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Pourquoi les élections législatives sont en réalité plus importantes que l’élection présidentielle

Alors que plus d'un Français sur deux a boudé les urnes dimanche dernier, il semble utile de rappeler à quel point le scrutin législatif est capital pour le pays. Sûrement bien plus que l'élection présidentielle.

Des nombreuses raisons qui ont pu être citées ici ou là pour expliquer le score historique de l’abstention au premier tour des élections législatives françaises dimanche dernier (51,29%), l’une d’elles revient avec insistance : « cette élection n'est pas importante ».

Qualifier les élections législatives de « scrutin de validation » du résultat présidentiel n’est pas dénué de sens. Après tout, l’intervalle entre les deux consultations n’excède pas un mois. L’euphorie de la victoire est toujours prégnante, le parti gagnant arrive encore à tenir ses troupes et le président nouvellement élu vient à peine d’arrivée à l’Élysée. Rien ne prédestine donc à modifier sa voix en si peu de temps. Ce schéma de pensée est vérifiable lorsqu’on regarde dans nos archives électorales : 1981, 1995, 2002, 2007, 2012… toutes, sans exception, ont conforté le nouveau locataire du Palais.

Pourtant, il y a un « mais ». Car rien n’est écrit d’avance. Reprendre l’histoire politique de France permet de nouveau de le vérifier. Les années 1986, 1993 et 1997 ont marqué les esprits par l’instauration de périodes de cohabitation politique. Preuve que les élections législatives ont une importance décisive, l’existence de majorités présidentielle et parlementaire politiquement opposées pèsent sur l’orientation de la politique de la nation. Concrètement, le pouvoir revient au Premier Ministre, désigné parmi les députés du parti le plus représenté à l’Assemblée. Le Chef d’État se retrouve alors cantonné à promulguer ou poser son veto sur les textes de loi qui lui sont soumis. Autrement dit, représenter l’État sans pour autant y jouer grande influence.

Les exemples sont nombreux. Sous la présidence Mitterrand, on se rappellera du coup d’arrêt à la reconnaissance juridique du couple homosexuel lorsque la droite entrera majoritairement au Palais Bourbon en 1993. Ou sept ans auparavant, lorsque cette même droite, profitant de la première cohabitation de la Vè République, fait supprimer par la voix législative l’autorisation administrative de licenciement. Un tollé pour l’Élysée.

On comprend donc que la clé du pouvoir, celle qui aura une incidence sur la politique menée, réside dans, et uniquement dans, les élections législatives. Seule la majorité parlementaire peut donner, ou non, au Chef d’État la capacité de gouverner. Dès lors, on ne pourrait qualifier les législatives de « validation » du scrutin présidentiel. Au contraire, on devrait souligner que l’élection présidentielle est l’antichambre du scrutin législatif.

La perte de prestige de l’élection des députés tient à l’organisation des pouvoirs instaurée par la Constitution de 1958. Faire élire son Chef d’État directement par le peuple confère à la figure présidentielle une légitimité particulièrement forte, d’autant qu’elle se réalise sur la personne même du candidat. Face à ce phénomène plébiscitaire, difficile de voir une « République des députés », garante du projet politique à mener. Au contraire, s’est mis en place une « République du Président », renforçant un peu plus le phénomène de présidentialisation que connaît la vie politique française. Néanmoins, si la cohabitation peut sembler contraire à l’esprit de la Vè République, elle n’en est pas pour autant inimaginable.

Dimanche prochain se tient le deuxième tour des élections législatives 2017. Il y a cinq ans, le scrutin avait mobilisé 55,40% du corps électoral. Si on ne peut connaitre pour l’heure le taux de participation, on sait d’ores et déjà que le programme politique qui sera appliqué pour la France durant les cinq prochaines années sera celui du parti arrivé en tête à vingt heures ce 18 juin.


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9 réactions à cet article    


  • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 15 juin 11:17

    1 - Comme pour les cinq dernières années, le programme qui sera aplliqué les cinq prochaines années sera celui de Bruxelles.

    Votre raisonnement aurait été recevable avant le traité de Lisbonne, mais plus maintenant.

    2 - Le deuxième tour des législatives n’est pas comme une revanche à la belote. On ne redistribue pas les cartes : on joue avec celle que la première partie a sélectionnées. Les jeux sont déjà faits en ce qui concerne la majorité. Rest à préciser le nombre de sièges. Quand on ajoute que des candidats qui seront élus sous l’étiquette LR ou PS ou UDI soutiendront Macron, on arrive à une situation totalitaire de pouvoir absolu. La seule innovation là-dedans est d’obtenir le pouvoir absolu par des élections.

    • Leonard Leonard 15 juin 11:34

      C’est capital d’élire des législateurs qui n’ont plus la maîtrise des lois...


      C’est comme de chercher un jardinier qui doit aménager sur du béton sans mettre de plante...

      • Franchounet 15 juin 22:15

        Petite provocation : inversons l’ordre, les législatives d’abord et la présidentielle ensuite. Après tout, pourquoi pas ? Non, non ce n’est pas de la provocation finalement.


        • Odin Odin 15 juin 23:56

          J’aimerais vivement que l’auteur « étudiant en science politique », nous informe sur le rôle des députés, tout en restant dans l’U.E suite à l’élection de Micron, sachant que plus de 90 % des lois passant par le Palais Bourbon nous viennent des directives européennes (les GOPÉ) ?

          Fonction de cela, à quoi servent nos 925 élus (577 députés + 348 sénateurs) ?

          Il est vrai qu’ils ont très peu d’avantages smiley

           


          • devphil devphil 16 juin 07:32

            C’est plié les Français sont des veaux , des cons qui n’ont rien compris.
            Une fois dimanche passé , c’est plein pouvoir vers la destruction du code du travail.

            Les vraies élections se passeront dans la rue avec la mobilisation de ceux qui ont voté blanc ou se sont abstenus.

            Si macron recule ou est bloqué en Septembre alors il sera mis hors jeu mais j’en doute

            Philippe


            • zygzornifle zygzornifle 16 juin 08:51

              parce qu’il y a 577 députés qui vont gagner chacun plusieurs SMIC par mois avec tous les monstrueux avantages qui vont avec ...... foutez moi tous ces nuisibles au SMIC et ils se tailleront comme des rats pendant un naufrage ......


              • zygzornifle zygzornifle 16 juin 08:52

                c’est Tatie Merkel qui commande la France , tous les politiques lui doivent allégeance ......


                • Crab2 16 juin 16:24

                  Ne pas voter ou blasphémer est la quête de nouveau

                  S’abstenir n’est-en aucun cas se taire, c’est tout le contraire que de se contenter de mettre un bulletin dans l’urne de temps-en temps - c’est parler au quotidien
                  - Suites :
                  http://laicite-moderne.blogspot.fr/.../legislatives

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