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Sentosa, l’île aux deux diables

Sentosa, l’île aux deux diables !

De petites villes, jadis inconnues, deviennent soudain incontournables dans l’Histoire de l’humanité. À la faveur d’une conférence, d’un traité de paix, d’une bataille. Impressionnant ! À titre d’exemple, Nicée. Elle doit sa réputation à la tenue sur son territoire du premier concile œcuménique convoqué en 325 de notre ère par l’empereur Constantin 1er. Ou encore, Utrecht au Pays-Bas, siège du traité portant son nom, conclu en 1713 entre la France et la Grande-Bretagne et qui mit fin à la guerre de succession d’Espagne qui a ensanglanté l’Europe pendant plus de douze ans. Plus proche de nous, au XXème siècle, comment oublier les tristement célèbres : Verdun, Stalingrad (devenue aujourd'hui Volgograd) ou Hiroshima ? Bretton Woods, cette petite ville perdue dans les Appalaches de l’État du New Hampshire, quelqu’un en avait-il entendu parler avant qu’elle ne reçoive une conférence réunissant quarante-quatre États (dont l’URSS) devant imposer au monde un nouvel ordre économique ? Même constat pour Bandung, en Indonésie, qui doit accueillir en 1955 la conférence qui portera son nom et qui assistera à la naissance du groupe des pays non-alignés. Et que dire de Schengen ou de Maastricht, deux villes étroitement liées à la construction européenne ? Depuis hier, 12 juin 2018, il faut ajouter à cette liste qui est loin d’être exhaustive, l’île de Sentosa à Singapour. Le sommet de Sentosa ! À introduire bientôt dans nos livres d’Histoire. Quel meilleur endroit que ce parc d’attraction, pour que deux diablotins puissent venir passer la journée et s’amuser un peu. Question de dépenser leur argent de poche, une bagatelle de 16 millions de dollars. Surtout que le grand blond à la cravate rouge, un gamin de 72 ans, venait de vivre une frustration au Canada. Ses copains, réunis pour la fête du G7, n’étaient pas gentils avec lui. Ils ont refusé de se soumettre à sa règle du jeu. Il a préféré aller jouer seul, à l’autre bout du monde, avec son ‘’rocket man’’. À l’hôtel Capella de l’île de Sentosa, son vieil ennemi devenu son meilleur copain, l’attendait. Pour un jeu de dupes ! Il doit se dérouler sur l’échiquier de la péninsule coréenne. Chacun tient à avancer ses pions. Ici, dans la partie nord, c’est le domaine de l’enfant terrible, ‘’le petit gros’’. Il y a planté ses missiles balistiques intercontinentaux. Ils font peur au blond ‘’gâteux’’ qui, plus bas, au Sud, se prépare à ouvrir son parapluie nucléaire. Chacun a le doigt sur un bouton rouge. Mais celui du grand blond gâteux est, semble-t-il, plus gros et plus fonctionnel pour déclencher le système apocalyptique. Tous les deux, pour une fois, se mettent à réfléchir. Du coup, nos deux enfants terribles et turbulents s’assagissent. Un effet ‘’fantastique’’ de l’île de Sentosa (paix et tranquillité en malais). Les esprits se sont calmés et chacun est rentré chez soi. Avec l’intention de se revoir et en se promettant, bien que vaguement, de ne plus toucher à ce jeu débile. Mais l’enfer n’est-il pas pavé de bonnes intentions et le diable n’est-il pas dans les détails ?! Quoi qu’il arrive, l’Histoire retiendra de ce sommet de l’île de Sentosa, cette photo ‘’historique’’ d’une poignée de main entre deux personnages imprévisibles.

Ghassan Hélou

Montréal, 13 juin 2018

 


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10 réactions à cet article    


  • Decouz 14 juin 09:21

    Heureusement il y a le Saint Gars Pour qui veille, sinon on aurait une impression de malaisie !


    • Fergus Fergus 14 juin 09:49

      Bonjour, Ghassan Hélou

      Le plus cocasse est d’avoir précisément choisi Sentosa. Tout est faux dans cette île, mis à part quelques rares banians ou frangipaniers. Et si les Singapouriens s’y pressent en masse pour profiter des plages de sable fin (il n’y en a pas ailleurs sur le territoire de cet état), c’est pour se baigner dans une eau à 28 % au cœur de criques artificielles à dessin géométrique alignées en bordure du détroit de Malacca avec vue imprenable sur les cargos et les porte-containers qui défilent. Des plages évidemment bordées de faux rochers en béton, et plantées ici et là de palmiers apportés pour la touche tropicale sur les cartes postales. Quant au sable, il est faussement singapourien : en réalité, il a été importé par centaines de tonnes de la Malaisie voisine.

      Bref, un faux décor pour une rencontre de faux-culs qui, sur fond de fausse sincérité, a débouché sur un faux consensus


      • Fergus Fergus 14 juin 11:24

        Erratum : une eau à 28° et non 28 %.


      • Jason Jason 14 juin 10:28

        Je l’ai toujours dit et observé depuis 40 ans : les Américains ont des opinions arrêtées sur tout ; seulement, ils en changent tous les quart d’heure.


        En plus, ils n’ont pas de goût, ce vieux défaut des habitants du vieux continent.

        Aujourd’hui le sort du monde se joue à Disneyland.

        • #Nono LP/R #Nono LP/R 14 juin 10:34

          @Jason

          MICKEY, le vrai seul et unique qui conte/compte (bibi quoi) est visible 7/7 et 24/24 au 28, avenue de l’Isle à Guîtres, 33230.

          On peut venir lui tirer la queue sans danger ni transgression, même celle du complexe du Corn Flakes ! ^^

          Portrait disponible dans qques secondes sur le Twitter de mon porteur d’Ô !


        • velosolex velosolex 14 juin 14:09

          Davos, en suisse, avant d’être le rdv annuel du gotha politico économique, fut une station de villégiature, et de soins, où le sanatorium sur les hauteurs, fut au centre du chef d’oeuvre de Thomas Mann. « La montagne magique », un livre inspiré qui continue à me hanter 40 ans après que je l’ai lu. 

          Autres montagnes que je connais bien, les alpes, et son sympathique col de l’échelle, ancien lieu de passage entre la France et l’Italie, et qui n’était même pas goudronné dans les années 70, tout juste connu des randonneurs locaux 
          Le nom est connu maintenant de tous, en raison des passages des migrants, dont certains payent de leur vie, leur audace, poussés par le désespoir. On en retrouvera certainement quand la neige va fondre. Je viens d’écouter précisément cette excellente émission « les pieds sur terre », de France culture, et qui s’intéressait précisément aujourd’hui à ces faits divers ( d’hiver) ; On le sait, on l’entend, il y a des salauds, mais aussi de braves gens. 

          • Fergus Fergus 14 juin 16:25

            @ velosolex

            Le col de l’Echelle, j’en ai parlé dans cet article : Bienvenue dans la Vallée étroite ! Une étonnante vallée, française depuis 1945, mais peuplée uniquement d’Italiens. Une vallée qui n’a été reliée au Briançonnais par la route qu’en... 1968 avant d’être goudronnée en 1983. Une superbe région, soit dit en passant, mais je crois que nous avons déjà évoqué ces lieux, et notamment les nombreux forts qui couronnent les crêtes de ces montagnes frontalières.


          • Fergus Fergus 14 juin 16:29

            @ velosolex

            Davos, c’est très joli, mais mal fréquenté. smiley Personnellement, je préfère la vallée de l’Engadine malgré Saint-Moritz, une sorte de 2e Davos par la clientèle : La Haute-Engadine : une pure merveille de la nature.


          • velosolex velosolex 14 juin 18:13

            @Fergus
            J’ai gardé un refuge de grande randonnée dans cette région en 76, la fameuse année de la sécheresse. Mais sur ces hauteurs, l’air frais se conjuguait avec des

             épisodes de pluie, voir de neige en aout, qui faisaient le bonheur des touristes, venus se rafraîchir....J’ai retrouvé dans un live un edelweiss, en marque page, ces derniers jours....Il y en avait cette année là des milliers dans les alpages., . 

          • Fergus Fergus 14 juin 20:16

            @ velosolex

            Des edelweiss, on n’en voit pas beaucoup, mais il est vrai que l’on peut parfois tomber sur une pelouse ou une rocaille qui en sont envahies. Cela m’est arrivé une fois sur les hauteurs de Pra-Loup, sous le Pain de Sucre. Sinon, c’est surtout en Suisse, dans l’Oberland bernois et le Valais, que j’en ai observé le plus souvent. Ce n’est pas la plus jolie fleur alpine mais assurément celle qui fait le plus fantasmer, eu égard à sa relative rareté.

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Ghassan Hélou

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