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Accueil du site > Actualités > Religions > Mais où va l’Eglise d’Occident ?

Mais où va l’Eglise d’Occident ?

L'évangélisation du Congo, au XXème siècle, a été accomplie par les Jésuites. Pour ce faire, ceux-ci ont mené une analyse poussée du fonctionnement social, des traditions locales, bref se sont « inculturés », afin de présenter l'Evangile d'une façon adaptée au peuple Congolais. Stratégie gagnante, 30% des Congolais étant aujourd'hui Catholiques (40 % étant d'églises Protestantes diverses).

De quoi faire réfléchir le monde Chrétien Occidental, qui ne peut que constater le détachement important de sa jeunesse vis-à-vis de l'Eglise. Alors, quelle feuille de route pour l'Eglise d'Occident ? Essai d'analyse.

I – Préambule sur un contexte socio-culturel troublé

Une perception douloureuse du passé historique de l'Eglise : L'Europe a été marquée par la présence du Christianisme, qui fut la matrice socio-culturelle du continent pendant des siècles, pour ne pas dire des millénaires. Si l'Histoire, écrite par les vainqueurs à la Révolution Française a contribué à diaboliser le Christianisme (voir ici et ), chacun a pu constater que celui-ci a parfois objectivement dévié de son rôle, pour tomber dans le scandale. Ce dont il paie les frais aujourd'hui auprès d'une frange importante de la population.

Des problèmes internes toujours présents, ternissant l'image de l'Eglise : Car il saute au yeux que celle-ci est encore critiquable sur bien des sujets. La gestion des affaires de pédophilie, la place des femmes, les scandales financiers de certains prélats, l'opacité de la banque du Vatican, l'incurie de la Curie, … L'Eglise semblera difficilement crédible auprès du grand public dans sa revendication « d'experte en humanité » tant qu'elle n'aura pas résolu ces difficultés.

Une représentation brouillée de l'Eglise actuelle pour le grand public : Le traitement réservé par les médias à ce sujet ne simplifie souvent pas la tâche. Difficile de voir clair pour un individu extérieur, au travers d'une actualité tantôt diffusée par une gauche peu (pas) cultivée sur le fait religieux, laïciste, voire athée au point de ne pas comprendre qu'un individu puisse agir par motivation religieuse. Ou tantôt diffusée par une droite identitaire enfermant le Christianisme dans un portrait opposé à son idée de fond. Au final, les Catholiques maîtrisant leur sujet se taisent et restent pudiques, suivant les moeurs Catholiques. La question de l'Islam complique également le contexte, beaucoup se retrouvant dans l'idée à la mode qu'« au fond, toutes les religions sont identiques ». De quoi y perdre son latin.

 

II – Diagnostic sur la situation : Le clergé d'Occident, entre déni et remise en question

En plus de ce contexte difficile, la réaction de l'Eglise (voire son absence de réaction) peut sembler en décalage avec le problème.

• Un diagnostic du clergé en demi-teinte : A entendre certains membres du clergé, la seule coupable à la désertion des Eglises est la société de consommation, ravageant les cerveaux, à travers la télévision, la publicité, etc… Ceci en oubliant que les mosquées sont aujourd'hui pleines, de même que les temples évangéliques, et qu'on assiste à un renouveau Copte en Egypte, ou Orthodoxe dans les pays de l'Est. Un confortable déni de réalité, alors qu'il est criant que la situation n'a rien à voir dans bien d'autres confessions.

• Plus de raison d'être Chrétien aujourd'hui : On peut aussi se demander s'il a été saisi que dans ce contexte ultra-mondialisé, les jeunes Occidentaux -pour qui le contact avec le Christianisme est devenu inexistant- n'ont pas de raisons d'être Chrétien plus qu'athée, Bouddhiste, ou Musulman… Rien ne va plus de soi. Le monde étant devenu ultra-Cartésien, c'est sur ce champ-là que l'Eglise doit aujourd'hui argumenter. Elle en a le potentiel, comme elle l'a très brillamment démontré dans les exemples d'inculturation mis en place pour l'évangélisation de l'Amérique du Sud, de l'Asie du Sud-Est, de l'Amérique du Sud, en s'adaptant parfaitement à la culture locale.

• Un problème de transmission du message : Cependant, cette fameuse argumentation est aujourd'hui inaudible, l'Eglise réservant souvent ses réflexions de fond à ses étudiants en théologie. On entend peu parler "d'apologétique" durant les homélies, à savoir la branche de la théologie justifiant la crédibilité rationnelle et historique des enseignements de l'Eglise. Cette Eglise parle peu des figures déconcertantes de Marthe Robin, Padre Pio, ou d'autres personnages marquants (ici, ici ou ), des miracles de Lourdes reconnus malgré des critères très stricts, des miracles eucharistiques, de la réalité du chamanisme - et les risques-, du spiritisme, de la "magie". Voire de la réalité de l'exorcisme (interview d'un père exorciste) : au-delà des films, chaque diocèse ayant son prêtre exorciste... On pourrait aussi évoquer les multiplications de cas d'expériences de mort imminente, suggérant à minima l'existence d'un au-delà. Face à ce peu d'argumentation, les seuls badauds entrant dans une église par curiosité s'en iront bien vite, à juste titre. Et la jeunesse Chrétienne aura rapidement l'impression que cette foi ne repose que sur des légendes. Il ne faut peut-être pas s'étonner si les jeunes sont si peu à s'engager : Cette argumentation leur a rarement été présentée, aussi ils n'ont que peu de raisons d'y croire.

• Où est passée la beauté ? La messe est perçue par certains comme mortellement ennuyeuse. Les chants étant souvent plus ressentis comme ridicules que priants. Ce qui est parfois signalé avec facétie. Ce même badaud qui entrerait par curiosité dans une église pourrait-il même y trouver un peu d'harmonie ? Et pourtant… L'Eglise dispose de trésors de beautés liturgiques (quelques exemples iciici, ici ou ici), d'architecture, de diversité de l'art... Qu'elle enterre méthodiquement, de peur d'être prise pour une vieillote. Pour l'heure, dans bien des églises, la fameuse brave septuagénaire, animant les chants d'une voie chevrotante, sur accompagnement d'un orgue poussiéreux est toujours de rigueur. L'harmonie attendra encore...

 

III – Ressenti sur quelques voies de sorties et espoirs

L'Eglise a toutefois des atouts à faire valoir, à commencer par un certain attachement à l'institution, 60% des Français se revendiquant Catholiques. Elle dispose d'un lien privilégié avec les jeunes en cathé, aumônerie, avec la jeunesse de l'enseignement privé Catholique, … Qui serait un puissant biais de sensibilisation, si elle parvenait à transformer l'essai. De plus, au milieu de la "crise de raison d'être" que le monde matérialiste traverse, elle a les outils pour proposer à tous une vie pleine de sens. La spiritualité Ignatienne (ie de St Ignace de Loyola) n'est-elle pas spécialisée dans le discernement des orientations à donner à sa vie, afin de lui donner la plus belle signification ? Et la spiritualité Franciscaine ne l'est-elle pas dans la sobriété heureuse, ainsi que la contemplation de Dieu à travers la Création ? Tout ceci répondant à des problématiques très actuelles. Pour valoriser ces atouts et regagner en crédit, elle devra parvenir à se réinventer sur :

• La résolution de ses turpitudes internes : Le pape François a initié bien des chantiers prometteurs concernant la réforme de la Curie, et de la banque du Vatican, l'ouverture de postes à responsabilités aux femmes, etc... Espérant aboutir sur une « Eglise pauvre pour les pauvres  ». Chantiers salvateurs pour faire retrouver à l'Eglise sa crédibilité.

• La correction du bug de transmission : L'Eglise ne doit plus avoir peur d'argumenter de façon rationnelle, de fournir une vraie nourriture spirituelle, et une vraie culture religieuse. Une culture allant au-delà du trop fréquent et simple « souris, Jésus t'aime. Aie foi en lui  ! », qui construit à lui seul une foi aussi solide qu'un château de cartes, s'effondrant au premier contact avec le monde extérieur. Et plus profonde que l'homélie se contentant parfois de paraphraser le texte du jour, pour le plus grand ennui de l'assemblée. On ne peut que saluer ceux qui oeuvrent dans ce sens de pédagogie, comme le père Joseph-Marie Verlinde (théologien, expert des religions d'extrême-Orient, de l'ésotérisme, et autres) qui anime les rendez-vous "Cycle Beta" (Quelques vidéos ici), dans lesquels il vulgarise admirablement les positions théologiques de l'Eglise en réponse aux questions d'auditeurs. Le fidèle n'adhère ainsi plus par "contrainte moralisatrice et bien-pensante", mais par pédagogie efficace et limpide. L'Eglise ne peut plus se payer le luxe de taire systématiquement son argumentation, notamment face à l'Islam, à l'athéisme, et autres, qui n'hésitent pas à s'exprimer sans se recroqueviller. Elle dispose de cette argumentation, mais la présente peu, étant peut-être restée bloquée sur un début de XXème siècle où le Christianisme était convention. Ou sur un Vatican 2 mal compris, où, sous prétexte de tolérance ou de « recherche des fruits de l'Esprit chez l'autre », on reste muet face à celui-ci. En oubliant pourquoi on est ce qu'on est...

• Des façons de prier plus belles et authentiques : Quelques exemples étaient présentés au § II. Il n'est pas anodin que Taizé parle autant à tous les publics. Ou que le chant Grégorien (exemple ici) subjugue au-delà des frontières du Christianisme, à tel point que les jeux vidéos les plus populaires s'en inspirent aujourd'hui pour leur musiques. De même, le groupe de louange "pop Catholique" Glorious, qui déplace les foules sur son chemin, propose une autre forme de prière qui en satisfait certains. Devrait-on aussi renouveler « l'art cliché » du patrimoine Chrétien accompagnant ces prières ? Icônes parfois tristes à en mourir, tableaux et sculptures de styles d'un autre âge, orgues évoquant pour beaucoup les messes mortellement ennuyeuses de leur enfance, ...

• Enfin la consolidation d'une communauté chaleureuse, bienveillante, où il fait bon vivre. Témoignant vraiment de l'amour du Christ, car « A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres  » (Jn 13:35). Certains trouveront effectivement que les salutations précipitées à la sortie de la messe ne permettent pas de construire un tissu social bienveillant... Alors on ne peut ainsi que se réjouir devant les propositions toujours plus nombreuses permettant à chacun de se trouver une heureuse place dans la famille du Christ, sur différentes thématiques : communautés charismatiques (chemin neuf, etc...), camps scout, camps MEJ, Pélé VTT, goum, FRAT, PBN, groupes CVX, etc... :-)


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17 réactions à cet article    


  • OMAR 23 juin 17:32

    Omar9

    @nyspelache  :« ...face à l’Islam, à l’athéisme, et autres, qui n’hésitent pas à s’exprimer sans se recroqueviller. ».

    Est-ce la faute de l’Islam si les églises d’Occident se vident ?
    http://notredamedesneiges.over-blog.com/article-les-eglises-sont-vides-pourquoi-56582856.html

    Est-ce qu’une religion doit se recroqueviller pour s’exprimer ?

    Dommage que vos suggestives incrimination de l’Islam servent de référents à votre alarmiste article.
    Mais je vous rassure, la spiritualité chrétienne est intacte et demeure :
    http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/La-France-reste-catholique-mais-moins-pratiquante-_NG_-2009-12-29-570979


    • Nyspelache 24 juin 00:06

      @OMAR
      Je ne pense pas que ce soit la faute de l’Islam si les Eglises se vident, mais bien de la faute de l’Eglise elle-même. Pour les multiples raisons que cet article évoque. Et parmi d’autres raisons, l’Eglise n’argumente pas ses positions. Et je suis agacé de voir qu’elle ne le fait pas, contrairement à d’autres spiritualités/philosophies dont l’Islam ou l’athéisme...


      Après, je vous avoue que pour avoir lu la biographie de Mahomet selon Ibn Hicham (http://www.fayard.fr/la-biographie-du-prophete-mahomet-9782213617534), je n’ai pas franchement été rassuré sur le bonhomme. Mais ça, c’est une autre histoire...

    • OMAR 24 juin 00:46

      Omar9

      @Nyspelache

      Enfin, nous avons des points concordants concernant le Catholicisme.
      Par contre, vous confirmez mes suspicions concernant votre tapuscrit : une logorrhée psychologiquement" inquiète de la consolidation de l’Islam que du recul de la foi catholique

      Et je suis certain que la bibliographie imaginaire du Prophète à laquelle vous pensez va dans le sens de vos sentiments inavoués envers l’Islam, car rien dans le lien que vous présentez, rien ne justifie vos fausses préoccupations...
      http://islammedia.free.fr/Pages/mohamed.html
      Bon Aïd, quand même....


    • Nyspelache 24 juin 12:12

      @OMAR
      Mes sentiments envers l’Islam sont parfaitement avoués : j’ai peur de l’Islam. Et après vérification dans votre blog, celui-ci ne mentionne pas certains éléments qui sont bien présents dans la biographie de référence, Ibn Hicham.


      Exemple, je lis un épisode chez Ibn Hicham, absent dans votre blog, relatif à la conquête de Khaybar. Une discussion entre Mahomet et Kinana le chef des Banu Nadir :
      « On amena auprès du Prophète Kinana, le mari de Saffya, qui détenait le trésor des Banu Nadir. Le Prophète lui demanda de révéler ou était le trésor. Kinana affirma n’en rien savoir. Un Juif s’approcha et le dénonça au Prophète.
      - J’ai vu Kinana rôder tous les matins autour de cette maison en ruine.
      - Vois-tu Kinana, lui dit le Prophète, si nous trouvons le trésor chez toi, je te tuerai.
      - Tu me tueras mais je n’en sais rien.
      Puis le Prophète ordonna de creuser la terre dans la maison en ruine. On y trouva une partie du trésor.
      - Où est le reste du trésor ? demanda le Prophète
      - Je ne sais pas, répondit Kinana
      Le Prophète ordonna alors à Zubayr ibn al-Awwâm de le torturer jusqu’à ce qu’il livre son secret. Zubayr lui brûlait sans cesse la poitrine avec la mèche d’un briquet, mais en vain. Voyant qu’il était à bout de souffle, le Prophète livra Kinana à Muhammad ibn Maslama, qui lui trancha la tête »

      J’ai donc la terrible impression que votre blog édulcore en rose la biographie de référence (selon Ibn Hicham). Et que selon les sources (la vôtre, ou la mienne) on obtient un Islam tranquille ou un Islam Daesh. Ibn Hicham restant la référence.

      Cependant, j’ai malgré tout les Musulmans en estime, car je ne vois nulle part des gens appliquer leur religion avec tant de ferveur.

    • avuser 24 juin 21:37

      @Nyspelache. Bonjour à vous. D’abord, il ne convient pas de craindre l’islam : il est une source de lumière et de grâce venant de Dieu. C’est un converti de longue date qui vous parle. C’est pourquoi les Musulmans, comme vous le précisez dans un de vos messages, sont si attachés à la pratique de leur religion, source de sérénité intérieure. Que les choses soient claires : ni le wahabbisme et ses différentes déclinaisons, ni l’Arabie Saoudite ne sont représentatifs de l’Islam.

      Pour l’épisode que vous citez, il faut, avant d’aller plus loin, se référer aux évènements qui précèdent : les habitants d’une tribu juive d’une des forteresses de Khaybar ont été assiégiés par les Musulmans à cause du fait qu’ils avaient participé, de près ou de loin, aux différents conflits menés contre les Musulmans par des tribus arabes et qu’ils étaient au moins complices de la mort d’un grand nombre de Musulmans. Lorsque ces juifs ont capitulé et ont voulu établir un traité de paix, après avoir résisté un certain temps, il a été convenu avec le Prophète qu’il leur laisserait la vie sauve et qu’ils quitteraient leurs forteresses en y laissant tous leurs biens sans en dissimuler aucun, en particulier l’or et l’argent, et que celui qui ne respecterait pas cette règle serait mis à mort. Il fut aussi convenu que les Juifs pourraient encore cultiver les terres autour de leurs forteresses. Voilà donc l’accord qui fut établi et qui régit l’épisode que vous avez cité. 
      L’homme auquel vous faites référence fut donc exécuté après avoir été torturé pour avouer l’endroit où se trouvait le trésor qu’il n’aurait pas dû cacher selon les termes du traité. Il n’avait pas le statut de prisonnier, auquel cas il aurait été traité avec bienveillance, selon les lois de la guerre de l’époque. Car il s’agit bien de considérer tout cela dans un contexte historique qui obeit à des lois spécifiques, qui ne sont pas celles que nous connaissons aujourd’hui, dans le cadre par exemple des conventions de Genève. Si nous regardons les société passées avec le prisme du présent, que ce soit en Occident ou en Orient, nous risquons de ne pas y comprendre grand-chose. Que Dieu vous accorde la sérénité.

    • Nyspelache 25 juin 15:46

      @avuser
      De mon point de vue extérieur, je suis déconcerté, car ni Jésus, ni Bouddha, ni Lao-Tseu, ni Zaratoustra n’ont commis ce genre d’acte quand bien même ils auraient été en position d’utiliser la violence.


      Autre constat : Si l’Islam est une telle lumière, comment cela se fait-il que la vie y soit aussi pitoyable dans l’ensemble des pays qui se revendiquent de la charia ? Sous n’importe quelle interprétation de charia : Interprétation chiite en Iran, salafiste wahhabite chez les Saoudiens, sunnites divers en Afghanistan, au Soudan, ... Aucun de ces pays n’aurait rien saisi à l’Islam ?

      Au vu de ce que je lis de la biographie de Mahomet, et que je constate dans tous les pays qui se revendiquent de la charia, je pense que votre discours illustre malheureusement un déni, propre à de larges pans du monde Musulman... 

      Après, il y a aussi l’arnaque des miracles scientifiques du Coran qui fait des ravages, mais c’est une autre histoire

      Que Dieu vous garde également

    • Pascal L 25 juin 18:59

      @Nyspelache
      En principe, une religion ne provoque de violence que si la politique s’en mêle. Dans l’Islam, la religion et la politique sont liées et c’est la source de bien des problèmes. Beaucoup de Musulmans ont développé une religion pacifique, mais c’est en faisant l’impasse sur la lecture réfléchie du Coran qui devient alors un texte trop sacré pour être lu. Malgré cela, toutes les interprétations peuvent devenir violentes. Islam veut dire soumission ; soumission à Allah bien entendu, mais aussi et plutôt soumission aux représentants d’Allah. Aucun de ces représentants ne peut d’ailleurs invoquer le fait qu’il a été mandaté par Allah lui-même. Dans l’Islam, Allah ne s’exprime plus aujourd’hui. La dernière fois, c’était par la bouche de Muḥammad dans le Coran et les Hadîths. Il faudrait logiquement que les représentants d’Allah aient été nommés dans un Hadith pour que leur représentation soit légitime.

      Or le Coran est un texte très violent : 65 fois le terme ’tuer’ et ses synonymes, 150 fois le mot ’enfer’, 50 fois ’pervers’, 376 fois le mot ’châtiment’, une fois le mot ’espérance’ et jamais le mot ’désir’. Et comme le Coran n’était pas assez violent, on a inventé le dogme de l’abrogation pour ne prendre que les versets les plus violents. La thématique de l’enfer est le fouet qui permet d’obtenir la soumission. Quel Musulman peut affirmer droit dans les yeux qu’il sera sauvé ? 

      L’Islam est aujourd’hui à un tournant de son existence. L’interdiction de se poser des questions a tenu pendant 1300 ans avec la promesse de la peine de mort, mais aujourd’hui, avec Internet, toutes les réponses aux questions interdites se trouvent facilement et dans à peu près toutes les langues. Un autre aspect apporté par internet est la culture de l’écrit. L’Islam se transmettait principalement par oral, mais Internet apporte la durée de l’écrit, même pour une vidéo. Les arguments qui passaient comme une lettre à la poste avec les merveilles de la dialectiques sont maintenant figées pour des années et paraissent à la longue beaucoup moins pertinents. Les recherches des exégètes scientifiques sont publiées et leur contenu est assez contradictoire avec l’enseignement classique de l’Islam. Les Musulmans eux-mêmes commencent à se poser des questions sur l’année réelle de la construction de La Mecque (certainement pas avant 684) ou sur le dogme de l’incréation.

      Pour en savoir un peu plus sur l’exégèse scientifique du Coran, on se reportera aux sites « le grand secret de l’Islam » ou « le messie et son prophète ». Il existe par ailleurs des dizaines de livres qui traitent de l’ensemble des sujets : théologie, histoire extra-musulmane, linguistique, archéologie ou philologie. Les documents purement musulmans du 7ème siècle sont très rares, ce qui est est soi une indication, mais finalement, il existe des centaines de sources dans les autres domaines.


    • Pascal L 25 juin 20:22
      @avuser
      « il ne convient pas de craindre l’islam »
      Ayant étudié l’Islam par ses exégètes scientifiques et non Musulmans, je ne crains plus l’Islam, mais la lecture du Coran peut effectivement faire peur à des non Musulmans. Que penser de « Dieu aime ceux qui vont jusqu’à tuer [qâtala] sur son chemin [c’est-à-dire pour Lui] en rangs serrés, pareils à un édifice renforcé » (S61, 4) « Lorsque vous rencontrez ceux qui recouvrent, coupez leur la tête[...] serrez les garrots » (s47,4) « Ce n’est pas vous qui les avez tués : mais c’est Allah qui les a tués » (s8,17) « Après que les mois sacrés expirent, tuez les associateurs où que vous les trouviez. » (s9,5) « ô vous qui croyez ! Combattez ceux des mécréants qui sont près de vous ; et qu’ils trouvent de la dureté en vous » (s9,124) « Et tuez-les, où que vous les rencontriez ; et chassez-les d’où ils vous ont chassés : la tentation est plus grave que le meurtre » (s2, 191). « Dis à ceux qui recouvrent que, s’ils cessent, il leur sera pardonné ce qui s’est passé ; si [au contraire] ils y reviennent, eh bien, la conduite (sunnaʰ, ici déboires, expérience) des anciens est déjà passée. Combattez-les à mort jusqu’à ce que [ils ne représentent] plus de tentation (fîtnaʰ) et que le culte entier soit [rendu] à Dieu. » (s8, 38-39).

      Vous pouvez toujours répondre qu’il suffit qu’ils se convertissent, mais peut-on trouver des textes plus régressifs que ceux-là ? En quoi une conversion à l’Islam peut représenter un progrès ?
      Quand on montre ces versets à des Musulmans, il font en général un bond de 3 mètres en arrière en affirmant que ce n’est pas le Coran, mais ces versets y sont bien.

      « il est une source de lumière et de grâce venant de Dieu »
      Ayant déjà rencontré Dieu par l’intercession du Christ et de l’Esprit-Saint, je doute que cette lumière provienne de Dieu.

      « sont si attachés à la pratique de leur religion »
      pour la pratique, ils y sont obligé, mais la religion n’est pas qu’une pratique. Il s’agit d’une relation personnelle avec Dieu. Dans le Christianisme, cela peut prendre la forme d’un dialogue qui est forcément absente dans l’Islam où la seule manifestation d’Allah est le Coran. Cela nous fait 1400 ans de silence !

      « ni le wahabbisme et ses différentes déclinaisons, ni l’Arabie Saoudite ne sont représentatifs de l’Islam »
      Tout est basé sur l’interprétation du Coran par les exégètes. Qu’est-ce qui fait qu’un exégète est plus proche de la vérité qu’un autre ? Quand on pose une question sur certains versets, on nous répond que tout n’est pas connu aujourd’hui, mais que le Coran sera limpide à la fin des temps. Ce qui veut dire que les exégètes contemporains peuvent bien dire ce qu’ils veulent et rejeter l’interprétation de leurs collègues. Qui est habilité par Allah pour donner une interprétation officielle du Coran ?

      « Pour l’épisode que vous citez » La Sunnaʰ a été écrite 2 siècles après la mort de Muḥammad et les Hadîths 3 siècles après sa mort. Ces textes répondent plus à des besoins des califes qu’à un souci de vérité. Les éléments historiques contemporains infirment d’ailleurs une bonne partie des faits révélés dans la Sunnaʰ. Pour moi, cet épisode ne sert qu’à répondre à un point de droit dans l’empire des califes et il est toujours mieux dans les société musulmanes que le droit soit inspiré directement par Allah. Le juridisme est d’ailleurs la caractéristique des sociétés sans Dieu. Dans le Christianisme, l’amour de Dieu transcende toutes les lois et morales. Par amour, on fait beaucoup de choses que par obligation.

      « Si nous regardons les société passées avec le prisme du présent, [...], nous risquons de ne pas y comprendre grand-chose » 
      La question qui me vient, c’est est-ce que l’Islam peut encore avoir un sens à notre époque ? Allah ne s’est plus manifesté depuis cette époque.

    • sls0 sls0 23 juin 18:39

      Weber en son temps avait démontré qu’il y avait corrélation inverse entre l’éducation, le savoir et la religion.

      Ça n’a pas dû s’amélioré depuis.
      Si on veut que le religieux reprenne des forces il faut diminuer l’accès au savoir.
      Où je réside c’est en apparence fortement religieux, coté savoir c’est pas le top.
      J’écris en apparence, si le mot dieu est employé à toutes les sauces, coté pêchés capitaux c’est pas mal aussi.
      Sus aux hussards de la république et l’église sera sauvée.

      • Nyspelache 24 juin 00:13

        @sls0
        La classe préparatoire Sainte Geneviève de Versaille est tenue par les Jésuites, et fournit de très loin les premiers contingents d’étudiants pour Polytechnique, ENS, Centrales, etc... Pas de problèmes.


        Chacun trouve midi à sa porte

      • Cadoudal Cadoudal 24 juin 00:23

        @Nyspelache
        es jésuites, combien de divisions ?


      • Nyspelache 24 juin 12:13

        @Cadoudal
        Pas assez, malheureusement :/


      • Pascal L 25 juin 19:22

        @Nyspelache
        Mais non, c’est encore trop.

        Les apôtres ont commencé à évangéliser le monde sans armes. Il sont partis avec juste le soutien de l’Esprit-Saint et ont créé des Eglises un peu partout. 
        Le christianisme s’est d’autant mieux développé que hors de toutes formes de pouvoir. La colonisation en tant que tel n’a jamais permis l’évangélisation et les colonisateurs préféraient les religions prônant l’obéissance que le Christianisme qui introduit la liberté.
        Le Christianisme progresse aujourd’hui dans les pays Musulmans, alors que les Chrétiens y apparaissent plus comme des victimes que comme des bureaux. En Syrie, les Chrétiens sont les seuls à ne pas être armé (ne pas confondre avec les armées occidentales qui ne sont pas dirigées par des Chrétiens) et cela pose beaucoup de questions aux Musulmans. L’amour est finalement plus puissant que la violence. « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui [satan] qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. » (Matthieu 10, 28)

      • macchia 24 juin 12:21

        Vous ne pensez pas à l’impossibilité de croire à certains dogmes, par exemple virginité pendant et

        après l’accouchement ?

        • Nyspelache 24 juin 12:54

          @macchia
          Effectivement, je ne pense pas à ça ;)


        • Pascal L 25 juin 19:44

          @macchia
          Personne ne vous oblige à croire à ces dogmes. Il correspondent a un état de la réflexion qui prend en compte l’ensemble des dogmes comme un ensemble cohérent. En général, ce n’est pas par là que ça commence. On peut partir de la morale chrétienne pour découvrir qu’elle n’est qu’un sous-produit de l’amour et c’est cet amour qui explique tout. Tout les aspects mystérieux découlent de la résurrection du Christ et sans la résurrection, tout le reste n’a pas de sens. 


          Alors vous allez me demander où sont les preuves de la résurrection ? En bien, il n’y en a pas et c’est une bonne chose pour votre liberté. Je n’imagine pas vivre dans une société où nous devrions penser de manière conforme. Il n’y a donc aucune preuve, et vous pouvez ne pas croire sans problèmes. Il reste que les Chrétiens témoignent de cette résurrection depuis la Pentecôte de l’année 30 et ce n’est pas fini. Ces témoignages sont basés sur des expériences multiples de rencontre avec le Christ vivant. A cause de ces rencontres, on est en droit de se poser des questions sur l’existence même de Dieu. Encore une fois, il n’y a pas de preuves de ces rencontres qui se font toujours de manière très individualisée, mais le nombre et la nature des témoignages pose des questions. S’il n’y avait pas ces témoignages vous auriez raison d’affirmer que Dieu n’existe pas, mais là, vous ne pouvez conclure. La seule solution qui s’offre ensuite est de rechercher soi-même cette rencontre pour trouver les réponses. Ce que je peux dire, c’est que ceux qui ont fait cette rencontre ont vu leur vie et même leur personnalité se transformer.

        • zygzornifle zygzornifle 27 juin 15:24

          prier a la mosquée sous peine de représailles ......

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Nyspelache


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