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Accueil du site > Actualités > Politique > Woerth : vers l’hallali... et Sarkozy derrière lui

Woerth : vers l’hallali... et Sarkozy derrière lui

Il refuse toujours de démissionner. Incroyable entêtement d’une Sarkozie complètement à la dérive.

uneAh qu’ils sont grotesques avec leurs "éléments de langage" ! Woerth plus que jamais acculé, les UMPistes ressassent en boucle l’improbable fable d’une "chasse à l’homme" et d’une "déstabilisation politique", comme si les preuves ne s’accumulaient pas de son indignité. Comme si la France entière n’était pas désormais au courant de ses magouilles de trésorier de l’UMP - collecteur de fonds auprès des riches - ex patron d’une bienveillante administration fiscale - distributeur de légions d’honneur à la chaîne aux généreux donateurs du parti... Les accusations de l’ancienne comptable de Liliane Bettencourt, d’avoir touché des enveloppes en liquide - comme le futur président lui-même, alors qu’il était encore maire de Neuilly -, n’ont pour l’instant abouti qu’à des démentis hystériques, mais ça commence tout de même à faire beaucoup... La Sarkozie, de plus en plus à la dérive, pratique comme jamais le grand foutage de gueule. Mais cette fois, même à droite, plus personne n’est dupe. Forçons le gros gibier, sonnons l’hallali, achevons le ministre à l’agonie. Et puisse le château de cartes s’effondrer derrière lui.

dsQuel bonheur de lire Daniel Schneidermann chaque matin, dans sa chronique du Neuf-quinze d’@rrêt sur images, avec la mordante ironie qu’on lui connaît, mettre le doigt là où ça fait mal et dénoncer les turpitudes de la clique au pouvoir, tentant de serrer les rangs derrière le ministre du Travail que sa maladroite défense enfonce toujours davantage. "Prenons un aspect de l’affaire, un seul, écrit-il ainsi le 28 juin, sous le titre de Woerth, ministre sourd et aveugle. L’île des SeychellesIl faut revenir à l’île. Ecoutons Aphatie, au Grand jury, résumer (fort bien) le dossier devant Eric Woerth. "La fille de Liliane Bettencourt alerte la Justice fin 2007. Dans les premiers mois de 2008, les services de police récupèrent des documents où François-Marie Banier écrit à Liliane Bettencourt :"je vous ai fait acheter l’île d’Arros". Ces documents sont transmis à l’administration fiscale en janvier 2009. Cette île ne figure pas dans sa déclaration ISF. L’administration a-t-elle ou non vérifié sa déclaration ISF  ?"Il faut écouter, la réponse de Woerth (la bande-son est ici, c’est celle dont le texte commence par "Eric Woerth a-t-il pu empêcher des contrôles fiscaux ?", elle dure sept minutes, mais ce sont sept minutes indispensables). Il faut l’écouter, pour comprendre ce que peut être un suicide en direct, en présence du gratin de la Sarkozie rassemblé en polos du dimanche (Chatel, Bertrand, Bachelot, Soubie, etc,les images sont ici). Il faut écouter la véhémence de ces protestations qui ne démentent rien, il faut savourer ces énormes accents de bonne foi dans les énormités les plus énormes. "Le problème est que les journalistes ne comprennent pas comment fonctionne le fisc. L’administration fiscale ne me rendait pas compte, comme les médecins ne rendent pas compte à Roselyne Bachelot, que je remercie d’être là, si untel ou untel est malade. Je ne connais pas cette île. Je ne sais même pas où elle est. J’en ai entendu parler dans la presse". C’est vrai ! Comment peut-on oser embêter le ministre avec une île dans laquelle il n’est jamais allé ?Dîners avec des donateurs de l’UMP dans les locaux d’un ministère, remises de Légion d’honneur : aucun détail supplémentaire ne l’ébranlera. Savais-je ? Non, je ne savais rien. Et il est parfaitement, totalement normal que je n’aie rien su. Et aujourd’hui encore, je ne veux surtout pas savoir pourquoi je ne savais rien. Combien de temps cela pourra-t-il durer ? C’est la seule question." Nous sommes aujourd’hui le 7 juillet, ça dure toujours, et Schneidermann réagit ainsi à la révélation de l’affaire des enveloppes : "Si l’Elysée dément, en effet, les remises d’enveloppes personnelles à Sarkozy avant 2007, s’agissant du don de 150 000 euros, l’Elysée renvoie vers le trésorier de la campagne, un certain...Eric Woerth. Par là-même, s’éclairent d’ailleurs d’un jour sinistre les vraies raisons pour lesquelles Sarkozy ne peut pas lâcher Woerth. A l’heure matinale où cette chronique est écrite, Copé somme Sarkozy de "parler aux Français". Pour "remettre les choses en perspective", explique-t-il délicieusement dans leur novlangue, toujours vaillante. Un ordre ! Et au président de la République ! Leur navire coule. Qui eût prédit naufrage si rapide ? Parler aux Français, certes. Mais que dire ? Leur marge de manoeuvre, à la vérité, se réduit de minute en minute. Depuis ce matin, on n’en est même plus au renvoi de Woerth. Hormis la création immédiate d’une commission d’enquête parlementaire (mais une vraie, pas une au rabais, à la Karachi), avec auditions publiques et télévisées, sur le système Bettencourt, on ne voit pas bien ce qui peut encore sauver le pouvoir." 

Sarkozy est en effet impliqué personnellement dans cette affaire, et pas qu’à cause des enveloppes en liquide. Tout d’abord, comme nous l’indiquions dans notre premier article sur le woerthgate, pour s’être rendu coupable d’interventions répétées dans une affaire judiciaire d’ordre privé, entre la milliardaire et sa fille, à en croire le contenu des enregistrements pirates révélés par Mediapart. Pour avoir été le destinataire d’un chèque au montant et au titre inconnus, suivant la même source. Elle indique aussi que le président a reçu Liliane Bettencourt personnellement à l’Elysée : "Selon Le Point du 18 décembre 2008, elle aurait demandé au président de classer l’enquête préliminaire ouverte à Nanterre", relate Mediapart. Mais le Nouvel Observateur ajoute de nouvelles révélations : "Depuis le début de l’ "affaire Banier", Nicolas Sarkozy a rencontré personnellement deux fois, à l’Elysée, Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt. Contacté par le Nouvel Observateur, Pascal humaWilhelm, l’avocat de Patrice de Maistre, confirme ces deux rendez-vous." L’Humanité peut bien titrer sur Une affaire d’Etat : "Dans le feuilleton Woerth-Bettencourt-Sarkozy, l’intrigue se complique de jour en jour. Les liens entre argent, pouvoir et politique, piliers de la "République irréprochable[sic] voulue par le chef de l’Etat, explosent au grand jour. D’abord mis en cause pour "conflits d’intérêt" par l’intermédiaire de sa femme, Florence Woerth, le ministre du Travail, au cœur de la polémique, semble pour l’instant inamovible. Les représentants de la majorité se succèdent en rang d’oignons pour soutenir le ministre dans la tourmente, tandis que l’opposition dénonce "une démocratie abîmée." Ce n’est rien de le dire !

Empêtré dans les mensonges

logoPour revenir à Woerth, perdant visiblement ses nerfs hier soir sur le plateau de TF1 (vidéo en ligne sur Rue89), il joue les martyrs, hurle à la haine, à la "cabale" et persiste dans le déni. "J’aurais privilégié l’évasion fiscale de Mme Bettencourt alors que je suis le ministre qui a le plus lutté contre l’évasion fiscale dans ce pays !", répète-t-il, argument qu’il avait déjà utilisé (voir De quoi Eric Woerth a-t-il la tête ?). Le 27 juin, il affirmait, cité parLibération : "Mme Bettencourt a fait l’objet de nombreux contrôles fiscaux depuis longtemps. Elle a une situation fiscale qui a toujours été considérée comme claire".Mensonge ! "En douze ans, ma cliente, qui était chargée d’établir les déclarations d’impôt et l’ISF de Mme Bettencourt, n’a jamais été saisie de la moindre demande ou vérification émanant d’un contrôleur fiscal", le contredit formellement l’avocat de l’actuelle comptable personnelle de la milliardaire. Aucun contrôle depuis douze ans, contrairement au mensonge de Woerth ? Extrêmement louche, comme le confirme Christine Lagarde, ministre de l’Economie, qui avait expliqué deux jours plus tôt : "Je serais très étonnée qu’un gros contribuable de ce type ne soit pas contrôlé de manière extrêmement régulière, comme c’est le cas pour tous les très gros patrimoines. Il y a en général des enquêtes tous les trois ou quatre ans, ce qui correspond à la prescription fiscale. Je serais étonnée qu’il n’y en ait pas à cette régularité-là sur un contribuable comme cette personne." Etonnant mais vrai. Comment ne pas en déduire ce qui crève les yeux, que Bettencourt fut protégée par Woerth ? "Dans le Journal du dimanche, la semaine dernière, Eric Woerth a déclaré : «  Je ne connais pas les finances de madame Bettencourt, je n’ai aucune information sur une quelconque évasion fiscale.  »rapporte Rue89 le 27 juin. Mais il a été contredit depuis par le procureur de la république de Nanterre, Philippe Courroye, qui a indiqué avoir transmis au ministre du Budget, dès janvier 2009, le dossier concernant François-Marie Banier, le photographe bénéficiaire des largesses de Liliane Bettencourt, et qui est aujourd’hui poursuivi par la fille de la principale actionnaire du groupe L’Oréal.Mensonge encore, donc ! "Que contenait ce dossier ? Et ne permettait-il pas, comme on peut le supposer avec les dernières révélations, de déclencher une enquête ? On en revient une fois de plus au rôle d’Eric Woerth, à la présence de sa femme au sein de la structure chargée de gérer la fortune de Liliane Bettencourt et, donc, de contourner le fisc français." Et au conflit d’intérêt, évident, que Woerth ose nier alors même que sa propre épouse l’a admis : ""Je reconnais que j’avais sous-estimé ce conflit d’intérêts", a-t-elleconfessé au Monde. Sur la prétendue ignorance par Woerth des soupçons de fraude fiscale pesant sur couvBettencourt, Bakchich enfonce le clou : "L’ex-ministre du Budget, Éric Woerth, ne pouvait rien ignorer, malgré ses dénégations, des tambouilles entre le photographe et la milliardaire. Durant l’hiver 2008, les Allemands fournissaient à Bercy une liste de cinq cents Français «  touristes fiscaux  » au Liechtenstein. Parmi eux, comme Bakchich devait le révéler le 15 mars 2008, figuraient David Douillet et François-Marie Banier. Le premier, qui déposa plainte contre notre site, fut condamné à nous verser 3 000 euros (ce qu’il n’a toujours pas fait). Le second se fit plus discret. En effet, le ministère des Finances décida, début 2008, d’éplucher les comptes de deux cents de ces contribuables suspects, dont ceux de François-Marie Banier. L’ensemble de son dossier fut donc transféré de la perception du VIearrondissement, où réside le photographe, à la Direction nationale des vérifications des situations fiscales (DNVSF). Sous ce sigle, se cachent les plus fins limiers du fisc, connus pour passer au scalpel les fortunes des particuliers. Un vérificateur, D.C., réceptionna le dossier de Banier. Lequel dossier n’a toujours pas réintégré, deux ans après, les armoires des contrôleurs du VIe arrondissement. Un enterrement fiscal est si vite arrivé." 

Ce n’est pas tout ! Woerth tente pathétiquement de se défendre, comme le raconte Le Parisien, en prétendant : "Je n’ai jamais déclenché de contrôle fiscal(...) comme je n’ai jamais empêché un contrôle fiscal", a déclaré l’ex-ministre du Budget, interrogé sur l’affaire Bettencourt lors du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI. Le problème, c’est que les journalistes ne comprennent pas comment fonctionne le fisc". Or Bakchich écrit : "Eric Woerth a déclaré vendredi soir avoir lui-même autorisé en 2009 un contrôle fiscal de François-Marie Banier. "Eric Woerth (…) souligne que c’est sous son autorité qu’a été lancé un contrôle fiscal sur Monsieur Banier", affirme un communiqué du ministère du Travail." Effectivement, le journaliste que nous somme ne comprend pas comment fonctionne le fisc : si ce n’est pas le ministre qui déclenche ou empêche un contrôle fiscal, pourquoi revendique-t-il de l’avoir fait pour Banier ? Nouveau mensonge donc, concernant le rôle de supérieur hiérarchique de l’administration fiscale ewqu’il était : "Dans les faits, voici comment un agent expérimenté décrit son travail, nous informe Eco89 : «  Il n’y a pas de texte officiel pour décrire la relation entre le ministre et son administration, il y a des règles non-écrites. La hiérarchie est directe : tout dossier sensible doit être signalé au directeur local, qui transmet ensuite à la direction générale, pour savoir si l’agent part en vérification. Après, en fonction de la complexité et de la sensibilité, le dossier atterrit au cabinet du ministre.  » Il faut savoir que les agents du fisc ont la capacité à la fois d’initier les poursuites et de les exécuter. Autrement dit, le feu vert (ou rouge) de la hiérarchie joue un rôle direct sur le déroulement de la procédure. «  S’il n’y a pas d’aval politique, le cas ne sera jamais vérifié." Résumons : le parquet signale à Woerth des soupçons de fraude concernant Bettencourt, la décision d’un contrôle fiscal dépend de son feu vert, ledit contrôle ne voit jamais le jour. Bis : comment ne pas en déduire ce qui crève les yeux, que Bettencourt fut protégée par Woerth ? Et il continue d’affirmer : "Je n’ai rien à me reprocher", osant se proclamer "déontologiquement très à l’aise" ! Que penser alors de cette autre révélation du Nouvel Obs : "Madame Bettencourt a aussi versé 7 500 euros à l’association de financement de l’association de soutien à l’action d’Eric Woerth (AFASAEW) en mars 2010", reconnaît-on dans l’entourage de Patrice de Maistre. Valérie Pécresse et l’UMP étaient en campagne pour les régionales. Pas l’ex-ministre du budget. Comme révélé par Mediapart, il existe bien en Picardie une "association de soutien à l’action" d’Eric Woerth, (voir la déclaration au Journal Officiel) un parti intégralement dévoué au ministre du budget puis du travail, qui n’a touché aucune cotisation en 2008 (donc sans adhérent apparent à l’époque), d’après les derniers bilans comptables rendus publics sur le site." D’ici à en déduire que Bettencourt remercie Woerth de fermer les yeux sur sa fraude fiscale en finançant une coquille vide - aucun adhérent ! - exclusivement destinée à collecter des fonds pour sa personne...

rpMentionnons aussi une autre affaire, également révélatrice des relations incestueuses entre l’ex-ministre du Budget et trésorier de l’UMP et les milieux d’argent, révélée celle-làpar le Journal du dimanche : "les raisons d’un dîner en tête à tête avec Robert Peugeot en décembre dernier. Il a eu lieu chez L’Ami Louis, à Paris, et s’est décidé après le cambriolage opéré chez l’héritier des Peugeot, où lui ont été dérobés des lingots d’or. Pourquoi le président de la structure familiale contrôlant le géant automobile a-t-il voulu dîner rapidement avec le ministre du Budget ? Selon nos sources, Robert Peugeot, déjà sous le coup d’un litige fiscal, avait une crainte : une enquête sur l’origine de son or. Le montant du vol, sur la base de sa déclaration initiale, a d’abord été estimé à 500 000 euros… puis aujourd’hui à 150 000 euros. Pourquoi cet écart ? "Le préjudice réel de 150 000 euros, sur lequel l’assurance a remboursé 82 000 euros, est conforme à l’ISF de M. Peugeot, assure au JDD un de ses conseillers. Le fisc s’en est assuré, point final, nous ne dirons rien de plus, ni là-dessus ni sur le dîner avec M. Woerth", poursuit ce conseiller." Soupçonnez-vous Woerth d’avoir arrondi les angles pour éviter une fâcheuse enquête sur cet écart de 500 000 à 150 000 euros ? Vous êtes mauvaise langue : cet homme est honnête, nous serinent ses amis sur tous les tons.

Honnête, Woerth ? L’ombre d’un doute...

"C’est insupportable, parce qu’on met en cause votre honnêteté", s’offusque-t-il surTF1. Et chacun au sein de la majorité de lui accorder ainsi un brevet d’intégrité. Mais justement, parlons-en ! Depuis le début de sa carrière politique, nous ne craignons pas de l’écrire noir sur blanc, Woerth est l’homme de toutes les magouilles ! Le site Rue89 s’est penché sur son parcours et l’on en apprend de belles : "Au centre des accusations dans l’affaire Bettencourt, Eric Woerth continue de jouer la carte de l’honnêteté tout terrain, qu’il cultive depuis son entrée en politique. Une entrée en politique pourtant loin de s’être toujours déroulée dans les clous de la loi. Après plusieurs revers électoraux dans sa ville natale de Creil (Oise) au début des années 80, il met le cap vers une ville voisine bien plus à droite et entre au conseil municipal de Chantilly. Mais son mandat va se terminer beaucoup plus tôt que prévu. Par un arrêt du 26 janvier 1990, le Conseil d’Etat annule son élection. En cause, l’incompatibilité avec sa fonction de directeur général de l’ADO. ADO, trois lettres pour «  Agence de développement de l’Oise  », trois lettres qui auraient pu causer sa perte dès l’entame de sa carrière politique." L’article détaille les accusations de la Chambre régionale des comptes formulées contre l’association dirigée par Woerth : "C’est sans titre légal que, depuis la décision du tribunal administratif d’Amiens, l’ADO exécute les missions qu’elle remplit pour le compte du département et pour lesquelles elle reçoit une subvention du conseil général. (...) La chambre a en effet relevé que la gestion de l’ADO au cours de la période examinée avait été dispendieuse, pour des actions dont l’intérêt, dans le cadre de l’action économique du département, était souvent discutable, et dont la mise en œuvre était parfois improvisée." Exemple : "cette étude sur les brosses à cheveux, intitulée «  analyse fine du marché et des comportements face à la brosse  », (...) qui a coûté 57 876 francs à l’ADO". Cocasse, mais il est aussi des éléments bien plus graves, où il est question d’enrichissement personnel : "L’argent du contribuable va aussi aller directement dans la poche d’Eric rue89Woerth. La chambre pointe du doigt des augmentations de salaires des agents de l’ADO «  accordées sans rigueur  », notamment au directeur général : «  Après deux augmentations de 25,7% et 18,9% intervenues en juillet 1987 et janvier 1989, le salaire brut mensuel de monsieur Eric Woerth a été porté de 23 400 francs en juin 1986, date de son recrutement, à 35 000 francs en janvier 1989. […] A cette rémunération mensuelle, il convient d’ajouter les trois primes de fin d’année de 23 400 francs, 29 418 francs et 29 418 francs, qui lui ont été versées au titre des exercices 1986, 1987 et 1988. Monsieur Eric Woerth disposait également d’une voiture de fonction, ce qui n’était pas prévu dans son contrat de travail." Attendez, ce n’est pas fini : "Après l’arrêt du Conseil d’Etat, ci-dessus mentionné, annulant son élection au conseil municipal de Chantilly, monsieur Eric Woerth, craignant à juste titre d’être également déclaré inéligible au conseil régional dont il était aussi membre, informait le président de l’ADO de son intention de résilier son contrat d’engagement et d’abandonner son emploi dès le 8 février 1990. Le président a accepté que monsieur Eric Woerth n’exécute aucun préavis et l’a ainsi libéré sans délai de toute obligation contractuelle. En outre, “eu égard aux excellents résultats de l’ADO sous sa direction”, selon ses propres termes, il a décidé de lui octroyer une prime de fin de contrat d’un montant égal à cinq mois de salaire, soit 175 000 francs.  » La chambre a d’abord «  vivement critiqué l’octroi de cette prime qu’elle a qualifié de pure libéralité  ». Avant de recevoir des explications différentes du même président de l’ADO : «  En pratique monsieur Eric Woerth a continué à travailler à plein temps à l’ADO jusqu’à fin juin.  » De nouvelles justifications dont la chambre s’est alors contentée de «  prendre acte ». Pas mal, pour ce parangon d’honnêteté qu’est censé incarner Woerth, non ?

 Bakchich s’avère tout autant féroce : "Il adhère au RPR, parrainé par Mancel, élu de l’Oise, la région d’Eric, et secrétaire général du parti de Chirac. Un Mancel qui, à force de se payer des Ferrari et des lits rotatifs avec de l’argent public, va finir par subir une petite claque de la part de la justice." Un Jean-François Mancel qui installera donc notre futur ministre intègre à la tête de l’ADO, où il couvrira tous les faits dénoncés par la Chambre régionale des comptes... Bakchich poursuit : "Woerth devient aussi l’adjoint de Louise-Yvonne Casetta « la trésorière occulte du RPR  » qui, elle, va être récompensée de six mois de prison avec sursis, pour avoir mis les mains dans l’argent sale issu du «  marché des lycées d’Ile de France  ». Woerth, le si discret adjoint de Louise-Yvonne passe sans encombre le mauvais cap de cette ennuyeuse enquête… (...) Des moments de la vie où Woerth, forcément, ne croise que des gens honnêtes et généreux. Ce préambule pour indiquer que le bon Eric, expert en argent politique, n’est pas exactement l’oie blanche qu’il veut nous montrer." Tout cela n’éclaire-t-il pas sous un jour nouveau le scandale Bettencourt ? Alors comment en sortir ? Nous serions assez de l’avis des internautes ayant répondu au sondage du Nouvel Obs : et si l’on destituait Sarkozy ?

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67 réactions à cet article    


  • Alpo47 Alpo47 8 juillet 2010 11:24

    Quelle époque formidable !

    Nous assistons en direct à la mise à jour D’UNE PARTIE d’un système corrupteur, vénal, et orienté vers le renforcement des intérêts d’une infime minorité. Car, au travers de l’histoire de Mme B, on voit le genre de rapports entre les politiques et les ultra-riches.
    On constate donc que ces quelques centaines de familles, ceux que j’appelle les « rentiers-actionnaires », bénéficient de multiples arrangements, exonérations,mansuétudes ... pour multiplier leur capital.
    Egalement que ces « mansuétudes » coutent très cher à l’Etat et que les politiques récupèrent ces sommes en ponctionnant les administrations ou services sociaux qui s’adressent au peuple.

    Donc, à la mise à jour du « SYSTEME » en place, tout orienté vers la captation des richesses, le renforcement du pouvoir... des ultra-riches et la PAUPERISATION des « masses ».

    Non, mais, je le disais ... Quelle époque formidable !


    • liberta 8 juillet 2010 17:06



      Si ça continue, les « parrains Corses » feront figure de petits garçons

      à côté de l’ensemble folklorique Elyséen ayant pour chef d’orchestre

      un ancien élève de Pasqua


    • Alpo47 Alpo47 8 juillet 2010 11:25

      Bon sang, mais je me dois d’ajouter : Arlette avait donc raison ...


      • Pyrathome pyralene 8 juillet 2010 11:57

        Excellent billet !
        lisez donc ça et vous en saurez un peu plus sur le personnage.....


        • liberta 8 juillet 2010 17:16


          je viens de « lire » et ça n’étonnera personne de découvrir les réelles intentions de Woerth qu’il

          cache derrière sa tête de Mr Propre


        • PhilVite PhilVite 8 juillet 2010 12:10

          Vous allez voir qu’il ne va pas tarder à se suicider de 2 balles dans le dos avant de se noyer dans une flaque d’eau de la forêt de Rambouillet.
          Et ils diront que c’est de notre faute. Vi vi !


          • Salsabil 8 juillet 2010 12:35

            Hello James !

            Excellent, ça m’a fait beaucoup rire... smiley


          • PhilVite PhilVite 8 juillet 2010 14:24

            Salut Salsabil, smiley

            Vous êtes de retour ? ça fait plaisir, j’ai cru que vous aviez été dégagée lors de la dernière purge !

            Dites-donc, depuis qu’on a commencé à causer, ça ne s’arrange pas ! Cet étrange climat délétère qui s’installe gentiment pue la fin de règne. Espérons que l’agonie ne sera pas trop longue...


          • Salsabil 8 juillet 2010 14:57

            Oh ! Non ! Je traîne toujours dans le coin de temps à autre, nettement moins souvent.

            C’est vrai que les choses ne vont pas en s’améliorant, c’est le moins que l’on puisse dire ! Ce gouvernement (peut-on encore le nommer ainsi ?) est une véritable catastrophe. Tout part à vau-l’eau.

            Franchement, ça sent mauvais pour l’avenir. Où va-t-on ? J’vous l’demande mon bon monsieur....

            Vous avez la chance d’être dans une région paisible, je trouve qu’actuellement ça devient un luxe, Très Chêêr ! smiley

            Perso, je me mets aussi au vert dès que possible.

            Toujours partant pour une révolution douce ??? Hmmm ? smiley


          • PhilVite PhilVite 8 juillet 2010 17:34

            Oui, heureusement que je me suis mis à l’écart du grand merdier, mais avec internet, même au bout du monde on est dedans en 3 clics ! (Ce rétrécissement contemporain de l’espace-temps m’interroge d’ailleurs énormément)
            Pour la révolution douce, comme je l’ai dit il y a peu sur un autre fil, il faudrait que nous soyons capables d’intelligence collective, capable de retrouver le sens de l’intérêt commun, et franchement quand je vois l’actualité, je n’y crois absolument plus.
            Ça va mal tourner et comme dirait l’autre, on va en chier grave.
            Dommage, c’était pourtant bien, on aurait pu vivre plus d’un million d’années et toujours en été...(le sud)


          • ZEN ZEN 8 juillet 2010 14:26

            Il faut sauver le soldat Woerth !

            Calmos est volontaire pour être chef de patrouille
            Qu’il n’oublie pas son casque lourd... smiley


            • paul 8 juillet 2010 14:54

              Mme Woerth aide bien son mari à couler : championne de la défiscalisation avec son job consacré
              à Mme Bettencourt, elle s’est investie - c’est le cas de le dire- dans l’ écurie de courses « Dam’s » .
              A Chantilly ,l’amour des canassons, c’ est normal .
              Rezonet cite un excellent article de Paul Warguin « le haras qui rit de Florence Woerth » où l’on
              apprend que dans le cadre de la loi TEPA, investir dans une écurie de course est défiscalisé à
              hauteur de 75% de l’investissement -dans la limite de 50.000 E (quand même)- parce que cela
              rentre dans le cadre de l’aide aux PME...Sous les critiques de son propre camp sur cette superbe niche fiscale, Woerth n’avait pas reculé. N’a-t-il pas une bonne tête après tout ?


              • JJ il muratore JJ il muratore 8 juillet 2010 15:03

                @ Olivier Bonnet. Votre article est très ’fouillé’ (sic !)
                Les arguments qui ’crèvent les yeux’ abondent...
                Cependant une très drôle contradiction dans votre papier qui sonne comme un aveux.
                En effet vous dites « les UMPistes ressassent en boucle l’improbable fable d’une ’chasse à l’homme’... » Et nous de penser avec vous qu’ils sont vraiment paranos ces UMPistes !
                Mais plus loin, en conclusion vous en venez à ce que j’appellais plus haut un aveux.
                Vous écrivez : « Forçons le gros gibier, sonnons l’hallali, achevons... »
                De deux choses l’une ou bien l’UMP a raison et vous êtes bien un chien de meute ou bien ils sont paranos et vous ne pouvez écrire cela.
                (Mon Dieu que c’est difficile de bien écrire et d’être cohérent ! )


                • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 8 juillet 2010 15:15

                  Très bonne remarque qui mérite réponse mais je sors, là : je laisse la fenêtre ouverte pour venir vous répondre plus tard.


                • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 8 juillet 2010 21:18

                  Donc voilà mon explication : c’est toute la différence entre un article que je sors sur mon petit blog ultra engagé et un média classique. Moi j’exprime à l’occasion mon humeur, et je ne peux plus encaisser cette bande de menteurs-manipulateurs insupportables.


                • JJ il muratore JJ il muratore 8 juillet 2010 15:20

                  @ au même : je crois que vos pistes ’qui crèvent les yeux’ ne sont rien d’un point de vue juridique. J’entend par juridique une méthodologie fondée sur la Raison et la Preuve rationnelle et objective ; donc rien à voir avec un procès du type Sainte Inquisition qu’elle soit stalinienne ou religieuse.
                  Bien entendu je ne préjuge pas de l’innocence de vos ’ennemis’ politiques, pas plus que de leur culpabilité, je dis qu’en démocratie il n’est pas digne d’appeller au lynchage car le lynchage disqualifit celui qui y appelle plus qu’un éventuel coupable.
                  Mais c’est toujours la même histoire que nous apprend l’Histoire : ceux qui à un moment croyaient détenir l’absolue Vérité sur l’Homme et l’Avenir ont TOUJOURS produit des bains de sang : l’Eglise à une époque, Robespierre et Saint Juste, Napoléon, Lénine, Staline, PolPot, les Intégristes extrèmistes...
                   Que la peste soit de cette espèce !


                  • Login Login 8 juillet 2010 17:16

                    De mon point de vue, le débat sur les politiques est dépassé et c’est simplement parce que la chose n’est pas, ne peut être, indépendamment jugée que l’on en débat encore. Quelque fois, ils me donnent l’impression de jouir de l’instant comme si demain n’allait pas exister ! Mentir, peu importe... Mais qui demain pourrait accorder la moindre confiance à Lefebvre, Bertrand, Bachelot, Copé, Lagarde, ..., Woerth, Hortefeux ou Sarkozy ! 
                    N’est ce pas aussi parce qu’ils sont convaincus que les hommes et femmes de l’autre camp ne valent pas mieux qu’ils agissent ainsi. Là ou ils se trompent, ce que beaucoup (plus de 60% au minimum), et de plus en plus, ont la même lecture sur les uns et les autres, un groupe qui a confisqué la démocratie en contrôlant l’accès au débat. C’est peut-être pour cela, qu’aujourd’hui il apparait que l’objectif de la classe politique dans sa majorité par son action ou son manque de réaction, est clairement de détruire les contre-pouvoirs comme le 
                    dit Eva Joly. 

                    Incroyable que plus de 20% de la population puisse encore avoir un avis favorable, s’identifier à ces personnages ! 

                    S’il y avait quelque chose à faire, c’est lancer une souscription nationale auprès du citoyen pour mettre en place un groupe de lobby et de pression nationale, a-politique, en démocratie directe, géré en transparence, s’appuyant sur les structures coopératives et territoriales citoyennes, exploitant toutes les ficelles de la justice et du droit pour en terminer avec ces mafieux, pratiquer le boycott, mettre en place le syndicat des abstentionnistes dont beaucoup
                    le sont à défait d’alternatives...

                     Imaginez demain que nous décidions de fermer nos comptes dans la banque X et les transférer sur la banque Y jusqu’à la mettre à genoux (20 à 30% de leurs clients jouent 
                    le jeu, c’est dans la fourchette des 60% qui jugent la classe politique corrompue, non ? ), la racheter pour y préserver l’emploi et y recentrer ses missions sur l’intérêt public et le développement économique.... 35 millions d’internautes.

                     L’outil est là et si nécessaire, il serait hébergé en Islande ! 
                     

                  • Radix Radix 8 juillet 2010 19:50

                    Bonsoir Login

                    Inutile !

                    Nous assistons en spectateur à la phase finale d’une partie qui dure depuis longtemps : la décridibilsation de l’Etat en vue de sa suppression prochaine au profit de Bruxelles.

                    Les régions vont devenir l’unité de base européenne sur le modèle des Landers allemands.

                    Il faut dire que Berlusconi en Italie et Sarko en France sont des « performeurs » dans ce style, bon c’est vrai on avait du retard, les régions française sont encore trop petites et devront être regroupées et les régions Italiennes sont encore balbutiantes.

                    L’Angleterre n’a pas d’effort à faire, l’histoire a bossé pour elle, l’Espagne est très avancée, la Belgique accouche dans la douleur de ses deux régions et la plupart des pays restant sont trop petits pour être divisés.

                    La Pologne est un cas à part mais les élection récentes vont donner le départ à ces réformes.

                    L’Europe n’est pas constructible avec des états forts, mais avec des régions qui attendent la manne...

                    Radix


                  • Login Login 8 juillet 2010 21:32

                     L’objectif serait alors de donner à l’Europe un statut confédéral et de se débarrasser
                     de Bruxelles.

                  • Radix Radix 8 juillet 2010 22:45

                    Non Login

                    L’objectif est de se débarrasser des Etat et de ne garder que des provinces avec Bruxelles comme gouvernement européen.

                    Radix


                  • Login Login 8 juillet 2010 23:13

                     J’ai bien compris votre message. Rien ne vous oblige à l’accepter. 

                  • Login Login 8 juillet 2010 23:22

                      Je partage votre analyse mais ce n’est qu’une projection de l’ancien monde... d’hommes 
                      formés dans un logique hérité du début du 20ième siècle... Ils n’auront que la guerre et ils
                      finiront comme d’autres fous ont fini....

                  • Login Login 8 juillet 2010 23:41

                     héritée

                  • Verdi Verdi 8 juillet 2010 18:27

                    @ Olivier Bonnet

                    Excellent résumé. Bravo pour ce travail d’investigation approfondi.
                    Désormais, la question est effectivement, et maintenant ?
                    Pour ma part, sans l’ombre d’une hésitation je réponds : Sarkozy destitution !


                    • BA 8 juillet 2010 20:29

                      Florence Woerth, l’épouse du ministre du Travail éclaboussé par l’affaire Bettencourt, a demandé au parquet de Nanterre à être entendue dans les meilleurs délais, a annoncé jeudi son avocat.

                      Elle a écrit au procureur de Nanterre, Philippe Courroye, « afin de lui décrire les conditions de son embauche et les fonctions qu’elle a exercées », a dit Maître Antoine Beauquier dans un communiqué.

                      http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRPAE6670OB20100708

                      Pourquoi Florence Woerth a-t-elle écrit au procureur de Nanterre Philippe Courroye ?

                      Parce que Philippe Courroye est un ami : lui-aussi fait partie du clan Sarkozy.

                      Lisez ces enregistrements dévastateurs : ce sont deux dialogues entre Liliane Bettencourt (L.B.), Patrice de Maistre son gestionnaire de fortune (P. de M.), et Fabrice Goguel son avocat (F.G.) :

                      12 juin 2009.

                      – P. de M. : Bonjour, Madame. – F.G. : Bonjour, comment allez-vous ? – L.B. : Bien. Ça fait longtemps que je ne vous ai pas vu ! – F.G. : Une semaine. Je suis ravi que vous trouviez le temps long quand vous ne me voyez pas, mais…– L.B. : Alors, où en sommes-nous ? – F.G. : Je sors du bureau du procureur de la République. Je suis allé discuter avec M. Courroye, le procureur, du dossier. J’ai voulu lui expliquer pourquoi vous refusiez qu’il y ait une nouvelle expertise [médicale]. – L.B. : Est-ce qu’il a compris, d’abord ? – F.G. : Je pense qu’il a compris, mais ça l’ennuie. En réalité, il voudrait faire juger l’affaire par l’expert. Pour lui, en fait, l’expertise est une façon de ne pas avoir de décision à prendre lui-même. Donc, il est déçu que vous n’acceptiez pas l’expertise. Mais je lui ai expliqué que vous aviez le sentiment que c’était votre fille qui poussait toute cette procédure. – L.B. : Il faut lui dire que je suis expertisée tout le temps ! (De Maistre rit.) – F.G. : C’est un peu ce que je lui ai dit. (Elle rit.) Je lui ai dit qu’il y avait une question de dignité de votre part, et que refuser de se contenter des expertises que vous avez déjà faites, ce serait sous-entendre qu’elles auraient pu être manipulées, qu’elles ne correspondraient pas à la vérité, et que vous trouvez que ce serait contraire à votre dignité. – L.B. : (S’adressant à de Maistre.) Vous êtes d’accord ? – P. de M. : Cent pour cent. – F.G. : La conclusion de cet entretien, c’est qu’il va réfléchir maintenant au dossier. Et il ne m’a absolument pas dit s’il allait arrêter l’affaire ou s’il allait saisir le tribunal. […] Il n’y aura en tout cas pas de juge d’instruction. – P. de M. : Moi, j’ai été appelé par l’Elysée pendant que Maître Goguel était chez le procureur, et donc j’y vais cet après-midi. Je ne sais pas ce qu’il va me dire. Mais, enfin, tout le monde suit ce cas. – L.B. : Qui va me voir ? – P. de M. : Non, moi, je vais à l’Elysée cet après-midi puisque le conseiller de Sarkozy m’a appelé ce matin – je ne lui avais rien demandé – pour me dire : « Je sais que Maître Goguel est chez le procureur et je veux vous voir. » […] Donc peut-être que cet après-midi, j’aurai quelque chose de nouveau. – L.B. : C’est quand même plutôt bon signe, non ? – P. de M. : Oui, il suit l’affaire…– L.B. : Et s’il s’en lavait les mains ? – P. de M. : Il suit l’affaire. Mais ils font ce qu’ils peuvent. C’est Courroye qui est le nœud du truc. C’est pas Sarkozy, c’est Courroye. – L.B. : Il est gêné aux entournures. – F.G. : Courroye aussi est très gêné. Il a très peur de devoir prendre une décision. Il pense qu’il y a des risques. C’est pour ça qu’il aurait préféré l’expertise, qui lui aurait évité le risque. – P. de M. : En tout cas, Maître Goguel et moi, on est tout à fait derrière vous pour dire que les expertises, ça suffit. Vous en avez eu assez. Et il ne peut pas vous l’imposer. – F.G. : D’autant plus que – il me l’a dit ce matin – l’expertise qu’il voulait aurait été quelque chose de très long et de très approfondi, donc de très désagréable pour vous. Il voulait faire beaucoup de recherches…

                      21 juillet 2009.

                      – L.B. : Vous êtes content ? – P. de M. : Je suis très content. Pour vous. – L.B. : Pourquoi ? – P. de M. : Euh, il faut vraiment que ça ne parte pas vers François-Marie [Banier] ce que je vais vous dire. J’ai eu l’Elysée et l’Elysée m’a dit que…– L.B. : Qui ? – P. de M. : Le palais de l’Elysée. Le conseiller de Nicolas Sarkozy. Il m’a appelé, il y a… – L.B. : Sarkozy ? – P. de M. : Non, son conseiller juridique, à l’Elysée, que je vois régulièrement pour vous. Et il m’a dit que le procureur Courroye allait annoncer le 3 septembre, normalement, que la demande de votre fille était irrecevable. Donc classer l’affaire. Donc, voilà. Mais il ne faut le dire à personne, cette fois-ci. Il faut laisser les avocats travailler. Voilà.

                      http://www.lepoint.fr/societe/document-affaire-bettencourt-les-enregistrements-secrets-05-07-2010-1211175_23.php


                      • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 8 juillet 2010 21:23

                        Et le secrétariat général de l’Elysée (Guéant) prétend que Sarkozy et Woerth sont blanchis !


                      • Reinette Reinette 8 juillet 2010 21:40

                        Salut Olivier,
                        Jean-Claude m’a offert votre bouquin sur son oncle, coule !

                        les truands sont à l’Elysée et dans les ministères !
                        va falloir nettoyer au karcher 

                        « En 1990, la CNCCFP recensait 28 partis politiques, ils étaient 255 en 2004.
                        “Désormais, rares sont les ministres qui n’ont pas leur propre parti”, remarque-t-on à la Commission.
                         
                        De fait,
                        - François Fillon a créé France 9,
                        - Christian Estrosi a lancé Alliance Méditerranée Alpes,
                        - Michèle Alliot-Marie s’appuie sur Le Chêne
                        - Laurent Wauquiez s’affirme avec Nouvel Oxygène.
                        Sans parler de
                        - Jean-François Copé (generationfrance.fr),
                        - Jean-Pierre Raffarin (Dialogue et initiative)
                        - Patrick Balkany (Rassemblement pour Levallois). »

                        LA MULTIPLICATION DES «  PAINS »  smiley

                        « La raison d’une telle floraison ? La démultiplication des ressources ! Si les dons à un parti politique en échange d’un avantage fiscal sont limités à 7 500 euros par an, rien n’empêche d’effectuer un don de ce montant à plusieurs partis politiques. Libre ensuite à ces derniers de reverser tout ou partie de cet argent à un autre mouvement. »

                        En bref, faute de pouvoir multiplier les versements à l’infini, on multiplie les  structures satellites destinées à alimenter en argent frais la structure centrale. Un contournement astucieux de la loi, qui rend totalement caduque la loi de financement des partis politique.

                        pioché dans LeMonde.fr 2 juillet 2010


                        • Reinette Reinette 8 juillet 2010 23:08

                          très bon article où j’ai appris plein chose, entre autres :

                          Woerth a été parrainé par Jean-François Mancel

                          intéressant le parcous du bonhomme Mancel !

                          Jean-François Mancel mis en examen le 8 septembre 1998 pour « détournement de fonds publics » et « recel d’abus de biens sociaux » (...)

                          Engagé dès 2002 au côté de Nicolas Sarkozy qu’il connait depuis 1975, il participe à sa campagne départementale et nationale et est réélu député en 2007 après la victoire présidentielle de son candidat.

                          Aujourd’hui, Jean-François Mancel est un membre de la commission des finances de l’Assemblée nationale où il est notamment rapporteur spécial de la mission extérieure de l’État. Il participe à tous les débats budgétaires et financiers, pose de nombreuses questions et a déposé plusieurs propositions de lois importantes, dont celle créant le conseiller territorial dont le gouvernement s’est largement inspiré pour la réforme des collectivités territoriales (pioché sur wikipedia)


                          • Reinette Reinette 8 juillet 2010 23:15

                            sur le site officiel de Jean-François Mancel, nous pouvons lire ceci :

                            Les jaloux et les haineux se manifestent toujours au détriment de ceux qui réussissent. Eric Woerth, qui a accompli un parcours d’excellence au Budget et qui fait preuve des mêmes qualités dans la réforme des retraites, en est aujourd’hui la cible. C’est injuste pour l’homme dont l’intégrité et la rectitude sont connues de tous, c’est affligeant pour la France au moment où il mène une réforme essentielle pour le Pays.
                            Coups bas et tordus sont les mauvais cotés de la nature humaine, heureusement les bons finissent toujours par l’emporter.
                            http://www.jfmancel.fr/?p=741

                            Woerth est un saint homme, qu’on vous dit


                          • Taverne Taverne 8 juillet 2010 23:17

                            Qu’on lui donne la légion d’honneur !


                          • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 9 juillet 2010 07:15

                            Comme Saint-Jean-Tibéri smiley


                          • patounet 9 juillet 2010 16:09

                            Moi aussi je peux réussir avec des enveloppes de 50 à 150 000 euros.............ça aide ..........surtout en liquide !


                          • Yohan Yohan 9 juillet 2010 00:18

                            Le journalisme façon Bonnet, c’est des paquets d’articles à charge systématiquement orientés antii UMP. Tout le monde y a eu droit et tout le GVT y est passé. C’est donc du journalisme d’opinion tendance gauche à oeillères. Evidemment, les turpitudes des élus de gauche sont soigneusement passées sous silence. Dans le genre, même le pire journaliste au Figaro, dans ses heures les plus sombres, n’aurait pas fait mieux. Bonnet à la pravda, il se serait régalé.... Remercions Agoravox d’avoir sauvé un des derniers spécimens d’une espèce qu’on croyait morte et enterrée avec la chute du mur de Berlin. 


                            • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 9 juillet 2010 07:27

                              Désolé mais ce que vous dites est juste faux. J’ai dénoncé en son temps le scandale Cambadélis, la fraude aux élections pour le poste de 1er Secrétaire du PS et écrit plusieurs billets récemment contre la sociale-démocratie européenne en général, Valls, Aubry et DSK.

                              Quant à taper sur l’UMP, elle le vaut bien, non ?

                              Du reste, Sarkozy a enregistré début juillet la plus basse cote de popularité pour un président depuis 30 ans en juillet, double détenteur de ce triste record qu’il est, après un même pourcentage de 33 obtenu en avril 2008.

                              Je note enfin que vous m’attaquez personnellement - j’ai l’habitude avec les trolls d’AV - sans dire un mot du fond de l’article où sont accumulées les charges accablantes contre Woerth en particulier et le système Sarkozy en général. On s’en fiche que vous ne m’aimiez pas : qu’avez-vous à répondre à cet article sur le fond ? Rien ? Alors taisez-vous.


                            • Christoff_M Christoff_M 9 juillet 2010 04:03

                              Pitoyable en effet, d’autres ministres avaient démissionné pour moins que cela, le temps de s’expliquer avec la justice...

                              le clip officiel tourne au ridicule, avec des faciès de bons petits bourgeois qui ont un de leur camarade dans le caca, pris sur le fait, et qui font des interventions dignes d’adolescents attardés... qui refusent la critique...

                              Et semblent croire que les français en 2010 peuvent encore avaler des couleuvres !!
                              Il ne fallait pas promettre un changement et de la transparence, quand on a déjà de nombreuses casseroles au bout de deux ans, et que ces grands adolescents gatés se complaisent dans une attitude de fuite et un comportement psychorigide désastreux dans leur situation !!


                              • Christoff_M Christoff_M 9 juillet 2010 04:14

                                Je sais je ne suis pas naïf, que dans les régions, il s’en passe des vertes et des pas mures !!

                                Mais le problème de ce nouveau gouvernement c’est qu’il a fait des promesses de transparence, de simplification, de rupture en mettant en examen Pasqua, Villepin, Chirac...

                                Mais une fois au pouvoir on se rend compte que les « héritiers » se lâchent beaucoup plus vite et n’ont même pas la décence de sauver les apparences dans une France en pleine crise ou les « dérapages » du pouvoir, les mélanges d’intérêts publics et privés, des paiements en liquides qui s’apparentent à de la corruption passive, ne sont plus supportables pour la plupart des français à qui on expose ce spectacle de pieds nickelés et de parvenus qui ne savent pas se tenir dans leur fonction...


                              • Christoff_M Christoff_M 9 juillet 2010 04:22

                                 La presse et les télés étrangères s’en donnent à cœur joie depuis le temps que chez nous notre classe politique joue la sainte nitouche de l’Europe...

                                Si nous avions une vraie justice et de vrais journalistes d’investigation, nous aurions vu depuis longtemps que Clearstream n’était qu’un avant gout de ce qui arrive maintenant, quand des élus dissimulent des enveloppes, comment pouvez vous croire sérieusement que Woerth demande des comptes aux grandes fortunes de ce pays dont la plupart des « héritiers » sont des amis proches de Nicolas et Carla !!!!


                              • Olivier Bonnet Olivier Bonnet 9 juillet 2010 07:35

                                Cher Christoff, des journalistes d’investigation, il en reste, par exemple chez Mediapart, et c’est bien pour ça qu’un choeur hystérique monte de l’UMP pour les accuser de « méthodes fascistes »...
                                Leur discours violent et outrancier est d’une mauvaise foi patente et leurs arguments grotesques. J’y réponds point par point dans mon dernier billet.


                              • JJ il muratore JJ il muratore 9 juillet 2010 09:12

                                @ Christoff : j’aime bien votre expression« ...avec des faciès de bons petits bourgeois... » Je ne sais si vous vous en rendez compte mais ça a le mérite d’être clair. Clair en tout cas en ce qui vous concerne.


                              • patounet 9 juillet 2010 08:09

                                L’hallali ................c’est le terme exact...................mais n’oublions pas que la montée d’adrénaline , procurée par ce sentiment de perdition , déclenche souvent des moments de bravoure et de gestes désespérés , une bête cernée se sentant perdue devient incontrôlable et empale le premier imprudent qui passera trop près du peu de force qui lui reste . La meute , composée ici de vrais journalistes non concupiscents , d’une justice fatiguée , de témoins influençables , de politicards vengeurs , de gens déçus , de gens haineux , et d’outils de communication performants , va s’exposer à des coups de boutoirs aussi désordonnés que dangereux , car , en l’espèce , ce prédateur l’est déjà naturellement................et c’est là qu’il va atteindre le paroxysme de sa dangerosité.....................méfiance................le coup de grâce politique n’est pas encore donné ................

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