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Accueil du site > Actualités > Politique > Que faire et penser à l’époque de la catastrophe historique et (...)

Que faire et penser à l’époque de la catastrophe historique et politique ?

 

JPEG Ces lignes ne décrivent pas forcément la réalité du terrain. Elles ont été écrites comme une rêverie intellectuelle projetée sur le cours des choses. Par respect pour le lecteur, l’écrivain doit annoncer la couleur et préciser que le portrait d’un monde dépend autant des faits que du regard exercé par le peintre qui alors, tracera des figures plus ou moins sombres. 

 

 1) Catastrophe signifie chez les Grecs anciens un retournement vers le bas. Il est formé de deux mots, κατά, signifiant de haut en bas. Et στροφή, signifiant action de tourner. Comme souvent, les mots transposés dans d’autres langues et à d’autres époques finissent par épouser une signification autre, souvent produite par une dérivation allégorique accompagnée d’une polysémie. Une fois transcrite en langue latine, la catastrophe a désigné une péripétie, un moment critique au théâtre, ou encore un dénouement tragique. D’où le sens figuré pour désigner l’émotion du spectateur dont l’âme est retournée. La catastrophe est également accompagnée d’une signification dynamique et kronologique. La catastrophe est un événement physique qui arrive dans le monde, ou alors un fait psychique. Ces événements sont subis et parfois arrivent comme un achèvement préparé de longue date et qui n’avait pas été anticipé ni pressenti, sauf par des personnes douées de prémonition. Le moment de la catastrophe contraste avec le Kairos qui désigne le moment pour agir et donc commencer quelque chose.

 

 Nous, Français qui voyons avec le cœur et l’intelligence, nous pressentons que notre époque n’est pas un commencement, ni une renaissance et qu’il n’y aura pas de révolution car rien n’a été préparé, rien de nouveau, rien d’inaugural, rien de neuf n’a été semé. C’est l’ancien monde qui s’achève, calcul, domination de la technique, affairisme, consumérisme, carriérisme ; achèvement de l’hominisation calculée par la science. Le politique est inapte à semer du sens de l’être ; il ne sait que récolter les fruits de l’exploitation mondiale de l’étant et de l’humain tout en organisant scientifiquement cette exploitation.

 

 2) Heidegger fut un philosophe catastrophé dans la mesure où il savait ce qu’il en retourne de se tourner vers le bas, autrement dit vers le règne de l’étant (l’existant), de la technique, de la machine. Ces quelques lignes choisies écrites en 1939 n’ont pas perdu de leur actualité :

 

 « À quel point l’historicisme barricade l’homme des temps nouveaux contre l’histoire, à savoir contre ceux qui nous regardent dans les fulgurances de la vérité de l’estre, sans lui laisser aucune issue, la jeunesse en apporte la preuve ; elle n’est ni « vieille » ni « jeune », elle ne connaît pas les intempéries à braver pour mûrir, ne s’y retrouve pas ni nulle part dans ce qui est demeuré tu, dans ce qui n’a pas encore été voulu et surtout elle ne connaît pas la passion de ce qui se cherche ce qu’elle connaît en revanche est ce qu’elle aime, c’est le pouvoir attractif dans la faisance permise par la machine. Et tout le reste n’est pour elle – qu’elle l’admette ou le garde pour elle – c’est ce que « ce qu’on ne lui fait plus ». Et si elle avait raison, si de cette façon précisément elle restait la jeunesse en ce que sans la saisir assurément elle n’en pressentait pas moins confusément l’absence d’ancrage de l’historicisme. D’un historicisme qui lui-même pourrait bien s’avérer nécessaire comme bouclier et écran de fumée derrière lequel doivent advenir une commotion et un rassemblement des peuples susceptibles d’être une condition essentielle pour une histoire à venir ? Partout éclatent l’inquiétant pour peu que nous sachions voir sans les œillères habituels de la culture et des peuples cette inquiétante contrée qu’arpente sans pressentiments l’homme détenteur de toute vérité » (Heidegger, CN, XI § 68) 

 

 3) Ces lignes écrites il y a quelque 80 ans ont voyagé dans le temps sans perdre de leur pertinence. Quelques-uns seront interloqués par cette évocation d’une jeunesse ni jeune ni vieille qui à notre époque, semble avoir déserté le champ du politique et de l’histoire et s’active dans ce monde de la faisance avec cette fois la puissance que permet le numérique. On pourrait dire la même chose des séniors boomers, ni jeunes ni vieux, surfant dans le monde de la faisance avec des moyens conséquents pour un bon nombre. L’histoire portée par les hauteurs de l’être est occultée par un historicisme servant de bouée de sauvetage pour les contemporains suivant le fleuve en marche sans ancrage. Pourtant, l’homme recèle en son être les hiéroglyphes cachés d’un monde à décrypter et à venir.

 

 4) Notre époque est placée sous le signe de la catastrophe de l’étant. Nous ne savons pas quand cela a commencé et bien souvent, les traits proéminents d’un monde émergé depuis l’histoire sont le résultat de décisions et d’orientations prises dans la nuit des temps et souvent, cachées aux yeux de l’historiographie qui ne sait qu’archiver les faits. Catastrophe est à prendre dans son sens originel, comme le retournement de l’être vers l’étant, autrement dit, l’aspiration de l’être par la métaphysique occidentale, la technique, l’affairisme, le calcul, la cybernétique (L’être est délesté de son « estritude », de son essence, de sa vérité. Cette aspiration vers le bas éloigne de l’agrandissement issu de la venue de l’être, de la connaissance qui s’élargit non pas parce qu’elle prend de la hauteur mais parce qu’elle accueille ce qui vient d’en haut, ce qui suppose une disposition, une décision, un recul pour éviter de sauter dans l’abime de la faisance).

 

 5) A notre époque, tout est politique, ce qui signifie que rien n’est politique. Le processus politique mis en mouvement depuis plus d’une décennie confirme l’aspiration vers l’abime du faire, du calcul, avec un signe annonciateur pour nous Français, la commission Attali pour libérer la croissance et que l’on peut interpréter comme libération de la faisance. Si la France a encaissé le long choc Covid et provisoirement le début du choc Russie, elle n’en reste pas moins placée sous le signe de la catastrophe politique au sens philosophique du terme. Les regards attentifs pressentent cette catastrophe qui arrive à la fin et se dessine progressivement. La politique est bien progressiste mais ce progrès nous amène au plus près de la catastrophe sans doute durable et en progression. La députée Frédérique Dumas* a sorti récemment un livre dans lequel elle explicite le sentiment d’être emmenés quelque part où nous ne voulons pas aller. Est-ce le signe d’une conscience qui arrive ?

 

 6) La culture classique sert de verni pour donner à la société de la faisance l’image d’une certaine hauteur. A côté, la massification de la culture entre dans le jeu de la faisance avec une puissance inégalée, sans commune mesure avec la culture de masse des années 1930. Tout entre dans la mobilisation culturelle et participe à une sorte d’inessence propre à l’existant. Les réseaux sociaux accélèrent le phénomène incluant les séries télévisées, les livres pour grand public, le journalisme mainstream, les stars de la musique, du cinéma et une large part pour les spectacles sportifs, sans oublier le tourisme de masse. C’est un luxe de la catastrophe historique que d’être voilée par ce qui reste des grandes époques, tout en étant supportable, avec l’intensification des choses à voir, lire et entendre dans les magazines. Parfois, la catastrophe s’allie avec les forces pour se traduire en signes manifestes ; sur le territoire, gilets jaunes ; ou quelque part près du stade de France à l’occasion d’une finale sportive. La catastrophe attire vers le bas, autant dans les choses de l’esprit que les productions humaine. On dit alors que la société s’affaisse. Elle ne parvient plus à maintenir ses dispositifs en bon état de fonctionner.

 

 7) Il se dit dans les milieux autorisés à commenter la vie publique que les deux formations cataloguées comme populistes abiment la démocratie, lui portent des coups de canif et l’affaiblissent en troublant les règles institutionnelles et les « bonnes pratiques » coutumières installées depuis des décennies. Ces formations sont accusées de mettre en péril l’esprit de la république, chacun à sa manière, et de brouiller le choix des français en agitant du vent. De l’autre côté, les « gens du peuple », mélenchonistes, lepénistes, mécontents, complotistes, gilets jaunes, pensent tout autrement et considèrent que le fossoyeur de la démocratie, c’est Emmanuel Macron. En réalité, les trois puissances politiques électorales dominantes sont toutes parties prenantes dans le mouvement vers la catastrophe mais elles diffèrent par le style propre imprimé à ce mouvement, avec des tentatives d’accélération, de freinage, de déviation, de colmatage. Ce ne sont pas les partis qui fragilisent la démocratie mais l’accumulation de deux décennies de pratiques sociales et gouvernementales qui ont placé la France dans un état de « mauvaise santé politique ». Cet état répond au concept de « syndrome de Weimar » en référence à l’Allemagne des années 1920 et sa jeune démocratie en crise (cette notion a été développée dans un de mes essais non publiés).

 

 8) Le monde qui arrive se place sous le signe de plusieurs catastrophes ou alors de deux catastrophes aux effets distincts. La première est ontologique et s’explicite à la manière d’Heidegger comme une époque de la « faisance » face à laquelle l’estre se met en retrait, autrement, se détourne mais attention à cette formule. L’estre se détourne de l’homme et ce faisant, il se refuse face à la catastrophe, il ne veut pas être complice plus que nécessaire et finalement, se détourne pour rester dans son impassible éternité, loin des affairements humains. La seconde est anthropologique. L’homme se tourne vers le bas et se refuse à aller vers ce qui pourrait lui offrir l’opportunité de prendre de la hauteur en entamant un dialogue avec celui qui peut l’élever, l’enrichir. Ce phénomène prend un accent particulier dans les salles de classe. Les élèves ne voient plus le maître sur les hauteurs. Le phénomène est accentué par les réseaux sociaux. Le dialogue est devenu impossible. Le monologue est un moyen au service du narcissisme et du mimétisme. Ces catastrophes de l’humain sont entrées dans le domaine du quotidien et nous n’y faisons plus attention, habitués que nous sommes à ces choses qui ne nous impactent pas directement. Sauf quand ces choses nous affectent directement ou alors sont propulsées dans le champ médiatique. La situation de l’hôpital public paraît aux yeux des Français catastrophique, surtout pour les patients. On ne voit jamais mieux la catastrophe que lorsqu’elle nous est proche, nous influence et nous retourne.

 

 Le dialogue suppose un échange entre deux personnes qui savant s’ouvrir et se regarder face à face, pour établir un échange, pour faire circuler le flux de la signification et le parler du vécu, ingrédient essentiel du vivre ensemble en n’ayant pas forcément les mêmes aspirations ni les mêmes goûts. Le monologue supplante le dialogue. Lorsque plusieurs monologues se trouvent sur un plateau télé, ils s’affrontent, polémique, chacun veut déconstruire l’opinion de l’autre pour se croire le vainqueur de la bataille. Au final, il n’y a que des perdants, surtout le spectateur qui a perdu son temps. L’allégorie des monologues nous ramène à la catastrophe. Se placer en situation de monologue, c’est regarder l’autre d’en haut et donc tourner son regard vers le bas. La France est en état de catastrophe sémantique.

 

 9) L’oracle sibyllin de Malraux doit être complété. Le 21ème siècle sera religieux et s’il ne l’est pas, il sera catastrophique. Cette formule est à prendre avec les multiples significations du « catastrophique » utilisées dans mes quelques notes contemporaines. Nous n’allons pas vers la catastrophe puisque nous y sommes depuis des années voire des décennies. Grâce à la science et à la technique politique, la société catastrophée est viable, elle est gérée, réparée, avec un calcul et des systèmes de réparation plus ou moins efficaces ; mais jusqu’à quand ? 

 

 10) Les sociétés catastrophées sont placées sous deux menaces. L’une vient de la société prise dans son ensemble, avec des incivilités, des guérillas civiles, des insurrections généralisées, des épidémies de dépression ; avec des frondes plus localisées, à l’occasion d’un événement déclenchant. L’autre vient de l’Etat, avec la tentation autoritaire ou ne pas dire dictatoriale et la mise en place d’un régime sécuritaire avec dispositifs policiers, contrôle social, punitions diverses, contraintes, restrictions, obligations.

 

 11) Nul ne sait si les populations, les cadres dirigeants, les élites intellectuelles, sont disposés à prendre conscience de ce qui se passe et entendre les voix guidant vers un avenir digne de l’être et d’une promesse non formulée mais qui peut advenir.

 

-----------------------------------------

 

 

 * Frédérique Dumas

 

 Je fais partie de celles et ceux qui pensent toujours qu’il est préférable de rejeter les approches idéologiques ou dogmatiques. Que de vies sacrifiées en leur nom ! Aujourd’hui, face au vide idéologique du macronisme, à sa vacuité, il est certes de bon ton de penser que nous avons besoin du retour des idéologies. Mais les idéologies enferment, créent des schismes entre les êtres humains qui deviennent des abysses. Elles séparent et créent des fractures irréparables. Et le macronisme est aussi une idéologie. Celle du progressisme technocratique qui nous mène droit dans le mur. Il est moins aisé de cerner le progressisme dans sa dimension idéologique, puisque sa force c’est aussi de prétendre ne pas en être une, mais la définition qu’en donne l’essayiste Dwight Macdonald en 1946 est saisissante : « Un groupe de gens sont installés dans un bolide fonçant tout droit dans un précipice. En voyant d’autres assis sans rien faire au bord de la route, ils crient : “Ce que vous êtes négatifs ! Regardez-nous ! Nous allons quelque part, nous faisons vraiment quelque chose, nous !” »

 

 Et c’est ce sentiment diffus que nous éprouvons, que l’on nous emmène droit là où nous ne voulons pas aller. D’une manière ou d’une autre.

 

 Les idéologies, quelles qu’elles soient, relèvent à mes yeux de la manipulation. Celle qui vous fait croire que ce sera mieux demain, sans qu’une seule journée vous amène un tant soit peu et de manière concrète vers ces lendemains promis. Les promesses vaines s’enchaînent. Les déceptions, la désillusion et la perte de confiance.

 

 Pour moi, une personne peut se sentir de gauche ou de droite, si elle le souhaite, c’est son droit et sa liberté, mais cette seule moitié ne saurait rendre compte de ce qu’elle est réellement, avec toutes ses nuances. À l’évidence, elle est bien plus que cela. Ce serait renoncer à toutes les dimensions d’un être humain. Ma vie m’a amenée à me positionner au centre droit, mais jamais à m’y enfermer et à dépendre de la politique. L’idéologie enferme et prive de la possibilité de « voir ailleurs », de changer de point de vue. Ce qui ne signifie pas penser ou dire tout et son contraire, mais qui permet d’ajuster et de changer l’angle à travers lequel on regarde les choses, le monde. C’est ce qui permet, et ce n’est pas paradoxal, de ne pas trahir ses convictions profondes.


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19 réactions à cet article    


  • Philippulus Séraphin Lampion 3 juin 09:09

    Ce que Malraux a écrit, c’est : « Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas. » Cette phrase ne figure dans aucune des œuvres publiées de Malraux, mais elle figure en exergue de la série télévisée qui lui a été consacrée par Claude Santelli et Françoise Verny : La Légende du siècle (1972-1973).

    Il n’y est question ni de « religieux » ni de « catastrophe » !

    Malraux tenait au mot « spirituel », et non pas « religieux  », qualificatif qui réduit et déforme sa pensée.

    Tadao Takemoto, disciple de Malraux et critique d’art japonais, a écrit dans son essai : André Malraux et la Cascade de Nachi (1989, Julliard) : « Avec Malraux face au Japon, nous avons ce sujet imposant : quelles formes pourra prendre la spiritualité dans un monde à venir ? »

    La citation souvent déformée de Malraux concerne les rapports entre spiritualité, Art et « sacré » au sens totémique du terme. La religion concerne le lien entre les hommes et le lien entre le naturel et le surnaturel.

    La « spiritualité » évoquée par Malraux n’est ni le retour de la religiosité, ni la vogue des sectes, mais peut-être l’attrait pour la philosophie, la quête de sens, elle s’oppose au terme « matérialisme ». Mais le sacré peut être athée !


    • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 3 juin 09:54

      @Séraphin Lampion
       
      Malraux a tout faux !
       
       Au XXIè siècle, la spiritualité c’est pas ce qui étouffe les milliardaires transhumanistes ! Bien au contraire.
       
      ’’Vous ne serez plus propriétaire de votre corps. Le libre arbitre c’est fini. L’être huain est devenu piratable. etc.’’

      by Harari


    • Philippulus Séraphin Lampion 3 juin 10:08

      @Francis, agnotologue

      Sans doute, mais je ne voulais pas justifier les conceptions de Malraux, je voulais seulement rectifier une fausse citation qui induit un travestissement de la pensée de celui qui est censé avoir dit ou écrit ce qui a été déformé pour manipuler une argumentation.


    • christophe nicolas christophe nicolas 3 juin 10:09

      @Séraphin Lampion
      Le sacré Athée s’appelle « Propaganda Due » ; bref, c’est un cercle carré qui prend les gens pour des crétins. Arrêtez ce grotesque délire Malrautesque et regardez les miracles de la révélation :

      Si vous ne les connaissez pas, c’est à cause de la franc-maçonnerie ecclésiastique qui règne sur le Vatican et à cause d’une laïcité qui est en réalité un outil des franc-maçons pour censurer Dieu.


    • Philippulus Séraphin Lampion 3 juin 10:58

      @christophe nicolas

       

      Un peu de lecture ne vous fera pas de mal : « Le sens du projet lévinassien : une spiritualité athée universelle pour un nouveau paradigme ? »


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 3 juin 12:18

      @Séraphin Lampion
      Je n’ai fait que compléter Malraux et employé le mot religieux au lieu de spirituel sans trahir le sens. Vous vous étrillez sur un point de détail au lieu d’entamer un dialogue avec l’article qui dit beaucoup de choses sur notre époque.
      Bref, vous êtes tous catastrophiques et je détourne de cette discussion stérile


    • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 3 juin 13:36

      @Bernard Dugué
       
      Discuter de l’article ? ceci par exemple ?
       
       
      ’’, nous pressentons que notre époque n’est pas un commencement, ni une renaissance et qu’il n’y aura pas de révolution car rien n’a été préparé, rien de nouveau, rien d’inaugural, rien de neuf n’a été semé’’
       
      >
      Mais si, tout est préparé. : écoutez Harari, c’est là, à 1’44" ; tout est dit


    • PascalDemoriane 4 juin 09:00

      @Bernard Dugué
      J’aime beaucoup votre premier paragraphe qui introduit au signifiant radical clef « catastrophe ». Je ne peux m’interdire partant de là d’y lire la notion « d’inversion du sens » dans un système-monde marchand cul par dessus tête, permuté, où la fausse valeur nominale des choses tient lieu de réalité.

      plus loin
      « Catastrophe est à prendre dans son sens originel, comme le retournement de l’être vers l’étant, »
      Ne pourrait-on dire de l’être vers l’avoir

      en ce sens
      à propos du « monologue », qui n’est peut-être que celui de la marchandise, de la classe marchande, oui
      « Se placer en situation de monologue, c’est regarder l’autre d’en haut et donc tourner son regard vers le bas. La France est en état de catastrophe sémantique. »

      d’où la notion éclairante de « sociétés catastrophées », de l’imposture de l’inversion où la classe dominante prétend produire la classe dominée par son seul monologue créateur, son auto-signifiance, son bavardage auto-référentiel, son auto-narration.
      Y a bien un problème de « sens » dans ce mot hautement polysémique. Quel sac de nœuds !


    • PascalDemoriane 4 juin 09:22

      @Séraphin Lampion
      N’y a t-il pas chez vous le fil conducteur d’une militance laïciste normative qui vous fait sauter comme un cabri dès que le mot religion surgit dans un énoncé.
      C’est pas un reproche, juste une impression. 
      Parfois le mot spiritualité semble propulsé comme un jet d’acide pour dissoudre et neutraliser les affects, intuitions et émotions religieuses populaires dans la cornue alchimique de la l’impensé bourgeois, de l’indifférenciation totalitaire : solve et coagula !
      que dit votre texte cité :
      "Afin d’éclairer le sens de la religiosité de la philosophie de Lévinas et d’écarter le soupçon d’une soumission de celle-ci à des dogmes ou à des croyances incompatibles avec un principe de laïcité,..."
      Peut-on être plus clair ?


    • Durand Durand 4 juin 10:28

      @Bernard Dugué

      Bien d’accord... Pour moi, les religions sont des spiritualités comme les autres. Que le support en soit l’existence d’un dieu n’y change rien. La foi est affaire de chacun mais ce qui est important est la philosophie des religions et son insertion, sa mise en application dans le quotidien, dans la réalité pratique. 

      Poutine, qui est du dernier pragmatisme, a dit plusieurs fois « la voie devant nous est l’amour ». Cela rejoint la vidéo dont je donne le lien plus bas et dans laquelle il est question de charité, en tant qu’action désintéressée.

      Gandhi disait que le Christianisme était la voie la plus exigeante. Mais attention, comme l’enseigne l’épisode des Marchands du Temple, il disait aussi qu’il valait mieux être violent que lâche...

      ..


    • Durand Durand 4 juin 10:50

      @Durand

      En me relisant, il m’apparaît que pour Poutine, cette guerre en Ukraine, par ses répercutions sur le monde, peut ce comparer à une action violente contre les « Marchands du Temple » 2.0... 

      On peut également noter que la quasi totalité de l’Oumma le soutient, ce qui tend à confirmer que l’Islam et le Christianisme partagent à la fois les notions d’amour et de charité mais également celle de l’honneur... Et qui d’autre a intérêt à faire se battre entre eux les Musulmans et les Chrétiens, sinon ces Marchands du Temple 2.0 ?

      ..


    • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 6 juin 17:33

      @Séraphin Lampion

      Le XXIè siècle commence en janvier 2001 et devinez quel est le titre du premier livre de ce XXIè siècle enregistré à la Bibliothèque Nationale de France ?


    • adeline 6 juin 17:37

      @Daniel PIGNARD
      donnez un indice svp....


    • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 6 juin 17:40

      @adeline
      Ah ! Enfin un curieux ! Eh bien vous avez écrit le nom de l’auteur dans votre commentaire.


    • Durand Durand 3 juin 19:04

      « Seuls 3 types de profils résistent au déferlement totalitaire » – Ariane Bilheran


      https://www.youtube.com/watch?v=qMMVIppx-Qw


      ..




      • Laconique Laconique 4 juin 11:58

        Malheureusement, « regarder l’autre d’en haut », prendre une position de surplomb, c’est exactement la posture que l’auteur adopte, une position d’observateur extérieur qui regarde les fourmis se débattre du haut des cimes de Heidegger et du kairos... Dès lors, un tel discours n’a pour fonction que de mettre en valeur celui qui l’énonce, d’autant plus lorsqu’il évoque de nébuleuses « élites intellectuelles » auxquelles on ne comprend que trop bien qu’il prétend appartenir, se donnant ainsi (une nouvelle fois) une satisfaction narcissique à peu de frais, puisqu’il n’énonce pas le début du commencement de cette « promesse non formulée » qu’il annonce de façon sibylline à la fin se son texte. Ici, on ne peut qu’évoquer la « modestie ontologique » d’un Jean-Paul Sartre, qui estimait sincèrement n’être qu’un « un homme, fait de tous les hommes et qui les vaut tous et que vaut n’importe qui », et qui justifiait son statut d’intellectuel (donc de privilégié) par un engagement effectif au sein de la société.


        • PascalDemoriane 5 juin 08:02

          @Laconique
          Pas faux, mais paradoxal et inutilement railleur. 

          1.pas faux, car oui, toute réflexion distanciée (l’auteur annonce une rêverie) sur l’objet monde extérieur est une aussi réflexion sur le sujet monde intérieur : la subjectivité est l’interface miroir oscillante entre la complexité des choses percues et celle de leurs représentations mentales reçues. Donc évidement quoi qu’on dise on parle toujours aussi retroactivement de soi !

          2. paradoxal, car votre propre laconisme (!) est lui-même un surplomb distancié sur la psychologie de l’auteur, à problématisation peut-être plus ou moins narcissique, affective (question d’appartenance de classe, exclusion, inclusion).

          3. inutilement railleur : se donner une satisfaction narcissique est une bonne chose, indispensable à l’équilibre psychique de tout un chacun. En général c’est perçu plus par connotation que par dénotation.

          En vérité du texte, l’auteur parle de surplomb négatif non pas comme distanciation réflexive intellectuelle, mais comme érosion de la relation de dialogue par la posture survalorisée et catastrophique du monologue egocentré, concurrentiel, que j’appelle la posture du faux débat qui comme son nom l’indique métaphorise un faux combat, un dialogue de sourd (sourd au singulier).

          Voilà qui nous renvoie à la réflexion d’un commentateur sous l’article d’Alinea (les marchand disent), disant que tout altruisme est d’abord un égoisme ! énoncé qui oscille entre l’oxymore et la tautologie.


        • Laconique Laconique 5 juin 13:29

          @PascalDemoriane

          You’re the best, man. You said it all. 


        • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 6 juin 17:26

          Vous souvenez-vous de la photo prise sur le Vatican avec un éclair foudroyant le sommet du dôme ? C’était je crois le jour de la démission du Pape Benoit XVI en février 2013 et qui prévenait la chrétienté que le Vatican méritait désormais d’être foudroyé de par les positions anti valeurs chrétiennes que prendrait le Pape suivant.

           

          Eh bien Bis repetita le 4 juin 2022 sur la Tour Eiffel où un éclair en a foudroyé le sommet annonçant symboliquement un gros problème sur la ville de Paris ou sur la France.

          https://www.courrier-picard.fr/id312983/article/2022-06-04/la-tour-eiffel-frappee-par-la-foudre-des-grelons-xxl-et-des-vignes-ravagees

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