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Être païen aujourd’hui, à propos des celtismes français

De nos jours, il n'est pas évident d'être croyant. Tout court. L'époque ne s'y prête pas. Du moins en France, avec 60% de « carnants » : carnant, c'est le terme que j'emploierais plutôt que incroyant, mécréant, infidèle, etc. En effet, on ne voit pas pourquoi il faudrait qu'ils soient privés de croyance et de fidélité. Quelque part, ils croient en leur carne avant tout, or la carne ne donne pas accès au spirituel ni au divin. Par contre, ce qui donne accès au spirituel et au divin, c'est comme un sixième sens. Une croyance.

Croyance, du latin credere, qui se rapporte au cœur. Pour commencer, croire, c'est être persuadé que la carne ne suffit pas. Croire, ce n'est pas forcément déborder l'univers par l'esprit, même si c'est une possibilité quand le spirituel et le divin proposent une transcendance ou un absolu – qui semblent extrêmes et totalitaires, au fond (comme c'est le cas des unithéistes – juifs, chrétiens, musulmans). On peut croire, même quand ça reste dans l'ordre de l'univers. Toutes les croyances (dans un spirituel, un divin) ne cherchent pas l'origine ni la fin abstraite. Il y a des croyances qui restent, disons, « cosmiques ». C'est très courant dans le new age psychédélique, si déluré.

Notre époque ne se prête pas à la croyance, c'est pour cela que les unithéistes peuvent se faire passer pour à contre-courant, à rebours, à contre-temps, de nos jours. De plus, c'est aussi pour cela que les « carnants » et tous les scientistes (croyants en la science) peuvent se donner pour les plus judicieux. Pourtant, il y a des personnes empiriques voire scientifiques, qui sont croyantes. L'un n'empêche pas l'autre. Par le passé, mais surtout en dehors de France, beaucoup de personnes empiriques voire scientifiques furent et sont croyantes. C'est ainsi, il n'y a pas besoin de « profession de foi carnante » pour rester empirique voire scientifique, même si les « carnants » trouvent cela saugrenu, et qu'ils sont bien obligés de constater, empiriquement voire scientifiquement, d'autres professions de foi croyantes.

Mais alors, quand on se prétend païen – c'est-à-dire essentiellement polythéiste et panthéiste – on passe pour « vraiment à l'Ouest ». D'ailleurs, c'est le cas de le dire, « à l'Ouest », puisque le polythéisme et le panthéisme français se concentrent surtout dans les celtismes. Celtismes, qui eux-mêmes semblent surtout concentrés en Bretagne (druidiques) et en Normandie (vikings). Et pourtant, les païens français ne sont pas forcément bretons ni normands, pas plus quand ils sont druidiques que vikings. Explications.


Source internautique

 

Être païen aujourd'hui, comme beaucoup de choses, c'est un choix. Mais, évidemment, comme tout choix, ses motivations ne sont pas toujours simples, surtout qu'il s'agit de croyance : de manière générale, être croyant, ce n'est pas évident, nous l'avons dit.

Même s'il arrive que croire nous « tombe dessus » comme une évidence, les choses se compliquent dès qu'on cherche à les raisonner, et de toutes façons si l'on pouvait parler de croyance clairement, cela fait longtemps qu'on en aurait des preuves. Au lieu de quoi, on n'en a que des épreuves (des « éprouvements »), et des témoignages. Bizarrement, cela s'éprouve parce que nous sommes carnés a priori. C'est la raison pour laquelle les « carnants » disent que les croyances sont psychiques/nerveuses, voire psychiatriques/neuropathologiques.

Pourtant, il n'y a aucune raison de refuser de croire, et préférer ne faire que « carner ». C'est pour cela, que bien des personnes renoncent à se poser la question de la « carnance » ou de la croyance : elles se disent que c'est indécidable, et on les dit agnostiques, littéralement ne sachant pas. C'est un choix, évidemment, mais il semble manquer de cœur, au fond, au viscéral de la « carnance » comme au magistral de la croyance. Ça semble un peu lâche, sans courage, mais surtout ça permet de ne pas y réfléchir : c'est moins prenant. Passons.

 

Archéofuturisme des païens

Être païen aujourd'hui, pour commencer, ça semble présenter l'avantage paradoxal d'être plus « carnant » que les croyances unithéistes (juives, chrétiennes, musulmanes), d'autant plus que les croyances païennes – comme leur nom l'indique – font référence au paysan, au pays, au terroir, au paillard, au carné. C'est un fait, que les païens s'éprouvent plus carnés que les unithéistes, car le polythéisme des dieux raconte des histoires sensuelles voire cruelles, et le panthéisme éprend fatalement notre carne en la spiritualisant et la divinisant. C'est bien pour cela, que je parlais de « croyances à caractère cosmique » en en-tête, face à des croyances plus transcendantistes et absolutistes. Chez les païens, on retrouve beaucoup plus d'écologues et de pugnaces, c'est conforme aux rêvasseries actuelles, autour des Histoires païennes : d'abord, parce que la Terre était moins peuplée, plus sauvage, et ensuite parce que les hommes s'affrontaient plus souvent réellement.

Ainsi, pour commencer, être païen aujourd'hui, c'est avoir le sentiment – régulièrement new age – de « se reconnecter à la Terre », « faire un retour aux sources », « être authentique », « retrouver son courage et sa bravoure ». Il y est d'ailleurs régulièrement question d'un masculin sacré – au risque de passer pour masculiniste – en plus du fameux féminin sacré, dans des termes paritaires puisqu'il y a eu un droit paritaire dans l'Ancienne Europe d'avant l'unithéisme ; des guerrières et des reines influentes. Être païen aujourd'hui, est d'autant plus plaisant qu'à « la magie des origines » – « origines méconnues » – vient se joindre une part de féminisme. Bref, être païen aujourd'hui, est à la fois quelque chose comme « identitariste » (disons enraciné) et quelque chose comme « progressiste » (disons moral, dans le vent).

Le plus étrange même, c'est que les Anciens Européens sont à décoloniser (retrouvez votre âme profonde !) : car, colonisés par les impériaux romains comme les unithéistes juifs, chrétiens et musulmans … les Anciens Européens s'apparentent aux peuplades africaines, amérindiennes et hindoues devant les Européens Modernes. Les païens ont tout pour eux, donc, encore qu'ils importunent par leur blanchitude peu mondialiste : ils importunent à la fois les antiracistes, qui ne savent pas les stigmatiser autrement qu'en les associant bêtement à l'estrèmdrwate comme toujours (par exemple, Guillaume Faye) ainsi que les mondialistes déterritorialisants associés à l'antiracisme, mondialistes qui pourtant sont un danger même pour les décolonialistes. Mais la vérité, c'est que les païens d'aujourd'hui sont les véritables alliés des peuples de la Terre, car ils se reconnaissent pour partie des leurs, face à l'euro-américanisation moderne.

Tout ceci brasse forcément très large. C'est bien la force des païens d'aujourd'hui, puisque, comme toute religion, cela charrie l'humanité pour le pire et pour le meilleur, en long en large et en travers, fourre-tout pêle-mêle. Il faut bien du ralliement, même les « carnants » le voient bien empiriquement. Être païen aujourd'hui, c'est archéofuturiste.

 

 

Les Celtismes français

Tout à l'heure, entre les celtismes français, j'évoquais la Normandie anciennement viking. C'était pour faire plaisir aux Néo-Vikings de ma connaissance, mais on sait bien qu'ils se font moins connaître que les druidisants. C'est que les druidisants, bon an mal an, cherchent à se constituer en « Église », tandis que les Vikings ne sont pas connus pour leur « œcuménisme ». De plus, il faut bien noter que les Vikings viennent 500 ans à 1000 ans après les Celtes qui ont connu l'empire romain. En fait, les Vikings sont quelque chose comme des descendants celtiques du Nord européen. Les derniers à avoir été colonisés, après l'empire, par l'unithéisme romain féodal, c'est-à-dire les restes de l'empire. Pourtant, plus récents, les Néo-Vikings sont plus actifs que les druidisants en Europe, avec l'Asatru (littéralement : la foi dans les Ases, catégorie de dieux vikings) mais Odin, dieu prégnant chez les Vikings, a bien des caractères similaires au Lug gaulois des siècles auparavant : dieu magicien, poète, savant et guerrier tout à la fois. C'est dire la parenté. Qui, de loin en loin, remonte aux Indo-Européens.

Les druidisants sont extrêmement associés à la Bretagne, elle-même associée à la Grande Bretagne et à l'Irlande, et de fil en aiguille au monde anglo-saxon. Ce monde lui-même, comporte donc des tentatives de reconstructionnisme païen. Mais nous devons surtout à Astérix le Gaulois, ainsi qu'à l'activisme culturel breton, toute l'imagerie celtique, entre Alan Stivell, Tri Yann, Manau et Matmatah. Reste qu'anciennement, les impériaux romains n'ont jamais colonisé l'Irlande ni l'Écosse, et que la tradition se serait continuée dans ces régions d'Europe dès les premiers siècles de l'ère chrétienne, avec le légendaire barde Taliesin suivi des triades bardiques faisant, en fait, référence à un fond commun indo-européen peu différencié et rejoignant même les Védas indiens (le chiffre trois, la prégnance de l'idée de trinité, que l'on retrouve évidemment dans le christianisme).

C'est donc le christianisme irlandais qui s'est chargé de l'Ancienne Celtitude locale, par exemple dans le Lebor na hUindre, relatant l'histoire mythique des anciens dieux, Tuatha dé Danann, les tribus de la déesse Danu. Mais ce texte et ceux qui l'accompagnent, datent déjà du XIIème siècle, c'est-à-dire à une période même ultérieure aux Vikings. On peut certes y fleurer un parfum d'Ancien Europe celtique, et cela sert beaucoup la recherche pour interpréter les divinités celtiques dégottées çà et là partout en Europe archéologique. Il en va de même des branches galloises, rédigées à la même époque que la fameuse matière de Bretagne, notamment les légendes autour du roi Arthur – Arthur, qui aurait vécu à la charnière de l'empire romain et de l'âge féodal, comme on voit cela mis en scène dans la sixième saison de Kaamelott, d'Alexandre Astier.

 

Des Complications d'influence

En fait, tout ce druidisme paradoxalement chrétien est l'équivalent, si vous voulez, des substrats païens d'Amérique Latine anciennement inca, maya, aztèque, etc. : en Amérique Latine, mélangé au christianisme, on retrouve tout un folklore magique hérité, reconstruit et cultivé, des anciennes civilisations précolombiennes. Nous pouvons dire que c'est exactement la même chose au Moyen-Âge, avec ce christianisme celtique ou ce celtisme chrétien.

Dès lors, il n'est pas étonnant qu'aujourd'hui un ordre druidique tel que la Manred, assume sa chrétienté essentielle. La vérité, c'est que l'esprit chrétien – et plus généralement unithéiste : judéo-chrétien et musulman – a tout imprégné depuis. On le sent dans les triades bardiques déjà citées : il est question d'un Dieu unique, même trinitaire. Les musulmans peuvent s'y opposer – à cette trinité, – qu'ils retrouvent pourtant cela d'une manière ou d'une autre.

En effet, je parlais tout à l'heure de racines indo-européennes. Ces racines remonteraient, donc, jusqu'au védisme indien, à s'être perpétuées dans l'hindouisme où le souffle primordial se manifeste dans trois avatars divins. Or l'islam a été largement en contact avec l'Inde, au point de reconnaître un auteur ésotériste tel que René Guénon, converti à l'islam. René Guénon s'inspira beaucoup de l'hindouisme, bien qu'il se convertit à l'islam sunnite soufi d’Égypte. Passons sur ses aspects nazifiants, l'essentiel est de dire que de telles spéculations ont abouti à un ordre druidique guénonien (dit « de la Tradition primordial »). Comme quoi, le monde est petit … Oui, le monde est petit, et il y a de quoi en perdre son latin – je veux dire son celtique … Car, de fait, les celtismes se perdent tout en s'y retrouvant et se diffusant, dans toutes ces tendances.

 

Ne manquait que la franc-maçonnerie

Avant tout, ces tendances contemporaines n'auraient pas connu autant de succès si, au XVIIème siècle, le franc-maçon écossais John Toland n'avait pas relancé la machine. C'est ce rationaliste qualifié de libre-penseur, qui refonda le premier une loge à caractère druidique, dans l'esprit patriarchique chrétien de l'époque, encore que progressiste pour son temps. Rares sont les ordres druidiques contemporains qui se passeraient d'une référence à John Toland, et pourtant rien de plus ambigu qu'une référence à John Toland – à cause, justement, de son franc-maçonnisme et de son rationalisme bizarres face à l'imagerie druidique … une imagerie qui elle-même, dépend des erreurs archéo/historiennes de l'époque ! … où l'on comprend néanmoins, que cela puisse aujourd'hui se rallier au guénonisme sans problème (les deux se veulent initiatiques, comme le druidisme).

Il y a aussi une référence semble-t-il incontournable à Iolo Morganwg, dans la veine de John Toland, servant parfois à se distinguer de ce dernier, comme c'est le cas de l'actuel Collège Druidique Traditionnel. Entre reconstructionnisme culturel et occultisme initiatique, tout cela fait un sacré chantier.

 

Vive le druide Panoramix ?

Ce sacré chantier redevient, néanmoins, extrêmement rassurant dès qu'il se rattache à l'imagerie bretonne la plus répandue. Cette imagerie bretonne est largement portée par la Gorsedd de Bretagne pourtant héritère de John Toland. Cela pour le meilleur, encore qu'il s'agisse d'une association folkloriste et touristique se réunissant dans la nature. Similaires, des associations telles que la CillDara, école druidique et spirituelle de reconnexion à la Nature Sacrée, ou encore les membres du groupe Druides, philosophes d'hier, d'aujourd'hui et de demain, tenu par un Corse ainsi qu'un membre de l'OBOD, ordre des bardes, ovates et druides. Le new age n'est jamais loin, et avant tout l'écologisme.

Dans toutes ces histoires, même si des filiations néo-traditionnelles se créent, nous avons largement affaire à des druidismes contemporains, bordéliques comme l'idée d'une Gaule turbulente, réjouissants comme l'imagerie gauloise, dont certains cherchent manifestement à faire dans le new age afin de rentabilité, en accentuant le fourre-tout. L'OBOD, très clairement, n'a aucun scrupule à tout amalgamer : cela ne ferait qu'améliorer sa réputation d'« ouverture d'esprit » … « Ouverture d'esprit », à laquelle semble souvent se résumer les druidismes contemporains, ou du moins les personnes qui s'en réclament – comme si elles sortaient tous de Woodstock ou bien d'une initiative rurale utopique post-soixante-huitarde, comme dans le téléfilm Nés en 68 avec Laetita Casta.

 

Des Celtismes érudits

Car enfin, le véritable druidisme – pour ce qu'on en sait archéo/historiennement – n'a jamais été un phénomène pan-celtique ni même interceltique. Il naît vers le IIIème siècle avant Jésus-Christ en Belgique, et court doucement jusqu'au premier ou deuxième siècle dans le continent en passant par les îles, sans se répandre à échelle européenne, en dégénérant dans les milieux ruraux sous le coup de la romanisation qui le combattit pour anti-romain. C'étaient les réseaux druidiques qui, en effet, avaient servi Vercingétorix dans son ultime sursaut anti-romain, et de toutes façons eux, les druides, qui portaient une philosophie religieuse caractérisée. Cette philosophie croyait en l'immortalité, ainsi qu'en un autre monde, comme probablement l'ensemble des Celtes même animés par d'autres types de prêtres, mages, devins et sages (il n'y a pas de honte à ne pas être druide) : autant d'éléments que ne portaient pas avec eux ni la religion romaine, ni le judéo-christianisme originel. Le christianisme est un unithéisme fortement influencé par le celtisme, avec son invention de paradis, reprise par les musulmans sous l'appellation de vie future

Les anciens druides constituaient comme une religion instituée, avec ses sacrifices animaux. Les sacrifices humains étaient d'une grande rareté, uniquement là pour ce qui engageait le devenir guerrier de la civilisation, or il était aussi pratiqué par les Gréco-romains aux époques archaïques. A la limite, des personnes pouvaient d'elles-mêmes s'offrir en sacrifice aux dieux celtes, dans des suicides rituels qui leur servaient surtout à pouvoir redistribuer un pécule pour les leurs, avant de les quitter, grâce à des solidarités druidiques. Bref, les Celtes n'étaient pas aussi effroyables qu'on ne le pense, à ce niveau, depuis nos mœurs humanitaires simili-chrétiennes.

Eh bien, des druidismes contemporains cherchent à se reconstruire de façon ainsi érudite, sans sacrifice humain évidemment puisque c'est interdit par nos lois simili-chrétiennes, humanitaires. Il s'agit essentiellement du Réseau Gaulois et de la Kredenn Geltiek Hollvedel, et son forum en ligne Druuidiacto, situés du côté de Toulon.

Avec elle, on remarque tout de suite que le « charme » new age est rompu, et que tous enthousiasmes militants tombent à plat. C'est une bonne chose sous un angle mais, sous un autre angle, elle ne pousse pas sa politisation jusqu'au bout. En effet, les anciens druides ressortaient de l'aristocratie, formés pour plusieurs années au statut de druide, et finissaient par s'engager politiquement, comme pour le soutien à Vercingétorix. Car il faut bien prendre conscience que les anciens druides étaient acteurs de leurs territoires, en leur temps. Aussi les celtismes érudits d'aujourd'hui ne vont-ils pas au bout de leurs conséquences, par souci apartisan, et se dépolitisent.

De toutes façons, on voit mal comment ils pourraient ressortir d'une aristocratie, aussi y a-t-il bâtardise historique néo-traditionnelle. A noter cet article, de Gottfried Yann Karlssohn, administrateur du Réseau Gaulois : les Vraies sources de la tradition celtique, qui vaut vraiment le coup. Avis aux curieux.

 

Outsiders païens

Restent enfin des initiatives druidiques éparses çà et là, de la part d'outsiders qui pourraient aussi bien s'être auto-proclamés « druides contemporains » – ce qui n'est pas forcément pire ni meilleur qu'un légendaire Taliesin, que de controversées triades bardiques, que des christianismes celtiques avant tout insulaires (breton, brittonique, irlandais), qu'un franc-maçon John Toland, ou qu'un littéraire Iolo Morganwg. Le fait est que votre serviteur est près d'être l'un de ces francs-tireurs néo-celtiques comme il y en a d'autres. Que valent-ils, en dehors la foi qu'ils ont en eux-mêmes ? Il faut le sentir, comme dans toute religion. Les Anciens Dieux de l'Europe vivent toujours, le Grand Pan n'est pas mort.

 

Bilan provisoire

De toute évidence, pour l'heure, les celtismes français sont un mic-mac assez impressionnant de néo-chamanisme, spiritisme, occultisme, franc-maçonnisme, écologisme, spiritualisme et reconstructionnisme érudit. Un mic-mac impressionnant, mais non moins underground dans son genre « ouvert d'esprit », touristiquement attractif (comme n'importe quelle religion), mais aussi rêvasseur, et fervent. Comme le christianisme d'Amérique Latine, comme tout l'ésotérisme de nos rayons de librairie, c'est un vaste enthousiasme ou amalgame plus ou moins harmonieux, plus ou moins rentable, plus ou moins bâtard, plus ou moins spirituel, plus ou moins sérieux. La religion ! …

Les celtismes actuels, en France, ne nous le cachons pas, sont communément festivaliers, ou bien propres à certains milieux plutôt geek. Entre festivals médiévaux, festivals interceltiques et groupes de musique celtisantes çà et là – jusqu'au niveau national, avec la « Star Académicienne » Nolwenn Leroy – les celtismes passent pour festifs, donc, profondément christianisés, par exemple avec les feux de la Saint Jean ou les bières de la Saint Patrick. C'est de l'ordre du folklore, pétri d'un néo-traditionalisme où se disputent les fantaisies, la fantasy, le conte merveilleux et l'Histoire légendaire. Néanmoins, la question de savoir « qu'est-ce qu'être vraiment païen ? » se pose avec autant d'acuité que pour toute autre croyance. Et la réponse est qu'il n'y a pas de réponse, sauf à sombrer dans l'intégrisme (mais qu'est-ce que l'intégrisme, sinon une vaste comédie de la croyance ?). Ici, l'intégrisme serait de nature protochronique : c'est-à-dire qu'on cherchait en vain un temps originaire ou une tradition primordiale (qui tourne si facilement au complotisme historique comme quoi des sociétés secrètes auraient perpétué la tradition), même à travers l'historisme le plus scrupuleux des celtismes érudits. Car il n'y a pas de « vraie époque claire, distincte et unifiée » à laquelle se référer. Il n'y a pas d'âge d'or même Ancien.

Au reste, tous ces groupements sont aussi claniques que leurs ancêtres gaulois. C'est-à-dire que, comme dans toutes associations, les personnes finissent plus ou moins par marmonner les unes contre les autres, à se tolérer tout en se divisant, à se rassembler quand elles se ressemblent. C'est ainsi. En effet, tous les groupes dans j'ai parlé se respectent tout en se désaimant, à s'en vouloir plus ou moins pour ceci ou pour cela, à se demander au fond qui est le plus authentique de tous. Mais le plus essentiel est qu'ils manquent d'implantation, et de financement.

Nous sommes aujourd'hui dans une situation assez cocasse, puisque toute la branche bretonne, brittonique et irlandaise peut se réclamer d'un héritage celto-chrétien assez manifeste, et c'est d'ailleurs sur cette base-là qu'elle mérite sa réputation folklorique. Pourtant, cela ne veut pas dire que ces druidismes-là soient les plus scrupuleux à l'égard de la donne archéo/historienne à disposition. Néanmoins, il y a une hérédité, il ne faut pas se le cacher, aussi légère serait-elle (de littérature chrétienne).

Viennent alors toutes les tendances initiatiques, ésotéristes voire occultistes, dont personne n'est pourtant jamais revenu avec des pouvoirs surnaturels manifestes, aussi peut-on toujours se demander quels « secrets » ils recèlent, que cela ne fait qu'alimenter le romantisme celtique. Ce romantisme, que l'on retrouve particulièrement dans les celtistes de fantasy ou encore néo-chamaniques, chacun dans leurs genres. Il s'agit de cultures essentiellement populaires, dont certaines recèlent des exigences. C'est que les anciens druides étaient bien philosophes, astronomes, et précisément astrologues. Ils administraient bien des aspects « intellectuels » de l'Ancienne Europe : ce que manifestement l'administration française ne leur cédera pas, en dehors d'une éventuelle reconnaissance du culte, comme d'autres pays d'Europe et pour d'autres religions.

Aussi les druides en sont-ils plus ou moins réduits au statut de « prêtres » et « moines » de la forêt, bon an mal an, avec leurs druidesses archéo/historiennement introuvables : les anciens druides étaient masculins, les femmes occupant essentiellement des fonctions d'adjointes du culte, mais aussi de « nonnes », et de magiciennes, voyantes, devineresses puissantes. Pas étonnant que tout cela se mélange avec l'ésotérisme vulgaire de nos jours, indistinctement. C'est « de la magie ». Y trouveriez-vous votre bonheur ? … Si éclectique bonheur ! Bonheur démocratique et laïc, actuellement.

 

Valeur de la laïcité

De fait, la laïcité, pour principe politiquement neutre envers les religions qu'elle soit, est spirituellement polythéiste mécréante, à laisser être et advenir tous les cultes par liberté de conscience, sans en élire aucun. Qu'elle le veuille ou non, la laïcité n'est pas anodine. A minima, elle fait culturellement sens dans une direction plutôt qu'une autre (direction polythéiste mécréante). Or, dans ce contexte, être païen aujourd'hui que le christianisme recule en Europe, est significatif. Territorialement auto-immune, au plan géopolitique.

 

Les puissances de l'inconscient collectif

Car au milieu de toute cette richesse foireuse, mais néanmoins richesse, il est encore une dernière forme de celtisme, courante à travers tous les autres selon amateurs plus ou moins connaisseurs. C'est celle inspirée par la psychologie archétypale de Carl Gustav Jung, psychiatre suisse, zurichois, un temps disciple de Sigmund Freud avant que de choisir sa propre voie : Carl Gustav Jung reconnaissait au psychisme une tendance religieuse, non-maladive. Pour cela, on l'accusa de mysticisme, mais il resta spirituellement empiriste. Néanmoins, Carl Gustav Jung faisait beaucoup d'anthropologie comparée, et peut être rattaché aux tendances syncrétistes et ésotéristes, de type « temps originaire » ou « tradition primordiale ». Sur ces points, nous ne le suivrons pas ici.

Ce pour quoi nous le suivrons, c'est dans sa reconnaissance onirique et mentale, de tendances religieuses à l'âme humaine, caractérisée par de grands axes qu'il nommait des archétypes de l'inconscient collectif – ou des dispositions à produire des mêmes schèmes de sens, sous différentes formes culturelles ou par différentes personnes. C'est une façon scientifique de le dire, qui n'a d'intérêt que momentané, pour la démonstration. C'est-à-dire que l'être humain est sujet a des puissances vécues, expérimentées, des puissances « d'éprouvement », culturellement caractérisées.

C'est cela, précisément cela – ces expériences de puissances culturellement éprouvées, – à quoi nous reconnecte l'être-païen d'aujourd'hui. Qu'il se manifeste à travers une « méditation » dans l'honneur des dieux, ou bien à travers la participation « chamanique » à la nature, il se passe là quelque chose d'effectivement païen, plus ou moins politique, plus ou moins simili-chrétien/humanitaire … c'est que l'influence chrétienne est extrêmement présente, depuis l'an mil où l'on recopia les écrits celtisants d'époque. On se débarrasse comme on peut de ses apitoiements, de son martyre et de sa coulpe. On ne se défait pas si facilement de l'unithéisme et sa tendance à l'humiliation, jusque dans les prétentions à « l'ouverture d'esprit » et à « la sincérité croyante ». Bien des pratiques « magiques » ne sont en fait que des façons de rejouer une messe verte, et un altermondialisme simili-chrétien.

Et pourtant, il se joue là quelque chose de plus profond. L'ancien druidisme disait : Honore les dieux. Ne fais pas le mal. Deviens courageux. C'est quelque chose de peu chrétien que cet honneur, ainsi que ce courage, en vérité, car l'unithéiste en général n'honore pas : il prie et se recueille pour se culpabiliser ; l'unithéiste se désespère de faire le bien, il ne se contente pas d'éviter le mal, et culpabilise ; l'unithéiste n'a pas besoin de courage, tant qu'il se croit gracié par son dieu de la culpabilité. Mais le païen ne s'humilie pas ainsi, il n'en a pas besoin car il ne comprend pas comment il serait coupable avant d'avoir mal agi – et pourtant, il ne se prend pas pour Dieu. Tout ce qu'il cherche, c'est à déployer son potentiel.

La démarche spirituelle doit être sincère mais peut évidemment, comme dans toute religion, être feinte et jouée par comédie humaine. C'est humain. Néanmoins, le païen se sent moins en demeure de surjouer que le chrétien, car il ne sera pas puni s'il n'imite pas ses confrères dans la foi. Deviens courageux. Les dieux honorent les hommes en retour, en les laissant faire leurs preuves à leur humaine mesure, par-devers leur puissance spirituelle. Mais si ce ne sont pas les dieux, alors la Nature que nous sommes s'exprime, voilà tout, panthéiste, et manifestement elle ne cherche pas autre chose que notre avènement jusqu'à la mort.

Maintenant, ceux qui s'ennuieraient de cet article peuvent arrêter leur lecture. Pour les autres, je n'ai qu'à suggérer mon « éprouvement » archéofuturiste celtiste.

 

Témoignage

Morrigan, ou Morgane, déesse de la Terre, est la déesse des eaux, des mers, des océans, des lacs et des rivières avant tout, car la Terre est la planète bleue. Des eaux émane tout ce qui sourd terriblement et nous aiguillonne jusqu'à nous ravaler à la mort. Morrigan est la Terre-Mer, bien avant que d'être la Terre-Mère. C'est que la Terre comme terre, sol, continent, est d'abord de Cernunos, le dieu-cerf, dieu cornu, dieu Pan du monde celtique, de la faune et de la flore, jusque dans ses instincts les plus saillants, sa sève montante, sa puissance sombre, son printemps et son automne, sa naissance, sa mort et sa renaissance. Mais, en fait de sombreur, le dieu souterrain Dis Ater est comme un dragon, à veiller les morts et couver son or, pour la simple raison que l'or est synonyme de temps mort, de travail effectué, terminé et disparu, figé dans l’œuvre finie. Mais l'ouvrage resplendit, et celui qui l'effectue n'est autre que Lug, dieu stellaire, dieu des multitudes d'étoiles, compétents dans tous les arts & métiers et sans lequel n'adviendrait pas le monde proprement humain, dans la compagnie de Brigantia la très haute, artiste et inventrice. Ce monde est protégé par Ogmios, souverain combattant, sous la protection d'Anna, déesse de la grande Nuit, la Nuit sans nom, celle sur le fond de laquelle tout se trame dans l'espace infini … Ceci n'est qu'une brève fable de ce que j'éprouve parfois dans mon for intérieur, selon, dans mes balades, mes méditations et mes réflexions. « Car les dieux aussi, philosophent », disait Friedrich Nietzsche, dans Par-delà bien et mal.

De temps en temps néanmoins, il faut savoir leur faire des sacrifices. Ce n'est pas un hasard, si l'on jette régulièrement encore des pièces de monnaie dans les fontaines, d'ailleurs … mais il faut savoir sacrifier, réapprendre à sacrifier, au besoin. Les anciens Celtes détruisaient parfois du matériel fiable et précieux, et l'on enterrait les princes avec nombre d'attirail. Côté viking, on a récemment découvert tout un drakkar en guise de tombe ! …

Il faut savoir concrètement, physiquement, réellement, opérer des sacrifices. Aussi singulier que ce soit, riches ou pauvres, à la mesure de nos moyens, il faut savoir jeter de l'argent par les fenêtres, détruire des biens qui nous importent ou bien, si votre tempérament simili-chrétien/humanitaire domine encore, il faut savoir céder aux associations caritatives même pour rien, même quand aucun surplus ne se fait sentir, savoir donner plus de quelques centimes à la quête ecclésiale – les curés seront contents, même si l'Église vaticane n'en a pas besoin en vérité.

Il n'y a que dans le sacrifice, que l'on devient véritablement libre, ainsi que Belenos, dieu resplendissant, nous libère la voie. La lumière naturelle se donne libéralement. Il faut être véritablement libéral, il faut pratiquer des libéralités jusqu'à l'absurde, ainsi que dans les banquets anciens, où les riches et les nobles accédaient à toutes les requêtes populaires, pour la gloire de tous. Il faut perdre, pour se trouver. (Et le chrétien de venir en disant que c'était pourtant quelque chose qu'on lisait dans les évangiles : « donnez, et vous recevrez au centuple » … peut-être ! Mais ce n'est pas d'invention chrétienne, et surtout ce n'est pas fait pour humilier ni culpabiliser, si non.)

Vraiment, le celtisme vit toujours, en Europe et dans tous les pays d'influence européenne. Sous un angle même, on peut voir dans cette morale la morale de Henry Ford, qui s'exclamait qu'il fallait investir, pour gagner plus – même si gagner plus n'était pas le but des Celtes. Et de toute façon, la civilisation technicienne des arts & métiers, c'est l'européenne, pour le meilleur et pour le pire. Qu'on le veuille ou non, le celtisme, c'est nous tous encore toujours, jusque dans notre système bancaire morbide. Hélas, si notre civilisation se souvenait d'elle-même, et en l'occurrence du dieu Dis Ater, elle saurait mieux se gérer, et elle sacrifierait tous ses ors, en l'honneur de tous les dieux et du Tout lui-même – jusqu'à sa trame obscure.

Voilà rapidement « mon » « druidisme », comprenne qui peut son « secret », instruit par « l'inconscient collectif » – je veux dire par son cœur.

 

 

 

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84 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 23 octobre 16:58

    La mouvance néodruidique est citée dans le rapport d’enquête parlementaire de l’Assemblée nationale sur les sectes du 22 décembre 1995, et dans l’enquête parlementaire pour la Chambre des représentants de Belgique du 28 avril 1997, où l’on mentionne L’ordre vert druidique et la fraternité du soleil celtique.


    • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 23 octobre 17:07

      Eh oui. Il y a des arnaques, comme partout. Des intégristes, des escrocs, des manipulateurs, des bandits. Dans les tafs de cet article, j’ai placé Arnaque ? Comme disait l’autre : « Méfiez-vous des contrefaçons. »


    • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 23 octobre 17:08

      * Dans les tags, pas les tafs ...


    • Ruut Ruut 23 octobre 21:41

      @Séraphin Lampion
      Les Sectes Monothéistes sont elles aussi mentionnées dans ce rapport ?


    • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 24 octobre 00:32

      Et sûrement bien après 1997.


    • gaijin gaijin 27 octobre 18:53

      @Séraphin Lampion
      « rapport d’enquête »
      oui magnifique travail coproduit par l’alliance contre nature des cathos les plus bornés et des laïcards les plus féroces ...
      sur le fond d’un retour de la droite au pouvoir et donc de la fabrication d’un nécessaire bouc émissaire ....( remercions au passage nos amis islamistes de jouer les idiots utiles )
      la notion de secte elle même n’ayant jamais pu être définie par la mivilude on en est a la notion de dérive sectaire dont voici quelques signes :

      • discours antisocial ou anti démocratique
      • critique des institutions de la République
      • troubles à l’ordre public
      • perturbation du fonctionnement normal des services publics (par exemple intrusion non autorisée dans les hôpitaux pour empêcher certains actes médicaux)

      https://www.derives-sectes.gouv.fr/quest-ce-quune-d%C3%A9rive-sectaire/comment-la-d%C3%A9tecter
      toujours selon la mivilude définition d’une dérive sectaire :
      ".......Elle se caractérise par la mise en œuvre, par un groupe organisé ou par un individu isolé, quelle que soit sa nature ou son activité, de pressions ou de techniques ayant pour but de créer, de maintenir ou d’exploiter chez une personne un état de sujétion psychologique ou physique, la privant d’une partie de son libre arbitre, avec des conséquences dommageables pour cette personne, son entourage ou pour la société."
      ça ressemble a l’ensemble de notre merdiacratie non ?

      pour ceux qui voudraient s’informer vraiment sur le sujet voir ici :
      http://www.cicns.net/Mythe.htm

      et au fait mon cher lampion depuis quand est on coupable de figurer dans un rapport d’enquête ?


    • Laconique Laconique 23 octobre 17:08

      Votre meilleur article jusqu’à présent. Clair, structuré, documenté, objectif (globalement). Ça manque de fantaisie, mais c’est sérieux, informatif. Je passe sur les attaques archi-convenues contre le monothéisme, qui dénotent une méconnaissance totale du sujet et des textes : ce n’est pas le sujet de l’article. On voit mal, malgré tout, comment le « celtisme » pourrait dépasser le folklorisme ou l’intérêt historique, pour redevenir une spiritualité vivante. Et vous le dites vous-même d’ailleurs. Le lien avec Gaïa est rompu, il n’a jamais existé, c’est un rêve généré par la Ville. Les rites archaïques étaient de nature sociale, intégralement.


      • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 23 octobre 17:10

        Vous voulez que « Dieu » existe. Si les dieux existent, ils existent envers et contre tout. Saviez-vous que votre dieu est nommé Elohim, Lui-les-Dieux, dans le Tanakh, et qu’il ne dit pas « les autres dieux n’existent pas » mais « crois en moi, ô peuple élu, et délaisse les autres ».


      • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 23 octobre 17:20

        @Laconique

        « Les rites archaïques étaient de nature sociale, intégralement.  »

        L’auteur confond « croyance » et « religion ». Les rites sont le fait des religions pas des croyances qui, elles, ne peuvent aboutir qu’à l’extase ou à la prière.

        La croyance est une question de foi, indémontrable et subjective, alors que.la religion est un lien (religere, en latin signifie, relier), un lien entre le surnaturel (dieu ou autre chose) et le naturel (nous, les animaux et les plantes) d’un part, pour tenter de séduire les puissances surhumaines et se mettre de leur côté, et d’autre part un lien entre les membres d’une même communauté pour assurer une solidarité nécessaire dans les périodes difficiles. Dans les deux cas, les rites sont la codification des procédures qui permettent d’établir et maintenir une communication, avec le surnaturel et avec les autres êtres humains.


      • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 23 octobre 17:27

        Cela ne vaut qu’à l’analyse théorique.


      • Laconique Laconique 23 octobre 17:32

        @Séraphin Lampion

        Certes. Ce qui fait que le religieux existe toujours de nos jours, mais qu’il a pris d’autres formes. Mais le point important est que toutes ces nostalgies néo-païennes ne renouent pas avec un hypothétique « substrat », mais qu’elles sont le fruit intégral de la société technicienne urbaine. Il y a de l’ironie là-dedans : ce sont les personnes les plus soumises aux forces du monde moderne, les moins libres par rapport à leur environnement, qui sont attirées par ces mouvements. Les vrais paysans n’en avaient rien à foutre des génies des sources et des chênes. D’où le caractère souvent très factice de tout cela. Pour ne pas dire plus...


      • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 23 octobre 17:55

        Vous n’avez pas peur des contre-vérités. Les superstitions sont de tous les temps, y compris du notre (légendes urbaines, etc.).


      • McGurk McGurk 23 octobre 17:17

        Article horrible, confus et incompréhensible.

        Les croyances des druides, leurs rites et pratiques sont morts. Effectivement, cela passait par la tradition orale uniquement, l’apprentissage se faisait sur une vingtaine d’années.

        Etre druide signifiait appartenir à une caste privilégiée, intellectuelle et très fermée. Alors un « mouvement druidique », surtout moderne, n’a absolument aucun sens. Tout comme ces cultes « néo-païens » qui se fondent sur des stéréotypes parce que le fond culturel réel et les connaissances à ce sujet ont disparu.

        J’ai entendu parler dans les journaux d’un renouveau, dans les pays du nord de l’Europe, des croyances liées aux dieux du panthéon nordique. D’autant qu’on y connaît plus rien et que les vagues connaissances à ce sujet viennent...d’un auteur chrétien qui a déformé cette religion.


        • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 23 octobre 17:27

          Laconique n’est pas de votre avis.


        • McGurk McGurk 23 octobre 17:49

          @Marzhin Tavernier

          C’est pour cette raison que les discussions sont possibles sur ce site. Si tel n’est pas le cas, il n’a qu’à en débattre avec moi ou les autres.


        • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 23 octobre 17:55

          C’est bien vrai mon bon monsieur.


        • Laconique Laconique 23 octobre 21:06

          Petit message à Eric Havas : On ne t’oublie pas. Tu as rejoint le Valhalla des commentateurs immolés.


          • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 24 octobre 00:32

            Ah comme il aurait me traiter de bobogauchon, snif.


          • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 24 octobre 00:35

            * il aurait aimé me traiter ...


          • Jonas Jonas 23 octobre 23:33

            « Par le passé, mais surtout en dehors de France, beaucoup de personnes empiriques voire scientifiques furent et sont croyantes. »

            Les spécialistes de la génétique, de la physique, des sciences de la nature sont en général croyants.

            « Il est pour moi, physicien, absurde de penser que l’univers se soit fait par hasard [...] Je ne conçois pas le monde sans un créateur donc un Dieu. Pour un physicien, un seul atome est si compliqué, si riche d’intelligence que l’univers matérialiste n’a pas de sens [...] Je ne peux croire, pour parler net, que le hasard et la nécessité soient les seuls responsables de l’évolution. Des cosmonautes qui découvriraient, sur la face cachée de la lune, une usine automatique d’aluminium en plein fonctionnement n’arriveraient pas à se persuader que cette usine s’est trouvée constituée par le seul jeu fortuit des réactions physico-chimiques entre les différents éléments présents sur la surface de notre satellite. Ils se croiraient plutôt victimes d’une hallucination.
            Or, la moindre bactérie est une usine physico-chimique bien plus complexe et d’une organisation bien plus ingénieuse qu’une usine automatique d’aluminium. »
            Alfred Kastler - prix Nobel de Physique - « Cette étrange matière » (1976)


            • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 24 octobre 00:31

              C’est gentil de corroborer pour appuyer votre monothéisme sur un article valorisant le paganisme sans faux semblants.


            • Aimable 24 octobre 15:40

              @Jonas
              je n’ai toujours pas compris pourquoi le hasard n est pas idolâtré en temps que dieu .


            • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 24 octobre 17:18

              Le plus drôle, c’est qu’il l’est sous forme du dieu unique (juif, chrétien, musulman), mais que en même temps il prétend dispenser ses bienfaits aux croyants. Dieu est macronien, ou bien Macron est Dieu, cette deuxième hypothèse emporte ma conviction.


            • Jonas Jonas 24 octobre 22:41

              @Aimable « je n’ai toujours pas compris pourquoi le hasard n est pas idolâtré en temps que dieu . »

              Parce que le hasard ne produit rien organisationnellement.



            • Aimable 26 octobre 11:41

              @Marzhin Tavernier
              Exact , mais nier l’évidence du hasard pour des croyants n’est pas un hasard .


            • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 27 octobre 15:40

              Les croyants païens admettent le hasard, les dieux ne sont pas Tout, ils subissent le hasard comme les hommes, quoiqu’ils aient une influence énorme.


            • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 27 octobre 15:49

              Ou bien, dans le panthéisme, la divinité elle-même est un hasard objectif, qui n’a pas besoin d’être spécialement vécu comme bon à s’illusionner soi-même sur son compte.


            • Jonas Jonas 23 octobre 23:48

              « L’ancien druidisme disait : Honore les dieux. Ne fais pas le mal. Deviens courageux. C’est quelque chose de peu chrétien que cet honneur, ainsi que ce courage, en vérité, car l’unithéiste en général n’honore pas »


              « Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu au profit de votre tradition ? Car Dieu a dit : Honore ton père et ta mère ; et : Celui qui maudira son père ou sa mère sera puni de mort. »
              Matthieu 15:3-4


              • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 24 octobre 00:29

                Oui et dans ces mêmes évangiles, il est aussi écrit textuellement que celui qui ne reniera pas son père et sa mère n’est pas fait pour suivre le Christ, et que s’ils sont cinq dans une maison il y en aura deux contre trois et trois contre deux, chez Luc. Diable. Au reste, on ne parle pas de l’honneur parental, quand on parle de l’honneur divin. Si les parents sont des trous du cul comme cela arrive avec les enfants placés par décision du justice, sinon, on voit mal comment les honorer.


              • Jonas Jonas 24 octobre 01:33

                @Marzhin Tavernier "il est aussi écrit textuellement que celui qui ne reniera pas son père et sa mère n’est pas fait pour suivre le Christ, et que s’ils sont cinq dans une maison il y en aura deux contre trois et trois contre deux, chez Luc."

                Il s’agit là de la séparation entre clercs et laïcs.
                Ceux qui abandonnent tout pour se consacrer au Christ Jésus (les clercs : Pape, évêques, prêtres, nonnes, chanoines,...), et ceux qui continuent de vivre pour le monde terrestre (les laïcs).


              • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 24 octobre 17:05

                Mesurez-vous votre degré de connerie ? Les évangiles n’ont pas prévu l’organisation ecclésiale, de loin pas, en dehors d’un ancêtre légendaire le saint Pierre. Car cela, c’est doucement le saint Paul et les premiers siècles de l’Eglise, qui l’amèneront. Je ne crois pas que l’interdiction des simonies vers l’an mil, plaide en la faveur de la séparation du clergé et des laïcs dans l’évangile.


              • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 24 octobre 17:06

                En fait, vous êtes un intégriste et, comme tout intégriste, vous mentez en jouant la comédie de votre foi.


              • Jonas Jonas 24 octobre 22:38

                @Marzhin Tavernier « Les évangiles n’ont pas prévu l’organisation ecclésiale, de loin pas, en dehors d’un ancêtre légendaire — le saint Pierre. »

                « Le Seigneur dit : Simon, Simon, Satan vous a réclamés, pour vous cribler comme le froment. Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point ; et toi, quand tu seras converti, affermis tes frères. »
                Luc 22:31-32

                L’Église est hiérarchique, sinon, comment diffuser l’Évangile au Monde, si Pierre et ses successeurs n’avaient pas reçu une mission divine à accomplir ? Qui enseignerait la Parole de Dieu ?


              • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 25 octobre 00:43

                Vous n’êtes qu’un intégriste délirant.


              • Jonas Jonas 24 octobre 00:22

                "Le christianisme est un unithéisme fortement influencé par le celtisme, avec son invention de paradis, reprise par les musulmans sous l’appellation de vie future …« 

                La vie Éternelle, n’est pas à strictement parler le ’paradis’, elle est repos et sérénité auprès du Christ, et ne doit rien aux rites et culture païens, cette notion existait dans la Bible et l’Ancien Testament sans référence à la culture païenne.

                 »L’Éternel est bon et droit : C’est pourquoi il montre aux pécheurs la voie.
                Il conduit les humbles dans la justice, Il enseigne aux humbles sa voie.

                Tous les sentiers de l’Éternel sont miséricorde et fidélité, Pour ceux qui gardent son alliance et ses commandements.
                C’est à cause de ton nom, ô Éternel ! Que tu pardonneras mon iniquité, car elle est grande.
                Quel est l’homme qui craint l’Éternel ? L’Éternel lui montre la voie qu’il doit choisir.
                Son âme reposera dans le bonheur, Et sa postérité possédera le pays."
                Psaume 25:8-13


                • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 24 octobre 00:30

                  Quelle vision a dominer l’Occident, Jonas ? Non, ne répondez pas. La celto-chrétienne.



                • mursili mursili 24 octobre 00:35

                  Qu’y a-t-il de « nazifiant » chez Guénon ?



                  • Jonas Jonas 24 octobre 00:36

                    « Le christianisme est un unithéisme fortement influencé par le celtisme »

                    Bien que le celtisme reprenne des formulations chrétiennes, le Christianisme a toujours été en opposition avec les rites païens.
                    Dès la genèse du Christianisme, les fidèles respectant les Évangiles seront confrontés aux hérésies païennes : en refusant l’adoration des Dieux païens et les sacrifices, ils seront marginalisés et très longtemps persécutés, en particulier sous l’empire romain, de 60 à 310, par les empereurs Néron, Trajan, Hadrien, Antonin, Marc Aurèle, Dèce, Valérien, Dioclétien... pour ne pas avoir voulu adorer les Dieux de la nature.
                    Les sciences païennes, si on peut parler de sciences (mésopotamiennes, asiatiques, égyptiennes, grecques, romaines, celtes, perses, arabes, mayas, ...) sont basées sur l’observation de la nature et de leurs Dieux magiques (Dieu du Soleil, de la Lune, de la Terre, du Vent, de la Mer, de la Forêt,..). La déification des phénomènes naturels empêche chez les penseurs la construction d’une méthodologie scientifique rigoureuse pour comprendre les lois de la nature, tout simplement parce que des Dieux ne peuvent être soumis à une quelconque loi physique ou mathématique. Les dogmes formulés restent donc empiriques.

                    La science se construit alors sur la magie et l’alchimie. Le monde aristotélicien des philosophes grecs repose essentiellement sur les quatre éléments (feu, terre, eau, air) composant le monde, les trajectoires rectilignes du monde corrompu sublunaire, et parfaitement circulaires au-delà, la théorie des humeurs en médecine (Galien, Hippocrate). Ces dogmes présentent des incohérences totalement irrationnelles du point de vue de la formulation scientifique mathématique.

                    Plus foncièrement, le paganisme hérite du monisme, les Dieux et la nature ne forment qu’une seule et même entité, qui ne peut donc être soumise à des lois rationnelles et scientifiques.

                    Ce paganisme, qui freine le développement scientifique depuis des siècles dans toutes les civilisations, va être combattu de manière radicale par l’Église catholique.
                    Le 7 mars 1277, l’évêque de Paris, Étienne Tempier, condamne la doctrine d’Aristote en relevant "219 erreurs exécrables que certains étudiants de la faculté des arts ne craignent pas de traiter et de discuter dans les écoles".
                    Pour le physicien, chimiste, épistémologue et historien des sciences du début du XXème siècle Pierre Duhem, cette condamnation d’Étienne Tempier promulguée à l’Université de Paris marque le début du rationalisme scientifique :
                    "S’il nous fallait assigner une date à la naissance de la science moderne, nous choisirions, sans doute, cette date de 1277...Comprise comme une condamnation du nécéssitarisme grec, elle conduira nombre de théologiens à affirmer comme possibles, en vertu de la toute-puissance du Dieu chrétien, des positions scientifiques et philosophiques traditionnellement jugées impossibles en vertu de l’essence des choses...La notion d’un Dieu théologiquement puissant a libéré les esprits du cadre fini où la pensée grecque avait inclu l’Univers."

                    Au moyen-âge, l’Inquisition combat l’hérésie païenne, le druidisme, la sorcellerie et la magie, dans la droite ligne d’Étienne Tempier, elle va alors représenter une étape fondamentale pour démystifier les sciences occultes. L’Inquisiteur Bernard Gui au XIII-XIVème siècle explique dans son « Manuel de l’Inquisiteur » que :
                    "La peste et erreur des sorciers, devins et invocateurs des démons revêt, en diverses provinces et régions, des formes nombreuses et variées en rapport avec les multiples inventions et les fausses et vaines imaginations de ces gens superstitieux qui prennent en considération les esprits d’erreur et les doctrines démoniaques."


                    • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 24 octobre 00:37

                      "Bien que le celtisme reprenne des formulations chrétiennes

                      " Non historiquement, le christianisme vient après le celtisme, et le récupère en le recyclant. Vous mentez en mettant la charrue avant les boeufs.


                    • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 24 octobre 00:38

                      Au reste, ce sont les philosophes païens, qui ont inventé la science, et les druides étaient philosophes.


                    • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 24 octobre 00:41

                      Ce qui relance les sciences à l’époque moderne ce n’est pas le christianisme bien que cela se fit dans son ambiance, fatalement, mais l’humanisme, qui reprend les païens grâce à la voie musulmane qui en avait recopié les textes.

                      Quelle chienlit fallacieuse de vous lire Jonas.


                    • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 24 octobre 00:43

                      Le bûcher pour Giordano Bruno, la condamnation de Galilée, et toutes ses façons qu’on dût mettre en oeuvre les scientifiques sous l’Eglise, à publier après leur mort pour ne pas être poursuivis, etc. ! ...


                    • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 24 octobre 00:45

                      Si les chrétiens antiques n’avaient pas cramé la bibliothèque d’Alexandrie, si des philosophes comme Hypathie avait pu s’exprimer dans le premier siècle de l’ère chrétienne, la face du monde en aurait été changée.


                    • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 24 octobre 00:46

                      Les païens ne sont pas connus pour tuer les savants et détruire les connaissances.


                    • Jonas Jonas 24 octobre 00:56

                      @Marzhin Tavernier « Au reste, ce sont les philosophes païens, qui ont inventé la science, et les druides étaient philosophes. »

                      Quelles sciences, quelles lois scientifiques ont découvert les druides ?


                    • Jonas Jonas 24 octobre 01:03

                      @Marzhin Tavernier « Le bûcher pour Giordano Bruno »

                      Giordano Bruno est un prêtre dominicain hérétique ayant vécu à la fin du XVIème siècle. Excommunié par l’Église catholique pour avoir blasphémé contre la Sainte Trinité, Jésus Christ et la Vierge Marie, il a cependant continué de propager ses hérésies pendant plus d’une dizaine d’années à travers toute l’Europe malgré les avertissements répétés de l’Église.
                      Giordano Bruno n’était pas physicien, il rejetait la trigonométrie naissante, et considérait la rigueur des mathématiques appliquées aux astres et à la nature comme une hérésie et un mensonge.
                      Giordano Bruno paraît donc d’accord avec Aristote pour faire des mathématiques une science facilement accessible à l’esprit humain mais abstraite, qui ne permet pas de connaître les choses naturelles, et dont la pratique est vaine pour qui cherche à comprendre la substance des chose. Le « Cantus Circaeus » affirme ainsi l’inutilité de l’abstraction mathématique :
                      « Les sujets purement mathématiques ne peuvent être d’aucune utilité, dans la mesure où ils sont abstraits »

                      Pour Giordano Bruno, l’Univers est un tout formé d’objets interconnectés par des liens magiques, mêlant alchimie et ésotérisme, héritage de théories hermétiques non rationnelles, qu’il utilise pour discréditer l’Église catholique et tromper les bonnes âmes en Europe.
                      Dans des ouvrages tout aussi incantatoires les uns que les autres, comme « De la magie », Giordano Bruno explique comment les démons nous parlent, et enseigne une doctrine moniste où toutes les choses de la nature, des pierres aux plantes ont une âme. Ce qui empêche tout raisonnement rationnel et scientifique  :
                      "Il y a analogie avec la situation de qui désire éveiller l’attention : à une certaine distance, il doit élever la voix, afin que ses propos parviennent par la voie auditive au sens interne de l’autre : alors que de près, il suffit de murmurer à l’oreille. Un démon n’a pas besoin de la voix, ni même du murmure : il pénètre directement le sens interne, comme on l’a dit. C’est ainsi que les démons envoient des songes, font entendre des voix et voir des choses étranges, mais aussi suggèrent à l’état de veille certaines pensées dont nous ignorons qu’elles nous sont dictées par une force extérieure, tantôt inculquant une vérité par énigmes, tantôt la signifiant plus nettement ; s’appliquant peut-être, d’autres fois, à nous tromper.« 

                       »Venons-en maintenant à des questions plus précises. Les mages ont pour axiome qu’il faut, en toute œuvre, garder à l’esprit que Dieu influe sur les dieux ; les dieux, sur les corps célestes ou astres, qui sont des divinités corporelles ; les astres sur les démons qui sont gardiens et habitants des astres - au nombre desquels est la Terre ; les démons sur les éléments, les éléments sur les corps composés, les corps composés sur les sens, les sens sur l’animus, et l’animus sur l’être vivant tout entier : ainsi descend-on l’échelle."

                      Giordano Bruno n’est donc pas un scientifique, il propagera ses théories irrationnelles mélangeant science et religion, qu’il s’acharnera à faire passer non pas comme des hypothèses, mais comme une vérité absolue.
                      Les thèses de Giordano Bruno peuvent aujourd’hui prêter à sourire, mais à l’époque, elles constituaient un obstacle considérable à l’avancée de la connaissance scientifique.
                      Il est tout à fait ironique de constater que Giordano Bruno, icône censée incarner aujourd’hui auprès des franc-maçons, athées et « libre-penseurs » le combat de l’esprit scientifique contre l’obscurantisme de l’Église catholique, était en fait un véritable adorateur des mages, pratiquant l’alchimie, l’ésotérisme et la sorcellerie, puisque il se vantait de pouvoir communiquer avec les démons. Ce que l’Église catholique condamnait !

                      Giordano Bruno est aujourd’hui une représentation symbolique caractéristique de l’errance de l’athéisme.


                    • Attila Attila 24 octobre 01:06

                      @Jonas
                      "Les sciences païennes, si on peut parler de sciences (mésopotamiennes, asiatiques, égyptiennes, grecques, romaines, celtes, perses, arabes, mayas, ...) sont basées sur l’observation de la nature "
                      Comment les sciences mésopotamiennes, asiatiques, celtes et mayas pourraient-elle être basées sur l’observation de la nature alors que l’idée de nature n’a été inventée qu’au sixième siècle avant Jésus-Christ en Grêce ?

                      .


                    • Jonas Jonas 24 octobre 01:11

                      @Marzhin Tavernier « la condamnation de Galilée »

                      Galilée affirme des théories sans aucune démonstration scientifique, en devenant arrogant contre son ami le Pape Urbain VIII, qu’il ridiculise dans son ouvrage « Dialogue sur les deux grands systèmes du monde ».

                      C’est par sa non rigueur scientifique et sa volonté d’affirmer sans preuves ses théories en se moquant du Pape et de l’Église catholique que Galilée a été condamné (astreint à résidence).


                    • Jonas Jonas 24 octobre 01:14

                      @Attila "Comment les sciences mésopotamiennes, asiatiques, celtes et mayas pourraient-elle être basées sur l’observation de la nature alors que l’idée de nature n’a été inventée qu’au sixième siècle avant Jésus-Christ en Grêce ?"

                      La nature existe depuis que la Terre existe. Les mésopotamiens, les asiatiques observaient les étoiles, faisaient des relevés des positions des astres, étudiaient les plantes.
                      Ce n’est pas la nature ?


                    • Jonas Jonas 24 octobre 01:26

                      @Marzhin Tavernier "Non historiquement, le christianisme vient après le celtisme, et le récupère en le recyclant. Vous mentez en mettant la charrue avant les boeufs.« 

                      Oui, le christianisme vient après le celtisme, mais il n’empêche que vous expliquez vous même clairement dans votre article que les ordres druidiques ont intégré des influences chrétiennes :
                       »En fait, tout ce druidisme paradoxalement chrétien est l’équivalent, si vous voulez, des substrats païens d’Amérique Latine anciennement inca, maya, aztèque, etc. [...] Dès lors, il n’est pas étonnant qu’aujourd’hui un ordre druidique tel que la Manred, assume sa chrétienté essentielle."


                    • Jonas Jonas 24 octobre 01:38

                      @Marzhin Tavernier "Ce qui relance les sciences à l’époque moderne ce n’est pas le christianisme bien que cela se fit dans son ambiance, fatalement, mais l’humanisme, qui reprend les païens grâce à la voie musulmane qui en avait recopié les textes."

                      Les évêques et les prêtres du XIIIème siècle qui vont amorcer la naissance de la science moderne (Nicole Oresme entre autres) ne sont pas des humanistes.


                    • Attila Attila 24 octobre 08:15

                      @Jonas
                      « La nature existe depuis que la Terre existe »
                      Faux !
                      La Nature est un concept inventé par des philosophes grecs au cinquième siècle avant J-C.
                      Comme tout bon occidental arriéré d’aujourd’hui, vous ne vous doutez même pas que la majorité des peuples du monde ignorent ce concept.
                      La Nature n’existe pas, ce n’est qu’une croyance.
                      .
                      " les hommes ne pensent pas partout et toujours de la même manière et notamment que la distinction tranchée que nous faisons entre nature et culture (les cailloux, les plantes, les animaux font partie de la nature, les hommes sont du côté de la culture) nous est propre et ne permet ni de comprendre les « peuples premiers » ni les hommes qui ont peint les grottes de Lascaux."
                      Philippe Descola, Par delà nature et culture

                      .


                    • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 24 octobre 17:07

                      Jonas, je vous ai déjà dit de lire mes articles consciencieusement avant de les commenter débilement : vos questions concernant le paganisme y trouvent réponse partiellement. Mais vous êtes un intégriste qui, comme tout intégriste, ment pour continuer de jouer la comédie de sa foi.


                    • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 24 octobre 17:15

                      Comme si j’avais nié que des scientifiques croyants puissent exister vous en avez profité pour rebondir dessus en faveur de votre monothéisme plus haut en plus ! et comme si être pape autorisait qu’on condamne ses amis : vous illustrez à merveille non seulement l’intégrisme, mais le crétinisme unithéiste en général (juif, chrétien, musulman) : chez eux, ce type de raisonnements foisonnent, « grâce à Dieu ». Ce n’est jamais bon, de n’avoir qu’un seul point focal spirituellement. Cela rend suprémaciste/totalitaire, au moins au plan spirituel, moral, religieux. Susceptible.


                    • Attila Attila 24 octobre 20:15

                      @Jonas
                      « Ce n’est pas la nature ? »
                      Avant 1968, on disait l’Univers.
                      L’Univers est l’ensemble des choses qui existent. Il n’y a pas de distinction entre les choses qui composent l’Univers : ces choses peuvent être aussi bien des objets que des forces ou des phénomènes comme les champs électriques ou magnétiques.
                      L’idée de la Nature crée artificiellement deux catégories de choses au sein de l’Univers : les choses naturelles et les choses artificielles créées par l’homme.
                      Cette distinction entre les choses naturelles et les choses artificielles est complètement ignorée par la majorité des peuples du monde, seuls les occidentaux y croient. Avant mai 68, nous, le peuple français, nous ignorions également l’idée de la Nature : Nature et naturel étaient des mots que nous n’employions jamais. C’est à partir de mai 68 que cette croyance s’est diffusée parmi nous, grâce notamment à la télé.

                      .


                    • Attila Attila 24 octobre 20:18

                      @Attila
                      Notre grand sociologue français, Emile Durkheim a montré que cette façon de concevoir l’Univers coupé en deux catégories était la base de la pensée religieuse.
                      La Nature est un nouveau dieu.

                      .


                    • Attila Attila 24 octobre 21:16

                      @Attila
                      « L’idée de la Nature crée artificiellement deux catégories de choses au sein de l’Univers  »
                      Donc, l’idée de la Nature n’est pas naturelle !
                      Ahahaha

                      .


                    • Jonas Jonas 24 octobre 22:11

                      @Attila « La Nature est un concept inventé par des philosophes grecs au cinquième siècle avant J-C. »

                      C’est une question de sémantique. Je voyais ici la nature comme « l’ensemble de la réalité matérielle considérée comme indépendante de l’activité et de l’histoire humaines. »


                    • Attila Attila 24 octobre 22:52

                      @Jonas
                      Ce n’est pas seulement de la sémantique. Décréter que dans l’Univers tel ensemble de choses sont regroupée dans une catégorie et le reste dans une autre catégorie va octroyer des valeurs différentes à l’une et l’autre catégorie. C’est ce que nous a montré Émile Durkheim.
                      L’idée de la Nature entraîne un conception du monde qui n’est pas celle des chrétiens, des bouddhistes, ni aucune des multiples autres cultures du monde.

                      .


                    • Jonas Jonas 24 octobre 22:54

                      @Marzhin Tavernier « Comme si j’avais nié que des scientifiques croyants puissent exister — vous en avez profité pour rebondir dessus en faveur de votre monothéisme plus haut en plus ! »

                      Je ne comprends pas votre raisonnement, en quoi cela vous dérange ?
                      Vous écrivez un article qui glorifie le paganisme au détriment du christianisme. Soit. Mais pourquoi je n’aurais pas le droit de prendre la défense du christianisme ?


                    • Jonas Jonas 24 octobre 23:01

                      @Attila "Décréter que dans l’Univers tel ensemble de choses sont regroupée dans une catégorie et le reste dans une autre catégorie va octroyer des valeurs différentes à l’une et l’autre catégorie"

                      On ne parle pas de la même chose. Je parlais de la nature en termes scientifiques et techniques, pas en termes philosophiques.


                    • Attila Attila 24 octobre 23:08

                      @Jonas
                      Vous ne comprenez pas : la Nature fait partie du vocabulaire philosophique et religieux, pas de la science.
                      La science ne peut s’exercer que sur des choses qui existent et la Nature n’existe pas, ce n’est qu’une croyance.

                      .


                    • Jonas Jonas 24 octobre 23:22

                      @Attila « Vous ne comprenez pas : la Nature fait partie du vocabulaire philosophique et religieux, pas de la science. »

                      Encore une fois, on ne parle pas de la même chose, la nature pour le scientifique, c’est ce qui l’entoure, ce qu’il peut observer et mesurer avec des instruments, puis à partir d’hypothèses posées en fonction de ce qu’il a observé, établir des lois scientifiques.
                      Peu importe pour lui ce que représente philosophiquement la Nature et quelle est son essence, ça n’est pas son domaine, et ça lui importe peu.


                    • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 25 octobre 00:44

                      Jonas, vous êtes un sot, ou vous faîtes semblant de l’être par rhétorique. Dans les deux cas, vous êtes dans une démarche intégriste digne d’un islamiste.


                    • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 25 octobre 00:44

                      c’est-à-dire que vous pratiquez la distorsion.


                    • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 25 octobre 00:46

                      Ou, plutôt : l’extorsion raisonneuse.



                    • Jonas Jonas 25 octobre 00:51

                      @Marzhin Tavernier "Jonas, vous êtes un sot, ou vous faîtes semblant de l’être par rhétorique. Dans les deux cas, vous êtes dans une démarche intégriste digne d’un islamiste."

                      C’est vide. Du vide sidéral.
                      Aucune argumentation, et une pauvreté intellectuelle réduite à ne proférer que des insultes.


                    • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 25 octobre 15:22

                      Les druides gaulois connaissaient Pythagore.

                      Le vide sidéral, n’est pas chez moi. Voilà pourquoi vous ne pouvez que dévaloriser, surtout quand les constats d’intégrisme sont évidents chez vous.


                    • machintruc machintruc 25 octobre 16:29

                      @fautif
                      Pas tant que moi


                    • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 27 octobre 15:42

                      Sur quoi, au juste ?


                    • illiadegun illiadegun 24 octobre 12:49

                      Je suis athée Dieu merci.......................... !


                      • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 24 octobre 17:08

                        Et comme l’athéisme est toujours simili-chrétien dans son humanitarisme, « merci Dieu »  !


                      • Ruut Ruut 24 octobre 21:10

                        @Marzhin Tavernier
                        Non si il est athée, il se remercie lui même puisqu’il est lui même son propre Dieu.

                        Dieu signifiant simplement Globalement : Ce qui n’est a ce jour pas encore compris/maîtrisé.

                        Croire en Dieu c’est simplement accepter que nous ne savons/maîtrisons pas tout, ce qui est au final Humain et humble.......

                        Donner sa foie (Le poids de son ignorance, de sa non maîtrise) aux sectes, ou aux livres dits Saints, c’est .... une autre histoire.....

                        Peut être suis je simplement, agnostique (Qui n’as pas trouvé de textes suffisamment Saints (Sage et Bienveillants) pour être crédible a ses yeux) .......


                      • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 25 octobre 00:47

                        Le véritable athée n’a, comme ce credo l’indique, aucun dieu. Je ne vois pas comment il pourrait se prendre pour un dieu, en dehors de façons de parler. Sinon, ce serait, quoi ? un autothéiste ? ... Jésus l’était, d’ailleurs.


                      • slave1802 slave1802 24 octobre 16:29

                        Heureusement que j’aurais tous le temps pour me convertir après ma mort. L’éternité c’est long, surtout vers la fin.


                        • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 24 octobre 17:12

                          « L’éternité c’est long, surtout vers la fin. » Vous citez Woody Allen. A part ça, le polythéisme/panthéisme n’est pas prosélyte : convertissez-vous si ça vous chante, quand ça vous chante, mais quelle que soit la religion les dieux n’accordent leurs dons qu’aux croyants. Oui, je sais, vous vous croyiez malin de faire de l’humour noiraud typé Allen. Bien bien.


                        • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 24 octobre 17:29

                          Je vous invite à consulter ce groupe FB, païen, adressé aux athées aussi.


                        • Haltausquetch 26 octobre 03:08

                          Bonsoir,

                          Au delà de toutes ces considérations et de ce que j’en ai lu il n’y en a qu’une qui a retenu mon attention, « Dieu est en chacun de nous »

                          Je l’interprête comme « Dieu n’est qu’en chacun de nous » donc effectivement nous sommes tous nos propres dieux et quand l’heure vient c’est nous qui nous jugeons nous mêmes.

                          Que suis je alors ?

                          Arhéiste, agnostique, croyant ? croyant certe mais en quoi ? Je n’ai pas encore la réponse. En ce moment je pense à une sorte de morale universelle qui implique que chacun sait au fond de lui ce que sont le bien et le mal mais je continue à chercher.

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