• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Religions > Discussions néo-celtiques (5) - morales historiques

Discussions néo-celtiques (5) - morales historiques

 


Source cinématographique

 

Les divinités celtiques ne seraient que les diverses facettes d'une seule divinité (ou d'un échelon divin, d'une puissance toute divine) vénérées par les croyants dans cette religion. Cela se rapproche des avatars de l'hindouisme en ce que les avatars d'une divinité sont ses différentes incarnations. Cela aurait également des points communs avec l'islamisme en ce que, dans cette dernière religion, Allah est le Très-Haut, le Dieu unique, tout-puissant, éternel, omnipotent, omniprésent (ainsi que dans la religion israélite) et que les musulmans lui attribuent 99 noms, qui sont les 99 plus beaux noms du dieu (ce qui sous-entend qu'il pourrait en avoir d'autres, mais que les humains ne les connaissent pas ou ne doivent pas les connaître, ou ne sont pas en mesure de les appréhender parce que le dieu est trop grand pour eux).

Pour les Celtes, chaque divinité serait en fait partie d'une divinité unique leur accordant d'entrevoir, d'où cette non-représentation de leurs divinités (ou alors des représentations très stylisées, à la valeur symbolique très profonde). Pour eux, l'homme n'était donc point la mesure de toutes choses, mais un être minuscule dans un univers immense, tellement immense que nul homme ne peut jamais qu'en connaître une infime partie.

Les Celtes se méfiaient de leurs dieux et déesses (ce que l'on peut découvrir en lisant des légendes celtes) : ils ne les percevaient pas comme des entités capables de se mettre à leur service mais comme des entités supérieures dont ils ignoraient les intentions (aux voies impénétrables pourrait-on dire). Il se pourrait aussi que ces divinités aient été appréhendables à différents niveaux : le druide était le sachant apte à appréhender ces divinités à l'aune du panenthéisme (Tout est dans le divin suprême) tandis que le profane non-instruit ne pouvaient les vénérer qu'en tant que polythéiste, soit comme plusieurs dieux et déesses distincts. Nous ne le saurons sans doute jamais puisque les Celtes ne nous ont livré aucun écrit là-dessus.

Dommage, on aurait aimé savoir !

Les polythéistes sont de vastes laïcs vivant dans l'entre-dieux d'entités surnaturelles (duses compris, tous ces petits êtres tels que les fées, les farfadets, les faunes, les gobelins, les dames blanches, etc.) ... entités n'ayant pas le bras infiniment long, mais soumises au sort comme les mortels ... contrairement au dieu prétendu unique et absolu y compris de l'islamisme, qui se vante d'être le sort lui-même, autoproclamé sage, bon et saint indistinctement dans presque tous les sorts ! puisque vous y faîtes référence. Les dieux ont des voies aussi impénétrables que ce dieu, sauf qu'ils ne prétendent pas être gentils, alors que ce dieu voudrait qu'on le croie en lutte contre tous les méchants ...

Les multiples noms divins de ce prétendu unique absolu, sont des qualificatifs avant tout, absolument pas des variétés divines, tout au plus des aspects comme vous le remarquez bien, et si l'on part dans votre comparatisme il faudrait invoquer la figure de René Guénon, qui est un pérennialiste/syncrétiste/éclectiste, songeant qu'une "Tradition primordiale" métaphysique s'exprime à travers toutes les traditions du monde. Cela est démentiel, et dévalorise toutes les traditions tout en prétendant les respecter pourtant. C'est guedin.

Il y a une chose d'historiquement viable, dans votre propos, c'est le fond culturel indo-européen. Des peuples caucasiens ont essaimé vers l'Est en Inde, vers l'Ouest en Europe, donnant l'hindouisme et le celtisme (tout comme les religions gréco-romaines et germano-nordiques avec leurs originalités, surtout gréco-romaines). Des rapports sont profondément possibles, cela est démontré par l'anthropologie de Georges Dumézil, et il y a des groupes néo-druidiques tels que la Celtiacon Certocredaron Credima, qui comblent effectivement les lacunes de l'héritage celte par l'héritage hindou.

La référence à l'hindouisme, effectivement avec la non-représentation des dieux celtiques, peut faire penser au panenthéisme  : tout est en un dieu suprême comme l'Athman hindou (grec atmos, qui donne notre atmosphère, mot que l'on pourrait retrouver proche du gaulois, car les langues semblent avoir une parenté prononcée), les dieux comme les mortels. Alors, au titre du panenthéisme, tout, en effet, est un aspect de la divinité, mais cela ne soutient la comparaison avec Allah que de loin, tout comme avec les saints catholiques - récupérations d'anciens dieux soumis au dieu prétendu unique et absolu ... bien qu'ils semblent des aspects divins, comme vous l'avez bien remarqué (de toutes façons, ce sont d'anciens hénothéismes moyen-orientaux ! c'est-à-dire des dédicaces à un dieu principal entre plusieurs !). Il ne faut pas confondre les aryanismes indo-européens avec les sémitismes judéo-islamiques, même s'ils eurent bien des contacts historiques, c'est évident avec le romanisme chrétien et l'islamisme centre-asiatique.

Le choix d'un néo-druidisme hindo-celtique se respecte, car l'époque-source est la même ...sur quelques siècles toutefois - et c'est ainsi que c'est évidemment un choix, avec lequel on peut ne pas être d'accord (car les Celtes ne sont pas des Hindous !). C'est une question de sensibilité, sachant qu'il me semble important de rester sensé et fondé historiquement, en quoi cet hindo-celtisme est honorable. Mais tout ceci ne me dérange pas, car par définition les paganismes sont territorialement diversifiés, "écospirituels". Il y a un pluralisme laïc naturel au polythéisme.

En tout cas, outre le panenthéisme simili-hindou, l'hénothéisme est une possibilité celtique - le fait de se dédier à un dieu principal, comme on a vu que les monothéismes sont d'anciens hénothéismes moyen-orientaux. Nous savons que des dieux recouvraient toute l'Ancienne Europe celtique, tels que Lug ou Taranis, sachant qu'on retrouve partout Toutatis/Teutates, mais que ce nom divin est un masque pour ne pas désigner le vrai nom du dieu tutélaire de la teute/thuat/tribu ou clan celtique (il s'agit en fait de peuples régulièrement sédentaires, implantés autour d'un dune (un oppidum, ou dunus en gaulois, qui donne par exemple Lugdunum, le dune de Lug, pour l'Ancienne Lyon, "capitale" celtique) et autour d'un dune chaque teute se répartit en pages encore (pagus) plus familiers, où chaque page est réparti en fermes clairsemées. Tout ceci, pour la période du IVème siècle avant JC jusqu'à la colonisation romaine. Mais je m'égare, d'autant plus que la fréquence de Lug ou Taranis ne signifie pas qu'ils soient principalement vénérés dans le lieu.

Et quand comme moi, vous êtes croyant(e), vous connaissez que les dieux (vous) parlent toujours, et tout est au plus oublié, bouché et caché (ésotérique).

A savoir que le druidisme n'existait pas bien en Grande Bretagne ni en Irlande, contrairement aux légendes diffusées par le folklore romantique et au sensationnel médiatique. Ce que l'on sait de source sûre, c'est que les druides continentaux voyageaient en Grande Bretagne, d'une part (le brittonique proche du celte continental étant surtout propre à l'Ancienne Angleterre), et que, d'autre part, en Irlande, c'est une tradition bardique, avec ses filids, qui exista durant le Haut Moyen-Âge. De plus, le druidisme n'existait pas bien dans le Sud-Ouest de la France jusqu'à la péninsule ibérique, non plus. Le druidisme est avant tout un phénomène de Gaules belgique jusqu'à l'Armorique, puis de l'Armorique jusqu'à la Grèce, qui aurait connu son apogée vers les IIIème-IIème siècles avant JC. Donc pas besoin de druides, pour être Celte, de toutes façons il y avait dans toute l'Ancienne Europe des devin(eresse)s nommées uidluas ("sorcières", celles qui connaissent le sort) et des prôneur(se)s nommés gutuateri ("pères-invocateurs", ceux qui invoquent les dieux) même si les druides se respectent (les vates entre les druides, sont des sorciers, et des druides sont des officiers du culte, de toutes façons, outre leurs fonctions plus philosophiques, juridiques, scientifiques, politiques, etc.).

 

Les Celtes sont a l'époque des migrants venus d'Asie centrale, ils envahissent le territoire appelé àa l'époque la Gaule (Gaulois), devenue depuis la Francie des Francs, bientôt la France d'aujourd'hui avec les Français.

Impossible de ne pas penser aux aventures du petit Gaulois Astérix ! Son peuple était réputé pour son courage et sa témérité. Les Gaulois n'avaient peur de rien, même pas que le ciel leur tombe sur la tête. Cette légende persiste, parce que c'est ce qu'ils auraient répondu à Alexandre le Grand, pour lui signifier qu'ils n'avaient pas peur de lui.

En référence à leurs croyances en vérité, aussi, quant à la fin des temps. Mais Astérix est surtout une vision germano-française des Celtes.

Sinon êtes-vous sérieux, sur les migrants ? ... Les migrants, ce sont avant tout des Indo-Européens, Caucasian race comme on dit aux USA. Ils étaient situés autour de l'Iran, aujourd'hui plus tristement connu pour son fanatisme islamique et ses frappes aériennes américaines.

La migration dont vous parlez s'est déroulée sur des siècles, avec de nombreuses acculturations d'Anciens Européens (Européens pré-celtiques dont : culture mégalithique, celle des menhirs, qui n'est pas celtique bien que les Celtes s'en servirent comme points de rassemblements voire de cultes parfois) et implantations proprement celtiques. A l'époque, comme il y a seulement quelques décennies, on ne parlait pas de migration, mais de voyage.

C'est-à-dire que sur une vie, tel homme ou telle femme celtique, ont vécu leur nationalité indo-européenne celtisante, évidemment surtout après le milieu du premier millénaire avant JC, IIème siècle du calendrier romain ... Romains qui à l'époque n'en menaient pas large à côté des Celtes. On n'a qu'une vie, et le plus gentil voyageur du monde, charrie avec lui sa nationalité-en-devenir (identité culturelle biographique). 

Finalement, pendant les deux millénaires jusqu'à nous, le type caucasien fut homogène : il ne faut compter que les invasions hunniques orientales vers le IVème siècle, et l'implantation musulmane en Ibérie du Sud à partir du VIIème, repoussée au XVème. Le reste est de voyages intra-européens, notamment d'invasions romaine et germanique.

Le fond celtique de notre héritage germano-romano-sémitique (judéochrétien) existe toujours. Contrairement aux origines indo-européennes caucasiennes-iraniennes des voyageurs celtiques-en-devenir, il n'a pas totalement disparu. De l'Iran, nous n'avons lointainement qu'une adoration du feu, y compris solaire évidemment (toujours actuelle dans le mazdéisme) mais nous ne pouvons pas être ce que nous ne sommes définitivement plus - sauf activisme titanesque, dont le celtisme bénéficie depuis trois siècles, bien qu'il n'avait donc pas définitivement disparu dans notre fond populaire ... ce qui est évidemment une aubaine pour lui. Le dogme de l'immaculée conception de la Vierge Marie, chez les catholiques, est établi au XIXème siècle, sur la base d'une vieille déesse-mère (près de 2000 ans pour l'instaurer, sachant que les chrétiens mirent 600 ans à célébrer Noël ! et qu'à Lourdes voilà deux siècles, Bernadette Soubirou a vu la dame blanche avant tout celtique !).

Je renvoie aussi à l'article des discussions néo-celtiques 4, d'emblée, sur nos origines ...

 

Les sacrifices humains ne sont pas glorieux et ce n'est sans doute pas une tradition à conserver ! Quoi qu'avec nos dirigeants actuels, beaucoup sont prêts à faire une exception.

Je trouve le sujet de celtisme passionnant. Il me semble assez évident que nous avons des racines culturelles qui remontent très loin. Bien entendu, il y a aussi un mélange culturel, du fait de migrations diverses. Sommes-nous des migrants ou des voyageurs, cela me semble blanc bonnet et bonnet blanc.

Mon père me bassine avec la supériorité de l'Allemagne, et que la France est le pire pays avec le pire gouvernement. Mais une telle rivalité entre ces deux pays a-t-elle du sens, puisque, si j'ai bien tout compris, les Francs sont des Germains qui ont conquis ce qui a fini par s'appeler la France.

Ayant des origines franco-allemandes, j'ai l'impression de ressentir dans ma chair la différence entre les Celtes et les Germains. Le rapport à l'autorité notamment me semble différent. Est-ce que cela viendrait de ces racines lointaines ?

Les Français actuels en moyenne sont moins "celto-germains" que latins. Leur comportemant social est globalement indiscipliné comme chez les Latins.

On peut aussi tirer un classement de la population selon la religion chrétienne  :

- Les "Latins" sont globalement catholiques, avec la confession pour effacer leurs fautes, et un prêtre pour les remettre dans le droit chemin.

- Les "Germains" sont plutôt protestants et n'attendent pas le pardon d'un pasteur. Eux, ils sont face à leur dieu sans intermédiaire, donc ils sont plus disciplinés au quotidien.

Certes, cela dit, la latinisation s'est particulièrement bien passée chez les Celtes, mais pas chez les Germains. Il y avait une compatibilité celto-romaine si je puis dire.

Vous voulez rire, sur les sacrifices humains ! Combien de pays pratiquent toujours la peine de mort ? ... La plupart des sacrifiés humains étaient des condamnés à mort ou des prisonniers de guerre, sacrifiés uniquement quand le devenir de la civilisation était en jeu (la poursuite d'une guerre, notoirement). L'autre type de sacrifice est de l'ordre du suicide rituel, qui permet de redistribuer des richesses aux siens pour qu'ils survivent, depuis une mutuelle religieuse, en l'honneur des dieux. Les banques, actuellement, sont plus cruelles : elles laissent l'endettement dévorer tout le monde, dès que possible. Enfin c'est mécanique, bien acté dans les lois cela dit ... Bref, vous êtes trop prompt à juger du bien et du mal, vous appliquez des valeurs anachroniques (humanistes de médiocre aloi) et xénophobes (préjugeant sur l'autre, en l'occurrence celtique).

Nous partageons plus ou moins nos origines, et franchement les Latins étaient bien plus disciplinés car sévèrement administrés par l'empire. Les autorités celto-germaniques étaient aristocratiques guerrières avant tout, régulièrement soumises aux druides (pas partout, pas tout le temps, cf. ci-dessus, d'autant moins côté nordique, qui accouchera des fameux Vikings connus entre 800 et 1200, après les massacres antipaïens perpétrés par "ce bon chrétien" de Charlemagne, comme près d'un millénaire plus tard on massacra les peuples américains natifs). C'est dire la proximité entre "Gaulois" et "Germains" (des notions établies par le conquérant Jules César, pour les besoins de sa cause géographique ! ... ). Mais reprenons :

Les Indo-Européens/Caucasiens/simili-Iraniens voyagèrent d'abord au Nord de l'Europe (le terme de migration, bien qu'en soi équivalent, reste chargé d'une connotation humanitaire actuelle, qui n'a pas sa place : d'une part, les Indo-Européens n'hésitèrent pas à prendre les armes pour s'implanter parfois, d'autre part, les actuels migrants n'ont aucun blanc-seing. En dehors de la France, qui refuse qu'on fasse des statistiques ethniques, on sait que les migrants sont plus délictueux et criminels, toutes proportions de populations gardées - il y a des cons comme des bons partout. De plus, on sait aussi en France, que l'aide humanitaire contribue surtout à alimenter les migrations, dès qu'un certain seuil de richesse est atteint ailleurs  : les étrangers - bénis soient-ils, - plutôt que de tenter de changer quelque chose aux misères locales, tendent à migrer, pour ensuite renvoyer des richesses éventuellement "au pays". Aussi bien, la notion de migrant, migration, est trop biaisée.)

Je disais donc que les Indo-Européens voyagèrent avant tout au Nord de l'Europe, avant que d'autres vagues ne colonisent l'Europe centrale jusque vers l'Ouest, ainsi que l'Europe méditerranéenne. Ces trois aires n'ont pas évoluées de la même manière.

Les Français actuels se souviennent essentiellement, certes, d'un âge féodal germano-romano-sémitique (judéochrétien), ceci sous le coup des expansions nordiques écrasés par la pression momentanée des Huns (turco-mongols) au VIème siècle. C'est d'ailleurs ce qui fit basculer l'Empire romain d'Occident dans l'âge féodal (l'Empire romain d'Orient basculera plus tard, sous le coup de l'expansion islamique. Passons.) C'est d'ailleurs à cette époque d'un empire déstabilisé, que le sémitisme (judéochrétien) sembla une façon de fédérer tout le monde, du moins l’Église naissante de conciles en conciles. L’Église manipula diplomatiquement assez bien les Franken (Francs) qui donneront la France, population gauloise romaine, c'est-à-dire celto-romaine. Sachant, donc, que les Romains puis la Féodalité, reprirent aux Celtes toute leur technologie sans innovation majeur (cotte de maille, forts, charrue, soc, forge, etc.) : les Romains, de base, comme les Grecs d'ailleurs, étaient artisanalement moins doués.

Jules César avait profité qu'une teute gauloise (donc celte) demandât l'aide des Romains contre une germaine, afin de manipuler diplomatiquement les Celtes, ainsi que les conquérir militairement en Gaules (ce que Jules César, donc, nomma Gaules, établissant par la même une Germanie, pour les besoins de sa cause géographique, à se faire mousser à Rome). C'était un arriviste romain, soucieux de Rome, ethnocentrique, qui profita de l'aubaine d'une faiblesse celtique. Aussi, le mode d'administration romain, mâtiné de germanisme aristocratique, a donné la féodalité, c'est-à-dire le Moyen-Âge, avec le sémitisme (judéochrétien).

Manifestement, les Français connaissent cela, et leurs moeurs sont imprégnées de cela, d'autant plus que les Celtes du Sud (au Nord de la Marseille grecque, puis autour et dans la Prinvicia romaine - en gros : la Provence et l'Occitanie) ... d'autant plus que les Celtes du Sud s'acculturèrent. Mais comme on a vu, c'était réciproque, puisque les Gréco-Romains reprirent des techniques celtes, notamment les Romains pour devenir de grands agriculteurs entre les agriculteurs, encore que côté viticulture ce sont les Gréco-Romains qui exportèrent aux Celtes pendant deux ou trois siècles ... avant que la Gaule romanisée, puis la Francie carolingienne, se fut mise à faire des cépages de l'Alsace à l'Aquitaine. Miam.

La question des Germains, ici, est importante. Ils firent des Gaules romaines la Francie, future France, c'est évident, mais les changements d'aristocratie et de régime n'ont pas fait basculer les populations ni leurs moeurs radicalement. Aujourd'hui, si nous jetons encore parfois des pièces de monnaie dans les fontaines, c'est bien en mémoire d'un sacrifice de biens celtiques (les Celtes ne recherchaient pas la croissance économique, ils étaient dans une économie basée sur les ressources, avec dépenses somptuaires et trophées de guerre, régulièrement sacrifiés) et nous pouvons dire sans trop d'hésitation, qu'un certain libéralisme de moeurs nous vient de cette époque. Bon.

Comme je l'ai dit dans une parenthèse, la Germanie, c'est une invention géographique de Jules César, bien que fondée sur le Rhin et le Danube, fleuves européens, frontières naturelles. Néanmoins, il faut savoir que Teutatès, dieu celte, nom-masque des dieux pour chaque peuple celte, ou teute (irlandait thuath) - comme je le disais plus haut. Or, qui sont les Teutons, chers interlocuteurs ? ... les Germains ... du moins, pour nous, aujourd'hui ... C'est donc dire la familiarité antique, des Celtes et des Germains, d'autant plus que la notion de Celte est grecque.

En fait, ce que l'Europe continentale connaissait, c'était une pléthore de teutes collaborant plus ou moins entre elles militairement, commercialement, culturellement, religieusement, druidiquement (c'est-à-dire au plan des connaissances). C'est toute notre vision du passé, qui est à revoir, et nos clichés séparatistes, hérités des vainqueurs romains avant tout. Car notez bien qu'une fois féodalisée par le sémitisme (judéochrétien), la Rome a romanisé "la Germanie". Qu'est-ce que, au Moyen-Âge, le Saint-Empire Romain Germanique, hérité cahin-chaha du Francien Charlemagne, sinon ? ... Charlemagne, lui-même héréditairement Franken (Franc) de la région de Fribourg, Franken qui étaient une teute entre les teutes européennes continentales. Voilà tout.

...

Cela dit, effectivement, la moindre prégnance romaine, d'une part, mais aussi l'influence des Anciens Peuples du Nord européen (y compris insulaires, jusqu'aux Pictes anciennement écossais, qui ne sont pas Celtes, et dont on a aucun souvenir), d'autre part ... a sûrement joué sur les caractères catholiques et protestants ... de même que le slavisme a joué sur les caractères orthodoxes (sachant que les Vikings y sont pour quelque chose ... ). Entre le néo-protestantisme anglo-saxon du capitalisme d'Obama comme de Trump, l'orthodoxe Russie de Poutine, et l'Europe catholiquement humanitaire (c'est-à-dire à prétentions universelles) cela s'en ressent toujours, dans le conflit géostratégique.

 

Le Bien peut prendre plusieurs formes, d'ou le polythéisme, mais le point commun à toutes ces formes est uniquement le Bien, d'où le monothéisme ...

Je dirais même que le polythéisme, vu ce qu'il est, est subjectif quant au bien alors qu'au contraire, le monothéisme est un pas vers l'objectivite, mais comme le Bien et le Mal sont relatifs tout cela restera a jamais subjectif.

Le monothéisme renvoie a l'origine des choses comme est recherchée en science l'origine de la vie, de l'univers, et l'origine est bonne, pas mauvaise ...

Ne dîtes-vous pas un peu ce qui vous chante, dans un beau bordel insensé ? ... Toutes les cultures, ont des mythes originaires de création du monde.

Quant à vos histoires d'objectif et de subjectif, dîtes perspectif. Chaque perspective est absolue dans sa perspective, tout en restant relative pour toutes les autres perspectives. Moi, je suis un relativiste absolu doublé d'un absolutiste relatif ... Le monothéiste "pur" (rien n'est pur) est un absolutiste - vous avez dit objectiviste - tandis que le polythéiste "pur" (rien, non rien, n'est pur) est un relativiste - vous avez dit subjectiviste. Nous parlions bien, pour commencer, de panenthéisme et d'hénothéisme.

Néanmoins, le monothéisme affirmé ne souffre aucun relativisme-subjectivisme, au contraire du polythéisme qui, lui, est traversé par l'absolutisme-objectivisme. Le polythéisme est donc définitionnellement plus mécréant/sceptique, tandis que le monothéisme est définitiellement plus fanatique/dogmatique.

La philosophie est née en milieu païen, c'est-à-dire ce qui accouchera des sciences, et aucune philosophie monothéiste ne s'intéresse vraiment aux sciences, sinon pour les soumettre au dieu prétendu unique, absolu et objectif. Mais les sciences, de nos jours, ont renoncé à se prononcer quant à la vérité pure. Rien n'est absolument pur, sauf la pureté ...

Non mais vous appliquez des notions délirantes pour le polythéiste. Si l'origine du monde est unique, elle est unique, avec une vache et de la glace et du feu, par exemple chez les Vikings. Ou bien encore, le Chaos d'Hésiode, chez les Grecs anciens. Ensuite, vous venez en parlant de Bien et de Mal, mais c'est un dualisme métaphysique monothéiste. Saviez-vous que les plus grands dieux celtes, usent parfois de subterfuges ? Il n'y a pas de mal en soi.

Non mais vous dîtes vraiment des choses insensées : ça ne fait pas sens de dire que l'origine serait Bonne ! les jugements moraux manichéens n'ont rien à faire là-dedans, sauf à raisonner dans les termes du monothéisme qui voit paranoïaque le Bien et le Mal partout ! ce qui domine même l'athéisme moyen, qu'un tel moralisme (humanisme de médiocre alois). Vous venez avec vos conceptualisations sans prégnance avec le sujet, dans vos théories pures, mais ici même si on raisonne, on parle de spiritualité concrète, pas d'idées seules.

Ca ne sert à rien d'être dualiste pour être dualiste, ou manichéen pour être manichéen et de plaquer le modèle bipolaire sémitique sur tout et n'importe quoi, parce que ce genre de grilles d'analyse préjugées peuvent fonctionner avec beaucoup de choses, il suffit d'opérer quelques ajustements, ou même seulement guediner en écartant l'essentiel pour ne retenir que la modélisation. C'est délabrant.

Non-A n'est pas le contraire de A (anti-A), mais B C D E F G etc. qui ne s'opposent pas à A. Situer A dans l'alphabet n'est donc définitivement pas dualiste. Remplacez maintenant A par délabrant, bon, etc.

Le Bien et le Mal "en soi" sont des maladies de l'esprit monothéiste. Esprit qui ne voit plus ce qu'il voit, d'en être devenu inconsciemment parano. Restent ainsi les bontés et les nuisances perspectives, qui parfois sont utilisées hypocritement à d'autres fins (pour flatter et tenir en respect). Et c'est parfois un mal pour bien, tandis que l'enfer est pavé de bonnes intentions, sans parler de ce que le mieux est l'ennemi du bien, et que l'idéal est souvent juste pratique.

 

Propos transcrits de ForumFr
 



FAUN, groupe allemand de musique celtique,
faisant évidemment référence au faune, mi-homme mi-bouc,
entre les duses (dusoii) c'est-à-dire les entités surnaturelles
dans la nature (fées, farfadets, faunes gobelins, dames blanches, etc.)
et sans lesquels, malgré les dieux, le monde ne tiendrait pas :
faut qu'elles bricolent, ces p'tites bêtes !

 

 

___________________________________________

Moyenne des avis sur cet article :  1.35/5   (17 votes)




Réagissez à l'article

8 réactions à cet article    


  • Laconique Laconique 13 janvier 18:59

    La connais-tu, Dafné, cette ancienne romance

    Au pied du sycomore, ou sous les lauriers blancs,

    Sous l’olivier, le myrte, ou les saules tremblants

    Cette chanson d’amour qui toujours recommence ? …

    Reconnais-tu le TEMPLE au péristyle immense,

    Et les citrons amers où s’imprimaient tes dents,

    Et la grotte, fatale aux hôtes imprudents,

    Où du dragon vaincu dort l’antique semence ? ..

    Ils reviendront, ces Dieux que tu pleures toujours !

    Le temps va ramener l’ordre des anciens jours ;

    La terre a tressailli d’un souffle prophétique …

    Cependant la sibylle au visage latin

    Est endormie encor sous l’arc de Constantin

    - Et rien n’a dérangé le sévère portique.


    • Meruidos Nuctuallos Marzhin Tavernier 13 janvier 19:14

      Gérard de Nerval. Merci.


    • cathy cathy 13 janvier 23:20

      Nous ne sommes pas des judéo-chrétiens, et laissez notre histoire tranquille. Quel pastis.


      • Meruidos Nuctuallos Marzhin Tavernier 14 janvier 14:01

        Je me sens tout d’un coup illuminé par votre affirmation, surtout par le pastis.


      • Meruidos Nuctuallos Marzhin Tavernier 14 janvier 14:03

        Bref, vous n’imaginez pas à quel point nos moeurs sont romano-germano-sémitiques (judéochrétiennes).


      • Gogole Gogole 14 janvier 07:47

        Rassurez-moi : vous n’êtes pas enseignant quand même ?

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès