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Sommes-nous libres ?

L’Homme, dans sa quête constante d’une identité, d’une nature qui pourrait le définir, a élaboré de nombreuses conceptions religieuses, spirituelles, philosophiques ou encore scientifiques pour tenter de répondre à ses interrogations. Qui est-il ? D’où vient-il ? Quel est son rôle en ce monde ? Les réponses les plus primitives lui furent apportées par les différentes mythologies qu’il élabora. Les grandes religions monothéistes remplacèrent par la suite ces panthéons locaux, et transformèrent quelque peu le message que ces mythologies véhiculaient en introduisant le concept du Dieu unique, maître absolu sur les hommes et sur leur destinée, en lieu et place des multiples divinités. Au fil des siècles, avec l’avancement de la science, de nouvelles théories apparurent qui dépouillèrent l’Homme de son caractère unique, expliquant son apparition comme la conséquence d’une évolution purement aléatoire conditionnée par l’environnement. Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, aussi bien ces percées scientifiques que les nouveaux courants philosophiques, tel celui des Lumières, mirent à mal les croyances établies depuis longtemps et pavèrent la voie à de nouvelles conceptions de la nature humaine. Depuis le XIXe siècle, il revint surtout aux écrivains, aux penseurs, aux scientifiques et aux philosophes de se pencher sur les questions qui tiraillent les hommes depuis des millénaires. Au travers des différents thèmes soulevés, comme l’existence de Dieu, son rôle dans la création du monde et l’apparition de l’être humain ou encore la nature bonne ou mauvaise de l’Homme, un enjeu particulièrement important demeura au cœur de toutes les conceptions qui purent être échafaudées. À quel point sommes-nous maîtres de nous-mêmes et pouvons-nous influencer notre destin ? L’être humain peut-il se prétendre libre ? Les différentes conceptions de l’Homme sont contradictoires sur ce point, car certaines lui concèdent une liberté absolue, tandis que d’autres nient que nous puissions posséder un tel contrôle de nous-mêmes, ou encore l’assujettissent à certaines conditions et limitations. Ainsi, alors que l’existentialisme tel que conçu par l’écrivain, intellectuel et philosophe français Jean-Paul Sartre accorde à l’être humain non seulement une liberté quant à ses actions mais aussi une liberté quant à ce qu’il se définit être, la neuropsychologue Lucy Vincent voit dans les actions que pose l’Homme l’expression de puissants mécanismes biologiques qui le poussent à accomplir des actes précis, même si ultimement il est dans le pouvoir de chacun de dépasser ce déterminisme biologique.

Dans un premier temps, il est important de définir le sens global de la question elle-même, de même que les nuances que chaque conception pourrait y apporter. Par rapport au sens global, on peut se demander que signifie au juste « prétendre être libre ». Si l’on se réfère au sens du verbe prétendre, celui-ci signifie : « Affirmer avec force ; oser donner pour certain (sans nécessairement convaincre autrui) »[1]. Dans ce contexte, « prétendre être libre » ne revient donc pas à apporter des preuves indéniables et formelles de sa liberté. Tout repose sur la conviction qu’a la personne elle-même de sa liberté. Quelqu’un peut donc « prétendre » être libre, peut importe la façon exacte dont il définit le fait d’« être libre », pour autant qu’il soit capable de se convaincre de sa liberté, que les conceptions et systèmes de croyance auxquels il adhère l’amène à croire en sa capacité à diriger lui-même sa vie. Quant aux légères différences d’interprétation inhérentes aux auteurs, elles dépendent largement du sens que l’on peut prêter au terme liberté. Dans la pensée de Sartre, la liberté est la capacité que nous avons de définir ce que nous sommes, capacité qui découle du fait que nous possédons une indépendance totale dans les choix que nous faisons constamment. Ainsi, lorsque Sartre aborde le thème de la liberté de l’homme, il dit de l’être humain qu’il est « libre, parce qu’une fois jeté dans le monde, il est responsable de tout ce qu’il fait. » [2] Pour lui, la liberté se trouve donc au niveau du pouvoir que nous avons d’influer sur ce que nous faisons, et par conséquent sur qui nous sommes. Pour ce qui est de Vincent, sa conception de la liberté peut se résumer assez simplement dans le fait d’échapper aux mécanismes issus du déterminisme biologique. Quelqu’un est donc libre s’il réussit en quelque sorte à sublimer ses instincts et à les maîtriser, dans le but que sa pensée consciente et réfléchie prenne le dessus sur ses pulsions biologiques et puisse guider ses actions. Maintenant que les particularités de chaque conception sont bien établies, il est possible d’exposer les réponses offertes par les deux penseurs à la question de savoir si l’homme peut prétendre être libre.

Tout d’abord, Sartre défend l’idée que l’homme dispose d’une liberté pleine et entière, et qu’il est responsable de chacun des gestes qu’il pose. Dans ce sens, le principe fondateur de l’existentialisme, qui est aussi à la base de l’idée de liberté totale, est le concept que « l’existence précède l’essence »[3]. Pour l’exprimer simplement, on peut dire que l’homme existe d’un point de vue matériel et biologique avant de posséder une essence, un but, une identité. Il n’est pas simplement la création d’un Dieu unique qui lui aurait déjà insufflé un ensemble de valeurs et de morales, une nature humaine à proprement parler. L’être humain se retrouve délaissé par Dieu, mais, comme l’exprime Sartre, « tout est permis si Dieu n’existe pas »[4]. Par conséquent, l’homme se soustrait, au travers de son délaissement, à l’imposition d’une identité prédéterminée qui dicterait sa conduite. Il est donc possible de constater que l’homme n’est soumis à aucun déterminisme, qu’il est « [seul], sans excuses »2 de quelque sorte que ce soit qu’il puisse invoquer pour échapper à la liberté qu’il a de se définir comme homme, et par là même à la responsabilité qui lui incombe d’incarner un modèle d’Homme. En appliquant de façon pratique ces concepts théoriques, on peut remarquer que la liberté de choisir comment nous agissons ainsi que ce que nous sommes peut s’exprimer de manières variées. À titre d’exemple, la valeur que nous accordons aux signes illustre très clairement le principe de liberté. Nous voyons des signes, des indications quant à ce que nous devrions faire, dans les évènements qui nous arrivent. Mais qu’est-ce qui nous dit qu’il faut interpréter ces évènements de cette façon, s’il y a même interprétation à faire ? Tout dépend de nous. Nous voyons dans des situations particulières des signes, et nous attribuons à ces signes la valeur que nous souhaitons qu’ils aient. Cependant, ni la situation elle-même ni personne ne nous influencent quant à la valeur que nous accordons à ces évènements. Sartre exprime lui-même de façon concise la signification des signes : « c’est moi-même en tout cas qui choisis le sens qu’ils ont. »[5] L’exemple des signes révèle la liberté dont nous bénéficions pour faire de notre vie ce que nous voulons qu’elle soit. Un autre exemple avancé par Sartre est le pouvoir qui est accordé à la passion. Selon lui, « l’homme est responsable de sa passion. »2 Dans la pensée existentialiste, la passion n’est pas une énergie dévastatrice qui mène inévitablement l’homme à agir d’une certaine façon. Il s’agit plutôt d’une situation comme une autre où l’humain est confronté à un choix : laissera-t-il ou ne laissera-t-il pas sa passion le dominer ? Dans ce cas-ci comme dans tout autre, l’homme est donc libre de poser les actions qu’il désire, celles qui correspondent à ce qu’il a choisi d’être et qui se réfèrent à l’idéal qu’il se fait de l’être humain. En bref, dans la pensée existentialiste de Sartre, l’homme possède une liberté, et donc une responsabilité, totale. Sa liberté s’exprime dans le fait que jamais l’homme ne sera confronté à une situation où il ne puisse faire un choix qui illustre non seulement sa propre personnalité, mais qui ne devienne aussi dès lors un exemple d’idéal d’être humain auquel les autres pourront se référer.

Par ailleurs, Lucy Vincent concède à l’être humain une certaine liberté, relativisée cependant parce qu’elle se trouve contrainte par de puissants mécanismes biologiques. En premier lieu, la liberté se trouve limitée par les mécanismes biologiques qui sont inscrits dans nos gènes et qui s’orientent autour d’un but bien précis, la finalité de l’Homme en tant qu’entité biologique, la reproduction. Dans l’esprit de la neuropsychologue, les choix que l’homme fait en amour ne dépendent pas essentiellement de son gré, ils se passent à un niveau inconscient qu’il ne peut contrôler. Pour reprendre la formulation de Vincent elle-même, « nos choix n’ont rien d’innocent et ne doivent rien au hasard. »[6] L’homme est influencé à son insu par les phéromones, des messagers chimiques, que chacun relâche et recueille à la fois, y décodant de la sorte des informations sur le patrimoine génétique de ceux qui l’entourent. Inconsciemment toujours, l’être humain recherche un bagage génétique compatible au sien, qui offrirait par conséquent la meilleure combinaison de gènes chez la progéniture. Il n’exerce donc qu’un contrôle fictif sur le sentiment amoureux, qui est en réalité un processus d’interactions chimiques dans le cerveau, reposant sur les stimuli qu’il reçoit du partenaire potentiel. La neuropsychologue ne concède à l’homme, en termes de liberté, qu’un contrôle conscient de certains aspects du choix d’un partenaire. En effet, Vincent admet que même si l’homme est attiré inconsciemment par les phéromones dégagées par l’autre, il peut arriver que « les influences cognitives annulent ce premier effet. »[7] Dans cette instance, on peut définir les influences cognitives comme « l’intelligence, la personnalité et le potentiel en biens bassement matériels du partenaire potentiel. »7 Alors, l’homme n’est pas soumis à un déterminisme biologique absolu, il lui reste une certaine liberté parce qu’une partie du choix de son partenaire demeure conscient. Toutefois, dans une telle conception de l’amour, la liberté se limite-t-elle à ce seul aspect du choix du partenaire ? Pour Vincent, l’essentiel de la liberté se situe au niveau de la possibilité pour le couple d’évoluer d’une simple unité qui vise à assurer la reproduction de l’espèce à une relation satisfaisante en elle-même. L’amour peut perdurer dans le temps au-delà de la mise au monde et de la prise en charge des enfants, mais le succès du couple dépend dès lors des efforts que chacun est prêt à investir. Cette vision de la relation amoureuse à long terme concède une liberté relativement grande à l’homme, puisqu’elle fait reposer sur lui la responsabilité de la viabilité du couple une fois la mission biologique de ce dernier accomplie. Comme l’énonce Vincent, « l’amour de longue durée n’est pas quelque chose qui arrive à tout le monde, mais seulement à ceux qui sont prêts à y travailler »[8]. Par conséquent, le degré de satisfaction des partenaires par rapport à leur couple ne sera pas le même pour tout le monde, dépendamment de la personnalité et du niveau d’implication de chacun pour la réussite de leur relation. En résumé, la liberté selon Vincent se situe majoritairement sur le plan de ce qu’on pourrait qualifier de sublimation du sentiment amoureux, soit la transformation de ce dernier d’un mécanisme biologique visant la reproduction en une relation bénéfique aux partenaires. Il dépend de l’homme de faire évoluer comme il l’entend son couple. Un autre aspect de la liberté, moins dominant cependant, s’exprime par rapport au choix de l’éventuel partenaire. L’humain est donc capable de dépasser le déterminisme biologique qui ferait reposer sa décision uniquement sur l’influence des phéromones pour y intégrer des facteurs cognitifs, dépendant d’une réflexion consciente de ses goûts et de ses préférences.

Pour conclure, Lucy Vincent et Jean-Paul Sartre apportent deux réponses très différentes à la question de savoir si l’être humain peut prétendre être libre. Pour Sartre, l’homme peut prétendre être libre, tant dans les actions qu’il pose que dans ce qu’il choisit d’être. Ainsi, puisque pour lui « l’homme n’est rien d’autre que son projet »[9], le fait qu’il puisse contrôler ses actions, ce qu’il entreprend, signifie aussi qu’il a le pouvoir de se définir, qu’il n’est pas confiné dès sa naissance à une nature, une identité humaine immuable. Il est donc libre, et n’a à répondre à personne de ses actes, sinon envers lui-même, ce qui implique aussi une grande responsabilité. Quant à Vincent, il y a, selon sa conception, de l’espace pour la liberté là où l’homme est capable de s’affranchir du déterminisme biologique, qui guide cependant l’essentiel de ses actions en amour. De la sorte, le choix du conjoint relève majoritairement de mécanismes inconscients basés sur les phéromones, même si l’homme possède une liberté relative de par le fait que la décision peut ultimement dépendre de facteurs cognitifs qui demandent une réflexion consciente. De plus, la survie et la complicité d’un couple, à long terme, sont liées aux efforts des partenaires, ce qui illustre une liberté que l’être humain possède de pouvoir faire s’épanouir ou non sa relation amoureuse. L’Homme ne peut donc prétendre être véritablement libre, puisque sa liberté se voit contrainte par un déterminisme biologique, inhérent à la nature même de l’être humain. Il est donc juste de dire que même si les auteurs ne s’accordent pas quant aux mécanismes et situations qui limitent la liberté de l’homme, ils s’entendent toutefois pour dire que sa pensée consciente lui permet d’exercer un contrôle plus ou moins important sur ses actions. Finalement, dans un contexte où les auteurs arrivent à un consensus pour dire qu’ultimement l’Homme est responsable de ses actions et que ni les autres, ni les évènements extérieurs, ni le principe d’une nature humaine prédéfinie et universelle ne peuvent servirent d’excuses pour se soustraire à la responsabilité que nous avons vis-à-vis de nos actions, il serait intéressant de se pencher sur l’étendue véritable de la liberté que l’on accorde à l’homme. En effet, on peut se demander jusqu’à quel point celui-ci agit librement, et jusqu’où il est limité à un nombre réduit d’alternatives par la nécessité, autant dans les relations interpersonnelles que dans le rapport que l’espèce humaine entretient avec son milieu. Simplement, la question qui se pose est de savoir si l’Homme a véritablement des choix à faire, ou si ses possibilités d’actions sont fortement contraintes par les impératifs de la survie, qui le pousseraient alors à adopter certains comportements et attitudes bien précises.



[1] Le Petit Robert 2012, p. 2016

[2] Jean-Paul Sartre, L’existentialisme est un humanisme, §21

[3] Idem, §8

[4] Idem, §20

[5] Idem, §29

[6] Lucy Vincent, Comment devient-on amoureux ?, p. 2

[7] Idem, p. 3

[8] Idem, p. 7

[9] Jean-Paul Sartre, L’existentialisme est un humanisme, §32

 


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6 réactions à cet article    


  • gaijin gaijin 9 septembre 2013 12:48

    je suis libre de monter au sommet d’un gratte ciel et de sauter dans le vide
    mais pas libre des conséquences que cela engendre ......
    c’est aussi simple que ça
    notre liberté c’est d’apprendre a prendre conscience des déterminismes qui nous gouvernent,
    ou pas.


    • Gcopin fessesbouc 9 septembre 2013 22:08

      Bonjours à tous

      Sauter d’un gratte ciel n’est pas une preuve de liberté au sens Laplacien « Laplace disait la chose suivante : Si une intelligence suprême connaît à un instant donné, la position et la vitesse de chaque chose dans l’univers, il connaît alors tout le passé et le devenir de l’univers » donc le fait que monsieur x saute par la fenêtre, si c’était programmé d’avance, il n’a pas choisi, c’était défini. Je ne parle pas naturellement du déterminisme au sens local qui lui ne pose pas de problème, mais la causalité au sens de l’Univers. Si on répond à cette question alors seulement il sera plus simple de comprendre Sartre lorsqu’il aborde le thème de la liberté de l’(H)omme.


    • Crab2 9 septembre 2013 16:51

      Est-ce si difficile de voir l’humain autrement, qu’à travers le prisme des religions ?


      http://laiciteetsociete.hautetfort.com/archive/2013/02/11/voir-l-humain-autrement.html



      • omarus omarus 9 septembre 2013 17:04

        Article très intéressant sur un sujet que l’humanité devrait considérer comme primordial si l’on veut évoluer vers des sociétés plus civilisées.

        Je pense que pour répondre à cette question de « sommes-nous libres ? », il faudrait que les travaux des scientifiques dans tous les domaines qui se rapportent à l’homme (neuropsychologie, biologie, génétique, nutrition, sciences sociales, etc.) soient le plus possible coordonnées et complémentaires pour vraiment converger vers le même but qui est d’expliquer avec précision le comportement humain dans un environnement donné.

        Redonner à l’anthropologie la place qu’elle mérite dans notre société est la décision la plus importante que prendraient les humains pour mieux vivre ensemble.

        Mon avis personnel sur la question :

        Nous ne sommes pas libres de nos choix ni de nos actions puisque nous ne choisissons ni notre génétique, ni notre éducation parentale ni notre environnement. Mais une meilleure connaissance du degré d’influence que peuvent exercer ces « paramètres » sur notre comportement nous laisse un petit degré de liberté quand même smiley


        • Henri Diacono alias Henri François 9 septembre 2013 20:22

          Et si nous n’étions que des ordinateurs ultra perfectionnés munis chacun de programmes différents les uns des autres ?
          Y a-t-il ici bas, dans leur vie, deux parcours d’hommes se ressemblant comme se ressemblerait deux gouttes d’eau ?
          Comment peut-on se prononcer sur l’ensemble de l’espèce alors qu’il serait prouvé biologiquement que n’existent pas sur terre deux individus identiques ?
          Dans ce cas pourquoi se poser des questions ? Laissons nous guider par ce que nous croyons être des pulsions et qui ne sont en fait que des connexions « programmées ».


          • Crab2 11 septembre 2013 11:21
            Hypocrisie


            Les trois grâces et le voile islamique

            Lu dans un article de ’’ La Tribune de l’Art ’’ : les Trois Grâces de Cranach actuellement exposées au Louvre ont été censurées à Abou Dhabi

            Extrait de l’article

            « Au mois de novembre dernier, les quelques acheteurs du Monde à l’aéroport d’Abou Dhabi pouvaient constater avec surprise que l’appel à mécénat pour l’achat des Trois Grâces publié par le Louvre était vigoureusement barré de noir à l’emplacement des fesses, des sexes et des seins des trois indécentes jeunes femmes  » Source : Arrêt sur image


            Suites :

            http://laicite-moderne.blogspot.fr/2013/09/hypocrisie.html


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Auteur de l'article

Nathan Painchaud

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