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Accueil du site > Actualités > Religions > Le soufisme dans l’islam : Le dhikr pour purifier l’âme

Le soufisme dans l’islam : Le dhikr pour purifier l’âme

« Une vie sans religion est une vie sans principes et une vie sans principes est un bateau sans gouvernail. »

Gandhi

En ce mois de piété, il nous a paru intéressant de donner un éclairage sur la mystique musulmane notamment représentée par le soufisme. En ce XXIe siècle de tous les dangers, la quête spirituelle est devenue ringarde et mieux encore, chaque religion croit détenir la vérité allant même jusqu’à aboutir à un choc des civilisations.

Qu’est-ce que le soufisme ?

Les mystiques de l’Islam ont souvent souligné l’indigence de la raison humaine ; ils se plaisent à rappeler que le terme arabe ´´aql´´ (´´esprit´´, ´´raison´´) signifie étymologiquement l’entrave, le lien. Un maître syrien du XVIe siècle se livrait ainsi à un jeu de mots - intraduisible en français - en écrivant que ´´les juristes musulmans (fuqahâ’) sont prisonniers de leur mental (bi-’uqûli-him ma’qûlûn)´´. Pour les soufis, il ne s’agit aucunement de rejeter cet instrument qu’est la raison, mais de lui assigner une place relative, contingente, face à cet Absolu que le spirituel musulman a pour but. Pour les soufis, le mystère de l’Unicité divine est ineffable ; il ne sied pas à l’homme de l’évoquer car la perception qu’il en a est obligatoirement en deçà de la réalité. Un maître de l’Ecole de Baghdad de la première période disait que le tawhîd à son stade ultime ´´aveugle le clairvoyant, confond celui qui raisonne et stupéfait celui qui est sûr de son jugement´´.(1)

Le "tassawwuf" a pour but de conduire au degré de l’excellence de la foi et du comportement (al-ihsân) qui, par la purification du coeur, conduirait à la sincérité spirituelle (ikhlâs), celle par laquelle ´´on connaît´´, par laquelle ´´on voit´´. L’exercice spirituel que les soufis privilégient est le dhikr (remémoration, souvenir) ; il s’agit d’une pratique consistant à évoquer Allah (Dieu) en répétant Son Nom de manière rythmée. Le dhikr est considéré comme une pratique purificatrice de l’âme. Une autre pratique régulière est la récitation de poèmes à caractère spirituel, notamment la louange du Prophète Mohammed (Qsssl).

Un verset du Coran : « Reste en compagnie de ceux qui, matin et soir, invoquent leur Seigneur ne désirant que Son agrément. » (Coran XVIII ; 28) peut s’appliquer aux soufis. Pour les soufis eux-mêmes, leur voie est reconnue par les quatre écoles juridiques (madhhab) sunnites, et les quatre fondateurs sont reconnus pour être eux-mêmes des soufis au sens véritable du mot, c’est-à-dire des saints et par les chiites comme une expression de la foi islamique. Ibn Khaldûn et Ghazâlî rappellent par exemple que « Shâfi‘î s’asseyait devant [le soufi] Shaybân al-Râ‘î, comme un enfant s’accroupit à l’école coranique, et lui demandait comment il devait faire en telle et telle affaire. »

Dans le soufisme, l’Être suprême est Dieu auquel on accède - c’est-à-dire accéder à Son agrément - par l’Amour de Lui. La première phase est donc celle du rejet de la conscience habituelle, celle des cinq sens, par la recherche d’un état d’´´ivresse´´ spirituelle, parfois assimilé à tort à une sorte d’extase ; les soufis eux-mêmes parlent plutôt d’« extinction » (al-fana’), c’est-à-dire l’annihilation de l’ego pour parvenir à la conscience de la présence de l’action de Dieu. Cette première étape réalisée, le soufi doit revenir au monde extérieur qu’il avait dans un premier temps rejeté ; le lexique des soufis désigne cette phase par différents termes qui correspondent à autant d’aspects de ce second voyage : al-baqâ, la ´´subsistance ou la permanence´´, la lucidité (sahw), le retour (rujû’) vers les créatures. Cette description sommaire a forcément un caractère très schématique : comme le montre la littérature soufie, ce processus est bien plus cyclique que linéaire, et l’interprétation des termes du lexique soufi est par nature ésotérique. Les maîtres soufis distinguent trois phases dans l’élévation de l’âme vers la connaissance de Dieu : d’abord l’âme gouvernée par ses passions. Le postulant à l’initiation, qui est considéré comme étant à ce stade, est appelé mourîd [murîd], (novice ; nouvel adepte ; disciple). Vient ensuite le degré de l’âme qui se blâme elle-même, c’est-à-dire qui cherche à se corriger intérieurement, l’initié qui parvient à ce stade est appelé salîk (voyageur) itinérant, allusion au symbolique « voyage intérieur ». Puis le troisième et dernier niveau est celui de l’âme apaisée.(1)

Chaque maître du soufisme (shaykh) s’entoure d’un groupe de disciples et anime une confrérie, ou haqiqa, fondée par un grand maître des siècles passés. Il possède une méthode pour l’accession à l’unité divine, et nul ne peut remettre en cause la validité de son enseignement du moment qu’il se réfère à l’Islam. L’ascension vers Dieu passe par les exercices pratiqués dans les confréries : veilles (sahar), jeûnes (siyâm), danses (derviches tourneurs), litanies (dhikr, littéralement, « rappel » du nom de Dieu), contrôle respiratoire. Plusieurs soufis furent victimes de persécutions. Ibn Mansour al Halladj, soufi de Baghdad, fut crucifié en 922 après un long procès. Louis Massignon rapporte cela dans un livre remarquable : La Passion d’Al Hallaj. Ibn Taymiyyah et Ibn Al-Qayyim (XIVe siècle) ont dénoncé les dérives du soufisme, mais ils avaient non seulement de l’estime pour certains soufis qu’ils jugeaient conformes à l’orthodoxie, tels que Al-Junayd, mais plusieurs sources attestent qu’ils étaient eux-mêmes rattachés au cheikh soufi Abd al Qadir al-Jilani. L’école rationaliste et réformiste de Muhammad Abduh et de Mohammed Rachid Rida s’opposait au soufisme, considéré comme une des principales raisons de la décadence des musulmans, par son supposé encouragement du fatalisme et de l’inertie.(1)

L’Histoire ne trouve trace des premiers groupes de soufis qu’à Koufa et Bassorah à partir du VIIIe siècle de l’ère chrétienne, puis à Baghdad au IXe siècle. Les XIIe siècle et XIIIe siècle marquent pour le soufisme le passage à une structuration et une organisation beaucoup plus formelles : c’est ce qu’on appelle les confréries (turuq, pluriel de tarîqa). Les exemples d’islamisation de l’Afrique de l’Ouest par la Tidjaniyya et la Qâdiriyya, ou de la résistance menée contre les Russes aux XIXe siècle et XXe siècle par une population musulmane majoritairement rattachée à la Naqshbandiyya le montrent abondamment. La Shâdhiliyya, fondée au XIIIe siècle, est une confrérie d’origine maghrébine qui s’est diffusée à partir de l’Égypte dans une grande partie du monde musulman. La branche ifriqiyenne de la Shâdhiliyya est notamment représentée par Â’isha al-Mannûbiyya (m. 1267). Le modèle de sainteté qui se forme dans son hagiographie se rattache à celui du majdhûb « l’extatique » dont la pratique est aux marges des normes sociales de l’époque. Le majdhûb partage avec le cheikh ummî plusieurs traits, comme l’´´état d’enfance´´. Il est aussi appelé ´´fou de Dieu´´ car sa raison lui a été ´´ravie´´ (de la racine J-Dh-B) par Dieu, le plus souvent de façon abrupte. Pour Ibn ’Arabî le vrai majdhûb n’est pas déficient : son esprit est saisi et retenu (mahbûs) auprès de Dieu et jouit de la contemplation divine. Ce qui caractérise le majdhûb est son insouciance des normes sociales et religieuses. Ainsi, un des ´´fous de Dieu´´ qu’a rencontrés Ibn ’Arabî traite d’aveugle la foule à laquelle il s’adresse, car celle-ci croit que ce sont des colonnes qui soutiennent le plafond de la mosquée où ils se trouvent, alors que lui voit, à la place des piliers, des hommes invoquant Dieu.

Le fait de voir Dieu par l’oeil de la foi et de la certitude nous a libérés de tout recours à la pensée discursive, disait Abû l-Hasan al-Shâdhilî (m. 656/1258), La sphère de la sainteté s’étend au-delà du champ du mental, car elle est fondée sur le dévoilement spirituel (kashf). Cette dernière phrase a été prononcée par le ´´grand cadi´´ égyptien Zakariyyâ al-Ansârî (m. 926/1520), qui fut lui aussi un soufi. Elle résume fort bien la position des spirituels de l’Islam sur le ´´rationnel´´ ; en effet, le but du soufisme n’est-il autre que de parvenir à la sainteté (walâya) ? Le même savant affirme ailleurs que la connaissance de Dieu passe par la ´´gustation spirituelle´´ (dhawq), qui efface les arguments de la raison et ceux venant de l’enseignement transmis (dalâ’il al-’aql wa shawâhid al-naql).

Les soufis distinguent la science acquise (al-’ilm al-kasbî), encore appelée la science spéculative (al-’ilm al-nazarî), de la science octroyée par grâce divine (al-’ilm al-wahbî). Pour Ibn ’Arabî, le ’ilm wahbî est fondamental puisqu’il constitue la modalité de toute prophétie : al-nubuwwât kullu-hâ ’ulûm wahbiyya, écrit-il. De fait, on constate qu’à partir du XIIIe siècle grosso modo, le dévoilement intuitif (kashf), l’inspiration (ilhâm), la ´´vision certaine´´ (yaqîn) - sont davantage reconnus qu’auparavant comme méthodes d’investigation des réalités spirituelles. Al-Ghazâlî, précurseur dans ce domaine, voyait déjà dans la science du dévoilement (’ilm al-mukâshafa) le moyen d’accéder à la ´´perception sûre et directe´´ (al-’iyân al-ladhî lâ yushakku fîhi) de ces réalités.(1)

Evoquons deux figures du phare du soufisme. D’abord Rabi’ate el ‘addaouya, une mystique qui fut l’un des premiers mystiques de l’Islam à avoir dépassé la démarche ascétique pour appeler à l’union parfaite avec Dieu et la célébrer dans des poèmes d’une brûlante ferveur et ceci bien avant Hallaj et les maîtres du soufisme Ensuite, Djalaleddinn Rumi, le fondateur de l´ordre des derviches tourneurs. Il naquit en 1207 à Balkh, (Afghanistan). C’est un mystique, poète, penseur. Rûmî, l’auteur du Mesnevi, imposant recueil de milliers de vers, célèbre dans tout le monde arabo-musulman, est connu sous le nom de Mevlana (le Maître). Rûmî est le fils d’un théologien et maître soufi réputé : Bahâ od Dîn Wahad (1148-1231), surnommé « sultan des savants » (Sultân al-’Ulama), dont le livre Ma’ârif fut longtemps le préféré de Rûmî. En 1227, un disciple de son père Burhân od Dîn Muhaqqîq Tirmidhî (? - 1240) le rejoignit et devint son maître spirituel pendant neuf ans avant qu’il n’envoie Rûmî étudier en Alep et à Damas où il rencontra Muhyî od Dîn Ibn ul ‘Arabî. Tout comme le père de Rûmî, il était membre de l’ordre Kubrawiyyah.

Rûmî ne revint qu’en 1240 à Konya où il se mit à enseigner la loi canonique. La ferveur mystique qui l´animait était telle que l´on raconte qu´un jour, tandis qu´il se promenait dans le bazar de Konya, il entendit, passant par le souk des bijoutiers, la sonorité cristalline du marteau de l´orfèvre ciselant l´or. À ces sonorités célestes, son âme « s´envola » et il se mit à tourner sur lui-même dans une danse extatique, au sein de la foule médusée. Il est dit que c´est de cet événement que naquit la célèbre danse des derviches tourneurs. C’est à Konya, en Turquie, qu´il s´éteint en 1273. Le 6 septembre 2007 l’Unesco a célébré le 800e anniversaire de la naissance de Rûmî.

Quelques conseils de Roumi : sois comme l’eau courante pour la générosité et l’assistance. Sois comme le soleil pour l’affection et la miséricorde. Sois comme la nuit pour la couverture des défauts d’autrui. Sois comme la mort pour la colère et la nervosité. Sois comme la terre pour la modestie et l’humilité. Sois comme la mer pour la tolérance. Parais tel que tu es ou bien sois tel que tu parais.

Si Dieu est infini et que nous sommes des êtres limités, il est raisonnable de croire que nul d’entre nous ne peut appréhender complètement Sa nature. « On peut dire que si l’Islam est un corps, le soufisme en est le coeur », explique cheikh Khaled Bentounès. il faut considérer le soufisme comme un style de vie par lequel le croyant, le mourid, voue son existence entière à réaliser l’unicité avec Dieu. Son moyen le plus imparable pour cela est le « dhikr », l’évocation permanente de Dieu. Le soufisme n’est pas un Islambis. Dans certains cercles occidentaux, on tend à présenter le soufisme comme une alternative à l’Islam avec le sous-entendu que l’Islam « canonique » est « belliqueux, archaïque et arriéré », alors que le soufisme serait pacifique, tolérant et oecuménique.(2)

La civilisation de l’éphémère Le XXe siècle né dans l’enthousiasme et salué comme l’aube d’un nouvel âge d’or s’est achevé dans le désabusement convaincu d’avoir apporté le crime et la misère aux trois quarts de la planète, ainsi que le désespoir aux générations futures. L’individualisme est devenu la règle, la prospérité ayant balayé les idéologies, la consommation a eu raison de l’esprit de liberté. Le libéralisme sauvage se caractérise par une extension de la vision mercantile à des domaines non marchands comme la culture, l’art, la religion et la science. Retournez en tous sens les règles du marché, vous n’y trouverez jamais celle d’honnêteté, d’honneur, de solidarité, de dévouement sans lesquelles le lien social se dénoue. Les sociétés occidentales sont minées de l’intérieur, par des contradictions insurmontables, une absence complète de repères. L’Occident malade de la croissance, mortellement atteint pour avoir fait de l’homme un agent géologique qui ne cesse d’accélérer le désordre est contagieux dans ce qu’il a d’attirant et d’éphémère 

Les sociétés musulmanes devant le vide sidéral proposé par leurs gouvernants se jettent à corps perdu dans cette civilisation de l’éphémère. Pendant des siècles, l’homme a visé la maîtrise de la nature, sans tenter de s’y insérer ; saura-t-il à temps s’assurer la maîtrise de soi ? Cette société fondée sur la concurrence et l’anonymat, fonctionne de telle façon que l’homme y devient un loup pour l’homme. Devenu un matricule anonyme, informatisé à outrance, ses possibilités intellectuelles, son potentiel génétique, ses performances physiques sont les seuls paramètres que lui demande la Société du Web.2. Son aptitude à la générosité, son amour du prochain, ses interrogations métaphysiques ou religieuses n’entrent pas en ligne de compte dans son classement social.

Cette malnutrition spirituelle lui donne les pouvoirs d’un Géant pour satisfaire les besoins d’un nain pervers. En définitive, on constate que la foi s’est refroidie en rites et en mythes. Comme l’écrit R. Garaudy : Les sagesses et les prophétismes des trois mondes nous ont enseigné que l’homme ne devient humain que par une lutte incessante contre la prétention de son petit « moi » égoïste à s’ériger en valeur absolue. Le refus du moi individualiste est déjà dans le dépouillement total des grands visionnaires de l’Inde et des soufis musulmans. Abou Yazid El Bistami écrit : « Quand le moi s’efface, alors Dieu est son propre miroir en moi ».(3)

 

1.Amir Akef. Du dépassement de la raison dans le soufisme - vendredi 4 juillet 2008 Oumma.com

2.Mustapha Benfodil. Aux origines de la Tariqa Alawiya, El Watan juillet 2009

3.R.Garaudy. Appels aux vivants. p. 226. Editions du Seuil. 1979

 

Pr Chems Eddine CHITOUR

Ecole Polytechnique Alger enp-edu.dz


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79 réactions à cet article    


  • Halman Halman 27 août 2009 11:41

    « La science sans religion est boiteuse, la religion sans science est aveugle. »
    [ Albert Einstein ]


    • La mouche du coche La mouche du coche 27 août 2009 17:17

      « Une vie sans religion est une vie sans principes »

      Sans la religion, il y a la morale, Gandhi confond morale et religion.


    • Nho 27 août 2009 19:39

      @ La mouche du coche

      Dissocier morale et religion ? De quelle morale parlez-vous ?


    • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 27 août 2009 19:53

      D’une morale qui transcande les religions. Alors même, peut-être, qu’elle s’inspire de ses origines. A l’époque des archers, quand nos ancêtres communs, avec l’abstraction de l’arc et de la flèche, ont découvert l’amour et la mort. Vieille antienne.


    • Nho 27 août 2009 22:12

      Une morale qui transcende les religions, soit, mais

      Sans la religion, il y a la morale, Gandhi confond morale et religion.

      Quelle morale existe sans la religion ? Notre morale occidentale n’est elle pas directement issue du christianisme (principalement) ? Inventez un monde sans religions, connaîtra-t’il une morale ? La morale peut-elle transcender la religion ? Qui parmi nous est conscient que notre morale - pour nous qui sommes pour la plupart « areligieux » - fait de nous des chrétiens ? Allez comparer votre morale avec celle d’un paysan indien ou celle d’un berger d’Afrique Noire...


    • Voltaire Voltaire 28 août 2009 11:46

      Gandhi avait sans doute oublié de lire les philosophes des lumières... et Marx... ou la traduction est inexacte. Il faut éviter de confondre religion, foi, idéal, philosophie, morale etc...


    • Jean 30 décembre 2009 20:50

      Les soufis sont une sectes de l’islam qui n’a vraiment rien à voir avec l’islam que le prophète Mohamad (prière et bénédiction d’Allah sur lui) a enseigné !

      horaire de priere


    • Rounga le légendaire Roungalashinga 27 août 2009 11:47

      Très bon article, merci.

      Ca change de tous ces intervenants se plaisant à démontrer que l’islam ne peut être qu’obscurantiste et agressif.


      • manusan 27 août 2009 13:29

        C’est vrai que là, on est carrément plongé dans une secte genre le Mandarom de Castellane contre les lémuriens de Pluton.

        et puisqu’on aime les citations (Albert Jacquard) :

        "Ceux qui prétendent détenir la vérité sont ceux qui ont abandonné la poursuite du chemin vers elle. La vérité ne se possède pas, elle se cherche".

        "L’invention des dieux résulte d’une démission de la raison, plus précisément d’une incapacité à accepter une évidence douloureuse, du moins pour certains : que la raison ne peut apporter des réponses à tout."


      • Rounga le légendaire Roungalashinga 27 août 2009 14:27

        Comme vous avez l’air intelligent.


      • manusan 27 août 2009 14:39

        comme vous avez l’air nouille avec cette remarque.


      • Rounga le légendaire Roungalashinga 27 août 2009 14:55

        La différence entre vous et moi c’est que vous avez l’air de découvrir le sujet avec l’article, et que vous vous permettez d’y aller avec votre petite remarque, alors que moi j’ai déjà lu deux-trois livres à ce sujet, beaucoup plus riche et plus vaste que ce que vous avez l’air de penser. Votre commentaire montrait à quel point vous étiez à côté de la plaque. C’est pourquoi je me permets de penser sans complexe que vous avez fait preuve de crétinerie et que vous auriez gagné à ne pas l’ouvrir.

        Mais ne vous en faites pas : Roungalashinga vous pardonne, car il est bon et généreux.


      • manusan 27 août 2009 15:27

        Je ne me permettrais pas de juger n’importe quel intervenant (même s’il a lu 2 ou 3 livres, de quoi faire une thèse donc) en me croyant plus intelligent que lui (je n’ai lu qu’un seul livre donc je m’écrase) parce son commentaire est contraire au mien ou parce que je n’ai peut être pas compris le ton qu’il employait, ce serait déjà un premier pas vers la sagesse.

        respectueusement


      • Rounga le légendaire Roungalashinga 27 août 2009 15:40

        C’est vrai que là, on est carrément plongé dans une secte genre le Mandarom de Castellane contre les lémuriens de Pluton.

        Désolé si je n’ai pas compris le ton de cette phrase, que je m’imaginais sarcastique.


      • samir 27 août 2009 12:59

        pourquoi pas etant donné que les juifs tiennent leurs rites de civilisations plus vieilles...


      • Nho 27 août 2009 13:13

        Tiens... il me semblait que le soufisme avait plutôt reçu quelques influences des grecs (Ghazâlî -> Aristote).

        @ L’auteur, merci pour ce point de vue


      • Rounga le légendaire Roungalashinga 27 août 2009 14:31

        Et il semble également y avoir une influence du bouddhisme.

        Si l’auteur peut me confirmer...


      • monbula 27 août 2009 15:20

        Boudhisme et soufisme se sont croisés en Perse et Asie Centrale.


      • monbula 27 août 2009 15:36

        L’empire grecque a croisé la Perse d’ où échanges de connaissances.


      • Daniel Topper 27 août 2009 16:19

        Ah ! les Juifs ces vieux pilleurs de civilisations...


      • monbula 27 août 2009 16:27

        non, ils ne pillent pas, ils empruntent, ils adaptent parfois comme tous
        les autres ?


      • Kelson 27 août 2009 13:03

        « En ce mois de piété »... c’est bon... on n’est pas non plus tous concernés... très loin de là.


        • Leila Leila 27 août 2009 14:34

          @ Auteur

          Article intéressant. Je crois que les carmélites (nonnes catholiques) ont une approche assez semblable. Existe-t-il encore des soufistes ?


          • monbula 27 août 2009 15:15

            Existe-t-il encore des soufistes ?

            En Turquie ...


          • monbula 27 août 2009 15:26

            Au Tartastan république de Russie, Les musulmans sont en majorité soufistes.

            D’ailleurs, , les musulmans de Russie sont aussi pour ainsi dire, soufistes.


          • Gazi BORAT 28 août 2009 12:01

            @ Monbula

            Asie Centrale, Afrique, Maghreb.. On trouve des confréries relativement partout..

            GB


          • nephilim 27 août 2009 14:38

            Une vie sans religion est une vie sans principes et une vie sans principes est un bateau sans gouvernail. »
            Gandhi

            je ne connaissais pas ^^
            Comme quoi Gandhi disait de belles conneries !!!


            • Daniel Topper 27 août 2009 15:37

              Ah ! le bon vieux mysticisme (c’est-à-dire un retour à Plotin, la rigueur en moins) qui se fait passer pour un dépassement de la raison alors qu’il n’est qu’une ruse passionnée qui préfère s’halluciner dans un arrière-monde parce qu’elle ne peut pas assumer le poids d’une existence terrestre (qui est en soi extase). Et ce vieux ressentiment contre l’individu que l’indigence métaphysique est incapable de caser dans un système attaché jusqu’à l’extrême fadeur à l’élément divin. Au nom de ce Dieu métaphysique, enfermé dans son unicité et qui ne saurait souffrir le nombre, on déclare alors maladie tout ce qui viendrait perturber le repos du pseudo créateur (la création supposant un peu d’humilité) sans se poser la question (mais c’est peut-être ça le « dépassement »de la raison) de savoir d’où viendrait ce mal si tout revient à Dieu. Un voile d’ignorance ? Ce n’est toujours pas rien...


              • monbula 27 août 2009 16:21

                Serait-ce la Raison à raisonner ?


              • Daniel Topper 27 août 2009 16:43

                La dualité entre Occident et Orient se marque entre autre chose en ceci : là où Thomas d’Aquin (et peu importe la force ou la faiblesse de l’argumentation) soutient qu’à partir de la raison l’on peut théoriquement (pratiquement, c’est autre chose) aboutir à Dieu, Averroès soumet la raison (la philosophie) au tribunal de la théologie... D’un côté donc Dieu est pris en compte parce qu’il relève de la raison de le prendre en compte, de l’autre l’usage de la raison est justifié parce qu’il ne vient pas contredire la révélation...


              • monbula 27 août 2009 18:01

                Merci pour la clarté de votre propos.


              • ASINUS 27 août 2009 15:57



                Le bien et le mal se disputent l’avantage, ici-bas.
                Le Ciel n’est pas responsable du bonheur ou du malheur que le destin nous apporte.
                Ne remercie pas le Ciel ou ne l’accuse pas...
                Il est indifférent à tes joies comme à tes peines

                O khayyam , mathematicien , poete, perse ,musulman


                • Daniel Topper 27 août 2009 16:04

                  L’« indifférence », c’est précisément ce que je pointais...


                • ASINUS 27 août 2009 16:18

                  yep Topper c est a votre post que je réagissais


                  • Daniel Topper 27 août 2009 16:28

                    Au temps pour moi...


                  • monbula 27 août 2009 16:31

                    Les religions se rejoindront lorsqu’elles arrêteront de s’envoyer des propos incohérents. Votre idée ?


                    • Ulmo Ulmo 27 août 2009 17:23

                      Gandhi baisse fortement dans mon estime.


                      • monbula 27 août 2009 18:04

                        Ne pleurez-pas... J’ai un mouchoir ...


                      • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 27 août 2009 18:10

                        « Purification », « évocation permanente de Dieu », regret qu’en « Occident » l’on ne soit pas socialement jugé sur sa spiritualité, « Occident » présenté comme corrompu, matérialiste et égoïste.

                        « Occident », pourtant, où tous les cultes et toutes les religions se pratiquent et s’expriment.

                        « Purification »... quelle horreur.


                        • Deneb Deneb 27 août 2009 18:41

                          « Une vie sans religion est une vie sans principes »

                          Gandi s’est, justement à cause de ça, empetré dans une guerre de religion qui fait que l’on a aujourd’hui l’Inde divisée en plusieurs Etats qui pointent les missiles nucléaires l’un sur l’autre. Cette division a donné la naissance du pays le plus corrompu du monde (Pakistan) et le pays le plus pauvre du monde (Bangla Desh). Il n’aurait certainement pas voulu ça (il faisait les grêves de la faim pour y remédier), mais son utilisation de la religion pour fedérer les peuples l’a dessérvi et d’ailleurs il en est mort..


                          • Daniel Topper 27 août 2009 18:52

                            Gandhi ( dont on doit à sa sagesse le fameux « A chaque jour soufi sa peine ! ») aurait-il quelque chose contre le bateau îvre ?


                            • Gollum Gollum 27 août 2009 19:22

                              Bonjour. Texte intéressant. J’ai lu Rûmî il y a des années et je le relis régulièrement. L’univers mental des soufis est nettement plus ouvert que celui de certains intégristes catholiques que je connais, genre abbé de Nantes pour le citer. J’aurais à choisir de vivre chez l’un ou l’autre, je choisirais Rûmî sans hésiter. Ceux qui parlent d’Islam intolérant ont souvent raison, mais il existe aussi un Islam radicalement différent. D’ailleurs les talibans ne s’y sont pas trompés. Il n’existe plus de soufis dans les zones contrôlées par eux. Ils sont directement allés chez Allah.


                              • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 27 août 2009 23:29

                                Tiens, un de mes posts a sauté ?
                                Barjots, oui. Entre adultes consentants, je le répète, chacun fait fait fait (désolée pour la référence) ce qui lui plaît plaît plaît (c’est vraiment en dessous de tout).

                                Mais s’il s’agit de strictes règles de vie en société, ben non. Donc la couvrance, la « mode modeste » et la charia, non.


                              • Stephan Hoebeeck Stephanesh 28 août 2009 03:03

                                @ Gollum les talibans sont en partie des soufis, même si ils se wahabisent progressivement...


                                Ce qui caractérise le soufisme, est avant tout le culte du sheikh et la transmission de la baraka, le culte des maîtres morts la lignée des maître qui fait classé le soufisme par les salaf comme des spirits

                                Il existe aussi un culte des djinn dans le soufisme dont l’auteur (guénonien qui ne se nomme pas) oublie de mentionner pourtant il y en a encore en Algérie...

                                Autre confusion, le soufisme jilanien, fait effectivement partie du sunisme melekhite, mais islam melekite ne veut pas dire soufisme...

                                Actuellement le soufisme représente moins de 1% de l’islam. Rappelons enfin que le fous de dieu sont des exceptions, la plupart des soufis se caractérisent par une pratique intérieure de l’islam et assidue de l’islam...

                                Qabalah et soufisme ont des points communs et des points de divergences, pour un rapport entre soufisme et mystique juive, vous pouvez lire Obadyah et David Maïmonide, Deux traités de mystique juive, chez verdier...

                                On pense que dans les premiers temps de l’islam, les juifs convertis ont pu influencé le soufisme, mais ces juifs étaient plus vraisemblablement des adeptes de la mystique de la merkabah, voire d’autres tendances de la mystique juive ancienne...

                                Ce qui caractérise ces différentes approches (merkabah, qabalah, soufisme, mystique dyonisienne de denis l’aréopagite...) est qu’elles furent influencées par le néoplatonisme, particulièrement par Proclus, le dernier maître de l’académie d’Athènes, fermée au Ve siècle par les corbeaux noirs, (oh pardon les chrétiens) avec des ouvrages comme la Théologie d’Aristore ou le livre des causes, qui sont des résumés des Eléments de théologie de Proclus...

                                Les doctrines spirituelles se partagent entre une mystique des lettres (Abulafia et hassid allemands du IXe-XIIIe siècle chez les juifs, ibn Arabi chez les musulmans, etc...) et une mystique des noms divins (Jilani, Qabalah) 
                                L’approche est quelque peu différente dans la mystique des lettres, le mystique agit comme si il était dieu qui créait le monde, dans ce cas il le rénove, les lettres y sont considérées comme les éléments fondamentaux, la première création en quelque sorte,
                                la mystique des noms divins (des sefirot dans le judaïsme), fait plus référence à la prière, à l’amour de dieu...

                                Cette influence possible de juifs convertis sur la mystique musulmane, fait que celle-ci est rejetée par les salafistes... En réalité les mystiques qu’ils soient juifs, chrétiens, musulmans, sabéens se sont abreuvés à la même source : le néoplatonisme

                                Il existe des spéculations sur les influences de la spiritualité tantriques que celui soit hindouiste ou bouddhiste sur l’islam, mais cela se réduit à des hypothèse... On ne peut d’ailleurs écarté une influence du tantrisme qui est aussi une mystique des lettres sur le néoplatonisme...

                                concernant une remarque idiote : dans le monde ancien, un livre était une chose tellement précieuse que l’on se souciait plus de l’étudier que de voir si son auteur était juif, musulman, chrétien ou païen ou que sais-je encore... Il y a des gens qui ne parviennent pas à imaginer le prix du papier en l’an 1000 (et je ne parle même pas du parchemin)

                                Pour donner une comparaison, un livre imprimé au XVIe siècle de 200 pages en format in-16 (le livre de poche) coûtait sur les 1000€, le livre manuscrit était, 500 ans avant, 10 à 20 fois plus cher et plus rare


                                • Gollum Gollum 28 août 2009 08:23

                                  Merci pour ces précisions. Sur soufisme et mouvement taliban, il y a une contradiction dans les termes vu que le mouvement taliban est un fondamentalisme. On voit mal comment il pourrait y avoir des soufis chez eux...


                                  Le soufisme est avant tout une pratique ésotérique et comme pour tous les ésotérismes s’est posé pour lui la question de sa cohabitation avec l’exotérisme majoritaire, sunnite en l’occurence, puisque le shi’isme est un ésotérisme aussi. D’où son apparence extérieure conforme à la plus stricte orthodoxie. Cela afin d’éviter les difficultés qui surgissent toujours quand il y a confrontation d’un exotérisme et d’un ésotérisme. Ce que vous appelez culte du sheikh n’est rien d’autre que la nécessité du maître spirituel, ce que l’on retrouve dans toute démarche, plus ou moins ésotérique, spirituelle authentique. Il est l’équivalent du gourou en Inde. 

                                  J’en profite pour rajouter que la véritable frontière entre les religions, se situe moins entre les religions elles-même qu’entre les ésotérismes des différentes religions qui arrivent à fraterniser sans problème, car focalisés sur l’essentiel, et les exotéristes qui ne SUPPORTENT PAS une interprétation ésotérique de leurs textes, car pour eux cela signifie la mort de leur fondamentalisme. Le véritable ennemi de ces gens sont donc les ésotéristes. 

                                • monbula 28 août 2009 10:29

                                  Actuellement le soufisme représente moins de 1% de l’islam. Rappelons enfin que les fous de dieu sont des exceptions, la plupart des soufis se caractérisent par une pratique intérieure de l’islam et assidue de l’islam...

                                  Merci de préciser que les fous de Dieu ne sont qu’exceptions. et que le terme « Fous de Dieu » mal défini peut s’accoler à tous les mouvements religieux et servir ou desservir le Poltique.

                                  Merci pour votre commentaire fourni mais qu’en est-il du soufisme au XXè siècle ?
                                  soufisme taliban est il devenu antinomique à celui turque, par exemple ?


                                • Stephan Hoebeeck Stephanesh 28 août 2009 03:12

                                  Rappelons que la qabalah surtout zoharique est avant tout une remise en question de la philosophie maïmonidienne (XIIe siècle) et que quelque soit les recherches faite on a pas trouvé de qabalah antérieure à l’école de Gérone, et aux différents disciples d’Isaac l’aveugle... 


                                  PS Dans la qabalah ancienne (antérieure à 1350) on en connaît 3 formes principales
                                  - la qabale de Gérone qui culminera avec le Zohar (c’est grosso modo la plus étudiée actuellement)
                                  - la qabalah nahmanidienne pourtant aussi géronaise mais infiniment plus anti-philosophique que le Zohar (Nahmanide a finalement été plus connu comme chef de communauté que comme qabaliste)
                                  - la qabalah abulafienne issue d’une fusion entre l’aristotélisme du Rambam (Maïmonide) et la mystique des lettres des hassid allemands IX-XII e siècle... (tombée en désuétude, actuellement réétudiée, parfois interdite par les tenant de la qabalah séfirôtique ou zoharique)



                                  • Stephan Hoebeeck Stephanesh 28 août 2009 03:17

                                    Rappelons encore qu’il y a des pratiques respiratoires assez proches entre toutes ces différentes mystiques... ce qui peut faire dire que le tantrisme a influencé le soufisme... en réalité, l’homme ancien pratiquait sa spiritualité avec les moyens qu’il avait autrement dit : respiration, sons, visualisations, etc. 


                                    • stephanemot stephanemot 28 août 2009 04:51

                                      certains exaltes, sous couvert de purification, s’enferment dans une sorte de dependance a un etat second. a ce stade la, la quete de purete n’est plus qu’un pretexte, et je crois que l’on s’eloigne du but dans une forme de demission intellectuelle.

                                      heureusement, le soufisme n’atteint pas toujours ces stades caricaturaux.

                                      il pose par ailleurs un probleme politique a des regimes fascisants. mais lorsqu’il soustrait l’individu a la loi d’un pays, ou lorsque l’individu se soumet totalement a son maitre, le soufisme se rend tout aussi incompatible avec la democratie.


                                      • Avalon_Girl 28 août 2009 09:56

                                        Roupetteshinga,
                                        quand on se permet d’arborer un avater avec un pseudo-yogi faisant le signe de la Bête / du Cornu, on ne se permet pas de jacasser sur l’islam en particulier et la religion en général ... Retournez donc au bénitier de Baphomet, please !


                                        • johnford johnford 28 août 2009 10:33

                                          on dit ’s’il vous plait’, pas ’please’ , à moins d’avoir 15 ans. Et si on commence à argumenter avec les icônes ça devient n’importe quoi. La votre est une crevasse, ça signifie que vous vous vous sentez vide et cherchez un homme ? Ah mais sur ma photo il y a une bouteille de vin, je suis donc un alcoolique.


                                        • monbula 28 août 2009 10:39

                                          On oserait pas, c’est peut être une bouteille de sirop de grenadine.


                                        • Rounga le légendaire Roungalashinga 28 août 2009 11:52

                                          Roupetteshinga,
                                          quand on se permet d’arborer un avater avec un pseudo-yogi faisant le signe de la Bête / du Cornu, on ne se permet pas de jacasser sur l’islam en particulier et la religion en général ...


                                          Rien à voir avec le signe de la Bête, il s’agit d’une photo tirée du film La trente-sixième chambre de Shaolin, avec Liu Chia Hui (celui de la photo).


                                        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 28 août 2009 10:39

                                          « Une vie sans religion est une vie sans principes et une vie sans principes est un bateau sans gouvernail. »

                                          C’est un préjugé historiquement et philosophiquement inexact : Les principes de bienveillance sous condition, de dévouement vis-à-vis des proches, de réciprocité, d’honnêteté etc.. sous des formes diverses, de valorisation de soi auprès des autres pour rendre le confiance et l’autorité possibles, sont universels et ne dépendent d’aucune religion ou société particulière. Par contre celui de liberté individuelle est nié et combattu par la plupart des religions traditionnelles et il fallu faire reculer celles-ci pour faire de celle-là, chez nous, le fondement du droit et de la démocratie politique

                                          Moralité : la religion n’est pas à l’origine du droit et de la morale, mais c’est au contraire les bases en partie biologiques (par sélection naturelle) qui commandent certains préceptes à forme religieuse (et non pas tous !)

                                          Lire l’ouvrage roboratif de Richard Dawkins : « Pour en finir avec Dieu. »

                                          Religion et philosophie


                                          • monbula 28 août 2009 10:47

                                            Là, vous parlez peut être de Dieu ou des Dieux qui fréquentent le Politique ou l’inverse d’ailleurs.

                                            Le religieux ou le politique n’ont pas à se fréquenter pour éviter la vaisselle cassée à la cuisine ...

                                            Il n’est pas interdit d’avoir une démarche spirituelle personnelle complètement indépendante sans visibilité apparente .


                                            • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 28 août 2009 10:56

                                              1) Une démarche personnelle n’est pas forcément religieuse
                                              2) Une démarche personnelle n’est pas, zen ta fondatrice d’une morale publique et encore moins universaliste (droit de l’homme), sauf si elle en donne des justifications philosophiques et non pas religieuses !


                                            • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 28 août 2009 10:57

                                              1) Une démarche personnelle n’est pas forcément religieuse
                                              2) Une démarche personnelle n’est pas, en tant que telle, fondatrice d’une morale publique et encore moins universaliste (droits de l’homme), sauf si elle en donne des justifications philosophiques et non pas religieuses !


                                            • monbula 28 août 2009 11:04

                                              D’accord avec vous en partie mais pourquoi devrais-je justifier une raison philosophique ?

                                              Spiritualité sans attaches religieuses et philosophiques est sûrement tranquillité.


                                            • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 28 août 2009 11:13

                                              Tout simplement parce qu’une démarche personnelle qui ne se justifie pas rationnellement ne peut prétendre à l’universalité. Or toute argumentation rationnelle et critique est par définition philosophique, au contraire d’une simple démarche de foi, sauf à supposer que cette foi est, par la grâce de Dieu, universelle ce qui est une pétition de principe

                                              1) qui suppose ce qui est en question, à savoir l’existence de Dieu.
                                              2) qui est démentie par la diversité des religions et par l’existence même de l’athéisme qu’il ne faut pas confondre avec l’immoralisme...


                                            • monbula 28 août 2009 11:21

                                              Démarche personnelle spirituelle sans l’universalisme . Voilà mon propos.

                                              Diable, qu’irais-je faire de l’universalisme.. Dangereux ?

                                              Une association de cocottes en papier, d’accord.

                                              Pourquoi vouloir systématiquement accoler au spirituel un livre ou ou un autel ?


                                            • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 28 août 2009 13:40

                                              Toute société a besoin de valeurs communes pour se donner des règles de vie ensemble.

                                              La question est de savoir si la définition de ces règles relèvent du débat démocratique rationnel qui vise un intérêt mutuel libéral égalitaire (universalisable= valant également pour les tous) ou si elles relèvent d’une arbitraire religieux ou divin inégalitaire et liberticide.

                                              Est rationnel un droit égalitaire et libéral (même droits, même devoirs fondamentaux) ; est irrationnel un droit divin ou sacré qui permet la domination sans contestation possible ou recour des uns sur les autres (hommes/femmes, aristocrates/roturiers, hommes libres/esclaves etc..)


                                            • monbula 28 août 2009 17:56

                                              Certes des lois communes,
                                              Les lois de la République et sa laïcité suffisent.

                                              Pourquoi vouloir obligatoirement un wagon de religions à une rame.


                                            • Alain Jean-Mairet 28 août 2009 10:53

                                              Le soufisme est une tradition de recherche spirituelle issue de l’islam, mais qui n’en a jamais remis en question les fondements juridiques. Il n’existe pas d’interprétation juridique soufie de l’islam et les grands soufis sont d’ailleurs le plus souvent des juristes des écoles classiques qui apprécient également le spiritualisme.

                                              Là où le soufisme fleurit, le terreau est fait des contenus de l’islam classique (coran, sunnah) et nourrit nécessairement aussi le djihad, la ségrégation religieuse, les châtiments corporels en place publique, la normalisation de l’esclavage et d’une manière générale le ressentiment contre tout ce qui n’est pas musulman.

                                              Mais que cela n’empêche personne de savourer La Conférence des oiseaux.


                                              • monbula 28 août 2009 11:08

                                                Quand le soufisme se mêle de politique, d’accord avec vous ;

                                                C’est le problème avec toutes les religions, mouvements internes ou externes à ces dernières, tout peut déraper.Et là, il faut dire STOP.

                                                Qu’en pensez-vous ?


                                              • Alain Jean-Mairet 28 août 2009 13:08

                                                Le soufisme ne se mêle pas de politique par définition. Mais lorsqu’il a l’air de de le faire, c’est toujours en faveur de la position islamique (voir par exemple la conclusion de la Conférence des oiseaux). Soir par obligation, soit par précaution.

                                                Toutes les religions ont cet aspect problématique, certes, mais c’est le cas de tous les systèmes de pensée bien structurés et certains ont tout de même plus d’avantages que d’inconvénients. Du moins pendant une certaine phase ou dans certaines circonstances.

                                                Aujourd’hui, on pourrait sans doute se passer de tout cela. Mais il faudrait parvenir à surmonter bien des faiblesses humaines que la religion exploite et, ce faisant, parfois compense, parfois aggrave. Éliminer l’islam, la religion qui encourage le plus les pulsions destructrices de l’homme, serait pour cela un excellent exercice.


                                              • Stephan Hoebeeck Stephanesh 28 août 2009 17:51

                                                On veut trop voir dans le soufisme des fous de dieu, ou des penseurs du niveau d’ibn arabi, en réalité le soufi doit commencer par respecter l’intégralité des prescriptions musulmanes classiques... autrement dit le soufisme n’est pas pacifique, néanmoins son positionnement évolué par rapport à de nombreux problème fait qu’il a pu relativiser certaines de s pires prescriptions de l’islam


                                                mais aujourd’hui c’est marginal...

                                              • monbula 28 août 2009 10:58

                                                A la limite, de savoir si la morale vient du religieux ou de la raison, je m’en fiche.

                                                Mais vous parlez de démocratie politique, soit... Mais lorsque Sarkosy parle de

                                                laïcité positive, voyez-vous ... Vient-il foutre le bordel ?

                                                On peut être assoiffé de spirituel et attaché viscéralement à la laïcité ?

                                                Une retraite dans un monastère est souvent une démarche spirituelle sans nécessité d’appartenace à une religion ?


                                                • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 28 août 2009 11:07

                                                  Question à l’auteur, décisive :

                                                  Êtes-vous, ainsi que le soufisme que vous revendiquez, pour ou contre la qualification de l’apostasie ou de l’athéisme comme un crime ou un délit ?

                                                  Si c’est pour, aucun débat rationnel n’est possible car le soufisme n’est alors qu’une variante de l’intolérance religieuse, toutes religions confondues.
                                                  Si c’est contre, en quoi cette réponse négative est-elle précisément justifiée, au moins compatible, avec la tradition dite soufiste ?

                                                  Merci d’une réponse claire !


                                                  • monbula 28 août 2009 11:12

                                                    la réponse est dans la question ?

                                                    Le spirituel ne s"explique pas par ou dans le rationnel ?

                                                    Qu’ils ne se fréquentent pas et tout irait mieux.


                                                  • monbula 28 août 2009 11:24

                                                    Excusez-moi, c’est un point de vue de ma part et non une affirmation ?


                                                  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 28 août 2009 11:26

                                                    Votre position revient à dire que le soufisme, comme toute religion, est irrationnel et qu’il ne peut convaincre que ceux qui refusent tout esprit critique, donc de penser par eux-même.

                                                    Selon moi il y a toujours du rationnel inconscient dérivé et souvent d’une manière contradictoire ou inadaptée, voire perverse, dans toute démarche religieuse , mais, et par conséquent, que nul ne doit être exclu a priori de la pensée (auto) critique

                                                    Séparer les rationalistes des mystiques dans la vie en société, c’est possible sur la plan éducatif et politique dans nos sociétés pluralistes ? Je demande à voir....

                                                    Si vous pensez que tout débat rationnel est inadapté sur ce type de sujet alors vous entrez en contradiction avec le fait que vous vous efforcez d’intervenir dans ce débat pour convaincre qui ne « pense » pas comme vous.


                                                  • monbula 28 août 2009 11:57

                                                    Tout à fait d’accord avec vous, toute religion ou démarche spirituelle est irrationnelle vis à vis du visible et du touchable.

                                                    Non je ne pense pas que tout débat rationnel est inadapté et je ne cherche à vous convaincre.

                                                    J’émets simplement que lorsque le religieux se mêle au politique.. Tout s’embrouille surtout actuellement et justement, le rationnel aussi.

                                                    Le texte de l’auteur parle quand même de politique et je voulais simplement m’écarter de la « bouillie religion et politique » sans plus.
                                                    La démarche grecque sur le religieux me paraît saine dans la situation géopolitique actuelle.
                                                    On peut avoir une démarche spirituelle et s’en démarquer et la laïcité est le meilleur rempart contre l’échauffement surgissant des religions.

                                                    D’ailleurs ce texte n’est qu’une page d’histoire du soufisme.

                                                    Mais vous remarquerez que dès le mot Islam appairait sur Agaravox, cela devient une mauvaise ratatouille politico-religieuse avec toujours les mêmes déversant haine, etc....

                                                    essayez d’y trouver quelque rationalité là dedans.

                                                    Si ce texte reste aujourd’hui, il y aura la même déferlante ;

                                                    hier, il y avait un texte sur le Ramadan, même déferlante haine ,etc...


                                                  • monbula 28 août 2009 12:05

                                                    Je vous quitte car arrive la déferlante habituelle haineuse sur les religions et surtout l’Islam, tête de turc bien pratique.... à certains.


                                                  • monbula 28 août 2009 12:01

                                                    Puisque vous le dîtes, c’est que c’est vrai....

                                                    J’ai lu le texte plusieurs fois, il ne me suggère pas de me convertir à l’Islam.

                                                    Pour vos propos, ils vous appartiennent en biens propres.
                                                     


                                                  • Gazi BORAT 28 août 2009 11:59

                                                    @ leon

                                                    « Bargeots » ?

                                                    Peut-être un peu excessif, non ?

                                                    J’éprouve personnellement et par l’expérience née de rencontres une certaine sympathie pour les adeptes du soufisme et de certaines pratiques hétérodoxes de l’Islam. On en trouve une grande diversité en Turquie.

                                                    Le plus souvent, on pourra y décrypter des syncrétismes avec des pratiques pré-islamiques (chamanisme) ou des emprunts d’autres religions (christianisme, bouddhisme, etc..).

                                                    Certains exercices « spirituels » sont spectaculaires, voire bizzarres. D’où peut être votre idée de les qualifier de « bargeots ».

                                                    Pour ma part, j’aurais tendance à les situer dans la même catégorie des pratiques inoffensives comme bien des exemples peuvent nous en être fournis ici dans les mouvances « new age »

                                                    « Aliénation » Ai-je aussi lu..

                                                    Oui, c’est exact.. C’est le danger de ces pratiques. La « fusion » est bien évidemment une forme d’aliénation .. L’autre danger est une forme d’addiction mais notre société nous en fournit chaque jour de nouvelles formes, des jeux vidéo à la présence quotidienne sur les forums de débats, par exemple.

                                                    « Islam » : Ici, c’est plus compliqué. Il ne faut pas oublier que les pratiques relevant du tasawuuf sont la cible prioritaire des tenants de l’islam rigoriste type wahhabisme qui les range dans la catégorie des sectes.

                                                    On ne peut, d’un côté, reprocher à l’islam son monolithisme et d’une autre rejetter ces voies extrèmement diverses et qui, surtout, sont individuelles. Celui qui pratique est ainsi beaucoup plus engagé dans une recherche individuelle de la perfection que das la rectification des actes de son voisin.

                                                    « Questions vestimentaires » : Ici, une grande diversité. Certains ont parlé de « modestie ».. Je me souviens d’un africain qui m’avait fait toute une leçon sur « l’élégance vestimentaire et comportementale » prônée par sa confrérie.

                                                    Ce à quoi je ne trouvais rien à redire.

                                                    Les pratiques religieuses individuelles sont de l’ordre du privé et ne me dérangent pas plus que le mon voisin qui pratiquerait le fétichisme ou ma voisine férue d’aéromodélisme.

                                                    gAZi bORAt


                                                    • monbula 28 août 2009 12:11

                                                      Merci pour cette réponse saine.


                                                    • Arcane 28 août 2009 12:37


                                                      Article instructif et proselyte qui aurait pu cependant faire une part plus belle a la branche indienne du soufisme. Le soufisme fut le fer de lance de l’islamisation de l’Inde.

                                                      Manquant d’orthodoxie, le soufisme se propage par confreries. La personnalite et le charisme du « gourou » est essentielle . Le soufisme qui semble revenir a la mode est un peu l’islam de luxe pour les mystiques de tout poil qui aiment àintellectualiser l’esoterisme par la meditation (yoga) ou par la repetition lancinante du nom de dieu.

                                                      Sont pas bien mechants, ca fait marcher les ashrams mais ca ne me soufi pas ; - )


                                                      • monbula 28 août 2009 18:19

                                                        Le soufisme qui semble revenir a la mode est un peu l’islam de luxe pour les mystiques de tout poil qui aiment àintellectualiser l’esoterisme par la meditation (yoga) ou par la repetition lancinante du nom de dieu.

                                                        Tant mieux ; Soufisme, boudhisme, etc . Pourquoi pas ?

                                                        Dans ma région, il y a un monastère bouddhiste qui fonctionne depuis des années... Un mode, non, des gens viennent se ressourcer. approfondir leur spiritualité personnelle et d’ailleurs des gens de toute horizon .

                                                        On y vient pas pour un LABEL RELIGION à mettre sur la place publique pour comparatif.


                                                      • CHALOT CHALOT 10 novembre 2009 22:08

                                                        « La dernière utopie »

                                                        menaces sur l’universalisme

                                                        livre de Caroline Fourest

                                                        Editions Grasset

                                                        Octobre 2009

                                                        283 pages

                                                        20,90 €


                                                        La laïcité, rien que la laïcité !


                                                        Les intégristes de toutes obédiences poursuivent leur combat contre l’universalisme et pour le maintien de leur domination en cherchant au nom d’un anti racisme usurpé à trouver des alliés de poids tant au niveau national qu’au niveau international.

                                                        Dans cette œuvre maîtresse, Caroline Fourest, montre comment les forces obscurantistes et les états théocratiques réussissent à tisser leur toile et à remettre en cause les textes fondamentaux comme la déclaration universelle des droits de l’homme.

                                                        Comme hier Goebbels avec sa formule devenue célèbre « Charbonnier est maîtres chez soi », les différents états membres de l’OCI ( Organisation de la Conférence islamiste) qui représentent 57 pays font de même aujourd’hui...Ils réussissent en plus à obtenir le soutien de Cuba et de la Chine et à manipuler le Conseil des droits de l’homme qui le 27 mars 2008 adopte une résolution contre la « diffamation des religions » !

                                                        Ceux qui sont les plus inquiets devant l’évolution inquiétante des institutions de l’ONU sont les démocrates des pays musulmans qui savent que les lois anti-blasphèmes sont là non seulement pour les faire taire mais aussi et surtout pour légitimer les persécutions religieuses.

                                                        En France même, au nom d’un raccourci saisissant qui voudrait que les ennemis de nos ennemis soient nos amis, certains militants tiers mondistes en arrivent à « railler l’ordre moral catholique au nom du progrès, mais à soutenir l’intégrisme musulman au nom du respect des cultures ou de la résistance à l’occident. »

                                                        Toutes ces alliances contre nature renforcent le communautarisme régressif et désespèrent celles et ceux qui croient trouver en France une protection et des droits.

                                                        L’auteure de ce livre montre en s’appuyant sur une étude sérieuse et documentée des politiques menées dans différents pays comme le Canada ou la Grande Bretagne que les accommodements envoient un signal régressif .

                                                        Les propos rapportés d’une femme d’origine algérienne qui intervenait sur une radio dévoilent clairement les conséquences subies par la population issue de l’immigration lorsque des politiques démagogiques sont mises en place :

                                                        « Si tous les quartiers populaires se mettent à adopter des créneaux non mixtes, ma fille se fera traiter de « mauvaise musulmane » si elle continue d’aller à la piscine pendant les horaires mixtes ».

                                                        L’auteure explique non avec des slogans mais avec une argumentation solide que seule, la laïcité peut permettre le vivre ensemble.

                                                        Les principes ont un sens et ne doivent pas être détournés ou galvaudés : la laïcité ce n’est ni l’antireligieux, ni non plus la tolérance de pratiques moyenâgeuses ou rétrogrades au nom d’une différentiation culturelle.

                                                        Il faut mettre en place des politiques qui rassemblent dans le cadre d’un universalisme s’appuyant sur le respect des droits de l’homme et refusant la division.

                                                        « Cette prise de conscience est en marche »

                                                        Il faut et l’auteure le rappelle avec force « continuer à être antiraciste sans renoncer à l’esprit critique » et refuser énergiquement de tolérer l’intolérable.


                                                        Jean-François CHALOT

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