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Accueil du site > Actualités > Politique > Vivement dimanche...6 mai

Vivement dimanche...6 mai

Commençons par deux aphorismes signés du regretté Georges Clémenceau. Tout le monde les a déjà entendus ou lus, mais bon, ils s'adaptent si bien à la situation qu'il n'y a pas de raison de s'en priver :

« On ne ment jamais autant qu'avant les élections, pendant la guerre et après la chasse. »

« En politique on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables. »

Tout ça pour dire

- que je ne me fais aucune espèce d'illusion sur l'application à la virgule près des soixante propositions du candidat Hollande pour lequel je m'apprête à voter après lui avoir apporté mon suffrage dimanche dernier. ;

- que je ne pense plus depuis longtemps que tous les responsables de la Droite sont, au choix des crapules ou des simples d'esprit, alors qu'à Gauche régnerait une honnêteté sans faille associée à une intelligence supérieure des rapports humains.

Ceci posé, et pour contribuer à la polyphonie de ce blog, je m'en vais tenter d'expliquer, le plus sobrement possible, pourquoi je vote François plutôt que Nicolas ou blanc.

Il y a d'abord la personnalité et le parcours du candidat de gauche. Avoir réussi à tenir le choc à la tête d'un parti aussi divisé et traversé d'ambitions antagonistes que le PS des années 2000 est, en soi, une performance. Elle vaut bien, à mes yeux, des passages médiatisés mais sans résultats probants dans un ministère régalien (au choix celui de l'Intérieur ou celui de l'Economie). La situation de crise nationale et internationale que nous avons à affronter demande de savoir se concentrer sur l'essentiel et d'avoir un sens aigu de la négociation et des rapports de force pour obtenir les meilleurs compromis possibles. Je crois que François Hollande a plus de capacités dans ce domaine que son concurrent. Je pense que, mieux que Nicolas Sarkozy, il saura doser les efforts que nous serons amenés à faire, lesquels seront d'autant mieux compris et acceptés qu'ils paraîtront justes et qu'ils favoriseront la solidarité entre les diverses catégories sociales. Je le crois aussi capable, contrairement à l'image gnangnan qu'on veut donner de lui, de faire preuve de la fermeté nécessaire pour imposer aux plus favorisés un retour à une conception plus saine du partage des richesses dont nous sommes tous persuadés que, produit du travail, elles doivent être justement partagées.

Vient ensuite l'idée que, pour qu'une démocratie fonctionne, l'alternance doit s'imposer régulièrement. Elle permet l'émergence de nouveaux responsables que la dure réalité de l'exercice du pouvoir n'a pas encore usé. Mus par l'idée généreuse que le volontarisme politique peut modifier la réalité, ils se lancent dans l'action avec une vigueur qui ne s'éteindra que trop vite quand ils auront mesuré à quel point la réalité est visqueuse. Ceci étant, il y a quand même une chance pour qu'ils fassent bouger les lignes. Cela s'est vu dans le passé et il n'y a pas d'exemple qu'un changement politique n'ait pas eu d'effet sur l'évolution de la société (même Giscard d'Estaing a eu de bonnes idées). Pendant ce temps, la majorité d'hier s'en va faire dans l'opposition une cure de désintoxication. Elle en profite pour reprendre contact avec le sol de la planète, ajuster son discours et renouveler, au moins partiellement ses cadres, ce qui lui ouvre des perspectives nouvelles et, parfois inattendues, pour la suite des évènements.

C'est tout et c'est assez en ce qui me concerne. Je sais parfaitement que, comme l'a dit Bracke en 36 et comme on l'a maintes fois répétés depuis, le 6 mai, Hollande, s'il est élu, pourra s'écrier « Enfin les difficultés commencent. » Mon pari,très relativement pascalien, est qu'il saura y faire face.

Chambolle


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3 réactions à cet article    


  • Radix Radix 28 avril 2012 11:49

    Bonjour

    J’aime bien Clémenceau pour son humour et son sens de la répartie.

    Il avait répondu à un député de la droite qui se plaignait de sa proposition d’augmenter les salaires des ouvriers et qui l’apostrophait en disant : « Mais devrais-je donner aussi ma chemise et ma montre ! »

    « Surtout pas votre montre... Elle retarde ! »

    Le pauvre ne s’en est jamais remis.

    Radix


    • Spip Spip 28 avril 2012 13:42

      Effectivement, avoir réussi à tenir la barre d’un PS au milieu des courants, contre-courants, etc. sans avoir sombré est un exploit en soi.

      Alors, FH un faux mou ? C’est bien possible...


      • loco 28 avril 2012 22:31

         bonsoir,

         Clemenceau encore : « La politique c’est comme l’andouillette, ça doit sentir la merde, mais pas trop ».... d’où le devoir de virer Mr Sarkozy et sa clique... 

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