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Accueil du site > Actualités > Politique > Marx ne rejette pas tel patron : il rejette le capitalisme

Marx ne rejette pas tel patron : il rejette le capitalisme

Il y a un malentendu capitaliste devant le marxisme. Quoi de mieux, que de citer Marx lui-même, pour le dissiper ? Lisez plutôt.

(Cet article est en lien avec : La Vulgate marxiste - c'est-à-dire antimarxiste ; Les Capitalistes ne se vivent pas comme des pilleurs ; Le Secret de la bourse, c'est le temps de travail  ; Non, Marx ne fut pas matérialiste dialectique.)

 
 
Karl Marx, Le Capital, Messidor - éditions sociales, ''Préface à la première édition allemande'', p.6 a écrit :
Un mot encore pour éviter d'éventuels malentendus. Je ne peins pas en rose, loin s'en faut, le personnage du capitaliste et du propriétaire foncier. Mais ces personnes n'interviennent ici que comme personnification de catégories économiques, comme porteurs de rapports de classe et d'intérêts déterminés. Moins que toute autre encore, ma perspective, qui consiste à appréhender le développement de la formation économico-sociale comme un processus historique naturel, ne saurait rendre un individu singulier responsable de rapports et de conditions dont il demeure socialement le produit, quand bien même il parviendrait à s'élever, subjectivement, au-dessus de ceux-ci.

Autrement dit : n'en voulez pas personnellement à Emmanuel Macron. Comme nous tous, cet homme est le produit du processus historique qui le situa dans tel contexte économique et sociale. Du moins, sous l'angle marxiste, hein !

Si jamais il vous exècre - comme défenseur du capitalisme financier (banquier, détenteur des moyens de production privés, bourgeois, etc.) - c'est qu'il est comme nous tous l'incarnation d'une classe sociale. Il en ressort en la représentant malgré lui, comme porteur de rapports de forces et d'intérêts déterminés : il est socialement irresponsable, même si personnellement il s'est plus ou moins responsabilisé dans sa voie.

L'intéressant, c'est de voir à quel point le marxisme n'est pas une école de ressentiment, contrairement à nombre de ses militants de Vulgate marxiste - c'est-à-dire antimarxiste (voir aussi : Peter Sloterdijk, Colère et Temps).

Mieux, bonne nouvelle pour les marxistes auxquels on renvoie souvent l'argument dans la face : Friedrich Engels (ou tel autre, ou eux-mêmes, etc.) ... Friedrich Engels, mécène de Marx, ressortant de la bourgeoisie, peut être décollé de sa condition sociale sans contradiction avec son choix militant : ça n'est pas parce qu'il incarne une classe, qu'il en est personnellement adepte, quoiqu'il en soit socialement acteur.

Autrement dit, on pourrait imaginer Macron devenir marxiste, par un détour improbable (il faut lire sur ce point, l'existentialisme marxiste de la Critique de la raison dialectique, de Sartre). Et ainsi, contrairement aux délires soviétiques, il n'y a pas de science bourgeoise devant quelque science prolétaire, comme si les vérités se politisaient !

Cela n'a jamais empêché les sociétés capitalistes, de préférer l'analyse individualiste (agentique) à l'analyse holiste (globale) en sciences humaines. L'analyse individualiste considère la personne comme un agent largement indépendant, l'autre comme un membre largement interdépendant. Le marxisme est une analyse holiste des interdépendances sociotechniques, donc.

L'analyse individualiste semble plus crédible à quelqu'un qui se sent et veut faire sentir la dimension volontariste, dans les relations (les membres des sociétés capitalistes, comme volontés indépendantes) mais cela n'ôte pourtant rien au fait, que les volontés sont en situation, c'est-à-dire socialement-historiquement-économiquement-politiquement situées. Cette situation (condition, catégorie, couche ou classe sociale) permettant qu'on les sente et les fassent sentir dans une logique systémiste (façon marxiste de voir les choses).

Bref : l'analyse marxiste (holiste, systémiste, interdépendantiste) n'est pas l'analyse capitaliste (individualiste, volontariste, indépendantiste) et pour cause : Marx fait la théorie du capitalisme. On voit mal comment une analyse intra-capitaliste déjà, ne rencontrerait pas de limites autoanalytique : on voit mal comment elle se comprendrait du dehors. Voilà pourquoi Marx sort de cela. C'est logique.

Or actuellement, et par un autre biais (monétaire, cybernétique, systémique, écologique, etc.) les analyses individualistes et holistes se mélangent, voire font du marxisme sans le savoir. Pour une époque qui caricature et stigmatise "Marx", c'est plutôt à mourir de rire. Enfin, rien de personnel, donc : Marx ne rejette pas tel patron, il rejette le capitalisme (CQFD).


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33 réactions à cet article    


  • CN46400 CN46400 12 septembre 13:39

    Il ne le rejette même pas, il le soumet à une analyse détaillée et en déduit que ses jours sont comptés, et que dès que « l’immense majorité » prolétarienne sera unie, elle le renversera et substituera à la domination de « l’infime minorité » bourgeoise, un système plus démocratique et plus social, le communisme !


    • NEMO Joker 12 septembre 14:35

      @CN46400

      y a plus qu’à attendre que ça soit mûr, si entre temps la guerre entre es démocrates et les républicains américains n’a pas provoqué la destruction de toute vie sur la planète, ce qu’envisage sérieusement Paul Craig Roberts


    • CN46400 CN46400 12 septembre 15:09
      @Joker
      Sauf que l’unité de « l’immense majorité » prolétarienne n’est pas automatique, c’est un combat politique très dur parceque « l’infime minorité » bourgeoise n’est pas sans moyens, notament médiatiques,- pour l’entraver...



    • Christ Roi Christ Roi 12 septembre 15:38

      L’escroquerie de Karl Marx le sataniste vient de ce que le mot « capitalisme », dont la définition est l’accumulation du capital, n’est pas un accident de l’histoire mais la nature même de l’homme. L’homme est un individu qui capitalise. Le capitalisme est ainsi la plus jolie chose du monde puisqu’il permet de créer des cathédrales, des hopitaux, des trains, etc. Devant une telle beauté, Karl Marx a naturellement été épris d’une haine mortelle du frustré parasite baveux incapable de ne rien faire pendant que son beau-père faisairt le plus noble métier du monde, diriger une entreprise.


    • Morologue Morologue 12 septembre 16:08

      @Christ Roi. C’est d’ailleurs pour cela que le Christ a quitté la charpente pour prêcher.


    • Christ Roi Christ Roi 12 septembre 18:45

      En effet le Christ n’était pas un capitaliste, mais il n’a jamais dit du mal des travailleurs, ouvrier paysan ou patron. Il était cohérent et pas frustré à la différence de Marx. 


    • Morologue Morologue 12 septembre 20:43

      @Christ Roi. Vous parlez de Marx, auteur de la phrase : le travail libère  ? Non, vous devez sûrement confondre avec quelqu’un d’autre.


    • Christ Roi Christ Roi 13 septembre 15:22

      @Morologue
       smiley Qu’est-ce que vous racontez ?


    • Morologue Morologue 13 septembre 21:59

      @Christ Roi. Moi ? Je vous remercie de poser la question. Eh bien, moi, ça va ^^


    • flourens flourens 12 septembre 16:28

      le patron est ce qu’il est s’il voit une faille il va s’y précipiter, le capitalisme permet au patron d’être patron et comme le disait Shakespeare, « si quelqu’un a le pouvoir de faire le mal et ne le fait pas, c’est un seigneur », le capitalisme donne au patron le pouvoir de faire le mal et il y a très peu de seigneur et plus encore les paroles de La Boetie « c’est un extrême malheur d’être sujet à un maitre, duquel on ne peut jamais assurer qu’il soit bon, puisqu’il est toujours en sa puissance d’être mauvais quand il le voudra », le capitalisme permet au patron se comportant comme un maitre, bon, c’est rare, comme mauvais, c’est le plus fréquent de soumettre le salarié


      • Morologue Morologue 12 septembre 16:38

        @flourens. La morale, la déontologie, la nature humaine, toussa toussa. Mais vous exagérez : croyez-moi, parfois, on est juste insouciant, et d’aucuns jugent qu’on est méchant. L.F. Céline disait judicieusement que nous étions lourds, que nous manquions de légèreté.


      • Claudec Claudec 12 septembre 18:22

        Résumé d’un autre point de vue, qui considère le marxisme comme la pire théorie qu’y ait jamais existé.

        Avec ce romantisme rhénan que Wagner magnifiera avec tambours et cuivres, pour le plus grand plaisir du prophète d’un autre ordre, Marx a nourri sa pensée des idées révolutionnaires ayant fleuri partout dans le monde depuis que la société des hommes y règne et plus spécialement à l’époque dite “des lumières” qu’a suivi l’avènement de l’industrie et des grands moyens de communication et de propagation des idées. Et cette pensée s’est développée, en dépit – ou profitant – des désordres qui ont agité le monde depuis. C’est ainsi que le marxisme a prétendu répondre, au fil de sa dramatique histoire, à l’attente des êtres humains les plus démunis, encouragés par les héritiers de ces utopies qui font oublier à l’homme les hasards de sa naissance, dans ce qu’ils ont de fondamental et de plus incontournable.

        Portée par l’extrême misère d’un prolétariat cristallisé de fraîche date, grossi de millions de serfs vivant un autre temps aux confins de l’Europe, le marxisme a rapidement enfanté du communisme, qui suscitera à son tour, par réaction, ces autres fléaux qui perdurent en certains endroits de la planète, après notamment le fascisme du Caudillo, celui du Duce, puis le nazisme. Mais le marxisme et ses schismes n’en sont pas pour autant exempts de ce qui est reproché à ces idéologies qu’ils ont si largement contribué à faire naître et qui sur bien des points lui ressemblent.

        Si la misère la plus profonde et la révolte qu’elle peut susciter peuvent être considérées comme les raisons de son avènement, il n’en demeure pas moins que le marxisme, de même que ses résultats, sont au plus haut point contestables, pour trois raisons majeures :


        - Absence d’éthique.

        La lutte des classes à outrance, avec pour objectif la prise de pouvoir par le prolétariat – qu’elle préconise comme le seul moyen de parvenir à davantage de justice sociale – est ni plus ni moins qu’une incitation à la haine, aussi incompatible avec l’humanisme qu’ignorante des réalités de la condition humaine. La lutte des classes s’est donc traduite par des guerres civiles aux innombrables victimes, dont une centaine de millions de morts, soit davantage que ceux qu’ont provoquées les deux guerres mondiales du XIXe s. Et ces guerres civiles, fondées sur l’incompréhension, l’intolérance et la haine, perdurent en certains endroits de la planète.


        - Dépendance, corporatisme et nouvel obscurantisme.

        C’est le marxisme qui a incontestablement généré le syndicalisme avec ses dogmes aussitôt consolidés par ceux du religieux et du politique, qui ont vite opéré leur OPA, partiellement réussie comme en attestent les liens étroits existant entre les principaux syndicats d’une part et l’Église ainsi que les partis politiques d’autre part.

        Ces mariages peuvent d’ailleurs apparaître comme autant d’alliances face au progrès scientifique et technique et à l’enrichissement qu’il génère, au motif qu’il contribue au développement du capitalisme. Ce qui n’empêche pas ceux qui se considèrent sans vergogne comme des progressistes, de créditer la lutte des classes des moindres avancées sociales, alors qu’elles sont avant tout le fruit de ce progrès scientifique et technique. Quoi qu’il en soit, en échange “d’avantages acquis” – dogme syndical entre tous – d’une manière ou d’une autre, le peuple s’est vu coiffé d’un pouvoir supplémentaire, comme si ceux qu’il subissait déjà ne lui suffisaient pas, ce qui est loin de répondre à la promesse d’émancipation promise par Marx.

        ... À suivre


        • Morologue Morologue 12 septembre 20:45

          @Claudec. Vous confondez l’analyste avec le conclusif. C’est-à-dire que sur la base d’analyses viables, il a tiré des conclusions qui, certes, peuvent être romantiques. Seulement, l’honnêteté intellectuelle exige de distinguer les deux, au lieu de déblatérer vos analyses fallaciées de ce fait même que - au fond - elles n’analysent pas, mais synthétisent tout de go.


        • Claudec Claudec 12 septembre 18:23

          ... Suite et fin

          3° - Ignorance des dimensions démographique et environnementale, inhérentes à tout processus économique et social.

          L’homme est avant toute autre considération un consommateur qui par différence avec les autres êtres vivants, s’invente des besoins ; ce que Marx semble avoir ignoré, de même qu’il ne semble pas avoir conçu que si la pauvreté a pour limite le zéro de la richesse, cette dernière n’en a pas d’autres que l’appétit de ceux qui la convoitent et les ressources de la planète dont elle est tirée. Que n’a-t-il été guidé par l’évidence voulant que le meilleur moyen de priver les profiteurs de la main d’œuvre qui les enrichis, serait qu’elle cesse de proliférer et avec elle ses besoins, dont la satisfaction contribue à l’enrichissement de la société, à commencer par les plus ambitieux de ses membres ? Comment ceux qui ont le plus à se plaindre de leur sort peuvent-ils au contraire s’obstiner à condamner leur descendance à une existence qui ne peut être que pire que la leur, en raison de leur nombre croissant sans cesse ? Mais le peuple est pour le marxisme comme pour tous les pouvoirs, un instrument dont la force s’affirme d’abord par le nombre. Pas une église, pas un parti, pas un syndicat, qui ne cherche à augmenter sa puissance par le nombre de ses fidèles, de ses membres ou de ses adhérents, et le marxisme n’échappe pas à la règle.

          Faute de pouvoir échapper à des inégalités résultant d’un sort aveugle auquel nul être vivant ne peut échapper à sa naissance, quels que soient les aléas de son existence par la suite, ne devons-nous pas limiter notre ambition à en compenser les effets, sans pour autant vouloir la mort de l’autre ?

          Plutôt que cela le marxisme, imitant tous les pouvoirs, n’a su jusqu’à son déclin qu’accroître ses troupes, fournissant ainsi à ceux qui les exploitent, un effectif sans cesse grandissant. De ce point de vue, l’analyse à laquelle se livre Marx de la population humaine n’a de réaliste et d’utile que de souligner son caractère universel, en ce sens que chacun d’entre nous est plus ou moins dépendant de tous les autres. Par contre, sa classification et son invention de l’AIR (armée industrielle de réserve), qu’il organise et représente arbitrairement, non sans ce romantisme déjà évoqué et un sens de l’organisation bien germanique, sont d’un parti-pris n’ayant d’égal que son ignorance, voire son refus puéril de la condition humaine, telle que l’illustre si parfaitement la pyramide sociale.


          • CN46400 CN46400 12 septembre 20:37
            @Claudec

            Attention, vous devriez consulter, je soupçonne une gastro anti-marxiste sévère...Calmez-vous, Marx finira bien par mourir, il a quand même 200 ans...

          • Morologue Morologue 12 septembre 20:46

            @Claudec. Vous confondez l’analyste avec le conclusif. C’est-à-dire que sur la base d’analyses viables, il a tiré des conclusions qui, certes, peuvent être romantiques. Seulement, l’honnêteté intellectuelle exige de distinguer les deux, au lieu de déblatérer vos analyses fallaciées de ce fait même que - au fond - elles n’analysent pas, mais synthétisent tout de go.


          • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 12 septembre 20:08
            Le marxisme est un darwinisme social.. forcément ^^
            Il crierait, vive le prolétarisme ! smiley

            • Morologue Morologue 12 septembre 20:46

              @bouffon(s) du roi. Sacrées bouffonneries.


            • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 12 septembre 21:09
              @Morologue

              C’est pourtant très sérieux. On peut parler de Jacques Novicow -qui n’est pas le seul d’ailleurs-qui écrivait, dans « La Critique du darwinisme social », ceci :

              • Au banditisme d’en haut répondit immédiatement le banditisme d’en bas. Karl Marx fut le complément de Bismarck. Il proclama que la lutte des classes était le fondement même de la vie sociale et que cet antagonisme invétéré et irréductible devait résoudre le problème de la misère. Au socialisme sentimental, Marx prétendit substituer le socialisme scientifique, et il s’appuya précisément sur le darwinisme pour démontrer que la lutte des classes était une loi de la nature. Il la présenta comme un cas particulier, comme la forme économique d’un phénomène universel. Marx eut autant de disciples que Bismarck. Tous ceux qui, de nos jours, prêchent les méthodes révolutionnaires violentes et attendent le « grand soir », comme les Juifs attendaient le Messie, tous ces individus sont imprégnés de darwinisme social.


            • Morologue Morologue 12 septembre 21:32

              @bouffon(s) du roi. Va pour ça. Mais quoi ? Toutes proportions gardées, faut-il répondre au terrorisme par une danse hippy ? Il y a, en même tant qu’un romantisme selon @Claudec, une brutalisme marxien. Eh bien, c’est quelque part de Realpolitik non, je veux dire : quand on commence à prophétiser romantiquement la dictature du prolétariat ! ... Alors quoi ? ... Nous ne sommes pas obligés d’y souscrire, mais d’aucuns le peuvent. Et n’oublions jamais que le monde est violence, intrinsèquement. Cela, toutes les stratégies sociales, politiques et économiques du monde un peu sérieuses, en tiennent compte. Que voulez-vous reprocher à Marx d’avoir eu ce réalisme-là, quand votre reproche n’est que l’ombre portée et concentrée sur Marx, du réel total ? ... En quoi, le prophétisme marxien était conséquent avec lui-même. Et pourtant, il n’en voulait pas à tel patron, mais souhaitait simplement renverser le système, vaille que vaille.


            • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 12 septembre 22:18

              @Morologue


              Vous vous méprenez.
              Je ne fais aucune analyse politique sur le marxisme (ou sur Marx) mais expose un autre point de vue, sociologique (voire anthropologique), et par conséquent des idées politiques, des idéologies, etc.
              Sur le fond, nous pourrions en débattre longuement. Le monde est ce qu’il est, nos sociétés évoluent (ou changent). Mais, d’un point de vue ethnologique, il y a eu d’autres systèmes sociaux (et d’autre viendront probablement), d’autres organisations, où les classes et les luttes de classes n’existaient pas en tant que telles.
              C’est un sujet passionnant, mais souvent teinté d’idéologie, d’idées reçues, etc., ce qui ne facilite pas la compréhension.

            • Morologue Morologue 13 septembre 11:09

              @bouffon(s) du roi. Peut-être. Malencontreusement, vous ne m’avez pas été clair d’emblée.


            • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 13 septembre 18:18

              @Morologue
              C’est vrai, mais c’est la forme qui a prévalue (la boutade) non le fond ^^


            • Morologue Morologue 13 septembre 22:00

              @bouffon(s) du roi. C’est bien pour cela que j’ai réagi.


            • Ciriaco Ciriaco 13 septembre 00:47
              On peut dire qu’une intellectualité est une conséquence du fait qu’on quitte sa classe sociale pour une autre plus élevée, sans perdre le souci de la première.

              Cet effort là, car c’en est un tant il est permanent, est une qualité essentielle à la responsabilité ; et il est permis de juger, surtout quand les institutions y portent, ce qu’il en est d’un représentant, car c’est bien des lignes qui sont appliqués pour un groupe souhaité le plus cohérent possible.

              Vous nous faites part d’une distance et il y a bien un jour, à bout de souffle comme un autre à force d’essayer de la tenir, où je me suis demandé comment elle était possible, avant de m’incliner à ma défaite, cet inévitable au sein de ma classe sociale, elle-même définie et structurée par la pauvreté - analyse capitaliste dites-vous - qui ne permet pas de s’en départir.

              Sûrement que c’est parce que leur victoire est si profonde qu’elle nous prive ainsi. Et c’est alors et au mieux le souci, qu’on essaye de débusquer avec des traits dont la légèreté ou la lourdeur ne sont que la mesure du poids qu’on a sur le dos - et pas le fait d’une culture aérienne se permettant puisqu’elle le peut.

              Qu’un bock se vide sur un soupir et un regard effacé dans le dernier bar des assoiffés, et vous comprendrez aux bêtises qui s’arrêtent, ce qu’il y a de charge sur les vies.

              Certainement plus jamais une compréhension qu’on donnerait à ceux pour qui il est facile d’inventer pour abrutir encore et encore : réussite - quels obstacles ? mérite - lequel ?

              Tenir la pensée holiste, c’est être brûlé ici-bas. Ne l’oubliez pas si facilement.

              • Morologue Morologue 13 septembre 11:13

                @Ciriaco. Peut-être mais, au fond, vous parlez d’être erreinté-e par nos habitus. Ou, selon, exalté-e, et plus généralement, tout simplement, aveuglé-e. Or, à ce jeu, même les richard-es, peuvent être erreinté-es. Si, si. Les appauvri-es n’y croient évidemment pas, et de toutes façons se moquent de l’éreintement richouille.


              • Morologue Morologue 13 septembre 11:14

                Du moins effectivement, sans holisme.


              • Ciriaco Ciriaco 13 septembre 13:02

                @Morologue

                Pas simplement par des habitus, mais par des situations qui sont socialement structurées et qui les habitent.

                Les concepts ne sont pas volatiles ; ils désignent en réalité et dans ce domaine en particulier des conditions en deça, dans lesquelles ils trouvent leur origine et permettent de qualifier, même si rien dans les termes ne le laisse a priori supposer.

                Il y a donc hélas une surface sur laquelle couvent des dominations ; le vocabulaire de la peine a d’ailleurs été supprimé ; le labeur, le pauvre... Par qui sinon la pensée dominante et gestionnaire, qui se comporte désormais comme une police dans la société de l’information.

                Quant à la sociologie, elle connait de nombreux assaults dans la pensée normalisée : on ne va pas « excuser » des pauvres non plus ; ainsi se définissent des structures autoritaires à l’endroit du pouvoir, curieusement souhaité pour une seule et unique classe sociale, dont les mythes sont ceux de l’individualisme.

                Le holisme ne peut être débarrassé des conditions qu’il décrit. Il ne peut être une vue de l’esprit relativisant ce en quoi il est fondé.

              • Morologue Morologue 13 septembre 14:35

                @Ciriaco. OK.


              • Ecométa Ecométa 13 septembre 14:34
                Les dictionnaires, trop souvent marqués par le positivisme technoscientiste du « comment sans le pourquoi », du moyen pour le moyen et le moyen imbécile ; les dictionnaires définissent le capitalisme comme un système économique.

                Le capitalisme est tout sauf un système économique au sens complexe du terme ; en terme simplificateur au simplisme : OUI !

                Dans la terminologie marxiste, il s’agit d’un régime politique, économique et social dont la loi fondamentale est la recherche systématique de la plus-value, grâce à l’exploitation des travailleurs, par les détenteurs des moyens de production, en vue de la transformation d’une fraction importante de cette plus-value en capital additionnel, source de nouvelle plus-value.

                Un cercle vicieux du capital qui regarde le capital... forcément crisique ! Pour s’en convaincre il suffit de dénombrer les nombreuses crises du capitalisme depuis deux siècles.

                La capitalisme c’est la réduction d’un système complexe qu’est l’économie, de nature sociétale et non scientifique, au seul moyen qu’est le capital ; le capitalisme c’est le capital porté à son paroxysme, ce qui en fait un dogme !

                Tout ce qui est système, physique ou métaphysique humain, comme l’économie qui est un système métaphysique, humain, doit répondre de la logique systémique et même de celle écosystémique pour éviter l’écueil du système pour le système et le système imbécile. Or le capitalisme est aux antipodes d’une logique aussi bien systémique qu’écosystémique car fermé sur lui-même au lieu d’être ouvert comme tout système sur son environnement.
                 
                Il ne s’agit pas d’être contre le capital moyen utile et nécessaire à l’économie, ni contre la finance, mais contre le capitalisme et le financiarisme usage paroxysmique du capital et de la finance auxquels l’économie se trouve réduite de façon extrêmement arbitraire.

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