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Accueil du site > Actualités > Politique > Premier tour : La presse a fait mieux que les sondeurs

Premier tour : La presse a fait mieux que les sondeurs

Sans le savoir, la presse nationale avait prévu le résultat du premier tour presque à la virgule près. En tout cas mieux que les instituts de sondages officiels. C’est le résultat extrêmement étonnant qui sort de mon outil d’analyse de la presse, Presse 2007, qui scanne en permanence les sites de six quotidiens (Les Échos, Le Figaro, L’Humanité, Libération, Le Monde, Le Parisien) ainsi que le site Marianne 2007.

A l’aide des fils RSS, j’ai récupéré 2 200 articles sur les sites de ces différents médias dans la semaine précédant la clôture de la campagne, et j’ai analysé l’intégralité du texte de ces articles (pas seulement le résumé fourni par le fil RSS) de façon à calculer le taux de citations des différents candidats (voir le mode de calcul dans l’étude détaillée en pdf ).

Quand j’ai vu les chiffres apparaître sur mon écran, j’en ai eu le souffle littéralement coupé. Les taux de citations sont extrêmement proches du résultat final et permettent, en particulier, de prédire l’ordre d’arrivée des quatre principaux candidats :


Taux de citations dans les différents médias

L’écart entre les taux de citations et le résultat peut être quantifié précisément à l’aide d’une mesure utilisée communément en statistique pour évaluer la qualité de l’ajustement d’un modèle, l’écart quadratique moyen (on calcule la moyenne des carrés des écarts, puis on en prend la racine carrée). Cette mesure est reportée dans la ligne Écart. Elle permet de classer la qualité de la « prédiction » des différents médias. Le plus proche du résultat officiel est le journal Les Échos, suivi de près par Le Parisien et Le Monde. L’ordre des différentes colonnes de gauche à droite suit le classement en fonction de l’écart. La ligne Top 4 donne la même mesure d’écart, mais restreinte aux quatre « grands candidats ».

On remarquera qu’on trouve à droite du tableau des publications plus engagées, comme L’Humanité, qui fait bénéficier Marie-George Buffet d’un taux de citations extrêmement élevé (17,5%, c’est-à-dire autant que ce que le journal attribue à Ségolène Royal). A part ce cas un peu extrême, les biais des autres médias se compensent les uns les autres (voir analyse détaillée dans l’étude en pdf). Ceci explique que la moyenne des taux de citations, lorsqu’on exclut le journal L’Humanité, est légèrement plus proche du résultat que le journal Les Echos (colonne Moyenne-H). On peut encore améliorer le résultat en ne retenant que le « Top 3 » des trois médias de tête (sans doute les moins « engagés ») : Les Échos, Le Parisien et Le Monde (colonne Moyenne3). Cette moyenne est étonnamment proche du résultat officiel (écart inférieur à un point).


Moyennes des taux de citations

Le plus étonnant est que ces résultats sont meilleurs que ceux des instituts de sondages.


Derniers sondages avant le premier tour

On voit que l’institut BVA est le plus proche du résultat, à peu près à égalité avec la « prédiction » du journal Les Échos et légèrement moins bon que la moyenne des taux de citations sans L’Humanité. L’institut CSA, dernier du classement, est plus éloigné du résultat officiel que quatre grands quotidiens (Les Échos, Le Parisien, Le Monde, Libération). La moyenne des taux de citations du « Top 3 » de la presse est nettement meilleure que le meilleur des instituts (BVA).

Classement des différentes sources en termes d’écart avec le résultat officiel

On remarquera d’ailleurs qu’on ne peut pas améliorer les résultats des sondages en en prenant la moyenne, même restreinte aux deux ou trois meilleurs (voir résultats analogues ici). Les moyennes restent plus éloignées du résultat officiel que les valeurs fournies par l’institut BVA. Ceci s’explique par le caractère systématique des biais des différents instituts, qui vont tous dans le même sens (surestimation importante de Jean-Marie Le Pen et sous-estimation de Nicolas Sarkozy, notamment), alors que les biais de la presse ont tendance à se compenser.

L’étude jointe en pdf donne une analyse plus détaillée des écarts, média par média.

Il faut sans doute beaucoup de précautions devant un résultat aussi étonnant, et des études complémentaires et approfondies qui relèvent de la sociologie des médias, mais cette étonnante convergence est certainement à analyser : autorégulation des rédactions autour d’une sorte d’ « équité » intuitive ? Fabrication de l’opinion par les médias  ? Sans doute un peu de tout ça...

Le fait que la presse fasse, de façon purement intuitive, mieux que les sondeurs est certainement un fait à méditer. J’ai ma petite hypothèse : on sait que les chiffres publiés ne sont pas les données brutes des enquêtes, mais des chiffres redressés (en ce qui concerne Jean-Marie Le Pen, l’importance du redressement peut atteindre presque un facteur trois, ce qui est extrêmement important). Les instituts gardent secrètes les méthodes de redressement, mais l’on sait qu’elles sont extrêmement délicates, et qu’in fine, les instituts opèrent des correctifs et un redressement manuel en fonction de leur « intuition politique ». Il n’est alors pas étonnant que des centaines de journalistes, observateurs expérimentés des rapports de force et de la vie politique, aient collectivement une meilleure « intuition politique » que les instituts de sondage.

Il est frappant de constater que les rédactions ont corrigé (plus ou moins consciemment, à nouveau) la surestimation importante du score de Jean-Marie Le Pen opérée par les sondeurs. Il est probable que divers indices de nature qualitative étaient perceptibles par les journalistes pour leur laisser penser, collectivement s’entend, que le scénario de 2002 était peu probable en 2007 : interviews de militants et sympathisants, affluence dans les meetings, etc. L’observation de la courbe des sondages sur Jean-Marie Le Pen sur la période de la campagne est également un élément de considération important : en forte croissance sur les dernières semaines avant le premier tour de 2002, elle était presque parfaitement plate avant celui de 2007.

Qu’on l’interprète d’une manière ou d’une autre, cette étude met en évidence de façon éclatante les jeux complexes d’interaction entre les médias, les sondages et l’opinion, qui ont sans doute été plus intenses dans cette élection que dans toute autre jusqu’ici.


Etude détaillée


Moyenne des avis sur cet article :  4.74/5   (94 votes)




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66 réactions à cet article    


  • VAHINE 30 avril 2007 10:37

    reconnaissez que s’il a gagné le premier tour ce n’est pas grace a la presse. D’ailleurs des qu’un commentaire ou une vidéo est favorable a Sarkozy la page est retirée aussitot.Dire le contraire serait faire preuve de mauvaise foi comme dab.


    • Jean Véronis Jean Véronis 30 avril 2007 10:40

      Je n’ai jamais dit que la presse (et les médias en général) avaient fait le résultat. Je crois que les interactions médias/opinon/sondages sont complexes et qu’elle ne se laissent pas résumer à des schémas simplistes.


    • Dilettante 30 avril 2007 10:52

      Et voilà : encore une fois, le vote blanc est honteusement passé sous silence smiley

      Blague à part, ces chiffres sont fascinants. Je me demande quel résultat une telle étude annoncerait pour le second tour si l’on décidait de s’y fier.


      • Jean Véronis Jean Véronis 30 avril 2007 12:55

        Je n’extrapolerais rien du tout sur d’autres scrutins (particulièrement quand il n’y a plus du tout le même nb de candidats). Mais ce sera certainement intéressant à suivre !


      • bozz bozz 30 avril 2007 11:00

        excellent comme d’habitude, j’ai toutefois une question qui me turlupine, vous ne faites pas la différence entre les citations favorables ou défavorables aux candidats, est-ce que cela signifierai que ce soit en bien ou en mal, seul le fait de parler d’un candidat compte ?


        • Jean Véronis Jean Véronis 30 avril 2007 14:48

          Non, manifestement la façon d’en parler compte. Dans l’étude en pdf vous verrez que l’Humanité « sur-cite »MGB, sans doute pour en dire plutôt du bien, tandis que Libération « sur-cite » Sarkozy. J’imagine que c’est plutôt pour en dire du mal !

          Mais vous réalisez certainement que c’est beaucoup plus difficile de quantifier ça par des moyens automatiques, et sujet à caution de toute façon...


        • L'Hérétique Anaxagore 30 avril 2007 11:22

          Dites, c’est très intéressant votre histoire : est-ce que vous pourriez faire le calcul, sur la base de ce que l’on a actuellement pour le second tour ?


          • Jean Véronis Jean Véronis 30 avril 2007 12:57

            Je pourrais... si on passe aux 35h (par jour).

            Je vais essayer...


          • Philippe VIGNEAU 30 avril 2007 12:36

            tres interessant et pas tres etonnant : en fait l’interaction entre les medias et les francais n’est pas a sens unique, loin de la... les sondages contribuent a forger l’opinion des gens et les opinions des gens influencent aussi les publications des articles...

            bref cet article ne me surprend absolument pas... ce qui serait interessant c’est d’elargir cette etude a toutes les publications web et papiers, peut etre trouverions nous exactement les memes chiffres ! smiley


            • Jean Véronis Jean Véronis 30 avril 2007 14:43

              « l’interaction entre les medias et les francais n’est pas a sens unique » — Je suis d’accord avec vous. Méfions-nous de la simplification de la pensée...

              Quant à faire ça sur d’autres sources, vous avez raison, mais vous en mesurez visiblement la difficulté si j’en juge par votre smiley smiley


            • Jean Véronis Jean Véronis 30 avril 2007 14:15

              Oui, il faut être prudents. Les médias contribuent évidemment à « faire » l’opinion, mais je doute que la simple évocation d’un nom (ce que je mesure ici), même répété, suffit à modeler l’opinion à un tel point de convergence. Sinon, avec le temps de parole égalitaire des radios et télé, les scores entre candidats auraient été beaucoup plus proches ! j’ai plutôt le sentiment que ce sont les thématiques (et les images qui vont avec) qui ont une grosse influence. Je pense à la surexposition au thème de l’insécurité en 2002 (et peut-être aux images de la gare du Nord cette fois-ci).

              A l’inverse, je crois que les rédactions essaient de viser une sorte d’ « équité » de traitement basée sur les sondages et le « flair politique », même s’il peut y avoir des journaux plus engagés que d’autres, et donc des écarts plus ou moins grands (mais comme vous le voyez ils se compensent en partie). Ne sommes-nous pas là en présence d’un phénomène intéressant d’ « intelligence collective » ?


            • Jean Véronis Jean Véronis 30 avril 2007 14:39

              Ça dépend ce qu’on appelle valeur scientifique : si mon étude présentait des conclusions sociologiques définitives (la presse fait l’opinion, l’opinion fait la presse, etc.), je suis d’accord avec vous. Mais elle ne le fait pas, car je suis tout à fait conscient de ce que vous dites.

              Le but de cette étude est simplement de porter à la connaissance du public un phénomène extrêmement curieux, qui mérite discussion et investigation complémentaire. Il y a de nombreuses études « scientifiques » de ce type (« Tiens, nous avons observé telle aberration dans le rayonnement cosmique », « cette planète ne se comporte pas comme prévu », etc.)

              Il me semble qu’une étude est surtout scientifique (ou essaie de l’être, soyons modestes) par sa méthode. Les données doivent être clairement identifiées, les mesures et algorithmes clairement décrits. En un mot, l’expérience doit être reproductible par ceux qui veulent s’en donner les moyens.

              C’est en cela qu’on pourrait dire que les sondages (sous leur forme actuelle) ne sont pas scientifiques : données opaques, méthodes non publiées, etc. Et eux ont certainement un impact sur l’opinion (et sur la presse !). Militons pour des sondages « open » !


            • PierreG 30 avril 2007 14:46

              Ce résultat est très intéressant mais pas du tout étonnant. Sur un marché liquide et concurrentiel, les cours cotés sont les meilleures estimations des prix des actifs. Les marchés de contrats à terme sur les élections, ou sur d’autres événements, donnent des résultats équivalents en terme de qualité de la prédiction. Voir par exemple les cotations sur le site www.intrade.com Par ailleurs, l’Université du Iowa a mené une étude très complète sur le sujet, en faisant coter des contrats sur les élections américaines à titre pédagogique, qui se révélaient aussi des prédictifs meilleurs que les sondages. Quant à savoir si les médias font l’opinion, ou si l’opinion est refletée par les medias, j’engage le lecteur à lire le livre de Georges Soros, l’Alchimie de la Finance, où il montre sur 400 pages que les marchés sont réflexifs. Désolé pour ceux qui n’aiment pas le capitalisme financier, mais il se trouve qu’une élection fonctionne comme un marché à terme !


              • caramico 30 avril 2007 15:08

                Je dirais même plus comme une foire, d’empoigne où de vieux maquignons rusés cherchent à vendre leur cheval de retour en le présentant comme un bel étalon tout neuf. C’est du commerce, c’est de la vente, du boniment.


              • Kelsaltan Kelsaltan 30 avril 2007 15:06

                Impressionnant travail et résultats déconcertants !

                L’ensemble des journalistes formerait donc une entité enfin intelligente, un peu comme la fourmilière serait elle l’entité « intelligente » aux logiques et desseins inaccessibles à ses composantes.

                J’aime bien l’idée que les journalistes ne puissent être intelligents que collectivement, parce que ces derniers temps, j’y mettrai bien un coup de pied, à cette fourmilière.

                 smiley


                • Jean Véronis Jean Véronis 30 avril 2007 18:31

                  Personnellement, je ne sacrifie pas à cette mode. Les journalistes que je connais, pour la plupart essaient de faire leur travail du mieux qu’ils peuvent. Je préfère réserver mes critiques (virulentes) au système qui les écrase (concentration des médias, rapports avec le pouvoir, etc.).


                • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 30 avril 2007 15:20

                  Salut Jean,

                  Bon, .. à part ça pour dimanche ton système,il donne quoi ?

                  Parce que sur Agoravox, à 16 h 20 , c’est ça :

                  Pour qui allez vous voter le 6 mai ?

                  Ségolène Royal 75% Nicolas Sarkozy 25%

                  votes : 214

                  Ben oui, sur l’site l’Sarko il n’a pas très la cote ,.. alors attendons dimanche soir !

                  @+ P@py


                  • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 30 avril 2007 15:26

                    Ah ! j’ai oublié une vidéo qui en dit long sur ce qu’il faut faire en politique pour arriver au niveau présidentiable !

                    http://www.dailymotion.com/video/xrl89_le-vrai-sarkozy-90min

                    @+ P@py


                  • arturh 30 avril 2007 16:23

                    par opposition à ce qu’il faut faire pour être journaliste citoyen sur Agoravox.


                  • PierreG 30 avril 2007 15:46

                    Pour compléter mon message précédent. Le site du Iowa Electronic Market de l’Université du Iowa : www.biz.uiowa.edu/iem/ Pour ce qui est de marché sur Intrade, il donne actuellement : Sarkozy : 78.1 acheteur, 82 vendeur, 81 dernier coté Royal : 18.3 acheteur, 22.7 vendeur, 18.2 dernier coté On peut noter que depuis samedi et le débat Royal- Bayrou, Sarkozy a remonté et Royal a baissé Un bémol cependant sur ce marché : peu de liquidité


                    • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 30 avril 2007 16:26

                      Le 17 j’ai fait parvenir un article ( qui a été refusé) sur Agoravox , dans son contenu qui avait ce petit paragraphe :

                      Un certain courage !

                      La première fois que Sarko a fait fortement la une des médias, c’est en mai 1993, rappelez vous, nous sommes le13 mai, dans une école maternelle à Neuily sur Seine , un homme Erick Shmitt ( qui se fait appeler H.B. pour Human Bomb) la ceinture bourrée d’explosifsl tient en otage une clase de l’école . Ce dramatique faits divers deviendra l’affaire de la maternelle de Neuilly .

                      http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_de_la_maternelle_de_Neuilly

                      Nicolas Sarkozy qui est maire de Neuilly intervient directement auprès d’Erick Schmitt, qui relâche progressivement des enfants, on le voit à la télévision

                      http://video.google.com/videoplay?docid=-1826683788989143755&sourceid=docidfeed&hl=fr

                      sortir de l’école en portant un enfant.( quand même courageux le Sarko ) Pour résumé plus loin même si je lui reconnaissait un certain courage, j’expliquais et je relevais des faits qui n’ont néanmoins décidé à ne pas voter pour lui !

                      Aujourd’hui sur le site de20 minutes :

                      http://www.20minutes.fr/

                      Il y a cette fenêtre.

                      http://www.20minutes.fr/article/154778/20070428-Politique-Le-videometre-du-28-avril.php

                      « Human Bomb » affole les compteurs PRESIDENTIELLE - Chaque jour, retrouvez la liste des vidéos politiques les plus vues sur le Net...

                      Qui renvoie à cette vidéo.

                      http://www.dailymotion.com/video/x1tber_sarkozy-human-bomb

                      Par contre dans celle-ci la version est légèrement différente,.. ou est la vérité, allez savoir ?

                      http://www.dailymotion.com/video/xrl89_le-vrai-sarkozy-90min

                      @+ P@py


                      • arturh 30 avril 2007 16:27

                        Bravo.

                        Ca pose une question Sarkozianno Royaliste....

                        Vous venez de découvrir le principe d’un moteur de recherche disons, révolutionnaire... Normalement, quelqu’un aurait déjà dû vous contacter pour vous proposer de monter une entreprise dans le secteur de la nouvelle économie pour développer votre invention...

                        Qu’en est-il ?


                        • jrr 30 avril 2007 16:27

                          Décidément, Jean-Marie Le Pen est un grand visionnaire... il a récemment déclaré, à propos du « trio infernal » NS, SR et FB : « A quand la partouze ? »

                          Et en effet, ces trois personnages, dont les deux premiers pourraient être les alter ego l’un de l’autre sur le plan astrologique, sont condamnés à s’entendre, quel que soit le futur président... puisqu’ils dépendront les uns des autres pour construire une majorité.

                          Bon gré mal gré, ils sont condamnés à s’entendre et à se respecter, pour le meilleur et pour le pire, et surtout pour que la France puisse se réconcilier avec elle-même et avancer... et donc pour l’Europe, et pour le monde entier !

                          Le premier acte se jouera lors du débat de mercredi soir. J’aimerais y voir un NS humble et détendu, et une SR sûre d’elle mais pas hargneuse. J’aimerais qu’ils essaient d’apprendre à se parler, en s’écoutant l’un l’autre au lieu de se jeter des slogans à la figure. Chacun d’eux détient une part de vérité, et de toute manière l’arbitre ce sera FB, puisqu’ils n’auront pas de majorité absolue. Le résultat de dimanche devrait être serré, afin de ne pas humilier la gauche, et de ne pas donner une importance démesurée au Parti Démocrate.

                          Mais chacun dans leur rôle, on peut die finalement que les trois sont excellent : NS, par son charisme et son intelligence brillantissime, SR, par sa pugnacité, sa beauté et ses tripes de mère et de ménagère, et FB, par son équilibre, sa ruse, son bon sens terrien qui, en définitive, va faire prendre la mayonnaise entre les trois et rendre possible les réformes nécessaires qui vont enfin redonner un élan à la France.

                          Amen !


                          • Dilettante 30 avril 2007 16:41

                            Il aurait vraiment été intéressant de connaitre l’évolution de ces tables au cours de la campagne. Vos sources sont-elles assez étoffées pour que ces évolutions aient une pertinence ?

                            Las, le chronologue me manque !


                            • Jean Véronis Jean Véronis 30 avril 2007 18:32

                              Oui, j’ai toutes les données pour le faire, et c’est sur mon agenda. Mais comme vous l’imginez, tout ça prend du temps et de l’énergie...


                            • Cratyle Cratyle 30 avril 2007 16:58

                              Vous mettez en évidence quelque chose qui n’a aucune signification : une coïncidence de chiffres construite a posteriori en sélectionnant les journaux nécessaires pour que les chiffres correspondent. Ce choix de journaux ne correspond à rien : ce ne sont pas les quotidiens nationaux, sélectionner le magazine Marianne et pas le Nouvel Obs ou l’Express, ou Les Echos et pas l’Expansion, etc, n’est pas justifiable : ils vous permettent d’améliorer artificiellement votre indicateur, c’est tout, et vous avez sélectionné ce qui vous permet d’obtenir un indicateur le plus proche des résultats du premier tour. La meilleure preuve que cela ne fonctionne pas est la comparaison avec les élections précédentes. Faites-le, publiez-le ici et vous constaterez avec nous que cet indicateur ne fonctionne que parce que vous l’avez construit pour cela et après coup. Un indicateur n’est construit que quand il est publié à l’avance. De plus le taux de citation n’a rien à voir avec une prédiction comme celle des sondages. Vous utilisez l’outil de quantification des citations que vous avez mis au point pour des usages sans rapport avec la signification qu’il a. De ce fait, tout ce que vous en tirez (et pas seulement dans cet article) n’a guère de sens. Je n’ai d’ailleurs jamais lu de justification sur ce point essentiel de votre part. Cette fascination pour les chiffres vous fait dire un peu n’importe quoi. Comparer des sondages qui sont fabriqués avant le vote avec de tels indicateurs artificiels fabriqués après et qui n’ont rien à voir avec une prédiction n’a aucun sens. Cela s’appelle un manque de déontologie, une méthode de recherche sans fiabilité aucune, et en tant que matheux je suis bien placé pour savoir à quel point ce genre d’indicateur peut mentir. Je serais plus intéressé par les résultats des personnes qui se sont ridiculisées par leurs indicateurs (l’économique des Echos, le ludique d’E.Servan-Schreiber ici, les parieurs brittaniques, les chercheurs canadiens...) et toutes les autres désinformations courantes que l’on peut examiner avec la cruauté nécessaire maintenant, autant que les sondeurs. De même le classement des sondeurs n’a pas grand sens : il est essentiellement la conséquence du fait qu’il ont tous plus ou moins surestimé Le Pen et qu’ils redressent au pifomètre, le résultat du classement est donc surtout dû au hasard et très peu à leurs qualités scientifiques (à la rigueur, on pourrait dire que la nouvelle méthode de CSA pour le vote Le Pen a fait la preuve, pour ceux qui en doutaient, de son inefficacité). Pourquoi vos remarques sur la presse n’ont-elles aucun sens, et celles sr l’intuition encore moins ? Tout simplement parce que la presse favorise son bipartisme à TOUTES les élections, et que vous retrouveriez ce favoritisme pour les candidats PS-RPR/UMP dans le passé à toutes les élections, y compris en 2002 quand ils s’écroulent, cette faible mention du FN ou des antilibéraux dans ces journaux par rapport à leurs scores en 2002, etc. De toute façon, ils favorisent les choix de leurs actionnaires et de leur ligne éditoriale, que les deux gros soient à un très fort niveau comme en 2007 ou non comme en 2002. Cela n’a rien à voir avec l’intuition et tout avec d’autres raisons. Vous pouvez vérifier la pertinence de l’outil en prenant les mêmes journaux en 2002, en 1995, en 1988 et en publiant les résultats ici. Nous attendons. Rien de tout ce qui est dit là n’est scientifiquement justifiable.


                              • Dilettante 1er mai 2007 00:25

                                J’ai du mal à vous suivre.

                                A la limite, je ne peux vous rejoindre que sur la sélection qui a été faite sur les journaux : elle mériterait d’être un peu plus justifiée. Un test sur les élections précédentes serait également intéressant. A propos, je serais curieux de savoir où trouver les outils permettant d’effectuer des mesures semblables.

                                Pour le reste, de quoi parlez-vous ? L’auteur ne fait que présenter deux tables et dire qu’elle se ressemblent énormément. A supposer que la démarche suivie pour obtenir ces chiffres ne soit pas méthodologiquement biaisée, je ne vois rien de contraire à la déontologie. Vous parlez du sens, mais l’auteur s’abstient (vaille que vaille) de toute interprétation, et ne commente qu’avec précautions. Ne vous étonnez donc pas de ne pas trouver de justification à des interprétations qu’il ne fournit pas !

                                L’auteur se contente de montrer que ces chiffres sont plus proches des résultats du scrutin que d’autre indicateurs, les sondages, et laisse le lecteur libre de toute interprétation. Non, vraiment, je ne comprends pas ce que vous voyez qui ne soit pas scientifiquement justifiable.

                                Mais je suis curieux de le savoir...


                              • minijack minijack 30 avril 2007 17:01

                                Je ne vois pas bien l’intérêt d’un tel article comparant les prévisions de la Presse à celles des instituts de sondages. Ce n’est pas un concours de pronostic... D’autant que dans la plupart des cas la Presse se contentait de rapporter les prévisions des Instituts...

                                Par ailleurs, si j’ai bien tout compris, c’est la moyenne des chiffres sortis dans les divers journaux qui aboutit à un résultat intéressant. Pas sur un journal précis. Si au moins l’auteur avait déniché « LE » journal ayant donné les bons résultats du 1er tour, on pourrait espérer qu’il réédite son coup pour le second. Mais ce n’est pas le cas. Je ne vois donc pas dans cet article ce qui peut faire avancer le schmilblick...


                                • Dilettante 30 avril 2007 17:27

                                  Ce que vous n’avez pas compris, c’est qu’il ne s’agit pas des pronostics de la presse, mais des taux de citation des candidats. Il n’est nulle part question dans l’article des pronostics d’un quelconque journal.


                                • Jean Véronis Jean Véronis 30 avril 2007 18:34

                                  Merci. C’est exactement ça.

                                  Et si vous lisez bien mon étude, le journal Les Echos fait (inconsciemment) une aussi bonne « prédiction » (les guillemets sont évidemment importants) que le meilleur institut de sondage (BVA).


                                • minijack minijack 2 mai 2007 03:33

                                  OK, j’avais effectivement lu un peu vite.

                                  C’est intéressant en effet car ce décompte de citations, que vous rapprochez là des sondages et du résultat effectif, pourrait fort bien laisser à penser que c’est LA PRESSE qui fait l’élection !...

                                  Plus elle cite souvent un candidat (globalement s’entend, tous supports confondus) et plus on parle de ce candidat. Donc plus on s’y intéresse. Ce qui est le but de toute publication.

                                  C’est d’autant plus intéressant au regard de la concentration des médias !... Et dans ce cas, ce ne serait plus de la prédiction, mais de la MANIPULATION d’opinion.  smiley


                                • Emmanuelle Compagnon 30 avril 2007 17:06

                                  Cet article est impressionnant ! Si le pourcentage de vote pour chaque candidat décalque le taux de citation de ces mêmes candidats, on en arrive à former deux hypothèses :

                                  1) Les jugements de valeur portés par les médias importent peu puisque la répartition des votes reflète parfaitement les citations, et donc d’une certaine façon la notoriété immédiate des candidats. Le vote marque une adhésion contrairement à la rédaction d’un article, mais au final qu’un article parle en bien ou en mal d’un candidat ne change rien, si l’on doit supposer une forme de « corrélation » (qui reste à préciser) entre taux de citations et pourcentage de vote. Si tel est le cas, la stratégie du « tout sauf Sarkozy » s’en trouve mise à mal. Mieux vaudrait l’ignorer pour le battre !

                                  2) Même si « les médias ne font pas le vote », la question se pose : La liberté d’esprit revendiquée par les électeurs lors de cette campagne ne serait-elle qu’une vue de l’esprit ? On ne peut qu’être frappée par la correspondance du monde virtuel des médias et du monde réel du vote. Voilà une profonde blessure narcissique pour l’individu contemporain si fier de son indépendance à l’égard du matraquage médiatique.

                                  Trois remarques cependant :

                                  1) votre analyse ne prend pas en compte les citations dont bénéficient les candidats dans l’audiovisuel. Doit-on supposer que par hypothèse vous supposez qu’il n’y pas de différence sensible de traitement des candidats dans les différents médias, écrits ou parlés ? Il me semble que l’égalité du temps de parole au moment de la campagne officielle d’une part et l’omniprésence des principaux candidats avant cette mème campagne d’autre part devraient donner des résultats sensiblement différents dans l’audiovisuel.

                                  2) J’ai du mal à comprendre ce que « prévoir sans le savoir » veut dire. Est-ce à dire qu’il faut considérer « les médias » dans leur ensemble comme une sorte de sujet sans conscience, une Pythie qui parle comme malgré elle et n’accède au sens de ses propres paroles que par le truchement d’un collège de statisticiens, dépositaire d’un savoir sacré qui, idéalement, permettrait de connaitre la vérité d’une élection avant même qu’elle n’aie lieu ?

                                  3)Les médias prétendent décrire et/ou analyser. Or à lire votre excellente analyse vous faites comme si ces dimensions analytiques et descriptives n’importaient pas et que seul comptait l’occurence des noms propres. C’est assez vertigineux !


                                  • L'enfoiré L’enfoiré 30 avril 2007 18:11

                                    Bonnes conclusions. On découvre la force du 4ème pouvoir apparemment ! La presse a de ses atouts que les revendications du 5ème pouvoir ne pouront jamais prétendre. Il est assez terrible de constater que la démocratie dépende des images vues à la télé, à la radio. Je parle ici en « externe ». Chez nous, nous n’avons pas de dichotomie donc moins de chance d’avoir du tout ou rien. Les coalitions sont la règle. On assemble et on ressemble à la proportionnelle. Nous avons des couleurs de gouvernement violettes, arc en ciel.... Joli, non ? Les compromis ne sont-ils pas une autre voie tout aussi respectable et jouable ? smiley


                                  • Nek_Azul Ferratus 30 avril 2007 18:47

                                    C’est comme Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir : les media arrivent à être professionnels malgré leur tendance lourde à éluder le sens. Votre contribution est intéressante


                                    • moizaussi 30 avril 2007 20:33

                                      Belle analyse ! Les résultats sont vraiment étonnants... de précision. J’attends avec impatience la même analyse sur d’autres élections pour voir s’il s’agit d’un heureux hasard ou d’une tendance de fond. J’avais bien modestement tenté de faire une analyse sur la fiabilité des sondages (hop, un peu de pub smiley) mais rien en rapport de celle-ci !


                                      • Mohammed MADJOUR Mohammed 30 avril 2007 20:46

                                        @ L’AUTEUR !

                                        « Sans le savoir, la presse nationale avait prévu le résultat du premier tour presque à la virgule près. En tout cas mieux que les instituts de sondages officiels. C’est le résultat extrêmement étonnant qui sort de mon outil d’analyse de la presse, Presse 2007, qui scanne en permanence les sites de six quotidiens (Les Échos, Le Figaro, L’Humanité, Libération, Le Monde, Le Parisien) ainsi que le site Marianne 2007. »

                                        BIEN SUR QUE LA PRESSE AVAIT LE RESULTAT DU PREMIER TOUR ET MEME QU’ELLE LE RESULTAT FINAL DE CE SCRUTIN ! BIEN SUR QU’ELLE EST MIEUX EQUIPEE ET MIEUX PLACEE QUE LES INSTITUTS DE SONDAGE...QUOI D’ETONNANT ? LA PRESSE A ELLE MËME FABRIQUE CES RESULTATS A FORCE DE MATRAQUER LES ESPRITS DES FRANCAIS ! MAIS BIEN SUR QUE LE CONDITIONNEMENT, L’ENROLEMENT, L’ENDOCTRINEMENT FINIT TOUJOURS PAR DONNER SES FRUITS ! LA PRESSE ECRITE ET LES TELEVISIONS SONT RESPONSABLES DU RESULTAT FINAL DE CES ELECTION ? BON OU MAUVAIS ! TENEZ PAR EXEMPLE, Y’A T-IL UN SEUL JOURNAL OU UNE SEULE CHAINE DE TELE QUI DONNE SA CHANCE AU FRONT NATIONAL ? NON ! ET BIEN A FORCE DE DEBITER LA DESINFORMATION ET LA PROPAGANDE, ON ARRIVE A MODELER LES INTENTIONS, A DECIDER LES ELECTEURS A VOTER POUR CELUI QUE LES MEDIAS ONT DESIGNE ! IL N’Y A RIEN D’ETONNAT, AUN CONTRAIRE C’EST LIMPIDE, C’EST MEME UNE SORTE DE TRANSPARENCE SATANIQUE ! PUISQUE VOUS ETES SI BIEN EQUIPE, VOUS POUVEZ DES MAINTENANT DONNER LE NOM DU FUTUR PRESIDENT IMPOSE PAR LA PROPAGANDE DES MEDIAS RELAYEE CONSTAMENT PAR LA MAISON DU SONDAGE !


                                        • prgrokrouk 30 avril 2007 22:15

                                          @Mohammed, pourquoi toutes ces majuscules ?


                                        • VAHINE 30 avril 2007 21:42

                                          Puisque vous traitez mon message de simpliste pourquoi l’avoir supprimé ? vous me faites penser au régime de Poutine, museler ceux qui pensent autrement. Heureusement que ceux qui sont au pouvoir vous laissent toute liberté de les massacrer.


                                          • ergo-sum ergo-sum 30 avril 2007 21:56

                                            Sur le fond, je suis assez d’accord avec vous : les médias ont une forte influence sur le résultat de l’élection, par les thèmes qu’ils mettent en avant, par la façon dont ils présentent les candidats et par la fréquence de leurs citations.

                                            Il est toutefois exagéré d’y voir une transparence « satanique ». De toute évidence, Libé, l’Huma ou Marianne n’ont pas les mêmes intérêts. Ils ont chacun couvert le premier tour en fonction des visions du monde qu’ils représentent, et qui représente une large partie de leur lectorat. Le résultat du premier tour - et vraisemblablement du second - est donc assez logiquement le reflet de ce traitement de l’information, qui est à la fois le résultat et le produit de ce qu’attendent les lecteurs de chaque journal.

                                            L’auteur, si sa méthode de calcul est vraiment exacte, démontre le pouvoir performatif et la représentativité supposée des médias, pris dans leur ensemble. Joli résultat !


                                            • prgrokrouk 30 avril 2007 22:13

                                              Le rapprochement effectué met en évidence un incroyable phénomène mimétique. Quelle coincidence ! La même opération devrait indiquer le résultat de l’élection... de jour en jour ?

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