euro ou de l'Union européenne, sans passer par un référendum. Si l'on se fie à la seule raison, en examinant les propositions faites (dont rien ne nous garantit, il est vrai, qu'elles seront respectées), on se dit que Marine Le Pen nous propose plus de démocratie que la plupart de ses concurrents (qui ont, en outre, trahi le peuple après le référendum de 2005). Pourtant, on ne peut s'empêcher de penser, en même temps, qu'elle constitue le plus grand des dangers pour la démocratie, car c'est ce que l'on entend dire continuellement de la part de nombreuses personnalités dotées d'un fort capital d'autorité, sans qu'il soit d'ailleurs nécessaire pour elles d'y adjoindre le moindre argument.

Avec des si...

Peut-on sortir de cette situation apparemment désespérante, où l'intelligence semble devoir toujours capituler devant le recours aux émotions et à leur manipulation par les puissances de l'argent, qui tiennent le pouvoir médiatique ? Il est permis d'en douter. Suite au Brexit, le producteur de télévision Xavier Couture, totalement désemparé, avait proposé d'instaurer un permis de voter, qui serait délivré après un examen de culture générale. Son hypothèse était que seule l'ignorance avait pu faire triompher les tenants du Brexit. La proposition avait pu choquer (notamment sur AgoraVox), tant elle semblait témoigner d'une haine de la démocratie, de ce droit à décider accordé à tous ceux qui n'ont précisément aucun titre pour gouverner. Mais aujourd'hui, c'est à une semblable ignorance, ou à un déficit de rationalité, que, sur le web citoyen, on impute la probable victoire d'Emmanuel Macron, ce candidat si falot qu'il nous ferait presque regretter les déjà calamiteux Sarkozy et Hollande, et dont nombre des supporters semblent confondre l'élection à la présidence de la République avec le concours de Mister France.

D'aucuns pourront bien voir dans l'élection de ce "golem aware" un signe supplémentaire de la décadence de notre civilisation... Pour autant, les électeurs ne sont pas les seuls à blâmer. On a vu que des comportements politiciens, des ambitions personnelles, des logiques de partis avaient leur part de responsabilité dans l'ascension au sommet de Macron. Du côté de Marine Le Pen elle-même, certains gestes forts auraient peut-être aussi dû venir plus tôt, comme sa mise en congé de la présidence du Front national, et une ouverture beaucoup plus marquée vers des personnalités d'autres partis, qui auraient pu apposer leur marque sur le projet présidentiel, l'adoucir. A cette condition peut-être, son élection aurait pu être acceptée par une majorité de Français, qui n'auraient pas craint un accaparement du pouvoir par le Front national, un parti peu démocratique en interne, et dont les arrière-boutiques ne sont pas toujours aussi rassurantes que le très efficace tandem médiatique formé par sa présidente et son vice-président Philippot. A cette condition, il eût été possible de stopper l'ascension de Macron jusqu'à l'Élysée. Mais avec des si, on mettrait Paris en bouteille.


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86 réactions à cet article    


  • Leonard Leonard 26 avril 08:59

    Monsieur Macron était en cours avec sa belle fille en train de regarder sa professeure/future femme...

    Vive la République hein...


    • troletbuse troletbuse 26 avril 12:15

      @Leonard
      Non, sa future Maman  smiley Car Macaron n’a pas encore résolu son complexe d’Oedipe


    • JL JL 26 avril 09:01

      Macron est le candidat du parti des télécrédules les plus accrocs : ceux pour qui une information n’est pas vraie si elle n’a pas été relayée par une autorité. Les apôtres de ce parti sont les médiacrates et autoritariens de tous poils, et tout ce joli monde se complaît dans la médiocratie.

       
      C’est grâce à la France Insoumise et quelques autres opposants de talent jamais invités dans les médias en temps ordinaires, que Macron n’a pas eu la majorité absolue au premier tour
       
       Aujourd’hui, les médiacrates et les lobbies sur les réseaux font propagande pour nous convaincre de voter utile, en prétendant que l’abstention serait un reniement du droit de vote ! Qu’il n’y aurait pas trois choix, mais seulement parce que s’abstenir serait laisser faire l’avenir sans y participer ! Que ne pas voter pour Macron serait voter pour Le Pen ! etc. etc.
       
       Le droit de vote n’est pas l’obligation de choisir. Droit de vote, ça ne signifie pas obligation de veauter. N’en déplaise aux sophistes, l’abstention, comme le vote blanc sont des choix aussi légitimes que les autres.
       
       L’alternative que voudraient nous imposer les ennemis du peuple et les ennemis de la République c’est de « choisir entre le monstre, et ceux qui l’ont créé ». (Jacques Nikonoff)
       
       Ne nous laissons pas faire : faisons en sorte que le vainqueur de ce duel dont l’issue quelle qu’elle soit nous sera mauvaise, obtienne le plus petit nombre de suffrages possible.
       
       


      • zygzornifle zygzornifle 26 avril 09:48

        Tout ceux qui se rallient derrière son panache blanc s’apercevront en toussant grave que c’est de la particule fine son panache.....


        • zygzornifle zygzornifle 26 avril 09:52

          Macron ? son parti c’est Frankenstein, il est fait de membres du centre de droite et de gauche craignant que l’on casse leur joujou l’UE le tout étant tout rafistolé a la va vite pour gagner l’élection , ils se détestent tous et ils n’hésiteront pas a saborder en marche qui deviendra en rampant , ils se tailleront les uns après les autres pour reformer leur parti si Macron ne leur donne pas leur nonos avec de la bonne moelle de sans dents ..... 


          • Piere CHALORY Piere CHALORY 26 avril 12:18

            @zygzornifle


            ’’ Macron ? son parti c’est Frankenstein ! ’’

             smiley

            Oui, mais je dirai plutôt que ce sont plus les nombreux spin-doctors, les Frankensteins agrégés es-marketing qui ont créés de plein fouet la créature macron ; qui trompe tout le monde avmec son air propre sur lui, quand l’intérieur visible dans le reflet de ses yeux vides nous dévoile quand même le fond gore de son âme égarée qui lui permet ; à l’instar d’une prostituée, ou d’une pute comme le qualifie l’élégant A.Minc qui sait de quoi il parle, de séduire les miséreux intellectuels prêts à parier sur une apparence charmante plus que sur le fond, ici inexistant.


             smiley

            Quand à ses soutiens ;

            ’’ils se détestent tous et ils n’hésiteront pas a saborder en marche qui deviendra en rampant, ils se tailleront les uns après les autres pour reformer leur parti si Macron ne leur donne pas leur nonos avec de la bonne moelle de sans dents ..... 

            Re   smiley

            C’est tout à fait ça ! 

            Si le sort matériel de soixante millions de personnes n’était en jeu, ce serait très drôle ! 

            Quand on pense que le seul soutien à MLP est Christine Boutin, caricature de tout ce que la bobo-branchouille déteste, contre l’ensemble de la classe entre guillemets politique qui s’est ralliée comme un seul homme au nouveau parti unique ’en marche’, qui rassemble tout l’éventail, ou plutôt le demi-camembert puant de l’extrême gauche à l’extrême droite en passant par le centre...

            Fallait-il qu’ils soient certains de la victoire du cyber-chouchou macron pour que des personnalités issues de milieux parfaitement antagonistes se rassemblent comme des canetons en file indienne derrière ce drôle de truc qui dit n’importe quoi avec l’air convaincu ? à moins que, les enveloppes bien garnies n’aient atterri comme un nuage de sauterelles dans les poches des nouveaux apôtres d’en marche.

            Je fais partie des naïfs ou des optimistes qui croyaient impossible l’élection d’une engeance pareille à la tête de la France. 

            Ben je me suis planté vegra comme on dit en verlan, à moins que, l’élection n’étant pas encore jouée à 100%, un surprenant revirement élimine façon Trump ou Brexit le champion du langage insensé, de l’absurde dit raisonnable, ce petit roi Ubu new age qu’on nous imposerait vraiment, en chair et en os ?


             smiley





          • Loatse Loatse 26 avril 10:17

            « il dit tout et son contraire » 

            Certes, « en même temps », quand on veut ratisser large et l’emporter, autant ne froisser personne ;)
            Et puis ce garçon a tout de même quelques atouts dans sa veste : Une éducation chez les jésuites qui possèdent tout de mêmes des siècles d’expérience en la matière... Une intelligence au dessus de la moyenne (n’y a t’il pas lui même enseigné le latin à ses condisciples à la place de son prof, dixit l’un d’eux), qui plus est le candidat macron ne manque pas d’idées qui concrétement ont permis à pas mal de nos concitoyens qui ne pouvaient se payer le train (notamment les étudiants) de traverser la france pour quelques dizaines d’euros.(les cars « macrons »)

            Une chose qui peut sembler dérisoire, voire futile à ceux qui se soucient comme de leur première tétine, de la nécessité pour ces jeunes qui font leurs études à des centaines de kilomètres de leur famille, de pouvoir retrouver leur famille plus qu’une fois par an... notamment les élèves boursiers..

            et comme je ne suis pas d’une nature ingrate, d’avoir contribué au bien être de ma fille étudiante, moi la « sans dents », je lui en suis reconnaissante.

            Evidemment, Emmanuel macron n’est pas le candidat préféré des fonctionnaires qui se verront sucrer leurs régimes spéciaux.. « En même temps », quand on voit des jeunes retraités de la scnf, se faire embaucher ensuite pour la même fonction dans le privé, on ne peut qu’en conclure que ceux ci ne manquent pas d’énergie... Il faut dire aussi que la conduite de trains s’est considérablement améliorée grâce aux nouvelles technologies diminuant considérablement la pénibilité de la fonction.

            Il reste encore à finaliser l’allègement de la bureaucratie (parfois on se croirait en urss, tellement certaines démarches administratives s’apparentent au parcours du combattant et source de perte de temps et d’erreurs.

            Certains préféreront céder aux sirènes du front national qui, sachant très bien que les français sont d’un naturel prudent et ne prendront pas le risque de retourner au franc et de se fermer à certains marchés, comme s’il était possible dans le monde d’aujourd’hui, de prospérer économiquement en vase clos ! D’ ou l’hypocrisie du fameux referendum..Il faut dire que la soupe est bonne pour notre souverainiste de pacotille !

            Je passe sur l’ignominie qui consiste pour la candidate le pen et son parti à envisager la suppression de l’AME, ne voyant pas qui plus est, l’imbécilité qu’il y a à ne réserver les soins qu’aux urgences qui alors, faute de soins en amont couteront plus cher à la collectivité par aggravation de l’état du patient.. ( je ne parle même pas d’humanité, l’heure est venue me semble t’il au vu du nombre de sympatisants de ce parti, au rejet des plus fragiles, aux regards mauvais sur l’assiette de l’autre surtout s’il vient d’ailleurs (quoique...) au cas ou celle ci donnerait l’apparence d’être plus remplie.. au chacun pour soi.

            Comment une Boutin peut cautionner ce genre de choses et ainsi contribuer au clivage ambiant tout en invoquant l’humanisme chrétien ??? c’est là un grand mystère

            • pipiou 26 avril 14:36

              @Loatse
              En résumé Macron c’est un mec super car il a mis en place des lignes de bus pas chères !!!

              Pour ce qui est de son « intelligence au dessus de la moyenne » il a loupé 2 fois l’ENS alors il a menti sur un mémoire qu’il aurait fait à l’ENS.

              Comment pouvez-vous cautionner ce genre de choses ?

              Mais on est quand même content pour votre fille.


            • Etbendidon 26 avril 10:45

              Article REMARQUABLE et sacré boulot (des heures !)
              Je n’aurais jamais cru que Macron ferait 24% au premier tour, je lui donnais 11% au mieux !
              La puissance des merdias est stupéfiante, le MARKETING est devenu une science
              il y a quelque chose de mystèrieux et de magique dans la construction de cette marionnette
               smiley
              L’apparence, l’illusion c’est de la MAGIE
              Regardez Asselineau et son charisme de bigorneau : 0,98%
              Et pourtant il avait le discours le plus technique qui soit
               smiley
              Rien n’est joué la Mère LePen peut faire trébucher la marionnette si elle lui rentre dedans et elle sait le faire (elle fait du rugby)
              A moins que....
              A moins que ..

              Elle le laisse gagner exprès comme si tout était déjà joué, (ils sont si puissants comme l’avait dit en confidence Mitterrand) ?????
               smiley


              • troletbuse troletbuse 26 avril 11:05

                Bjr Etbendidon
                Oui mais je viens d’entendre nos radios d’état Radio France ou France Info kon pourrait appeler Radio Macron. ou France Intox. Ils démontaient point par point ce qu’avait dit Marine hier en sortant d’autres mensonges(mais d’état ceux-là). Mais rien sur Macron qui est le bébé innocent qui vient de naître... en politique
                Je voterai Marine car je n’ai pas le choix. Tout sauf Macaron. Et comme tous nos merdias nous l’aurons seriné, je ne pourrai pas être déçu si elle ne fait pas son programme. Tandis qu’avec l’autre larve de la finance, on ne peut être que déçu... sauf naturellement tous les escrocs de la politicaillerie qui le rejoignent et la finance  smiley


              • Hecetuye howahkan Hecetuye howahkan 26 avril 11:20

                @Etbendidon

                Salut, ils sont si puissant dis tu en paraphrasant Fanch mitt...

                des 1550 De la Boétie disait ceci : Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux.

                notre point de départ doit être le fait que la la masse est à genoux...et pourquoi, comment ?

                fuir ce fait amène qu’il perdure dans la continuité...

                Pour moi même je le sais en profondeur...mais cela ne fait que un..or ceci doit être perçu par chacun à sa manière...ce qui par effet secondaire créera un groupe uni, solidaire....etc...

                fini les élites...

                mais notre réalité est ce servage, esclavage, de luxe pour certains, de misère pour d’autres..

                Une autre de E de la Boétie vers 1550

                Il y a trois sortes de tyrans. Les uns règnent par l’élection du peuple(...hollande,macron etc , les autres par la force des armes( franco,pinochet etc....), les derniers par succession de race. ( rois...etc)

                et de moi

                les tyrans sont des tyrans parce que la masse refuse de collaborer, de coopérer, de partager avec équité...et en ce faisant la majorité de facto abandonne le pouvoir à une minorité tout en le lui fournissant elle même..la masse a le pouvoir que si il est coopératif sur une base volontaire et équitable pour tous...

                cela implique que c’est bien la masse qui crée le tyran....

                c’est à chaque unité humaine de la masse de changer...or là nous prenons le problème exactement à l’envers ce qui fait que rien ne va changer en profondeur...

                bon etc bien sur....on va pas résumer disons des années d’observation de la société, de soi même , et bien plus encore sur avox...

                je te salue.. smiley


              • Thorgal 26 avril 11:27
                @Etbendidon
                J’ai laissé ce commentaire dans un autre article : http://www.agoravox.fr/commentaire4893631


              • troletbuse troletbuse 26 avril 11:57

                @Etbendidon
                Si MLP était élue et qu’elle fasse virer tous les cloportes des radios et télés encore sous le contrôle de l’état, Economistes de mes deux, politologues de mes deux, jounaputes de mes deux...tiens, ca me donnerait une érection  smiley


              • Alainet Alainet 26 avril 14:20

                @troletbuse vaste programme ! Il y a les chaînes privées contrôlées par 10 milliardaires et la téléd’Etat contrôlée par Mme Ernotte : 1 créature mise en place par Hollande à dessein... e cette dernière semble + zélée que les premiers :
                http://www.bvoltaire.fr/laudiovisuel-public-service-ehonte-candidat-de-loligarchie-macron/
                http://www.huffingtonpost.fr/2017/03/28/sur-france-2-marine-le-pen-accuse-delphine-ernotte-de-rouler-po_a_22015882/


              • troletbuse troletbuse 26 avril 11:08

                J’ai aussi entendu sur France Macron kon avait arrêté des complices des auteurs supposés de l’attentat Charlie.
                Ca tombe vraiment bien, juste entre les deux tours. Comme quoi les attentats sont bien des manipulations faîtes par nos politicards puants.


                • Fergus Fergus 26 avril 11:12

                  Bonjour, Taïké Eilée

                  « Longtemps, on a pu croire qu’il constituait une simple bulle médiatique, qui allait éclater au soir du premier tour » 

                  Non, seuls les naïfs et ceux qui se voilaient la face devant la progression de l’adhésion au vote Macron dans le pays peuvent s’exprimer ainsi. Dès janvier, je soulignais la percée bien réelle de Macron dans l’électorat et le danger qu’il y avait à casser le thermomètre des sondages en tentant de se persuader d’un effet « bulle » ou « baudruche’.

                  Macron est bien le candidat de l’oligarchie, celui de la finance et de la régression sociale. Mais de nombreux Français n’ont pas vu cela en lui, ou s’ils l’ont vu, n’ont pas voulu en tenir compte. Ces Français de positionnement plutôt centriste, sont ceux qui, quitte à voir se poursuivre une politique libérale décomplexée, voulaient en finir avec le PS et LR et ont saisi une opportunité facilitée par les affaires de Fillon.

                  Macron a tenté un coup stratégique en exerçant une OPA sur le centre orphelin de candidat et en se positionnant sur un »ni gauche ni droite" qui, c’est une évidence, a rencontré un écho favorable dans une large part de l’échiquier politique allant des hollando-vallsistes aux juppéistes.

                  En l’occurrence, Macron a eu énormément de chance. La chance notamment que Les Républicains, minés en sous-main par les manœuvres de Sarkozy pour brider Juppé, n’aient pas eu le courage de débarquer Fillon pour le remplacer par le maire de Bordeaux. Positionné sur le même créneau que Macron, Juppé aurait en effet gagné sans difficulté le 1er tour de la présidentielle en renvoyant Macron à un score inférieur ou égal à 10 %.

                  Les fautes politiques des uns et des autres, de même que l’incroyable déni de la demande montante en faveur de Macron - jusque sur ce site ! - ont fait le reste. Et c’est ainsi que nous aurons le 7 mai le plus jeune candidat de la Ve République pour le plus grand plaisir du Medef et des marchés. 


                  • pemile pemile 26 avril 11:23

                    @Fergus "Non, seuls les naïfs et ceux qui se voilaient la face devant la progression de l’adhésion au vote Macron dans le pays peuvent s’exprimer ainsi."

                    J’en étais ! smiley


                  • Vipère Vipère 26 avril 11:24

                    @pemile


                    C’est pas joli, joli, joli !

                    Vous voulez faire de la France un pays du tiers monde ? 

                  • foufouille foufouille 26 avril 11:29

                    @Fergus
                    non, car juppette a été condamné, donc un autre choix comme baroin était possible.


                  • Fergus Fergus 26 avril 11:39

                    @ Taïké Eilée

                    Oublié dans mon commentaire ci-dessus : Bien vu « l’effet de halo » !


                  • Fergus Fergus 26 avril 11:46

                    Bonjour, foufouille

                    Juppé a été condamné en son temps à la place de Chirac, et cela tout le monde le sait. Cela n’aurait donc pesé qu’à la marge. Qui plus est, sa ligne politique était, comme celle de Macron, compatible de l’aile libérale du PS jusqu’à LR. Il aurait en outre reçu le soutien des personnalités centristes hors UDI.

                    Quant à Baroin, il n’aurait eu strictement aucune légitimité relativement à Juppé, finaliste de la primaire et candidat naturel en cas d’empêchement du gagnant de celle-ci. Qui plus est, Baroin n’avait pas la stature du maire de Bordeaux.


                  • Robert Lavigue Robert Lavigue 26 avril 11:57

                    @Fergus

                    Juppé a été condamné en son temps à la place de Chirac, et cela tout le monde le sait.

                    VOUS MENTEZ !
                    Et ça devient une habitude citoyenne chez les faussaires du quotidien...

                    Juppé était Adjoint aux Finances à Paris et Secrétaire Général du RPR, parfaitement au courant de pratiques dont il était l’un des bénéficiaires.


                  • TARTOQUETSCHES TARTOQUETSCHES 26 avril 12:49

                    @Fergus
                    Macron est bien une bulle, mais effectivement regonflée fortement consciencieusement tous les jours et crescendo depuis plus d’un an par les médias.


                    Elle n’éclatera que quelques mois après l’élection, 1 an ou 2 tout au plus, mais trop tard...
                    Il finira à 15% d’opinion favorable comme Hollande, le système devra trouver une autre carte pour 2022.

                    Et ce sera alors le tour d’un nouveau FN relooké avec Marion/Collard à la place de Marine/Philippot. 
                    FN toujours aussi anti-islam et anti-immigré (donc paradoxalement ayant intérêt à l’immigration et au « choc des civilisations » en interne) mais libéral en terme économique (avec ou sans ue), et atlantiste.

                    Et la on sera vraiment foutu.

                  • JL JL 26 avril 12:58

                    @TARTOQUETSCHES
                     

                     je crois que les lunettes de Fergus ne lui permettent pas de voir si loin. 
                     
                     Ou alors il y aurait de quoi s’interroger.

                  • Fergus Fergus 26 avril 13:33

                    Bonjour, Robert Lavigue

                    Vous avez raison, Juppé était bien secrétaire général du RPR et adjoint aux Finances à la mairie de Paris, et c’est évidemment à ce double titre qu’il a été condamné pour l’emploi de plusieurs permanents du parti indûment payés par la mairie.

                    Il est pourtant avéré que Juppé a agi ainsi sur instruction de Chirac. En son temps, le Canard enchaîné a en effet publié un fac-similé de lettre sur laquelle figurait une annotation manuscrite de Chirac qui ne laissait aucun doute sur la destination de ces emplois fictifs.

                    C’est donc plutôt vous qu’il conviendrait de traiter de « faussaire du quotidien » smiley


                  • Fergus Fergus 26 avril 13:35

                    Bonjour, JL

                    On est là sur de la politique fiction.


                  • JL JL 26 avril 13:56

                    @Fergus
                     

                    politique fiction ? Parce que vous croyez que Macron finira sous les applaudissements ?
                     
                     C’est vous qui faites de la politique fiction.
                     
                    Le vote contre et non pas pour, cela signifie in fine que les deux prétendants sont les deux faces d’une même médaille.

                    Et ça, l’oligarchie l’a compris de puis longtemps qui nous a bourré dans le crâne ce principe (imm)ortel « au premier tour on choisit, au second on élimine ».
                     
                    Ils appellent ça le « vote utile » ;
                     

                    Dit autrement, c’est « pile ils gagnent, face on perd ».
                     
                    La France en marche de Macron, c’est la maison toutes portes et fenêtres ouvertes été comme hiver, nuit et jour ; le FN de Le Pen c’est la maison toutes portes et fenêtres closes à jamais.
                    Dans l’une on est prisonnier ; dans l’autre on est sans abris.
                     
                     Choisissez si vous voulez, mais sans moi : je ne veux pas faire monter les scores !

                  • Robert Lavigue Robert Lavigue 26 avril 14:00

                    @Fergus

                    Quand la falsification citoyenne devient une seconde nature. Vous êtes un digne émule de vos comparses !
                    Je me cite :

                    Un lecteur intelligent ne considérera pas qu’une imbécillité recopiée mille fois est une vérité.

                    Le LumpenProletariat intellectuel, si !

                    Il recopiera l’imbécillité une fois de plus

                    Que Chirac n’ait pas été condamné ne prouve en rien que Juppé était innocent, sauf pour des individus aux motivations douteuses qui ont une conception humaniste de la justice...

                    Tout le monde sait, même la plupart des lecteurs du Canard Enchainé (Le Journal Officiel des Forces du Vrai et le recueil de jurisprudence de la Gauche de Progrès ?), que la prétendue innocence de Juppé était un habile coup de billard-à-trois-bandes pour nuire à Chirac !

                    Sur ce, je vous laisse à vos travaux d’écriture...


                  • foufouille foufouille 26 avril 14:21

                    @Fergus
                    juppette a été condamné car il était coupable et responsable, il n’avait aucun flingue sur la tête que je sache.
                    les électeurs de bordeaux sont des veaux mais pas le reste de la france.


                  • pemile pemile 26 avril 15:23

                    @Vipère « C’est pas joli, joli, joli ! Vous voulez faire de la France un pays du tiers monde ? »

                    Non, j’étais juste persuadé que les sondages hyper favorable à Macron étaient pipés, dans mon coin de campagne je ne croisais personne le soutenant. smiley



                  • Fergus Fergus 26 avril 17:49

                    Bonjour, pemile

                    « dans mon coin de campagne je ne croisais personne le soutenant »

                    Vous n’avez pas été le seul. Contrairement à moi qui, à partir de janvier, ai commencé à rencontrer des gens qui adhéraient à Macron et vu émerger ici et là des comités de soutien de plus en plus nombreux.

                    Une adhésion manifestement moins liée au projet du candidat - il était encore embryonnaire et peu connu - qu’à sa personne, qualifiée de « jeune », « dynamique » et « moderne ».

                    Des « qualités » qui ont suscité chez ces personnes l’envie d’un renouvellement estampillé En Marche ! dans le cadre du rejet des partis de gouvernements. En cela, l’« effet de halo » rappelé par l’auteur a incontestablement joué un rôle déterminant.

                    Ce qui m’a stupéfait sur AgoraVox, c’est de constater à quel point cette progression constante de Macron sur le territoire a été niée par de nombreux intervenants. Au point de me valoir de délirants procès en « macronisme » alors que je ne mettais en avant cette réalité que pour dessiller les yeux de tous et se donner les moyens de contrer cette aventure électorale potentiellement porteuse, en cas de réussite, de nouvelles régressions sociales pour les classes populaires.

                    Dommage car s’il y avait eu moins de déni et une prise en compte du fait que Macron n’était pas une « baudruche appelée à éclater » ou un « soufflé prêt à retomber », peut-être y aurait-il eu moyen pour les Insoumis de s’opposer plus tôt et plus efficacement à ce candidat des puissances industrielles et financières. 

                    Et peut-être serait-il aujourd’hui absent du 2e tour.


                  • Robert Lavigue Robert Lavigue 26 avril 17:54

                    @Fergus

                    je ne mettais en avant cette réalité que pour dessiller les yeux de tous et se donner les moyens de contrer cette aventure électorale potentiellement porteuse, en cas de réussite, de nouvelles régressions sociales pour les classes populaires.

                    Et ces cons ne vous ont pas entendu ?

                    Et puis, foutez la paix aux classes populaires. Elles se passent fort bien de votre sollicitude intéressée..

                    PS : Très bien l’article de votre comparse De La Bastille, il méritait la tête de gondole citoyenne !


                  • Fergus Fergus 26 avril 19:13

                    Bonsoir, Robert Lavigue

                    Je n’ai jamais traité qui que ce soit de « con ». Mais peut-être êtes-vous familier de ce genre d’appréciation de vos semblables ?

                    « foutez la paix aux classes populaires » Auriez-vous un monopole ? Désolé, mais ces classes populaires, j’en fait partie, et si j’ai la chance de disposer d’une pension plutôt confortable, tel n’est pas le cas de beaucoup de gens - retraités et actifs - que je côtoie et dont je me soucie, ne vous en déplaise.

                    « votre sollicitude intéressée »

                     ????


                  • Abou Antoun Abou Antoun 26 avril 19:15

                    @Fergus
                    C’est un faux débat. Les rapports de Chirac et Juppé étant ce qu’ils étaient il est impossible que Juppé ait agi sans être ’couvert’ par son patron. Cela dit le Chirac en question était certainement heureux de ne pas avoir à mettre les mains dans le cambouis.
                    Bref ils étaient complices et Juppé, dévoué jusqu’au bout, a accepté d’être condamné, sachant très bien que ce ’service’ serait récompensé.
                    Enfin, je vois qu’après Sarko, Hollande et qui sait demain Macron certains en sont à regretter ouvertement Chirac qui était déjà une belle nullité, un vrai roi fainéant.
                    Pauvre France !


                  • captain beefheart 28 avril 09:21

                    @Fergus
                    Comme pemile je connaissais personne qui se disait électeur de Macron,d’où mon scepticisme pour vos affirmations.Et c’est vrai que les Bretons ont voté beaucoup plus pour lui ,que mes paysans lorrains et comtois.


                  • Thorgal 26 avril 11:14
                    @l’auteur

                    « Macron bénéficie aussi d’un concours de circonstances extraordinaire »

                    Mais non mais non, rien d’extraordinaire, c’était même planifié pour lui faire un boulevard :
                    - Hamon pour faire obstacle à la Fi et JLM
                    - affaire Fillon pour renforcer le FN

                    En fait, le PS et LR savaient déjà qu’en tant que partis traditionnels, ils étaient cuits vu qu’on a eu le pire de ce qu’ils pouvaient produire en 10 ans, à savoir Sarkozy et Hollande. Alors ils sont retournés dans leur labos souterrains (ou forges de Mordor, comme on veut) et ont sublimé leur essence respective (qui est plus ou moins la même) en créant Macron.

                    Petit clin d’œil en passant : le nom du parti « En Marche » est inspiré du nom d’Emmanuel Macron (Em [...] Ma [...]). Amusant, hein ?

                    Bref, un golem, c’est le bon mot. Mais pas le fruit du hasard, en fait, c’est le résultat d’une intense réflexion de la part des oligarques qui ont bien compris que PS et LR étaient devenus faisandés ... Je dois admettre qu’ils sont très forts ces types. Ceci-dit, quand on sait qu’ils possèdent les outils de propagande gigantesques que sont les media mainstream, et qu’ils savent que la masse est plus ou moins crédule et manque d’esprit critique, c’était quasiment gagné d’avance. 

                    Je ne sais pas si en France, il y a l’équivalent de Scott Adams (l’auteur de Dilbert). Il a un blog intéressant (http://blog.dilbert.com/ ), pour ceux qui s’intéressent aux outils de persuasion et d’influence psychologique.




                    • Thorgal 26 avril 12:02

                      @Thorgal

                      Juste pour continuer un peu, on voit dans le phénomène Macron l’esprit rationnel français :

                      thèse - antithèse - synthèse 

                      (sarko - hollande - macron)

                      J’en arrive à penser que tout ceci était prévu de très longue date

                    • Piere CHALORY Piere CHALORY 26 avril 13:17

                      @Thorgal


                      ’’thèse - antithèse - synthèse ;

                      (sarko - hollande - macron)’’

                      Excellente synthèse !

                      Dans le genre vous êtes une synthèse, comme dirait Audiard, on peut dire que macron c’en est une et une belle, de synthèse !




                       smiley


                    • captain beefheart 28 avril 09:33

                      @Thorgal
                      Selon la légende le Golem était le créature d’un rabbi de Prague du 12ème ou 13ème siècle,nommé Jakob Löw.N’y-avait-il pas le ministre juif d’Obama Jack Lew,comme secrétaire au Trésor,ou directeur de la Banque Fédérale ? C’est juste une connerie,comme je les aime,pour relever ça,mais objectivement il reste que Metatron sera le serviteur de celui qui mène les finances aux Etats-Unis.

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Taïké Eilée

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