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Quand l’UMP reprend à son compte l’idée de Didier Migaud de taxer les banques

Il y a des idées qu’on embrasse malgré les dogmes partisans qui trop souvent altèrent le jugement critique. Il y a des pensées à contre-courant qui nous séduisent sans renfort de communication et sans fioritures parce qu’elles sont tout simplement judicieuses. Il y a des projets de société, loin d’être organisés selon les passions politiques, qui demandent à s’imposer dans les esprits, en vertu de la raison et de l’intelligence. Il en est dont le devoir de bien faire accapare tant de place dans leur planning que le travail sur la médiatisation de leurs actions constitue un luxe énorme que l’on pourrait assimiler par dépit à de la discrétion ou de la modestie.
Il y a des luttes qui forcent l’admiration comme celle de faire accepter l’imposition des bonus à l’endroit des banques. Ce fut, à ce propos, le cheval de bataille, que le député socialiste, Didier Migaud aura toujours cultivé.

Didier Migaud

Didier Migaud présidant une séance à la Commission des Finances de l’Assemblée -  Photo : Serge-Henri Bouvet

L’idée de taxer les banques au bénéfice de l’état a fini par inspirer plus de confiance au sein de la majorité à l’endroit du Président de la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale, Didier Migaud ; et on peut imaginer que quelque doute ont dû s’insinuer dans les esprits quant à leur croyances politiques. François Copé, patron des députés UMP s’est raisonnablement rallié au projet de Didier Migaud, il fallait le souligner.
 
Bien entendu, les députés de l’UMP seront assez futés, pour ne pas dire stratégiques, pour ne pas voter des deux mains le projet d’un socialiste. Ils ne manqueront pas de s’en attribuer la paternité en proposant leur propre amendement.

Un bon politicien qui se respecte a tendance à mettre en sourdine, pour ne pas se faire violence le nom d’une personnalité du camp adverse dont il souscrit aux analyses séduisantes. Usurper la paternité d’une idée, sa médiatisation et l’estime est une constance en politique, qu’elle soit de droite ou de gauche.
 
Commission des Finances

Didier Migaud, Président de la Commission des Finances de l’Assembée Nationale - Photo : Serge-Henri Bouvet


Pour ce qui est de Didier Migaud, la tournure des événements n’est pas aussi préjudiciable à son endroit. Il travaille malgré tout pour le gouvernement et deviendrait donc difficile d’usurper absolument les honneurs d’un socialiste. La grande force de Didier Migaud, cet expert en finance publique, est d’avoir pu fédérer des hommes animés par leur devoir républicain avant tout en faisant fi de leur attache politique, pour se résoudre à taxer les banques en 2010.
 
Évidemment, quelques partisans râleront sur les formes de modalités d’adoptions du projet de Didier Migaud. Qu’importe si ce projet socialiste devient, par un nouvel habillage de communication ou par magie, un projet du gouvernement. Qu’importe, si le résultat est le même, si ce résultat profite avant tout aux citoyens français, si l’obstination d’un homme rend la terre fertile.

Texte et photos : Serge-Henri Bouvet
Source de l’article : http://sergebouvet.com/?p=1720
 

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3 réactions à cet article    


  • Gemini Gemini 4 février 2010 13:34

    Au delà de la mise en valeur de vos propres photos qui n’apportent que peu à l’article, j’aurais beaucoup aimé avoir plus de détails sur le projet de ce monsieur. Un résumé de rappel et, idéalement, un lien vers le projet complet aurait été forts appréciables.

    Sinon, pour en revenir au fond de l’article, si réellement cela permet de taxer un peu les banksters au profit des finances publiques, c’est une bonne chose. Mais je fais confiance à nos amis UMP pour édulcorer tout cela et le rendre démagogique et indolore pour les banksters.


    • 1. Pour les photos, je ne vais pas épiloguer sur leur utilité ou non. Je suis tout de même photographe avant tout, une image apporte toujours un plus à un article. Me concernant, je trouve toujours plus agréable de lire un texte ponctuées d’images qui peuvent soit nous donner une info sur l’identité des protagonistes, en l’occurrence Didier Migaud, soit nous informer sur le lieu où une action s’est déroulée, en l’occurrence ici la salle de commission des finances.

      2. Pour le rappel des faits :
      A l’origine de ce feuilleton à rebondissements, Fin octobre 2009, il y a eut d’abord le vote d’une première taxe défendue par Didier Migaud qui prévoyait d’imposer de 10% supplémentaires le bénéfice des banques. Mais le vote fut annulé, Bercy faisant savoir ce vote était « une erreur technique » - car deux députés UMP qui voulaient voter contre auraient par erreur voter en sa faveur. Les étourdis... Bref, le second vote fut en défaveur de Didier Migaud.

      Dans un second temps, comme les anglais ont décidé de taxer les bonus des traders, Nicolas Sarkozy qui ne veut pas se marginaliser annonce que la France va elle aussi les surimposer. Mais on décide pour l’essentiel des recettes de cette taxation, 1% « riquiqui » , de l’affecter au fonds de garantie des dépôts.

      Finalement, la semaine dernière donc, Didier Migaud a fait adopter un amendement qui fera payer une taxe sur les bonus des banques qui sera affectée, non pas au fond de garantie des dépôts mais au budget de l’Etat. Et ce, avec le soutien de députés de la majorité.

      3. Pour les infos complémentaires, je vous renvoie au billet de Didier Migaud  :
      http://www.lesechos.fr/info/analyses/020170016214-pour-une-taxation-exceptionnelle-des-benefices-des-banques.htm
      ou à son site 
      http://www.didiermigaud.fr/

      Cordialement smiley


      • zelectron zelectron 4 février 2010 14:37

        Pas d’accord du tout ! La taxation est un leurre que va payer une fois de plus le consommateur.
        Les banques vont se réunir et d’un commun accord (secret) vont augmenter leurs tarifs à prorata pour conserver leurs marges et un peu (beaucoup) plus.
        Il y a 3 actions à mener pour assainir les banques
        1- décapiter le haut management
        2- séparer les activités en particulier de risques sans qu’elles puissent être reconnectées.
        3- purger les opérations frauduleuses en les imputant aux responsables présents et passés avec les réparations financières qui s’imposent y compris la ruine des coupables.

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