Dernières nouvelles du « petit Jésus »
"Jésus a-t-il vraiment existé ?" ... C'est la réponse à laquelle le consensus scientifique répond par oui. Quant à savoir quel Jésus (notoirement judéo-nazaréen, chrétien, ou musulman pour les croyants, et toute autre forme de Jésus pour les historiens) c'est une autre histoire ...
Dans le Nouveau Testament, il faut remarquer que Jésus Barabbas, signifiant littéralement "fils du père" (bar-abba-s), pourrait être le Jésus historique. C'est le point essentiel de la thèse ici exposée.
La tradition chrétienne l’aurait dédoublé en Jésus politique libéré par Ponce Pilate, et Jésus spirituel crucifié sous Ponce Pilate, suite au plébiscite populaire. Car cet épisode n'est pas dans les archives romaines, mais il est aussi peu probable qu'un Romain se soit ennuyé à traiter le cas d'un seul prêcheur, vus qu'ils foisonnaient à l'époque : Ponce Pilate se sera plus sûrement tourné vers un réel fauteur de troubles. Et c'est alors tout un antisémitisme chrétien féodal, qui aurait ainsi argué d’un "peuple déicide" (les juifs) pour un dédoublement littéraire arrangeant à l'époque (d'ailleurs relayé par les musulmans). Dédoublement arrangeant donc l'apôtre Paul - qui voulut universaliser Jésus, - comme l'Empire Romain - qui voulut récupérer la figure de Jésus pour une religion impériale.
C'est en effet cohérent avec le double-héritage primitif entre Jacques, frère de Jésus, premier évêque de Jérusalem judéo-nazaréen, et Paul, le "treizième apôtre" des "Gentils" (païens) par universalisme, anciennement à la solde des Romains d’ailleurs. Paul aurait taclé le pôle judéo-nazaréen de Jérusalem autour de Jacques, au profit de son pôle christique futur chrétien - inspiré par le gnosticisme, le manichéisme et le mystérisme gréco-romains dans l'Empire. On sent déjà cette tension dans les Actes des Apôtres, dans le Nouveau Testament lui-même - autour du personnage d'Etienne (1, 2).
L’intuition nietzschéenne quant à Paul va donc bien au-delà de la seule théologie, concernant le devenir-chrétien de Jésus, en politique : et c’est politiquement cohérent. S’il y a un Jésus, et vu qu’on ne crucifiait pas avant la Pâque, c’est très potentiellement Jésus Barabbas = Jésus le Nazaréen.
Il faut se renseigner sur le nazaréisme, c’est utile, puisque ce mouvement se réclamait de Jésus Messie, tout en ayant potentiellement participé à la Grande Révolte juive des années 66-74.
Des juifs sous le joug romain alors, auraient adhéré à cet unique et fusionné Jésus Barabbas-Messie, en tant que prêtre-guerrier, dans la légendaire lignée des rois et prophètes aussi, notoirement Moïse et David. Jésus fréquentait des zélotes, des révoltés (l'apôtre Simon-Pierre), et des sicaires, des assassins (l'apôtre Judas), ainsi que des prostituées (la suivante Marie-Madeleine) : bon an mal an, pour le meilleur et pour le pire, il appartenait à la pègre, et il ne devait pas apprécier les compromissions des pharisiens avec les Romains. Ce Jésus politique fils du père (Barabbas), bien que spirituellement dédoublé sous le coup du paulinisme, et futur Christ sous le coup de l’œcuménisme romain, est foncièrement cohérent avec le Jésus "kharidjite", saccageur des marchands du temple par sa forme de combat moudjahid, bien qu'il ait aussi de prêche djihadique, . En quoi ce Jésus correspond à ses opposants du sanhédrin (tribunal religieux juif), à des croisés ou à des imams belliqueux. Du moins, en miroir de classes sociales populaires !
Son message de berger s'attardant aux brebis égarées est ici logique : Jésus valorise les bas-fonds sociaux ... parfois volontairement délinquants, et certes parfois plus ou moins (in)volontairement laissés-pour-compte ... d'une société, pour rallier des troupes contre tout ce qui dans une société est fort mais jugé décadent (l'institution pharisienne et romaine, en l'occurrence). Il y aurait donc "plus de place au paradis pour dix pécheurs que pour un seul juste", rien d'étonnant à cela puisque les bas-fonds sont valorisées, exactement comme l'Apocalypse annonce que les justes mourront en masse face aux injustes. C'est une subversion pure et simple.
La fin des temps qu’il aurait annoncée, serait la fin du joug impérial romain, la fin des temps romains, suivie par la Jérusalem "céleste" dans les écrits néotestamentaires. Il y a du révolutionnaire, espérant le temps des cerises, en son "Royaume de DIeu". Or tout cela fait judaïquement sens, car c’était un juif, et l’Apocalypse prétend légendairement que les douze tribus d’Israël régneront sur le monde, avec beaucoup de guillemets en ce qui concerne le devenir historique ensuite.
Mais il y a plus car, jusque là, il manque à ce Jésus une adaptabilité comme religion d'empire. Il y a effectivement un Jésus romain, récupéré par l'œcuménisme de conciles en conciles. Celui-là dit : "Il faut laisser à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu". Voilà comment une telle révolte juive locale, peut devenir religion d'empire apaisée, à travers le gnosticimse, le manichéisme et le mystérisme gréco-romains. Comme d'habitude, les Romains, pragmatique, récupérèrent ce qui les arrangeait.
"Mon Royaume n'est pas de ce monde" mais paradoxalement "le Royaume des cieux" peut advenir ici-bas déjà pour le croyant suffisamemnt "simple d'esprit". "Venez à moi les petits enfants", bref docilement : cela devient la soumission à l'ordre politique. Contre-subversion pure et simple de Jésus, qui procura des dimensions plus philosophique et esthétique, issues de l'éthique païenne qui le récupéra à travers Rome, voire le celtisme. Cela aboutit au compagnonnge des corporations féodales, du temps de la franc-maçonnerie opérative bâtisseuse de cathédrales (à ne pas confondre avec la franc-maçonnerie spéculative, philosophique et politique contemporaine) ...
Bref, de quoi alimenter les rêveries romanesques de type Dan Brown, féminin sacré à travers Marie-Madeleine, ainsi que néo-templières.
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