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Qui gagne perd !

Décidément, l’exercice « partisan » s’accorde assez mal avec la démocratie. On a connu l’imbroglio de Reims pour le PS avec Aubry élue contre Royal par une poignée de voies contestées. On connaît aujourd'hui’ les 98 voix d’avance de Copé entachées également d’irrégularités vraisemblables.

Comparaison n’est certes pas raison, mais si le goût de poursuivre les analogies nous habite, remarquons qu’à Reims la victoire à l’arrachée de Aubry ne lui a pas porté chance, pas plus qu’à la battue. Toutes les deux ont dû baisser pavillon et rendre les armes au cours de la primaire ouverte pour la désignation du candidat du parti à la Présidence de la République. C'est le petit dernier de la classe, longtemps crédité de sondages épouvantables, maintenant Président de la République, qui l'emporta au PS. Le troisième « larron » Hollande a très bien su profiter des luttes pour la direction du parti, aidé également par les galipettes New-Yorkaises de DSK.

On pourrait ainsi penser que l’apprentissage de la démocratie interne à l’UMP peut à terme réserver des surprises, avec deux « morts » au tableau : Copé et Fillon empêtrés dans leurs bois comme les rennes en rut.

Les inconditionnels d’un Sarkozy "Phoenix", renaissant de ses cendres se frottent sans doute les mains. Pour eux « toutes les portes restent ainsi ouvertes » Simplement les choses ne se passent plus tout à fait comme hier et la vie politique va très vite, beaucoup plus vite que naguère avec ses retours et ses « au revoir », à demain. On connaît d'ailleurs les suites de ce fameux "Au revoir".

Copé doit en partie sa victoire, bien sûr à sa pugnacité toute « chiraquienne », allant chercher les voix avec les dents, une à une et sans aucun fard ni retenue, ce que Fillon rechigne à faire, mais aussi grâce à cette ambiguïté d’un soutien à un Sarkozy « revenant »

Si les sarkozystes inconsolables le croient, bien leur en fasse, mais leurs naïveté étonne. Copé installé à la présidence de l’UMP ne laissera plus personne lui contester la candidature en 2017. Certes il embrassera Sarkozy tous les jours, mais à l'étouffer ... Pour Fillon, il s'agit de connaître sa véritable détermination et surtout ses capacités à dépasser le statut du "Poulidor" de service. Les prochaines municipales de Paris se révéleront un test de sa combativité dans l'adversité et de la prise de risques. Il n'est pas certain qu'il saisisse l'opportunité d'un "coup à la Chirac" tant il doit ce souvenir des déconvenues de son mentor Séguin dans cette aventure.

Pour revenir à la démocratie interne des partis politiques, Copé prétend organiser des primaires ouvertes en 2016. Rappelons-nous la phrases célèbres d'un organisateur de congrès RPR "les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent". Ces "primaires" auront-elles lieu ? La personnalité de Copé, très « clivante », serait un handicap pour lui dans une telle compétition. Par ailleurs les électeurs potentiels du FN se précipiteraient vers ses urnes tendues pour faire échec à celui qu’ils vont bientôt ressentir comme « l’ennemi » numéro 1.

En d’autres termes et pour conclure cette divagation amusante, en choisissant Copé, les militants de l’UMP ont sans doute, à leur insu, favorisé la réélection de Hollande en 2017.

Vous aurez compris que cette note n'est qu'une petite réflexion "d'humeur" et que d'ici 2017, bien de l'eau sera passée sous le Pont Paul Bert ...

Relisons cependant la fin de l'article de Tesson dans le Point. Vous me direz "c'est du Tesson", certes mais quand même :

"Si l'on infère de ce qui se passe aujourd'hui à droite que la droite n'est plus dans la droite, que dire de la gauche au pouvoir ? Est-elle exactement dans la gauche ? L'y sera-t-elle demain ? Les gages que donne François Hollande au libéralisme vont-ils dans le droit fil de la doxa socialiste ? On peut en douter. Ce fameux mariage de ce qu'il faut de socialisme et de ce qu'il faut de libéralisme qu'avait inventé Giscard et entretenu Mitterrand n'apparaît-il pas aujourd'hui comme une nouvelle promesse ? N'est-ce pas ce que souhaite confusément le peuple ? C'est en tout cas la tendance que laissent apparaître les épisodes de la vie politique récente. Une extrême droite solide, une gauche radicale et, au centre, une force majoritaire. Deux Français sur trois, disait déjà Giscard... L'amorce de la fin de la Ve République."

Pour en revenir à François Hollande, souvent brocardé, pour l'instant "mal sondé" ; il a bien compris cette équation et retenue les leçons Mitterrandiennes. On le voit peu à peu infléchir sa communication et sa "ligne". Il vient par exemple de reconnaître la "liberté de conscience" des Maires hostiles au mariage pour tous. N'en doutez pas l'adversaire sera très coriace pour la droite ; c'est en plus un vrai combattant.

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2 réactions à cet article    


  • amiaplacidus amiaplacidus 21 novembre 2012 09:30

    Je poste un commentaire à propos de cet article, quoique je me foute de l’UMP comme de l’an 40. Mais cette pantalonnade peut avoir des répercussions malsaines pour l’avenir de la France.

    Je pense que l’UMP vient de se tirer une balle, non pas dans le pied, mais dans la tête.
    C’est évidement qu’à un terme assez court, l’UMP va exploser.
    Certains débris iront rejoindre ceux qui veulent s’appeler « centre » mais qui sont en fait une droite modérée.
    Les autres débris, allant rejoindre le FN, par adhésion individuelles ou, c’est une éventualité plausible, par fusion et création d’un « nouveau » parti de droite musclée. Marine a déjà pensé à modifier le nom du FN, c’est sans doute la préparation de cette nouvelle cuisine politique.

    De toute façon, le FN (ou quel que soit son nom) renforcé est porteur de sombres perspectives pour la France. Indépendamment de l’aspect moral d’avoir des racistes en position de gouverner, je pense surtout à la catastrophe économique, compte tenu de la totale imbécilité des positions du FN en la matière.
    La France n’est déjà pas en brillante posture (merci à Sarko et à la dette accrue de 500 milliards d’euros en 5 ans), mais avec un FN au pouvoir, elle se retrouverait rapidement au niveau de la Grèce, du Portugal ou, par plus précisément, par affinité politique, au niveau de la Hongrie.


    • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 21 novembre 2012 21:24

      Quand le populisme est choisi par un politique pour en tirer le meilleur gain électoral, c’est consternant, mais quand le populisme devient la seule option, en désespoir de cause, pour un chef de parti « traditionnel »... là oui, c’est inquiétant.

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