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Vent glacial en pleine canicule

La pause aura été sans doute un peu plus longue cette année, la campagne éprouvante des présidentielles pouvant justifier le besoin de repos. Mais la rentrée s’annonce en cette fin août un peu partout caniculaire : conseil des ministres, réunion sur les Roms à Matignon, voyage de Hollande à Berlin, universités d'été - dont celle du PS à La Rochelle -, retour médiatique de François Fillon et de Jean-François Copé etc. S’arrêter là serait oublié le coup de froid que jette Jean-Luc Mélenchon, premier sur les rangs. Il sort de son silence médiatique au bon moment, pas trop tard pour être audible, avant les universités d’été diverse et variées, les journées d’étude des uns et des autres.

Il le fait dans un interview accordé au JDD. Pour lui "presque rien n’est sorti de ces 100 premiers jours de la Présidence Hollande". « Après dix ans, la gauche revient au pouvoir, et tout ce qu'il y aurait d'urgent à faire, ce serait un collectif budgétaire et une loi sur le harcèlement sexuel ? (…) Est-ce qu'il n'y a pas aussi urgence sur les licenciements, par exemple ? […] « L'atermoiement continu laisse les mains libres à la finance ! » […] « Hollande a essayé de nous faire disparaître de l'Assemblée » […] « Ce fut une session du temps perdu. Cent jours pour presque rien. Hollande a désamorcé le contenu insurrectionnel du vote de la présidentielle. Il l'a dilué dans les sables des plages du Var. »

Les propos sont assez durs, et Montebourg, largement égratigné se croit obliger de répondre à l’occasion de sa traditionnelle « Fête de la rose » à Frangis–en-Bresse, son fief de Saône et Loire. Dans une ambiance champêtre - bans bourguignons les mains en l'air, "poulets de Bresse pattes bleues" et bière à volonté pour les convives installés sous les tentes, il astique les pompes : « Il y a beaucoup de choses qui ont été faites, il ne faut pas être injuste. Ce n'est pas en 100 jours qu'on change le pays, c'est en au moins 5 ans" Pourtant celui qui évoquait si bien les « pièges » de la mondialisation, ou de l’UE et de ses traités lors de primaires du PS, fait l’impasse complète sur la prochaine adoption de la règle d’or. Il y a un an, à la même tribune il expliquait que "la règle d'or, c'est la victoire des marchés, là où il faudrait au contraire les faire plier", et qu'"une majorité de gauche ne (voterait) jamais le "traité Merkozy" ! Dimanche, 1 an après, il s'est-il appliqué à souligner les apports supposés de François Hollande au traité européen - notamment "l'injection de 120 milliards d'euros dans l'économie européenne", sans un mot pour la règle d'or et lançant finalement un appel à poursuivre la "bataille pour mettre fin à l'Europe austéritaire et installer la croissance en Europe". Formule qui ne mange pas de pain ! Jean-Luc Mélenchon, une fois de plus, évoque lui l’essentiel et clairement. "Après une comédie de négociation qui fut une capitulation, il faudrait accepter le traité "Merkozy" ? Perdre les dernières marges de manoeuvre du pays ? L’austérité pour toujours ? C’est un contresens économique. Hollande est un social-libéral comme ceux qui ont déjà conduit aux désastres grec, espagnol et portugais. Ce n’est pas parce que François Hollande veut être normal que la situation va le devenir. Quelqu’un lui a dit que le capitalisme était en crise ? Et que l’écosystème entre dans les turbulences ? L’Europe est dans le rouge et marche au désastre."

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