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Accueil du site > Actualités > Politique > Ségolène Royal, adepte de la castritude aiguë

Ségolène Royal, adepte de la castritude aiguë

« Je sais que ça dérange parce que justement, voilà un pays insulaire qui protège son patrimoine, qui interdit les prédateurs, qui a réussi aussi à faire en sorte qu’il y ait une propreté, une sécurité vraiment remarquables, que l’on n’atteint pas dans beaucoup de pays qui donnent aujourd’hui des leçons de droits de l’Homme. » (3 décembre 2016, Cuba).

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Louer la sécurité dans un pays sans liberté de vote, sans liberté de manifestation, sans liberté d’expression, c’est un point de vue, en effet. Et mettre sur le même plan propreté et sécurité, les Niçois notamment apprécieront sans doute.

Quelle honte de savoir que la France, l’un des pays lumière des libertés et de la démocratie, a été représentée par la Ministre de l’Écologie Ségolène Royal lors des funérailles de l’ancien dictateur cubain Fidel Castro ! La France de François Hollande est le seul pays européen, avec la Grèce d’Alexis Tsipras, à s’être fait représenter à cette cérémonie.

Ségolène Royal a fait des déclarations scandaleuses en défendant aveuglément le régime castriste, tellement scandaleuses que même Jack Lang a ironisé sur le rhum que la ministre avait dû boire un coup de trop.

De quoi s’agit-il ? Le 3 décembre 2016, Ségolène Royal a rendu hommage à Fidel Castro, au nom de la France (c’est cela qui est scandaleux, car sinon, tout citoyen a le droit de s’exprimer, et même d’exprimer des inepties). Et qu’a-t-elle osé dire ?

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Des paroles complètement irresponsables qui ont nié la réalité répressive du régime castriste : « Grâce à Fidel Castro, les Cubains ont récupéré leur territoire, leur vie, leur destin. Ils se sont inspirés de la Révolution française sans pour autant connaître la Terreur qu’il y a eue pendant la Révolution française. ». Il faudrait pouvoir ressusciter et interroger les nombreuses victimes de Fidel Castro et de Che Guevara pour leur demander ce qu’ils en penseraient, de ces propos odieux.

Il y a même eu des opposants politiques qui ont été arrêtés et emprisonnés le jour même de l’annonce de la mort de Fidel Castro car ils voulaient taguer un mur.

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Ségolène Royal a poursuivi : « Écoutez, il y a beaucoup de désinformation, ce que j’observe, c’est que jamais les relations diplomatiques n’ont été coupées avec Cuba, y compris de la part de certains responsables politiques qui me critiquent, qui critiquent la France, jamais. (…) Il y a toujours du positif et du négatif dans les histoires, mais certains ne vont pas se rhabiller à bon compte au nom des droits de l’Homme alors qu’on sait qu’ici, quand on demande des listes de prisonniers politiques, on n’en a pas. Eh bien, fournissez-moi des listes de prisonniers politiques ! À ce moment-là, on pourra faire quelque chose. (…) Il faut savoir regarder les choses positivement même si ça dérange. ».

Évidemment, le gouvernement cubain va rendre publique la liste des prisonniers politiques qui s’opposeraient à son pouvoir ! On est en plein délire.

De la part de Ségolène Royal, ce n’est pas nouveau. Il y a dix ans, pas comme représentante de la France (heureusement) mais comme candidate (sérieuse) à l’élection présidentielle (malheureusement), elle avait fait le même genre de réflexion avec la Chine.

Avant de relancer sa campagne présidentielle en France, elle avait voyagé en Chine. Au cours d’une conférence de presse le 9 janvier 2007, Ségolène Royal avait lâché aussi brutalement que naïvement : « J’ai rencontré un avocat qui me disait que les tribunaux chinois sont plus rapides qu’en France. Vous voyez : avant de donner des leçons aux autres pays, regardons toujours des éléments de comparaison. ». Déclaration faite quelques semaines avant l’inscription très symbolique dans la Constitution française de l’abolition de la peine de mort (loi constitutionnelle n°2007-239 du 23 février 2007), dernier acte magistralement vertueux du Président Jacques Chirac.

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Là aussi, tous les juristes s’étaient arrachés les cheveux. C’est justement ce qu’on pourrait reprocher à la justice chinoise : d’être un tantinet trop expéditive, qu’entre l’acte d’accusation et l’exécution, il y a un moment trop court et aucune garantie pour la défense. Rien qu’en 2003 (avant les déclarations de Ségolène Royal sur la justice chinoise), selon la déclaration d’un député chinois en mars 2004, il y aurait eu 10 000 exécutions en Chine !

On pourrait faire une collection comme avec les livres pour enfants de Martine : "Ségolène en Chine", "Ségolène à Cuba". J’attends avec impatience "Ségolène en Arabie Saoudite" et bien sûr, le clou de la série, "Ségolène en Corée du Nord". Elle aurait mieux fait de bosser sur le pic de pollution historique, au sujet duquel elle a mis sept jours à réagir !

Lors de la première séance de questions au gouvernement après les déclarations castrophiles de Ségolène Royal, ce mercredi 7 décembre 2016 à l’Assemblée Nationale, la ministre s’est une nouvelle fois enfoncée dans l’autojustification.

Le député Damien Abad (LR) avait adressé sa question au nouveau Premier Ministre Bernard Cazeneuve, qui avait réintégré Ségolène Royal dans son gouvernement, pour savoir s’il approuvait les propos tenus "au nom de la France" par sa ministre : « Les déclarations tragi-comiques sur Fidel Castro et le régime de Cuba de celle qui est désormais votre Ministre de l’Écologie sont le symbole de la déliquescence d’un pouvoir socialise à la dérive. (…) Au lieu de faire profil bas (…), vous avez encensé le régime de l’un des derniers dictateurs staliniens, contre toute évidence et en toute indécence. (…) Vous avez trahi la mémoire des victimes de l’oppression du régime cubain. Cette faute morale (…) est (…) une faute politique, parce que vous avez abaissé la parole de la France en tenant des propos complaisants sur cette dictature. ».

Damien Abad a ajouté : « Comment pouvez-vous prétendre qu’il y a de la désinformation sur la réalité des droits de l’Homme à Cuba, alors qu’y règnent la censure et la répression ? (…) Madame la Ministre, la castritude aiguë, ça se soigne ! Contrairement à ce que vous avez déclaré, ce n’est pas la polémique qui est déplacée, ce sont vos propos ! ».

Ségolène Royal a répondu devant la représentation nationale en s’enfonçant encore un peu plus dans l’outrance ou la candeur : « Je me suis exprimée sur la situation actuelle d’un pays magnifique et courageux qui est en train de s’ouvrir. Il reçoit 4 millions de visiteurs, de touristes, chaque année. Vous n’allez pas me dire que 4 millions de personnes se rendent dans une dictature, Monsieur le Député, ce n’est pas vrai ! ».

En entendant cette réponse, j’ai cru rêver ! ou plutôt cauchemarder. Le tourisme est-il en lien avec la nature démocratique du régime politique du pays visité ? Pas sûr.

J’avais porté attention, par exemple, sur les Maldives. En passant ses vacances aux Maldives, on encourageait un régime politique (islamiste) qui venait d’établir le principe de la peine de mort pour des enfants de 7 ans ! Est-ce pour autant qu’il y a moins de touristes ? Hélas, pas sûr.

L’argumentation de Ségolène Royal est parfaitement guignolesque quand il s’agit d’un régime répressif qui a exécuté de manière expéditive des milliers d’opposants politiques. C’est une véritable honte du gouvernement français d’être ainsi à la botte des régimes d’oppression.

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On comprend pourquoi, lorsqu’il a fait sa tournée d’adieu, le 16 novembre 2016, le Président américain Barack Obama s’est arrêté à Berlin, mais pas à Paris. Cela aurait été inconcevable avant 2012 !

La France est d’autant plus discréditée qu’elle s’est ridiculisée une fois de plus en confirmant au sein du nouveau gouvernement une ministre qui continue à s’enliser dans le déni de réalité. Honte à elle et à ceux qui la soutiennent, et hommage aux milliers de victimes de Fidel Castro !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (10 décembre 2016)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Ségolène Royal, adepte de la castritude aiguë.
Fidel Castro.
Les Maldives, vraiment paradisiaques ?
Ségolène Royal et l’écotaxe.
Ségolène Royal avant la primaire socialiste de 2011.
Ségolène Royal et la démocratie participative.

 


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40 réactions à cet article    


  • Victor 10 décembre 2016 11:11

    Le PS est le parti le plus pro-Otan et le plus atlantiste, bruxellois, mondialiste, bourré de « young leaders ». Le rêve du Flanby était de devenir premier caniche d’Obama.
    Juste des charlots avec leur apologie de Castro.


    • zygzornifle zygzornifle 10 décembre 2016 13:22

      @Victor
       le lendemain de son élection en 2012 Merkel a placé un collier étrangleur autour du cou de son caniche vice chancelier ....


    • aimable 10 décembre 2016 13:57

      @zygzornifle
      tout cela , alors qu’il n’ avait pas aboyer ni montré une quelconque agressivité , il devait lui lécher les mains un peu trop  smiley


    • zygzornifle zygzornifle 10 décembre 2016 16:54

      @aimable


      en tant que bon toutou il a du lui arroser les mollets d’un jet qu’il aurait du garder pour sa Julie ....

    • Samson Samson 10 décembre 2016 18:17

      @aimable
      « il devait lui lécher les mains un peu trop »
      Vous êtes sûr que c’est seulement les mains ? smiley


    • V_Parlier V_Parlier 10 décembre 2016 23:42

      @Victor
      La citation de Ségolène commence ainsi : "une propreté, une sécurité vraiment remarquables, que l’on n’atteint pas dans beaucoup de pays qui donnent aujourd’hui des leçons de droits de l’Homme."
      Ouaouh... Ségolène, tu n’es donc plus au PS ? A entendre Ségolène, Castro serait donc, d’après la définition de la gauche caviar-bobo, un populiste d’extrême droite : Sécurité, propreté... Et ceci dit, n’étant pas castriste dans l’âme je suis sûr que c’est tout de même vrai ! Il n’y a que les gauchistes européens qui ont cet esprit dégoulinant de laxisme et de culture de l’excuse pour transformer la France en un champ de bataille.

      Bon, le reste de l’article ultra-long, j’avoue que je ne l’ai pas lu. Mais je connais les idées de l’auteur qui fera encore un peu de retape pour sa chapelle à cette occasion.


    • V_Parlier V_Parlier 10 décembre 2016 23:46

      @Victor
      Ces derniers temps il y a de plus en plus de sujets « chocs » comme ça où le PS fonce un grand coup puis fait un 180° trois jours plus tard. Et ça finit en grosse bataille. (Liberté d’expression, Burkini, Castro, pour après dire qu’ils ont toujours eu le même avis et que la polémique a été lancée par quelqu’un d’autre, extrême droite ou gauche...).


    • cevennevive cevennevive 10 décembre 2016 11:27

      Bonjour Sylvain,


       « Jack Lang a ironisé sur le rhum que la ministre avait dû boire un coup de trop. »

      Ce n’est pas de rhum que Jack Lang abuse, lui...

      A propos d’écologie, vous rappelez-vous, il y a bien des années, des déclarations de J-Y Cousteau ? C’était les mêmes que celles de Ségolène aujourd’hui. et Il a été vilipendés de la même façon par tous les bienpensants de la planète...

      Pourtant, d’après ses observations, il a trouvé un monde sous-marin propre et préservé autour de l’île de Cuba, très loin, vraiment très loin, des autres îles des Caraïbes.

      Quant à la politique intérieure des Pays, il y a en effet du bon et du mauvais. Cependant, ce qui est certain, c’est que les politiques changent, que les hommes disparaissent, mais que notre planète reste, elle.

      Désolée Sylvain, mais je crois que vous vous acharnez à « mordre les mollets » de Ségolène Royal alors que ce n’est pas la plus « nocive » de nos têtes politiques.

      Bien à vous.


      • Sergio Sergio57 10 décembre 2016 18:09

        @cevennevive 


        « je crois que vous vous acharnez à « mordre les mollets » de Ségolène Royal alors que ce n’est pas la plus « nocive » de nos têtes politiques »


        Vous avez raison sur ce que vous avancez sur les fonds sous-marins cubains, il y a des sites de plongées très surveillés réservés au tourisme. J’ai travaillé dans ce domaine, et je citerai l’exemple de la Mer Rouge dont les fonds sont complètement détruits par le tourisme subaquatique de masse. 

        Pour parler de Ségolène Royale, je trouve qu’on lui fait parfois un procès de mauvaise intention, j’en veux pour exemple, sa position sur un hypothétique référendum sur l’Union Européenne, je vous invite alors à analyser la vidéo sur le sujet, en dehors de toutes autres interprétations partisanes. 

        Elle a raison d’insister sur l’importance de la haute précision de la question, on remarque que très souvent est posée celle de vouloir ou non rester en Europe, ne préférerions-nous pas : 

        Voudriez-vous une autre Europe oui/non
        avec la question subsidiaire suivante : 
        Dans quelle Europe voudriez-vous vivre ?

        C’est souvent une histoire de point d’observation et d’interprétations, à ce jeu là, la manipulation peut s’installer, et c’est là que les référendums mal ou trop bien amenés, peuvent être très dangereux.

        Bien à vous également

      • Dom66 Dom66 10 décembre 2016 11:37

          
        Ségolène Royal est assez nul en effet, mais votre article encore plus.

         

        Que vouliez vous qu’elle dise là-bas ?? Dire aux Cubains

         

        "vous êtes dans un pays de merde aidé gentiment et amicalement par les Amerloques (humaine) et vous n’avez pas réussi a évoluer avec cette aide US."

         

        Non Le responsable est comme d’hab Hollandouille…il n’avait qu’à envoyer personne.

         

        C’est fatigant cette manie de trouver les dictatures fasciste sympathique et les autres pourries.

        Sans argumenter sur Cuba je sais c’est pas terrible, mais  avec 57 ans de blocus économique, nous pourrions en parler.

         

        C’est vrai qu’à Cuba il y a plus de fac et d’hôpitaux et moins de prostitution que dans la majorité des autres îles des Caraïbes, et ça c’est sans doute pas bien ???a vos yeux ??

         

        Quand à la "France, l’un des pays lumière des libertés et de la démocratie" Là je rigole..

         

        La lumière Française aides AL Nostra, "Porc au Chenko" refuse de livrer les Mistrals à la Russie, donne des légions d’honneur aux « démocrates » d’Arabie saoudite,  enfin donne des leçons aux autre, et rampe devant les USA

         

        Et donner comme exemple le débile de Jack Lang qui ironise, c’est fabuleux, plus minable que lui …difficile de trouver, il ferait mieux de la fermer sa grand Gu*ule.

         Donc article 0/20


        • Vipère Vipère 10 décembre 2016 23:53

          @Dom66


          Une étoile de plus, ajoutée au vingt trois

        • Dom66 Dom66 11 décembre 2016 11:54

          @Vipère
          Merci smiley


        • fred.foyn 10 décembre 2016 11:58

          La dame fait partie du sérail-PS, avec en plus une incompétence qui dépasse l’entendement... !


          • zygzornifle zygzornifle 10 décembre 2016 13:20

            ROYAL condamné en rappel par les prud’hommes pour non versement d’arriérés de salaire , voila une racaille en tailleur ....


            • V_Parlier V_Parlier 10 décembre 2016 23:49

              @zygzornifle
              non versement d’arriérés de salaire
              C’était peut-être une anticipation sur une future loi El-Khomri 2...


            • Dom66 Dom66 10 décembre 2016 14:19

              Fred.foyn et Zygzornifle bonsoir, vous avez dis du mal de S.Royal, c’est pas gentil !!! smiley

              Y en a des, qui vous ont moinssé. Moi je vous plusse, et je suis en accord avec vous. smiley

              Des incompétents ce n’est pas ce qui manque chez nos dirigeants hélas..


              • zygzornifle zygzornifle 10 décembre 2016 16:55

                @Dom66


                Ouais il y a des « pas touche a ma Ségo et des »Je suis Ségo"

              • Aristoto Aristoto 10 décembre 2016 14:55

                Tu es tout seul dans la honte mon pote. Ne nous englobe pas dans ta merde intellectuel hein !

                Moi je m’en fous de ce qu’a dit Segolene sur Castro...mais je le salue pour son combat de résistant face à l’ogre impérialiste.


                • rogal 10 décembre 2016 16:05

                  On parle d’Henri de Castrie comme d’un possible Premier Ministre plus tard. Serions-nous soumis dans ce cas, à une Nouvelle Castritude ? Peut-être pas car les gens bien ne prononcent pas castri mais castr’. Devrions-nous subir alors une Castrude ? C’est à craindre.


                  • Samson Samson 10 décembre 2016 18:20

                    « Vous n’allez pas me dire que 4 millions de personnes se rendent dans une dictature, Monsieur le Député, ce n’est pas vrai ! »
                    C’est de fait l’argument le plus débile que j’aie jamais lu, mais venant de Madame Tout-Blanc, il n’étonne qu’à moitié ! D’autant qu’à argumenter sur le remarquable niveau d’éducation, d’accès aux soins et généralement de cohésion sociale qui règnent à Cuba, elle eut plus encore souligné la ruine et l’asservissement des populations occidentales et €uropéennes sous le joug d’une idéologie néo-libérale - « TINA ! » - à laquelle son gouvernement participe activement, qui vide le concept démocratique de tout sens et qui, par le pillage éhonté du bien public et la destruction de toute forme de solidarité institutionnelle, multiplie tant en France que partout en €urope la difficulté d’accès aux soins, la précarité, les sans-abris, ...

                    « C’est une véritable honte du gouvernement français d’être ainsi à la botte des régimes d’oppression. »

                    Il est grand temps de s’en rendre compte mais, au registre des indignations sélectives, il est bien évidemment plus simple de stigmatiser Cuba - ce qui ne mange pas de pain ! - que ses principaux « alliés » et acheteurs d’armes au Proche et Moyen-Orient, ou encore ces « gauleiters » qui n’hésitent plus même à prétexter de la prééminence des traités sur la « vox populi » pour à affamer tout un peuple sous la botte du IVème Reich €urocratique, mais que vous encensez pourtant à longueur de tribunes !

                    La paille et la poutre, jamais entendu parler ??? smiley


                    • Dom66 Dom66 10 décembre 2016 18:33

                      @Samson
                      Bravo + 1000 smiley


                    • escoe 10 décembre 2016 18:33

                      Alors Rakout-machin, c’est pour quand le grand article sur les intellectuels et journalistes tués au Honduras à la suite du coup d’état organisé avec l’aide de madame Clinton ?


                      • Aristoto Aristoto 10 décembre 2016 20:19

                        Fidel et les vautours

                        par Jean-Pierre Garnier

                         

                        Évitons d’emblée tout malentendu. Pour avoir été arrêté et emprisonné en septembre 1971 à La Havane, après cinq années de séjour professionnel à Cuba, par la police politique (le G2) sous l’accusation d’« espionnage » et de « propagande contre-révolutionnaire » — un simple délit d’opinion, en fait, dû aux doutes que j’avais maintes fois et publiquement exprimés devant des visiteurs étrangers sur le caractère socialiste du « régime »1 castriste —, on ne saurait me ranger parmi les inconditionnels de celui-ci. Et cela d’autant moins qu’une fois revenu en France, je me suis employé à rédiger une thèse, un ouvrage et plusieurs articles pour étayer mon point de vue par une argumentation en bonne et due forme. Cela précisé, je ne puis rester silencieux devant le déluge d’insanités déversées à la chaîne par le complexe politico-intello-médiatique hexagonal, sitôt annoncé le décès du leader de la révolution cubaine.

                        De révélations-bidon en mensonges éhontés, de diatribes hystériques en pseudo-analyses plus niaises et plus simplistes les unes que les autres, ce fut à qui dans les pages des journaux ou à l’antenne se montrerait le plus disert pour dire tout le mal qu’il pensait du défunt. On chercherait en vain dans cette prose aussi incendiaire qu’inepte un indice quelconque de connaissance sérieuse de la réalité sociale cubaine. En revanche, on y décèlera sans peine, pour peu que l’on se refuse de hurler avec les loups, la confirmation de l’état de dégénérescence idéologique avancée atteint par les gens qui, en France, se font fort de « gouverner le peuple » ou de « former l’opinion ».

                        À cet égard, les représentants de la vraie droite sont difficiles à distinguer de ceux de la fausse gauche tant les invectives adressées à feu le « dictateur cubain » et son « régime » sont interchangeables. Bien sûr, on retrouve dans la meute, comme il fallait s’y attendre, les chiens de garde anticommunistes habituels, de la droite extrême à la droite « républicaine », peu regardants, comme à la belle époque de la guerre froide, sur ce que recouvre réellement l’appellation « socialiste » accolée au régime cubain pas plus que le terme « communiste » dont est gratifié son parti dirigeant. Il suffit de prononcer ces deux mots sans manifester de colère ou de dégoût pour qu’ils voient rouge.

                        Énorme « ouf » de soulagement, par exemple, en une du Figaro : « Fidel Castro est mort, une page de l’histoire du XXe siècle se tourne ». La page des révolutions, bien entendu. « Le mythe et la dictature », titrait sans surprise L’Express avant que deux éditorialistes de service ne démarrent sur les chapeaux de roues  : « À l’origine d’un désastre économique et d’un chaos moral, "El Comandante" a mystifié le monde entier pour atteindre le seul objectif qui lui importait : entrer dans l’Histoire. Son décès, le 25 novembre, dévoile la face noire du dernier « géant du XXe siècle » ». Le Courrier international, du groupe de L’Immonde, n’y allait pas non plus par quatre chemins pour annoncer en couverture la bonne nouvelle  « Fidel Castro : CUBA LIBÉRÉE »


                        • Aristoto Aristoto 10 décembre 2016 20:20

                          Comme de bien entendu, la deuxième droite rivalisera avec la droite traditionnelle dans l’anti-castrisme le plus caricatural, comme en témoignent les unes et éditoriaux de L’Aberration, de L’Immonde ou de L’Obscène au lendemain de la mort du guérillero en chef de la Sierra Maestra. « Les années Castro sont marquées par d’incessantes violations des droits de l’homme perpétrées par le régime », s’empressait de souligner le quotidien sociétal-libéral cher aux bobos : « dénonciations, détentions arbitraires, longues peines d’emprisonnement, persécution des opposants, fermetures de librairies, chasse aux homosexuels, purges, disgrâces et privations des libertés fondamentales. Tout l’arsenal des régimes totalitaires est mis en œuvre pour éviter les débordements ». Le torche-balle du businessman sioniste Patrick Drahi consentait malgré tout à reconnaître qu’« étranglé par le blocus américain, Cuba a cependant mis en place des politiques d’éducation et de santé performantes ».

                          L’Obscène, pour sa part, ne se foule pas, avec un intitulé en forme de copié-collé avec le titre du Figaro : « Fidel Castro est mort, une page se tourne à Cuba ». Dans un autre article sur ce « géant qui trompait son monde » — comme L’Obscène trompe ses lecteurs qui, il est vrai, ne demandent que ça —, le biographe-maison assène qu’« en s’envolant vers le paradis des dictateurs communistes, Castro a fermé la dernière page des rêves d’un socialisme à visage humain ». La messe (du mort) est dite ! C’est le même journal qui, à la fin des années 70, nous assurait sans rire qu’avec l’irrésistible ascension de Mitterrand vers le pouvoir, « le socialisme » était « une idée qui fait son chemin ».

                          De son côté, L’Immonde ne pouvait faire moins que charger Régis Debray, « maître ès renégats », « aîné en reniement », comme le surnommait Guy Hocquenghem, pour achever de brûler l’idole qu’il avait adoré, mais en y mettant des gants. Comme il l’avait déjà fait auparavant avec le Che, trahi par ses bons soins dans sa geôle de Camiri à l’issue de son escapade bolivienne, et décrit après coup comme un fanatique sincère mais extrémiste pour justifier son ralliement aux hiérarques de la Ve république (Mitterrand, Chevènement, Raffarin, de Villepin…) à qui il offrait ses services (de renseignement). Conseiller des Princes et prince des conseillers, le normalien revenu de sa goguette tropicale — il récidivera en allant rendre visite au sous-commandant Marcos dans les Chiapas —, argue d’avoir été proche — trop proche ? — du Lider Maximo pour établir un distinguo qu’il veut subtil entre Fidel, le romantique, et Castro, le cynique, comme il l’a fait plus tard pour François, l’homme d’État lettré et distingué, et Mitterrand, la fripouille politicarde et collabo-résistante que l’on sait.


                        • Aristoto Aristoto 10 décembre 2016 20:20

                          Comme à l’accoutumé, le bon élève de la rue d’Ulm choisit une formulation ronflante pour dresser un parallèle des plus scolaires entre les deux faces du Janus des Caraïbes : « Fidel Castro, flamme et cendres ». La flamme, c’est à la fois le « vibrato d’un moment de fraternité » provoqué chez les petits bourgeois intellectuels des années 60 par la geste des guérilleros de la Sierra Maestra, et celle éprouvée pour le dirigeant cubain qui l’incarnait. Un dirigeant que Debray, « insoucieux de la situation intérieure », avoue t-il, voyait non comme un « chef d’État », mais comme « l’inlassable animateur des résistances nationales au-dehors ». Les cendres, ce sont celles des idéaux révolutionnaires consumés, qui, aux yeux de Debray pour la raison indiquée, n’étaient qu’à usage externe, mêlées à celles de Castro que l’on venait d’incinérer. Lequel, suppute Debray, n’aimait peut-être pas vraiment en fin de compte « le régime dont il était la tête ». Ce qui le conduit à enfoncer une porte ouverte depuis des lustres en guise de conclusion : « nul ne règne innocemment ». Bref, Fidel est coupable de double jeu, mais c’est la destinée de tous « les grands seigneurs de la profession » avec lesquels Debray n’a cessé de frayer pour les faire bénéficier de ses avis éclairés.

                          Autre transfuge de haute volée, Bernard Kouchner, dans Le Point, accuse Fidel de toutes les vilenies, y compris d’avoir débauché sa compagne d’alors, militante comme lui de l’Union des Étudiants Communistes, lors d’un voyage — payés par le « régime » — à Cuba. Il est vrai que le promoteur du « droit d’ingérence », ami du mafieux et criminel de guerre devenu Premier ministre du Kosovo Hashim Thaçi, n’est plus à un racontar près, lui qui niait effrontément, alors qu’il officiait au Quai d’Orsay dans un gouvernement Fillon, la culpabilité du chef de l’UCK dans le trafic d’organes prélevés sur les prisonniers serbes assassinés après leur capture.

                          On pourrait facilement allonger la liste. D’autant que ce que l’on a pu entendre à radio et à la télévision sur les chaînes publiques ou privées était à l’unisson. Pour un peu, on aurait cru avoir la version française ce que était simultanément diffusé depuis Miami !

                          Au milieu de ce fatras d’éructations haineuses, il m’aurait été difficile voire impossible de décider à qui décerner la palme de la désinformation et propagande contre-révolutionnaire, si Michel Onfray ne m’avait facilité la tâche. Du philosophe « socialiste libertaire » autoproclamé, on pouvait attendre le pire. Or, il me faut avouer que je n’ai pas été déçu. La place manque pour reproduire dans son intégralité un réquisitoire sans appel énoncé avec suffisance et d’une sottise achevée, qui devrait faire pâlir d’envie BHL. Mais la video postée sur le site du Point peut y suppléer, d’autant qu’elle a été immédiatement répercutée par des sites réactionnaires (Atlantico) ou carrément fachos (Égalité et Réconciliation) dont les animateurs ont bien senti que cet imposteur qui se réclame de l’émancipation était finalement des leurs.


                        • Aristoto Aristoto 10 décembre 2016 20:21

                          Livrons néanmoins, pour ne pas être accusé d’exagérations gratuites, quelques échantillons de cette « vision lucide, selon Agora Vox, de la catastrophe politique que constitue le régime cubain. Une dictature fondée sur le mensonge et la répression ». Pour ce qui est du mensonge, en tout cas, Onfray commence dès la première phrase par montrer qu’il peut en remontrer à n’importe qui en déclarant tout de go que la mort de Castro a donné lieu au « concert de pleurs » attendu. On se demande quelle radio, chaîne de télé ou journaux il a bien pu lire ! Mis à part L’Huma, qui ne fait pas partie de ses lectures favorites, et Merluchon qui s’est précipité à l’ambassade de Cuba pour donner une allure radicale à sa « révolution citoyenne », c’est plutôt la réjouissance, comme on l’a vu, qui était de mise. La suite est à la hauteur du début : « Cuba est une dictature depuis 1959. Pas plus tard… » Foin d’analyse historique sur l’évolution du « régime »  ! Vient alors un scoop de derrière les fagots : Castro aurait « choisi la date de sa mort ». Car le 25 novembre 1956 marquait « le début de la guérilla » menée par lui. La fin de son chef au moment même où l’on pouvait célébrer le soixantenaire de la première ne donc rien au hasard. Et Onfray de commenter, au cas où l’on n’aurait pas compris : « Ça tombe bien du point de vue de l’histoire et de la mythologie ». Bien plus, il n’est même pas sûr que la date et l’heure du décès soit celles indiquée par Raoul Castro. Onfray en est convaincu : « On a choisi la date et l’heure pour que ça fasse symbole et symbolique, mythe et mythologie. » Pour conforter cette anthropologie de bazar, notre philosophe va plus loin. Ce qui vaut pour le décès de Castro vaudrait également, en effet, pour son incinération : « Il est mort et a été incinéré avant pour faire coïncider les dates. Avec la complicité de son frère Raoul, chargé de faire l’annonce. »

                          Pour préparer les esprits à accueillir sans rire cette hypothèse abracadabrantesque, aurait dit Jacques Chirac, présentée comme une certitude, Onfray avait préalablement révélé une autre coïncidence de dates destinée, semble t-il, à donner plus de poids aux élucubrations chronologiques qui allaient suivre : le 1er janvier 1959, date de la prise de pouvoir de Castro à La Havane, était aussi celle de la naissance du philosophe de tête de gondole. Onfray versus Castro : une fois de plus, un nain se hausse sur les épaules d’un géant à qui il impute toutes sortes de bassesses en espérant ainsi apparaître plus grand ! Suivra l’énoncé devenu obsessionnel de ses bêtes noires favorites (Fouquier-Tinville, Robespierre, Staline, Mao et Hitler, pour faire bon poids) pour se clore sur cet aphorisme : « Je n’ai pas de goût pour les dictateurs. Un dictateur est un dictateur » Plus consensuel, tu meurs !


                        • Aristoto Aristoto 10 décembre 2016 20:22

                          @Aristoto

                          Haro sur Ségo

                          Dans ce chœur d’unanimisme vomissant le leader cubain décédé et son « régime », il revint à la Ministre de l’Environnement, envoyée tout de même à Cuba pour représenter la France aux funérailles, d’émettre la fausse note. Émue à la vue des dizaines de milliers de Cubains en deuil venus dire un dernier adieux à leur « Commandante » ou soucieuse d’apposer une touche « degôche » à sa personne qui en a effectivement bien besoin ou encore guignant une future carrière à l’ONU avec les concessions qu’une telle ambition implique à l’égard de « régimes » considérés comme « hostiles » par la CIA et le National Security Council ? Peu importe. Toujours est-il que la coryphée de l’« ordre juste » eut le mauvais goût de dire à Santiago de Cuba une vérité qui, aux oreilles délicates mais opportunément bouchées de nos gouvernants et de la valetaille intellectuelle ou médiatique qui leur fait écho, fit l’effet d’un sacrilège. À savoir qu’« il y a beaucoup de désinformation » au sujet de la violation des droits de l’homme dans l’île envers « un monument de l’Histoire » grâce qui, par sa « résistance à l’occupation extérieure », « les Cubains ont récupéré leur territoire, leur vie, leur destin ».

                          Que n’avait-elle pas dit ! « Pluie de critiques », « volée de bois vert » titrait la presse de marché qui s’empressait en même temps de fustiger à son tour la déclaration inconvenante voire iconoclaste de Ségolène Royale. « Plus jamais de leçon de la « Gôôche » sur les droits de l’homme, après l’éloge de Castro par un ministre socialiste !!! », tweeta le très droitier Thierry Mariani, député des Français à l’étranger, dont les poussées d’adrénaline sécuritaires font s’interroger sur ce qui le sépare encore de la droite extrême. Laquelle, par la bouche de Florian Phillipot fit savoir que « ce qu’a dit Ségolène Royal manque de mesure, de lucidité et de respect pour l’ensemble des victimes, incontestables et incontestées, de ce régime ». Et d’évoquer les « persécutions » d’opposants politiques, d’homosexuels... Sur ce dernier point, néanmoins, en forme de plaidoyer pro domo, le numéro 2 du F.N. ferait bien d’actualiser ses connaissances : si les homosexuels eurent effectivement maille à partir avec le « régime », ce fut principalement au cours des la décennie qui suivit la prise de pouvoir. Aujourd’hui, n’importe quel touriste un peu curieux sans être mal intentionné pour autant vous dira que la prostitution masculine se porte bien — pour ne rien dire de la féminine — aux alentours des grands hôtels ou des plages de Cuba.


                        • Aristoto Aristoto 10 décembre 2016 20:23

                          Sorti de son trou béarnais, le « centriste » François Bayrou se joignit au chœur des contempteurs pour qu’on ne l’oublie pas : « Les bras vous en tombent. Il n’y a pas de limites aux bêtises que les responsables politiques peuvent dire », dénonça le président du Modem, orfèvre en la matière. Et de préciser que c’est « pire qu’une faute politique, d’autant que Ségolène Royal parlait au nom de la France ». Car chacun devrait savoir qu’au nom de la France, il est hors de question de parler positivement d’un chef d’État non aligné sur la « démocratie de marché ». Plus à gauche ou plutôt moins à droite, la réprobation contre Ségolène Royal fut également de mise. En prenant le risque de donner à un bouffon de la scène politique des plus médiocres un lustre qu’il ne mérite assurément pas, on peut citer François de Rugy, politicien écolo passé du verdâtre au rosâtre, qui demanda au « président de la République de désavouer ces propos contraires aux valeurs de la France ». Des propos qui ont aussi indigné la secrétaire d’État chargée de l’aide aux victimes, Juliette Méadel : « Ma gauche à moi, ça n’est pas cette gauche qui encense Fidel Castro », s’exclama t-elle sur BFMTV. Spécialiste des questions financières, conseillère en fusions-acquisitions et en droit des sociétés cotées, entre autre au sein du cabinet anglo-saxon Cozen and O’Connor, directrice, en outre, du groupe de réflexion Terra nova, cette énarque aurait pu signaler que « sa gauche à elle » avait parti lié avec cet ennemi sans nom ni visage que Hollande promettait de pourfendre aux gogos rassemblés du Bourget en 2012.

                          Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères et ex-Premier ministre, aussi nul et nuisible dans la première fonction que dans la seconde, jugera bon d’en rajouter une louche à Lille, lors d’une visite de la pépinière de start-up EuraTechnologies en compagnie de Martine Aubry, dont on sait par ailleurs les sentiments qu’elle nourrit à l’égard sa rivale dans le marigot solférinien. « Si vous me demandez si Fidel Castro était un démocrate, à l’évidence ce n’était pas le cas. C’était un dictateur… Ça c’est très clair », asséna J-M Ayrault devant quelques journalistes de service. Et de préciser : « Fidel Castro a incarné un espoir à un moment, mais il a aussi incarné le contraire de ce à quoi nous pensons et à quoi nous aspirons. Il a porté atteinte aux droits de l’Homme, et jamais la France n’a fait preuve de complaisance à l’égard des atteintes aux libertés, des atteintes à la démocratie ». Venant d’un ministre en cheville, comme d’autres membres du gouvernement « socialiste » et leur Président, avec non seulement les fort peu humanistes et démocratiques pétromonarques du Golfe, mais aussi les rebelles immodérés, assassins et tortionnaires d’Al Nosra en Syrie, ce genre d’envolée est du plus parfait grotesque. Mais, comme le reste de ce gouvernement « socialiste » failli, le ministre n’en était plus à une ignominie près. On laissera (pour le moment) le mot de la fin à l’inénarrable Jack Lang qui, interrogé sur France Inter, a cru bon d’ironiser  : « Je n’ai pas envie de me livrer à une galéjade mais avait-elle bu un peu trop de rhum en arrivant à La Havane ? » avant de se demander : « Comment peut-on à ce point nier la réalité ? »


                        • Aristoto Aristoto 10 décembre 2016 20:23

                          La réalité est précisément ce qui importe le moins à ce ramassis de politiciens, de journalistes et de penseurs aux ordres sans qu’il soit besoin de leur en donner. Le plus soumis d’entre eux et aussi le plus content de lui, Jean-Michel Apathie, aura une réponse toute faite pour expliquer l’affluence record du peuple cubain sur la place de la Révolution à La Havane, la place Antonio Machado à Santiago de Cuba et tout au long du trajet qu’emprunta entre les deux villes le véhicule militaire transportant les cendres de Fidel. « Il était un peu obligé. C’est un pays quadrillé, Cuba. On sait comment ça marche ! » Remarque péremptoire ne laissant à l’interlocuteur, le porte-parole du gouvernement Stéphane Lefoll en l’occurrence, venu à l’antenne de France Info France Intox, en fait — se désolidariser de Ségolène, d’autre choix que d’approuver et de débiter à son tour comme un crétin l’antienne attendue : Cuba « n’est pas une démocratie », et « les problèmes des droits de l’Homme, ils existent ». Et de poursuivre, au cas où les auditeurs n’auraient pas saisi la justesse et l’originalité du jugement : « Cuba n’est pas une démocratie et il y a des problèmes de liberté, et depuis longtemps ».

                          Que d’autres problèmes, comme ceux de l’éducation, de la santé, de la culture aient trouvé à Cuba des solutions que l’on a renoncé à chercher au profit des classe populaires dans la plupart des autres pays d’Amérique latine, que, si l’on est ouvrier, employé, agriculteur, jeune ou retraité, il vaille mieux vivre sous le « régime » castriste que sous n’importe quel autre régime du cône sud et du « Sud » de la planète en général, voilà ce qui explique peut-être la tristesse et la ferveur non simulées — sauf pour l’idiot Apathie — des masses cubaines à l’annonce de la mort de Fidel, et qui, visiblement, échappe à tous ceux qui, en France, prétendent savoir « comment ça marche » à Cuba. Tout en ignorant ou feignant d’ignorer, par dessus le marché, qu’en ces domaines et quelques autres (poste, transports collectifs), « ça marche » de moins en moins bien dans notre pays, austérité néo-libérale et privatisations aidant. La mortalité infantile par exemple, est moindre à Cuba qu’aux Etats-Unis, au Canada et… en France.

                          Une poignée de chefs d’État ?

                          Le mépris avec lequel a été traité dans l’hexagone le peuple cubain rassemblé pour un dernier hommage à son dirigeant, a prévalu également pour les représentants politiques des autres pays qui avaient décidé de s’y associer. Pour les gouvernants de « nos démocraties », il allait de soi, sans même qu’il soit besoin de passer la consigne, que le boycott s’imposait. Et que seule une minorité d’autres « dictateurs » ou assimilés pouvaient avoir l’idée saugrenue d’aller à La Havane participer à la commémoration du héros révolutionnaire disparu.

                          Pour L’Immonde, ce ne serait qu’une « poignée de chefs d’État » qui se serait rendue à Cuba pour rendre un dernier hommage au « dictateur cubain ». Effectivement, à l’exception Ségolène Royal, à qui ses propos louangeurs à l’égard de ce dernier vaudront le torrent d’invectives que l’on a vu, les dirigeants « occidentaux » brillaient par leur absence, si on laisse de côté le Premier ministre grec Alexis Tsipras qui a eu le culot de faire l’éloge de la capacité de Fidel Castro à « résister à la pression extérieure », pour faire sans doute oublier son déculottage honteux devant les diktats de la « troïka » néo-libérale. Il n’empêche : sauf à considérer la Chine, la Russie, le Brésil, l’Iran, le Vietnam et nombre de pays latino-américains et africains comme quantité négligeable, c’est un pourcentage conséquent des habitants de la planète qui était représenté lors de ces manifestations de deuil.

                          On objectera sans doute que la présence de présidents ou vice-présidents de certains pays à la cérémonie d’adieu nocturne Place de la révolution à La Havane, contrastait avec l’image pieuse du Fidel Castro libérateur et désintéressé qui ressortait de leurs discours. Sauf à se laisser emporter par l’enthousiasme ou l’émotion que pouvait susciter le spectacle d’une foule immense et recueillie, on avait ainsi du mal à oublier les états de services sanglants d’un Sassou-Nguesso, militaire de carrière devenu carriériste politique qui s’était proclamé président de la République du Congo en 1997 à l’issue d’une guerre civile qui avait fait environ 400 00 morts. La prise de parole d’un émir du Qatar haut placé n’était pas non plus de nature à relever le niveau en matière de « droits de l’homme ». Pas plus que celle du président actuel de l’Afrique du sud à la tête d’un régime répressif et corrompu qui fait oublier les espoirs mis dans la fin de l’apartheid. Sans oublier le fringant président du Mexique, Enrique Peña Nieto. Son inertie frisant la complicité face aux assassinats d’opposants commis par les forces de l’ordre, et la dilapidation des fonds publics par sa dépensière épouse ont fait tomber sa popularité au plus bas parmi ses compatriotes. Peut-être pensait-il la rehausser en glorifiant les faits d’armes et l’intégrité d’un chef d’État révolutionnaire d’un pays avec qui, il est vrai, le Mexique n’a jamais rompu ses relations diplomatiques.


                        • Aristoto Aristoto 10 décembre 2016 20:24

                          A la décharge de Raoul Castro et de ses camarades du Parti communiste, il faut malgré tout, à cet égard, noter que le blocus et l’embargo auquel Cuba est confronté depuis décennies oblige à une realpolitik que les autres gouvernements pratiquent de même sans être pourtant soumis à une pareille contrainte. Mais surtout, la présence de ces personnages peu recommandables sur le podium dressé Place de la Révolution n’avait pas de quoi choquer les donneurs de leçons démocratiques made in France. Nos gouvernants n’ont, en effet, jamais hésité à leur serrer la main, aussi ensanglantée soi-elle, à eux et leurs pareils.

                          Parmi les autres dirigeants étrangers qui se succédèrent devant le micro à La Havane ou à Santiago, il en fut, toutefois, tels les présidents bolivien, équatorien et vénézuélien, qui ne pouvaient qu’aggraver post mortem le cas du « commandante en jefe ». Un point commun unissait en effet Evo Morales, Rafael Correa et Nicolás Maduro  : profiter de l’occasion pour rappeler et exalter ce qui peut être considéré comme la ligne directrice fondamentale de la révolution castriste, plus actuelle et nécessaire que jamais aujourd’hui pour tous les gouvernants soucieux de l’indépendance de leur pays et d’échapper à l’emprise de la superpuissance et de ses alliés, à savoir l’anti-impérialisme. Pour nos caniches euro-atlantistes, laquais fidèles de la Maison Blanche et du Pentagone, un tel rappel est proprement insupportable. Certes, je persiste à penser que Cuba n’est pas un pays socialiste, mais de capitalisme d’État. Mais le régime castriste est le seul demeuré véritablement anti-impérialiste — avec peut-être, sur un mode mineur, le bolivien et l’équatorien —, même s’il n’avait pas d’autre choix face à l’agressivité des gouvernements étasuniens qui se sont succédés depuis 1959. L’avenir dira si le rapprochement entamé récemment entre Washington et La Havane mettra fin ou non à l’exception cubaine.

                          Cependant, l’importance que j’ai accordée à la réaction — dans les deux sens du terme — hystérique et haineuse des politiciens, éditocrates et intellos de cour qui se sont relayés dans l’hexagone pour cracher à tour de rôle sur la tombe — l’urne, plutôt — de Fidel, est aussi le fruit d’une autre préoccupation, plus « locale ». Cette réaction me paraît, en effet, symptomatique de l’état d’esprit qui règne en France parmi nos soi-disant élites, et donner par avance une idée de ce qui se produirait si un événement quelconque venait à menacer leur statut et leurs privilèges. Certes, ce n’est pas le cas en ce moment, où, dans la farce ou la foire électorale qui se prépare, la seule force de gauche qui pointe à l’horizon a pris la forme bisounours et bouffonne de l’« insoumission » mélanchonienne. Mais qu’en serait-il si l’interminable « crise » en cours, à la fois économique, sociale, écologique et politique, s’aggravait ? Et si ses innombrables victimes sortaient enfin de leur léthargie politco-idéologique pour se dresser contre les puissants et redevenir un peuple dans l’acception que revêt ce terme dans les périodes révolutionnaires ? Il y a fort à parier qu’une « union nationale », rebaptisée républicaine comme il se doit, ne tarderait pas à se constituer où l’on verrait au coude à coude, par exemple, l’extrême-droitière Marine Le Pen, l’ultra conservateur François Fillon et proto-fasciste Manuel Valls pour « faire barrage », non plus évidemment à l’extrême-droite, mais à la réapparition éventuelle du vieil ennemi intérieur : le péril rouge. Car c’est bien le vieux spectre entrevu par Marx et Engels que les vautours se disputant le cadavre de Fidel s’évertuaient par avance à exorciser.

                          Jean-Pierre Garnier



                        • Doume65 12 décembre 2016 22:35

                          @Aristoto
                          «  [...] « Je n’ai pas de goût pour les dictateurs. Un dictateur est un dictateur » Plus consensuel, tu meurs !
                           »
                          Ça me rappelle une pièce de Feydeau dans laquelle un général fait écrire à sa secrétaire « Les choses sont ce qu’elles sont ». La secrétaire se met à pleurer
                          « Je ne veux pas que les choses soient ce qu’elles sont ! ».
                          Du niveau de la philosophie d’Onfray ! Sauf que Feydeau, il savait qu’il faisait de l’humour.


                        • bonalors 10 décembre 2016 23:07

                          toutes les femmes sont des castratrices nees, Brassens disait, les emmerdantes, les emmerdeuses et emmerderesse ma foi il avait raison sauf Maman et ma femme, extraordinaire, de fois je me demande si elle n est pas un homme smiley
                          Bon allez bande de pines de castors je vous laisse a vos delires d ejaculateur precoce


                          • abcd 10 décembre 2016 23:35

                            @bonalors

                            Je reconnais son prestige ( de Claudel), mais qu’on aille chercher dedans son oeuvre pie ... Non ça c est de l utopie A tout hasard vous avez pas lu « apportez moi la tête du prince charmant » coécrit par quelqu’un, car en plaidoirie possible, l autre moitié de l humanité a pût être trompée par les contes :) .


                          • bonalors 11 décembre 2016 06:50

                            @abcd
                            Bonjour,
                            J imagine que les femmes ont certainement leurs raisons que notre logique masculine très rudimentaire ignore, c est de bonne guerre, mais comme nous éclairait Sacha Guitry , “Je suis contre les femmes, tout contre.”,
                            Sans oublier celle la qui est d une véracité cruelle smiley
                            "“Je conviendrais bien volontiers que les femmes nous sont supérieures, si cela pouvait les dissuader de se prétendre nos égales.”
                            Bien a vous


                          • abcd 11 décembre 2016 07:50

                            @bonalors c est vrai que là où dhabitude Brassens préserve le ton de son champs, pour cette chanson sa voix est plus habitée.

                            Et ça me des-obli-i-ge.

                            On peut avoir un postulat prosaïque, si vis a vis de l ensemble des mâles vous avez peu d amis, vis a vis de l ensemble des femmes il n y a peut être que peu d’amour possible , l amour ayant plus de contraintes que l amitié, il y aurait une erreur à laisser croire la chose aisée aux 2 sexes.


                          • Laulau Laulau 11 décembre 2016 09:41

                            Il y a bien des prisonniers politiques à Cuba, ils sont à l’isolement dans un camp, pour seul vêtement on leur fournit une combinaison orange. On a des vidéos qui prouvent que ces gens ont étés torturés. Je crois bien que le nom du camp c’est Guantanamo.
                            Il faut croire que cette horreur a échappé à la sagacité de Rakoto, je me demande bien pourquoi.


                            • Dom66 Dom66 11 décembre 2016 11:57

                              @Laulau
                              + pour moi smiley


                            • ung do 12 décembre 2016 02:42

                              @S. Rakoto , vous avez l’indignation sélective ou ignorante :
                              D’après le Canard Enchainé du 7 décembre 2016 , F.Hollande a dit les mêmes éloges que S.Royal en mai 2015 de retour de Cuba aux journalistes Lhomme et Davet .
                              A sa libération , Mandela a remercié Cuba pour son soutien à la lutte anti apartheid .
                              Cuba subit depuis 50 ans un embargo haineux et vindicatif ; pour cela , les USA sont condamnés chaque année à la quasi unanimité de l’ ONU
                              Cuba semble être une réussite sociale , si on lit les indicateurs UNICEF tels que taux d’alphabétisation , mortalité infantile , couverture médicale, existence de bidonvilles , espérance de vie , électrification,tout-à- l’égout , etc... comparé aux Philippines pourtant « allié » des yankees depuis 1 siècle et d’autres pays latinos vassaux .Le régime subit depuis 50 ans une diabolisation infernale soigneusement occultée par l’auteur ; diabolisation intense , qui fournit aux aboyeurs des éléments de langage standard copiés- collés ici . Cuba est une dictature certes mais chaque pays est indépendant , n’est ce pas M. l’auteur ? et nos amis saoudiens ne sont pas des tyrans !! Cuba bombarde t-il le Yemen tous les jours en commettant des crimes de guerre ? Cuba n’est-il pas menacé à chaque instant d’une invasion à la lybienne ? la baie des Cochons , ça vous dit ?cela ne nécessite t-il pas un état d’urgence une vigilance serrée , un état d’urgence comme en France


                              • zygzornifle zygzornifle 12 décembre 2016 15:28

                                Sur la photo j’ai cru qu’elle posait devant la courbe du chômage, mais non on m’a dit que c’était devant la muraille de Chine .....

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