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Le pape François, une vie d’espérance

« Aujourd’hui, je voudrais tous vous inviter à apercevoir aussi dans les yeux et le cœur des réfugiés et des personnes déracinées de force, la lumière de l’espérance. Une espérance qui s’exprime dans l’attente d’un meilleur avenir, dans l’envie de relations d’amitié, dans le désir de participer à la société qui les accueille, également à travers l’apprentissage de la langue, l’accès au travail et à l’instruction pour les plus petits. » (24 mai 2013).



Le deux cent soixante-cinquième successeur de saint Pierre, selon la chronologie officielle, qui a repris le nom de saint François d’Assise, le pape François, le premier à avoir emprunté ce nom, le premier pape argentin et même sud-américain, fête ce samedi 17 décembre 2016 son 80e anniversaire. Il est aussi le premier pape moderne (l’histoire ancienne en a "fourni" aussi) à diriger l’Église catholique alors que survit encore un ancien pape ("démissionnaire").

Après le pape de la communication politique et le pape intellectuel, François s’est surtout distingué comme le pape simple des humbles. Refusant de vivre dans les appartements pontificaux qui l’éloigneraient et même l’isoleraient de l’humanité, il a préféré très humblement demander aux fidèles, lors de son élection, le 13 mars 2013, de prier pour lui, car sa tâche allait être difficile.

Il ne s’agit pas de la direction d’une vieille et grande institution, même s’il y a des réformes nécessaires que ni Jean-Paul II ni Benoît XVI n’ont eu la force de faire (pas plus que François), mais avant tout du message pastoral : comment être chrétien dans le monde aussi déchristianisé et aussi "marchandisé" (consumériste) que celui d’aujourd’hui ?

Le pape François n’entend pas vraiment apporter de réponse théologique. Il est loin des ouvrages savants et parfois difficilement compréhensibles aux profanes, comme pouvait en écrire Benoît XVI. Il est juste un homme simple, avec un bon sens qu’on aimerait continuer à dire "paysan", sans fioriture, sans fard, avec une authenticité qui fait chaud aux cœurs des personnes en souffrance.

Évidemment, 80 ans, c’est déjà beaucoup. C’est l’âge du début de l’épuisement. Benoît XVI a "renoncé" à 85 ans. François ira sans doute jusqu’à ce que son épuisement lui indiquera d’arrêter, avec plus de facilité que son prédécesseur car il y aura déjà eu un précédent. Il a quand même déjà pris rendez-vous en juillet 2019 à Panama pour les Journées mondiales de la jeunesse.

Son cœur est sans doute jeune, et il le conçoit même un peu naïf sinon candide. Il est hors de tout cynisme politique, celui qui se voile certaines faces pour atteindre certains objectifs plus ou moins avouables. Il donne la parole du vivant dans l’espérance : « Le désespoir est contagieux, mais la joie aussi est contagieuse : ne suivez pas les personnes négatives, mais continuez à faire rayonner autour de vous lumière et espérance ! Et sachez que l’espérance ne déçoit pas, ne déçoit jamais ! » (7 juillet 2014).

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Je propose ici quelques (courts) extraits de certaines déclarations que le pape François a prononcées au début de son pontificat.


Les réfugiés en Europe

Le 8 juillet 2013, ce fut (presque) son premier déplacement (le deuxième en fait), lorsqu’il est allé à Lampedusa. Pour le pape François, la situation des réfugiés est l’un des défis essentiels de l’Europe d’aujourd’hui : « Ces frères et sœurs cherchaient à sortir de situations difficiles pour trouver un peu de sérénité et de paix ; ils cherchaient une place meilleure pour eux et leurs familles, mais ils ont trouvé la mort. Combien de gens comme eux ne trouvent ni compréhension, ni accueil, ni solidarité ! Et leurs voix montent jusqu’à Dieu ! ».

Quelques semaines plus tard, le 5 août 2013, il rappelait que la valeur principale, c’était de protéger la personne humaine : « La réalité des migrations, en notre époque de mondialisation, demande à être affrontée et gérée d’une manière nouvelle, équitable et efficace, qui exige avant tout une coopération internationale et un esprit de profonde solidarité et de compassion. La coopération à différents niveaux est importante, avec l’adoption par tous d’instruments normatifs qui protègent et promeuvent la personne humaine. ».

Après être allé sur l’île de Lesbos, le pape François a voulu accueillir le 16 avril 2016 trois familles de réfugiés syriens arrivées sur l’île et les héberger au Vatican : « C’est une goutte d’eau dans la mer, mais après cette goutte, la mer ne sera plus jamais la même ! » (c’était une parole de Mère Teresa). Comment a-t-il choisi ces douze réfugiés musulmans dont six enfants ? Il l’a dit clairement : « Ces trois familles avaient leurs papiers en règle (…). Il y avait deux familles chrétiennes, mais leurs papiers n’étaient pas prêts. » en insistant sur le fait que la religion ne donnait aucun droit à « une dérogation ».

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Ces trois familles ont rejoint deux autres familles de réfugiés qui avaient été accueillies par la paroisse du Vatican, ce qui donne un très fort taux d’accueil des réfugiés pour un petit État de 1 000 habitants (l’équivalent de 10 millions de personnes accueillies pour la population de toute l’Europe !).

Avec Angela Merkel, le pape François est l’un des rares "dirigeants" européens à sauver l’honneur des Européens en défendant les valeurs de l’Europe, ces valeurs chrétiennes que certaines voudraient énoncer sans savoir ce qu’elles signifient vraiment dans le concret, celle de la dignité humaine et celle de l’accueil à ceux qui en ont besoin.


L’éthique et la solidarité

C’est au Vatican le 16 mai 2013 que le pape a évoqué les réflexions éthiques qui devraient être prises en compte dans la manière de gouverner, notamment devant l’ambassadeur du Luxembourg au Vatican : « Tout comme la solidarité, l’éthique dérange ! Elle est considérée comme contre-productive, comme trop humaine car elle relativise l’argent et le pouvoir, comme une menace car elle refuse la manipulation et l’assujettissement de la personne. En effet, l’éthique conduit vers Dieu qui, Lui, se situe en dehors des catégories du marché. Dieu est considéré par ces financiers comme étant incontrôlable (…), dangereux même puisqu’il appelle l’homme à s’accomplir pleinement et à se libérer de toutes les formes d’esclavage. L’éthique, une éthique non idéologique bien sûr, permet, à mon avis, de créer un équilibre et un ordre social plus humain. (…) [L’Église] exhorte les dirigeants des instances financières à prendre en compte l’éthique et la solidarité. ».

Le 16 septembre 2013, il insistait sur l’importance de l’engagement politique : « La politique, selon la doctrine sociale de l’Église, est une des formes les plus élevées de la charité, car elle sert le bien commun. Et on ne peut pas s’en laver les mains : chacun de nous doit faire quelque chose. Mais nous avons tellement pris l’habitude de nous contenter de discuter de ceux qui nous gouvernement et de critiquer leurs actions. ».


La diversité enrichit

Le 30 novembre 2013, François a appelé ses interlocuteurs à ne pas se satisfaire de la pensée ambiante et de s’engager dans leur propre voie : « Il ne faut pas se résigner à la monotonie de la vie quotidienne, mais cultiver des projets d’une vaste portée, aller au-delà de l’ordinaire : ne vous laissez pas voler l’enthousiasme de la jeunesse ! Ce serait une erreur aussi de se laisser emprisonner par la pensée faible et uniforme, celle qui est homologuée, ou bien par une mondialisation entendue comme homogénéisation. Pour dépasser ces risques, le modèle à suivre n’est pas la sphère. Le modèle à suivre dans la véritable mondialisation, qui est bonne, n’est pas la sphère, où tout relief est nivelé et où disparaît toute différence ; c’est au contraire le polyèdre, qui inclut une multiplicité d’éléments et respecte l’unité dans la variété. En défendant l’unité, défendons aussi la diversité. Sinon, cette unité ne serait pas humaine. ».

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Et il a ajouté : « En effet, la pensée est féconde quand elle est l’expression d’un esprit ouvert, qui discerne, toujours éclairé par la vérité, par le bien et par la beauté. Si vous ne vous laissez pas conditionner par l’opinion dominante mais que vous restez fidèles aux principes éthiques et religieux chrétiens, vous trouverez le courage d’aller à contre-courant. Dans un univers mondialisé, vous pourrez contribuer à sauvegarder les particularités et les singularités, tout en cherchent à ne pas abaisser le niveau éthique. ».


Faire la paix

Dans une méditation le 24 janvier 2014, le pape est revenu sur l’importance de dialoguer et de pacifier autour de soi : « L’humilité, la douceur, le fait de se donner tout entier à tous sont les trois éléments fondamentaux du dialogue. Or (…) nous savons tous que pour y parvenir, il faut avaler des couleuvres : la paix est à ce prix ! La paix se fait avec l’humilité (…) en cherchant toujours à voir dans l’autre l’image de Dieu. (…) La bonne attitude à avoir est l’humilité : il est toujours bon de faire des pont, toujours, toujours ! ».

Des ponts et pas des murs : « Pour ouvrir le dialogue, il ne faut pas trop tarder. (…) Il faut amorcer le dialogue tout de suite, car le temps fait élever les murs, comme il fait pousser la mauvaise herbe qui empêche la croissance du bon grain. Et lorsque les murs sont dressés, il est si difficile de se réconcilier, si difficile ! ».


Le dialogue et la communication

Un pape qui parlait d’Internet, cela aurait pu faire bizarre pour son prédécesseur, mais pas pour lui, le 24 janvier 2014, avec les consignes de prudence qu’on donne souvent aux jeunes : « Le désir de connexion numérique peut finir par nous isoler de notre prochain, de nos plus proches voisins. (…) Il ne suffit pas de parcourir les "routes" numériques, c’est-à-dire simplement d’être connecté, il est nécessaire que la connexion s’accompagne d’une rencontre vraie. Nous ne pouvons pas vivre seuls, refermés sur nous-mêmes. Nous avons besoin d’aimer et d’être aimés. Nous avons besoin de tendresse. Ce ne sont pas les stratégies de communication qui en garantissent la beauté, la bonté et la vérité. ».

L’important est donc de communiquer avec authenticité : « Seul, celui qui communique en se mettant soi-même en jeu peut représenter un point de référence. L’implication personnelle est la racine même de sa fiabilité. ».

D’où sa belle définition du dialogue : « Dialoguer signifie être convaincu que l’autre a quelque chose de bon à dire, faire de la place à son point de vue, à ses propositions. Dialoguer signifie renoncer non pas à ses propres idées et traditions, mais à la prétention qu’elles soient uniques et absolues. ».

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Enfin, le pape François a martelé sa détermination à se fondre dans le monde des vivants et pas à s’isoler dans une tour d’ivoire : « Je le répète souvent : entre une Église qui prend des coups parce qu’elle sort dans la rue et une Église malade parce qu’elle reste dans l’autoréférence, je préfère sans aucun doute la première. Les routes sont celles du monde où les gens vivent, où l’on peut les rejoindre effectivement et affectivement. ».


Chaque être humain est précieux et unique

Je terminerai sur ce qui est sans doute l’élément le plus intangible du christianisme. Le 24 novembre 2013, le pape François a évoqué le caractère sacré de la personne humaine : « Au-delà de son apparence, chaque être est infiniment sacré et mérite notre affection et notre dévouement. C’est pourquoi, si je réussis à aider une seule personne à vivre mieux, cela justifie déjà le don de ma vie. ».

Bon anniversaire, très saint Père, et très longue vie !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (16 décembre 2016)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Le pape François, une vie d’espérance.
Le pape François aux États-Unis.
Le pape François à Strasbourg.
Discours du pape François devant le Congrès américain le 24 septembre 2015 (texte intégral).
Discours du pape François devant l’Assemblée générale de l’ONU le 25 septembre 2015 (texte intégral).
La peine de mort.
La vie humaine.
Pape Jean-Paul II.
Pape Paul VI.
Pape Jean XXIII.
Pape Benoît XVI.
Concile Vatican II.
La Pologne en 1989.
Anitnazi.
Anticommuniste.
Les réfugiés.
Infaillible ?
La renonciation.
Le Pardon.
La Passion.

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16 réactions à cet article    


  • Victor 16 décembre 2016 10:08

    Vidéo ÉDIFIANTE : le parcours animé sur une carte des ONG complices des mafia (accusation de Frontex) avec compteur de tonnage
     
    Les pseudo ONG vont charger leurs cargaisons négrières à 25km de la Lybie (95% du parcours) incitant les passeurs a ne même plus fournir de bateaux de mer (cit. Frontex). Les appels de détresse ne représentent que 10% du flot mafieux (cit.Frontex), 90% étant assuré dans une chasse direct par les ONG des barcasses, où phare de nuit pour attirer les cargaisons comme les mouches etc... Frontex accuse les ONG de complicité direct de traite d’êtres humains !!!

    https://archive.fo/sy9Xy#selection-1887.0-2067.380
    (article avec souscription Financial Times : https://www.ft.com/content/3e6b6450-c1f7-11e6-9bca-2b93a6856354)


    • Harry Stotte Harry Stotte 16 décembre 2016 10:19

      « « Ces frères et sœurs cherchaient à sortir de situations difficiles pour trouver un peu de sérénité et de paix... » »


      Qu’il se démerde avec les gens de sa famille, nous, on s’occupe des nôtres, en application d’une saine répartition des tâches. 

      Et on n’est pas les seuls à se comporter ainsi puisque, il y a quelques semaines, le ministère italien de l’Intérieur lançait un appel pour l’accueil des clandestins par les communes de son pays, il y en a 8000. Seules 800 d’entre elles ont répondu favorablement !

      • Yvance77 Yvance77 16 décembre 2016 11:35

        Ouff j’ai eu peu que l’étron à la bouse quotidienne soit absent d’Avox ce jour !


        • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 16 décembre 2016 15:53

          @Yvance77

          Attention : des fois, l’étron pète (de cavalerie) !

        • amiaplacidus amiaplacidus 16 décembre 2016 16:09

          Un jésuite, c’est tout dire !

          Une anecdote :

          Un jésuite demande à un passant :

          - Pourriez-vous m’indiquer le chemin de la cathédrale ?

          - Certainement, c’est là (le passant indique une direction), mais vous ne trouverez pas.

          - Pourquoi ?

          - C’est tout droit.


          • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 16 décembre 2016 16:56

            @amiaplacidus


            Un paroissien demande à un jésuite s’il peut fumer en priant.
            La réponse est négative :
            -…Non…La prière est un acte qui nécessite d’y investir tout son être et son attention…On ne peut fumer en même temps sous peine d’en affaiblir la portée etc…..
            Le paroissien le remercie et le jésuite ajoute :
            - Toutefois, attendez, si vous ne pouvez certes pas fumer en priant, il n’est en revanche pas exclu de prier en fumant…

          • V_Parlier V_Parlier 16 décembre 2016 16:15

            L’avantage, quand un pape fait de la politique, c’est que chacun peut interpréter tout et son contraire, ainsi que sélectionner les passages qui lui plaisent. Ceci même quand ça parait concret.
            On le voit aussi dans ce billet alors que l’auteur a fait tous les efforts possibles pour orienter l’ensemble vers l’apologie du mondialisme et des migrations de masse (en évitant soigneusement les citations sur la responsabilité des états pratiquant des ingérences à l’étranger, plus timides mais existantes).
            Mais notre cher auteur ratisse large : Hier Merkel, aujourd’hui le pape François, demain qui sait... Tout est bon pour louer l’idéologie immigrationniste de masse.


            • Sergio Sergio57 16 décembre 2016 19:41
              Le Pape François, une vie d’espérance
              Bon je tente :

                   Le Pope français, une vie de pet rance

              • kader kader 16 décembre 2016 23:48

                bravo le pape de l’otan qui valide toutes les guerres de l’occident
                qui ne dit rien sur l’exploitation des pays du tiers monde
                le vol des richesses des pays pauvres comme aux meilleurs moments de la colonisation

                finalement le pape parle comme MERKEL pour nous endormir doucement laissez renter les immigrés bla bla il faut etre gentil et généreux..

                mais finalement le pape nous fait la morale bien plus qu’il fait de la religion....

                ah les papes....des les premiers temps du christianisme les papes ont tourné le dos à Pierre.

                d’ailleurs la religion Chrétienne a oublié Pierre pour suivre Paul de Tarse...

                Finalement depuis quand l’eglise catho a renié le Christ ? La religion chrétienne est elle devenue une religion qui culpabilise les gens ? qui les paralyse ?


                • fred.foyn 17 décembre 2016 08:28

                  Pour moi, un « Imposteur » qui vend du vent !


                  • fred.foyn 17 décembre 2016 09:44

                    @fred.foyn....

                    C’ était le regard d’ un homme qui, comme lui, avait fait la perturbante découverte que la religion peut se bâtir sur le contraire de la vérité et devenir de ce fait la gardienne acharnée du mensonge originel.


                  • zygzornifle zygzornifle 17 décembre 2016 13:18

                    pas un mot sur les 11,5 millions de sans emplois ni les 9,5 millions sous le seuil de pauvreté en France, il ne parle que des migrants, a se demander s’il n’est pas manipulé par le Qatar et l’Arabie Saoudite qui mettent en place tranquillement leur Europe Saoudite ....


                    • zygzornifle zygzornifle 17 décembre 2016 13:22

                      C’est un bon commercial ce pape, il pourra faire un bon vendeur chez Darty au SMIG et au rayon aspirateur ou il pourra vendre des contrats de « con fiance » et des garanties de « longue urée » ....


                      • novo12 17 décembre 2016 23:39

                        Peter Sutherland, un des chef du Bilderberg pour l’Europe, est aussi conseiller du pape.

                        La politique du pape correspond exactement à la politique du Bilderberg.

                        • zygzornifle zygzornifle 19 décembre 2016 10:18
                          Michael Jackson était considéré comme le roi de la pop, François lui est considéré comme le roi de la pape ....

                          • zygzornifle zygzornifle 20 décembre 2016 14:27

                            Jamais vu un pape faire la queue a la soupe populaire ......

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