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Des Druides et celtisants contemporains parlent

En exclusivité pour AgoraVox, le plus grand entretien avec des celtisants jamais réalisé. Une majorité de druides pour commencer (sept), suivis de celtisants non-druides (trois) – votre serviteur compris. Ils ne sont pas tous d'accord entre eux, mais toutes les croyances (credimai, en celtique ancien reconstitué) rassemblent des personnes diverses, comme toute société. Chercher ici une cohérence serait une erreur, en dehors du dénominateur commun du monde celtique, avec sa richesse culturelle et son Histoire jusqu'à nos jours (de toutes façons, les sociétés qui se veulent parfaitement unifiées sont de mauvais rêves dystopiques, jusqu'au totalitarisme).

Florilège :

Le druide Morgan dit que le druidisme n'est pas une religion mais une philosophie spirituelle, mais le Druvis ananmatis (druide anonyme) parle de coreligionnaires – et il n'est pas le seul à évoquer le terme de religion. Ce même anonyme, s'avère particulièrement concis, tandis que d'autres tels que la druidesse Kalon Keltagena Dea Bandrui est diserte. Si l'on ajoute que pour Druvis ananmatis, « Bandrui » signifie « femme de druide » et non « druidesse » qui devrait se dire « Druvissa », et que Dervonna Rowan Hawthorn dit que « Dervonna » signifie « druidesse », trois mondes linguistiques se distinguent (me confièrent-ils au-delà de l'entretien).
Ce genre de dissensions, le non-druide Penseur d'Odin les évite, mais elles vont jusqu'à faire dire au non-druide Yann Mab Beltan que « le druidisme n'existe pas et que tout est encore à faire pour les générations à venir » : on ne peut pas imaginer dissension plus profonde avec les druidismes existants. Yann Mab Beltan se prétend extrêmement scrupuleux dans la démarche ethnologique, tandis que Morgan, Dianann ou Dervonna Rowan Hawthorn semblent particulièrement larges dans le modernisme, voire new age.
Mais le druide Eikthyrnir Odinson intègre des éléments de type germano-scandinaves dans son druidisme (tout comme Yann Mab Beltan) tandis que Lugvidion convoque d'Anciens Grecs et parle philosophiquement d'« immanence », ce qui concorde assez avec l'idée de panthéisme ou de Nature vénérée par Dervonna Rowan Hawthorn en tant que Gaïa : un nom grec aussi, tandis qu'elle est Italienne gauloise, cela dit les anciennes sociétés européennes n'étaient pas fermées. Mais contrairement à elle, Lugvidion est d'accord avec votre serviteur non-druide Mervis Nocteau, pour récuser la notion d'universalisme, alors qu'elle était valorisée par Morgan ou Kalon Keltagena Dea Bandrui.
Et puis, ils sont un certain nombre, comme tout le monde, à adresser des critiques plus ou moins sociales et politiques au monde contemporain, eux, mécontemporains … mais aussi bien, d'autres se tiennent en réserve stratégique (Morgan, Dianann … ) ou bien expriment des idéologies claires (Yann Mab Beltan, Lugvidion … ) ou encore se veulent détachés tout en exprimant leur mépris du monde (Druvis ananmatis, le Penseur d'Odin … ).
Ceci étant, s'il y a bien une chose sur laquelle la majorité semble s'accorder, c'est sur l'idée d'une expérience spirituelle : plus ou moins initiatique (Druvis anamnatis, Dervonna Rowan Hawthorn … ), plus ou moins oraculaire (Eikthyrnir Odinson, Mervis Nocteau … ), plus ou moins universelle (Morgan, Dianann … ), plus ou moins poétique (Le Penseur d'Odin, Lugvidion … ), plus ou moins technique (Yann Mab Beltan, Kalon Keltagena Dea Bandrui … ), etc.

Sachez que mes commentaires et notes n'engagent que moi, tandis que les propos de chacun de mes interlocuteurs leurs appartiennent !
Bonne lecture à vous, et bienvenue dans l'univers de l'Antiquité européenne renouvelée.

 

 


Source. Le sanglier, symbole druidique.

 

 

0. Bonjour ! Avez-vous un nom druidique ? Lequel ?

* Morgan : Bonjour ! Mon nom en tant que Grand Druide de Bretagne et responsable de la Gorsedd, est « Morgan ». [Un écho avec la Grande Reine Marine, puis évidemment la fée Morgane dans le cycle du Graal : Morrigù, Morrighan ou Morigana, ndr.]

* Lugvidion : « Lugvidion », s’il revêt plusieurs sens, le premier est « l’arbre de Lug ». Je réside en terre anciennement ségusiave : Lyon, « Fort citadin de Lug » (Lugdunon) !
Il semble que les Celtes et les Druides en particulier aient été des amateurs de jeux de mots (parfois appelés coalescences).
Le choix d’un nom initiatique est important, car il permet d’apporter une réponse unique à deux questions : qui suis-je ? … et qui est-ce que je souhaite devenir ?
[Lugvidion est ami du Groupe Druidique des Gaules, ndr.]

* Druvis ananmatis (Druide anonyme) : Réservé aux membres initiés, Collège et coreligionnaires.
[Druvis ananmatis vit actuellement en Occitanie, ami du Groupe Druidique des Gaules, ndr.]

* Dianann : « Dianann », [de l'Ordre des Bardes, Ovates et Druides international, et vivant en Bretagne, ndr.] pourquoi ce nom me direz-vous ?
Au tout début de mon cheminement, j’avais choisi le nom de « Saille » qui correspond au saule dans l’alphabet des oghams (écriture sacrée des Druides [issue des îles nord-ouest-européennes, ndr]), arbre que j’aime tout particulièrement.
Puis un jour, en lisant un passage de la mythologie, une petite voix intérieure m’a soufflé : « on parle de toi ! », en voici un extrait : « Durant la seconde bataille de Mag Tured, Lug, en situation difficile, demanda à ses hommes, Druides et Dieux, ce qu’ils pourraient faire pour lui. Tous furent force de proposition, puis il se tourna vers deux femmes en ces termes : "Et vous, Ô Béchuille et Dianann, mes magiciennes, quel pouvoir pouvez-vous exercer dans la bataille ?" Elles répondirent : "Nous enchanterons les arbres et les pierres et jusqu’aux mottes de terre, de sorte qu’ils seront une troupe en armes contre eux, et les mettront en déroute et en fuite d’horreur." »

* Dervonna Rowan Hawthorn : Oui, je suis « Dervonna Rowan Hawthorn » [des Reformed Druids of Gaia outre-atlantique, et vivant en Italie du Nord, ndr.]

* Kalon Keltagena Dea Bandrui : « Keltagena Dea Bandrui » et Prêtresse de la Druiderie Ár nDraíocht Féin [outre-atlantique, et vivant en Charentes, ndr].

* Eikthyrnir Odinson : « Eikthyrnir Odinson » [druide du même ordre, et vivant en Bretagne, ndr].

* Yann Mab Beltan : Salutations ! On m’appelle généralement « Yann Mab Beltan » dans ces milieux, mais je ne suis pas druide. J'habite en Bretagne.
Yann est un de mes noms. Mab Beltan (Ab-Beldan en orthographe bretonne moderne) signifie « fils du feu de Bel » : c’est sur ce tantad (feu de joie, littéralement « feu-père »), allumé dans la nuit de Kala-Hañv (du 30 avril au 1er mai), que nous avons juré notre fraternité. Ce qui, pour les francophones, s’appelle un « clan » (gouenn en breton, fine en gaélique, uenios en gaulois).
Oh, et j’écris sur le journal en ligne « Un Tiers Chemin – Arts, Rites et Savoirs Traditionnels » sous le pseudonyme de « Chat Poron ».

* Penseur d'Odin : Non. Je ne suis pas druide. Je suis actuellement un scalde moderne, « le Penseur d'Odin » [vivant dans les Pyrénées centrales, ndr].

* Mervis Nocteau : En tant qu'auteur du questionnaire, j'ajouterai qu'il était adressé à d'autres druides, tels que ceux de la Kredenn Geltiek Hollvedel fondée en Bretagne à vocation mondiale, dont parleront Eikthyrnir Odinson et Morgan. Il était aussi adressé au druide Belenertos, du Groupe Druidique des Gaules à Marseille (dont est ami Lugvidion à Lyon et qu'évoquera Druvis ananmatis pour la Corse) ainsi qu'au Collège International d'Etudes Celtodruidiques et au Collège Druidique Traditionnel bretonants. Je dis cela, pour marquer encore la diversité druidisante.
Moi-même, je suis un Pyrénéen Occidental, mais je ne suis pas druide. Antiquement d'ailleurs, et bien qu'influencés par les Celtes d'Ibérie jusqu'à l'Ebre comme d'Aquitaine-Occitanie (Celtibères), le Sud-Ouest après la Garonne connaissait moins, voire pas, le druidisme : c'était la Jacétanie, qui comprenait les Vascons (anciens Basques-Gascons). Après tout, si tous les celtisants étaient druides, ce serait illogique : il faut aussi des adeptes sans sacerdoce !
Mon pseudonyme m'a été inspiré suite à quelques contacts avec le druide Auetos Mapi Acmos basé à Toulon, animateur d'un forum exigent et acteur d'un druidisme védisant (auquel j'ai suggéré de produire une frise historique alors que je songeais à la sorcerie féminine celtique) ainsi qu'avec le Druvis ananmatis qui m'a tuyauté vers l'achat d'un dictionnaire et une grammaire de celtique ancien reconstitué (disponibles en édition particulière du Groupe Druidique des Gaules au courriel de Belenertos, pour un prix raisonnable).
« Meruidos Nuctuallos » est mon nom celtique, donc, tandis que « Mervis Nocteau » est son évolution phonétique elle-même reconstituée, pour le plaisir de raccorder avec l'époque contemporaine. Je laisse à ceux qui ont accès au celtique reconstitué, de pouvoir traduire – je ne suis pas payé pour faire de la publicité au dictionnaire ni à la grammaire, qu'on se le dise ! pas plus que ne sont rétribués les contributeurs AgoraVox : c'est du seul bénévolat informationnel …
À la fin, je me définirai d'un orgueil jacétain, comme seiðanos – contraction de seibto et danos. À vos dicos ! … En attendant, si vous voulez le traduire par sorceleur, cela m'amuse.

 

1. Mais avant tout, qui êtes-vous dans la vie civile ? Comment vivez-vous, habitez-vous et expérimentez-vous votre aventure en tant que citoyen ? Quelle est votre trajectoire ?

* Morgan : Je suis retraité de La Poste où j’exerçais des fonctions d’encadrant. J’ai été responsable syndical au niveau départemental, régional et enfin national. J’habite maintenant dans le Finistère à Plouhinec. Je suis engagé dans le secteur associatif et dans différents mouvements culturels, écologistes. Je suis également musicien dans un Bagad et un groupe de musique celtique. Je me considère comme citoyen français de nationalité bretonne.

* Lugvidion : Père de famille, je suis salarié du secteur privé. Ma foi et ma pratique n’interviennent donc pas en remplacement d’un mode de vie dit classique, mais en complément, au niveau personnel.
Nous considérant comme des êtres spirituels vivant une expérience humaine (et pas l’inverse), nous sommes ainsi quelques-uns et quelques-unes à avancer ensemble sur le chemin du Druidisme, malgré le décalage que nous pouvons ressentir par rapport aux aspirations de nos contemporains.
Au sortir de l’adolescence, un engouement pour la philosophie a progressivement révélé que les fonts où, enfant, j’avais été baptisé catholique, s’étaient taris pour moi. Après quelques années de recherche dans le domaine de l’ésotérisme, je me suis ensuite, en tant que « Gaulois », intéressé à mes racines spirituelles et donc de façon assez naturelle, au Druidisme.

* Druvis ananmatis : Pas de question personnelle ! Qui je suis n'a aucune importance. Seule compte la réponse du Druvis (séparation entre le profane et le sacré : Devos andevos-pe).

* Dianann : Je suis à la retraite depuis peu, j’étais chef de projet en informatique. J’habite depuis ma retraite en milieu rural dans un petit village du Centre-Bretagne.
Je n’ai jamais caché mon appartenance au milieu druidique, je fais des conférences sur les Celtes et les Druides, tout le monde sait qui je suis. Je fais partie d’associations.
Nous, Druides, sommes des défenseurs de la nature, des animaux, de la planète et du patrimoine. [Position animaliste, écologiste et historiste, ndr.]

* Dervonna Rowan Hawthorn : Je suis secrétaire en langues étrangères, assistante de direction, conseillère psychologique, et j'ai travaillé pendant de nombreuses années pour de grandes entreprises internationales. Mais ce métier n'était pas vraiment ma vocation. J'ai donc suivi l'appel de la nature et, après de nombreuses années de quête, j'en suis venue au druidisme.
Je suis Italienne et je vis en Basse-Saxe depuis 1987. Entre-temps, je me suis mariée à un agriculteur, et maintenant je vis très près de la nature et selon ses cycles. La vie druidique parfaite … Je vis ma spiritualité dans tout ce que je fais et elle est assez bien intégrée dans ma vie quotidienne.
Ma trajectoire ? L'intégrité et l'authenticité …

* Kalon Keltagena Dea Bandrui : « Alice », je vis avec ma famille en campagne, nous visons l'autonomie, et l'auto-suffisance, en équilibre avec la modernité actuelle. J'ai été infirmière pendant 15 ans, j'ai arrêté mon métier pour diverses raisons qui font l'actualité.
Aujourd'hui, je travaille dans une recyclerie deux jours par semaine ce qui me laisse du temps pour atteindre l'objectif de vie autonome totale ; je consacre une partie de mon temps, à des associations locales et à plus grande échelle, internationale, de sauvegarde du patrimoine culturel et écologique et à des groupes d’étude archéo/historique.

* Eikthyrnir Odinson : J'ai fais des études d'horticulture, j'ai travaillé un peu plus de dix ans avant que mon état de santé ne se dégrade. Je me soigne depuis et j'ai pris un autre chemin vers l'aide à la personne et le colportage de nos légendes et mythes dans les hôpitaux, je suis devenu conteur.

* Yann Mab Beltan : Je suis membre de deux nations occupées et colonisées par la République Française : Breton et Volksdeutsch Elsasser (Allemands ethniques d’Alsace). Je milite également pour une citoyenneté européenne, qui est à mes yeux la seule échelle à laquelle une vie politique serait possible sur le continent sans être dans un état de vassalisation à l’égard des États-Unis d’Amérique, de la République Populaire de Chine, ou de la Russie poutinienne. Les penseurs français confondent généralement nationalité et citoyenneté, choses bien différentes, l’une étant ethno-culturelle et l’autre socio-politique …
… or je vous vois venir avec vos gros sabots, les anti-nationalistes et les nationalistes français « de gauche » comme « de droite » : je n’ai nulle haine envers les Français, qui sont des voisins et des cousins européens. Je ne leur accorde cependant que la toute dernière place en matière de pensée politique parmi les peuples européens, malgré quelques rares exceptions que la majorité des Français ignore ou abhorre.
La Russie soviétique était en bonne place tout en bas du podium ; mais les Russes, qui penchaient à la base davantage vers le socialisme-révolutionnaire agrarien et démocratique que vers le bolchévisme industrialiste et autoritariste, ont eu le bon goût de mettre fin à l’expérience.
Ce qu’on attend toujours de la part des Français : il serait à mon avis de bon goût de vous décider entre la monarchie traditionnelle, la démocratie directe, ou la fusion dans un État fédéral européen basé sur le principe de subsidiarité, mais tout plutôt que cette Vème République en putréfaction avancée …
… ou alors sans y mêler vos colonies, merci !

* Penseur d'Odin : Actuellement au chômage après une longue période de travail industriel depuis ma jeunesse, je bosse de temps en temps, et je suis petit écrivain. Je ne me sens pas « citoyen de la République ». Ma trajectoire est très, trop vague, peut-être les dieux m'ouvriront-ils la voie.

* Mervis Nocteau : Je fais partie des aînés de la Génération Y dite aussi des Millenials. Diplômé en lettres-philo, cela ne me sert à rien au civil, alors j'enchaîne les jobs populaires. Je suis écrivain méconnu doublé d'un travailleur, quand « le marché du travail » et « le patron » le veulent bien. Un intello ouvrier, manutentionnaire, magasinier, boutiquier, intendant, gardien, animateur et enseignant à domicile.
C'est que je n'ai pas la mentalité académique pour devenir fonctionnaire de l'éducation nationale même si j'essaie (échecs multiples aux concours de professeur) et que je fus assistant d'éducation (pion) et pédagogique (cours de soutien).
Mon parcours ne m'étonne pas, dans un sens : pendant ma jouvence, j'ai toujours été révolté par le traitement que réserve l'institution aux jeunes qu'elle stigmatise comme « cancres », alors qu'ils ont bien souvent de hardies valeurs (mes collègues de travail aujourd'hui, mais d'anciens camarades ont mieux réussi que moi dans l'artisanat, avec par exemple un boucher de France).
Hélas, comme j'avais de bons résultats, ils ne voulaient pas savoir que je les estimais à ma façon. Et trois fois hélas, certains se sont pris au jeu institutionnel, au point de se croire françaisement « mauvais » et de « mal tourner » … Secundo, j'ai toujours été quelque chose comme libertiste sans le savoir. Du moins, nietzschéisant à ma manière (1, 2).

 

2. Depuis quand avez-vous une sensibilité païenne ? Comment s'est-elle développée devers votre vie civile ? Qu'a-t-elle changé ?

 * Morgan : Je préfère écarter le terme de païen qui est péjoratif et employé par les monothéistes de tout poil. Il y a peu encore, les Catholiques considéraient les Musulmans comme des païens. Je doute qu’ils emploieraient encore le terme aujourd’hui. Cela est assez révélateur d’une forme d’ostracisme.
Je me définis comme Druide. J’ai toujours été attiré par cette vision naturelle du Monde et de l’Univers depuis l’enfance en Bretagne et cela s’est clarifié, au fil du temps, par mon entrée à la Gorsedd, il y a plus de quarante ans. Le fait d’estimer que l’humain, comme toutes les formes de vie et de matière, sont parties prenantes du grand tout, de la Mer d’Esprit, comme l’appelait notre premier Grand Druide Lemenik, m’a donné l’envie de m’engager dans la défense de nos conditions de vie tant sociales qu’environnementales. Cette sensibilité a complété et légitimé mon engagement citoyen.

* Lugvidion : Une sensibilité peut se développer, mais relève aussi et peut-être surtout de l’inné.
Une vision païenne amène au moins trois modifications :

  1. Elle permet de relativiser la notion de temps, en passant d’une vision linéaire à une vision cyclique (ce qui n’est pas sans conséquence au niveau de l’appréhension de la mort) ;
  2. Elle suppose une conception immanente du sacré, qui ré-enchante le monde, contrairement à la conception d’un sacré transcendant qui lui serait extérieur ;
  3. Elle redonne à l’individu son jugement et la responsabilité de ses actes, à la recherche du beau et du vrai (en référence par exemple à la vieille triade indo-européenne « pensée, parole, action »), sans déléguer ce jugement aux tenants d’un paradis et d’un enfer, qui gouverneraient un bien et un mal qui seraient absolus. Dans ces conditions, la honte est sur celui qui se comporte avec bassesse ou dont le mensonge habite les paroles ou l’attitude entière, mais il y a absence de péché, originel surtout, ce qui confère à l’individu une réelle liberté (aujourd’hui encore, les femmes sont profondément atteintes dans leur liberté par la vision portée par les monothéismes).

En synthèse, la voie druidique que je suis depuis plusieurs années est une voie de sagesse.

* Druvis ananmatis : Depuis toujours.
Toujours le rejet des ariettes puériles concoctées pour les enfants, les innocents.
S'affirmer comme tel, en dépit de l'incompréhension voire du rejet. Le confort mental du croyant, assisté et donc soumis à l'autorité sans qu'il s'en émeuve, par paresse intellectuelle, par manque de volonté d'affronter l'Incommensurable, par peur de l'Inconnu.

* Dianann : J’ai été très jeune en recherche de spiritualité. Comme beaucoup à cette époque, je me suis tournée vers le bouddhisme, puis vers la spiritualité de l’Égypte antique qui a été pour moi une révélation. Mais l’Égypte s’est révélée bien loin de mes racines bretonnes.
Lors de voyages en Bretagne, j’ai rencontré le druidisme qui a résonné en moi. Je ne peux pas dire que la spiritualité ait influencé, à un moment précis, ma vie sociale. Elle a toujours fait partie de moi. Mais si je n’avais pas baigné durant ma vie dans la spiritualité païenne, celle-ci aurait très certainement été différente.
Le druidisme m’a apporté une vision différente des choses, des hommes, de la vie, une philosophie et un attachement profond à la nature, et j’espère une certaine sagesse.

* Dervonna Rowan Hawthorn : Depuis mon enfance. J'ai été élevée de façon très chrétienne [italienne, ndr]. Je trouve les valeurs chrétiennes très précieuses en elles-mêmes, mais il me manquait le lien avec la nature et cette religion monothéiste était, de toute façon, trop masculine pour moi. Ma quête m'a conduit au druidisme. Ma spiritualité n'a pas du tout changé depuis si longtemps, mais s'est plutôt approfondie …

* Kalon Keltagena Dea Bandrui : Je suis originaire de Bretagne, mes parents sont amis avec des membres de la Gorsedd Digor, et de la Kredenn Geltiek Hollvedel ; nous avons des membres de notre famille, musicien et historien qui on participé au « renouveau celtique » dans les années 1960 ; j'ai grandi dans ces « mouvements », petite j'assistais aux cérémonies et aux manifestations culturelles, puis plus tard j'ai été initiée. Le druidisme fait partie intégrante de mon quotidien, et se manifeste sous plusieurs aspects.

* Eikthyrnir Odinson : Ha la question est difficile tant la façon dont cette sensibilité s'est développée est atypique. Il y a des druides dans ma famille et j'ai été élevé dans les deux approches, mais un peu tardivement, en effet j'ai – suite a mes problèmes de santé – passé énormément de temps à l'hôpital et dans les cliniques, je suis reste six ans en fauteuil roulant, avec passages chez le kiné, et j'ai mené un énorme combat pour marcher. C'est là que j'ai vécu mes premières expériences spirituelles, Expérience de Mort Imminente et Expérience de Sortie du Corps. J'ai eu mes premiers contacts avec certains de mes ancêtres et en particulier trois des divinités qui allaient me suivre par la suite comme ça.
Mais à l'époque je ne pensais qu'à de simples rêve, j'avais rêvé de deux barbus et d'une femme blonde dans une salle en bois. Parfois dans un décor montagneux au bord d'un fjörd. En plus avec les médecins dans les années 80-90 …
J'ai eu contact avec d'autres divinités comme ça, comme une femme brune avec des vêtements sombres et un homme qui prenait l'apparence d'un cerf, toujours dans des moments difficiles. Ma mère était plus ouverte au dialogue sur ces « expériences ».
Par la suite la vie a été compliquée, victime de harcèlement je me suis isolé. Vers 14 ans j'ai eu un besoin de spiritualité, et j'ai commencé à m'intéresser au christianisme et à aller assister aux messes du dimanche. Je me sentais bien, et comme lavé des miasmes que je recevais semaines après semaines.
Quand ma mère avait dû donner des détails sur nos origines païennes à une des paroissiennes, j'ai appris l'existence de mon arière-arrière-arrière-grand-mère druidesse et ses propres problèmes entre deux traditions, quand celle-ci l'avait initiée au druidisme et qu'elle a dû aller au catéchisme, comme on peut le deviner elle a été maltraitée par le curé qui lui disait « la bonne parole », quand enfant elle lui a ressorti ce qu'elle avait appris.
Du coup cette paroissienne m'a intimidée et m'a dit d'une manière assez violente que de toutes façons je finirai en enfer. Suite à ça et au peu de considération qu'a eu le curé quand je lui en ai fait part quand il me demanda pourquoi je ne venais plus, eh bien je me suis tourné entièrement vers la nature et j'ai étudié sérieusement l'héritage celtique, le cycle des saisons avec comme base les souvenirs qu'avait ma mère des rituels qu'elle faisait avec son arrière-grand-mère.
Je me suis intéressé à l'histoire de la Bretagne où elle avait vécu et j'ai porté la coiffe bigoudène à ses ancêtres des Clans MacRae et MacLeod, à la fondation du clan Macleod et du Clan Gunn suite aux colonisations scandinaves des îles d’Écosse. Ce fut passionnant. [Les Bretons actuels sont une remigration depuis les îles nord-ouest-européenne, après qu'anciennement la culture celtique se diffusa depuis l'Europe centrale au continent et à ces îles – ndr.]

* Yann Mab Beltan : Cela fait une dizaine d’années que « le paganisme » joue un rôle majeur dans mon mode de vie et mon système de valeurs (en fait, la religion ethnique bretonne, Hengoun Breizh, et la religion ethnique allemande, Deutsche Sitte, elles-mêmes faisant respectivement partie des traditions celtiques et germano-scandinaves).
Avant cela, j’ai tout naturellement été quasi-biberonné aux contes, légendes, et mythes ; ainsi qu’à un système de valeurs et à une pratique religieuse qui mettaient finalement beaucoup plus l’accent sur l’héritage européen « païen » du catholicisme que sur la secte juive universalisée qu’il était à l’origine.
Je ne sépare donc pas ma « vie païenne » de ma « vie civile », ou en tout cas pas plus ma « vie privée » que ma « vie publique » : certaines pratiques ou paroles relèvent naturellement du cadre familial, d’autres du cadre amical, d’autres du cadre professionnel, etc, chaque lieu et chaque moment ayant ses règles propres qui régissent le comportement adapté.
Mon système de valeurs, basé sur le Hengoun Breizh et le Deutsche Sitte, me pousse à vouloir préserver, développer et transmettre mon héritage écologique, génétique et culturel. Cela m’amène donc assez logiquement à m’opposer sur de nombreux points à la plupart des idéologies politiques modernes en vogue (pseudo-conservatisme pro-mondialisation, libéralisme libertaire, marxisme et ses dérivés, etc).

* Penseur d'Odin : Vaguement depuis mon enfance, et plus affirmée à l'âge adulte. À l'écart des autres, trop chrétiens, ou trop athées. Cela a affecté ma vision poétique de la vie.

* Mervis Nocteau : Mon père est un new ager fini, pionnier de l'écologie et de l'altermondialisme contemporain dès les années 1990 : il a toujours cru en « une force cosmique » indéterminée, de façon plus ou moins farfelue. Ma mère pourrait être une catholique sud-américaine, à mêler christianisme et ésotérisme sans vergogne.
Petit enfant néanmoins, j'ai fait des rêves édifiants quant à Cernunnos et j'adorais les atmosphères pré-orageuses, dignes de la puissance de Taranis. De plus, j'ai toujours été adepte des romans arthuriens et de la littérature de la cour d'Aliénor d'Aquitaine (au passage, le film Kaamelott – premier volet, sort fin novembre). Techniquement donc, je suis né païen, et je suis bien incapable de dire ce que ça a impacté dans mon existence, puisque je n'en ai pas d'autre.
Pour autant, mes parents – moitié par réputation, moitié par institution – m'ont orienté dans le catholicisme où j'ai fait tous les sacrements jusqu'avant le mariage. C'est de moi-même d'ailleurs, que j'ai choisi de faire ma confirmation, après avoir appris qu'en vérité la profession de foi n'était pas un sacrement, mais rien qu'une manifestation surestimée par les catholiques. C'est donc en toute bravoure que j'ai fait la confirmation, sachant qu'aucune grande pompe ne m'attendait à la clef. Seulement, je n'en suis pas fier aujourd'hui, et je trouve même toutes ces simagrées monothéistes farfelues et dérisoires.
Comme on dit en effet, « j'étais bien brave » : à la fois courageux certes, mais aussi naïf. Imaginez ce communiant qui, tandis que tous ses collègues sont recueillis, lève la tête en toisant « le petit Jésus », en jugeant que « le bon dieu » était gonflé de ne l'aimer qu'à raison qu'il s'agenouillait. C'était moi, et je suis toujours fier de cet orgueil sans crainte de la géhenne.
Imaginez encore que, jouvenceau, je questionnais ainsi mes catéchistes : en leur demandant en quoi, si « Dieu » était omniscient dans l'éternité, il nous avait fait libres (une interrogation protestante, tournant à la prédestination et du moins au jansénisme pascalien). Et puis, en quoi sommes-nous libres, s'il faut quand même préférer « Dieu » pour ne pas finir infernalement martyrisé ? Alors en quoi est-il petit et bon, d'avoir laissé « Adam et Eve » « pécher » au « jardin d'Eden », à les punir atrocement ensuite d'un « péché originel » jusqu'à la énième génération ; et enfin pourquoi on nous racontait que « le petit Jésus » nous en avait libéré, doublement libérés par le baptême à ce qu'il paraît, si c'était derrière pour se le porter toujours.
Bref, cette religion est tordue, bien que mes catéchistes m'aient cru inspiré par le diable, d'autant plus que ma mère tirait les cartes de Tarot de Marseille. Dans un sens, ils n'avaient pas tort, mais ce n'est pas une mauvaise chose !
Reste que j'ai persévéré dans mon christianisme hérétique, car j'avais un besoin d'enracinement spirituel. C'était jusqu'à rentrer en contact avec les Franciliens Dan Derieux et ses filles Cindy et Laura voilà deux ans, écrivains et bédéistes vikinisants. Parce que Dan Derieux est l'inventeur du libertisme avec feu son frère Mark, que j'avais découvert au détour d'une médisance collectiviste libertaire (« anarchiste de gauche »). L'exemple des Derieux m'a donné envie de remonter bien plus haut dans le temps que saint Martial, évangélisateur des Gaules et d'Aquitaine au IIIème siècle E.V., pour mon enracinement spirituel.
C'est une quête traditionaliste, je n'ai pas peur de le dire : je suis un véritable indigène de la République. Toute communauté, pour faire communauté, s'enracine en un temps, une terre et une culture. Ce n'est pas xénophobe de le dire, contrairement aux délires universalistes contemporains.
Comment pouvez-vous honorer autrui, si vous ne vous honorez pas vous-mêmes ? C'est de sain orgueil – mais il n'y a pas d'orgueil malsain, il n'y a que de l'arrogance et de la vanité sinon.
Votre existence se soutient de l'orgueil qu'elle a à vivre, et c'est tout.
Sans lui, autant mourir, et l'universalisme n'est qu'un expansionnisme qui feint de s'ignorer en tant que tel (expansionniste).
Voilà ce que c'est, de ne pas reconnaître son orgueil ! Ça débonde.

 

3. Depuis quand êtes-vous celtisant ou druidisant ? Comment cela vous est-il arrivé, avec quel organisme, et qui en particulier ? Qui étiez-vous dans la vie spirituelle pour commencer cette démarche, qu'êtes-vous devenu ensuite, et que devenez-vous ?

* Morgan : Les tribulations de ma vie professionnelle m’ont amené à me retrouver logé chez un membre de la Gorsedd. J’ai alors eu l’opportunité d’assister à des cérémonies et de connaître Gwenc’hlan Le Scouëzec.
Je me suis rapproché progressivement du mouvement. J’ai été appelé comme disciple à la Gorsedd Digor en septembre 1979 à Quimperlé, Gwenc’hlan Le Scouëzec était alors Grand Druide de Bretagne.
Je suis devenu Barde en 1981 à Douarnenez puis Grand Druide adjoint en 1997 et élu Grand Druide en 2008 par le Poellgor, après le décès de Gwenc’hlan Le Scouëzec. Cette élection a été communiquée à l’Archidruide de Galles que j’ai rencontré à l’Eisteddfod de Cardiff, la même année.
Je suis toujours actuellement le 6ème Grand Druide de Bretagne.

* Lugvidion : Je me suis rapproché du Groupe Druidique des Gaules en l’an 2000, au sein duquel j’ai été intronisé « sanglier-druide » en 2013.
Pour trouver du sens à notre incarnation, nous sommes tous en questionnement sur notre rôle « ici-bas ». Ces considérations sociales, quasi-professionnelles (à quoi je sers ? quel est mon rôle ? ma fonction, ma vocation ? … ) m’ont amené à trouver, sur le cheminement druidique, une « fonction » à la fois noble et en rapport avec ma nature.
Aujourd’hui, je relativise beaucoup cette vision très individualiste, en considérant qu’il ne s’agit que d’une modalité particulière d’appréhension de mon incarnation [les antiques Européens, entre le dieu slave Koupalo, la déesse-valkyrie scandinave Hrund, le dieu germanique Tuisto et le dieu celte Diðs Atir, les philosophiques pythagoriciennes et platoniciennes, croyaient en la réincarnation, ndr]. Quoiqu’il en soit, j’espère en être digne le plus souvent possible (« il n’existe pas de sage, il n’y a que des cavaliers de Sagesse … »).

* Druvis ananmatis : 23 ans.
Entré dans le Collège Druidique Traditionnel (sis en Corse), en 1985 E.V.
Simple « marcassin », puis devenu Bardos, enfin Druvis en 1997 E.V.

* Dianann : J’ai entamé mon chemin druidique voici 20 ans et je suis Druide depuis plus de 10 ans.
Au début de mon cheminement j’ai rencontré des Druides, des groupes, et je me suis sentie très proche de l’OBOD (Order of Bards, Ovates and Druids – ordre anglais qui diffuse son enseignement dans le monde entier et dans différentes langues).
J’ai suivi l’enseignement, il a véritablement été l’aboutissement de tout ce que j’avais fait et vécu avant. J’ai désiré me mettre au service de ceux qui allaient suivre les pas de l’OBOD.
J’ai d’abord été tutrice pour accompagner les nouveaux cheminants, puis notre chef élu Philip Carr Gomm m’a demandé de gérer le tutorat, à ma retraite. Ayant plus de temps, j’ai accepté de faire un magazine francophone et un site internet en français.
C’est pour moi un réel engagement, totalement bénévole, qui me tient beaucoup à cœur.

* Dervonna Rowan Hawthorn : Je pourrais dire que j'ai vraiment été sur cette voie toute ma vie.
J'ai évolué à plusieurs reprises, du christianisme à la Wicca [syncrétisme moderne universaliste, ndr], puis à l'Ancienne Religion italique, puis à l'Hermétisme, à la Kabbale, à l'Hindouisme, puis à l'Ancienne Religion à nouveau, et enfin au Druidisme. Pour préciser, l'Ancienne Religion est le paganisme ancien, en général, et moi j'avais choisi la sorcellerie italienne étrusque-romane. Mais ce n'était pas bon pour moi. Trop théâtral. Donc …
Je suis née à Turin, et mes racines sont de la Gaule-Cisalpine. Le nom de ma famille est très ancien et propre à cette région, donc je me sens très reliée au Piémont. La vie des mes aïeux est liée à cette teuta [la tribu/clan/peuple/nation, ndr]. Je sens que soigner cette racine est très important pour moi, c'est un héritage social et spirituel au même temps. C'est tout assez congru …
La voie celtique est la voie de la transformation. Nous tirons tout notre potentiel du chaudron de l'inconscient, nous allons au fond de nous-mêmes et nous renaissons à chaque expérience que nous acquérons. C'est l'alchimie parfaite de l'âme pour devenir UN avec le cosmos, avec la vie, avec la création. Ce chemin ne s'arrête jamais. C'est comme une spirale qui tourne en rond dans des cercles de plus en plus grands ; dans le processus, nous grandissons, nous rassemblons des détails sur le microcosme et devenons de plus en plus complets.

* Kalon Keltagena Dea Bandrui : J'ai été initiée il y a 17 ans, par un confrère de l'Ordre des Bardes Ovates et Druides (OBOD France) ; j'ai eu plusieurs maîtres enseignants, de différentes fraternités, puis j'ai rejoint une druiderie internationale avec laquelle j'ai reçu mon druidicat il y a quatre ans ; recevoir le rite initiatique du druide ne signifie pas que c'est l'aboutissement du chemin, bien au contraire, c'est la continuité, un autre passage qui amène vers une forme de maturation, et amène vers d'autres plans de conscience.

* Eikthyrnir Odinson : Mon parcours est très atypique, mais aussi banal en même temps, en ésotérisme. J'ai intégré mes recherches historiques et mes expériences extatiques, j'ai reçu une initiation par plusieurs divinités, dons Morrigù (Morrighan) et Odin (des divinités issues de deux panthéons qui sotn en lien avec ma famille).
J'ai revu cette ancêtre druidesse défunte aussi durant cette période, elle a ouvert pas mal de portes pour moi. L'expérience la plus marquante et que je considère comme la seule initiation valable que j'ai reçue, fut le rituel de guerre et de démembrement que m'a fait subir Morrigù et celui de renaissance chez Odin. Je n'en dirai pas plus, tant c'est personnel et difficile à décrire [une expérience dionysiaque, semble-t-il, ndr].
Suite à ça j'ai continué de cheminer, de lire et de m'instruire, comprenant que ce que je vivais quotidiennement était appelé « Imbas Forosnai » en Gaélique ou « Seiðr » en vieux Norrois, que ça avait des liens avec l'« Awen » Gallois ou l'« Ambosta » Gallo-Romain.
J'ai endossé la charge due à mes facultés de voyageurs, ça m'est arrivé d'aider ou plutôt d'accompagner des personnes défuntes à traverser le voile dans un rôle de psychopompe, ou d'avoir à apaiser des « Landvaettir » (les esprits de la terre) dans des lieux fréquentés par les touristes, ici en Bretagne où je vis actuellement.
Je suis le calendrier Celtique Insulaire Irlandais avec une incursion des célébrations Nordiques des « Blots », sur le modèle de l'Asatru Folk Assembly, que j'ai suivie un temps sans en être membre, par leur chaîne Youtube et des blogs qui ont été fermés et que j'ai arrêté de suivre, en raison de leurs dernières prises de position, plutôt en faveurs du racisme.
Suite à ça je suis allé sur Paganspace, où j'ai rencontré une Druidesse qui vie au Canada et qui m'a beaucoup aidé à structurer ma pratique, car elle suit le même héritage que moi, elle est d'origine Écossaise, Norvégienne et Russe. J'échange toujours avec elle sur différents sites anglais ainsi que Facebook.
Ensuite j'ai découvert la liturgie de la Solitary Druid Fellowship sur Druid Network, que j'ai intégré à mes propres rituels. Les travaux de la Druidesse Neil Griffiths-Haynes, écrits en 2013 sur son PDF « Heathen Druidry – exploration and personal practice », où elle parle de son rapport aux dieux nordiques et à son parcours avec eux sur un chemin druidique, m'ont beaucoup aidé également, ainsi que le groupe d'étude sur ce type de druidisme Wyrd Druidry fondé par Brian Bates un druide de l'OBOD.
En France, j'ai été membre aussi de Northmen Clan et de la Kilt Society, deux mouvements en lien avec l'héritage celtique et écossais ce qui m'a permis de retrouver mes racines. J'ai étudié le gaélique et le scots avec eux, ainsi que l'anglais. Je parle toujours anglais et mon scots est assez bien. Il y a eu aussi diverses associations bretonnes, et à ce jour je suis toujours dans des groupes sur la culture bretonne et la langue bretonne. Au cours de mon cheminement j'ai aussi été membre Free de New Druid Order, mais le prix et le côté très éparpillé des cours avec des livres à 60$ … m'ont assez vite rebuté.
J'ai donné une conférence sur le Druidisme dans le village ou je vis en Bretagne, avec une personne que j'ai suivie un temps avec sa Clairière, on a beaucoup partagé à un moment ensemble, et elle m'a donné la dernière initiation qu'il me manquait. C'est une Druidesse qui a cheminé dans la Gorsedd et la CDCS dans l'OBOD, et qui a fondé son propre groupe, mais suite à des rencontres qu'elle a faites et les différents points de vue des Druides Reconstructionnistes Gaulois, elle m'a demandé de renier mes dieux et mes ancêtres et de pratiquer sous une forme plus Néo-Gauloise.
Il faut savoir que les druides Gaulois en général font un Syncrétisme entre la tradition celte continentale et le Védisme, or ce que je fais dans mes recherches et pratiques exotériques, c'est la même chose, mais avec les traditions gaélique et nordique. Quand on pense que les Pictes sont maintenant plutôt classés comme appartenant aux peuples dits « Nordique » par certains chercheurs Américains …
De fait, face à ce choix que j'ai dû faire j'ai rejoint ADF, Ár nDraíocht Féin, A Druid Fellowship, un ordre Druidique basé en Amérique et qui a des membres dans le monde entier, avec des cours que j'ai commencés à suivre et des liturgies que je connaissais déjà, car présentes dans la liturgie de la Solitary Druid Fellowship que j'utilisais déjà depuis trois ans environs, cette liturgie avec les triples Hallows (reliques des druides : l'arbre, le puits et le feu sacrés) et les triples Kindreds (parentés des drudies : les dieux, les faés et les ancêtres). Chez ADF, dans le programme Heathkeeper, il y a un travail à faire sur soi, sur notre héritage familial, pour comprendre nos ancêtres, et sur la méditation poussée et les transes, pour avoir des contacts avec les divinités et savoir qui sont nos dieux de foyer et nos guides personnels ou familiaux. Chose que j'avais déjà faite et les premiers contacts que j'avais eu c'était avec Odin, Thor et Freya, durant mes opérations à l'age de neuf ans, sans savoir qui c'était vraiment, à l'époque.
Voilà, donc je continue d'étudier et de cheminer, j'ai un rituel d'Auto-Dedication à ADF, à faire dans le cours Dedicant Path, je le ferai après Lughnasadh/Freyfaxi cette année, durant la période de Oðinnsumarblótar, qui célèbre sur une période de neuf jours l'auto-sacrifice d'Odin sur Yggdrasill.

* Yann Mab Beltan : Il faut tout d’abord faire un distinguo entre les mouvements néodruidiques et les différentes religions ethniques celtiques.
Une clairière néodruidique est une institution moderne (datant du XVIIIe siècle) qui vise à procurer des initiations néodruidiques et à se retrouver entre personnes ayant reçues lesdites initiations, selon un mode de fonctionnement similaire à la franc-maçonnerie.
Un « clan » celtique est un groupe de personnes, liées par une fraternité de sang ou par une fraternité jurée, qui pratiquent au quotidien les traditions celtiques, en particulier en matière de rites et d’éthique. Cela se fait sur le modèle des institutions tribales celtiques, qui remontent à l’Antiquité et ont continué après la fin de l’institution druidique et par-delà la christianisation. C’est la forme qui est préférée par la majorité des païens celtiques reconstructionnistes aujourd’hui dans le monde, sauf peut-être chez les francophones.
Ceux qui optent pour une forme clanique considèrent en général que le titre de « druide » ne peut se porter qu’après vingt années de pratique et d’étude intensives des savoirs druidiques (lesquels sont pour la plupart à reconstituer) comme dans l'antiquité, cette période devant mener à un apprentissage exhaustif, et ce uniquement par voie orale. Conclusion évidente : 99%, si ce n’est 99,99%, si ce n’est la totalité, des gens qui se donnent un tel titre ne remplissent pas ce critère.
Pour ce qui me concerne, après dix années de lectures universitaires, de pratique régulière des rites, et d’échanges avec les néodruides francophones les plus pointus comme avec les reconstructionnistes gaéliques les plus sérieux, j’estime que je serais seulement tout juste en mesure de commencer à essayer de reconstituer le fameux corpus, qui serait à apprendre entièrement par cœur par le candidat au rang de druide.
Autant dire que ce n’est pas pour tout de suite, et possiblement pas pour notre génération – mais comme les structures claniques ont par essence une vocation transgénérationnelle, ce n’est pas un si gros problème. Notre génération pose les bases d’une communauté fonctionnelle, solidaire, et vivante. La génération suivante structurera cette communauté et verra en émerger des meneurs talentueux, dévoués et bien formés. La génération qui viendra encore après celle-ci aura le terrain prêt pour une éclosion complète et naturelle d’une institution druidique. Celle-ci sera à la fois issue des plus anciennes et plus authentiques traditions, apte à exercer pleinement ses responsabilités dans les défis inouïs de son époque, et dédiée à bâtir un avenir pour les générations futures des siècles à venir.

* Penseur d'Odin : Je suis celtisant depuis mon début d'adolescence, ma passion pour la Gaule, la victoire de Vercingétorix à Gergovie, l'amour de mon temple (la forêt), ma terre, mon dégoût pour les religions monothéistes, manipulatrices et dévastatrices, m'ont conduit au celtisme.
Aujourd'hui, je pense que ma main est guidée par nos dieux, d'où mon pseudonyme d'écrivain, je suis admiratif de la civilisation viking [les Anciens Danes germano-scandinaves, dont les vikings désignent les aventuriers, ndr], ils sont les derniers porteurs des anciennes traditions, une continuité portée fièrement seuls face au christianisme.
Leur panthéon est à mes yeux la continuité des dieux Celtes (Lug/Oðinn, Cernnunos/Freyr, Epona/Freya, Taranis/Thor, Belenos/Baldr) : le celtisme est mon bâton de marche dans ce monde, il ne me quittera jamais. [Un peu comme le bâton de Merlin. Merlin : figure enchanteresse, syncrétique du Druide et du Dieu Magicien germano-scandinave Oðinn.
Il se raconte même, dans les milieux de la recherche, qu'Oðinn serait « un dieu récent » apparu à l'ère viking, c'est-à-dire après l'émergence de la légende de l'enchanteur.
C'est ainsi que des naïfs tels qu'Oleg de Normandie de Pagan TV, développent un confusionnisme culturel fou, sur la base éclectique et évasive de Jean Mabire : Thulé, le soleil retrouvé des Hyperboréens. – ndr.]

* Mervis Nocteau : Au fond, j'ai déjà répondu à ces questions précédemment. Et donc, je ne suis pas druide, mais si avec le druide Jean-Pierre Capelli, on considère que le druidisme c'est d'être dans la démarche de recherche celtisante (druide que je n'ai pas contacté, tant ses interviews sont nombreuses sur le net où vous trouvez aussi bien son courriel) … si donc avec ce druide, on considère que le druidisme c'est d'être dans la démarche de recherche celtisante, alors je ressemble à un druide, bien que je n'aie aucun lignage « assermenté ». Or, j'estime que cette « assermentation » fait une réelle différence, car il y a une filiation symbolique que je n'ai pas.
J'honore donc les druides et leur reconnais réellement une autorité spirituelle, même s'ils peuvent diverger, voire se disputer et se déshonorer parfois, dans leurs démarches ! C'est bon pour mon orgueil : cela me fait sentir « comme eux », et je leur reconnais du naturel, ce qui est quand même fondamental, comme avec les curés de campagne. Sinon, ils se prendraient pour des prophètes en se trompant de spiritualité !
Enfin, je dois répéter qu'en Jacétanie, de la Garonne à l'Ebre en passant par les Pyrénées, l'influence druidique était moindre, malgré les Celtibères. Dans les Pyrénées Occidentales où je vis, il y a la mythologie basque et la mythologie pyrénéenne ! C'est quelque chose de bien plus intéressant que le catholicisme qui rendit perfide la population locale, bien que sa hargne vienne de l'Antiquité païenne. Hargne et humilité font mauvais ménage, et rendent mesquins ! Puissions-nous nous émanciper de l'humilité, par Abellion ! Or il y a un orgueil de la modestie que nos anciennes connaissent très bien : elles sont à honorer comme les vaches rouges béarnaises !
Plus sérieusement, je n'ai pas forcément envie de devenir druide, bien qu'on m'ait déjà pris pour tel, et je me définis comme seiðanos – contraction de seibto et danos – comme je disais pour commencer. Le dictionnaire celtique de Joseph Monard vous aidera à comprendre ce que je veux dire par là, mais la meilleure traduction me semble-t-il, serait donc musardement, je répète : sorceleur.

 

 

 4. Qu'est-ce que le druidisme ? Pour quoi faire, et à quelle fin ? Comment se déploie-t-il spirituellement ? Et comment vivez-vous les cérémonies, ainsi que les adeptes non-druides ? Qu'avez-vous à dire de son image publique ?

* Morgan : Pour la Gorsedd le druidisme n’est pas une religion mais une philosophie de la Nature. La Gorsedd se définit comme une société de pensée non dogmatique. De par ses origines celtiques, la Gorsedd défend également la culture bretonne, la langue bretonne étant d’ailleurs sa langue officielle. Elle utilise toutefois le français comme langue usuelle de travail et de recherche en particulier avec ceux de ses membres ne connaissant pas suffisamment le breton. L’anglais nous permet de communiquer avec nos frères de Galles et de Cornouailles.
La prière de la Gorsedd est adressée au Sans-Nom : un silence est observé, pendant lequel chaque membre prononce intérieurement le nom qui correspond à la conception qu’il se fait de la ou des divinités, de l’Être Suprême, du Principe Premier etc. Cette relation est ramenée à l’appréciation individuelle de chacun. Les cérémonies ont toujours lieu en extérieur près d’une fontaine, en bord de mer, dans un bois, dans un cercle de pierres ou en plein champ.
Les visiteur(e)s sont invité(e)s à participer si ils/elles le souhaitent, sauf dans le cercle de pierre dont l’accès est réservé aux membres confirmés. La Gorsedd annonce toujours publiquement la date de la cérémonie annuelle ouverte au public, elle contribue, dans la mesure de ses moyens, à populariser l’existence d’un courant druidique contemporain ouvert. Il y a encore beaucoup de travail à faire pour redresser des préjugés courants : aspects sectaires, élitisme, extrémisme politique ou niaiseries new age ou folkloriques.

* Lugvidion : Pour tenter une définition triptyque, le Druidisme mérite autant d’être qualifié de religion, de philosophie, que de spiritualité :

  1. Religion, dans la mesure où l’initiation druidique est de nature sacerdotale (relative à la première « fonction » définie par Georges Dumézil) et où sa pratique est volontiers collective.
  2. Philosophie, car dans les religiosités païennes, il est plus important de savoir que de croire. Un certain nombre de préceptes de vie nous sont parvenus, notamment sous forme de triades, à portée philosophique (par exemple « honorer les Dieux, exercer son courage, ne rien faire de bas », que Diogène Laërce nous rapporte dans sa Vie, doctrine et sentences des philosophes célèbres).
  3. Spiritualité, parce que l’initiation druidique vise à éveiller la conscience. Cet éveil, ainsi que les questionnements sur l’immortalité de l’âme, participent à l’accomplissement personnel de l’individu.

Les cérémonies sont de trois ordres : calendaires (pour célébrer les 8 fêtes annuelles), initiatiques (marquant les étapes du cheminement de chaque membre) ou familiales (bénédiction d’enfant avec présentation aux éléments, mariage, funérailles).
À l’intérieur du cercle, les cérémonies sont toujours vécues comme des moments intimes, où l’on sait être à sa place : au bon endroit, au bon moment. Les sympathisants qui nous accompagnent assez régulièrement apprécient aussi ces instants un peu hors du temps, où les symboles font sens et où c’est la vie elle-même qui est célébrée, en confiance.
L’expression du Druidisme est aujourd’hui si discrète qu’il n’y a en pratique aucune opinion publique sur lui.
Cependant, pour les rares personnes s’intéressant au sujet, il n’y a pas un druide, mais deux : d’une part le personnage historique, qui a vécu, d’autre part le « néo-druide » contemporain.
Le premier jouit d’une image positive : savant, sage, il est un référent. Il est ainsi d'autant plus difficile au second d'être crédible que cette image d’Épinal (réaliste historiquement) est plus idéalisée. Mais si le druidisant contemporain ne jouit pas de la même sympathie, ce n’est pas tant par manque de compétence, que par convention sociale.
Je m’explique : dans notre société, la perte de valeurs est telle, que la défiance de nos concitoyens est immense envers tous ceux qui pourraient, de près ou de loin, s’ériger en censeurs. Comme expliqué plus haut, les repères éthiques véhiculés par les Druides sont pourtant bien loin des dogmes qui furent imposés par le clergé chrétien, dans une attitude moralisatrice que partagent visiblement tous les « clergés » monothéistes.
Les Druides contemporains, légitimement positionnés sur un plan spirituel, ne s’expriment généralement pas sur l’actualité, relevant du niveau temporel. Peut-être devraient-ils, parfois, donner leur point de vue sur l’Homme et notre société actuelle … si l’occasion leur en était donnée.

* Druvis ananmatis : Le mot « druidisme » n'existe pas. Le suffixe « -isme » explique une doctrine (cf. fascisme, communisme, maoïsme, taoïsme). Or, les Druvides sont réunis au sein d'une Fraternité. Sont Druvides : les Vates, les Veledes et les Druvides « comnertoi » (confirmés).
Chaque corporation a ses propres règles, ses propres objectifs (un Vatis sera un enseignant, un devin, un invocateur, un guérisseur...Un Veles sera médecin, prophète, juge, avocat, historien … Un Druvis sera un constructeur, un ambassadeur, un théologien, un philosophe, un astronome … )
Nous retrouvons là l'élite intellectuelle de la Société Celtique.
Tous n'étaient pas religieux. Un astronome, un chirurgien, un ambassadeur, un historien ne s'occupent pas de Baracacai (choses de religion).
Les cérémonies sont prononcées en Celtique Ancien, la langues de nos aïeux.
La cérémonie est normalement prononcée par un Vatis. Le Druvis, n'est présent que pour certifier « les accords » du monde Sacré.
En respectant le schéma traditionnel de tout rituel. Nous ne cherchons pas à faire du prosélytisme, nous sommes une Confrérie Initiatique. Vient, celui qui « sent l'appel ». C'est lui qui nous trouve, non l'inverse.
Quand à son image publique, je ne m'en soucie pas.
Les « profanes » sont englués dans leurs affaires de la vie courante, vie active et trépidante, réglée par les Dirigeants de la Société actuelle. De fait, il ne leurs reste que peu de loisir pour se consacrer au « sacré ». C'est le but de cette Société actuelle. Elle y réussi d'ailleurs fort bien ! L'humain d'aujourd'hui est bien « neutralisé », disons soumis à toutes ses « obligations ». Et même il en redemande : l'homme est le seul animal à adorer ses chaînes.

* Dianann : Le druidisme est à la fois une philosophie de vie et la spiritualité de nos ancêtres.
Pour quoi faire ? … Demanderiez-vous à un catholique pour quoi faire et à quelle fin l’est-il ? Nous sommes tous des êtres spirituels. Certains ont trouvé leur chemin, d’autres pas. Certains dans les grandes religions établies, d’autres dans des voies plus païennes.
Les membre de l’OBOD sont disséminés un peu partout, ils pratiquent en solitaire, ou se regroupent en Clairières. Nous célébrons 8 fêtes et j’organise avec des amis un rassemblement annuel afin de permettre à ceux qui n’ont pas la possibilité de rejoindre une Clairière, de se rencontrer, de partager et célébrer en commun.
Les cérémonies sont importantes, bien que je considère que nous ne sommes pas Druides 8 fois par an mais 24 heures sur 24. Nous suivons, par ces célébrations, les cycles de la nature. Elles nous permettent de nous connecter encore plus profondément et d’honorer notre Terre-Mère, notre Ciel-Père, nos Dieux et Déesses, les esprits de la nature et de nos ancêtres.
Nous avons célébré en 2017 les 300 ans de la renaissance druidique [avec le franc-maçon écossais John Toland, libre-penseur spinoziste, lui-même inspiré par le chef-druide d'un celtisme résiduel : l'Écossais John Aubrey du Bosquet Mount Haemus d'Oxford, sachant que la denrière mention de druides historiques date du VIè siècle avec le barde Taliesin et du Xè siècle, autour d'un roi irlandais, ndr]. Si notre spiritualité était au début réservée à quelques adeptes, elle est désormais accessible à tous ceux qui le désirent. Les Druides ne se cachent pas et les non-druides sont les bienvenus dans ma Clairière.
Quelle image publique du druidisme ? J’avais l’impression voici encore une vingtaine d’années que l’on nous prenait pour de joyeux farfelus ! J’ai très nettement la sensation que ça a changé et que nous incarnons une certaine sagesse, probablement pour deux raisons : la première est que les gens nous connaissent mieux, la seconde est que de plus en plus de personnes se trouvent coupées de leurs racines, en décalage avec notre monde trop matérialiste et ont besoin de revenir à des fondamentaux.

* Dervonna Rowan Hawthorn : Les druides sont les prêtres de la nature. La nature elle-même et les lois du cosmos sont les lois des druides. Ils vivent par elles, ils agissent par elles, ils créent selon ces principes.
Je n'aime pas les hiérarchies, ni les idéologies préfabriquées. C'est pourquoi je suis une druidesse des RDG (Reformed Druids of Gaia), l'anticonformiste absolue.
Ici, vous n'êtes pas élevé pour être un druide selon des règles ou des règlements. Il n'y a qu'une seule règle : la nature est bonne.
Oui, la nature est vraiment bonne.
Nous construisons le druidisme comme le font les anciens druides … à l'ancienne manière : nous la construisons pendant que nous sommes sur son chemin !
Nous créons une danse d'énergies qui, miraculeusement, dans une harmonie subtile, se maintiennent en équilibre. Nous atténuons les excès, nous unifions les paradoxes, nous intégrons et tirons des informations dans le champ morphogénétique.
La plupart des druides mènent une vie assez solitaire. Rares sont ceux qui possèdent un Nemeton [un sanctuaire, ndr] qu'ils utilisent pour des rituels publics. Le contact avec des non-druides, pendant les cérémonies, est donc plutôt rare. De grands ordres druidiques bien connus organisent des rituels publics. Beaucoup de gens s'y rendent parce que ces ordres sont assez bien connus.
Les Reformed Druids of Gaia sont plus connus aux États-Unis. Ici, en Europe, presque personne ne les connaît. C'est pourquoi nos rituels se déroulent dans des cercles privés plutôt qu'en public.
Quoi qu'il en soit, notre principale caractéristique dans la liturgie est le « partage de l'eau de la vie ».
A l'origine, ces rituels étaient assez drôles, car l'eau de la vie était en fait du whisky … Nous rions beaucoup. Nous essayons de ne pas nous prendre trop au sérieux, et c'est l'une des philosophies de base des druides réformés.
Je pense que le druidisme, contrairement au paganisme général (sorcières, paganisme germanique, Wicca et magie cérémonielle), a une acceptation assez positive. Beaucoup de gens associent les druides à Merlin, Gandalf ou Dumbledore et pas nécessairement au satanisme. Le satanisme ou le culte du diable est, de l'extérieur, plutôt associé malheureusement à ce qui précède.

* Kalon Keltagena Dea Bandrui : Le Druidisme touche à notre spiritualité, et la spiritualité est pour nous le sacré.
Par exemple de l’Ordre humain dépend l’ordre naturel ; dans cet ordos à petite echelle (microcosme), il existe un ordre plus grand (macrocosme), si ce savoir disparaît, si le lien naturel disparaît, si l’artifice remplace la sagesse … alors l’ordre sacré, le spirituel est rompu.
Par l'étude, l'utilisation des symboles, la référence à la culture celtique, la célébration des saisons, des cycles naturels, y compris les cycles mort/naissance, l'honneur et la dévotion aux divinités, les vertus, le respect de la lignée, des ancêtres … nous sommes dans une tradition vivante. Le druidisme se place entre science et sagesse. Il appartient c'est vrai à un teritoire donné : l'Europe. Mais les druideries sont différentes selon le pagus [le pays, la contrée – ndr]. Dans le Nord de la France ce n'est pas du tout les mêmes que dans le Sud, ou encore en Allemagne, en Espagne … les druideries diffèrent quelque peu. Mais nous avons tous des valeurs communes auxquelles nous pouvons nous référer.
Les cérémonies sont un temps hors du temps, perméable, sacré, dans lesquelles s'inscrit une géométrie sacrée ; un cercle, une croix-les 4 espaces, un centre-l'axe, un point de mire-le feu …
Pour les druides, les cérémonies sont comme le microcosme, reflet du macrocosme ; en quelque sorte lorsque nous ritualisons nous recréons l'Ordre sacré de l'univers. Au sein du cercle, tout a une place. Le rite donne du sens, celui de la marche céleste …
Le cercle dans lequel nous ritualisons est toujours en création et en renouvellement. En faisant des circambulations dans celui-ci, nous parcourons les chemins du sacré, ceux de la vie, de ce qui croît & décroît …
Mircea Eliade dit du cercle cérémoniel, que « le sens profond de tous les rituels nous semble clair : pour bien faire quelque chose, ou refaire une intégrité vitale menacée, il faut d'abord retourner "à l'origine" puis répéter la cosmogonie. »
Nuin, ancien chef de l’OBOD, disait du rituel qu’il était de la « poésie en gestes ».
C'est vrai le rite est un acte pensé par l'esprit, décidé par la volonté, exécuté par le corps.
Le rite, inscrit le sacré dans une vision du monde supra-rationnelle. Ritualiser est un art, qui passe par le souffle des mots, la danse des gestes, une harmonique, une volonté créative de chacun.
Mais le rituel n’a de sens, que lorsqu’il est accompli avec une intention profonde et authentique.
Le rite est une queste pour la pensée, il porte l'espoir, il Est une fête, il Est émotion.
Dans notre druiderie internationale, nous avons plusieurs groupes, qui honorent un panthéon celte différent, ce pour quoi nous avons une trame commune et lorsque nous définissons une date pour une célébration, chacun se prépare a l'avance et travail la trame, la tâche qu'il aura à effectuer au sein du cercle, et chacun participe à mesure de ce qu'il peut fournir, certains se laissent guider uniquement à l'inspiration.
Le rite, le cercle existe car tous participons à sa création. C'est pour notre fraternité, à l’état de clairière en France, une œuvre commune. Et c'est aussi une occasion pour les cheminants de mettre en pratique ce qu'ils étudient chez eux ; « c'est en forgeant que l'on devient forgeron ».

* Eikthyrnir Odinson : Le Druidisme pour moi, est un long travail d'apprentissage pour apprendre à s'harmoniser avec la nature et ses cycles, travailler sur son développement intérieur, des recherches historiques, linguistiques, et philosophiques. Apprendre à tisser des liens avec les divinités, les ancêtres, et vivre notre vie avec une plus grande conscience, comme un supplément d'âme.
Je vis les cérémonies en solitaire et/ou en petit comité avec famille et amis. J'ai une approche très clanique et familiale. L'image publique du druidisme est souvent un peut tournée en dérision, ça me va j'aime beaucoup rire avec notre image.
Mais ça intéresse les gens quand même, surtout ici en Bretagne, les Druides ici c'est comme en Irlande ou en Écossé : on fait partie des meubles. Je pense que nous pouvons quand même rester fiers de notre tradition et de nous-mêmes, être druide pour moi c'est suivre un sentier en perpétuel construction, et rester droit et debout sur ce chemin.

* Yann Mab Beltan : Le Hengoun Breizh est essentiellement basé, comme les autres religions ethniques européennes, sur les mythes, les rites, et l’éthique.
Les mythes sont une manière d’appréhender le monde qui est complémentaire au raisonnement logique et à la méthode scientifique : ils permettent de transmettre des données symboliques, des valeurs, des codes de compréhension mutuelle plus efficace et plus profonde.
Les rites ré-actualisent les mythes et en sont l'expression concrète. Ils forgent les liens collectifs, ancrent les mythes dans la matière et assurent leur transmission. Par la danse, le vêtement, la musique, la parole, l’artisanat rituel, ils sont aussi le lieu de rencontre de tous les aspects artistiques d’une tradition vivante. N’oublions pas que le théâtre est initialement un rite religieux.
L’éthique règle au quotidien notre comportement : « honorer les dieux, ne rien faire de mal, s’exercer au courage », disait la maxime druidique citée par Diogène Laërce.
Ces trois éléments (mythes, rites, éthique) peuvent, pour ceux qui ont été perdus, se reconstituer par une méthodologie rigoureuse, dite « reconstructionniste », qui se base, dans cet ordre, sur :

  1. Les preuves archéologiques ;
  2. Les sources littéraires (auteurs grecs et romains, mythes irlandais et gallois mis par écrit après la christianisation) ;
  3. Les survivances folkloriques (contes et légendes populaires, coutumes paysannes, catholicisme populaire dont nombre d’éléments ne relèvent pas du christianisme originel) ;
  4. Le comparatisme selon la méthode de Georges Dumézil (qui n’est pas un syncrétisme ou un fourre-tout, mais se base d’abord sur les éléments partagés par plusieurs traditions indo-européennes, donc apparentées aux traditions celtiques : celles encore vivantes étant l’hindouisme et le zoroastrisme ; celles éteintes mais bien documentées étant la religion romaine, la religion grecque, et dans une moindre mesure la religion scandinave).

Aux yeux de la plupart des gens, toutefois, le terme de religion ethnique bretonne (ou celtique) évoque invariablement les mouvements néodruidiques, et leur évoque même généralement les moins proches de l’héritage de nos ancêtres. [Yann Mab Beltan me dit faire référence surtout, à l'Assemblée Druidique du Chêne et du Sanglier et l’École Druidique CillDara qui en est issue, ainsi que la Kredenn Geltiek Hollvedel (scission païenne de la Gorsedd) dont est issue la Celtiacon Certocredaron Credima. Et, pour certains de ses membres, le Groupe Druidique des Gaule.
Nombre de ces druidisants selon Yann Mab Beltan, n'assumeraient effectivement « ne pas être une religion mais une philosophie », tout comme l'assénait le druide Morgan de la Gorsedd, ndr.]

* Penseur d'Odin : Une vision poétique de la vie, un bâton de marche dans ce monde de fous. Un éveil des consciences.

* Mervis Nocteau : Le druidisme est une notion moderne. Le suffixe *isme avec Druvides (dru-vis, indécidablement « dru » ou « boisé » « connaisseur ») indique donc une mouvance moderne. Cela tombe bien, puisque le druidisme a trois siècles maintenant, issu d'une sourde tradition scots et de tous les folklores européens ! … Donc, en fait, il n'y a pas aujourd'hui de druidisme, mais des druidismes, puisque la mouvance s'est diffusée diversement par les contrées nord-atlantiques modernes et contemporaines.
Avant de se déployer spirituellement, il se déploie associativement, mais celui qui est dans la spiritualité, peut sentir qu'il y a là un Deuogdonoion, une dynamique concourante par le sort, entre dieux et hommes (sans oublier les ancêtres et les faés). Nous sommes les corps, plus ou moins associés, de cette spiritualité : sans nous, elle ne s'exprimerait pas, c'est donc que les dieux et les faés ont besoin de nous comme nous avons besoin d'eux, même si nous ne nous rendons pas les mêmes types de services – ni ne nous créons les mêmes types de problèmes !
Tout à l'heure, je disais que c'était une quête traditionaliste, que je suis un indigène de la République ; puisque toute communauté, pour faire communauté, s'enracine en un temps, une terre et une culture, et que ce n'est pas xénophobe de le dire contrairement aux délires universalistes contemporains : l'universalisme n'est qu'un expansionnisme qui feint de s'ignorer en tant que tel (expansionniste).
Aussi, pour ce qui me concerne, j'aurais tendance à catégoriser les druidismes « à droite », mais paradoxalement une droite non-traditionnelle, puisque ça n'est pas catho-tradi ! Au contraire, c'est quelque chose comme « de Nouvelle Droite », bien qu'enraciné de façon plus archaïque.
Néanmoins, j'ai déjà rencontré beaucoup de ce que j'appelle « les gauchistes » dans les druidismes : c'est tout le côté écologisant qui les attire évidemment, et aussi malheureusement des trips new age ou syncrétiques plus douteux. Ceci étant dit, le respect de l'environnement est aussi important pour une certaine droite, tandis que toutes les traditions évoluent : elles sont étymologiquement trans-duction (tra-dition) à savoir qu'elles font des liens intergénérationnels.
Si j'ai bien compris, l'humanitaire intergénérationnel est normalement aussi de gauche, et le passage d'une génération l'autre implique fatalement des évolutions à rythme humain, ce qui serait de gauche en plus d'autoriser des formes de new age. Et pour moi toute les féeries ont leur place ! … Bref, « nouvelle droite » et « gauche humaine » ont beaucoup plus de points communs qu'elles ne s'imaginent, et comme toujours ce ne sont que de piètres étiquettes politiques derrières lesquelles chacun met ce qu'il veut.
J'honore mes dieux en les évoquant quotidiennement, parfois en les invoquant. Je songe aussi quotidiennement à mes ancêtres, et j'escompte toujours l'appui des faés dans mes démarches. Quand la lune est pleine ou nouvelle, je sacrifie des éléments symboliques aux dieux après le crépuscule, avec des prônes concordants.
Par exemples, une pomme à Abellion ou du lait à Ðirona, dans un Nemeton (sanctuaire) adéquat : un lieu naturel, car je n'ai pas les moyens de développer un temple druidique. Dans l'idéal évidemment, je ne suis pas seul (les celtisants ne courent pas les rues) mais Internet rend des rencontres possibles aujourd'hui.

 

5. Le druidisme contient-il de sombres secrets, ou merveilleux ? Si oui, pouvez-vous nous en donner un avant-goût ? Et confère-t-il des « pouvoirs », naturels et/ou surnaturels ? Si oui, lesquels ? … Ces questions sont-elles influencées par l'image publique du druidisme ?

* Morgan : Je ne crois pas que le druidisme contienne de sombres secrets. Nous ritualisons sous le Soleil, Œil de Lumière. Merveilleux ? Pourquoi pas, en fonction de la capacité de chacun à s’émerveiller de la beauté du Monde et de la Nature. Il peut conférer un pouvoir de faire rêver ou imaginer des mystères, il peut avoir un aspect romantique.
Je pense que beaucoup de gens y placent parfois une charge mythique ou des images d’Épinal au ras des pâquerettes (Panoramix !). Cela ne doit pas nous détourner de la volonté de le défendre et le promouvoir comme un courant de pensée digne, sensé, cohérent, tolérant, humaniste.

* Lugvidion : L’image du Druide est toujours, au moins en partie, liée à la magie. Cette dernière est bien maladroitement présentée, sur nos écrans. Loin du sensationnalisme, les modifications les plus importantes qu’elle apporte sont d’ordre intime (« la porte est en-dedans »). Le cheminant en druidisme apprend ainsi à se satisfaire des petits miracles qui se déroulent en son for intérieur et qui, finalement, confèrent en effet à sa présence aux autres, une qualité spéciale.

* Druvis ananmatis : Ce qui est secret doit resté secret, sinon, il ne l'est plus, non ? [Bonne réponse, ndr.]

* Dianann : C’est une question que les nouveaux membres ne me posent jamais, la recherche de la spiritualité est une recherche intérieure, une quête de sagesse et d’harmonie, surtout pas une quête de pouvoir.
Notre pratique constante de la méditation et notre lien avec les esprits de la nature et les « Autres-Mondes » nous permettent d’affiner notre sensibilité, de vibrer en harmonie avec le monde.
Le druidisme est toutefois une voie initiatique, l’enseignement n’est dévoilé qu’au fur et à mesure de l’apprentissage, nous pratiquons des rites d’initiation et il faut plusieurs années pour être Druide.
Mais nous ne sommes pas des sorciers au sens où l’on peut l’entendre, car la magie est partout, pour moi enserrer un arbre est un acte magique ! Si nous avons un pouvoir, j’aime à croire que c’est celui de ré-enchanter le monde, en tout humilité.

* Dervonna Rowan Hawthorn : Comme toute autre initiation, le druidisme est une porte ouverte sur l'inconscient. Il n'y a pas de sombre secrets, et il n'y a pas de connaissance secrète, sauf tout ce qui se trouve en soi, dans son propre inconscient et ADN. Et comme tout autre chemin spirituel, la recherche et la découverte sur ce chemin sont toujours très personnelles, très particulières et très individuelles.
On peut dire avec certitude que le druidisme nous connecte avec nos Soi supérieurs et intensifie nos sens. Tout le monde en a la possibilité, car tout le monde possède une glande pinéale. C'est la véritable porte d'entrée vers le surnaturel et les autres dimensions de l'existence. Le véritable secret consiste à trouver cet accès individuel à soi-même pour se connecter aux autres dimensions du cosmos et de l’existence.

* Kalon Keltagena Dea Bandrui : Pour moi, il n'y a pas de secret, sombre ou merveilleux. En revanche, par l'étude, la méditation, la pratique, le chant … nous pouvons atteindre des états modifiés de conscience qui nous permettent de soulever le voile de ce qui est communément admis, cela nous permet d’atteindre une autre forme de « voir », une reco-naissance, reliés à l' esprit des premiers Humains, ancrés et centrés.
C'est stimulant et nourrissant, de communiquer avec tout le vivant, les esprits, les dieux, les ancêtres, de voir au travers des mondes. Le secret s'il en est un, c'est de savoir que rien ne pousse sur un sol mauvais, ainsi dans la vie profane ou sacrée, nous cultivons la pensée positive, nous déployons nos ailes, et bâtissons des bases solides, pour nous rendre capables de réaliser toutes les magies nécessaires a notre élévation spirituelle.

* Eikthyrnir Odinson : Je dirais qu'il y a une part d'ombre et de lumière, que nous devons trouver l'équilibre. Et qu'on peut développer certaines capacités liées à l'ésotérisme, à la charge des esprits ou des dieux, mais comme dans toute tradition première, dans le chamanisme de Laponie ou chez les Amérindiens, on trouve le même genre de choses, chez les Yogi ou les Brahmanes aussi en Inde.
Mais chez les gens ordinaires aussi, comme le cas de Nicolas Fraisse, qui fait des Expériences de Sortie du Corps comme je peux en faire, tous les jours. Mais lui est dans une très grande neutralité spirituelle, qui rend son cas très intéressent, il a été l'objet d'une étude par le centre de recherche ISSNOE basé à Genève.
Je pense que le plus important c'est de laisser les choses venir a nous, ce qui doit ce développer, et ne pas courir après. Il m'est arrivé de vouloir aider les gens ou qu'on me demande de l'aide pour apprendre a développer ces capacités, hors quand les gens n'y arrivent pas, c'est que souvent ils sont trop pressés. Nous vivons dans une époque ou tout doit aller vite pour être « efficace », il ne se remettent pas assez en question et on tendance bien souvent à crier avec les loups à l'imposture.
On m'a souvent qualifié de gourou ou alors émis l'hypothése que j'étais sous l'emprise d'un maléfice ou d'un égrégore, hors pour être dans un égrégore, il nous faut appartenir à un groupe. Les gens aime mieux colporter des ragots bien souvent plutôt, ça leur évite de travailler sur eux. C'est vrai que c'est difficile, et que ça prend du temps.
L'idée d'aller vite et qu'en quelque sorte le druide doit tout maîtriser vite et bien, je ne pense pas que ce soit le cas en ce qui concerne l'apprentissage, la maîtrise et la mise en pratique de techniques extatiques ou magico-religieuses comme le « Seiðr » ou l'« Imbas forosnai ». De mon point de vu ça demande du travail sur des années pour y arriver et pour stabiliser la capacité à développer. Il faut apprendre à changer durablement la chimie de notre cerveau, notamment la glande pinéale, et il faut endormir ou mettre en veille la partie droite du cerveau au profit de la gauche.
Ce qui demande un savoir-faire lié à une pratique quotidienne de la méditation, dans le cadre d'une maladie initiatique qui peut être favorable le développement peut induire une forme de guérison et être lié à des traumatismes multiples, sans oublier le caractère héréditaire.
Au final la quête de pouvoir absolument est inutile et ne peut conduire qu'à un échec cuisant.

* Yann Mab Beltan : Que ce soit en matière de religion ethnique celtique ou de néodruidisme, il y a l’endroit et l’envers du décor. Comme le Hengoun Breizh n’a pas une façade très ornée ni très grande, il y a probablement peu de mauvaises surprises derrière (sauf si on y cherche un doudou spirituel façon new age, auquel cas on s’est trompé de porte et va au-devant de grosses et promptes déceptions).
Concernant le néodruidisme, c’est au contraire si on y cherche une religion ethnique celtique basée sur un héritage ancestral qu’on va au-devant de déceptions. Cela dépend toutefois essentiellement des groupes : plus ou moins sains dans leur fonctionnement et leurs membres (comme tous les groupes humains, quels qu’ils soient !), plus ou moins intéressés par le fait de s’approcher de notre héritage ancestral, plus ou moins honnêtes sur l’origine de leurs filiations initiatiques et de leurs pratiques (la légende de la « tradition ininterrompue » a la vie dure, normal puisque c’est vendeur). [Et, cahin-caha comme toutes les légendes, il contient peut-être un substrat de réalité, serait-il folklorique, ndr.]
En matière de « pouvoirs surnaturels », j’ai été témoin de certaines choses qui m’auraient laissé plus que sceptique une heure auparavant. Toutefois, je ne crois pas qu’on puisse les acquérir : soit il s’agit de dons pré-existants qu’on se contente de découvrir, maîtriser et développer, soit il s’agit de bénédictions que nous pouvons recevoir en demeurant en conformité avec l’ordre du cosmos, que nos mythes disent avoir été façonnés par les dieux.
Quoi qu’il en soit, cela reste essentiellement secondaire, car le superpouvoir dont je suis le plus satisfait reste celui de dédier ma volonté à m’approcher autant qu’il est possible du comportement d’un homme digne de ce nom : fidèle à sa parole, solidaire envers les siens, courtois avec les inconnus, attentif à sa terre. Ce qui est beaucoup dans l’Europe de notre temps.

* Penseur d'Odin : Des secrets merveilleux, je pense.

* Mervis Nocteau : Oui, les druidismes contiennent de sombres et merveilleux secrets, et disons plus généralement : le celtisme. Du moment que vous vous lancez dans la quête spirituelle sérieusement, comme dans toute démarche spirituelle, il se fait qu'adviennent des forces qui vous dépassent. Littéralement des super stantes res en latin, c'est-à-dire « des choses qui se tiennent au-dessus », des superstitions réelles. Mais quel impact cela a-t-il, au-delà du psychologique et de l'abandon de quelques sacrifices à la nature ?
Comme je le disais tout à l'heure, la spiritualité, c'est nos corps qui s'associent pour la pratiquer. L'impact est cultuRel, sur une base cultu-elle. Mais si vous ôtez le culte à une culture, il ne vous en reste plus grand-chose en vérité, en dehors du divertissement et heureusement de l'art talentueux, à condition de le cultiver !
Le culte, que vous ayez l'esprit religieux ou pas, est le cœur vivant d'une culture. Pour moi c'est indéniable. La dimension religieuse motive à aller au-delà, toujours, et ce n'est pas qu'un jeu de mot.
L'ancien druidicat ou Druvidiacto – tout comme les meilleurs clercs contemporains, toutes religions confondues, il faut leur laisser cela – cherche à ce que « l'émanence des choses » ait du sens. Peu importe comment vous la nommez ou la qualifiez, l'existence n'est pas quelque chose que l'on peut fragmenter, compartimenter, spécialiser et industrialiser sans rien faire au-delà.
La Druvidiacto prônait la réincarnation ! Quant à savoir s'il s'agissait d'en finir avec les cycles comme dans l'hindouisme, ou bien d'un éternel retour, c'est une histoire qui n'est pas claire. Certains druidismes même français, s'inspirent du védisme hindou. Pour ma part, je crois en l'éternel retour, en tant que nietzschéisant, et ce n'est pas du tout confortable : voudriez-vous vous réincarner sur une Terre épuisée par l'industrialisme actuel, soumise aux pires corporations ? …
De même que je n'ai rien contre l'orgueil, je n'ai rien contre l'égoïsme, et c'est ainsi que je démarche pour mes futures incarnations.
Au reste, il faut se la coltiner, l'existence ! et quelque part une « mort morte » irréligieuse, ou bien une « mort vivante » monothéiste et même védo-druidique, me semblent des fuites. Si vous appreniez que vous êtes « condamnés à revivre sempiternellement » les affres et les gloires de la vie, il n'est pas dit que vous auriez à vous en réjouir.
Si « pouvoir surnaturel » druidique il y a, c'est dans le redéploiement du « plan de vie », si vous voyez ce que je veux dire. Après tout pourquoi pas ? Sans parler de la parapsychologie des « vies antérieures » (et « postérieures » du coup) qui sont actées par un physicien, G.N.M. Tyrell dans son ouvrage the Personality of Man, traduit en français par Au-delà du conscient. Et ce n'est pas tout, puisqu'il existe en France un Institut Métapsychique International (IMI). Vous avez dit « pouvoirs » ? Dans un sens, c'est « chamanique », mais seulement dans un sens, je vous rappelle que je suis seiðanos avant tout. Mais il faut voir Corine Sombrun sur la question tout à fait scientifique.

 

6. Pourquoi les Français ont-ils tant de mal à se fédérer et/ou faire reconnaître ? Comment sont-ils fédérés et reconnus pour le moment ?

* Morgan : Je ne peux répondre pour les Français car je n’en connais pas tous les courants. En Bretagne, en ce qui concerne le druidisme breton, il y a la Gorsedd de Bretagne et la Kredenn Geltiek Hollvedel et ses scissions et bien sûr d’autres groupes plus ou moins indépendants. Je pense que dans le druidisme breton, on devrait pouvoir se reconnaître mutuellement.
Nous l’avons fait déjà avec certains autour d’une charte qui définit un certain nombre de principes communs fondateurs d’une fraternité possible. Je pense que le druidisme est riche de ses différences et qu’il doit le rester mais dans la tolérance réciproque. Il ne faut pas confondre esprit d’indépendance avec querelle des egos.

* Lugvidion : Dans leur immense majorité, les collèges druidiques sont déclarés comme association de loi 1901. Créer une instance globale pourrait donc consister en la déclaration d’une association d’associations, toujours sous le statut de 1901.
Or, en réalité, les druidisants sont à ce jour assez peu nombreux, peut-être un millier, dont environ 200 exercent des responsabilités, au sens associatif du terme, répartis dans toute la France [si l'on compte les personnes sympathisantes sur les groupes Facebook, on peut arriver à 10.000, même en tassant le nombre, et c'est sans parler des autres groupes européens en Espagne, Allemagne, Italie, etc., ndr]. En imaginant, de façon très schématique, que cela représente en moyenne deux personnes par département, comment faire vivre un bureau associatif dans ces conditions ?
Une représentation commune semble difficilement envisageable sans une augmentation préalable significative du nombre des druidisants.

* Druvis ananmatis : Je ne m'occupe et ne m'intéresse qu'aux personnes se reconnaissant comme Celtoi. Les Français, soumis et émerveillés, vivant dans la Société actuelle (présentement la République) m'indiffèrent. [Cette réponse ignore l'allusion aux druides français dans la question, à mon avis volontairement, ce qui est une leçon pour qui sait la comprendre : l'auteur m'avait certes demandé de « bien poser mes questions », ndr.]

* Dianann : Nous ne pratiquons pas de prosélytisme, aujourd’hui ceux qui nous recherchent nous trouvent, preuve en est le nombre croissant de membres dans notre Ordre. Et je pense que c’est très bien ainsi, notre société est habituée à tout recevoir facilement. La recherche spirituelle est une quête du Graal.
Il existe de nombreux groupes en France, avec des pratiques parfois différentes, mais toujours un fond commun. Nous nous connaissons, nous nous rencontrons pour certains, nous pouvons ne pas nous apprécier pour d’autres, le Druide reste un humain et le Gaulois aime son indépendance ! Fédérer a toujours été compliqué dans tous les domaines, spirituels, politiques ou associatifs nous le voyons bien. Je ne suis pas certaine que créer une fédération des Druides de France soit le plus important aujourd’hui.

* Dervonna Rowan Hawthorn : Là, tu me poses une colle … Je suis Italienne …
Non mais, comment se présente le druidisme en Italie ? Se fédère-t-il ? et avec d'autres druidismes (France, Suisse, Autriche, Slovénie, etc.) ?
Il existe des projets valables pour la reconstruction et la fédéralisation de la culture païenne, certains proposés par les ordres druidiques, d'autres par des associations culturelles comme Terra Taurina, d'autres encore par des associations païennes internationales.
L'Italie était divisée, dans l'Antiquité, en provinces gauloises [la Gaule cisalpine, ndr] et romaines. Tous deux ont eu une grande influence culturelle sur la population païenne de la péninsule italienne. Ceux qui tentent aujourd'hui de reconstituer le passé païen ont donc souvent du mal à trouver des points de rencontres entre les différentes influences culturelles qui sont restées disponibles : les Romains avaient d'autres usages et coutumes que les Étrusques, les Phéniciens ou les Celtes.
Dans le nord de l'Italie, on peut encore sentir quelque chose comme un « esprit celtique » qui résonne dans nos vallées alpines. Malheureusement, l'occupation romaine a effacé de nombreuses traces de la culture celtique, sans parler du christianisme qui a combattu le paganisme au sabre. Il n'y a pas eu de constante culturelle, à l'exception de certaines traditions, légendes et découvertes archéologiques, qui ont été préservées au fil des siècles, comme ce fut le cas dans les îles britanniques.
Que pouvons-nous donc faire pour une fédération païenne en Italie ? Pour l'instant, nous sommes tous encore trop occupés à nous attarder sur les différences culturelles et linguistiques, et sur l'importance d'un fil conducteur, que nous n'avons pas encore trouvé.
Le druidisme en Italie n'est pas très connu. Il est beaucoup plus fréquent de rencontrer des sorcières Wicca ou des personnes qui pratiquent la sorcellerie italienne étrusque-romaine. Il existe cependant aussi en Italie des ordres druidiques respectables, bien que moins connus que les ordres internationaux. Le druidisme reste souvent une voie solitaire, et ce, partout dans le monde.

* Kalon Keltagena Dea Bandrui : Je crois que c'est très Gaulois ; Vercingétorix a voulu unifier les teutas [les tribus/clans/peuples, ndr], mais trop tard, et nous sommes passés sous le joug romain ; malheureusement cela n'a pas servi de leçon … Peut-être est-ce une question d'ego ? dissimulé sous le masque de la « lignée » criée haut et fort, ou de la « vérité unique » … ou que sais-je encore …
Pour moi les confréries, les clans, les druideries se valent autant les unes que les autres ; certains font un travail considérable de reconstitution, d'autres sont régionalistes et effectuent un travail de mémoire formidable, d'autres sont plus contemporains et tentent une harmonisation très ouverte à l'image de notre XXIème siècle aux multiples facettes, d'autres encore marchent en solitaire.
L'important pour moi, serait le travail fourni, l'effort, l'attention, l'observance des vertus, la dévotion, et le respect de la mémoire.
L’Église a passé un bon coup de rabot sur nos traditions, et malheureusement nous ne pourrons jamais reproduire à l'exact le druidisme tel qu'il était pratiqué.
C'est vrai que les querelles d'obédience en France ne facilitent pas une crédibilité collective mais nous allons tous puiser aux mêmes sources !
Ces Sources qui lient les différents groupes seraient, peut-être selon moi, la référence à la culture celtique, l’utilisation de symboles (le triskèle, le tribann, le cercle, la croix druidique, les éléments, les animaux, les plantes … ), la célébration du cycle des saisons et les 4 « fêtes du feu », notre façon de concevoir le divin polytheiste, l'Awen [l'inspiration, ndr], les contacts avec notre Terre, ses lieux sacrés, ses terroirs, ses richesses et sa diversité, le jeu des polarités …
Notre univers est en perpétuel mouvement, et notre tradition justement orale, ne peut être figée dans du formol ; elle ne l'a pas été avant, car la tradition est faite pour être vécue et prolongée, c'est un matériel de construction, que nous ont légué nos prédécesseurs.
La druidité est mouvement ; si tant est que nous gardions pur l’esprit qui l'animait, peu importe le chemin, il y aura toujours ceux qui prennent les autoroutes et ceux qui prennent les petits sentiers …

* Eikthyrnir Odinson : Oulala ! il y a tellement à dire, je pense que le plus gros problème est lié à la soif de reconnaissance, l'envie que le druidisme ou le paganisme soient reconnus absolument par l'Etat, ou alors des problèmes de racisme liés à la monté de l'islam. Les Nordiques comme les Gallo-romains pour certains d'entre eux, cherchent à se fonder comme une base ou un socle, pour avoir un enracinement solide.
Les dérives de vocabulaire aussi, les gens insultes vite les autres dans leurs dos, les qualifiant de new age sans vraiment s'intéresser à ce qu'est ou ce qu'était vraiment le new age. Il s'agit d'une doctrine qui inclut des éléments chrétiens et hindous, plutôt basés sur le Christianisme, et qui vise à changer le monde. Or la plupart des gens qui sont qualifiés de new age par les autres n'ont pas envies de changer le monde et ne sont pas chrétiennes non plus.
Nous sommes là face à un abus de langage, comme l'usage du terme « Néodruide » pour sous-entendre que les « Néo » Druides ne sont pas des Druides. Les Druides étaient là à la période antique comme les Jeux Olympiques grecs ou la République romaine. L'époque a changé c'est vrai, mais comme l'ont dit une fois dans une interview les Druides Pêr-vari Kerloc'h et Pascal Lamour, parle-t-on aujourd'hui de Néo-République et de Néo-Jeux Olympique ?
Déjà, si les gens commençaient par ne plus avoir ce type d'abus de langage. ça commencerait mieux, comme la « Witchery » (sorcellerie) ou la Wicca, les gens commencent par faire la distinction entre les deux, et moi de même (j'avais tendance à utiliser « Wicca » de façon interchangeable avec « Witchery »).
Ensuite je pense qu'il y a le point de vue sur les dieux, outre le fait de savoir ce qu'est le paganisme et savoir ce qu'est le Druidisme en tant que religion de la nature. La question des dieux est souvent abordée avec le point de vu « Romana » (le point de vue de Rome) : pour la plupart des gens il n'y a qu'un panthéon et les noms changent d'un pays à l'autre ou d'une époque à l'autre, alors que les dieux sont bien plus anciens d'après mon expérience avec eux par la gnose et les Expériences de Sortie du Corps.
Ce qui nous reste de matériaux écrit est sommes toutes très peu, nous devons en tenir compte et ne pas nous limiter à cette vision je pense. Il est vrai que dans le cas des divinités gréco-romaines, entre les Grecques et les Romains les dieux sont interchangeables, et que chez les Celtes un certain nombre peut être interchangeable entre les Gaéliques et les Brittoniques, ou chez les divinités scandinaves et germaniques (continentales) en plus les Gaulois avaient des dieux vernaculaires associés à des lieux bien particulier, ce qui semble avoir été plus fluide chez les celtes insulaires.
D'après mon expérience les fonctions sont interchangeables, mais les dieux, eux, sont différents d'un panthéon à l'autre.
C'est difficile je pense, de mettre tout le monde d'accord là-dessus, d'autant plus qu'il y a aussi des dieux égyptiens qui ont été incorporés au culte Latin des Romains, il y a certainement eu la même chose chez d'autres peuples antiques. Et avec le modernisme les gens finissent par voir les dieux comme de simples accessoires mythologiques ou des évhémérisations de la nature [des allégories personnifiées ayant des aventures humaines mais symboliques, ndr], ce qui n'est pas faux dans le fond.
Les Wiccans eux ont conservé des liens fort avec les divinités et des échanges avec elles, un peu sur le modèle du « Fulltrui » en Norrois ou « Fulltrust » en Anglais, qui désigne une approche qui privilégie des divinités avec un serment de fidélité.
Unifier tout ce petit monde est très difficile je pense, en plus il y a une faible présence des communautés slaves ou égypthiennes. Qui doivent elles aussi être prises en considération pour la France je pense, vu notre histoire et les échanges riches avec d'autres pays ou parties du monde, sans parler des cultes anciens et natifs des départements d'outre-mer des DOM-TOM.

* Yann Mab Beltan : Le néodruidisme ayant par nature vocation à être un éparpillement des lignées et loges-clairières semi-secrètes, en petit comité, et excluant les profanes, il est logique qu’il ne donne pas lieu à une reconnaissance ou à une fédération. [D'autant plus que la situation française est vraiment trouble comme nous le disions en note plus haut, ndr.] Sauf à compter en son sein une part importante des classes dirigeantes, place déjà occupée par d’autres groupements que le néodruidisme.
La religion ethnique celtique est très peu développée en Bretagne et en France, en bonne partie parce que le terrain médiatique est essentiellement occupé par le néodruidisme.
Il faut aussi ajouter à tout cela que le mode de pensée franco-républicain relègue le sacré dans la sphère privée, voire individuelle ; et que la loi Le Chapelier interdisant les associations de toutes sortes n’est pas morte dans les esprits. La seule forme de groupement qui vaille, c’est le parti politique pour prendre le contrôle de l’État.
Le reste, les associations et groupements de toutes sortes, sont soit :

  1. Dans les marges, avec peu de membres, de moyens et d’impact, servant essentiellement à procurer une socialité de substitution quand le cercle familial ou amical n’y suffit pas ;
  2. Des courroies de transmission officieuses du parti au pouvoir dans la collectivité locale ou l’État, vivant généralement de subventions directes ou indirectes.

* Penseur d'Odin : Les Français sont des veaux …

* Mervis Nocteau : Les Européens extrêmes-occidentaux (Irlande, Écosse, Île de Man, Pays de Galles, Cornouailles – pour la Grande Bretagne, – Bretagne – pour la France, – Galice, Asturies, Cantabrie – pour l'Espagne) ont aujourd'hui tendance à se sentir celtocentriques, même s'il y a des festivals interceltiques ouverts à tous. Or les celtisants continentaux comptent sur les celtisants extrêmes-occidentaux, pour leur insuffler de l'awen disons-le ainsi, car pour le moment tout se passe de façon concurrente, en dehors des extrêmes-occidentaux. Or les extrêmes-occidentaux sont des migrations de continentaux, sans lesquels ils ne seraient pas là : la Grande-Bretagne vers l'an -500 ne connaissait presque pas de druidicat !
Il a fallu que les Romains et les chrétiens poussent ce petit monde, puis qu'il revienne d'ailleurs des Îles vers notre Bretagne, pour que la Bretagne celtisante existe de nos jours ! Or les Bretons en général ont toujours une dent contre « la France » qui les humilia sur les deux derniers siècles : paradoxalement, c'est grâce à ces humiliations qu'ils se sont refaits une fierté celtique ! Il serait bon qu'ils évitent les amalgament « des Français ».
Paris se prend pour la Rome hexagonale, mais les « Provinciaux » ne sont pas plus dupes que les Bretons en particulier, surtout quand ils sont celtisants. Sortez-moi les mœurs françaises de là de votre awen, ô Bretons ! C'est-à-dire votre déclaration publique de reconnaissance euro-celtique européenne, avec la Grande-Bretagne ! … Cela même si, on peut en convenir, il arrive aux « sudistes » d'être romanisants, védisants, à se vouloir plus celtisants que les Anciens Celtes ! Ils sont vos descendants contemporains, sur une base antique dont vous avez lointainement mais vivacement hérité (même quand ils sont critiques comme Yann Mab Beltan, d'ailleurs Breton).
La réciproque doit être vraie aussi, afin de créer un « Druid Network », un « Réseau Druidique », comme en Grande Bretagne pour la reconnaissance institutionnelle. Au reste, il existe le Congrès Européen des Religions Ethniques. À mon sens les druidismes français gagneraient à se rallier en « FFDru » (« Fédération Française des Druidismes »). Il existe déjà maigrement la Clairière du Conseil Druidique Continental, cela dit. Serait-ce pour rallier le Congrès Européen, mais aussi faire reconnaître la pratique au plan étatique comme en Grande Bretagne.
Après, que chacun reste chez soi et les vaches seront bien gardées ! Mais déconfiné, si vous me suivez au-delà des événements récents …
[Au moment de la publication de cet article, je tombe sur ce document, expliquant que ce qu'il est convenu d'appeler « la Nouvelle Droite » a pesé en France, dès les années 60-70, sur les cahots du celtisme. Cette « Nouvelle Droite », pour laquelle j'ai éprouvé de l'intérêt – articles précédents à l'appui – s'avéra déçue et délaissante, envers les mouvements païens dont elle s'est réclamée pourtant.
Il faut dire qu'elle a d'autres affaires « autrement sérieuses » à mener, dans son « gramscisme de droite », à vouloir « gagner la bataille culturelle ou métapolitique » pour enfin « gagner la bataille politique » … et puis, Alain de Benoist est « un philosophe sérieux », en réalité pas détonnant car extrêmement cartésien, et derrière lui tout son fermage en conséquence. Il y avait toujours quelque chose qui me dérangeait à la lecture des auteurs de Nouvelle Droite, et je sais maintenant qu'il s'agit de ce cartésianisme, courtisant de nos jours autant la petite bourgeoisie que le catholicisme.
Autant vous dire tout de suite que, sauf le respect philosophique que j'ai pour le cartésianisme, c'est un empirisme intellectuel simple et néanmoins intellectualiste (je ne sais pas si vous en mesurez la platité au-delà de la valorisation de la méthode), empirisme intellectuel que la tradition a fait tourner, comme le petit lait, au rationalisme moderne – philosophie assez insupportable pour un appréciateur de Leo Strauss comme moi. Bref.
Il y aurait donc eu en France, une intimidation « métapolitique » de la Nouvelle Droite envers les mouvements païens, Nouvelle Droite elle-même aspirante à une légitimité dans l'intellectualisme français, suivie d'instincts grégaires des druidisants. Cela est tout à fait détestable, d'autant plus détestable que j'ai déjà pu observer ce cartésianisme chez des druidisants. Mais c'est nul (néant), alors qu'il est question de credimi (credo), tout savant que fut l'antique druidicat : jamais les Anciens n'en furent là du rationalisme moderne, de ce positivisme étroit, auquel courent certains druidisants devers la Nouvelle Droite, dans l'ambiance intellectualiste française.
J'ai désormais la conviction que si la France a tant de mal à se fédérer/faire reconnaître, c'est à cause de tels bâtons dans les roues solaires.
Beladieto sons Diðs Atir suaccu, caito aittu ! (le Père Destructeur les anéantisse instamment, par l'éon !)
J’en profite pour dire qu’il est toujours délicat de parler de politique dans les milieux païens contemporains. On craint toujours « l'estrèmdrwate ».
Mais les nazis ont tout mélangé, ont résumé l’affaire au pangermanisme exterminationniste, tout en s’associant pourtant à des régimes catholiques (fascismes de Vichy, Franco, Mussolini). Ainsi les païens passent volontiers pour de « sales identitaires » auprès de certains publics, ce qu’ils ne sont pas, sachant d’ailleurs qu’une identité est ce qui caractérise quelqu’un ou une culture.
Cela signifie que ce qui n’a pas d’identité est insipide, caractérisé par rien : ce n’est pas de la fermeture d’esprit que de le dire. L’universalisme est aussi une identité, dans l’imaginaire collectif associée au monothéisme, à l’humanitarisme et au gauchisme, comme s’ils avaient raison sur toute cette ligne. Personne ne peut avoir raison sur toute la ligne, personne. Par contre, chacun essaie de se débrouiller avec ce qu’il est et a, peut et veut, sans distinction idéologique. Sagesse populaire.
Voilà pourquoi je vous soumets ces interviews, sans prétention à avoir raison sur toute la ligne, mais pour faire sortir nos esprits des carcans dans lesquels ils sont souvent enfermés. Vous étiez libres de vos choix, vous l’êtes, et le restez. Mais il faut en finir avec les tabous qui vérolent tout. – ndr.]

 

 

7. Que souhaitez-vous dans l'avenir, pour le druidisme ? Comment voyez-vous le druidisme en France, en Europe et dans le Monde ?

* Morgan : On ne peut que lui souhaiter la réussite et surtout la reconnaissance de son sérieux et de la pertinence de son offre spirituelle dans un Monde qui vient encore d’être secoué par une crise sanitaire, laquelle met en relief et en lumière, les incohérences d’un système économique basé sur l’accaparement, par une minorité, des richesses produites et la destruction des ressources naturelles et de l’environnement. Dans le même temps le besoin d’entraide et de fraternité, d’humanité partagée et de générosité a montré que c’étaient ces valeurs qui constituaient la réponse la plus efficace face à ce qui a failli devenir un chaos civilisationnel. L’avenir nous donnera sûrement plus de clarté et de recul sur les choix qui s’offrent à nous.
La Gorsedd de Bretagne est européenne depuis sa conception (en 1838) et sa création formelle (en 1899) puisqu’elle est née de la reconnaissance par la Gorsedd de Galles fondée en 1792. C’est un Druide reçu à la Gorsedd de Bretagne, Henry Jenner, qui va lancer une société sœur en Cornouailles en 1928. Depuis sont venus se rajouter des implantations en Argentine (Y Wladfa), en Australie, aux États-Unis. Bref ! Oes y byd i’r Orsedd ce qui, en gallois, signifie « la durée du monde à la Gorsedd ».

* Lugvidion : Si, comme dans d’autres traditions, plusieurs mythes appartenant à la matière druidique, revêtent un caractère universel, le Druidisme ne saurait être considéré comme un universalisme (nous ne disputerons pas une telle prétention aux monothéismes). C’est la raison pour laquelle je lui considère des limites européennes, conformément à ses origines et à son aire de plus grande expansion, au IIIème siècle avant l’ère chrétienne.
À ce niveau donc très modeste (je plaisante), les religions natives, comme les décrit l’European Congress of Ethnic Religions (E.C.E.R., auquel adhère le G.D.G.), ont incontestablement non seulement leur place de plein droit, mais offrent surtout une véritable alternative à ceux que le nihilisme et le matérialisme ambiants ne satisfont pas. Je souhaite que chacun, dans son identité propre (« tous les sages se rejoignent en haut de la même montagne »), renoue avec ses racines spirituelles, dans une société davantage respectueuse des ordres naturels.
À cela le Druidisme peut, et à mon sens doit, prendre part.

* Druvis ananmatis : Aucun souhait. Ne rien souhaiter, ne rien espérer. Vivre le moment présent. Agir dans ce moment avec les gens présents. Espérer quelque chose signifie que nous serions en manque. Nous sommes des êtres entiers, Nous sommes un Tout. Aucun manque. La Vie pleine et entière en nous. Rien d'autres, rien de plus.

* Dianann : Notre Ordre [l'OBOD, ndr] est déjà au niveau mondial, il se développe partout. C’est un élan formidable. Je rencontre des personnes extraordinaires, des hommes et des femmes de tous âges et de toutes catégories sociales, empreints de sagesse, et je suis totalement confiante en l’avenir du druidisme.

* Dervonna Rowan Hawthorn : En Europe et dans le monde ? J'aimerais que tous les gens soient païens et plus en contact avec la nature, et que beaucoup d'entre eux soient aussi des druides.
Je pense que le paganisme et les religions de la nature seront plus populaires à l'avenir. Les gens commencent à se concentrer sur l'essentiel : vivre la vie au lieu de végéter. Le druidisme n'est qu'une des nombreuses façons …

* Kalon Keltagena Dea Bandrui : En France je ne sais pas mais dans le reste du monde il marche bien, tel l'arbre aux multiples ramures, nous sommes des dizaines de milliers à marcher sur la sente de nos prédécesseurs.
Dans ma druiderie nous avons récemment initié deux Algériens-Berbères et une Iranienne, chercheurs en Histoire, linguistes … leurs apports sont considérables [les Berbères sont antiquement issus des Ibères, et les Iraniens font partie du Caucase indo-européen, ndr].
Nous sommes inscrits dans un tout, une continuité du vivant au sein duquel nous ne sommes qu'un élément parmi tant d'autres, plus important moins important, est-ce vraiment important ?
Beaucoup d'entre nous qui ont emprunté ce chemin, ont constaté qu’il leur fallait d'abord désapprendre, pour ouvrir les yeux sur les choses simples, renouer avec les sources vives d'une tradition ; s’autoriser tout simplement à Être. S’autoriser à soulever le voile des apparences, et des idées préconçues. Lever le voile et voir le lien qui nous unit à nos racines … et nous ne pouvons que le constater, des personnes de plus en plus nombreuses viennent frapper a nos portes et demandent à « Voir ». Le nombre croissant des personnes se rapprochant du « naturel » par diverses « façons » comme la médecine holistique, recherche d’équilibre, il y a bon espoir, de voir l'humain redevenir Humain.

* Eikthyrnir Odinson : Personnellement je suis très pessimiste au sujet du druidisme en France. Je reste très optimiste pour le reste du monde, mais en France nous avons une fracture entre les gens d'une grande ampleur et qui se retrouve dans le druidisme. Un manque de repères parfois de certaines personnes, qui fait que ça rend les échanges très difficiles, voir impossibles, au vu de mes expériences sur le net et les forums en tout cas.
Pour moi l'avenir du Druidisme est américain. Je peux me tromper mais c'est ce que je pense pour le moment. Le Groupe que j'apprécie le plus est la Gorsedd de Bretagne – d'ailleurs je n'airais pas les soucis de santé que j'ai, j'aurais entrepris des démarches auprès d'eux. J'ai des restriction qui font que je ne peux suivre des réunions et des assemblées avec régularité.
Et il y a l'Ordre de Dahut ; dans le Finistère Sud. J'aime beaucoup l'ouverture d'Esprit de ces groupes en question. Je travaille avec la Druidesse de mon ordre qui s'occupe de la région Europe à quelques traductions, j'ai commencé avec mon Archidruide à traduire des passages de notre liturgie en Breton, c'est assez amusant moi qui aime les langues et la philologie. En espérant un avenir meilleur au druidisme et au paganisme en France et en Europe quand même.

* Yann Mab Beltan : Je souhaite en premier lieu que mes enfants fassent vivre le Hengoun Breizh. J’essaye aussi, dans la mesure du possible, de favoriser le développement d’autres « clans » que le mien, et de manière plus générale les religions ethniques européennes. Le Congrès Européen des Religions Ethniques (European Congress of Ethnic Religions, ou ECER) donne l’exemple de religions ethniques ayant réussi à se développer et à se doter d’une structure adaptée aux enjeux de notre époque : les exemples les plus réussis sont la Romuva en Lituanie, l’YSEE (Conseil Suprême des Hellènes Païens) en Grèce, le Forn Sidr Danmark, etc.

* Penseur d'Odin : Je souhaite son expansion pour redonner au monde ses valeurs, et ses lettres de noblesse.

* Mervis Nocteau : Je vois les druidismes comme j'ai dit, à commencer par la civilisation nord-atlantique. Antimonothéiste pour ma part, je préférerai tout simplement qu'on en revienne aux fondamentaux … Quand on a des aspirations culturelles territorialisées, évidemment, tout de suite ça prend une dimension politique.
Mais je ne vois pas ce que le multiculturalisme ou le cosmopolitisme auraient à m'apporter, sinon des complications quotidiennes à devoir ménager toutes les sensibilités comme c'est trop le cas de nos jours, bien que des aires multiculturelles et cosmopolites ont toujours existé dans l'Histoire humaine, et que je suis avide de découvrir la richesse des diversités culturelles. Non c'est juste que, au quotidien, ça fait trop de susceptibilités, et que je veux pouvoir m'exprimer et me comporter en étant compris et accepté sans vexation. Simples orgueil et égoïsme naturels.
Après, si quelqu'un a besoin de secours, je suis le premier à chercher des solutions, mais j'ai d'autant plus de solutions que j'ai l'esprit reposé, et j'ai d'autant plus l'esprit reposé que je rencontre moins de vexations au quotidien, sur la base des susceptibilités de sensibilités multiculturelles et cosmopolites trop prégnantes – entre autres. Bref, je reste concret.

 

8. Une anecdote à raconter dans le milieu ?

* Morgan : Je trouve dommage que des druides dont je tairai le nom, critiquent la tenue, les regalias de la Gorsedd, en proclament l’inauthenticité, ignorant que tout cela a maintenant plus de 120 ans et nous ramène donc à une date où, eux-mêmes en tant que druides, n’existaient pas. Dernièrement d’autres néophytes intransigeants nous ont même contesté le droit d’utiliser les termes de Druides, Bardes et Ovates, constitutifs de nos origines, au motif que nous ne nous reconnaissons pas comme un groupe religieux ! Nous leur souhaitons fraternellement en retour de réussir à s’épanouir pleinement dans leur recherche spirituelle !
[Il se trouve que le Nord-Ouest européen bénéficie d'un héritage d'autant plus ancré qu'il y a survivance évoluée de parlers celtiques, lui assurant une reconnaissance légitime, par rapport à d'autres reconstitutionnismes.
Autres reconstitutionnismes qui, quant à eux, ont, selon, le souci des origines, le souci de leur localité, ou bien le souci du religieux, etc. et peuvent tourner à un certain « purisme » idéologique, pour compenser leur éventuel manque de confiance en eux, alors qu'ils ont leurs valeurs. On peut aussi penser à Yann Mab Beltan ici.
Comme dans tout mouvement, on trouve de tout, ndr.]

* Lugvidion : Simplement ce vœu qui m’apporte toujours le sourire : « à nos Dieux, à nos Déesses … et à ceux qui les honorent ! »

* Druvis ananmatis : Le milieu est Sacré. Ce qui s'y passe doit le rester. Aucun lien avec le monde profane.

* Dervonna Rowan Hawthorn : « La vie n'est rien d'autre qu'un quiz, et nous n'en sommes que les participants » – Hape Kerkeling.

* Kalon Keltagena Dea Bandrui : Oui, des tas ! Par exemple à chaque 1er mai il pleut, et d'année en année cela empire avec des tempêtes, mais malgré tout, nous tenons le cercle trempés, grelottants, mais nous tenons le cercle !
Oh et puis souvent les chevreuils passent dans le cercle ; une fois, il y en a un qui est venu manger les fleurs et le grain que nous avions mis de côté pour les offrandes !
Une autre fois nous avons vu une laie et ses petits passés juste a coté, comme si de rien n'était.
Personne n'a bougé d'un sourcil, pour nous, c'est la déesse Arduinna en personne qui est venue nous saluer.

* Dianann : Alors que je faisais quelques courses dans mon village, mon épicier me prit à part : « Ma famille se réunit pour un baptême et les prévisions météo sont très mauvaises, toi qui es Druide tu peux certainement faire quelque chose ? » Je lui ai répondu que je n’avais pas le pouvoir sur les éléments, mais que je pouvais demander.
Il a fait très beau ce jour-là, il m’a remerciée plus tard en me disant : « Je savais que je pouvais compter sur toi, j’avais d’ailleurs prévenu toute la famille que je connaissais une Druide qui allait nous arranger le coup ! »
Il faut dire que les Bretons ne s’étonneront pas de voir un Druide en saie blanche dans la forêt, ça fait partie de la culture, et la Bretagne est le pays des légendes et du merveilleux.

* Eikthyrnir Odinson : Aucune n'est digne d'intérêt. Et j'ai dit déjà beaucoup de choses.

* Yann Mab Beltan : J’ai une anecdote sur moi. Quand je tue un animal élevé dignement à la ferme dans le but de le consommer, je le sacrifie selon ma religion ethnique et de manière à minimiser ses souffrances. Vous avez le droit de me traiter de monstre si vous êtes végétaliens ; mais je préfère vous prévenir que j’ai des arguments scientifiques assez piquants sur l’impact environnemental et social du mode de vie végétalien occidental.

* Penseur d'Odin : Une grande druidesse, Korridwen [du Collège d'Etudes Druidiques International évoqué plus haut, ndr], m'a demandé un poème pour son ouvrage. J'ai accepté, évidemment.

* Mervis Nocteau : Ma rencontre avec le Penseur d'Odin, un Pyrénéen aussi, du genre vikinisant, à l'ancienne Lugdunon Comvenatiom (« le Fort citadin de Lug des Convènes » – Saint-Bertrand-de-Comminges).
C'est un frère d'âme, qui m'a appris que les Danes germano-scandinaves dont ressortent les vikingar (c'est-à-dire les aventuriers) avaient mis les pieds en Gascogne : cela fit récemment pas mal de bruit parce que Michel Onfray s'en est mêlé dans son genre contre-historien. Et donc, entre Anciens Aquitains-Occitans jusqu'à l'Ebre espagnole (Jacétains), Celtibères et vikings, nous sommes servis dans la région – sans parler de l'implantation de Wisigoths pratiquant le forn siðr, vers le IVème siècle. Voilà pourquoi je suis seiðanos d'ailleurs (sorceleur) : il s'agit d'un syncrétisme traditionnaliste européen, localement jacétain.
À noter aussi, que le mystère de la langue basque est résolu, et qu'il s'agit bien d'une langue indo-européenne, qui aura même influencé le latin. Qui eut cru que l'orgueil et l'égoïsme basques, pouvaient aussi titiller l'orgueil et l'égoïsme de la culture classique gréco-romaine de nos académies – du moins ce qu'il en reste ?

 

9. Qu'aimeriez-vous ajouter librement ? Au revoir !

* Morgan : J’adresse mes fraternelles salutations aux frères et sœurs de Bretagne, de France et du Monde entier et je leur souhaite de belles célébrations, de la richesse spirituelle, de l’harmonie, de la sérénité. « Trois choses sont primitivement contemporaines : l’homme, la liberté et la lumière », 22ème Triade [bardique de Iolo Morganwg, ndr] inscrite en gallois sur le fourreau de l’épée rituelle de la Gorsedd de Galles.
Kenavo !

* Lugvidion : Que nous soient accordés l’émerveillement, la légèreté et la poésie !

* Druvis ananmatis : Penser que l'humain va changer, se métamorphoser en un être spirituel est pure chimère.
Il suffit de regarder l'histoire pour s'apercevoir qu'elle est cyclique. Les mêmes causes produisant les mêmes effets. Nulle progression, donc.
Seule une démarche personnelle peut nous amener vers une compréhension de la Vie.
INSINDE BIVOTUS LENETI (ainsi va la Vie)

* Dianann : On parle beaucoup de parité en ce moment ! à l’OBOD il y a autant de Druidesses que de Druides. Les femmes ont souvent été mises de côté dans les grandes religions du livre, ce n’était pas le cas chez les Druides antiques.
On pense qu’il n’y a des Druides qu’en Bretagne, mais il existe des groupes partout et nous n’avons pas forcément une longue barbe blanche !
J’espère que votre article aura suscité de la curiosité et de l’intérêt chez les lecteurs.

* Dervonna Rowan Hawthorn : Merci de m'avoir permis de me joindre à vous. Je me comprends beaucoup mieux maintenant, ah ah ah ah ah (cet adage est encore une fois typique de la RDG).

* Kalon Keltagena Dea Bandrui : Merci à toi de faire bouger les lignes du druidisme !

* Eikthyrnir Odinson : Juste te remercier Mervis, de me permettre de parler un peu de mon parcours, en espérant que ça apporte quelque chose aux lecteurs. Que les dieux veillent sur chacun d'entre nous, peu importe qui et surtout peu importent quels dieux. La vie est si riche et belle, ne perdons plus de temps avec des querelles inutiles. À bientôt.

* Yann Mab Beltan : Si vous êtes curieux à propos des religions ethniques celtiques, vous pouvez vous abonner à la page Facebook « Polythéisme Celtique ».

* Penseur d'Odin : Selon les tournants de ma vie, je me vois bien devenir druide.

* Mervis Nocteau : Merci à tous mes interlocuteurs d'avoir répondu à ce questionnaire évidemment, puissent ceux « dans le milieu » y trouver de l'intérêt, puissent tous les autres lecteurs bénéficier là d'un aperçu développé du monde celtisant contemporain.
Que personne ne se retienne de rencontrer des druides, ainsi que de pratiquer à part soi et autour de soi, cette antique aspiration, par Sucellos ! Puisse Brigantia vous éveiller ! Que Belenos vous éclaire ! Et que l'antique chasse fantastique radvienne, par Arduinna !
Enfin, Européen convaincu dans le contexte de la mondialisation titanesque, puissent les Mâtres d'Europe veiller sur nous, et le Teutates d'Europe se revigorer ainsi, pour une Europe honorant les régionalismes d'ici et de partout !

 

 

Et pour finir, un historique du celtisme et du nordisme, depuis la fin de l'ancien druidicat jusqu'à nos jours :

-50 : répression du druidicat par les Romains, malgré le syncrétisme gallo-romain, juste après la conquête césarienne de -52. "Druide" signifie "très" ou "boisé" "connaisseur". Le druidicat émane du fond des âges européens, jusqu'à se constituer en fédération celtique vers le Vè siècle, puis connaître un déclin relatif avec l'étatisation des clans, jusqu'à l'invasion romaine.
50 : interdiction du druidicat, ce qui suppose qu'il y avait une hostilité à Rome. Les druides qui ne se soumettent pas mais qui n'entrent pas en résistance non plus s'installent en Grande-Bretagne (jusqu'alors moins druidique), augurant la tradition des bardes et filids. D'autres se dispersent en Germano-Scandinvavie.
Ier-XVè s. : de l'abattement des arbres aux bûchers des sorcières, en passant par la condamnation des feux, les saccages et crimes par des moines, les lois romaines puis chrétiennes doivent perpétuellement se répéter contre le "paganisme" pour les 15 prochains siècles avant la Renaissance, qui s'inspirera avant tout des Gréco-Romains.
410 : dernier culte druidique attesté en Armorique.
VIè s. : le barde gallois Taliesin a une réalité historique. Le "Livre de Taliesin" contient des poèmes authentiques. Taliesin origine la légende arthurienne, et prend lui-même une dimension légendaire avec la figure de Merlin, qui ne lui est pas résumable puisque Merlin est conseillé du légendaire Arthur dans le futur cycle du Graal.
L'ancienne religion nordique n'avait pas de clergé ni de lieux de culte spécifiques : les völvas sont germaniques ; le norrois dit "seiðkona" pour "sorcière". De plus, les Anciens Germano-Scandinaves ne donnaient pas de nom à leur croyance avant l'arrivée des chrétiens. Comme les Celtes pré-romains, ils ne représentaient pas leurs divinités.
IXè-Xè s. : aventures vikings.
960 : le roi Harald Ier de Danemark réussit à imposer le christianisme. Les textes médiévaux de Scandinavie mentionnèrent le terme "forn siðr" pour désigner la religion originelle de ces peuples. L’expression signifie littéralement "ancienne coutume, ancienne pratique" en vieux norrois.
978 : mort de Domnal Hau Neill, le dernier roi d'Irlande à avoir eu des druides à sa cour.
XIè s. : Nennius écrit l' "Historia brittonum", qui évoque la légende arthurienne. L'ouvrage est difficile à dater car il compile des textes de différentes époques.
XIIè s. : William of Malmesbury, "Chronique des rois d'Angleterre" et Geoffrey of Monmouth, "Historia regum Britanniae" évoquent Arthur. Fin du dernier royaume "païen" en Pologne. Rédaction des Eddas nordiques par des moines chrétiens.
XIIè s. toujours : rayonnante cour d'Aliénor d'Aquitaine, dite aussi Éléonore d'Aquitaine ou de Guyenne, duchesse d'Aquitaine et comtesse de Poitiers, couronnée reine des Francs à Bourges, épouse du roi de France Louis VII puis d'Angleterre Henri II Plantagenêt. Sa cour est mécène de la littérature courtoise et merveilleuse montante. Rédaction du Livre des Conquête d'Irlande et des Mabinogion gallois par des moines chrétiens.
XIIIè s. : rédaction des Eddas nordiques par des moines chrétiens.
XIIè-XVè s. – âge celto-chrétien : Marie de France écrit ses fameux "Lais" (germanique "Lied", poèmes, chants). Béroul, "Tristan". Chrétien de Troyes déploie la légende arthurienne : "Érec et Énide", "Cligès ou la Fausse Morte", "Lancelot ou le Chevalier de la charrette", "Yvain ou le Chevalier au lion", "Perceval ou le Conte du Graal". Robert de Boron, "le Roman de l'histoire du Graal" ("Joseph d'Arimathie", "Merlin", "Perceval en prose"). Thomas of England, "Trisant et Iseult". Wolfram von Eschenbach, "Parzifal". Ulrich von Zatzkhoven, "Lanzelet". Pearl Poet, "Sire Gauvain et le Chevalier vert". Thomas Malory, "Le Morte d'Arthur". C'est sans parler de tous les folklores perpétués, notoirement en Galice et dans les Asturies espagnoles, ainsi que dans le compagnonnage (franc-maçonnerie opérative).
XVIè-XIXè s. : Renaissance de l'antiquité gréco-romaine, reflux de la littérature courtoise et merveilleuse, naissance de l'archéologie et tentatives historiologiques, y compris concernant les Celtes et Germano-Scandinaves.
1717 : l'archéologue écossais John Aubrey d'Oxford, est supposé chef-druide. Il collabore avec le franc-maçon spéculatif (et non plus opératif, comme au Moyen-Âge) écossais John Toland, qui est adepte du philosophe juif excommunié Spinoza. Spinoza est connu pour son rationalisme matérialiste et pourtant panthéiste ("Dieu ou la Nature"). L'ancien druidicat devient le druidisme contemporain, sous les auspices du Druid Order.
1762 : L'écossais James MacPherson publie "les poèmes d'Ossian" qui firent beaucoup parler d'eux, à passer pour crédibles auprès du tout-public.
1764 : Le Révérend Evan Evans publie ses "Spécimens de poésie des anciens bardes gallois".
1781 : Fondation de l’Ancient Order of Druids à Londres, par l'écossais Henry Hurle.
1792 : Fondation de la Gorsedd du Pays-de-Galles, par le gallois Iolo Morganwg, auteur des fameuses "Triades bardiques" – prétendues écrites à l'époque du barde Taliesin-"Merlin".
Début XIXè s. : l’église de Skaga, située dans le parc national de Tiveden (à environ 140 km à l’Ouest de Stockholm), serait un des derniers lieux de pratique du paganisme nordique.
1838 : Le vicomte Hersart de la Villemarqué est le premier breton initié an bardisme, par l’Eisteddfod galloise à Abergavenny. Fondation de la Gorsedd de Bretagne.
1855 : Fondation de la Breuriez Barzed Breih, par le barde Hersaty Kervarker.
1839 : Le vicomte de la Villemarqué, publie son fameux "Barzaz Breizh", recueil de culture bretonne.
1867 : Congrès celtique de Saint-Brieux.
1870/1885 : Le mot Ásatrú est utilisé pour la première fois dans un opéra inachevé du compositeur norvégien Edvard Grieg en 1870 et dans un article du périodique islandais Fjallkonan en 1885.
1899 : Congrès celtique de Dublin.
1900 : Fondation de la Gorsedd Gourenez Breizh par le druide Lemenik.
1927 : Congrès celtique de Quimper.
1924-1945 : Le nazisme se réclame fallacieusement du paganisme, mélange tout, le résume au pangermanisme, délire une ariosophie, et s'associe à des régimes catholiques.
1936 : Fondation de la Breuriez Spered Adnevesi par le druide Artonouios. Cet ordre deviendra la Kredenn Geltiek Hollvedel l'année suivante.
1942 : Fondation du Collège des Druides, Bardes et Ovates des Gaules par Paul Bouchet.
1963 : Fondation du druidisme américain au Carelton College de Northfield, au Minesota, avec les Reformed Druids of North America.
1964 : Fondation de l’Order of Bards, Ovates and Druids par le Chef-druide Ross-Nichols.
1972 : Fondation de l'Ásatrúarfélagið islandaise.
1975 : Fondation du Collège Druidique Traditionnel à Marseille.
1978 : Jean Mabire rédige "Thulé, le soleil retrouvé des Hyperboréens", découplant le nazisme de "l'esprit de Thulé".
1980 : Fondation de l'American Vinland Association.
1981 : Fondation de la Comunidad Odinista de España – Ásatrú.
1997 : Fondation du Groupe Druidique des Gaules à Marseille, puis en Corse et en Occitanie.
1994 : Fondation de l'Asatru Folk Assembly californienne (USA).
1996 : Fondation de l'Åsatrufellesskapet Bifrost norvégienne.
1998 : Fondation du European Congress of Ethnic Religions, qui se réunit tous les deux ans, la dernière fois étant à Rome (Italie, 2018).
1999 : Reconnaissance légale du gouvernement norvégien envers les cultes ancestraux de l’Asatrufellesskapet Bifrost et de la Foreningen Forn Sed, les autorisant à tenir des assemblées et de célébrer des cérémonies religieuses et des mariages.
XXè s – culture pop : René Barjavel, "l'Enchanteur". Marion Z. Bradley, "le Cycle d'Avalon". Jean Markale, "le Cycle du Graal". JRR Tolkien, "la Chute d'Arthur". Monthy Python, "Sacré Graal".
2000 : Le pape Jean-Paul II présente, au nom de l’église, ses excuses aux femmes, aux juifs, aux protestants et aux victimes des missionnaires, sans regretter la conversion des mondes.
2002 : Premier grand congrès mondial pour la préservation de la diversité religieuse (« World Congress for the Preservation for Religious Diversity »), à Dejhi, en Inde.
2004 : La Communauté des druides du Québec, obtient du gouvernement québécois la reconnaissance de sa corporation religieuse.
1867 : Fondations des Reformed Druids of Gaia et de Ár nDraíocht Féin : A Druid Fellowship.
2010 : Reconnaissance étatique du druidisme en Grande Bretagne, grâce au "Druid Network".
2013 : Fondations des Enfants d'Yggrasill, asatruar français, et de l'Asatru Alliance d'Arizona (USA).
2015 : Fondation de la Celtiacon Certocredaron Credima, par le druide védique Auetos Mapi Acmos.
XXIè s. – culture pop : Alexandre Astier, "Kaamelott". Julian Jones, "Merlin". Keith Thompson, "Vikings". Bethesda, "Skyrim". Andrzej Zapkowski, "the Witcher".

 

 






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85 réactions à cet article    


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 24 juin 2020 18:41

    Bel arbre généalogique. En BELgique, nous avons eu un dessinateur celtisant qu’y ma initiée au druidisme. René Hausman (René, comme RENAIX ma ville natale qui possède une des trois seules églises Saint HERMES au monde). Ce fabuleux dessinateur était ardenais, région des sangliers (sang real). A contempler : https://lesbetesaplumes.blog4ever.com/la-reedition-dardenne-et-bretagne-les-surs-lointaines-albert-moxhet


    • Ariovis Venamis Ariovis 24 juin 2020 21:09

      C’est charmant.


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 25 juin 2020 12:54

      lire : qui m’a initiée,...bien sûr.


    • Ariovis Venamis Ariovis 25 juin 2020 13:53

      On appelle cela une syllepse grammaticale. Car c’était pourtant là-bas.


    • McGurk McGurk 24 juin 2020 19:34

      Le druidisme est mort avec l’extinction des druides.

      Le « celtisme » n’est qu’une parodie d’un peuple et de croyances qui sont morts également.


      • Ariovis Venamis Ariovis 24 juin 2020 21:06

        Méthode Coué, souvent partagée par des archéo/historiens qui se veulent défenseur d’une « culture objective » faisant le vivarium du Devenir, qui ne s’est pourtant pas arrêté à leurs études.


      • Ariovis Venamis Ariovis 24 juin 2020 21:08

        En outre, il y a une Histoire de la mémoire, mémoire qui certes n’est pas à confondre avec l’historiologie, mais qui fait pourtant partie de l’Histoire/Devenir : on le voit avec les négritudes contemporaines.


      • babelouest babelouest 25 juin 2020 08:19

        @McGurk
        Le Celtisme me paraît intéressant, même si on manque des bases à propos de ceux qui vivaient en nos contrées AVANT les druides. C’est en pensant à tout cela que j’ai constitué ce tableau...
        .
        Particularité : le spirituel ne m’intéresse en rien, de même que l’introspection. C’est pourquoi je suis très logiquement athée, à la manière de Laplace qui n’avait pas besoin de spiritualité pour ses travaux scientifiques.
        .
        On remonte loin, avec ces lais de Marie de France, sœur de Richard Cœur de Lion et de Jean sans Terre, fille de la grande Aliénor, et arrière-petite-fille du tout premier troubadour, Guillaume IX d’Aquitaine, Comte de Poitiers où son souvenir reste vivace.
        .
        Pourquoi parler de « croyances » ? Il s’agit de culture il me semble, bien que sans doute, il y a deux mille ans, ces nuances n’existassent guère.


      • Ariovis Venamis Ariovis 25 juin 2020 10:40

        On sait que sur les populations archaïques, croisées de chasseurs-cueilleurs fondus de cultivateurs anatoliens vers -4000 encore, ont déferlé les Yamnayas (conformément aux intuitions de la théorie aryaniste qui a tort dans son entreprise ariosophique nazie, mais aussi conformément aux intuitions de René Guénon ou à Jean Mabire), produisant les cultures de la céramique cordée, des vases campaniformes et des champs d’urne, depuis lesquelles émergèrent les Scandinaves, Celtes, Ibères, Ligures, Grecs et Romains. Pas de quoi en devenir athée, et d’ailleurs qu’est-ce que cela signifie que d’être athée ? Il y a des athéismes spirituels, etc. sans parler des bouddhistes qui côtoient les dieux hinous, dans leur genre « parathéistes ». Mais les panthéons européens archaïques que l’on connaît ont des similitudes (Romuva, Asatru, Druide, Ibère, etc.) aussi suis-je territorialiste. Je dis que les dieux et les faés existent parce que cette géolocalisation existe par l’astrolocalisation cosmique.



      • McGurk McGurk 25 juin 2020 10:54

        @Mervis Nocteau

        A ce sujet, l’archéologie ne peut pas faire grand chose.

        Le savoir druidique s’est éteint faute de support papier et l’extinction de leur culture en raison de la romanisation. Egalement dû au refus des druides de passer à l’écriture.

        L’ « objectivité » n’est hélas pas de la partie car pour ce faire elle devrait reposer sur des bases solides. Or, à part retrouver des dépouilles et certaines offrandes, il n’en reste plus rien à part quelques « remèdes de bonne-femme » (savoir indirect).

        Le druidisme était sûrement, comme la plupart des cultes anciens, à la fois une religion, une discipline et un statut.

        Pour les deux derniers, on en sait quelque chose car cette voie signifiait des études longues (dix ans), son entrée dans une caste (la société étant divisée, au plus haut niveau, entre les druides (caste intellectuelle) et les guerriers).

        La nature était effectivement le centre de leur activité mais il est fort possible qu’ils aient eu un très fort lien avec la religion, les cultes « primitifs » étant connectés aux forces de la nature et donc la nature en elle-même.

        Cela va, d’ailleurs, dans le sens des découvertes archéologiques sur les activités des premières sociétés (cf. Stonehenge) pour qui les éléments naturels et les astres étaient d’une importance primordiale.

        Il est « noble », à notre époque, de vouloir valoriser son passé et « la gloire de nos ancêtres » mais cet héritage n’existe plus à part quelques vases et ruines archéologiques. C’est en fait un phénomène qui date, je crois, du 19ème siècle.

        Nous sommes, en fait, bien loin des « ancêtres gaulois » car nous sommes une culture totalement latine. Même notre héritage génétique (pour les blancs) est étranger...viking...


      • Ariovis Venamis Ariovis 25 juin 2020 11:03

        Vous ne m’apprenez rien, mais vous me répétez toujours les poncifs du « tout est fini » sans lire les arguments substantiels des intervenants. Méthode Coué des archéo/historiens qui s’imaginent que le Devenir s’arrête à leurs études. Sauf le respect que j’ai pour les études, il y a une Vie en dehors des académies.


      • Ariovis Venamis Ariovis 25 juin 2020 11:05

        Ah eh vous voulez rire sur les vikings, vous faîtes semblant de ne pas lire je pense, ainsi que de feindre qu’il ne s’agit pas de la même aire civilisationnelle. Les Nordiques n’ont jamais été romanisés, bien qu’ayant subi le christianisme tardivement. Le dernier royaume païen date du XIème siècle, en Pologne, pour vous dire comme le folklore est prégnant et que je fais référence au sorceleur non sans raison ...


      • babelouest babelouest 25 juin 2020 11:08

        @Mervis Nocteau
        Merci pour le lien !


      • McGurk McGurk 25 juin 2020 11:09

        @babelouest

        A ce niveau, la culture et la croyance sont deux choses similaires car elles ne peuvent exister l’une sans l’autre. La croyance a probablement créé les cultes et non l’inverse.

        Vous ne pouvez pas vous intéresser au christianisme sans prendre en compte sa base à savoir les croyances car celles-ci expliquent, en grande partie, les évènements ainsi que le patrimoine.

        Votre chrono est très intéressante. Néanmoins, elle ne remonte pas suffisamment loin car le sujet dont nous parlons s’étend sur des périodes largement antérieures et s’étale sur des millénaires.

        Pour ma part, je ne fais aucune connexion avec l’histoire « récente » (de votre chronologie) car je considère que le monde celte a été remplacé par le monde latin et sa vision personnelle des choses.

        Pour en faire une chronologie, il faut remonter aux cultes préhistoriques qu’on trouve sur la planète et qui partagent, curieusement, de très nombreuses bases (représentations, architecture, aménagements) avec le druidisme.

        Celle-ci sera, de fait, très incomplète car il n’existe quasiment aucun indice et qu’il y a énormément d’interprétations...qui ne sont et resteront que des interprétations, l’écriture n’existant pas à cette époque très lointaine.


      • Ariovis Venamis Ariovis 25 juin 2020 11:10

        La culture classique se prend pour le nombril du monde. Elle est urbaine, élitiste. La culture dont je parle est naturellement passé par le « folklore » (notion elle-même élitiste d’ailleurs, les gens naturels ne ressentant pas le besoin malsain de faire le vivarium d’eux-mêmes, en tout cas ne s’imaginant pas tout comprendre ni contrôler ni pouvoir se distancer, des choses dont ils feraient jamais le vivarium). Je n’ai pas peur de la dire populiste, à condition de dépassionner ce terme.

        J’ai la chance, grâce à mon parcours, d’avoir cette double-culture et de comprendre la connerie de ceux qui conspuent les connaissances, tout en conspuant la connerie de ceux qui s’en croient sanctifiés pour autant. Grâce à Nietzsche, aussi.


      • McGurk McGurk 25 juin 2020 11:12

        @Mervis Nocteau

        Le « tout est fini » s’applique uniquement à ces racines qu’on tente artificiellement de recréer et à l’héritage qui a disparu.

        Néanmoins, il est possible, comme toute civilisation avant la nôtre, d’en recréer une même si les bases sur laquelle elle reposera (le « celtisme ») ne seront que de vagues connaissances et à priori.


      • Ariovis Venamis Ariovis 25 juin 2020 11:13

        Je ne sais pas à quel point vous croyez pouvoir m’en apprendre tout en ne réalisant pas me redire, McGurk. Vous ne faîtes que fanfaronner en vérité. Sachez que les druides savent tout ce que vous dîtes sur la préhistoire. Ils le savent, je peux vous le garantir à 100%. Arrêtez de fanfaronner, ceci dit à tous ceux de votre triste engeance.


      • Ariovis Venamis Ariovis 25 juin 2020 11:13

        @babelouest. Avec plaisir


      • Ariovis Venamis Ariovis 25 juin 2020 11:17

        Pour votre gouverne, McGurck, et tout celle de votre triste engeance. Au reste, la tradition est sourde et diffuse, mais elle existe. Vous niez comme envoûté par la magie nazoréenne, d’ailleurs. Car c’est une magie qui s’est imposée à nous conditionner à tout renier, en Europe.


      • McGurk McGurk 25 juin 2020 11:18

        @Mervis Nocteau

        La civilisation romaine a eu une influence sur beaucoup de civilisations même lointaines. Bon nombre de produits romains ont été retrouvés dans des lieux où ce peuple n’a jamais mis les pieds, tout comme les archéologues ont établi une connexion marchande entre les nordiques et les peuples islamiques.

        Je vous rappelle que les peuples nordiques ont joué un rôle capital dans le maintien de l’empire romain (à sa fin), l’armée étant constituée en grande partie de « barbares », mais aussi dans sa chute.

        D’autre part, ce qu’on appelle « les grandes invasions » ont en fait été des vagues d’immigration de ces peuples qui sont venus s’intégrer dans l’empire et ont participé à son essor.


      • McGurk McGurk 25 juin 2020 11:20

        @Mervis Nocteau

        Bah non ils ne peuvent pas le savoir vu qu’ils sont morts smiley

        .

        Et comment le sauraient-ils alors que toutes ces cultures sont disparues et qu’il n’en reste rien ?


      • McGurk McGurk 25 juin 2020 11:21

        @Mervis Nocteau

        Un symbole ou un pins ne font pas une culture. Les relents d’un lointain passé non plus...


      • Ariovis Venamis Ariovis 25 juin 2020 11:23

        Jamais la culture matérielle (les échanges) n’a fait la culture coutumière, morale et spirituelle, vous êtes vaniteux, et votre deuxième post confirme ce que je disais de votre engeance. Je dois vous laisser en cette fange, car elle prend sur moi.

        Quant à la magie nazoréenne dont vous souffrez ainsi que l’Europe entière : Que Loþtr la balaie, et que Jörmungand la dévore !


      • Ariovis Venamis Ariovis 25 juin 2020 11:24

        A ceux qui sont dans une recherche sincère, vous apprendrez que les Continentaux et Nordiques ne sont pas des « barbares » et que bien évidemment ils échangeaient, contrairement à ces diffamations qui ne disent pas leur nom.


      • McGurk McGurk 25 juin 2020 11:28

        @Mervis Nocteau

        Vous le prenez mal car vous faites un lien direct entre deux cultures, deux époques, qui sont diamétralement opposées. Un fond très diffus d’un lointain passé n’est, en aucun cas, une culture à part entière. C’est juste un souvenir.

        Quant à ceux qui se prendraient pour des « druides » à notre époque, ce sont soit des illuminés soit des fous ou des gourous. J’adore la civilisation ancienne égyptienne et pourtant je ne prétends pas être « un égyptien » et encore moins « pratiquer un culte ».

        A la rigueur, ce que vous décrivez se rapproche beaucoup plus des « néo-cultes » qui établissent de manière factice ce lien. Par exemple, le culte des dieux nordique s’est ainsi beaucoup développé cette dernière décennies dans les pays originels (ça m’a pas mal surpris d’ailleurs).


      • McGurk McGurk 25 juin 2020 11:29

        @Mervis Nocteau

        Je ne fais que reprendre le terme de l’époque, très répandu dans notre langage. Celui-ci désignait, à l’origine, les étrangers.


      • Ariovis Venamis Ariovis 25 juin 2020 11:32

        Méthode Coué, quand tu nous tiens ! Tant de gens manquent d’instinct. Puisse la Grande Mère vite les soulager.


      • babelouest babelouest 25 juin 2020 11:49

        @Mervis Nocteau
        Au fait, avez vous lu (sans doute, mais....) « Le moulin d’Hamlet » de Giorgio de Santillana ? J’en peut-être déjà parlé ici, c’est un ouvrage fascinant.


      • Ariovis Venamis Ariovis 25 juin 2020 11:53

        Les druides de tous les temps sont raccord.


      • babelouest babelouest 26 juin 2020 06:25

        @Mervis Nocteau
        C’est vrai, les nordiques ont eu une grande incidence. Dans le village où je suis né, dès le VIIe siècle un château-fort avait été construit, le long de ce qui était encore le Golfe des Pictons en voie de comblement. On peut supposer que certains de ces hommes du nord ont malgré tout réussi à faire souche, ainsi dans ma parenté il y avait des Bertrand, dont ma grand-mère assurait qu’ils avaient des ancêtres Vikings. Il n’y avait pas pour autant de grands blonds.


      • Ariovis Venamis Ariovis 26 juin 2020 13:19

        Il n’y avait pas pour autant de grands blonds, parce que ce monde s’ébattit joyeusement dès la base.


      • Eikthyrnir Odinson Eikthyrnir 15 juillet 2020 14:05

        @Mervis Nocteau Gast !!! Je suis vraiment navré que tu ait a répondre a un troll comme ça ... L’espace d’un instant je me suis crue de retour sur un certain forum druidique que j’ai fréquenté un temps... Les gens pensent tout savoir et tout connaître Mais c’est comme les frittes McCain... C’est ceux qu’en parle le plus qu’en mange le moins... 

        Quand tu dit que les liens avec les époques préhistoriques on le fait, je suis a 100% je suis tout a fait d’accord avec toi... Et le terme de croyance je pense qu’il n’est pas bien employer.... C’est un savoir ou un tradition... Si on colporte des légendes, sous forme de poésie, de chants ou de contes, auprès de l’auditoire ça peut être perçu comme une croyance. Je vois ça quand je conte des légendes Irlandaise ou Nordiques qui parle de Brighidh, de son père Dagda ou d’un de ses frères comme Angus MacOg ou alors l’histoire du voyage de Thor a UthgardaLoki avec les enfants Roska et Thuilfe ses épreuves contre les géants ou alors le voyage d’Odin pour chercher l’hydromel d’Odrerir. Ou encore quand je parle de Kerridwen, du Roi Arthur de Merlin des Korrigans, les gens sont de culture Chrétiennes mais en Bretagne ça reste des celtes, ça parle a une partie de l’inconscient collectif et des racines, de la mémoire de l’héritage. Pour eux c’est une simple croyance... Je me suis fais la remarque une fois que je suis dans le même état quand je fais a un pardon et que j’écoute l’histoire d’un Saint Guérisseurs ou Fondateur de la Bretagne. L’histoire de leur arriver en Petite Bretagne surtout sur des bateaux en Pierres, c’est une de mes histoires favorites. 

        Il y a plus de gens qui pensent comme toi et moi Mervis, enfin de plus en plus, forte heureusement... Je touche du bois ... mais je pense qu’a l’avenir les choses s’amélioreront, bon il y aura toujours des effaceurs de trace, mais des sorceuleur et des druides solitaires il y en aura toujours aussi, pour colporté des histoires et ruer dans les brancards... (la ou les morts sont encore vivant ?? Hein !) 

        Comme dissent les vieux sages la mort ce n’est pas la fin. 

        Les choses sont ce qu’elles sont, toujours là les pays celtes sont vivants les traditions aussi, seul le décor a changer. Rien n’a disparu, mais tout c’est perpétuer sous une forme ou une autre. 

        Alors du sorceuleur, du druide ou de l’effaceur parmi eux qui est mort ? Et qui est en vie ? 
        Pourquoi s’interroger ainsi et remettre en question constamment les recherches actuelles ? Ou les rêves des autres ? Qu’en est t’il de la poésie et des charmes eux aussi ?

        Les connaissances de celui qui chemine ne sont elles pas propres a lui même ? Et l’effaceur n’a t’il pas mieux a faire de ses dix doigts ? 

        Pourquoi souhaiter la mort des autres ? Alors que la vue d’une tombe est si triste ?Pourquoi être agressif dans ses désires de possession.

        N’y a t’il pas un peut de vie pour nous autres ? 

        Qu’elle est triste l’envie glapissante qui apporte de l’écume a la bouche de l’envieux et lui équarcille les yeux. 

        Mais un jour il a bien raison elle viendra a nous tous elle aussi la mort. Toute enveloppée de noir dans sa cape et ses mains squelettique, et son crâne face a nous. Elle la Mort la grande moissonneuse des ennemis et des amis... 


        Le sorceuleur, le druide ou l’effaceur. Tous trois seront égaux, le traitement lui équitable, chacun face a lui même et a ses propres histoires dans son vécus. 


        Au soleil couchant quand le corbeau entonnera son triste chant la haut sur la colline. 


        En attendant les amis il nous faut vivre, espérer et profité d’une belle vie bien vécus. 

        Car nous sommes en vie. 


      • Ariovis Venamis Ariovis 15 juillet 2020 21:05

        Merci pour ces belles paroles ! Je n’aurais pas mieux dit : Pourquoi souhaiter la mort des autres ?


      • M. Porte-avions M. Porte-avions 25 juin 2020 02:00

        nations occupées et colonisées par la République Française... Volksdeutsch Elsasser

        Un jour, une amie d’un certain âge m’a dit : tu sais, nous les Alsaciens ne sommes pas des Allemands, ni des Français mais un mélange des 2 voire peut être même plus car les Celtes étaient déjà là bien avant les Germains. Nous avons la rigueur du travail bien fait à la germanique drapé du raffinement français, c’est ce qui fait notre originalité unique en Europe et cela se retrouve parfaitement dans notre gastronomie.

        Ce jour là j’ai compris, grâce à elle et je l’en remercie, que j’étais non seulement Français mais aussi Germain, les 2 en même temps, l’un n’excluant pas l’autre. L’histoire a voulu que ce soit la France qui domine cette petite région riche et prospère où les traditions perdurent toujours malgré l’immigration nord africaine pléthorique récente et l’américanisation à marche forcée.

        Bonus des méchants colonisateurs : Qui a le plus fait souffrir les populations locales ?

        1. https://www.google.fr/search?q=francisation+alsace
        2. https://www.google.fr/search?q=germanisation+alsace

        • babelouest babelouest 25 juin 2020 08:32

          @M. Porte-avions
          L’une de mes filles a la particularité d’avoir été adoptée, majeure, par ma famille par consentement mutuel. Native de Strasbourg, elle a travaillé pendant plusieurs années en Allemagne, ce qui lui donne une vision des deux nations en profondeur.
          .
          Je pense qu’elle se reconnaît dans ce dualisme, à la fois une rigueur bien d’outre-Rhin, et un raffinement qui échappe un peu à nos amis germanisants. Pour donner deux exemples culinaires, je pense à deux spécialités plus ou moins locales, la chaudrée digne (à mon avis) concurrente de la bouillabaisse, et le farci poitevin qui réussit à équilibrer l’amertume de l’oseille avec les autres composants du plat. Quant à ce qui se fait en Alsace, justement on retrouve cette légèreté et cette subtilité un peu paradoxales, par rapport à ce que l’on rencontre de l’autre côté du pont de Kehl.


        • M. Porte-avions M. Porte-avions 25 juin 2020 10:02

          @babelouest
          on retrouve cette légèreté et cette subtilité un peu paradoxales, par rapport à ce que l’on rencontre de l’autre côté du pont de Kehl.

          La nourriture alsacienne est sans commune mesure par rapport à ce qu’il se fait de l’autre côté du pont du Rhin, j’exagère un peu mais je ne suis pas loin de la vérité.

          D’ailleurs pour s’en persuader, il suffit de comparer qui va où. Les français traversent la frontière pour s’équiper et s’habiller, les prix étant moins chers. Les Allemands eux viennent se délecter dans nos restaurants, les plats étant bien meilleurs et plus finement travaillés, parole d’ancien barman en restaurants traditionnels (qui se résume principalement à servir des bières pressions et autres picons ou à ouvrir des bouteilles de vin).

          C’est d’ailleurs l’éternel problème que nous avons avec ma famille lorsque midi approche et que nous sommes de l’autre côté de la frontière, on galère à trouver quelque chose qui nous fait envie et ça se termine souvent en kebab, mais attention, les kebabs allemands n’ont rien à voir avec les kebabs français, souvent la pâte à yufka est faite maison et leur viande est vraiment plus savoureuse, après tout ce sandwich a été popularisé de ce côté de la frontière, on est à la source.


        • Ariovis Venamis Ariovis 25 juin 2020 10:57

          Pour commencer, je renvoie à mes commentaires ci-dessus sur notre Histoire (celui-ci et celui-là).

          Et donc, en-deça du christianisme colonisation spirituelle et pas que spirituelle, nazoréenne, de l’Europe au prisme des Gréco-Romains — l’Europe est notoirement « caucasienne » (comme on dit aux USA) puis une tresse nordico-germano-celto-méditerranéenne (ligure, grecque, romaine, et après tout il faut inclure le nazoréisme là).

          L’époque féodale, sur un substrat celtique, est germano-romaine. Or, la féodalité ne s’est réellement terminée qu’à la Révolution de 1789, du moins pour les villes, et dans les campagnes vraiment qu’après 1960 (au plan des moeurs). Vous saisissez ?

          Les Alsaciens sont d’influence celtique helvéto-gaulo-germano-belge*, les Germains ne sont une désignation que césarienne ensuite, et des Alamans et pas que des Alamans sont passés par là dans les premiers siècles E.V., etc. L’Europe est une salade du même fond commun yamnaya surtout au coeur du continent, lui-même influencé par le substrat pré-yamna moins patriarcal que les Yamnayas, ainsi que comparable à l’hindouisme patriarcal notamment.

          Bref, à la fin, la question est de savoir quelle pratique culturelle-cultuelle on se sent d’adopter, ce qui est personnel au plan laïc républicain que j’honore.

          ___________
          * Alsacien puis Helvète par ma lignée paternelle, je me sens évidemment Européen, comme je l’ai dit dans mes Pyrénées occidentales maternelles, ayant elles-mêmes diverses influences cumulatives basques, celtibères, wisigothes, et donc nazoréennes. Aussi me permettrais-je cette vanne : « Qu’est-ce qu’un Suisse ? ... Un Belge qui a fait des études. Et un Alsacien ? ... Un Belge qui n’a pas trouvé la Suisse. » Allez


        • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 25 juin 2020 13:20

          Désolé, mais notre inconscient collectif est encore imprégné des cultures très anciennes. Où Macron a-t-il pêché son « image » de JUPITER ? Dans la culture grecque. L’Oedipe aussi qui nous colle encore à la peau, malgré sieur Onfray. Je suis belge, mais me sens avant tout profondément celte. Notre culture et identité est liée à l’ensemble de notre personnalité. en 2003, j’ai fait un rêve où il était question des Burgondes et des Burgraves. Je fus tellement étonnée par la clarté de ce rêve que j’en ai fait la trame d’un roman. C’est en faisant des recherches que j’ai compris que mes racines profondes remontaient aux mérovingiens. https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/les-celtes-ont-sauve-la-culturedes-merovingiens-396173. Et d’ailleurs mon arrière grand-père s’appelait : CLOTAIRE.



          • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 25 juin 2020 14:35

            @Mervis Nocteau Pas plus tard qu’hier, sur un autre article, je me demandais s’il y avait vraiment un lien entre Jupiter et le Christ. Macron est jupitérien puisque sagittaire. C’est presqu’un oxymore. Jupiter me fait plus penser à un bourgeois épicurien et riche et le christ à un personnage un brins Don-quichoteste. Un peu comme Rockfeller face à un hippie,...


          • Ariovis Venamis Ariovis 25 juin 2020 15:53

            Au reste, notre bon président a Vénus et Neptune en Serpentaire. Pas étonnant que sa charité et sa façon d’appréhender les choses soulèvent autant — si l’on veut bien croire en l’astrologie. Et je parle d’astrologie sidérale quant à moi.


          • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 25 juin 2020 15:11

            Amusant concernant le 21 du 12 2012 : Wiki/ On ne connaît finalement pas bien l’importance que les Mayas attribuaient au 13e baktun31. La plupart des inscriptions mayas de la période classique sont purement historiques et ne présentent aucune prédiction31. Deux éléments du corpus classique maya font cependant référence à un 13e baktun : le monument 6 du site de Tortuguero et l’escalier hiéroglyphique 12 de La Corona..


            • Ariovis Venamis Ariovis 25 juin 2020 15:55

              C’est fascinant.


            • Ariovis Venamis Ariovis 28 juin 2020 13:34

              QUELQUES RETOURS DES INTERVIEWES :

              * Yann Mab Beltan : Je trouve que le passage « le druide Eikthyrnir Odinson intègre des éléments de type germano-scandinaves dans son druidisme (tout comme Yann Mab Beltan) » porte un peu à confusion. Peut-être que je n’ai pas été assez clair. Le diagramme présente mieux ma pratique, je pense : il y a un recoupement entre traditions celtiques et germano-scandinaves, mais il reste marginal, et le fait que mon héritage familial recoupe les deux n’étend pas le champ des traditions celtiques dans le domaine germanique, et inversement. [Si c’est le cas, désolé, ndr.]
              Pour Odin, la théorie de l’emprunt (surtout via Merlin) ne me semble pas tenir la route, ou en tout cas ne rien apporter. Il a toutes les caractéristiques d’un développement indigène, avec tout au plus l’influence des pratiques chamaniques finno-ougriennes. Généalogiquement, il s’apparente bien plus au Dagda et/ou à Ogma ; son orientation et sa position hégémonique dans le panthéon lui ont fait récupérer certaines caractéristiques de Lug (ou inversement), mais il reste dans l’ensemble un « varunien » assez standard (comme Zeus). [Sur les derniers druides d’Écosse. Et sur l’association de Lugos aux oiseaux, tout comme Oðinn, tandis que la figure de Merlin (merle) ferait charnière, ndr.]

              * Druvis ananmatis  : Instructif. Pour connaître le « panel » des païens actuels.
              Quelques remarques de vos propos :
              -Je ne connais pas le Groupe Druidique des Gaules, avec qui vous m’avez fait ami. [Je suis resté prudent néanmoins sans faire de Druvis ananmatis un membre non plus, car il quand même ami à Belenertos ; merci pour la précision association, ndr.]
              -Belenertos dirige un Collège à Marseille (et quelques Clairières disséminées sur le territoire), mais pas en Corse. [Je n’avais pas dit que Belenertos était ailleurs qu’à Marseille, ndr.]
              -le Collège Druidique Traditionnel n’est pas bretonnant (c’est lui qui est en Corse).. [Je n’avais pas dit que le CDT était bretonnant ; merci pour la localisation, ndr.]
              Pour finir, votre phrase en celtique, m’a fait « tiquer ».
              Pour traduire correctement, il aurait fallu employer le temps à l’optatif du verbe Beladimn. Soit :
              Beladsie, Dits Ater, sons suaccu (plutôt que Atir, plus gaélique).
              Sujet après le verbe. Si vous voulez accoler le pronom au verbe, place « sons » en infixation : no-sons-beladsie, Dits Ater, suacco.
              (no, est un préverbe à placer lorsque le verbe ne comporte pas de préfixe). Cela n’est pas dans la grammaire de Monard.
              Pour le reste, les intervenants sont libres de leurs propos, je n’en dirai rien, donc. Je n’ai pas à juger (et du reste, mon regard est détaché, et non méprisant, comme vous l’avez écrit, plutôt même avec le regard attristé d’un papa voyant ses enfants s’égarer, se fourvoyer. Je les laisse néanmoins, vivre leur vie, leur expérience). [Et pourtant, c’est dit, ndr.]


              • ᗪᗩᖇTH Ƭᖇ〇〇ᖘᕮᖇ RexImperator 28 juin 2020 19:36

                @Mervis Nocteau

                Je vient te dire que j’ ais fait parti des moinseurs de chez dudu , 
                tout les participant on fait l’ objet de cette réaction encore permise sur agoravox .
                Ce n’ est pas contre ton contenu , mais simplement le fait que nous somme exclus du débat démocratique , sans aucun motifs , ni acte répréhensible mais par volonté de censure dictatorial et abusive ...

                Je laisse les autres se faire connaitre si tu il le veule , mais au moins comme ca c’ est clair entre nous .

                n’ hesite pas a faire comme dudu , si tu pense que je merite la peine capitale pour mon vote « contre » .


              • Ariovis Venamis Ariovis 28 juin 2020 20:51

                Mais de quoi me parlez-vous ?


              • ᗪᗩᖇTH Ƭᖇ〇〇ᖘᕮᖇ RexImperator 28 juin 2020 22:54

                @Mervis Nocteau

                de ceci , histoire de ne pas le faire dans votre dos .

                J’ ais également lu votre article , mais il ne m’ as pas donné envie d’ y répondre intelligemment (ou pas ) il se suffit a lui même .

                 Bonne continuation 


              • Ariovis Venamis Ariovis 28 juin 2020 23:36

                C’est dingue.


              • Ariovis Venamis Ariovis 28 juin 2020 23:37

                Enfin, merci pour le « il se suffit à lui-même ». Cordialement


              • ᗪᗩᖇTH Ƭᖇ〇〇ᖘᕮᖇ RexImperator 29 juin 2020 00:07

                @Mervis Nocteau

                C’est dingue.

                > je ne suis pas druide , je ne connais pas assez pour y repondre , confirmer ou infirmer , je reitere il se suffit a lui meme , il suffit de le lire et de prendre connaissance de ce que pense les gens du pannel que vous avez interogé ...

                d’ autre « cellule » parlerons peut être différemment du druidisme . 
                j’ espere juste que vous ne vous ferez pas la guerre comme le font les autres religion .

                A+


              • Ariovis Venamis Ariovis 29 juin 2020 00:17

                Non ce qui est dingue, c’est de tout ramener à Bernard Dugué, ça débonde.

                Pour le reste, non, il n’y aura pas plus de guerre entre mouvements païens qu’il n’y en eut entre académisme, stoïcisme, scepticisme, épicurisme, cyrénaïsme, etc.


              • ᗪᗩᖇTH Ƭᖇ〇〇ᖘᕮᖇ RexImperator 29 juin 2020 00:49

                @Mervis Nocteau

                Je suis d’ accord , ce n’ etait qu’ un rappel insignifiant du contexte que vous êtes assez grand pour comprendre tout seul .
                (c’ est chiant le vous mais j’ essai de t’ en donner pour ton argent smiley

                Vos propos me rassure , car la grand tradition des polythéiste était justement la liberté et l’ inclusion de philosophie divergente dans l’ expression du grand tout .

                La censure par définition n’ est pas polytheiste , elle est monotheiste djihadiste .

                Oui vous avez raison pour tout ces mouvement , il n’ y as jamais eu de guerre .

                Mais les anarchisme dont nous parlions vaguement la derniere fois sont l’ exception qui conforte la regle .

                kylon(Κύλων)ement votre 


              • ᗪᗩᖇTH Ƭᖇ〇〇ᖘᕮᖇ RexImperator 29 juin 2020 01:36

                @Mervis Nocteau

                ça débonde. 

                Non pas deborde ’r et n’ trop loin l’ un d’ autre , tu parle donc de vidange , mais non c’ est une catharsis tres saine d’ exprimé un sentiment plutot que de le refouler smiley

                mais pas ici c’ est entendu ,
                si je te moinse la bas je n’ aurais pas besoin de le dire ici smiley

                (trop de rosé , plus de vous en stock j’ y penserais sobre comme un antibachus demain )


              • Ariovis Venamis Ariovis 29 juin 2020 12:01

                Bien bien bien bien bien bien bien.


              • Ariovis Venamis Ariovis 28 juin 2020 23:55

                * Lugvidion : Sunerto [bonne vitalité, ndr]

                Merci pour ce travail et la belle synthèse qu’il représente.

                • Ariovis Venamis Ariovis 29 juin 2020 00:19

                  * Laura Rowan Hawthorn : Merci beaucoup Mervis pour cet article <3


                  • bartelby 29 juin 2020 10:03

                    Les druides étaient la forme celtique de la caste cléricale d’une société traditionnelle.
                    La prêtrise catholique au temps féodale remplissait cette fonction.

                    Nous pouvons en conclure que la culture chrétienne supplanta la culture celte ou plus exactement, la civilisation celte se mua en civilisation chrétienne.

                    Il est aujourd’hui ridiculement présomptueux de se dire être un prêtre celtique dans un monde qui ne l’est plus depuis bien longtemps.

                    « La patience est l’échelle des philosophes et l’humilité la porte de leur jardin secret »
                    N. Valois


                    • Ariovis Venamis Ariovis 29 juin 2020 12:21

                      Ce que Bartelby a décrété, le monde doit l’accepter. Eh bien non. La question de la naissance et de la mort d’une culture est tout à fait intéressante. En fait, on n’en sait jamais vraiment rien. Il y a un darwinisme, un évolutionnisme culturel, la taxonomie n’est pas plus évidente en Histoire qu’en Biologie. Il y a une Vie culturelle chez les humains, très intense, rapport à d’autres cultures animales existant néanmoins.

                      L’humain, en plus d’être l’animal équipé, et l’animal raffiné, même s’il n’y paraît plus si bien à l’heure industrielle machinisée-standardisée. Cette heure est néanmoins récente : elle a deux siècles. Quant à la colonisation nazoréenne, après la romaine, si elle a fait des réfugiés politiques dans les îles nord-atlantiques et dans les terres baltiques, elle a fini par les coloniser aussi et, dans le lot, des druides se sont reconvertis dans le sacerdoce ecclésial pour survivre. Saint Edern, c’est Cernunnos. Il y a celto-christianisme par nature, ou bien les christianismes sont d’origine un nazoréisme celtisé, germano-romanisé évidemment. Je renvoie à la chronologie qui termine l’article là, il faut la lire.

                      Alors, bien des éléments, une fois récupérés-recyclés, changent de sens et de portée depuis leur substrat, il ne faut pas se le cacher. Il y a eu colonisation, donc supplantation relative. Et pourtant, les druidismes contemporains sont là : la tradition a évolué, serait-elle dédaignée doublement par les monothéismes et les scientismes. Car la Vie ne s’arrête pas au vivarium des études qui, souvent, aspirent à légiférer comme en mathématique il y a des axiomes. Mais je suis d’avis que les sciences humaines sont avant tout des humanités, c’est-à-dire des mises en perspective à méditer.

                      Elles ont leur valeur, les Gréco-Romains et les Renaissants n’étaient pas des sots. En matière culturelle, des druides étaient des humanistes. Ne nous laissons pas leurrés par des mots. « Druide » n’est qu’un mot, pour « très connaisseur ». Les humanistes sont très connaisseurs. Les humanistes ressortent des druides, quand on comprend la notion de façon transhistorique.

                      Des enfants étaient placés dans le druidicat, et formés vingt ans. C’étaient les étudiants dans les nations celtiques. Nations qui, seules, ont fait peau-de-chagrin jusqu’à nos jours. C’est là le seul point qui donne envie à des gens comme vous de dédaigner les druidismes. Druidismes qui, donc, dans notre époque de scolarisation populaire post-humaniste, ne peuvent plus se positionner comme aux premiers siècles de l’ère romaine, soyez logiques. La tradition, donc, évolua avec son temps.

                      Gloire à Merlin !


                    • bartelby 29 juin 2020 13:30

                      Je ne dédaigne pas le druidisme, je dis juste qu’il est ridicule de se déclarer pompeusement druide de nos jours.

                      Les terres celtes sont devenues terres chrétienne. L’enseignement druidique se fondit dans l’enseignement chrétien et les druides furent remplacés par les prêtres du culte romain.

                      Les connaissances en herboristerie de Sainte Hildegarde de Bingen étaient certainement un héritage celtique et pourtant elle était profondément chrétienne. Elle a d’ailleurs très certainement acquise ses compétences au sein de son couvent.

                      Le cycle arthurien a sans nul doute un fond celte et pourtant les œuvres qui le compose étaient le support de l’enseignement chevaleresque médiévale.

                      Et pour info, la civilisation celte est pélagienne. Ces grecs qui bâtirent Marseille, Cannes ou Antibes puis irradièrent dans toutes les gaules.

                      On a découvert sous la cathédrale Notre-Dame de Paris le pilier des Nautes (nom de racine grec comme le terme nautisme d’ailleurs) qui contrôlaient Lutèce. Sur ce pilier ils sont représentés en armes ce qui est étonnant pour un peuple conquit aussi récemment par Rome. Nous connaissons la date de sa construction puisqu’il a été construit en l’honneur de Tibère. Pour l’anecdote, il y a sur ce pilier l’une des rares représentation connu de Cernunnos.

                      Lors des invasions barbares, la noblesse du royaume de France se levèrent en déclarant vouloir défendre la romanité.

                      Très rapidement après la guerre des gaules, il y eu une étroite alliance entre le monde celte et Rome. C’est ce qu’on appelle l’époque gallo-romaine. Mais cette alliance dura de fait jusqu’à la révolution puisque le royaume de France était réputé « la fille aînée de l’Église ». D’où la symbolique du pilier des Nautes comme fondation de la cathédrale du culte romain...

                      Je vais faire ici une interjection mais je pense que si les celtes prirent une telle importance dans la civilisation romaine c’est que les druides avaient une connaissance profonde des mythes grecs et instruisirent les romains sur leur propre croyance qu’il empruntèrent aux grecs.

                      La Vérité est Une, les cultes orthodoxes l’enseigne tous sous diverses formes.


                      • Ariovis Venamis Ariovis 29 juin 2020 13:52

                        Les éléments que vous citez sont très intéressant, mais vous ne lisez pas mes arguments, et vous êtes scientiste.


                      • bartelby 29 juin 2020 15:47

                        Moi scientiste.... smiley)

                        Loin de là, je fais parti d’une espèce rare de nos jours : je suis un hermétiste catholique.

                        Mais même si la philosophie hermétique est mon violon d’Ingres, je ne me prétend pas pour autant alchymiste.


                      • Ariovis Venamis Ariovis 29 juin 2020 16:30

                        INSINDE BIAT (ainsi soit-il, en celtique ancien reconstitué) mais non seulement vous ne dédaignez mes arguments, mais surtout vous dédaignez les arguments de mes interlocuteurs qui font la matière de cet article. Or, ils sont bons ! Ceci étant dit, vous vous rapprochez de Yann Mab Beltan, c’est l’évidence.

                        Pour le dire avec d’autres *istes que scientiste alors (ou catholiciste, ou alchymiste ... ) c’est à mon sens nihiliste. Enfin, vous-mêmes, vous remarquez des points intéressants, et c’est drôle alors, comme pour vous c’est une raison pour introduire un néant entre hier et aujourd’hui, et comme pour moi c’est une raison pour trouver une sourde et diffuse tradition.

                        Le contraire du nihilisme, c’est la poésie, et la poésie est fondamentale à l’ancien druidicat, comme à l’ancien monde en général (les aèdes, bien avant les bardes médiévaux ... ). A ce point, les rationalistes modernes jubilent. Mais c’est que ce sont des positivistes étroits (cf. Leo Strauss).


                      • Ariovis Venamis Ariovis 29 juin 2020 16:32

                        * ... mais non seulement vous (ne) dédaignez mes arguments, ...

                        Quant à Yann Mab Beltan, lui-même ne serait pas celtisant sans les druidismes contemporains, c’est donc qu’il est dans la tradition.


                      • bartelby 29 juin 2020 19:40

                        bon bah voilà :

                        "La plupart des spécialistes du domaine celtique récusent ainsi une quelconque filiation entre le mouvement néodruidique et la civilisation celtique antique. Dans leur ouvrage La civilisation celtique, Christian-Joseph Guyonvarc’h, philologue spécialiste de l’irlandais ancien, et Françoise Le Roux, diplômée en théologie, écrivent : « Il n’existe pas, en tout cas, pas plus au Pays de Galles et en Bretagne armoricaine, ou, a fortiori en Gaule […] d’organisation ou de groupe, ouvert ou fermé, qui dispose d’une filiation traditionnelle remontant aux druides de l’Antiquité. » Le druidisme, fondement d’une société celtique indépendante, ne pouvait survivre à la conception étatique imposée par la romanisation13 et il eut également à subir la condamnation de la nouvelle religion chrétienne. Cela n’empêche pas les nombreuses survivances des religions antéchrétiennes en Europe. Le mot druide n’a pas survécu sur le continent, où il a été réintroduit par des érudits, mais bard- est vivant en celtique insulaire1415. "

                        https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9odruidisme#Origines

                        13. Et inversement, le pouvoir romain ne pouvait tolérer la fonction druidique, l’empereur Tibère décrète leur interdiction. En 60, Suetonius Paulinus est à l’origine du massacre de l’île de Mona Anglesey.
                        14 . Philippe Jouët, - Dictionnaire de la mythologie et de la religion celtiques, Fouesnant, Yoran, 2012, s.v. Druides
                        15.
                        (fr) Yvan Guéhennec, Les Celtes et la parole sacrée. Etude historique et critique., Ploudalmézeau, Label LN, 2006


                      • Ariovis Venamis Ariovis 29 juin 2020 22:36

                        Non seulement c’est ce que je dis : "Cela n’empêche pas les nombreuses survivances des religions antéchrétiennes en Europe." mais en plus il faut laisser ses trois putains de siècle au druidisme contemporain.


                      • Eikthyrnir Odinson Eikthyrnir 2 juillet 2020 13:03

                        Merci beaucoup pour ce sujet, c’était vraiment intéressent d’y répondre, et de lire les parcours des autres. 


                        • Ariovis Venamis Ariovis 2 juillet 2020 13:11

                          Ate-uis (reconnaissance) pour ta participation, y compris en commentaire.


                        • Eikthyrnir Odinson Eikthyrnir 2 juillet 2020 13:32

                          @Mervis Nocteau Par contre une petite chose me chagrine, je ne sais pas si je devrait en parler, ou alors j’ai mal compris... j’ai relu plusieurs fois pour être vraiment sûr, elle écrit «  j’ai rejoint une druiderie internationale avec laquelle j’ai reçu mon druidicat il y a quatre ans » ??? Si elle parle de ADF A Druid Fellowship comment elle a fait ? Elle n’y est rentré qu’un mois après moi ? Enfin si c’est bien la Alice que je connais ... Moi elle m’avais parler de la Gorsedd de bretagne, de l’CDCS et de l’OBOD ... Je ne sais pas, c’est elle qui m’a fait mon dernier rituel... Depuis que je suis chez ADF je ne me sens pas de dire que j’ai un Druidicat chez eux, il y a une reconnaissance en tant que Druide du foyer que nous représentons avec le Heath-Keeper way (des cours sur le culte de foyer avec des prières et rituel) et ensuite le « Dedicant Path » pour dédier le chemin, avec beaucoup de travail personnel a rendre et on ne peut pas aller trop vite dans les étapes, j’ai voulus rejoindre un groupe lier au travail « initiat rite » (l’étape d’après le DP) j’ai une druidesse Jan dans mes amis FB qui m’a contacter pour me dire que c’était le travail a faire après, ensuite il y a des cours lier a l’artisanat, ou au bardisme, a la magie et après celui sur la Prêtrise ADF pour les cultes publiques (je pense que l’a on peut cumuler avec d’autre cours comme ceux sur le bardisme ou la magie, faut que je demande ?) Je ne sais pas alors soit j’ai mal compris, m’enfin elle n’y était pas il y a quatre ans ... ça m’attriste de voir ça ... 
                          J’ai hésité avant de t’écrire ce message, j’espère que ça ne va pas me retomber dessus encore... 

                          J’ai sans doute mal compris, j’éspère vraiment. 


                        • Ariovis Venamis Ariovis 2 juillet 2020 14:02

                          Quoiqu’il en soit, toute information est bonne à prendre, à condition de bien la prendre. Ate-uis


                        • Eikthyrnir Odinson Eikthyrnir 2 juillet 2020 14:11

                          Oui tu a raison. Merci pour ce travail juste énorme que tu fais, j’ai envoyer le lien de ton questionnaire a d’autre amis Druides et a un Völva que j’aime beaucoup, elle est sympas et son parcourt est vraiment intéressent... Au plaisir de lire tout ça =) 

                          Ate-uis. ivez. 


                        • Ariovis Venamis Ariovis 2 juillet 2020 14:28

                          Dago tou, bien à toi


                        • Eikthyrnir Odinson Eikthyrnir 4 juillet 2020 10:02

                          Encore Merci pour cette belle occasion de parler du Druidisme je pourrais ajouter que finalement le druidisme a en quelques sorte à peut être des blancs parce que les choses on été transmissent que partiellement et que le druide moderne a tendance a bien s’adapté avec d’autre religion ou spiritualité et qu’il n’y a pas de dogme, hors mit le culte de la nature et le fait de la considérer comme sacrée, c’est le centre du rituel, s’harmonisé avec elle comme j’ai déjà dit dans mes réponses. 

                          Dans l’article nous parlons des différentes divinités ou approches, mais le druidisme peut aussi être vu comme une philosophie. avec un côté « Athée »

                          La croyance en la transcendance divine ou aux dieux ne sont pas requise si on a une approche Athée, donc quel que soit le panthéon que nous suivons dans le fond peut importe de moment que cela ne heurte pas les autres et vis versa (c’est souvent la que j’ai eu des conflits futiles dans le fond) en plus le coeur du druidisme reste quand même l’études des anciennes civilisations et la règle numéro « 1 » du respect de la nature. 

                          Ensuite les dieux et les ancêtres bien sur nous pouvons être en connexion spirituelle profonde avec tout ça.


                          Après il n’y en a peut être pas mais je pense qu’il y a le côté loisir ou passion, dans le druidisme il y a forcément des gens passionnés des druides anciens ou antique et de ces périodes de l’histoire.

                          Et on peut faire tout ça même sans rendre de culte a tout les Dieux. 


                          • Ariovis Venamis Ariovis 4 juillet 2020 13:53

                            Tous les dieux, en plus, ce sera difficile vues nos connaissances, et de toutes façons impossible en un seul rituel. Cette richesse archétypale est un puissant vecteur d’évolution psychique/développement personnel (cf. James Hillman) si l’on tient à s’en tenir à la dimension « athée/science psychologique ». Mais de s’inscrire dans un héritage traditionnel local est puissamment ancrant dans la réalité territoriale. Seulement, il faut s’y laisser aller, lâcher prise, et vivre cette dimension, que j’ai un jour nommée de psychoculturelle.


                          • Eikthyrnir Odinson Eikthyrnir 4 juillet 2020 16:36

                            @Mervis Nocteau Ha oui c’est une dimension du Druidisme a expérimenter aussi. Ha merci pour le lien vers l’autre sujet... Ne le prend pas mal c’est une boutade, mais tu me fait penser a un oignon, quand on enlève une couche y en a une autre derrière. Je vas aller vite lire ça. Un oignon mais celtique comme ceux de Roscoff (humour) hey c’est toujours mieux qu’un Hérisson... Faut que j’arrête de faire le hérisson moi par contre... Merci pour le partage. 

                            Merci et Bon Week end. 
                            Trugarez dit ha dibenn sizhun mat ivez


                          • Ariovis Venamis Ariovis 4 juillet 2020 18:34

                            Les hérissons ne vivent pas leurs vies en boule. Adeshatz !



                            • Eikthyrnir Odinson Eikthyrnir 9 juillet 2020 22:58

                              Sympas la Vidéo. Merci pour le partage. J’aime beaucoup les rituels du solstice d’hiver, les miens sont plus orienté « Yule »


                            • Ariovis Venamis Ariovis 12 juillet 2020 23:43

                              Oui c’est plus « nordique ».


                            • ᗪᗩᖇTH Ƭᖇ〇〇ᖘᕮᖇ Parpaillot 12 juillet 2020 23:52

                              Bien bien , pour un gars centré entre les pyrénée et l’ école de bordeaux , tu viellis pas trop mal , mieux « veau » avatar que jamais . 

                              Non mercy ne veut pas dire pitié .

                              c’ est pour ca que dans les force on dit « autant pour moi »


                            • Eikthyrnir Odinson Eikthyrnir 15 juillet 2020 16:49

                              @Mervis Nocteau
                               Ha oui Nordique, j’essaie le plus possible d’être Celtique Gaélique et Breton aussi surtout par rapport au divinité que j’honore comme Morrigù ou Lugh, La Cailleach et Tailtiù bientôt. Ou encore dans ma façon de vivre la saison, m’impliquer dans la vie du village et les célébrations Bretonnes des Pardons, du culte des Saints et des sources ou les marchés comme la fêtes des Artichauts a Kastell Paol pour le Gouel an Eost. ... Bon cette année c’est pas vraiment possible ... 


                            • Ariovis Venamis Ariovis 15 juillet 2020 21:08

                              Parapaillot, on écrit « au temps pour moi » : il n’y a pas de repentance, pas plus que de la pitié, en ces affaires. Juste des fausses notes, et de la reconnaissance, l’erreur est humaine.

                              Eikthyrnir, INSINDE BIAT qu’il en soit ainsi !


                            • Ouam (Paria statutaire non vacciné) Ouam 15 juillet 2020 21:32

                              @Mervis Nocteau
                              "...Parapaillot, on écrit «  au temps pour moi  »

                              ...
                               
                              Wouais...
                              https://www.lalanguefrancaise.com/orthographe/autant-au-temps-pour-moi/

                              Je cite

                              Par ailleurs, pour Maurice Grevisse, il est possible que « au temps » ne soit qu’un dérivé de « autant ». Pour l’écrivain spécialiste du langage Claude Duneton, l’expression doit s’entendre de la manière suivante : « Je ne suis pas meilleur qu’un autre, j’ai autant d’erreurs que vous à mon service : autant pour moi ». Il écrivait ainsi dans Le Figaro :
                               
                              Bref il y à polémique ^^

                            • Ariovis Venamis Ariovis 15 juillet 2020 22:22

                              C’est encore mieux que cette indécidabilité, car elle fait béance, elle ouvre sur un autre monde encore.


                            • Ariovis Venamis Ariovis 15 juillet 2020 22:23

                              Celui du Père Destructeur, du Diðs Atir ;)

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