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Accueil du site > Actualités > Religions > Notre-Dame s’embrase, les signes et les symboles

Notre-Dame s’embrase, les signes et les symboles

Beaucoup d’entre nous, en France, ne sont pas restés insensibles au brasier qui a consumé en quelques heures la charpente multi-centenaire de la cathédrale Notre-Dame de Paris lundi soir 15 avril 2019, premier jour de le Semaine Sainte pour les chrétiens, selon le calendrier grégorien.
Mais qu’on s’en émeuve également à l’étranger montre à l’évidence que Notre-Dame est
bien plus qu’un symbole national : elle semble revêtir une dimensions universelle.
Universalité sans doute due au caractère central de la cathédrale dans l’histoire de France et dans celle de Paris, ville la plus visitée au monde, et à ce que représente « l’esprit français » dans le monde, un esprit sans nul doute porté par nature à l’universalité.
Peut-être aussi ce qu’elle porte spirituellement joue-t-il un rôle non négligeable : d’une part,
dans « Notre-Dame », il y a « notre », un « notre » non limité, un « notre » qui s’étend à tout
l’univers ; d’autre part, « notre Dame », c’est Marie de Nazareth, Marie, cette femme universelle qui est priée par des milliards de personnes dans le monde, chrétiens, musulmans, hindous, athées, une Mère qui ne refuse son amour à personne.
Ce caractère universel ne gomme pas la force que prend Notre-Dame dans l’inconscient
collectif du peuple français, elle semble plutôt le sublimer. Indubitablement, que nous soyons ou non chrétiens, que nous ayons une foi ou pas, nous avons été touchés par cet incendie, soit en ressentant un choc, une tristesse, du désespoir, un agacement, ou encore de la joie !
Ne sous-estimons pas les émotions qui surgissent à l’occasion de tels choc. Elles révèlent,
comme des signes imparables, des mouvements souterrains qui peuvent ne pas être exprimés, et dont en général on n’a pas conscience. C’est le propre de l’inconscient que de n’être décelable que lorsque le mental passe au second plan.
Lundi soir, devant la stupeur de la nouvelle, dans un premier temps le mental était en berne.
Et nous avons vu émerger des signes, et des symboles.

Les signes, ce sont les vérités intérieures qui animent nos inconscients personnels et
collectif, révélées par les émotions fortes qu’a suscité l’embrasement de Notre-Dame.

Première vérité : nous mourrons tous. La destruction de la charpente de Notre-Dame nous
rappelle directement que si cet édifice solide, en chêne massif, vieux de plusieurs siècles, peut disparaître en fumée en quelques heures, qu’en est-il de nous-mêmes, collectivement, et individuellement ? Oui, nous sommes mortels. Et notre civilisation mourra, et nos corps mourrons, et la majorité de nos œuvres mourra. Devant le spectacle pathétique de la cathédrale en flammes, nous avons été confrontés au caractère inéluctable de la mort, quel que soit le visage qu’elle prenne, et c’est cette impossible évitement qui est remonté à la surface de nos consciences. Il faut dire que tout, dans notre Occident moderne, nous pousse à éviter la mort, à ne la regarder ni la voir. On l’évacue, on la cache, on la couvre. Mais cela ne l’annule pas. Il faut bien qu’elle finisse par ressortir, afin qu’elle soit acceptée et assumée.

Deuxième mouvement : la France, et l’Europe, ont des racines chrétiennes, qu’on le veuille
ou non. Et cette expérience, forte, de plusieurs siècles, qui a nourri nos ancêtres et irrigué notre histoire, notre pensée, nos mentalités, sur une si longue période, est encore vivace : quand un de ses symboles brûle – et quel symbole - notre antique mémoire de chrétiens remonte, et nous sommes émus, mis en mouvement. C’est ce qui, lundi soir, est remonté à la conscience de tant d’entre nous.

Troisième mouvement : paradoxalement, le christianisme se meurt. Contempler, sans pouvoir rien faire, avec une immense tristesse (ou pas !) cet édifice qui s’est révélé être si central dans l’imaginaire collectif des Français, revenait à constater l’effondrement d’une époque dont il porte l’esprit. Car il est bien certain que la mentalité chrétienne profonde, avec la foi dans la résurrection du Christ comme centre, a pratiquement disparu de notre horizon collectif, ne nourrit plus notre société. Certes, les idées modernes d’égalité, fraternité, liberté, sont à l’origine chrétiennes, comme l’est le fondement métaphysique de la sécurité sociale. Mais la foi chrétienne, elle, avec sa richesse et sa vigueur, n’est vécue qu’à la marge.
Aussi cette question, plus ou moins consciente, a surgi : cet effondrement est-il inéluctable
et souhaitable ? Car, au juste, quel christianisme meurt ? Est-ce la semence évangélique apportée par le Christ ? Ou est-ce une manière de l’incarner ?
Il serait bien péremptoire d’affirmer que la semence apportée par le Christ est morte, plantée dans une terre qui ne l’accueille plus. L’Histoire ne s’arrête jamais, et le passé nous enseigne que, si les civilisations meurent, de la même façon, « on a vu souvent rejaillir le feu d’un ancien volcan qu’on croyait trop vieux. »

Mais allons maintenant nous promener dans le jardin des symboles, en humer les couleurs,
les formes et le dynamisme.
Ce qui saute aux yeux, d’emblée, c’est que ne brûle « que » la charpente et la couverture de
Notre-Dame. C’est le toit dans son ensemble qui s’est consumé, et non la structure, et non les murs.
Il y a donc quelque chose de stable qui reste. Tout ne s’est pas écroulé.
Dorénavant, depuis le sol de la cathédrale, on peut voir le ciel. Le ciel, cet espace sans limites dans lequel l’être profond rayonne, symbole de liberté totale mais également confrontation avec la transcendance, le tout-autre, est donc à portée de vue, et quand il est à portée de vue, il l’est aussi potentiellement à celle de la main : on peut le toucher ! Symboliquement, donc, le Ciel s’est rapproché de la terre, il est palpable, il est présent, immédiat.
Mais ce rapprochement passe par un effondrement nécessaire, une aventure, au sens de « ce qui advient » : pour que le Ciel se rapproche de la terre, il faut quitter les protections qui, un temps, nous étaient nécessaires pour nous construire. Sans sortir des cadres qui nous protègent, nous ne pouvons pas entrer dans le Ciel.
Cette « couverture » l’est dans tous les sens du terme : en nous couvrant elle nous protège,
comme le manteau de la Vierge Marie, mais en nous couvrant elle nous dispense aussi de prendre nos responsabilités, elle « couvre », au sens de dissimuler, d’excuser, nos erreurs, nos fautes, nos errements volontaires, ainsi que notre volonté de rester « dans la matrice », dans le ventre de la Mère. Donc, plus personne ne nous couvre ! Ce qui signifie qu’il faut maintenant assumer. Assumer quoi ? Assumer ce que nous sommes, assumer les fruits de nos œuvres, assumer ce que nous avons engendré, les bons fruits certes, mais surtout les mauvais. Devenir adultes, en somme, sans avoir à nous décharger de nos responsabilités sur Papa, Dieu le Père, ou Maman, Marie.
Ici, comment ne pas penser à la crise profonde qui secoue l’Église catholique (et au-delà, le christianisme dans son entièreté) depuis quelques années ? Et à la crise politique et sociale aiguë qui traverse la France depuis novembre 2018 ?
En ce sens, symboliquement, et pour les chrétiens, et pour ceux qui ne le sont pas ou croient ne pas l’être, cet incendie est, symboliquement, une libération : le feu, qui est à la foi destructeur et purificateur, a percé une trouée grandiose dans la matrice qui nous servait de refuge, et nous donne la possibilité de croître, de grandir, d’acquérir une autre dimension d’être. La voie est libre ! Le chemin de la vie consiste à aller de l’avant, à quitter les matrices, lesquelles sont un temps certes nécessaires ; mais, quand elles deviennent un but en soi, sont dévorantes et stérilisantes.
Cette couverture qui s’évapore en quelques heures, qui signe la fin d’une époque, est dans le même temps la manifestation d’une transformation en cours, invisible, souterraine, mais on ne peut plus certaine, et qui concerne certainement la France, mais peut-être le monde entier : le passage d’une matrice limitante et stérilisante, mais rassurante, à un espace non limité mais exigeant, risqué.

Où est la stérilité dans notre monde ? On la trouve dans l’idolâtrie des formes et des structures, considérées comme absolues, comme indépassables : dans le monde des religions comme dans celui de l’exercice du politique ou encore dans le monde des idées (la fin de l’Histoire, par exemple, aberration conceptuelle).

Mais aussi dans l’exercice immodéré de la toute-puissance infantile - je fais ce que je veux quand je veux -, dans le désir de domination et de conquête brutale extérieures. Or, les formes et les structures sont des moyens, et non des buts. La toute-puissance infantile, qui ne connaît pas les limites, mène au chaos et à la mort, et débouche sur la domination, qui signe la guerre de tous contre tous.
Les cadres idolâtrés, dans tous les domaines, sont en voie d’être dépassés. Ils éclatent, car ils nous enferment dans une impasse, dans une forme de stérilité. Qu'on ne se méprenne pas : les cadres ne sont pas mauvais en soi, ils le sont quand ils deviennent des prisons dans lesquelles on étouffe.
Rappelons-le : la cathédrale est toujours là, campée solidement sur la terre. Ce n’est donc pas la base sur laquelle on construit qui éclate, mais ce qui enferme.

Ce qui nous amène au second symbole fort : la destruction de la flèche de Notre-Dame.
Que représente en effet cette flèche ? La première flèche, née à une époque où l’art roman, progressivement abandonné, laissait la place à l’art gothique, elle est le signe d’un état d’esprit de conquête et de domination, et non d’accueil et d’humilité. En Occident l’Église chrétienne, avec la réforme grégorienne qui a lieu à la même époque, inscrit dans le marbre de son inconscient une folie sans précédent, l’esprit de domination et de prétention qui fait de son clergé mais surtout de son Pape la puissance par excellence sur Terre, plus haute que les Rois, presque plus grande que Dieu Lui-même. Ce mouvement d'inflation, précisons-le, n'est pas l'apanage du catholicisme. L'Histoire regorge d'exemples de ce type de démesures insensées.

L’art gothique exprime cette poussée conquérante et dominatrice qui d'emblée semble diamétralement opposée aux préceptes évangéliques, qui justement rappellent : « celui qui s’élève sera humilié ». L’art gothique représente inconsciemment une énième Tour de Babel, une énième tentative de gagner les Cieux par la force. Or, le Ciel ne se conquiert pas par la force ! L’art roman, justement, exprime, lui, cet accueil de ce qui est déjà là et qu’il s’agit de laisser émerger, non pas passivement, mais dans l’agir du lâcher-prise et dans la réception active et désirée de ce qui est plus grand que soi.
Face aux rondeurs des coupoles romanes et les courbes de ses chapelles, la hauteur et les
angles des constructions gothiques. Ce qui est pointu, acéré, perçant ; face à ce qui est rond, doux, accueillant. Le gothique a voulu bâtir sur Terre la cité de Dieu et exprimer par ses percées vers le haut l'élévation de l'âme vers la transcendance. En faisant cela, il a peut-être oublié que la cité de Dieu est bâtie par ce dernier en nous-mêmes, ce qu'exprime l'image de la Jéruslem céleste qui descend des Cieux dans l'Apocalypse, et ce qu'exprime le Christ lorsqu' il dit : "Sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise". les pierres, ce sont les êtres humains, pierres vivantes du Royaume d'abord intérieur, puis extérieur.

La chute de la flèche représente donc, symboliquement, la chute de la prétention, de ce dard (dans tous les sens du terme !) pointé vers le Ciel comme pour le percer, comme pour le conquérir de force. C’est une énergie masculine dévoyée qui s’effondre, de même qu’elle s’effondrât dans la chute tragique des deux tours du WTC en septembre 2011. Énergie qui n’est pas celle des mâles uniquement, mais celle de toute une civilisation, hommes et femmes confondus, la civilisation de la conquête aveugle et dominatrice, de la prétention à être des dieux à la place de Dieu.
Qu’en en prenne chacun pour son grade, que l’on soit homme ou femme ! Car cet effondrement nous montre que la prétention et la domination, ainsi que l’esprit de toute-puissance, sont voués par nature à la destruction et à l’échec. On n’accomplit jamais rien de solide et de vrai en empruntant ce chemin. Ceci vaut sans aucun doute pour l’Église mais, comme Notre-Dame est également un lieu politique par excellence et un lieu d’histoire, ce symbole sonne également comme un avertissement pour nos hommes et femmes politiques. L’esprit de conquête et de domination porte en lui-même sa propre destruction. L’aveuglement conféré par le pouvoir dominateur est en soi, déjà, le début de l’échec.

Si ce masculin dévoyé s'est effondré, où trouve-t-on un masculin positif et fertile dans cet événement ? Dans la croix qui, couchée, embrasée par le feu puissant, était visible depuis un drone, s'est consumée, a disparu en fumée, mais qui se retrouve, dressée, solide, intouchée, dans la croix de l'autel entourée par les décombres de la première ! De couchée, elle s'est dressée, d'enflamée, partie en fumée, elle s'est solidifée, et le feu s'est mué en or. Or, où mène la croix, mis à part le fait qu'elle exprime par son motif un équilibre, une harmonie ? Elle mène à la Résurrection. Elle en est la porte. Beau symbole de masculin fertile, et non dominateur, que celui de cette croix qui se dresse, et qui ouvre la porte à une vie qui détruit la mort elle-même !

Aussi serait-il profondément triste, et signe d’un échec collectif, que la flèche de Notre-Dame soit reconstruite, au prétexte qu’elle a existé. La reconstruire seait alimenter à nouveau, symboliquement, notre inconscient collectif de cet esprit qui constitue une impasse intérieure comme extérieure. Laissons Notre-Dame sans flèche, reconstruisons la charpente et la couverture mais laissons- la sans ce signe de prétention !
Laissons-la dans cette simplicité retrouvée, oui, et réservons l’argent ainsi économisé pour une œuvre bien plus grande : prendre soin de ceux qui en ont besoin, et qui sont les temples premiers, les temples véritables, les temples de l’Esprit.

Car nous sommes, êtres humains, les temples de l’Esprit, comme le dit si bien l’apôtre Paul
dans son épître : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de l’Esprit-Saint ? » Le temple de pierre n’est pas le modèle de nos personnes, qui sont des temples de chair, c’est bien le temple de pierre qui est construit sur le modèle de l’homme couché, relevé par le Christ ressuscité : les églises sont copiées sur notre humanité, qui est, elle, le premier et seul véritable temple.
Symboliquement l’embrasement de Notre-Dame nous livre un troisième message : le feu transfigurateur, pour les chrétiens celui de l’Esprit Saint, le feu de vie pour d’autres, est appelé à venir transformer, renouveler nos personnes, corps y compris. Le feu n’est pas que destructeur, il est aussi celui qui purifie et embrase : il est vivificateur ! Il réchauffe et redonne de la vie. S’il détruit une partie d’un temple de pierres, c’est sans nul doute pour en nous venir briser l’idolâtrie qui nous fait adorer une construction, aussi sacrée et magnifique soit-elle, comme un autre « veau d’or ». Les temples premiers, dont il faut s’occuper avant tout, ce sont nos personnes et la création toute entière. Non qu'il faille abattre les temples de pierre ! Il est capital d'en avoir. Mais s'ils passent au premier plan, si nous les soignons davantage que nos propres corps et de nos propres âmes, est anormal.

Notre-Dame en feu nous invite à passe du regard porté vers l’extérieur à un regard porté
vers l’intérieur, et à retrouver le sacré présent en nous-mêmes. Politiquement, elle nous invite à prendre soin des personnes avant que de prendre soin des choses.
Transférer le sacré sur l’extérieur, on le voit dans l’Histoire, n’a jamais amené quelque chose
de bon. Toute idolâtrie constitue une impasse. Depuis Jacques Ellul on sait que la grande idolâtrie actuelle est celle du monde technicien, considéré comme le salut et la voie unique dans laquelle l’humanité trouvera son accomplissement. Dans cette mentalité, justement, le corps devient petit à petit un objet, un une chose. Or, quelle magistrale mise en œuvre technique pouvait-on contempler dans la charpente de Notre-Dame ! Le danger que porte l’idolâtrie technicienne est à regarder comme l’antithèse exacte de la technique habitée par la foi des bâtisseurs de cathédrales.

Dernier aspect : en Occident, on le constate, Marie est représentée en bleu et blanc, voilée, sorte de femme inatteignable et pure, presque désincarnée. Ce bleu et ce blanc font d'elle un être diaphane, presque sans corps. Ceci est dû à l'évolution théologique qui, malgré de fortes récitences intérieures, a conduit l'Eglise en Occident a faire de Marie, cette femme de notre race, un être "construit" à part, dont la nature humaine n'est pas la même que la notre : l'Immaculée conception. En Orient, où cette notion n'existe pas, contrairement à ce que nous connaissons, elle est le plus souvent représentée dans une manteau rouge. Bleu et blanc, couleurs de la pureté céleste si haute et grande qu’on ne peut l’atteindre. Ici le bleu n'est pas le bleu roi qui orne les voûtes romanes, bleu qui symbolise les Cieux mystérieux. Rouge, couleur de la vie, du feu, du dynamisme, de l'Esprit.
Notre-Dame, pour un temps, ce lundi, - au crépuscule ! - est devenue rouge incandescente. Derrière cela, Marie présente à l’Occident un visage qu’il ne lui connaît plus (mais qu’il lui connaissait dans les premiers siècles), celui d’une femme de chair et de sang, vivante, dynamique, et donc atteignable.
Non pas un modèle désincarné, mais une femme, notre sœur, de notre race.
Notre-Dame rouge feu et rouge sang remet de la vie dans la figure de Marie qui, au fil des siècles, s’est transformée dans notre inconscient en une sorte de prototype désincarné. Et quelle vie !

Pour terminer, que Notre-Dame s’embrase au début de la Semaine Sainte doit être également considéré. Que ceux qui ne le savent pas ou l’ont oublié l’entendent : la Semaine Sainte est ce long chemin que les chrétiens vivent liturgiquement en suivant le Christ dans sa montée à Jérusalem jusque sur la croix sur laquelle il abat l’orgueil et fait librement don de sa vie « pour la vie du monde ». La mort sur la croix en elle-même n’a aucun sens. Seule la résurrection du Christ lui en donne un. Et c’est cette résurrection qui est l’aboutissement de la Semaine Sainte. La douleur et la mort cède alors la place à l’absence définitive de mort et à la joie. Aussi pouvons-nous regarder cet incendie comme un rappel et une promesse.

Rappel que le rythme fondamental de toute vie est celui de mort/résurrection. On ne meurt que pour ressusciter, et la résurrection n’a aucun sens sans la mort. Mourir aux schémas qui nous emprisonnent, mourir aux idolâtries, mourir à l’esprit de domination et de conquête pour revêtir « la liberté glorieuse des enfants de Dieu » faite de simplicité, d’humilité, de vérité et d’authenticité, constitue le chemin possible de tout homme et de toute femme sur cette terre.

Toute communauté, toute personne est inscrite sur ce rythme, qu’elle le refuse ou non. On
n’y échappe pas. Si l’on veut renaître, si l’on veut connaître le renouvellement, il faut passer par une mort. Ce qui est valable pour une personne est valable pour un pays, pour une civilisation.
La promesse est donc constituée par cette certitude que le Phénix renaît de ses cendres.
Traverser une mort est douloureux et triste, mais si l’on sait que cette mort n’a de sens que pour déboucher sur un renouveau, alors le chemin est plus facile et surtout plus joyeux.

Sans conteste, le christianisme dans son entièreté, et pas seulement le catholicisme, mais aussi notre pays, notre civilisation sont entrés dans une forme de mort et de possibilité d’une stérilité. Mais elles sont les prémisses d’un renouveau.

Car, comme le dit le Christ, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit.

Clément Heinisch


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25 réactions à cet article    


  • njama njama 20 avril 17:35

    Je peux me tromper mais je pense que en terme de notoriété mondiale la tour Eiffel flirte avec NDP, 7 millions de visiteurs /an vs 14 millions de visiteurs /an pour ND


    • Le421 Le421 22 avril 09:47

      @njama
      Ba ouais... Le deuil, c’est surtout aussi une question de brouzoufs !!
      Le manque à gagner.

      Bon.
      Ça va durer combien de temps cette histoire ?
      23 semaines aussi ?


    • Voilà pourquoi j’aime Agoravox. Il est vrai que la Tour Eiffel à côté de la flèche représente bien plus l’hubris humain. Certains voient dans la flèche, le doigt de Dieu dirigé vers le ciel. Mais l’argumentation est convaincante. 


      • Decouz 20 avril 19:23

        Tous les touristes allaient à Notre-Dame de Paris mais ignorent sans doute souvent deux sanctuaires très fréquentés par les chrétiens : Notre Dame des Victoires, et la chapelle de la rue du Bac.

        Préservée :

        "Dans le sanctuaire de la cathédrale parisienne, des fleurs blanches sans cesse renouvelées honorent une Vierge à l’Enfant adossée au pilier sud-est du transept. Cette gracieuse madone est invoquée sous le nom de Notre-Dame de Paris."



        • rogal 20 avril 20:30

          « Certes, les idées modernes d’égalité, fraternité, liberté, sont à l’origine chrétiennes

           ».

          Quelle liberté d’origine chrétienne ? Certainement pas la liberté de penser, bien écrasée au temps de la tyrannie chrétienne.


          • Et hop ! Et hop ! 22 avril 12:20

            @rogal

            Quelle tyrannie chrétienne ?

            Jamais Jésus, ni l’Église n’ont converti de force, ou préconnisé de convertir de force. 

            Pour la tyrannie et les persécutions, regardez plutôt les régimes athées : Rome contre les premiers chrétiens. La Révolution française, la Terreur, la Vendée, le siège de Lyon. Les révolutions et les régimes communistes, Pol Pot, le nazisme. Le libéralisme, ses guerres, ses coups d’État.

            L’Église catholique a conservé et copié tous les manuscrits scientifiques païens, elle a conservé tous les noms de divinités païennes dans son calendrier, elle a inventé les débats et les controverses scientifiques à l’époque scolastique, elle a inventé l’enseignement scolaire public et gratuit, les collèges, les universités, et plus généralement la science européenne. Copernic et Gallilée étaient des hommes d’église, Gallilée était protégé par le pape qui le logeait à côté de lui au Vatican.

            La quasi totalité des savants ont été des catholiques fervents, voire des hommees d’église ou des papes : Gerbert d’Aurillac, Descartes, Pascal, Leibniz, Laplace, Ampère, Euler, Poincaré...


          • Clément Heinisch 22 avril 13:33

            @rogal

            Bonjour,

            Je comprends votre étonnement ! Mais ne souscris pas à votre lecture univoque.

            En effet la pensée chrétienne a introduit dans le monde antique trois idées subversives pour l’époque.

            Liberté de penser : ne pas rendre un culte à César comme à un dieu a valu aux premiers chrétiens mensonges, calomnies, persécutions, jusqu’au martyre. Rome tolérait tout, sauf qu’on ne rende pas avant tout un culte à César. Le « rendez à César » n’a pas été accepté par le pouvoir civil. Et c’est bien sur cette base que les grands prêtres demandent la mort du Christ.
            L’apôtre Paul avant sa conversion persécutait et lapidait les chrétiens. Pourquoi ? Parce qu’ils pensaient différemment.

            Fraternité universelle : pour le Christ notre prochain est tout être humain, en particulier celui qui souffre, et pas seulement celui de notre clan (famille, religion, nation). « Aimez vous les uns les autres » est un horizon qui est donné avant tout à ceux qui souhaitent suivre le Christ, certes, mais il est ouvert à toute l’humanité, et dans la pensée du Christ, nous sommes tous frères et sœurs, membres les uns des autres par notre humanité, d’une ; de deux, parce que tous fils et filles du même Père.

            Égalité : le Christ a fait éclater le tribalisme juif de l’époque pour ouvrir à l’universalité son enseignement. Ceci était à l’époque, et pour les Juifs et pour les Grecs et les Romains, un scandale Chez les Juifs il avait une distinction (qui existe encore) entre le peuple élu et les autres peuples. Chez les Romains comme chez les Grecs la société était constituée en castes. Il y avait les citoyens et les autres, inférieurs. Dans la pensée chrétienne tous sont enfants du même Dieu, et les distinctions de castes, civiles ou culturelles, ne sont pas fondamentales, elles ne touchent pas la nature profonde de l’Homme, elles sont relatives.
            Comme dit l’apôtre Paul : « en Christ il n’y a plus ni homme ni femme, ni juif, ni grec (...) », ce qui ne signifie pas la disparition des particularités, mais signifie que ce qui compte dans la perspective chrétienne, ce sont les personnes, considérées comme strictement égales entre elles.

            Ces trois idées ont fait leur chemin plus ou moins malheureusement au sein de L’Église et de la société. Il n’en reste pas moins que la pensée chrétienne a posé ces idées comme des germes dans le monde.
            Certes il y avait dans la pensée grecque et dans la pensée romaine des éléments qui convergent vers les mêmes notions, mais jamais la société n’avait été auparavant confrontée à une pensée qui mettait en pratique ces idées au point de menacer, selon le pouvoir civil, son équilibre même, fondé sur des exclusions et un esprit tribal.

            Que L’Église n’ait pas toujours suivi cette théorie ne signifie pas qu’elle ne l’a jamais mise en pratique.
            Et surtout, même si elle ne l’avait jamais mise en pratique, ce qui n’est pas le cas, cela n’empêcherait pas que ces notions de liberté, égalité, fraternité sont chrétiennes.

            Pour résumer, le Christ a une pensée diamétralement opposée au tribalisme. Le tribalisme a des avantages (sécurité, pérennité des structures, etc), mais n’est pas soutenable à long terme. Ce qui fait vivre, c’est se confronter à ce qui n’est pas soi.




          • tashrin 23 avril 11:36

            @Et hop !
            Allez demander aux ptits africains s’ils ont le meme point de vue
            Ou aux natifs sud americains
            Ou à ceux qui se sont fait chatouiller les orteils à la bougie pendant l’inquisition
            Ne parlez pas trop du nazisme non plus, ca a bien fait les affaires du Vatican de l’epoque qui s’est bien gardé de crier trop fort

            La Religion, quelle qu’elle soit, est par nature incompatible avec la science. Sinon je veux bien votre explication concernant les dinosaures, j’en ai pas bcp entendu parler dans la Bible

            en être encore là en 2019...


          • Et hop ! Et hop ! 23 avril 14:00

            @tashrin : «  Allez demander aux ptits africains s’ils ont le meme point de vue. »

            Où avez-vous vu raconter que des missionnaires, des pères blancs, ou des religieuses, utilisaient la force pour convertir les petits africains ?

            Ils arrivaient seuls dans des villages, installaient un dispensaire, une école, donnaient des conseils d’agronomie et d’hygiène, enseignaient la lecture, le calcul, l’histoire sainte, et valeurs des évangiles.

            «  La Religion, quelle qu’elle soit, est par nature incompatible avec la science. »

            C’est l’Église catholique qui a recueilli et diffusé les manuscrits de la Grèce antique, qui a développé la logique, les mathématiques, le rationalisme, tous les scientifiques avant le XIXe siècle sont des gens d’église, ou des chrétiens fervents, Buffon, Linné, et même Einstein croyait en Dieu.

            Il y a plein de religions qui remplacent Dieu par une autre valeur, ça reste des religions fondées sur des croyances : le Positivisme, le Libéralisme, le Scientisme, le Rationalisme, le Socialisme, l’Hédonisme, l’Individualisme, le Matérialisme, le Fonctionalisme, le Modernisme, l’Écologisme, et bien sûr aussi l’adoration de l’Argent.


          • tashrin 23 avril 14:33

            @Et hop !

            Où avez-vous vu raconter que des missionnaires, des pères blancs, ou des religieuses, utilisaient la force pour convertir les petits africains ?

            Ils arrivaient seuls dans des villages, installaient un dispensaire, une école, donnaient des conseils d’agronomie et d’hygiène, enseignaient la lecture, le calcul, l’histoire sainte, et valeurs des évangiles.

            Oui c’est ça : Arriver chez les « sauvages » pour leur expliquer à quel point ce qu’ils font est naze et leur montrer la bonne voie :) Par altruisme évidemment

            tous les scientifiques avant le XIXe siècle sont des gens d’église, ou des chrétiens fervents, Buffon, Linné, et même Einstein croyait en Dieu.

            quand l’alternative n’est pas possible sauf à finir sur un bucher ou excommunié en fonction des époques, oui, on indique être croyant :)
            La pensée rationnelle est incompatible avec le concept même de Foi

            La science a foutu parterre toute la belle argumentation de l’Eglise, dont elle est devenue l’ennemi... Darwin, les decouvertes prehistoriques, etc... sont absolument incompatibles avec la theorie religieuse. Aujourd’hui c’est plus difficile à contester, ils en arrivent à imaginer des trucs aussi fumeux que le créationnisme, c’est dire !


          • Et hop ! Et hop ! 23 avril 21:31

            @tashrin

            Aller apporte la civilisation aux Africains était une connerie, il aurait mieux vallu les laisser continuer à vivre selon leurs traditions animistes, mais c’était ce que pensaient les hommes politiques de la IIIe République comme Jules Ferry, c’était le progressisme, le modernisme. 

            Personne n’a été mis sur un bûcher pour des opinions scientifiques, c’est de la propagande anti-cléricale. Gallilée a été victime d’une cabale de collègues scientifiques jaloux, comme ça arrive toujours dans les milieux universitaires, il était protégé par le pape qui l’admirait et qui l’a assigné à résidence au Vatican pour rester proche et discuter avec lui d’astronomie.
            L’Église a toujours été favorable à la science, Gerbart d’Aurillac au Xe siècle a introduit en occident la numération de position et les chiffres arabes, il a inventé les tables d’opération, et les suites harmoniques, c’était le plus grand savant de son temps et il est devenu pape.

            Darwin a appliqué au monde animal la Fable des abeilles de Mandeville, il en a tiré une théorie de l’évolution par sélection naturelle qui n’est toujours pas prouvée : on n’a jamais observé des transformations morphologiques notables produites par sélection naturelles, et surtout on n’a jamais trouvé tous les animaux intermédiaires qui devraient être aussi nombreux que les types stabilisés. D’ailleurs, il ne devrait pasy avoir de types stabilisés, mais une multitude de varités instables. Il est possible qu’il y ait eu des mutations génétiques rapides et soudaines pour des causes restant à déterminer : radioactivité, rayons cosmiques,.. 


          • tashrin 24 avril 10:07

            @Et hop !
            L’Eglise a soutenu les scientifiques tant que leur discours confortait la theorie religieuse. Les autres...
            Je vais pas batailler huit jours sur la theorie de l’evolution, pensez bien ce que vous voulez. Mais je serai curieux de connaitre votre interprétation des fossiles de dinosaures retrouvés à la lumière de la genese...


          • baldis30 24 avril 10:24

            @Clément Heinisch
            bonjour,
             « Pour résumer, le Christ a une pensée diamétralement opposée au tribalisme. Le tribalisme a des avantages (sécurité, pérennité des structures, etc), mais n’est pas soutenable à long terme. Ce qui fait vivre, c’est se confronter à ce qui n’est pas soi  »

             qu’en pense la classe au pouvoir ?...
            hum..... enfin quand elle pense à autre chose qu’à son portefeuille !
            Et cela ne lui laisse pas beaucoup de temps pour penser ... même pas pour panser les déficiences de sa pensée.


          • Et hop ! Et hop ! 24 avril 11:17

            @tashrin

            Vous avez une vision complètement fausse : jusqu’au XIXe siècle, il n’y avait pas de scientifiques en-dehors l’Église et des monastères : les Universités, les Collèges, les écoles ont été créées par l’Église.

            Un enseignement et une science indépendants de l’Église sont apparu avec le Protestantisme, et la religion de l’athéisme est apparu au XVIIIe siècle dans le monde protestant et juif rationaliste, pour donner les Lumières (Helvetius, d’Holbach, puis La Mettrie et son Homme machine, Voltaire).

            Je ne vois pas dans la Genèse ce qui pourrait être utilisé pour dire quelquechose à propos des fossiles de dinosaures, vous pensez à quoi ?

            C’est la Genèse qui dit que la création de l’Univers est un processus de transformations avec des grandes étapes : en premier le Verbe qui plane sur le Chaos, puis la création des étoiles et du Soleil dont le mouvement fait exister le temps, puis création de la Terre, puis séparation des Océans et des continents, puis création des végétaux, puis des animaux, puis de l’Homme.
            Ce schéma est toujours considéré comme valable, surtout quand on le compare aux origines du monde selon les religions païennes comme la Théogonie d’Hésiode.

            La Genèse a deux récits pour la création de l’homme, dans le premier il est dit qu’est créé par Dieu (le Logos) à son image, donc possédant le langage articulé et la conscience réfléchie qui le distingue des autres animaux, et d’autre part qu’il est créé mâle et femelle ; dans le second il prend de l’argile et lui souffle son esprit, ce qui veut dire que l’homme est à la fois matière et esprit, ce qui ne plait pas aux matérialistes.

            La création de l’homme a pu être à partir du singe, une mutation qui lui donne le langage, le sens des symboles, la conscience réfléchie, le sens de la mort et de son image. Il y a eu un saut qualitatif, c’est ce que la Genèse appelle la création de l’homme.


          • Aimable 20 avril 22:31

            les cathédrales sont réservées a une élite croyante ou non , riche de préférence , quand elle y entre les pieds ou la tête devant . Les églises elles , sont réservées a la populace croyante quand elle y entre les pieds ou la tête devant .


            • Ruut Ruut 21 avril 06:00

              C’est quoi la cause du brasier ?

              Car du chêne et de la pierre ça ne brûle pas comme ça...


              • baldis30 22 avril 09:03

                @Ruut

                bonjour, 
                 La curiosité est un vilain défaut !
                On vous a dit que c’était accidentel ! Tenez le pour parole d’évangile !



                • machin 21 avril 08:28

                  .

                  .

                  Un gros gros gros pavé écrit avec de l’eau bénite...

                  A part des bondieuseries stériles et l’apologie d’un superstition couteuse et nuisible, rien.

                  Déjà, à la dixième ligne je commençais à regretter d’avoir commencé à lire...

                  mais quand le vin est tiré il faut le boire...avant de dire que c’est de la piquette.

                  .

                  .


                  • Clément Heinisch 24 avril 12:27

                    @machin

                    Merci beaucoup pour votre compliment ! Je suis honoré d’être crédité du pouvoir de transformer l’eau (bénite) en vin. Même s’il s’agit de piquette, j’estime qu’il s’agit d’un bon début. La prochaine fois, promis, le vin sera buvable.

                    Blague à part, votre commentaire n’apporte pas grand chose de constructif. A part juger en bloc, je ne vois pas quelle est son utilité.


                  • zygzornifle zygzornifle 22 avril 08:56

                    Je me demande quelle magouilles LaREM va utiliser pour faire ruisseler une partie des dons sur ses comptes en vue des élections ....

                    Macron le Golden boy énarque de la finance Rothschildlienne doit bien connaitre toutes les ficelles pour faire un tour de passe passe ni vu ni connu ....


                    • L'Astronome L’Astronome 22 avril 09:07

                       

                      Breaking news, comme on dit en français : les bombes qui ont explosé à Colombo (Sri lanka) seraient d’origine accidentelle.

                       


                      • Crab2 22 avril 09:37

                        Il y a quelque chose de bien trop sec dans la république jacobine

                          La forêt à brûlé extraordinairement rapidement - hors le chêne est un bois connu des professionnels pour très difficilement s’enflammer - [ ??? ]

                        Suite  :

                        https://laicite-moderne.blogspot.com/2019/04/la-fete-jacobine.html



                        • Crab2 24 avril 10:34

                          Religions sans conscience n’est que ruine de l’entendement – suite :

                          https://laicite-moderne.blogspot.com/2019/04/religions-sans-conscience.html

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