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Accueil du site > Actualités > Religions > Zoroastre : son Pays et sa Vie

Zoroastre : son Pays et sa Vie

Thème : Religions

Le Zoroastrisme originel est spirituel, rationnel, sans idoles et sans rituels. Son Dieu se nomme Ahura Mazda (Seigneur Sagesse). Il est fondamentalement bienveillant.

Zoroastre vécut vers l'an 1000 avant JC. Les auteurs le situent le plus souvent entre l'an 1500 et l'an 800). (1)

Le Prophète Zarathoustra (que les anciens Grecs écrivent Zoroastre) vient d'un pays « où l'on ne triche pas avec la nature, aux confins de l'Iran et des hauts plateaux de l’Afghanistan » (1). Le Prophète Perse vécut au plus tard vers l'an 750 avant JC, du côté de Samarcande, au pied des montagnes du Pamir. Il a élaboré une éthique révolutionnaire, monothéiste, qui est une réforme radicale du Mazdéisme, polythéiste.

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( Symbole actuel du Zoroastrisme )

 

« La plus belle définition de la Divinité qui se trouve parmi les anciens est celle de Zoroastre. » (2). Cette définition, citée par Andrew M. de RAMSAY (13), la voici : « Dieu est le premier des incorruptibles, éternel, non engendré. Il n'est point composé de parties. Il n'y a rien de semblable ni d'égal à lui. Il est auteur de tout bien, désintéressé, le plus excellent de tous les Êtres excellents, et la plus sage de toutes les intelligences, le père de la justice et des bonnes lois, instruit par lui seul, suffisant à lui-même, et premier producteur de la Nature. »

 

Avant d'en venir à Sa Révolution Théologique et à son Éthique, il est utile d'étudier de plus près quel était son Pays d'origine, et quelle fut sa Vie. Car son message s'est construit progressivement, en se confrontant à des réalités sociales et environnementales particulièrement difficile, ainsi qu'à des épreuves personnelles rudes.

 

 

>>> LE ''PAYS'' de ZOROASTRE

 

> Les grandes migrations

La tradition orale mazdéenne rapporte qu'il y eut autrefois un hiver abominable et interminable. Comme un autre Noé, le roi légendaire Yama sauva son peuple et les animaux (8) (9). On a souvent pensé que ce terrible hiver était le fait d'un des ultimes à-coups de la dernière glaciation, intervenus durant le troisième millénaire avant J.C. (3). Il y eut ainsi plusieurs migrations successives de populations nomades des steppes d'Asie Centrale vers le sud, ''poussant'' les peuples qu'ils rencontraient. «  Zoroastre se situa au carrefour historique et géographique de grands courants migrateurs : Scythes, Sauromates, Massagètes, Saces. » (1)

 

C'est ainsi que des populations indo-européennes, les ''Aryas'', finirent par s'établir de manière plus ou moins sédentaire sur les plateaux de l'Iran, jusqu'à la mer d'Aral et aux contreforts du Pamir à l'est. Vers le milieu du second millénaire avant J.C., nombre de tribus d'Aryas occupent ce très vaste espace. Les langues des différents groupes Aryas divergèrent ensuite progressivement.

Vers -1500/-1200, les Aryas se séparèrent en deux rameaux, l'un iranien, l'autre indien.

Il y eut un bouleversement climatique aux IX ième et VIII ièmes siècles avant J.C. (autour de l'an -800 donc) (5), et une longue et terrible sécheresse a frappé l'Asie centrale, avec des ouragans de sable qui ont détruit les cultures. La vie devint encore plus difficile. Les Scythes et les Touraniens durent migrer, et pillèrent les populations rencontrées.

 

Au VII ième siècle après J.C., l'Islam avance vers l'Est. Les populations de confession zoroastrienne et mazdéennes ont fuit vers l'Inde au VIII ième siècle. Ce sont les « Parsis ». Les autres sont restés sur place en acceptant la suprématie musulmane. Ce sont Guèbres d'Iran, les « dhimmi » (les infidèles), qui ont un statut particulier.

 

> Syncrétisme religieux

Les différentes mouvances des peuples Aryas, les ''rencontres'' et frictions avec d'autres peuples, les grandes migrations et les changements de modes de vie induits (passant du nomadisme à la transhumance puis au sédentarisme agricole) ont favorisé le développement d'un syncrétisme religieux indo-iranien.

On y rencontra Mithra (dieu indo-européen connu dès le 2ième millénaire avant J.C.), Varuna (dieu de la magie), Indra (seigneur du Ciel védique, lui-même issu peut-être du très ancien dieu du Ciel sumérien Anu), ainsi que la cohorte des dieux et déesses secondaires.

Le mazdéisme polythéiste a un dieu principal Ahura Mazda (Mazda = Sagesse), ainsi que six dieux secondaires dont les noms signifient Bonne Pensée, Ordre juste, Royaume de Dieu, Dévotion, Santé, et Immortalité.

Le culte de l'antique Dieu indo-iranien Mithra est aussi très fréquemment vénéré en parallèle à d'autres dieux...

Les dieux ont souvent des représentations anthropomorphes ou zoomorphes. Les rituels de sacrifice sanglant d'animaux (et d'humains, à l'occasion) font partie du quotidien, depuis bien des générations.

 

 

>>> LA VIE DE ZOROASTRE

 

> Où et quand a-t-il vécu ?

« L'archaïsme de la langue utilisée par Zarathoustra dans ses hymnes, et dont on a retrouvé la parenté avec le haut sanskrit des Védas et certains vieux dialectes afghans, la situe indubitablement dans l'Iran oriental et extérieur  » (4)

 

Comme pour toutes les grandes religions, les textes de référence ont été écrits sur de longues périodes (siècles) par plusieurs auteurs. Les textes zoroastriens datant du temps de Zoroastre sont les plus anciens : les Gâthâs (= les hymnes chantés), et les Yashts (= les cantiques). Les textes complémentaires, moins anciens, ont été écrits en Perse, en Médie, et en Azerbaïdjan. Le tout constituant l'Avesta (leur « Bible »). Comme pour toutes les grandes religions, les traductions des parties les plus anciennes peuvent apporter des variations.

 

«  L'Avesta s'étend sur plusieurs siècles, (…) ses parties les plus anciennes (les Gâthâs) ont été écrites dans le deuxième quart du 1 er millénaire (donc après -750), entre le Syr Daria et l'Amoy Daria, c'est-à-dire dans le secteur de cet important centre que fut Samarcande.  » (1)

 

Du texte initial de l'Avesta, environ un quart est parvenu jusqu'à nous. Les manuscrits ont été perdus ou détruits une première fois lors de l'invasion d'Alexandre ''le Grand'' (qui fit mettre le feu à la bibliothèque de Persépolis), et une seconde fois lors de l'invasion arabe, au VII ième siècle. Il ne reste qu'un millier de pages, qui permettent cependant de bien identifier les grands axes des textes initiaux, et aussi l'esprit derrière le texte.

 

Les plus anciens textes du zoroastrisme évoquent l'urgence de défendre une agriculture en péril contre les pillards, et l'importance des bovins et du blé. Ce qui suggère que Zoroastre vécut peu après l'an -800 (la grande sécheresse) (5) dans une zone où l'agriculture est possible avec irrigation, mais sévèrement menacée par les pillards et par la pratiques religieuse des sacrifices de bovins. (5)

Notons que Xanthos de Lydie (V siècle avant J.C.) situait l'existence de Zoroastre six siècles avant l'expédition de -482 de Xerxès sur Babylone. Soit vers l'an 1080 avant J.C. (5)

Plus près de nous (1993), l'Historien britannique Norman COHN place Zoroastre « quelque part entre 1500 et 1200 avant JC ». (12)

 

La Bactriane (peut-être du côté de Samarcande) semble correspondre à la contrée qui est décrite dans les textes zoroastriens anciens. (10)

 

Le renom et la doctrine de Zoroastre s'est ensuite propagée à l'ouest vers l'Iran occidental où la religion des Mages étaient déjà bien implantée. Ces derniers ont adopté certains aspects de la doctrine de Zoroastre au VI ième siècle avant J.C., et les ont superposés à la leur propre. Les Mages prétendaient ensuite exprimer la voix de la doctrine de Zoroastre, jusque chez les grecs.

 

Comme c'est le cas pour plusieurs autres grandes religions, il existe aussi des datations ''légendaires'' qui se basent sur l'analyse savante et scrupuleuse de textes antérieurs. Ainsi, le nom de Zoroastre est cité par nombre d'Anciens : Platon, Diogène Laërce, Xanthos de Lydie qui situe Zoroastre 6480 ans avant J.C. , Pline l'Ancien vers -6350, Eudoxe de Cnide vers -6300, Hermodore de Syracuse vers -6200, Plutarque vers -6000 avant J.C..

Charles Joseph de HARLEZ (11) quant à lui dit que Zoroastre a vécu vers 2000 à 2200 ans avant J.C.

Eusèbe de Césarée, évêque chrétien en Palestine (v. 265- 339), quant à lui, démontre que Abraham a été le contemporain de Zoroastre (Préparation Évangélique – Livre X - Chapitre IX)

 

> Son parcours personnel

La vie du Prophète Zarathoustra a bien sûr fait l'objet de nombreux récits et de légendes. Cette tradition orale a été regroupée au XIII ième siècle par un poète de Rhaga (ville sainte du zoroastrisme, proche de Téhéran) nommé Zarathushtî Bahrâm-î Pazdû.

 

Bien sûr, toute légende est à prendre avec des pincettes. Cependant ces légendes sont parfaitement cohérentes avec ce que l'on a su à partir du XVIII ième siècle (6) de par les Gâthâs et les Yashts (Hymnes et Cantiques). Voici son récit, résumé :

 

Le monde d'avant Zarathoustra était très injuste . Dieu décida d'envoyer un guide à l'humanité.

 

Il se prénomme Zarathoustra. Un prénom lié au monde des chameaux. Il est le troisième de cinq enfants. Son nom de famille est Spitama, qui désigne une famille de notables sédentarisée, dont les ancêtres élevaient des chevaux. Son fils se nommait Isatvâstra (qui signifie ''qui désire des pâturages") (7)

 

Zarathoustra appartenait à la caste des prêtres. Il reçut donc la formation liturgique et était particulièrement brillant. Mais les coutumes et croyances de l'époque étaient sanguinaires : les prêtres du mazdéisme et du culte de Mithra exigeaient des animaux en sacrifice pour apaiser les dieux et faire cesser la sécheresse. Le fils Spitama ne supportait pas la souffrance animale.

Par ailleurs, il voyait bien que le seul moyen de lutter contre la misère et la famine était de développer l'irrigation, les cultures, et de conserver les bovins pour les labours, au lieu de sacrifier les veaux dont la viande était réservée à la caste des prêtres. Sans compter les bêtes perdues par les razzias des bandes de nomades descendus des steppes.

 

En s'opposant aux traditions sanguinaires, il ne se fait que des ennemis. Zarathoustra était sans partisans, sans protecteur, et sans pouvoir. Il est bientôt chassé du pays par l'Assemblée des Anciens.

 

Il se dirige alors vers la montagne où il partage bientôt la vie pastorale des bergers.

Là, il est ébloui par la multitude de fleurs, par la luminosité merveilleuse et quasi irréelle, par la beauté des lacs. Il craignait la noirceur menaçante des nuages d'orage.

« Dans son exil sauvage, Zarathoustra, comme autrefois Enkidu, l'ami de Gilgamesh, se fit l'allié de la faune et de la nature, y protégeant et y soignant les bêtes, ne se nourrissant que d'herbes et de fromages. » (1)

C'est dans la montagne qu'il médita et conçut la réforme du mazdéisme polythéiste.

 

Il mourut assassiné, lors d'une incursion de nomades Touraniens, à l'âge de 77 ans.

 

JPCiron

 

§§§§§§§§§§§§§§  NOTES  §§§§§§§§§§§§§§§

 

..... (1) - Zarathoustra et la transfiguration du monde – Paul du BREUIL– 1978.

(Je m'inspire souvent les informations issues de l'ouvrage de Du Breuil -dont j'apprécie l'érudition et l'approche prudente, voire critique-, auxquelles je joins des informations d'autres sources. Je restructure ensuite le tout à ma manière.)

 

..... (2) - Discours sur la Mythologie - Andrew Michaël RAMSAY – 1728 – Amsterdam

 

..... (3) - Note JPC : La dernière glaciation s'est terminée entre 7 et 10.000 ans avant J.C.. Depuis cette époque, le phénomène « El Nino » se manifeste périodiquement, et induit des modifications climatiques parfois importantes. L'hiver interminable du troisième millénaire avant J.C. pourrait peut-être aussi provenir d'une grosse éruption volcanique d'un des assez nombreuses grandes éruptions volcaniques de l'hémisphère Nord, datées 2 à 3 .000 ans avant J.C. (chaîne aléoutienne ; arc des Bismark ; arc Campanien ; Pinatubo ; Taal ; Pago ; Kikai ; ...).

 

..... (4) - Les religions de l'Iran – Geo WINDENGREN – 1965

 

..... (5) - Note JPC : La déduction de Paul du Breuil est fortement influencée par la référence à la sécheresse autours de l'an -800. Mais un autre dérèglement climatique aurait pu intervenir dans les siècles précédents :

La langue archaïque des Gâthâs serait compatible avec une datation encore bien antérieure : entre -1400 et -1000 (A history of Zoroastrism – Mary BOYCE – 1989).

Jean KELLENS, iranologue belge, spécialiste en études avestiques, place Zarathoustra vers l'an -1000.

Notons qu'une tradition musulmane le considérait contemporain de Moïse, soit vers -1400 / -1300.

Par ailleurs, de plus récentes études repoussent la vie de Zoroastre entre les XVe et XIe siècles avant J.C. (The Persians – Homa KATOUZIAN – Yale University 2010)

Bérossos, prêtre Chaldéen et historien Babylonien (vers -330) situait quant à lui la vie de Zoroastre aux alentours de -2000.

 

..... (6) - Le recueil de ces traditions orales de Zarathushtî Bahrâm-î Pazdû (recueil dit Zarâthusht-Nâma) a été rapporté d'Inde par Abraham H. ANQUETIL-DUPERRON, avec des manuscrits de l'Avesta, qu'il a traduits. La publication de l'Avesta traduit, en 1771, déclencha une violente polémique, car certains aspects de leur contenu étaient (et, souvent, sont toujours) incompatibles avec certaines affirmations des principaux courants religieux occidentaux. En outre (et ,dirais-je, surtout,) nombre d'affirmations ou de concepts étaient/ sont parfaitement compatibles mais avec une antériorité zoroastrienne ''inacceptable'' car antérieure aux ''révélations'' de ces autres courants religieux.

 

..... (7) - Origines et histoire des religions - John MURPHY – 1951. Il fait remarquer que le milieu de Zarathoustra dans lequel les Gâthâs nous font entrer ''n'a rien de mythique''.

 

..... (8) - Dans son ouvrage, Paul Du BREUIL explique que Yama construisit « un vaste abri souterrain appelé ''var'', pour y rassembler les plus parfaits des hommes, des animaux et des plantes, afin d'échapper à l'hiver redoutable. »

 

..... (9) - The Gathas, our guide – Ali A. JAFAREY – 1989. « Yima was warned of a coming ice age and was directed to lead a group of 1900 men and women of the greatest, best, and finest species along with cattle, sheep, dogs, birds, and blazing fires inside a spacious cave complex and save themselves (Vendidad 2.1-43) »

 

..... (10) - Eusèbe de Césarée, évêque chrétien en Palestine (v. 265- 339), rapporte que « Zoroastre régnait en Bactriane » dans sa Préparation Evangélique – Livre X - Chapitre IX.

 

..... (11) - AVESTA, livre sacré du zoroastrisme – Charles Joseph de HARLEZ – 1881 Paris Maisonneuve Page 78 (Commentaires sur les Gâthâs )

 

..... (12) - « Cosmos, Chaos and the World to come : the Ancient Roots of Apocalyptic Faith » - Norman Rufus Colin COHN – 1993

 

..... (13) - Voyages de Cyrus – Discours sur la Théologie et la Mythologie des Payens – p. 4 – 1730 – Andrew Michael de RAMSAY - Bettenham Londres - avec ref. Préparation Évangélique, Livre I p.42 Edition Paris - Eusèbe de Césarée (265 - 339 après J.C.)

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( Carte - Pays des Iraniens & des Aryens - Source : livre "AVESTA" par Charles de HARLEZ - 1881 )


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13 réactions à cet article    


  • Étirév 8 décembre 09:55

    Révolution religieuse chez les iraniens : « Zoroastre », sa morale, son culte, sa magie…
    Fabre d’Olivet, dans son livre « L’Etat social de l’homme », p.280, nous donne une explication de l’origine de la révolution religieuse chez les Iraniens, qui, sans être exacte, nous éclaire cependant ; il dit : « En ce temps-là, les Hindous orthodoxes, nom que prenaient les masculinistes, effrayés des succès des féministes et voyant leur empire morcelé s’écrouler à l’extérieur, mirent tous leurs soins à défendre du moins le centre, en y ramenant toutes leurs forces. Les Yonijas (féministes) furent déclarés impies, anathématisés et bannis à perpétuité. Tout commerce fut interdit avec eux ; il fut défendu aux Hindous, non seulement de les recevoir, mais encore de les aller trouver dans leur propre pays. La couleur rouge qui leur servait d’enseigne fut regardée comme abominable. Les Brahmes durent s’abstenir de jamais rien toucher qui portât cette couleur, et le fleuve Indus fut désigné comme la limite fatale que nul ne pouvait franchir sans encourir l’anathème. Ces mesures rigoureuses donnèrent lieu à un schisme, les partisans de l’égalité des sexes. Un Iranien nommé Zerodoscht ou Zoroastre prétendit qu’on s’était trompé en conservant les deux principes cosmogoniques, Ishwara et Prakriti, comme principiants et possédant l’un la faculté mâle et l’autre la faculté femelle ; qu’il fallait au contraire les regarder comme principiés, tous les deux mâles, tous les deux émanés de l’Eternité-Wodh ; mais l’un agissant dans l’esprit comme principe du bien et l’autre dans la matière comme principe du mal ; le premier Ormuzd, le génie de la lumière, et l’autre Ahriman, le génie des ténèbres.  »
    [...]
    ZOROASTRE
    C’est donc le premier Zoroastre (Zarathustra) qui fut le promoteur de la révolution religieuse chez les Iraniens et le fondateur du sacerdoce masculin.
    A moins, cependant, que des Prêtres obscurs n’aient créé la légende de Zoroastre pour donner à leur nouvelle institution un fondateur entouré d’un prestige presque divin.
    En effet, l’existence de Zoroastre (ce personnage qui a quatorze apparitions destinées sans doute à copier les incarnations de Vishnou) est légendaire aucun fait historique ne l’a jamais confirmée, elle est restée enveloppée d’obscurité, quoiqu’il soit devenu un des prophètes les plus célèbres parmi ceux qui ont attaché leur nom à une religion.
    Aussi les auteurs de l’antiquité et les orientalistes modernes n’ont jamais pu fixer l’époque à laquelle il avait vécu.
    [...]
    Toute la morale de Zoroastre est basée sur le système hypocrite qui consiste à prendre dans l’ancienne religion les idées féminines et à les donner comme des idées nouvelles émanées de l’esprit de l’homme, tant qu’il s’agit d’idées générales. Mais lorsqu’il s’agit des questions morales, c’est-à-dire des relations de l’homme et de la femme, la préoccupation constante de l’instinct masculin apparaît ; l’idée dominante qui vient de lui et qu’il met dans sa loi, c’est d’obliger la Femme à se livrer à lui.
    [...]
    L’histoire nous dit que c’est le second Zoroastre qui créa la magie ; ce qui semble vouloir dire que c’est à une seconde génération de prêtres que l’on doit cette création.
    Les Mages sont des hommes qui prétendent faire des choses extraordinaires ; ils s’entourent de mystères, créent un surnaturel exubérant qui, une fois les limites de la Nature franchies, s’égare dans toutes les aberrations ; ils cherchent à étonner les esprits simples, qui aiment le merveilleux, et se prétendent doués du pouvoir de faire agir des forces occultes ; ils invoquent les morts, les font parler ; ils prétendent commander aux éléments ; ils veulent conjurer les tempêtes, faire pleuvoir, suspendre la marche des maladies ; ils vont jusqu’à prétendre transformer, pour un temps, l’homme en animal. Ils ont avec eux toute la gamme des fous et s’adonnent à toute la variété des miracles.
    Cette manifestation de la mentalité masculine, qui a existé dans tous les temps, répond à une loi psychique : Quand l’âme de l’homme descend par suite des appels de la vie sexuelle, quand son esprit devient inquiet et instable, ne comprend plus la valeur des actes à accomplir, au lieu de prendre une décision, il imite les autres.
    Quand il prend la place de la Femme, il imite la Femme. C’est ce que, dans les temps modernes, nous avons appelé la réflexion sexuelle ; dans l’antiquité, cela s’appelait « spéculation », de spéculum (miroir).
    [...]
    Les masculinistes modernes enseignent que la Magie se composait originairement des connaissances que Zoroastre avait acquises, soit par ses études, soit par ses voyages et surtout par le séjour qu’il fit dans les Indes, où il s’instruisit à l’école des Brahmines.
    C’est le thème habituel de tous les romans de ce genre. De retour en Perse, Zoroastre aurait commencé à donner un enseignement à ses adeptes, disciples comme lui du culte du feu, symbole de l’Etre suprême.
    Quant à la grande science de la Déesse Vesta, elle est réduite à des opérations appelées Magie, tenues secrètes et que l’on ne communique pas au vulgaire, parce que les femmes protesteraient.
    En effet, elles avaient appelé Magie blanche la vraie science qui ne produit que de bons effets ; elles appelaient, dès lors, Magie noire ou goétie, celle des prêtres qui ne servait qu’à faire du mal.
    Perse et Hindous


    • Gollum Gollum 8 décembre 10:33

      @Étirév

      Fabre d’Olivet, dans son livre « L’Etat social de l’homme », p.280,

      Vous pourriez donner le Tome (1 ou 2) et le chapitre concerné svp ? Merci d’avance.


    • JPCiron JPCiron 8 décembre 11:24

      @Étirév

      Bonjour,

      Le monde de Zoroastre que vous nous décrivez m’est aujourd’hui assez étranger.

      Il est vrai qu’au début de mes investigations sur Zoroastre, je voyais moi aussi beaucoup de confusion et d’incohérences sur sa personne et sur son enseignement.

      Cependant, dans cet article, je me concentre sur son Pays et sa Vie, brossés à grands traits.

      .


    • gaijin gaijin 9 décembre 09:10

      @JPCiron
      l’ami etirev est coincé dans une faille temporelle ....les citations qu’il copie colle sans commentaires de sa part son toujours issues du 19 ème siècle et d’une forme de penser l’histoire plus proche du fantasme que de la réalité historique
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_Fabre_d%27Olivet


    • JPCiron JPCiron 9 décembre 11:47

      @gaijin

      Merci pour votre éclairage.


      En fait, je me demandais depuis longtemps comment nous autres humains pouvons arriver à être d’avis si différents sur tous les sujets possibles et imaginables.

      Il apparaît que nous ne pouvons pas avoir tous simultanément raison.


      Cependant, selon les axiomes utilisés et la hiérarchie dans laquelle on les place, on arrive à des conclusions/ opinions bien différentes.


      En outre, arrivés à l’âge adulte, il nous semble individuellement impossible, sur tel ou tel sujet, de décider de changer radicalement de point de vue et d’opinion. Même si on le fait parfois, sans se rendre compte que l’on a évolué.


      Tout cela questionne le concept de Libre Arbitre... ce qui est dérangeant pour beaucoup d’entre nous.


    • gaijin gaijin 9 décembre 12:19

      @JPCiron
      " comment nous autres humains pouvons arriver à être d’avis si différents sur tous les sujets possibles et imaginables.

      « 
      le problème qui se pose est celui de la relativisation des points de vue et de la carte ......
      prenez deux alpinistes qui approchent la même montagne par deux versants opposés ; il vont dans deux directions opposées avec deux cartes différentes tout en allant au même endroit ....pourtant dans la pensée aristotélicienne deux points de vue opposés s’excluent. ça résume toute la problématique de notre rapport au réel . En philosophie cette question peut être tranchée par la phénoménologie usserlienne : la variation eidétique . alors que chacun d’entre nous n’est habituellement entrainé a ne voir le monde que sous un seul point de vue ( et souvent toujours le même ) il faut en fait multiplier les points de vue. gurdjieff préconisait a titre d’exercice de toujours trouver 7 points de vue a chaque situation ( exercice éprouvant mais efficace ).
      un écueil existe cependant dans cette approche que nous pouvons formuler ainsi : même si chaque point de vue face au réel est un point de vue relatif tous les points de vue relatifs ne sont pas relatifs au réel ( ni équivalents ) . 
      ( c’est là qu’à sombré une certaine modernité : l’équivalence des points de vue )
      il existe des points vue trompeur : l’erreur et le mensonge . une » bonne carte « ne convient pas si elle est utilisée a partir du mauvais point de départ et il existe également des cartes qui ne correspondent a aucun réel .....
      moralité : répéter de manière monomaniaque des idées simplistes ne fonctionne pas ,
      ce que coluche résumait ainsi : » la france était au bord du gouffre , elle a fait un grand pas en avant ...."


    • JPCiron JPCiron 9 décembre 14:47

      @gaijin


      Coluche résumait
       : « la France était au bord du gouffre , elle a fait un grand pas en avant .... » 

      .

      Oui, si j’ai bien compris, la France saute jusqu’à l’autre bord du gouffre ?

       smiley


    • gaijin gaijin 9 décembre 15:19

      @JPCiron
      non elle saute dans le vide en considérant que c’est progrès ....


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 8 décembre 10:55

      Merci pour vos articles qui sont un vrai plaisir de lecture. Il complète peu à peu le tissage de ce monde ancien. Je ne vais pas alourdir par d’autres apports (un articles sur les KHAZARS,... !!!! ). Pour toucher au réel de ce passé, il reste les fouilles archéologiques. A voir ce superbe document d’Arte sur la découverte sous-marine d’HERACLEION. https://www.youtube.com/watch?v=47B11rPX4ic. 

      Thonis Heracleion, la cité engloutie. Toutes ces religions antiques étaient reliées, parfois par la route de la soie et de la douceur (
      Samarcande, souvent par la cruauté et la barbarie. Moins manichéenne, je pense qu’il faut accepter toutes les faces de l’histoire (des plus cruelles, chaotiques aux paisibles, en apparence, comme une ondulation de cycles)
      Roman d’Amin Maalouf

      • JPCiron JPCiron 8 décembre 11:37

        @Mélusine ou la Robe de Saphir.

        Bonjour,

        Les origines de l’histoire des Khazars est sans doute un sujet intéressant. Mais je ne l’ai pas du tout abordé... Il y a tant de choses qui resteront ignorées de chacun d’entre nous...  smiley
         


      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 8 décembre 11:02

        Etirev a (un peu) raison. Comme Lewis Carroll qui s’inspira des fantaisies d’une petite fille, les religions patriarcales se sont approprié les richesses féminines. La représentation de Zoroastre (voir DENDERAH) et très proche de celle du Maât (Hermépolis). http://www.ancientpages.com/2018/04/04/maat-ancient-egypts-most-important-religious-concept/


        • JPCiron JPCiron 8 décembre 11:50

          @Mélusine ou la Robe de Saphir.

          La représentation symbolique du Zoroastrisme évoque effectivement irrésistiblement le disque solaire ailé de l’Egypte ancienne.

          Cette représentation ailée a d’abord transité par la Mésopotamie, avant d’être associée bien plus tard à Zoroastre.

          L’enseignement de Zoroastre ressemble à Maât (dont le symbole est une plume).


        • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 8 décembre 11:58

          @JPCiron

          Raison pour laquelle je porte une plume en or en sautoir. Maintenant je planche sur les KHAZARS ayant écouté un interview assez « tendancieux » sur la personnalité de macron et qui pourrait vous intéresser. Ce qu’il dit sur Macron est assez exact, mais le comparer à l’« hétéro » Trump (surtout un prédateur ou coureur) qui s’entoure de sionistes. Donc, à écouter avec prudence,....https://www.youtube.com/watch?v=aazHedZcBZ8

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