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Xavier Bertrand, candidat à rien

« En politique, le problème n’est pas de briller, mais de durer. » (JDD, le 25 juin 2017).

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Dans le "Journal du dimanche" du 25 juin 2017, le président du conseil régional des Hauts-de-France (c’est-à-dire du Nord-Pas-de-Calais-Picardie) Xavier Bertrand a annoncé qu’il ne se présenterait pas à la présidence de son parti Les Républicains (LR) dont l’élection interne est prévue en novembre 2017. On pourrait dire qu’il n’est pas "fou" car il a vu ce qu’avait donné l’élection interne de novembre 2012 à l’UMP.

Et justement, Xavier Bertrand semble renoncer systématiquement à toutes les batailles politiques à l’intérieur de son parti. Il était pourtant considéré comme premier-ministrable dès novembre 2010. Il a volontairement refusé toutes les batailles, et peut-être a-t-il eu raison puisqu’en définitive, ces batailles ont été perdues pour son parti.

Ainsi, il a refusé d’être candidat à l’élection du président de l’UMP en novembre 2012, laissant François Fillon et Jean-François Copé s’entre-déchirer. Jean-François Copé était son rival depuis longtemps : Xavier Bertrand "tenait la boutique" comme secrétaire général de l’UMP du 5 décembre 2008 au 17 novembre 2010, et à ce moment-là, Jean-François Copé avait lâché perfidement à Nicolas Sarkozy : « Tu as prévu de filer les clefs de l’UMP à Xavier Bertrand : tu devrais en garder un double. » (Prix Humour et Politique 2009).

En fait, cette remarque pouvait s’appliquer à Jean-François Copé lui-même qui lui a succédé comme secrétaire général de l’UMP du 17 novembre 2010 au 19 novembre 2012 puis comme président de l’UMP du 19 novembre 2012 au 10 juin 2014. Xavier Bertrand était plutôt enclin à soutenir François Fillon mais ce dernier l’a très mollement soutenu lors de l’élection du président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale le 20 juin 2012, face à Christian Jacob qui fut réélu (Christian Jacob, proche de Jean-François Copé, a obtenu 117 voix, Xavier Bertrand 63 voix et Hervé Gaymard 17 voix).

Les deux hommes, Xavier Bertrand et Jean-François Copé sont de la même génération, ont dix mois d’écart (le premier a 52 ans, le second 53 ans) et étaient en position de rivalité interne pendant tout le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Néanmoins, Xavier Bertrand a toujours refusé la confrontation directe.

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Il a ainsi refusé de batailler lors du retour de Nicolas Sarkozy à la présidence de l’UMP en automne 2014 (au contraire des seuls Bruno Le Maire et Hervé Mariton), et a aussi refusé de se présenter à la "primaire de la droite et du centre" en novembre 2016 (contrairement à ses intentions de départ). Alors qu’il s’était dit non-aligné en 2012, Xavier Bertrand a failli soutenir Alain Juppé… mais s’est retrouvé prudemment absent du dernier meeting de premier tour à Lille le 18 novembre 2016, comprenant que François Fillon allait gagner.

Cependant, il fut également peu présent durant la campagne présidentielle, surtout à cause de l’affaire Fillon. En revanche, Xavier Bertrand s’est pleinement engagé avec François Baroin durant la campagne des élections législatives, sans être candidat lui-même, préférant rester au conseil régional.

Xavier Bertrand est un "rigolo", un vrai rigolo, à l’esprit potache, n’hésitant pas à faire des plaisanterie vaguement douteuse à ses camarades (comme appeler un collègue député UMP sur son smartphone quand ce dernier s’exprime à la tribune de l’Assemblée Nationale). Il aime bien le principe du bizutage pour ses nouveaux collègues.

Provenant de la "société civile", agent d’assurance, Xavier Bertrand a plongé très tôt dans la cuisine politique, dès 1981 au sein du RPR. Attaché parlementaire d’un sénateur RPR de 1987 à 1992, il est élu conseiller municipal de Saint-Quentin depuis mars 1989, adjoint au maire de Saint-Quentin de juin 1995 à octobre 2010, puis maire de Saint-Quentin d’octobre 2010 à janvier 2016, Il a franchi les étapes classiques pour se hisser à la politique nationale : conseiller général de l’Aisne de mars 1998 à juillet 2002, il fut élu député de l’Aisne à l’âge de 37 ans (gagnant contre une députée PS sortante) de juin 2002 à janvier 2016 (sauf quand il était ministre).

Très vite, son influence politique a dépassé l’Aisne car il fut chargé de l’explication de la réforme des retraites de 2003 (rapporteur du projet de loi porté par François Fillon). Fidèle à Jean-Pierre Raffarin et Jacques Chirac, Xavier Bertrand fit son entrée au gouvernement à la suite des élections régionales de 2004 : Secrétaire d’État chargé de l’Assurance maladie de Jean-Pierre Raffarin du 31 mars 2004 au 31 mai 2005, puis Ministre de la Santé et des Solidarités de Dominique de Villepin du 2 juin 2005 au 26 mars 2007, puis Ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité de François Fillon, du 18 mai 2007 au 19 janvier 2009 (avec la Famille à partir du 18 mars 2008), et enfin Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé toujours de François Fillon du 14 novembre 2010 au 10 mai 2012.

En mai 2005, il fit campagne en faveur du oui au référendum sur le TCE (alors qu’il avait fait la campagne du non au référendum sur le Traité de Maastricht en septembre 1992). En mars 2007, il a quitté le gouvernement pour se consacrer à la campagne présidentielle comme porte-parole de Nicolas Sarkozy. Enfin, en novembre 2010, lors de son retour au gouvernement, il aurait souhaité sans doute obtenir un ministère régalien (comme la Défense), après son passage à la tête de l’UMP. Ses fonctions ministérielles sont donc restées cantonnées aux relations sociales, travail, santé…

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Il a annoncé très tôt (dès 2012) son intention d’être candidat à la primaire LR de novembre 2016. Mais entre-temps, il s’est porté candidat à la tête de la nouvelle grande région Hauts-de-France en décembre 2015 et ce fut un épouvantable premier tour le 6 décembre 2015 : ses listes LR-UDI sont arrivées au deuxième rang avec seulement 25,0% face aux listes FN de Marine Le Pen qui ont obtenu 40,6%. Le retard a semblé irrattrapable et cela malgré le désistement des listes PS qui pouvaient se maintenir (à 18,1%), leur empêchant d’obtenir le moindre siège dans le futur conseil régional.

Ce fut sans doute cette date-là qui fut fondatrice pour Xavier Bertrand, autant que Christian Estrosi en Provence-Alpes-Côte-d’Azur où il fut confronté aux listes FN de Marion Maréchal-Le Pen. Le FN était favori dans ces deux grandes régions et leur basculement dans un exécutif d’extrême droite aurait été un sérieux handicap dans la campagne présidentielle de 2017. Xavier Bertrand a finalement réussi à gagner au second tour le 13 décembre 2015, avec 57,8% des voix, mais les listes FN ont réussi quand même à gagner plus de 100 000 voix par rapport au premier tour.

Ce fut comme une grâce, pour lui. Comme s’il venait de réchapper au malheur suprême. Ce fut pour cette raison qu’il renonça à sa candidature à la primaire LR (tout comme Christian Estrosi) et qu’il a voulu se consacrer totalement à sa grande région. C’est pour cette raison qu’il vient de renoncer à batailler pour la présidence de LR en novembre 2017 : « J’ai pris un engagement vis-à-vis des habitants des Hauts-de-France et j’ai l’intention de le tenir. ». Xavier Bertrand et Christian Estrosi furent des rescapés de la fin du clivage gauche/droite, élus par des voix de gauche contre l’extrême droite. Christian Estrosi, lui, a finalement quitté le conseil régional de PACA pour reprendre la mairie de Nice, trop contesté par les élus LR de la région pour sa proximité nouvelle avec LREM.

Xavier Bertrand a, par ailleurs, affirmé qu’il aurait été approché par des proches du Président Emmanuel Macron après le premier tour de l’élection présidentielle pour devenir son Premier Ministre. Il aurait alors refusé l’offre (au contraire de son proche collègue Édouard Philippe). Il a fait toute la campagne des élections législatives en fustigeant la hausse de la CSG que proposait LREM, ce qui réduirait le pouvoir d’achat des retraités.

Xavier Bertrand a refusé de faire partie des "constructifs" menés par Thierry Solère et qui devraient apporter un soutien mesuré au gouvernement actuel. Il est plutôt pour une opposition constructive et surtout, pour en finir avec la dérive droitière de LR amorcée avec Nicolas Sarkozy et confirmée avec Jean-François Copé, qui pourrait s’incarner aujourd’hui par Laurent Wauquiez : « Pour gagner, la droite et le centre doivent rassembler, et pas cliver, se réinventer, renouer avec la France populaire, parler à la fois à l’ouvrier et au chef d’entreprise, à l’infirmière et au chirurgien, à l’agriculteur et au fonctionnaire, au rural et à l’urbain. » (25 juin 2017), un objectif qu’a atteint Emmanuel Macron avec son mouvement En Marche.

Renonçant à s’opposer frontalement à Laurent Wauquiez (coqueluche des militants LR et des vieux caciques du sarkozysme comme Brice Hortefeux), Xavier Bertrand a passé le relais à sa collègue présidente du conseil régional d’Île-de-France Valérie Pécresse, qu’il soutiendrait si elle se présentait, mais rien n’indique que celle-ci souhaite plus que lui une confrontation somme toute perdue d’avance. Kamikaze, ça demande à en avoir la vocation !

D’ailleurs, Xavier Bertrand ne croit plus du tout à l’intérêt d’un parti comme LR, fondé sur des malentendus qui reposent sur trop de désaccords pour avoir un avenir durable : « En réalité, il n’y a plus grand-chose de commun entre nous. Nous continuons à vivre ensemble, mais ça fait bien longtemps qu’on ne s’aime plus. Et on n’a peut-être plus grand-chose à faire ensemble. » (25 juin 2017). Au moins, cela a le mérite d’être clair. Xavier Bertrand attend la défaite des "modérés" en novembre 2017 pour quitter (enfin) ce parti devenu la succursale des futurs ralliés au lepénisme qui se voudrait triomphant.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (29 juin 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Xavier Bertrand.
Élections régionales de décembre 2015.
Valérie Pécresse.
Laurent Wauquiez.
François Baroin.
François Fillon.
Marine Le Pen.
Emmanuel Macron.
François de Rugy.
Jean-François Copé.
Nicolas Sarkozy.


 


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8 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 29 juin 15:58

    Candidat a rien mais prêt a tout pour l’obtenir .....


    • jmdest62 jmdest62 29 juin 17:06

      Candidat à rien ....
      Si comme X. Bertrand et moi , vous n’êtes candidat à rien...merci d’ envoyer vos CV à l’auteur...ça fera matière pour ses prochains n’artiques.
      Parler de rien, il adore smiley
      @+


      • Ouallonsnous ? 29 juin 17:07

        Sylvain, va coucher !


        • Esprit Critique 29 juin 18:20

          Personne n’avait rien demandé a ce grand malade. Mais il éprouve un irrépressible besoin de causer. Il a les dents qui poussent sans cesse, c’est impossible à arrêter, ça le rend totalement fou ….Au-delà de cette souffrance essentiellement mentale, ce type est évidement difficile à comprendre.

          Heureusement pour vous, je suis là pour traduire :

          Ce type est fou de rage car il espérait devenir président a la place de F Fillon en 2017 !

          Après une merde du niveau de Hollandouille n’importe quel con pouvait être élu en barrage au FN !

          Ce fut Macron, ce sont effectivement des rôles adaptés pour des jésuites pur sucre.

          Revenons zan a notre Malade, Il angoisse, il se demande si ses dents ne lui aurons pas troué le cul avant 2022 ?.

           Priez pour lui !

           


          • Odin Odin 29 juin 21:02

            Comme d’habitude avec l’auteur, un portrait partial de ce « frère ». J’aurais préféré qu’il nous parle de ses « tenues » les deuxièmes samedis à 19h30 et les 4èmes vendredis à 20h00 et de ses liens avec un certain Alain Bauer.


            • UnLorrain 29 juin 22:05

              Question a la Cantona..le con rutilant de Frederic Dard est il celui qui dure ? smiley


              • bob14 bob14 30 juin 07:08

                Il a la rondeur de son incompétence !


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