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Discussions néo-celtiques (5) – La vie, c’est compliqué

La vie, c'est compliqué. On aimerait qu'il y ait des gentils et des méchants comme dans les films et les contes pour enfants, de façon simple.

Si cela est compréhensible dans les contes pour enfants (qui ont besoin d'être rassurés pour établir des bases mentales stables de valeurs) c'est déjà moins compréhensible dans les films (en dehors des velléités d'être compréhensibles pour tous les publics, de 7 à 77 ans - et aussi ne pas tomber sous le coup du qualificatif d'intello, film de genre, film d'auteur, plutôt disqualifiants pour faire beaucoup d'entrées donc des rentrées d'argent, malgré des exceptions).

Mais c'est fortement incompréhensible, quand on raisonne sur la vie. En somme, il n'y a pas d'ange ni de démon (même dans le nazisme). Surtout pas dans le paganisme, même si certains y véhiculent toujours des valeurs monothéistes, et qu'après tout des valeurs sont transreligieuses.

(Cette introduction et cet article, sont une forme de réponse involontaire à la mentalité de Jean-Paul Oury, lisible dans l'article La civilisation prométhéenne mise K.O. par l'écologisme et l'alarmisme ? ...
... qui pose la question "que pourront faire de tels politiques [qu'écologistes évoquant les sorts de quelques femmes] – sans les ingénieurs – à part invoquer des démons et quelques danses de la pluie pour demander au climat qu’il se calme ?" sans comprendre que le titre-même de son article, à titre culturel peut-être, convoque un tel "démon".
C'est dans les cultures de gens croyants à des "démons" selon le monothéisme, qu'est né le prométhéisme et l'ingénierie, depuis la philosophie.
Preuve, s'il en fallait une, de la nécessité toujours courante, de telles réflexions – comme l'ensemble de mes articles néopaïens.)

 


Source de l'image

 

Bonjour,

J’ai besoin de vous partager quelque chose qui m’est arrivé hier soir et qui m’a terrifié. J’ai dormi trois heures cette nuit à cause de ça. Hier j’étais en discussion avec une femme qui est d’ailleurs médium et on discutait tranquillement des religions.

On discutait notamment de Jésus et du fait d’inclure les prières en direction de Jésus mais au travers d’une certaine pratique ésotérique. À ce moment (au bout de 10 mins d’absence) elle m’explique qu’un mort vient d’apparaître devant elle et que ce mort lui explique que si jamais ON, pas elle mais ON prie Jésus il nous tuera.

Ça m’a terrifié. Je ne sais pas quoi en penser tellement ça m’a fait peur. J’ai déjà vécu des expériences surnaturelles et là c’était trop. Ça m’a vraiment perturbé de recevoir une parole aussi brutal venant du monde invisible.

J’avais besoin de vous en parler.

Normal qu'il veuille nous tuer, en dehors des magies admises dans les monothéismes (au hasard : transsubstantiations, miracles, thaumaturgies, théurgies, angélologies, etc.) la sorcellerie est formellement condamnée par les bestsellers de "la Bible" et de "le Coran". Après, si cet événement choque, c'est à cause d'une forme de screamer, puisque Jésus nous a toujours été présenté pour (relativement) doux.

Bref, c'était un screamer, un choc contrastif, mais aussi quelque chose de logique et cohérent avec le monothéisme. Alors bien sûr, il y a des pratiques ésotériques et exorcistes étranges dans les cultures monothéistes absorbées par les monothéismes-mêmes (avec les transsubstantiations, miracles, thaumaturgies, théurgies, angélologies, etc. déjà évoquées) mais quand même. Normalement un monothéiste doit s'abstenir de toute magie en dehors de la prière et du culte hebdomadaire (car ce sont des magies). C'est ainsi. Leur dieu n'a jamais été un tendre, ce ne sera pas la première fois qu'il tuera ou donnera envie de tuer. C'est ainsi.

C'est un monstre pour les personnes qui ne le craignent pas (sachant qu'il terrifie déjà, de base, ceux qui le craignent, et ce même en forme de douceur christique). Et ceux qui ont peur en lisant cette anecdote, sont toujours sous le coup du monothéisme et de ses "amour, miséricorde, clémence" terribles. Ce qui est normal, puisque nous baignons toujours dans une telle ambiance héritée, mais avant tout islamiste.

Si vous êtes phobiques, vous êtes morts, hahaha ... Mais la spiritualité (au cas où, pour ceux qui seraient venus là en ayant vu de la lumière) c'est pas un jeu.

 

Quel est votre sentiment par rapport à ce qu’on appelle un démon ? Est-ce qu’on suit la pensée chrétienne ou alors est-ce qu’on peut voir ça comme des humains qui sont devenus des démons ? Et à l’inverse pareil au niveau des anges ?

Démon, du grec daïmon, sorte d'esprit-génie, inspirateur, insufflateur d'idées.

Mais, mettons qu'il y a bien de "mauvais" esprits. En fait, c'est comme dans le Sorceleur : ce sont plutôt des monstres. Ils font leur vie, ils peuvent nous nuire, ils n'aiment pas qu'on s'approche d'eux, certains ont besoin de nous pour vivre (on est leur régime alimentaire...) mais ce ne sont pas des "Mal Absolu". Ainsi, même les anges sont des démons, mêmes les anges sont des monstres, mais des démons utiles, des monstres beaux et qui se désintéressent de nous (par exemple : les licornes ! ... ceci étant bien des légendes racontent que de les avoir ennuyées, a coûté l'existence à certain-e-s).

Dans le monothéisme, dogmatique, il faut qu'il y ait un Bien et un Mal en soi.
Dieu d'un côté, et concentriquement ce qui s'en éloigne de l'autre, au point que certain-e-s monothéistes font du Néant un équivalent du Mal, songeant que Dieu est l'Être, et tout ce qui s'éloigne de lui serait en manque d'Être (pas besoin d'aller chez les gnostiques pour ça : les moines médiévaux y sont déjà, sur des bases plotiniennes).
Aussi, dans le monothéisme, les démons ou le Démon grand D, participent du Mal en soi/Manque voire Absence d'Être/Néant ... tandis que les anges participent du Bien en soi/Être dans sa plénitude/Dieu, en forme d'excroissances de Dieu d'ailleurs : Gabri-el, c'est Message-dieu ; Micha-el, c'est Guerrier-dieu ; Rapha-el, c'est Médecin-dieu (les trois archanges reconnus par le catholicisme).
Sortes d'effluves de Dieu par le Saint Esprit qui est une de ses hypostases (avec le Père et le Fils) ...

En somme, les monothéistes disent : tu n'es/vaux Rien sans Dieu. Leur tolérance est injurieuse : ils ne t'acceptent pas au fond d'eux-mêmes si tu n'es pas monothéiste : ils jouent ainsi d'angélisme inévitable, bon gré mal gré. Et parfois leurs textes sont suffisamment ambigus pour autoriser qu'on appelle à te tuer, même quand tu n'es pas seulement païen.

Qui fait l'ange fait la bête. On en a un excellent exemple avec le procès du Bataclan en cours. Ça se prend pour angélique, mais ça fait démoniaque. En fait, ça ne m'inspire pas du tout, c'est juste ... un monstre dangereux.

Parfois, il vaut mieux détruire les monstres dangereux en retour, ou du moins les conjurer. On a raison de les haïr, parce qu'il n'y a pas d'autres moyens de lutter contre eux, de toute notre énergie psychique.

Mais rien à voir avec la morale : nous ne sommes pas le Bien ni eux le Mal. Nous sommes justes nous, et eux, eux, et nous voulons (sur)vivre.

A chacun-e ses monstres, j'imagine.

 

Pour avancer sur le chemin de la vérité, je pense qu'il faudrait imposer au Vatican de rendre public leurs archives. Les hypothèses sur les Atlantes et autres peuples antédiluviens sont intéressantes, tout comme les travaux de Jurgen Spanuth, mais le Vatican ! les archives du Vatican !

Autant le Vatican est édifié sur une colline de vates, autant son élaboration date du IVème siècle seulement. J'ai comme un doute, bien qu'on puisse soupçonner de l'ancienneté à ses archives, et je pense beaucoup que ces archives tiennent de la légende, bien que nombre de ses documents soient sûrement très dignes d'intérêt pour les archéo/historiens. Mais pas forcément aussi loin que Tartessos, meilleure candidate l'incarnation de l'Atlantide !

Concrètement, c'est donné bien trop d'importance à une institution monothéiste, importance qu'elle n'a sûrement pas. Avant tout, trop de choses ont été perdues, par deux fois, à Alexandrie : lors du passage de César, et lors de l'avènement du christianisme.

Et puis, entre nous, on parle d'écrits, qu'apparemment bien des civilisations non-romaines ont délaissé, en dehors de la gestion de la vie quotidienne. Il y a donc très peu de chances que des écrits concernant l'Atlantide soient passés ailleurs que chez Platon. Et c'est sans parler de tous les textes perdus déjà à l'époque, où l'on ne s'embarrassait pas du scrupule des historiens. Tout au plus, des chroniqueurs, qui ont eu la chance de traverser les âges jusqu'à nos jours.

 

On ne peut plus être païen : trop d'éléments traditionnels ont été perdus.

En fait, plus je songe à ton rigorisme traditionnel, et bien que l'ésotérisme dès l'epoque médiévale et le new age moderne ne soient pas bien clairs, plus je me dis qu'à s'inspirer de l'antiquité il y a moyen de moyenner aujourd'hui.

Je dis bien "moyenne", avec ce que cela comporte de vil : même si ça peut sembler vider les époques de leur âme, après tout nous vivons en cette époque-ci et nous lui donnons son âme propre. C'est humain.

D'ailleurs, le rigoriste se condamne à une forme de Sehnsucht, que je qualifierais volontiers de non-traditionnelle, pouvant aisément tourner au völkish, mais pour ainsi dire, il fait avant tout (utile) œuvre d'historien.

 

Païen, c'est un mot utilisé par les monothéistes, non ?

Paîen, pagan, pagus, du pays. Même si l’Église l'utilisa sub specie aeternitatis (et surtout sub specie vaticanis) pour désigner ceux qu'elle avait "sous son regard" par les mondes (les pays...) il se trouve que la notion rejoint pas mal celle de territoires ethniques, et provenant des concernés eux-mêmes (les pagi) elle peut bien retourner à l'envoyeur.

Ce ne serait pas la première fois qu'un mot fait des va-et-vient d'un univers l'autre. Géographiquement par exemple, en ancien français budget signifiait bourse, il a été utilisé par les anglais et est devenu notre budget, de même champ lexical.

Ici, avec païen, on a quelque chose de plus uniforme toutefois, bien qu'il s'enrichisse - comme c'est le cas dans le propos - d'un singulier pluriel, qui n'aurait pas existé sans regard sub specie vaticanis. Après tout, nous ne pouvons pas ne pas vivre, à l'heure mondialisée où la planète "prend conscience d'elle-même" comme telle : singulière plurielle ...

... même si les forces standardisatrices pressent de toutes leurs forces industrielles - et pas qu'industrielles - pour en faire un improbable singulier. On n'est pas encore dans Star Trek, même si Star Trek transpose très bien la problématique dans la science-fiction. En somme, je préconise une Aufhebung hegelienne.

 

On ne peut être païen que par la communauté ethnique.

Tous les articles de génétique sont "caricaturaux", car ils se concentrent sur tel ou tel brin de gène (même pas un gène entier, parmi tant d'autres gènes dans un chromosome, sachant qu'on en a 21 paires par cellule ... ) ... mais ils sont intéressants pour comprendre des zones de peuplements croisés.

La vie n'est pas que génétique, mais culturelle, et l'on ne peut parler de "races" qu'entre guillemets, qu'à la manière des anciens Grecs, qui désignaient ainsi une engeance, une famille, un groupe relativement uni par des liens familiers. Quand on dit "race" ibérique, par exemple - et ça ne me dérange pas de le dire "race ibérique", - on utilise soit une métaphore, soit une façon de dire que tel peuple était dans la course (jeu de mot avec l'anglais "race").
On dit ainsi "engeance" ... c'est de "l'engeancisme"  ! ...

... et le racisme est un engeancisme qui s'ignore, parce qu'il est fou. Quant à l'engeancisme, tout le monde s'y adonne, du tristement fameux "nique la France" à l'éternel "les manuels et les intellectuels", en passant par tous les lifestyles que nos médias cultivent depuis nos adolescences au moins, ainsi que le fond diffus de lutte des classes que des fonctionnaires enseignants mettent volontiers dans la tête des adolescents, aussi.

Décidément, on n'est pas aidé, à cet âge.

 

Est-il possible de refonder des communautés païennes ?

Nous sommes tous victimes d'une sotériologie individualiste (doctrine du salut de l'âme, donc de soi, aujourd'hui passée dans le sanitaire, valeurs monothéistes devenues folles - selon le mot de Chesterton). À partir de là, tout ce que je peux dire, c'est qu'il existe des projets immobiliers rares pour ceux qui ont les moyens d'investir, dans des formes de communautés/quartiers écologiques ou autres corps de fermes.

C'est déjà difficile à ces ensembles, comme dans les SCOP, de fonctionner sans mauvaise humeur. Mais peut-être que les dieux veilleraient sur des (néo)païens ? Or jusqu'à quel point les membres seraient-ils raccords dans la démarche, en plus de l'écologisme ?

Il y a de nos jours, des païens fanatiques aussi, à cause des mêmes réflexes monothéiste hérités pour le salut de l'âme. En fait, ça fonctionnerait avec un jarl élu juste, et un thing régulier au moins, ainsi que des personnes droites dans leurs bottes et la tête sur les épaules.

 

Un chercheur français découvre que les objets en fer forgés durant l'âge du bronze, seraient issus de météorites.

Il y a de quoi rêver sur des armes divines ! Or, à l'époque, déjà que le métier de forgeron était magique, recevoir une arme en fer, plus solide qu'en bronze, venant du ciel, à lui attribuer un nom peut-être, était fatalement magique.

Or, qu'on y pense : même si vous obteniez un objet forgé à partir de métal météoritique aujourd'hui, il vous enchanterait. Les armes enchantées existent donc à leur façon particulière, qui devait être l'antique façon, CQFD.

 

Nos dieux sont les fées médiévales !

Fée vient de fata (qui donne aussi fada dans le Sud-Est !) référant au fatum, au destin, d'où que les contes finirent par parler de Marraines les Fées plus ou moins bienveillantes.

En gros : une destinée, avec ses avantages et ses inconvénients. Les les Dises, les Nornes, les Moires, les Parques.

D'ailleurs, s'il fallait résumer la civilisation occidentale en un seul mot, ce serait bien celui-là : Destinée.

 

 

 

Extraits de conversations Facebook dans les milieux païens contemporains (1, 2 notamment).

 

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6 réactions à cet article    


  • ETTORE ETTORE 20 septembre 11:57

    Etonant la représentation de cette ville cerclée d’eau.

    Vous coupez cette image en deux parties égales, et vous obtenez une « menorah »

    Peut être juste le coup du hasard .


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 20 septembre 17:06

      Oui, et puis si on la déploie verticalement, ça fait un cône, comme une glace. Mais ça aussi, c’est peut-être que le fruit du hasard. Et si on la plie en quatre, ça fait un quart de gâteau. Hasard ou coïncidence ? Vraiment, le monde est étonnant, quand on en fait ce qui nous chante pour le plaisir de dire n’importe quoi en commentaire.


    • ETTORE ETTORE 20 septembre 18:35

      N’en déplaise à votre Majesté l’Outre Redondante....

      C’est un chercheur..Richard Freund qui a fait ses recherches en Espagne.

      Mais bon, comme d’hab, vous êtes le seul et unique détenteur de la vérité.

      Et cela en gonfle visiblement pas mal !

      Continuez à danser avec vos certitudes, au moins l’Atlantide à encore de beaux jours devant elle


      • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 22 septembre 10:12

        Richard Freund... pourriez-vous me procurer un lien vers lui ou une de ses productions, afin d’éclairer le pauvre être rachitique agaçant tout le monde et rejeté de tous (sauf par votre bienveillantissisme, bien entendu, venant ici tel un christ sauver une brebis égarée - on n’avait pourtant rien demandé au Christ, qui pose un cadre d’interprétation lui donnant lui-même raison aussi : comme quoi on n’est tous pareils dès qu’il s’agit de se donner raison, des raisonneurs voire des raisonnistes...) que je vous parais être à « tous » ? ... D’ailleurs, en effet, après vous avoir répondu, je m’étais dit oui quand même, l’influence méditerranéenne phénicienne aurait pu, à condition que le menorah soit aussi ancien évidemment. Vous voyez ? Le diable, ça n’existe pas plus que le dieu ...


      • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 22 septembre 10:39

        Je vous demande sur Freund, parce qu’il y en a des tas sur le Net et que je ne trouve pas celui dont vous me parlez. Ensuite, il faut relativiser :

        1. 1. Est-il ressortissant juif ? Ça fait toujours plaisir, de voir des symboles de sa culture partout ;
        2. 2. L’article menorah de Wikipedia ne donne rien au sujet de l’ancienneté réelle de la menorah, il est judéocentrique, or Tartessos est plus ancienne que l’histoire hébraïque judaïque réelle ;
        3. 3. L’image que vous commentez reste une vision d’artiste contemporain, et vous pouvez bien vous-même être judéocentrique, ainsi que je vous charrais pour commencer, mais vous n’avez pas voulu rire, et vous avez préférer l’agresser de ressentiments vexés, qui ne sont pas des arguments, en citant un auteur dont on peut douter quant à la question (point 1) comme d’ailleurs il est sain de douter des recherches en général.

      • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 23 septembre 09:13
        • m’agresser... (C’est l’erreur la plus gênante à la lecture.)

        Mais vous vouliez parler de ce Freund je pense.

        J’attends l’ouvrage de référence sur la menorah, en espérant qu’il soit moins judéocentrique que l’article Wikipedia.

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