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Discussions néo-celtiques (4) - pensées entre identité et spiritualité, au prisme de la naissance et de de la mort

L'identité est confrontée à sa disparition, à sa mort, dans son devenir ... tandis que la spiritualité escompte donner des indications quant au mourir. Dit avec le philosophe Martin Heidegger, cela nécessite une prise en compte de notre être-vers-la-mort (notre déstinée mortelle, comme on disait "les mortels et les dieux" dans l'Antiquité).

La prise en compte de l'être-vers-la-mort, la prise en comte du fait que tout le monde doive mourir - en mode Game of Thrones super stylé : "All men must die." - cette prise en compte, a ce qu'Heidegger appellerait peut-être un effet temporalisant. Elle nous rend conscients de notre temporalité, de la naissance à la mort.

Tout est dans le vers, être-vers-la-mort. Tout est dans le trajet, entre cet instant de mon souci existentiel jusqu'à ce futur indéterminé de la mort survenue, qui, comme tout futur (latin futurum) est étymolgiquement ce qui est en train d'être. C'est la possibilité du mourir et non à la mort-même ou ses suites putatives, qui nous intéresse - la mort actuelle. Car elle temporalise. Elle m'inscrit dans une temporalité obscure mais à habiter, un temps imparti - si j'ai l'heur de bien comprendre mon souci à être, en tant qu'être-là.

De sorte que spontanément, dans mon être, je suis appelé à me résoudre dans un devancement plus authentique, tout comme les personnes atteintes d'une maladie incurable se sentent plus confrontées dans leur existence, à devenir vraiment qui elles sont. Que se soit sur le mode de Pierre Desproges, se permettant désormais toutes les audaces acerbes après l'annonce de son cancer, ou bien cette petite de 12 ans qui - lorsque je n'en avais que 14 - était infiniment plus mature que moi, déjà sûre pour ainsi dire et déterminée dans ses néanmoins jeunes choix, sachant que ses poumons allaient s'atrophier à mourir malgré les soins palliatifs quelque part entre ses 20 et 30 ans. Sinon, Heidegger parle d'être-en-faute, rapport à notre inauthenticité à être.

La mort nous interpelle spirituellement dans notre sentiment d'identité.

 

[Cet article fait suite aux Discussions néo-celtiques (3) - devers les féminismes.]

 


Un même circulant sous Facebook entre néo-païens.
"Je crois que mes chats ont commencé un convent de sorcières."

 

 

Sommes-nous tous originaires d'Afrique ? Ce n'est pas si exact aujourd'hui. Bien entendu, homo sapiens est sorti d'Afrique. Mais il y avait beaucoup d'espèces humaines à l'époque (homo neandertalsis, devoniensis, florensis, etc.) tout autour de la Terre. Alors bien sûr, avec l'expansion planétaire d'homo sapiens, ils ont mélangé leurs sangs pendant des milliers d'années et d'autres éléments. Reste que tout récemment, un homo sapiens a été retrouvé en Europe des années avant son arrivée supposée en provenance depuis le Caucase : la paléoanthropologie boulverse régulièrement ses suppositions, çà et là autour de la Terre, quant à l'expansion d'homo sapiens et ses croisements.

Dans ce contexte néanmoins, mon propos concerne les traditions. Étymologiquement : la trans-duction, le passage de quelque chose à travers les générations. Car il est impossible de dire que les gens ne constituent pas plus ou moins volontiers, des groupes culturels avec leurs traditions, ce qui s'appelle des peuples, ou des nations. Il ne faut se concentrer sur la biologie seule, il n'y a pas de "famille humaine".

Mon propos énonce scientifiquement que les cultures et leurs traditions - humainement créées avec plus ou moins de volontarisme, de respect et de foi en soi, - plus ou moins parallèles aux évolutions biologiques sans s'y superposer, et évoluant elles-mêmes ... font que nous avons évolué de nombreuses manières. C'est pourquoi nous ne sommes plus d'origine africaine. Ou bien, dit concrètement : je sors de ma mère, non d'Afrique. Ma mère sort de la sienne, etc. après de nombreuses évolutions géohistoriques, biologique et culturelle, à travers les temps. A un moment donné, côté homo sapiens uniquement (en éludant donc les filiations avec d'autres espèces humaines telles que neandertalsis, devoniensis, florensis, etc.) nous trouvons nécessairement des mères africaines.

Mais je ne les connais pas, ni qui elles étaient, leurs cultures, les traditions qu'elles ont suivies et respectées, etc. m'échappent totalement. Nous n'avons humainement rien en commun, en dehors d'un patrimoine génétique relatif ayant lui-même évolué. Personne ne peut rester simplement biologique, parce que cela s'appelle un réductionnisme, et même un biologisme, ce qui est idéologiquement dangereux. Mais si l'on va par là, il faut savoir que l'épigénétique est le véhicule de nos expériences vécues (interactions corps-milieu) transmises déjà à nos enfants dès leur conception. Petit à petit au fil des générations, entre évolutions biologiques et culturelles, je ne peux donc pas me reconnaître une identité africaine, à l'universalité empiriquement douteuse, mythe scientiste (qui fait de la science un dogme, ce qui est évidemment un comble, scientifiquement, que ce dogmatisme néo-mythique à visée mondialiste fallacieuse).

Epistémologiquement, la notion de race n'opère plus en sciences, mais c'est une question de taxonomie. Mettons toutefois qu'il n'y a rien de tel que du racial : la biologie n'est donc plus un critère, quoique nous ne puissions pas non plus dire que le type caucasien n'est pas identifiable, même avec des marges d'erreur et des métissages. En fin de comptes, ce n'est pas l'essentiel, car l'essentiel c'est que, parfois, un type humain, s'est plus ou moins volontiers donné un sens en tant que peuple ou nation, avec sa culture et sa tradition. Par exemples les Grecs, les Romains, les Celtes, les Vikings, et autres. Car cette donation de sens collective - volontarisme, respect et foi en soi - d'être une culture avec sa tradition, est ce qui nous définit d'une manière chaleureuse et essentielle. Si vous y renoncez, la culture disparaît. Ou bien, vous êtes dans un volontarisme, un respect et une foi en soi universaliste ("progressiste"), vous voulez enfin faire peuple-Terre ou nation-monde, mais vous ne pouvez pas revendiquer d'origines africaines en toute sincérité. Vous vous mentez à vous-mêmes, car la vérité, c'est que vous n'avez qu'un potentiel avenir, pour vous constituer une culture et sa tradition (un Darwin culturel vient d'applaudir).

Aussi, l'universalisme ("le progressisme") est un mensonge en dehors de son potentiel avenir, car nous ne sommes pas que des entités biologiques juste matérielles. Nous sommes des entités groupales relativement biologiques, mais surtout historiquement, culturellement, territorialement et traditionnellement construites. Nous sommes symboliques. Et bien sûr en évolution et parfois en train de disparaître, mais aussi de réapparaître grâce aux connaissances traditionnelles et grâce à l'archéologie, à la paléanthropologie et à l'anthropologie. Il suffit d'être volontariste, d'être respectueux de soi, d'avoir foi en soi. Ensemble.

 

***

 

Secouons-nous un peu les puces sans ambage :

Saviez-vous que les nourrissons étaient des raclures de bidet ? des raclures de bidet, peut-être, mais des raclures de bidet dans une détresse atroce liée à leur impuissance définitive à survivre, littéralement angoissés à mort, qu'on prenne soin d'eux ou non, ce qui paradoxalement est la cause qu'ils sont des raclures de bidet. Raclures d'amour, donc.

Continuons : dans les cours de récréation maternelle, en l'absence de maître(sse) - souvent maîtresse, statistiquement - ou d'animateur(trice) - souvent animatrice, de même - eh bien, les petits enfants, chacun innocemment dans leurs démarches égocentrées, ont les pires réflexes égocentriques, ceci dans leur propre intérêt puisqu'il s'agit pour eux de se développer bon an mal an, pour le meilleur et pour le pire. De sorte que leurs petit(e)s camarades peuvent prendre "très cher", comme on dit, et que de toutes façons ils ne sauraient pas prendre soin les uns des autres en cas de coup dur - or les coups sont très vites durs, à cet âge.

Continuons : dans les cours de récréation primaire, des clans se mettent en place, des mots de passe, des passions et des déchirements, pour le meilleur et pour le pire. Mais déjà avant la puberté existent des petits caïds - au moins dans l'âme, cela dit ils existent massivement dans les Favelas, pour des raisons hélas compréhensibles, - ainsi que les pires vilaines, si nous laissions faire. Et pourtant, "nos chères têtes blondes", comme on dit, fonctionnent ainsi encore-toujours par instinct de survie - serait-ce dans un délire panique faux voire tordu, - car voilà qu'ils développent leurs instincts sociaux, dont politiques et idéologiques minimaux pour commencer (les réputations), qui définissent l'ami et l'ennemi, l'allié et l'hostile, le fiable et le douteux, etc.

Continuons : dans les cours de récréation collégiennes et lycéennes, une forme d'égocentrisme naturel est réactivée suite à la puberté, doublée des instincts sociaux en bande, afin de démontrer qui est le plus puissant, qui la plus séductive, essentiellement, par-devers tout cliché de genres, quand bien même les lycéen(ne)s ont désormais accès à des modes de raisonnements conceptuels. Voilà que la politique et l'idéologie, ou pour le dire plus simplement les représentations mentales, sont éminemment pensées, discutées, et de profonds enjeux symboliques entre différents lifestyles, plus ou moins frimeurs, plus ou moins réfléchis, plus ou moins sportifs, etc. tiraillent tout le monde.
La compétition sexuelle est en marche, pour cette excellente raison que l'espèce s'apparie pour sa sécurité, son confort, sa valeur et sa perpétuation éventuelle (une perpétuation qui ne passera pas forcément par la reproduction, mais aussi par l'appariement cis- ou transgenre, cultivant des modes d'être voire créant d'autres choses, du moins contribuant éventuellement à des causes dépassant les générations, donc leurs morts). Et ainsi de suite.

Car, continuons : les adultes ce qui s'appelle des adultes (c'est-à-dire des ados socioprofessionnellement reconnus), se départissent plus ou moins de leurs conditionnements familiaux et scolaires, moitié par évolution spontanée, moitié par réflexion, et déploient littéralement les phénomènes, normalement départis de l'égocentrisme auparavant nécessaire au plan développemental. Les adultes sont les pires, quand ils ne se résolvent pas responsablement (c'est-à-dire : réponse-ables, capables de répondre de leurs démarches, jusque celles envers autrui, plus ou moins altruistes) sinon que même responsables, altruistes au point de prendre en compte les arguments d'autrui, ils doivent admettre leurs désaccords souvent, jusqu'à la lutte nécessitant des alliances et recourant à ses affinités. Les meilleurs ennemis sont ceux qui honorent l'autre comme un alter ego, de par la tragédie de l'existence où tout n'est jamais possible.Là-dedans, pouvez-vous me dire ce qui est bon et ce qui est mauvais ? ... Je ne vois pour ainsi dire que du vital.

 

***

 

L'identité, c'est ce qui permet de nous identifier, de nous reconnaître. Dans un sens, peu importe qu'elle soit un revêtement, un habit, voire un masque. Dans un autre, elle passe par des masques autant que par des dévoilements de vêtures., jusque dans les modes.

On peut éventuellement dire qu'il y a avec l'identité, un phénomène de poupée gigogne avec le masque. Face aux inconnus, nous nous enveloppons plus voire beaucoup si l'on est craintif, de "masques" (de formes, de manières, de conventions, etc.). Par contre, face à notre aimé(e), comme on dit, "on tombe le masque", en partie à travers la mise à nue, mais la mise à nue peut rester parfois un masque, pour détourner l'attention vers le sexuel, afin de pouvoir ... ou bien dans le cas où nous faisons peu de cas de la sexualité, de façon consumériste, comme si se donner et recevoir nu(e) de quelqu'un d'autre nu(e) des plaisirs, n'avait aucune importance personnelle (ce qui est de TDI : trouble dissociatif de l'identité, généralement léger).

Les anciennes nations celtes, disaient Toutatis, Teutates, pour désigner le dieu national sans énoncer son vrai nom. C'est un nom-masque, si vous voulez. Connaître le vrai nom du dieu national est initiatique, signe de confiance. La question de l'identité plus ou moins révélée (et révélable : car nous avons un fond indiscible, dont nous nous demandons même nous-mêmes s'il est bien quelque chose, dans l'impossibilité de formuler une réponse à la question qui suis-je ?) ... la question de l'identité plus ou moins révélée, est la question de la confiance en soi - et en l'autre.

Une personne sans identité, par exemple frappée d'amnésie totale, est incapable de se fier aux gens, ou bien elle est incapable de savoir discerner entre les personnes (comment le pourrait-elle, sans savoir qui lui correspond identitairement en propre ?) de telle sorte qu'elle est manipulable. Sans identité, nous sommes des fétus de paille soumis aux quatre vents. Mais évidemment, l'identité est quelque chose que l'on se raconte (cf. Alain de Benoist, Nous et les autres, problématiques de l'identité). Ainsi, faire de l'identité un totem métaphysique, tombe sous le coup de la fable du Chêne et du roseau, de La Fontaine. L'identité doit être roseau : elle plie, mais ne rompt pas.

 

***

 

Miguel de Inamuno, Brouillard  :

Dis-moi, quelle nécessité y a-t-il à l'existence de Dieu, du monde et de tout ? Pourquoi doit-il y avoir quelque chose ? Ne crois-tu pas que cette idée de nécessité n'est que la forme suprême que prend le hasard dans nos esprits ?

La vie s'éprouve dans la survie, ce qui ne signifie pas qu'il faille être cruel. L'implacabilité des choses, que nous vivons régulièrement comme cruelle, est-elle cruelle ? L'implacable est-il le cruel ? ... Dans les films catastrophes, quand une âme tragique se suicide pour la survie du groupe, est-ce cruel ? ... Je crains que non.

Nous ne voulons pas endurer ce qui ne cède pas, l'implacable, la nécessité, parce que plus généralement nous ne voulons pas supporter la pression. Car c'est une pression, dans tous les sens du terme (force subie, souffrance, détresse, panique). Miguel de Unamuno, dans la citation proposée par Jane Doe, raisonne au fond, de telle sorte à dénier la pression de la nécessité, par peur de l'implacabilité.

Qui lui en voudrait ? Cette personne fictive, qui pourrait être le premier d'entre nous, exprime très clairement un souci ontologique, d'où qu'on se demande bien pourquoi il doit/devrait y avoir quelque chose. Et pourtant, se le demander fait déjà qu'il y a quelque chose (une demande). C'est implacable. C'est là, ça a lieu, ça "événemente". L'événement est une nécessité.

On peut toujours se plonger dans un bain pour amoindrir la pesanteur, que cela n'ôte rien à la pesanteur, mais que cela risque à la longue, sans exercice, d'atrophier nos muscles et fragiliser notre peau. Il faut quoiqu'il en soit de la bravoure (action de braver, de passer outre) ou du courage (grandeur de cœur émotionnel) pour seulement accepter la peur de l'implacabilité, la pression de la nécessité, le souci ontologique. Le personnage d'Inamuno me semble alors dans le déni.

Le sens "événemente" sans que nul ne le veuille, parce qu'il est courage (émotion) et bravoure (défi, défiance), c'est la vie-même. Les enfants sont ainsi, dans leurs pires comme leurs meilleurs moments, c'est pour cela qu'ils nous réveillent de notre torpeur insensée, car c'est une torpeur.

Mais permettez-moi de vous dire à tous que l'insensé, c'est toujours le sens du non-sens, c'est-à-dire ce qui pointe directionnellement vers son abolition. Quelqu'un sur le fil a dit, en citant Régis Debray, que nous étions sémiopathes : oui, a condition de bien comprendre ce pathos comme l'émotion-défi(ante). La vérité, c'est qu'elle nous émeut jusque dans nos plus placides vanités à dire que tout ne serait que vanité, par nihilisme. D'où que le nihilisme lui-même n'est qu'une maladie, maladie de la volonté en effet, puisque c'est toujours de la volonté, qui veut s'abolir. La vie-même en est-là, nous n'y pouvons rien, c'est une pression de la nécessité que cherche en vain à résorber Miguel de Unamuno, une implacabilité dont il n'y a pas à avoir peur. C'est Alea Athena, ou Randia en gaulois - qui donne l'anglais random, "au hasard destinal".

Je crois que la spiritualité en provient essentiellement, de cette absence de peur. Par contre, quelqu'un qui ne sentirait pas cette provenance, serait effectivement quelqu'un qui utiliserait la spiritualité pour manipuler (à commencer par se mentir à soi-même) en éludant la pression de la nécessité/la peur de l'implacabilité. Hélas, même les nihilistes, c'est-à-dire généralement ceux qui dénient le spirituel, mais aussi plus généralement encore ceux qui vendent le non-sens, sont des manipulateurs. Le nihilisme, pour singulier que ce soit, est la spiritualité de l'antispiritualité, qui nécessairement/implacablement a besoin de la spiritualité, pour être antispirituel. 

 

***

 

Spiritualité, comme le mot l'indique par sa construction, est le caractère de ce qui est spirituel, esprit(uel)-ité. Mais qu'est-ce que le spirituel ? A quoi remarque-t-on que quelque chose est spirituellement caractérisé ? ... Quelqu'un, à juste titre, a cité Voltaire, pour dire que ça réfère au souffle. Mais Voltaire était acerbe, et voulait railler la spiritualité en tant que théologique dogmatique ou crédologique dédaigneux. Car on peut beaucoup s'avilir même dans la spiritualité, l'être humain est doué pour s'avilir de mille façons, et ma foi il faut parfois savoir mettre les mains dans le cambouis, c'est-à-dire traiter avec des matières viles, "s'avilir", c'est ainsi.

Reprenons ce souffle, et le nôtre au passage aussi, calembour. Eh bien, il désigne visiblement quelque chose d'invisible, demi-calembour. Demi-calembour, parce que le souffle est visible par ses conséquences, ses effleurements. Ce qui dit bien que le spirituel, est quelque chose d'invisible, même quand on chercherait à se constituer en groupes spirituels avec symbole de reconnaissance et/ou contenu de croyance spirituelle spécifique. Il ne me semble pas, à moi, que le spirituel soit un grand bain cosmique, cela est déjà une forme de croyance/sentiment/perception particulière du spirituel. C'est déjà quelque chose qui se constitue comme spiritualité, et qui se rapproche du sentiment océanique de Romain Rolland, mais aussi du numen de Rudolf Otto, tous deux ayant inspiré la thèse d'un psychisme mystico-religieux chez le psychologue Carl Gustav Jung.

Mais, puisqu'il n'y a, en fait, pas de contenu visiblement assignable au spirituel, d'autant plus que, comme le souffle, il se voit surtout à ses conséquences, eh bien, il faut dire que les spiritualités existent parce que des personnes les véhiculent par leurs manières de comprendre, de faire, de vivre et d'être, plus ou moins conscientes ou habituées. Cela dit, dans le vécu spirituel, fatalement personnel, on fait l'expérience d'influences invisibles occasionnant les conséquences visibles : on attribue la spiritualité comme cause, ou du moins carburant essence-iel, de certaines conséquences.

Or, étant donné que l'humanité est spirituelle à 95% dans l'Histoire universelle, on ne peut pas dire que ce soit une moindre cause que la spiritualité. Ceci étant, il existe des personnes posant une spiritualité, qui n'en témoignent jamais ni n'en découvre de conséquences, vivant comme si leur spiritualité était forclose. Et il existe des personnes reniant les spiritualités, qui pourtant témoignent éprouver des choses grandioses, typiques des entités spirituelles, ou du moins s'en rapprochant, comme surnaturellement motivées.

C'est à ce point, que le quidam kiffe grave "la Force" des "jedis" ou même hélas des "siths", dans la tri-trilogie Star Wars et dérivés ... avec ce lourd souci, de manquer de structure dans la démarche, et même de raisonnement. Car le raisonnement jamais n'a su annuler la spiritualité, ni la spiritualité le raisonnement, mais de toute évidence on raisonne même spirituellement, et l'on est inspiré pour nos raisonnements.

Moi, je suis païen.

 

***

 

Le PIB de la France recule, si bien que le pays devient 7ème puissance mondiale, désormais, derrière l'Inde.

Le paganaisme hindou, plus fort que notre morale de la pitié humanitaire post-chrétienne ? ... Concrètement, c'est sûr, la démographie indienne industrialisée joue (près d'1 milliard d'humains !) il ne faut pas se le cacher. Ainsi, potentiellement, qu'un protectionnisme indien que la France ne veut plus appliquer ! encore que l'Inde ait un plus grand marché intérieur ... Mais, au fond, l'économisme est-il un critère ?

Reste que depuis plus de vingt ans l'on fait tout pour que cela arrive, en France, des électeurs très contents votent pour les plus habiles démagogues. Le dangereux, étant celui qui prétend faire le bien commun tout en ruinant le système afin que ses amis banquiers et assureurs fassent de bons profits.

C'est une idée unionniste-européenne : les sommes en jeu sont colossales comme les avantages différés pour les bons politiciens qui se préparent des retraites en or ... chez leurs futurs employeurs ou clients. Corruption désidentitaire, quand tu nous tiens !

 

***

 

Qui n'hérite de rien, au propre comme au figuré, ne peut rien construire - autrement que par la chance ... ou bien par le vol ou la reconnaissance de ses efforts traduits en termes de mérites, de récompenses et de statuts (qui est une partie de la chance en vérité, qui certes n'adviendrait pas sans nos démarches).

Le présent est le passé de l'avenir. Que nous nous y sentions des libertés peut aussi bien être une illusion nécessaire pour que nous nous y démenions, à escompter la chance. Alors au fond, c'est le lièvre du libre-arbitre qui est levé.

Si je ne parviens pas à me débarrasser de mes vieux démons, suis-je libre d'aller vers mon paradis ? Mais d'abord, qui me dit que mes vieux démons n'en sont pas la clef ? Ceci dit en forme d'énigme.

 

***

 

Vraie question : peut-on faire ce que l'on veut en philosophie ? ... Ce n'est pas évident, et cela interroge fatalement sur le à quoi la philosophie est-elle bonne, mais aussi la philosophie est-elle une méthode ? ... En effet, il est de sens commun, de dire que tout le monde philosophe parfois, du moment qu'il se pose de grandes questions et qu'il tente d'y répondre. Est-ce si vrai ? ... Suffit-il de penser et, mieux, de réfléchir, pour philosopher ? ... Rien n'est moins sûr.

Tout le monde pense, du moins, si par penser nous ne jouons pas sur les mots, du style "il y a penser et penser, la pensée du commun des mortels et la pensée du penseur". Tout le monde pense, c'est-à-dire que tout le monde a des pensées qui lui viennent, des idées, des envies, des projets, des manières de faire et de se gérer. Tout le monde pense, du moindre travailleur (même s'il n'y a pas de sot métier, que des bas salaires ... ) jusqu'à notre outrancier de président-"philosophe" (qui se prend, peut-être, pour le roi-philosophe platoncien, qui sait ? à tort ou à raison, ma foi ! ce n'est pas le débat).

Donc, tout le monde pense, et c'est ainsi que tout le monde a parfois de bonnes idées, des petits coups de génie, etc. que ce soit dans sa vie personnelle ou professionnelle. On peut même dire qu'il y a des surdoués dans leurs domaines, sans aucun problème. Et pourtant, philosophent-ils ? ... Difficile d'oser le dire.

Par contre, on peut supposer que tout le monde ne réfléchit pas. Hélas ou pas, tout le monde ne réfléchit pas, puisque réfléchir, comme son nom l'indique, procède à une pensée de la pensée, c'est-à-dire à une réflexion comme en reflet spéculaire dans le miroir, de la pensée. Un retour sur soi de la pensée, et ce n'est pas évident même pour "un penseur", de savoir quand est-ce qu'il réfléchit vraiment, ou bien quand est-ce qu'il s'adonne seulement au cours de ses pensées comme tout le monde. Mais enfin, il semble que "le penseur" soit la personne qui réfléchisse, c'est-à-dire la personne qui donne de la profondeur à sa pensée, qu'il médite, soit parce qu'il aurait des dispositions pour la lenteur, la prudence et la réserve psychiques, soit parce qu'il aurait travaillé sa faculté de penser en creusant, en méditant. Cela en fait-il pourtant un philosophe ? ... On hésite. C'est possible. Donc c'est aussi impossible.

Qu'est-ce qui différencie le philosophie en acte, de la pensée courante et même de la réflexion ou pensée profonde ? ... Il semble que ce soit une méthode, ou du moins un parti-pris : celui de la clarté, quitte à se perdre en spéculations au pire, ce qui implique donc parfois des pensées "alambiquées" quand on n'y est pas habitué. Car, en effet, s'il existe des pensées tortueuses ne menant à rien, il existe aussi des pensées alambiquées bien obligées d'être alambiquées, pour rendre compte clairement de leurs subtilités. C'est paradoxal, mais l'alambiquage ne s'oppose pas à la clarté, ni la clarté à l'alambiquage. Il faut par contre que le circuit d'un alambic soit suivable par la pensée, quitte à s'y user un peu, sans sombrer dans le tortueux, pour que la pensée soit claire. On fait souvent reproche aux philosophes de ne pas être clairs, mais c'est l'erreur de celui ou celle qui a du mal à s'y user, or tout le monde n'est pas fait pour s'y user je crois, du moins tous les moments ne se prêtent pas à s'y user, et comme en littérature ou ailleurs, il se fait en philosophie "des rencontres" avec un auteur, avec une pensée philosophique, avec une philosophie en particulier.

C'est donc que la philosophie est une exigence et une rigueur, dans son aboutissement, même s'il nous arrive à tous d'avoir des intuitions philosophiques, et que nous développons tous parfois des discours à caractère philosophique. Vous m'en direz tant.

 

***

 

Personnellement, je n'aime pas beaucoup quand les philosophes utilisent la philosophie à des fins politiques.

Il faut s'entendre sur cette utilisation potentielle. D'abord, est-elle possible ? Je me demande si toute utilisation philosophique en politique n'est pas une façon de ne plus faire de la philosophie, pour faire de la politique justement, et en l'occurrence certainement défendre pragmatiquement ses façons de penser (idéologie) sans possibilité de respecter la philosophie comme telle ... En tout cas ce n'était pas du tout mon intention en publiant ce topic-là, quant à ceux publiés en philosophie vous aurez remarqué que je ne suis l'initiateur d'aucun pour ainsi dire, sachant que je n'interviens parfois pas sur certains. C'était purement gratuit de ma part, je le répète, afin que chacun(e) s'en nourrisse (ou pas), sans garantie.

Maintenant, il faut bien comprendre qu'il existe 1. des philosophies politiques, 2. des politiques à caractère philosophique, et 3. des politiques de la philosophie.

  1. Sur les philosophies politiques, notre actuel président prétend avoir écrit un (introuvable) mémoire sur Machiavel, éminent philosophe politique, théoricien du gouvernant entre lion et renard, force et ruse, mais aussi comme non-menteur (ne pas dire toute la vérité n'est pas mentir ... ) ainsi qu'en non-teneur de promesses (ne tenir que les promesses que les circonstances permettent de façon propice à la viabilité). Bon. Vous en avez bien d'autres. Il s'agit d'une philosophie qui se veut d'emblée utile en politique.
  2. Mais quand un François Mitterrand arrivait au pouvoir, il prétendait mettre en œuvre un socialisme largement inspiré de Karl Marx, et sa politique s'avéra à caractère philosophique au moins dans ses trois premières années.
  3. Enfin, quand un État tel que le français, décide qu'on peut enseigner la philosophie en terminale, il met en œuvre une politique de la philosophie ... de même que l'Allemagne nazie pratiquant l'autodafé ... chacun dans son genre politique, pourtant inspiré par des philosophies plus libérales ou absolues - voire de nature philosophique-même, telles que le républicanisme ou le totalitarisme, qui ont chacun plus d'une théorie (il y a des républicanismes et des totalitarismes) : la philosophe Hannah Arendt en est une grande penseuse.

Je n'aime pas beaucoup quand les philosophes utilisent la philosophie à des fins politiques, surtout pour la retourner contre une catégorie de personnes (les monothéistes, etc.).

Un philosophe géopolitique tel que Carl Schmitt, rattaché à l'extrême-droite, estime que la politique, c'est la définition de l'ennemi. Un autre tel qu'Alain Badiou, rattaché à l'extrême-gauche, estime que la politique, c'est la gestion de la haine, à supposer qu'il y a une inévitabilité de la haine à gérer. Eh bien, quelle que soit les profils désignés, vous aurez toujours des "têtes de Turcs".

En ce qui vous concerne, vous semblez vouloir lutter contre toutes les catégorisations. Ce faisant, rendez-vous compte : vous êtes bien obligée de catégoriser l'humanité entre "celleux qui évitent de catégoriser" et "celleux qui catégorisent". De toutes façons, si vous vous retrouvez en face d'un(e) catégoriel(le), que vous le vouliez ou non, vous vous sentirez plus ou moins consciemment d'une autre sorte, d'une autre "espèce", d'un autre profil politique, d'une autre catégorie humaine.

Vous-mêmes, vous réalisez alors - que cette expérience vous soit pénible ou non - que vous rejetez des formes d'être au monde, et qu'ainsi la politique est pour vous une forme de désignation de l'ennemi et de gestion de la haine (vos propres ennemis, vos propres sentiments haineux, aussi désagréables vous soient-ils).

Je n'aime pas beaucoup quand les philosophes utilisent la philosophie à des fins politiques. Suffit de voir comment cela a fini en France après que les philosophes aient eu droit de citer tant dans les salons que dans les bistrots dès l'époque des Lumières. Enfin, c'est l'impression que cela me fait.

Tout à fait, mais je pense que c'est humain, trop humain, parce que de toutes façons les philosophes sont aussi des citoyens qui s'impliquent, et que comme on voit toute citoyenneté implique 1. une philosophie politique, 2. une politique à caractère philosophique et 3. une politique de la philosophie - seraient-elles minimales et/ou impensées. D'une manière ou d'une autre, même si ça n'est pas notre tasse de thé ni notre spécialité, on peut tirer de nos façons d'être au monde des implications quant à  tout ça, serait-ce pour dire que "la philosophie n'a aucune place".

Si vous voulez, votre façon de voir les choses se manifeste en forme d'une politique de la philosophie écartante voire rejetante, d'une politique à caractère anti-philosophique (philosophie ou anti-philosophie, c'est toujours philosophie, dans son genre, voire anti-intellectualisme sommaire, qui est pourtant une philosophie simple au profit d'une forme de praticisme politique jusqu'à l'aveuglement), enfin une philosophie politique théorisant que la philosophie serait un problème en politique, pour X ou Y raison, telle que "les salons ou les bistrots d'époque des Lumières".

Mais qu'en pensez-vous vous ? De cette utilisation de la philosophie en politique ? Est-ce que cette philosophie-là (politisée s'entend) peut apporter du bon ou du mauvais à la société ? 

Après tout mon développement, je pense avant tout que ces questions, là, sous-entendent une malhonnêteté intellectuelle, qui en fait n'est pas philosophique, mais idéologique. Du moins, cela se discute aussi.

Tout idéologue n'est pas intellectuellement malhonnête, pas plus que toute idéologie n'est une malversation. Le tout est d'y avoir une éthique intellectuelle, une honnêteté intellectuelle, justement. C'est-à-dire que le (la) militant(e) peut, comme tout, faire preuve de mauvaise foi dans sa démarche fatalement idéologique (fatalement, puisqu'elle vise la réalisation d'idées initialement posées) c'est-à-dire, en l'occurrence, se servir de brins de philosophie détournés pour faire dire à la philosophie, c'est-à-dire aux philosophies et leurs philosophes, des choses qu'ils ne disaient pas.

Et pourtant, cela n'ôte rien au fait qu'en dehors de l'idéologie, la philosophie entretienne des rapports complexe avec la politique, ni non plus, par ailleurs, l'intérêt d'une armature idéologique en politique. C'est même de philosophie politique, que de reconnaître l'intérêt de l'idéologie.

Je vous ai posé la question car j'ai remarqué votre tendance philosophique en conséquence plus à même que moi pour m'apporter des réponses sur ce point. 

C'était fort décent de votre part.

 

 

Propos essentiellement recueillis et transcrits de ForumFr

 

 

 

 

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9 réactions à cet article    


  • Laconique Laconique 13 décembre 2019 21:04

    En somme vous êtes plus philosophe que néopaïen, vous préférez les circonvolutions interminables de la dialectique aux sacrifices wiccans de la nuit de Walpurgis, sous le gui, au clair de lune.


    • Meruidos Nuctuallos Marzhin Tavernier 13 décembre 2019 23:29

      La philosophie est née en milieu païen. Comment peut-on être plus philosophe que néo-païen ? Comment peut-on opposer ceci à cela ? Il a eu des philosophes chrétiens, où y aurait-il contraste possible ? ... La philosophie n’est pas la sorcellerie encore que cela se discute. Comment déduire d’une accentuation philosophique à la mise en arrière-plan de la nuit de Walpurgis chez les Wiccans ? ... De toute évidence, un néo-celtique n’est pas un wiccan, encore que les wiccans rebondissent sur le celtisme (c’est un post-celtisme). Vous mélangez tout, absolument tout, et ce qui est pire véreusement.


    • mursili mursili 14 décembre 2019 07:46

      Se bella giu satore
      Je notre so cafore
      Je notre si cavore (Je la tu la ti la twah
      La spinash o la bouchon
      Cigaretto Portabello
      Si rakish spaghaletto
      Ti la tu la ti la twah
      Senora pilasina
      Voulez-vous le taximeter ?
      Le zionta su la seata
      Tu la tu la tu la wa
      Sa montia si n’amora
      La sontia so gravora
      La zontcha con sora
      Je la possa ti la twah
      Je notre so lamina
      Je notre so cosina
      Je le se tro savita
      Je la tossa vi la twah
      Se motra so la sonta
      Chi vossa l’otra volta
      Li zoscha si catonta
      Tra la la la la la la


      • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 14 décembre 2019 10:15

        @mursili

        Un éclairage à votre commentaire est peut-être nécessaire pour des non-initiés au comique burlesque. Dans « Les Temps Modernes », « The Nonsense Song » est une chanson en charabia, inspirée de « Je cherche après Titine », et ce seront en fait les premiers et derniers mots prononcés au cinéma par Charlot qui devait interpréter cette chanson dont son amie lui avait écrit les paroles sur ses manchettes. Ayant perdu ces manchettes, Charlot finit par chanter dans un sabir de français et d’italien dénué de sens mais séduisant pour les spectateurs qui applaudissent. 


      • Meruidos Nuctuallos Marzhin Tavernier 14 décembre 2019 10:37

        Ne cherchez pas Séraphin, c’est du yaourt. Mursili doit pratiquer un paganisme néo-césarien très, très spécifique, vous comprenez (ou pas). Mais vous comprenez parfaitement.


      • mursili mursili 14 décembre 2019 13:14

        @Séraphin Lampion

        Vous avez raison, rendons à Charlot ce qui lui appartient...
        https://www.youtube.com/watch?v=-Jhxbo5I8q4

        On peut s’amuser à trouver dans ce morceau à la fois désopilant et « malaisant » le trait d’union entre le « Se ti sabir » de Molière et Lully, sage mais ne cassant pas des briques , tout empreint qu’il est de raison domestique
        ttps ://www.youtube.com/watch ?v=Lj-ohZKjy-g

        et le kobaïen (co-païen ?) du groupe Magma, qui nous éloigne des rives familières de la Méditerranée pour nous rapprocher de l’Hyperborée atlantéenne et du côté obscur (ou de la clarté aveuglante ?) du Logos, d’où toute intention hilarante semble avoir disparu...
        https://www.youtube.com/watch?v=O2OD_bs0oOY


      • Meruidos Nuctuallos Marzhin Tavernier 14 décembre 2019 13:58

        C’est bien ce que je disais. Le hors-sujet digressif néo-césarien.


      • xana 16 décembre 2019 17:13

        Quel nauséeux verbiage !

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