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Les 130 ans de l’encyclique Rerum Novarum : la doctrine sociale de l’Église

« La soif d’innovation qui depuis longtemps s’est emparée des sociétés et les tient dans une agitation fiévreuse devait, tôt ou tard, passer des régions de la politique dans la sphère voisine de l’économie sociale. (…) Les rapports entre patrons et ouvriers se sont modifiés. La richesse a afflué entre les mains d’un petit nombre et la multitude a été laissée dans l’indigence. » (Léon XIII, le 15 mai 1891).

Il y a cent trente ans, le 15 mai 1891, a été promulguée l’encyclique "Rerum Novarum" par le pape Léon XIII. Elle a marqué une véritable étape dans l’histoire de l’Église catholique et sert de base de la doctrine sociale de l’Église. Elle a tellement marqué les esprits que d’autres papes (quatre au moins) ont publié d’autres encycliques faisant explicitement référence à Rerum Novarum : la plus connue est celle de Jean-Paul II promulguée le 1er mai 1991, "Centisimus Annus". Le premier pape à l’avoir fait fut Pie XI avec "Quadragesimo Anno" le 15 mai 1931. Il y a eu aussi : "Mater et Magistra" de Jean XXIII le 15 mai 1961, "Octogesima Adveniens" de Paul VI le 14 mai 1971 et "Laborem Exercera" de Jean-Paul II le 14 septembre 1981).

Il y a trente ans, le dimanche 12 mai 1991, j’ai eu la chance de participer au centenaire de cette encyclique, dans le cadre d’un colloque présidé par Mgr Lorenzo Antonetti, nonce apostolique à Paris (et futur cardinal), à l’intérieur de la prestigieuse cathédrale Notre-Dame de Paris. Entre parenthèses, parler d’assister à un colloque rend songeur, en cette période de crise sanitaire, plus encore à Notre-Dame qui n’est plus accessible depuis deux ans. Il y avait quelques invités très intéressants, en particulier le maître des lieux, le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, Mgr Joseph Duval, archevêque de Rouen et président de la Conférence des évêques de France, et aussi le politologue René Rémond, qui a beaucoup écrit sur la démocratie chrétienne, le père Jean-Yves Calvez, théologien jésuite, et l’historien Philipe Levillain, auteur du futur "Dictionnaire historique de la papauté" (éd. Fayard, 2006).

Léon XIII, prélat intellectuel et progressiste, a été pape du 20 février 1878 à sa mort, le 20 juillet 1903 à l’âge de 93 ans, après un pontificat de vingt-cinq ans, un an de moins que celui de son lointain successeur, qui, comme lui, a assuré le début d’un siècle, Jean-Paul II. Rerum Novarum a été une véritable révolution dans l’Église catholique, un pavé dans la mare lancé par un pape qui a publié quatre-vingt-six encycliques !

Par ses multiples contributions, Léon XIII a voulu que l’Église prît part aux débats publics du moment. Or, la question sociale, très importante à la fin du XIXe siècle avec la révolution industrielle, est devenue l’une des lignes de démarcation dans la réflexion politique. Parce qu’elle est d’abord une religion de charité et d’amour (la charité est l’une des trois formes d’amour), la lutte contre la pauvreté et la précarité a toujours été, pour l’Église, une priorité essentielle. Mais si l’Église s’opposait au capitalisme qui exploitait les ouvriers, elle rejetait également les idéologies athées, en particulier le communisme et le socialisme, qui niaient le principe de la personne humaine au profit d’un collectif aussi abstrait que théorique.

Le texte de Rerum Novarum est le fruit d’une très longue maturation chez Léon XIII, notamment lorsqu’il était en poste en Belgique bien avant d’être pape, dans les années 1840. Il voyait alors dans ce pays très industrialisé de nombreux ouvriers qui se détournaient de l’Église et il avait réalisé des enquêtes dans plusieurs pays européens (en France, en Suisse, en Allemagne, en Autriche, etc.) pour comprendre l’évolution de l’industrialisation et de la condition des ouvriers.

L’encyclique Rerum Novarum a ainsi encouragé le développement de tout un courant catholique social, où les intérêts des plus pauvres, des ouvriers, sont défendus par un syndicalisme chrétien. Léon XIII avait bien compris, avec l’expérience désastreuse et sanguinaire de la Commune de Paris, entre autres révoltes populaires, qu’il ne fallait pas laisser la défense des ouvriers à des révolutionnaires violents. Il fallait donc prôner une troisième voie. Par ailleurs, en se préoccupant des considérations économiques et sociales, l’Église souhaitait être pleinement dans la société et pas hors des réalités quotidiennes. En cela, le texte est fondateur.

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Que dit ce texte ? L’encyclique dresse d’abord un diagnostic et surtout, indique que le sujet est très actuel : « Partout, les esprits sont en suspens et dans une anxieuse attente, ce qui seul suffit à prouver combien de graves intérêts sont ici engagés. Cette situation préoccupe à la fois le génie des savants, la prudence des sages, les délibérations des réunions populaires, la perspicacité des législateurs et les conseils des gouvernants. En ce moment, il n’est pas de question qui tourmente davantage l’esprit humain. ». C’est une grande dose de lucidité qui s’exprime ainsi.

Ne pas vouloir traiter de la question sociale, c’est accepter de la laisser traiter exclusivement par d’autres, par des « opinions erronées et fallacieuses ». L’encyclique insiste donc sur l’aspect très sensible du sujet : « Le problème n’est pas aisé à résoudre, ni exempt de péril. Il est difficile, en effet, de préciser avec justesse les droits et les devoirs qui règlent les relations des riches et des prolétaires, des capitalistes et des travailleurs. D’autre part, le problème n’est pas sans danger, parce que trop souvent d’habiles agitateurs cherchent à en dénaturer le sens et en profitent pour exciter les multitudes et fomenter les troubles. ».

La nécessité de donner une réponse à cette question est, pour l’encyclique, évidente : « Quoi qu’il en soit, nous sommes persuadés, et tout le monde en convient, qu’il faut, par des mesures promptes et efficaces, venir en aide aux hommes des classes inférieures, attendu qu’ils sont pour la plupart dans une situation d’infortune et de misère. ». Avec une description apocalyptique de certains patrons exploiteurs : « Les travailleurs isolés et sans défense se sont vus, avec le temps, livrer à la merci de maîtres inhumains et à la cupidité d’une concurrence effrénée. Une usure dévorante est venue accroître encore le mal. (…) À tout cela, il faut ajouter la concentration entre les mains de quelques-uns de l’industrie et du commerce devenus le partage d’un petit nombre d’hommes opulents et de ploutocrates qui imposent ainsi un joug presque servile à l’infinie multitude des prolétaires. ».

Il est remarquable d’ailleurs que cette description est encore donnée pour le XXIe siècle, ce qui est, à mon avis, une exagération, car la différence entre il y a cent trente ans et maintenant, ce sont justement toutes nos lois sociales, et pour la France, notre modèle social qui garantit un grand nombre de droits aux salariés. En revanche, les excès de l’époque n’étaient pas des exagérations, mais bien la triste réalité. Si le texte insiste sur les "travailleurs isolés", c’est d’une part pour regretter la fin des corporations supprimées par la Révolution, et d’autre part, pour encourager les travailleurs à s’organiser dans des syndicats catholiques.

Car ceux qui prétendent défendre les ouvriers, les socialistes (communistes), proposent de très mauvaises solutions pour les ouvriers : « Les socialistes, pour guérir ce mal, poussent à la haine jalouse des pauvres contre les riches. Ils prétendent que toute propriété de biens privés doit être supprimée, que les biens d’un chacun doivent être communs à tous. ».

Et l’encyclique de 1891 a compris très simplement ce qui clochait dans cette idéologie fumeuse (qui a fait des centaines de millions de morts au XXe siècle) : « La raison intrinsèque du travail entrepris par quiconque exerce un métier, le but immédiat visé par le travailleur, c’est d’acquérir un bien qu’il possédera en propre et comme lui appartenant. Car s’il met à la disposition d’autrui ses forces et son énergie, ce n’est évidemment que pour obtenir de quoi pourvoir à son entretien et aux besoins de la vie. Il attend de son travail le droit strict et rigoureux, non seulement de recevoir son salaire, mais encore d’en user comme bon lui semblera. ».

Avec cette dernière phrase citée, on a tout de la troisième voie, qu’on pourrait simplifier avec "la gauche" (« recevoir son salaire »), le droit à ne pas être un esclave mais bien un salarié payé correctement pour son travail, et avec "la droite" (« en user comme bon lui semblera »), le droit de dépenser comme il le souhaite, pouvoir être propriétaire, être "libéral" au sens économique. Pas étonnant que ce courant de la doctrine sociale de l’Église se situe donc, aujourd’hui encore, dans une position politique centrale sinon centriste (en d’autres termes, la démocratie chrétienne), avec probablement une évolution politique de gauche vers la droite à fur et à mesure que les droits sociaux ont été reconnus et garantis et que les patrons sont devenus plus respectueux de leurs salariés (une des émanations françaises de la démocratie chrétienne, Jeune République, créée par Marc Sangnier, était "de gauche" et a soutenu le Front populaire en 1936).

Pour ceux qui ne sont pas convaincus, l’encyclique enfonce le clou : « Cette conversion de la propriété privée en propriété collective, préconisée par le socialisme, n’aurait d’autre effet que de rendre la situation des ouvriers plus précaire, en leur retirant la libre disposition de leur salaire et en leur enlevant, par le fait même, tout espoir et toute possibilité d’agrandir leur patrimoine et d’améliorer leur situation. ».

Dans les solutions proposées par l’Église, celle-ci insiste sur un certain nombre de principes. Le premier est le principe d’inégalité, qui est une réalité sociale : « L’homme doit accepter cette nécessité de sa nature qui rend impossible, dans la société civile, l’élévation de tous au même niveau. Sans doute, c’est là ce que poursuivent les socialistes. Mais contre la nature, tous les efforts sont vains. C’est elle, en effet, qui a disposé parmi les hommes des différences aussi multiples que profondes ; différences d’intelligence, de talent, de santé, de force ; différences nécessaires d’où naît spontanément l’inégalité des conditions. Cette inégalité d’ailleurs tourne au profit de tous, de la société comme des individus. La vie sociale requiert dans son organisation des aptitudes variées et des fonctions diverses, et le meilleur stimulant à assumer ces fonctions est, pour les hommes, la différence de leurs conditions respectives. ».

Un autre principe, c’est de ne pas prôner la lutte des classes. Pour l’Église, le capital et le travail sont complémentaires et pas opposés : « Il vaut mieux voir les choses telles qu’elles sont et (…) chercher ailleurs un remède capable de soulager nos maux. L’erreur capitale, dans la question présente, c’est de croire que les deux classes sont ennemies-nées l’une de l’autre, comme si la nature avait armé les riches et les pauvres pour qu’ils se combattent mutuellement dans un duel obstiné. C’est là une affirmation à ce point déraisonnable et fausse que la vérité se trouve dans une doctrine absolument opposée. ».

Dans cette troisième voie, l’encyclique énumère alors les devoirs des deux "protagonistes". On notera l’équivalence ouvriers/pauvres et celle patrons/riches, qui sont beaucoup moins évidentes aujourd’hui (il y a des ouvriers qui peuvent être riches, des plombiers, des maçons, des électriciens, des couvreurs, etc., et bien sûr, il peut y avoir des patrons pauvres, la situation sanitaire l’a démontré mais c’était déjà le cas auparavant, évidemment).

Ouvriers/pauvres : « Il doit fournir intégralement et fidèlement tout le travail auquel il s’est engagé par contrat libre et conforme à l’équité. Il ne doit point léser son patron, ni dans ses biens, ni dans sa personne. Ses revendications mêmes doivent être exemptes de violences et ne jamais revêtir la forme de séditions. Il doit fuir les hommes pervers qui, dans des discours mensongers, lui suggèrent des espérances exagérées et lui font de grandes promesses qui n’aboutissent qu’à de stériles regrets et à la ruine des fortunes. ». Je ne sais pas pourquoi, mais ces "hommes aux grandes promesses" évoqués, cela me fait penser à Jean-Luc Mélenchon !…

Patrons/riches : « Ils ne doivent poins traiter l’ouvrier en esclave ; il est juste qu’ils respectent en lui la dignité de l’homme, relevée encore par celle du chrétien. (…) Il est encore défendu aux patrons d’imposer à leurs subordonnés un travail au-dessus de leurs forces ou en désaccord avec leur âge ou leur sexe. Mais, parmi les devoirs principaux du patron, il faut mettre au premier rang celui de donner à chacun le salaire qui convient. (…) D’une manière générale, que le riche et le patron se souviennent qu’exploiter la pauvreté et la misère, et spéculer sur l’indigence sont choses que réprouvent également les lois divines et humaines. ».

Et le texte rappelle très opportunément : « Les fortunés de ce monde sont avertis que les richesses ne les mettent pas à couvert de la douleur, qu’elles ne sont d’aucune utilité pour la vie éternelle, mais plutôt un obstacle, qu’ils doivent trembler devant les menaces insolites que Jésus-Christ profère contre les riches ; qu’enfin, il viendra un jour où ils devront rendre à Dieu, leur juge, un compte très rigoureux de l’usage qu’ils auront fait de leur fortune. ».

Autre devoir, la solidarité et le partage, en d’autres termes, la charité : « Dès qu’on a accordé ce qu’il faut à la nécessité, à la bienséance, c’est un devoir de verser le superflu dans le sein des pauvres. (…) C’est un devoir, non pas de stricte justice, sauf les cas d’extrême nécessité, mais de charité chrétienne, un devoir par conséquent dont on ne peut poursuivre l’accomplissement par l’action de la loi. ».

La doctrine sociale de l’Église est résumée « en quelques mots » ainsi : « Quiconque a reçu de la divine bonté une plus grande abondance, soit des biens extérieurs et du corps, soit des biens de l’âme, les a reçus dans le but de les faire servir à son propre perfectionnement et également, comme ministre de la providence, au soulagement des autres. ». L’encyclique cite alors saint Grégoire Ier le Grand, pape de 590 à 604, grand intellectuel très influent au Moyen-Âge (ce fut en son honneur qu’on nomma les "chants grégoriens"), dans ses homélies sur les Évangiles : « Quelqu’un a-t-il le talent de la parole, qu’il prenne garde de se taire ; une surabondance de biens, qu’il ne laisse pas la miséricorde s’engourdir au fond de son cœur ; l’art de gouverner, qu’il s’applique avec soin à en partager avec son frère et l’exercice et les bienfaits. » (lib. I, hom. 9, n.7, PL LXXVI, 1109).

Quant aux pauvres, Léon XIII veut les déculpabiliser : « La pauvreté n’est pas un opprobre et [il] ne faut pas rougir de devoir gagner son pain à la sueur de son front. ».

Enfin, l’encyclique passe en revue le rôle de l’État qui doit protéger les intérêts des ouvriers : « [L’État] peut grandement améliorer le sort de la classe ouvrière. Il le fera dans toute la rigueur de son droit et sans avoir à redouter le reproche d’ingérence ; car en vertu même de son office, l’État doit servir l’intérêt commun. Il est évident que plus se multiplieront les avantages résultant de cette action d’ordre général, et moins on aura besoin de recourir à d’autres expédients pour remédier à la condition des travailleurs. ».

Et elle ajoute : « Parmi les graves et nombreux devoirs des gouvernants qui veulent pourvoir comme il convient au bien public, celui qui domine tous les autres consiste à avoir soin également de toutes les classes de citoyens, en observant rigoureusement les lois de la justice dite distributive. Tous les citoyens sans exception doivent apporter leur part à la masse des biens communs qui, du reste, par un retour naturel, se répartissent de nouveau entre les individus. Néanmoins, les apports respectifs ne peuvent être ni les mêmes, ni d’égale mesure. Quelques que soient les vicissitudes par lesquelles les formes de gouvernement sont appelées à passer, il y aura toujours entre les citoyens ces inégalités de conditions sans lesquelles une société ne peut ni exister, ni être conçue. ».

Par ailleurs, l’encyclique considère comme incompatibles une fonction de chef d’entreprise et une fonction au sein d’un exécutif politique : « À tout prix, il faut des hommes qui gouvernent, qui fassent des lois, qui rendent la justice, qui enfin de conseil ou d’autorité, administrent les affaires de la paix et les choses de la guerre. À n’en pas douter, ces hommes doivent avoir la prééminence dans toute société et y tenir le premier rang, puisqu’ils travaillent directement au bien commun et d’une manière si excellente. Ceux au contraire qui s’appliquent aux choses de l’industrie ne peuvent concourir à ce bien commun, ni dans la même mesure, ni par les mêmes voies. ».

Mais ce n’est pas pour autant une réflexion "anti-patron", car elle reconnaît pleinement leur part dans le bien commun, ainsi que celle des ouvriers : « Eux aussi [ceux qui s’appliquent aux choses de l’industrie], cependant, quoique d’une manière moins directe, servent grandement les intérêts de la société. Sans nul doute, le bien commun dont l’acquisition doit avoir pour effet de perfectionner les hommes est principalement un bien moral. Mais, dans une société bien constituée, il doit se trouver encore une certaine abondance de biens extérieurs "dont l’usage est requis à l’exercice de la vertu" [selon l’expression de saint Thomas]. Or, tous ces biens, c’est le travail de l’ouvrier, travail des champs ou de l’usine, qui en est surtout la source féconde et nécessaire. ».

L’encyclique se termine par exhorter l’ensemble des responsables de l’Église à promouvoir la charité : « Quant à l’Église, son action ne fera jamais défaut en aucune manière et sera d’autant plus féconde qu’elle aura pu se développer avec plus de liberté. Nous désirons que ceci soit compris surtout par ceux dont la mission est de veiller au bien public. Que les ministres sacrés déploient toutes les forces de leur âme et toutes les industries de leur zèle, et que, sous l’autorité de vos paroles et de vos exemples, vénérables frères, ils ne cessent d’inculquer aux hommes de toutes les classes les règles évangéliques de la vie chrétienne, qu’ils travaillent de tout leur pouvoir au salut des peuples, et par-dessus tout, qu’ils s’appliquent à nourrir en eux-mêmes et à faire naître dans les autres, depuis les plus élevés jusqu’aux plus humbles, la charité reine et maîtresse de toutes les vertus. ».

Comme on le lit par ces extraits bien trop courts pour en mesurer toute la richesse, l’encyclique est un texte très fort, simple à comprendre, très ferme dans les positions sur les uns et les autres, et montre à quel point la République française, qui s’est construite pendant plus d’un siècle contre le cléricalisme ambiant, poursuit les mêmes buts que l’Église dans sa traduction sociale : chaque personne est unique et mérite respect et dignité, et lorsqu’elle est dans le besoin, doit pouvoir être aidée par la collectivité, et les personnes riches, qui ne sont pas des ennemis, doivent participer à cette élémentaire et nécessaire œuvre de redistribution que l’Église appelle charité et que la République appelle solidarité nationale.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (15 mai 2021)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Rerum Novarum.
L’encyclique "Rerum Novarum" du 15 mai 1891.
La Vierge de Fatima.
L’attentat contre le pape Jean-Paul II.
Pierre Teilhard de Chardin.
L’Église de Benoît XVI.
Michael Lonsdale.
Pourquoi m’as-tu abandonné ?

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4 réactions à cet article    


  • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 17 mai 11:23

    Léon XIII avait bien compris, avec l’expérience désastreuse et sanguinaire de la Commune de Paris, entre autres révoltes populaires, qu’il ne fallait pas laisser la défense des ouvriers à des révolutionnaires violents.


    Quant aux pauvres, Léon XIII veut les déculpabiliser : « La pauvreté n’est pas un opprobre et [il] ne faut pas rougir de devoir gagner son pain à la sueur de son front. ».

    Hilarant, comme d’habitude. L’auteur devrait songer au « one man show », avant que Gad Elmaleh lui pique ses blagues.


    • Claude Courty Claudec 17 mai 16:56

      « La soif d’innovation qui depuis longtemps s’est emparée des sociétés et les tient dans une agitation fiévreuse devait, tôt ou tard, passer des régions de la politique dans la sphère voisine de l’économie sociale. »

      Il sera alors bon de remettre en cause le dogme religieux surnataliste, et de tenir compte du fait que la société se partage structurellement en 14% de « riches » pour 86% de « pauvres » (dont ceux qui vivent au niveau zéro de la richesse, oublié de tous les discours).

      Quoi qu’il en soit, l’humanité paye le choix de tous les pouvoirs, du parental au religieux en passant par le politique, qui ont de tous temps préféré le nombre de ceux sur lesquels ils se sont fondés et ont longtemps prospéré, à leur bien-être.

      https://pyramidologiesociale.blogspot.com/2020/10/des-saintes-ecritures-aux-richesses.html

      https://pyramidologiesociale.blogspot.com/2017/10/plus-sa-population-augmente-plus-la.html


      • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 17 mai 18:15

        Le bot a encore frappé ! ^^


        • ggo56 17 mai 20:38

          Eh le rakotosansson, saute sur La Fontaine, un seul article par jour, tu rouilles ? Dérouilles ta nouille :->

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