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Accueil du site > Actualités > Santé > François-Xavier Bellamy, la dignité et l’instrumentalisation de (...)

François-Xavier Bellamy, la dignité et l’instrumentalisation de Vincent Lambert

« Nous ne sommes pas des communautés isolées qui s’éloignent les unes des autres. On n’a pas besoin d’être chrétien pour se savoir lié par cet héritage commun. J’ai été tellement touché que toutes les familles politiques et tous les Français, quels qu’ils soient, aient exprimé leur émotion, aient eu le cœur retourné au même instant devant cette cathédrale qui brûlait. Il faut que nous ayons la même émotion, la même inquiétude et la même espérance devant cette civilisation dont nous sommes les héritiers, cette histoire si belle, si grande et si menacée. Si menacée par ses ennemis de l’extérieur. (…) Mais si menacée par nos propres faiblesses, par nos propres démissions, par nos effondrements intérieurs. » (François-Xavier Bellamy, le 15 mai 2019 à Paris).



S’il y avait une seule révélation personnelle, dans la campagne des élections européennes, il faudrait désigner le jeune professeur de philosophie François-Xavier Bellamy, tête de la liste Les Républicains aux élections européennes depuis le 29 janvier 2019. François-Xavier Bellamy (33 ans), adjoint au maire de Versailles depuis mars 2008, est un petit prodige de la pensée philosophique et de son expression auprès du grand public. Son sens politique a fait que son entrée un peu surprenante dans la scène politique nationale est un succès, au contraire de l’entrée de Raphaël Glucksmann qui achèvera probablement d’enterrer définitivement le Parti socialiste (avec ou sans élus). Au-delà de son discours structuré et cohérent, et de sa grande courtoisie, très rare dans les débats politiques, François-Xavier Bellamy apporte de la fraîcheur, du renouvellement et surtout, du sens et du fond dans le débat public.

Mon propos ici n’est pas de promouvoir sa liste qui pourrait comporter certaines personnalités LR, sortantes, qui, à mon sens, n’ont pas fait beaucoup avancer ou améliorer le fonctionnement des institutions européennes au cours de leurs mandats, mais de souligner, tout en les approuvant, les propos de François-Xavier Bellamy sur la très délicate situation de Vincent Lambert.

Ce lundi 20 mai 2019, malgré l’opposition d’une partie de la famille de Vincent (notamment ses parents), l’hôpital de Reims a arrêté l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert. Malgré l’opposition d’une partie de la famille, et aussi, malgré l’injonction du Comité international des droits des personnes handicapées de l’ONU (CIDH) qui a renouvelé sa demande le 17 mai 2019 de suspendre la décision de l’hôpital tant qu’il ne s’est pas prononcé sur le recours qui lui a été formulé. Par ailleurs, un peu dans le rôle de Ponce Pilate, le Défenseur des droits Jacques Toubon, a déclaré le 17 mai 2019 ne pas vouloir intervenir dans cette situation.

La mort programmée de Vincent Lambert, qui commence à scandaliser une grande partie de la population, prenant conscience de la réalité de cette situation choquante (Vincent n’est ni en fin de vie, ni malade, ni sous obstination déraisonnable, ni en souffrance nécessitant une urgence médicale), va-t-elle interférer dans le débat des élections européennes ? ou même dans l’isoloir ?

C’est possible, car le choix des électeurs se cristallise aux élections européennes justement dans les dix derniers jours de la campagne. Or, la responsabilité du gouvernement est grande dans l’encouragement à l’arrêt immédiat de l’alimentation et de l’hydratation. Agnès Buzyn a délibérément refusé de prendre en considération les demandes du CIDH malgré les engagements internationaux de la France à respecter ses recommandations.

Interrogée le 19 mai 2019 sur France 3, la tête de liste LREM Nathalie Loiseau a déclaré : « Le Président de la République ne veut pas aller à l’encontre de décisions de justice, il peut donner sa grâce à un condamné, ce qui est très différent de ce que les parents de Vincent Lambert demandent. (…) Je me mets à la place de ses parents, je pense qu’ils vivent une tragédie, je pense que personne ne peut juger, que c’est très douloureux, que rien de tout cela n’est simple, mais je ne suis ni juge, ni médecin, donc, je n’ai pas à dire ce que je pense de cette affaire. ». Remarquons que Nathalie Loiseau a spontanément évoqué le droit de grâce du Président de la République, ce qui donne une association directe entre l’arrêt des soins confirmé par la justice française et une condamnation à mort.

François-Xavier Bellamy s’est lui aussi exprimé sur cette situation tragique, à deux reprises ces derniers jours.

Interrogé au "Grand Jury" le 19 mai 2019 par LCI, RTL et "Le Figaro", il a déclaré : « J’ai du mal à comprendre qu’on se précipite. » alors que Vincent Lambert vit sans souffrance depuis plus de dix ans, et a demandé l’intervention du Président Emmanuel Macron pour « qu’on se laisse le temps ». Pour lui : « Derrière Vincent Lambert, c’est la question de notre rapport à l’extrême dépendance qui se joue (…). Si nous entrons dans cette voie dangereuse qui consiste à dire qu’une vie dépendante, une vie fragile, une vie malade, ne mérite pas d’être vécue, alors nous allons construire un monde inhumain et c’est un enjeu majeur des années à venir. ».

Interrogé par Nicolas Demorand et Alexandra Bensaid, François-Xavier Bellamy s’est exprimé également sur le même sujet au "Grand Entretien" de la matinale de France Inter ce lundi 20 mai 2019 (dont on peut télécharger la bande sonore ici).

La tête de la liste LR a précisé ses propos de la veille sur RTL. Il a expliqué que son intervention ne provenait pas de ses convictions religieuses (qui sont catholiques, il ne les a jamais cachées) mais qu’il fallait aborder la situation très complexe de Vincent Lambert avec raison et pédagogie, hors de toutes passions : « Ce n’est pas une affaire sur laquelle on devrait s’exprimer à partir de convictions religieuses. C’est une affaire qui suppose que notre raison à tous intervienne (…). C’est un débat d’une incroyable complexité. ».

C’est pourquoi il se garderait bien d’avoir un jugement ou une critique sur une des personnes touchées de près par la situation de Vincent, quelle que soit la position adoptée qu’il respecte. En revanche, il a été très sévère contre ceux qui veulent en profiter pour instrumentaliser Vincent et faire leur propagande en faveur de l’euthanasie : « C’est à ceux-là que j’en veux, des gens qui ont utilisé ce cas précis, ce cas infiniment douloureux pour faire la promotion de leur revendication politique en faveur de l’euthanasie. Ceux qui militent pour le droit à mourir dans la dignité, ce sont ceux qui commencent par déclarer indignes de vivre ceux qui ne correspondent pas à ces standards qui font que la vie mériterait d’être vécue. ». Je le fais très rarement, mais je me suis permis de souligner en gras l’idée essentielle de François-Xavier Bellamy.

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Pour François-Xavier Bellamy, la situation de Vincent, ce n’est pas celle d’une personne en fin de vie, ni celle d’un mourant, mais celle d’une personne extrêmement dépendante : « Mon sentiment profond, c’est qu’effectivement, ce qui se joue aujourd’hui, c’est le regard que nous portons sur la dépendance. Et ce regard que nous portons sur la dépendance, au fond, il est au cœur de débats politiques majeurs des années qui viendront. Nous vivons dans un monde où vit le culte de la performance, où être humain, c’est être agile, être habile, être rapide. Et nous avons ici le cœur d’une figure de l’humanité qui nous regarde en nous disant qu’elle est absolument dépendante et nous avons parfois la tentation de considérer que la vie absolument dépendante, c’est une vie qui n’est plus digne d’être vécue. ».

Et d’ajouter : « Il n’y a pas de vie indigne d’être vécue, et même une vie qui peut sembler inutile, je crois, est une vie profondément humaine. Nous avons tous été dépendants, nous le serons tous un jour, nous sommes tous d’ailleurs dépendants aujourd’hui de ceux qui nous entourent, et reconnaître que la vie humaine est faite de cette dépendance, c’est peut-être un enjeu majeur. ».

À une auditrice, étudiante en médecine, qui lui conseillait de faire d’abord neuf ans d’études de médecine avant de donner son avis sur le sujet, le philosophe a simplement répondu : « C’est une question qui nous concerne tous les citoyens, et permettez à un citoyen de s’impliquer sur cette question. ».

François-Xavier Bellamy a posé la question cruciale : « Je crois qu’aujourd’hui, la question qui est de savoir si c’est un acharnement thérapeutique est une question complexe. (…) La grande question est de savoir si cette alimentation est une thérapie, mais je crois que si l’alimentation est une thérapie, alors, c’est que nous sommes tous dans un état de grande maladie. (…) La question qui se pose à nous, c’est de savoir si la vie, c’est la force, si la vie, c’est la performance, si la vie, c’est l’affirmation de soi, ou bien, si la vie, c’est peut-être aussi parfois la dépendance et la fragilité qui nous ouvrent aussi à la relation aux autres. ». Le rapport des experts judiciaires de novembre 2018 concluait d’ailleurs sur le fait qu’il n’y avait pas d’obstination déraisonnable pour Vincent Lambert.

À une autre auditrice (et électrice potentielle), François-Xavier Bellamy a évoqué le témoignage poignant d’une miraculée : « J’ai été beaucoup marqué par la lecture d’un livre d’Angèle Lieby qui s’appelle "Une larme m’a sauvée". Angèle Lieby était dans un coma profond, dans un état pauci-relationnel, comme l’est Vincent Lambert aujourd’hui, et dans cet état, tout le monde pensait qu’elle était, on entend si souvent ce mot-là dans le débat aujourd’hui, qu’elle était un "légume". C’est-à-dire qu’au fond, sa vie était simplement une vie organique dépourvue de conscience. En fait, nous ne savons rien de ces états de conscience, et Angèle Lieby raconte dans ce livre (…) qu’elle sentait tout, qu’elle entendait tout, qu’elle pensait qu’elle était prisonnière de son corps, qu’elle ne pouvait pas réagir. Mais je crois qu’on applique le principe de précaution à notre environnement, et l’on a bien raison de le faire, peut-être qu’on devrait aussi parfois appliquer le principe de précaution à notre propre humanité. ».

Un extrait de ce témoignage : « Tout est noir. Je suis dans le noir. (…) J’ai beau regarder de toutes mes forces, je ne vois rien. Rien que ce noir profond. Ai-je les yeux ouverts ou fermés ? Je l’ignore. Que s’est-il passé ? Je l’ignore également. Je sais seulement que je ne suis pas seule : j’entends quelqu’un à côté de moi. (…) En fait, c’est comme si l’hôpital m’était tombé sur le dessus… C’est cela : comme s’il y avait eu un tremblement de terre, et que j’étais ensevelie sous des tonnes de décombres. » (Angèle Lieby, "Une larme m’a sauvée").

Je termine ici par un message désespéré de la famille de Vincent Lambert qui a donné rendez-vous ce lundi 20 mai 2019 dans la soirée devant le Ministère de la Santé : « Sans prévenir, ses parents, son frère David et sa sœur Anne, les médecins du CHU ont sédaté Vincent ce matin. Ils n’ont pas pu lui dire au revoir alors même qu’hier, Vincent pleurait parce qu’il avait compris qu’il ne les reverrait plus. La France met aujourd’hui en œuvre l’euthanasie d’un handicapé vivant. C’est un basculement de civilisation. » (20 mai 2019). Toutes mes pensées vont aujourd’hui à Vincent Lambert et à sa famille et proche.

NB. La cour d'appel de Paris a ordonné ce lundi 20 mai 2019 dans la soirée la reprise des traitements.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (20 mai 2019)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Grand Entretien de François-Xavier Bellamy à la matinale de France Inter le 20 mai 2019 (podcast).
François-Xavier Bellamy, la dignité et l’instrumentalisation de Vincent Lambert.
Vincent Lambert doit-il mourir ?
Déclaration de Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, sur Vincent Lambert le 13 mai 2019 (texte intégral).
Réflexion du Père Bruno Saintôt, directeur du département Éthique biomédical aux facultés jésuites de Paris, sur Vincent Lambert le 13 mai 2019 (texte intégral).
Déclaration de la Conférence des évêques de France sur la fin de vie le 22 mars 2018 (texte intégral).
Vincent Lambert, sa vulnérabilité et son droit à la vie bafoué.
Le destin tronqué de Vincent Lambert.
Vincent Lambert entre la vie et la mort.
La tragédie judiciaire et médicale de Vincent Lambert.
Le retour de la peine de mort prononcée par un tribunal français.
Le livre blanc des personnes en état de conscience altérée publié par l’UNAFTC en 2018 (à télécharger).
Vincent Lambert et la dignité de tout être humain, des plus vulnérables en particulier.
Réglementation sur la procédure collégiale (décret n°2016-1066 du 3 août 2016).
Le départ programmé d’Inès.
Alfie Evans, tragédie humaine.
Pétition : soutenez Vincent !
Vers une nouvelle dictature des médecins ?
Sédation létale pour l’inutile Conseil économique, social et environnemental.
Vincent Lambert et Inès : en route vers une société eugénique ?
Le congé de proche aidant.
Stephen Hawking et la dépendance.
Le plus dur est passé.
Le réveil de conscience est possible !
On n’emporte rien dans la tombe.
Le congé de proche aidant.
Les nouvelles directives anticipées depuis le 6 août 2016.
Un fauteuil pour Vincent !
Pour se rappeler l'histoire de Vincent.
Dépendances.
Sans autonomie.
La dignité et le handicap.
Alain Minc et le coût des soins des "très vieux".
Euthanasie ou sédation ?
François Hollande et la fin de vie.
Les embryons humains, matériau de recherche ?
Texte intégral de la loi n°2016-87 du 2 février 2016.
La loi Claeys-Leonetti du 2 février 2016.
La leçon du procès Bonnemaison.
Les sondages sur la fin de vie.
Les expériences de l’étranger.
Indépendance professionnelle et morale.
Fausse solution.
Autre fausse solution.
La loi du 22 avril 2005.
Chaque vie humaine compte.

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96 réactions à cet article    


  • victormoyal victormoyal 21 mai 12:44

    La justice Française autorise l’euthanasie (l’élimination) d’une personne vivante handicapée, comme au temps des nazis ?


    • Fergus Fergus 21 mai 12:54

      Bonjour, victormoyal

      Il ne s’agit pas d’une « personne vivante handicapée », mais d’une personne que son état végétatif irréversible a de facto privé de son humanité.

      Il ne s’agit pas non plus de la « justice française », mais de la justice internationale !


    • Aristide Aristide 21 mai 13:18

      @Fergus

      Il ne s’agit pas d’une « personne vivante handicapée »

      Pourquoi vous êtes gêné à parler de handicap ? Il s’agit d’une personne vivante qui ne dispose pas de la totalité de ses capacités, physiques, mentales ou sensorielles. Voilà ce que dit Eric Kariger : « Pour lui, le patient « n’entend plus probablement, il ne voit plus, il n’a probablement plus de sensation de faim et de soif à 99,9 % ». ».

      de facto privé de son humanité

      Vous êtes qui pour décrété ce qu’est l’humanité.

      Je trouve tout cela d’une prétention impressionnante, tous ceux qui ici décrètent ce qu’est l’humanité, la vie qui vaudrait d’être vécu, ... se réclame du camp du bien et du vrai. On pourrait l’admettre sur des valeurs telles que la liberté, la solidarité, l’égalité, ... mais là savoir ce qu’est l’humanité et décréter ce qui n’en disposerait plus et seraient donc des « légumes » ...




    • arthes arthes 21 mai 13:36

      @Aristide

      Et bien si d’aventure Lambert arrivait à exprimer , d’une manière ou d’une autre (battements de sourcils, pression d’un doigt) qu’il souhaiterait se retirer de ce monde, est ce que cela lui serait permis, est ce que ses parents lui empêcheraient et le forceraient à rester dans son état végétatif, avec les souffrance qui y ont trait, en l’obligeant à rester en vie donc, par nourriture et hydratation artificielle, ?

      Cela pose une autre question, comment voyez vous la chose ?


    • lautrecote 21 mai 13:51

      @Fergus
      Bonjour
      vous avez juste oublié vivante.
      C’est le mot qui fait toute la différence.
      Il s’agit d’une personne vivante.
      Après, sur la partie « privé de son humanité », il me semble que vous vous avancez un peu.... il va falloir définir ce qui fait l’humanité d’une personne. Sa conscience ? cela signifierait donc qu’une personne vivante qui est dans un coma profond a perdu son humanité ? Et donc qu’on peut l’éliminer ?
      Sinon quoi d’autre ?
      L’opinion de certains médecins qui ont qualifié son état d’irreversible ? Depuis quand les médecins ne se trompent jamais ? Il me semble qu’il y a des personnes vivantes qui reviennent de bien plus loin que cela.

      Jusqu’à preuve du contraire, Vincent Lambert est une personne vivante et humaine. Il a donc droit à notre soutien, je dirais même plus, à notre amour, en tant qu’humain.

      Votre position me rappelle celle que l’on avait il y a quelques centaines d’années (et probablement même moins) à propos des autistes, des handicapés, de certains malades, enfin des gens pas comme nous.

      Et si d’aventure Vincent Lambert manifestait la volonté de mourir, je ne vois personnellement pas d’objection à accéder à son désir. Comme il n’a, pour l’instant, rien manifesté, il me semble logique de lui laisser le bénéfice du doute...


    • arthes arthes 21 mai 14:17

      @lautrecote

      Vous n’êtes pas de la famille de ce garçon, aussi on ne vous demanderait pas votre avis si ce dernier pouvait manifester un tel désir : Mourir.
      Mais ses parents y consentiraient ils et , dans le cas où « non » argumentés par des motifs idéologiques, vous rangeriez vous du coté de la volonté des parents ou de celui qui demande à être « délivré » sur son lit, impuissant.

      Cela fait beaucoup de « si » mais allons jusqu’au bout...


    • foufouille foufouille 21 mai 14:24

      @arthes
      comme il bouge un peu les yeux, les paupières et la bouche, il faudrait lui demander.


    • arthes arthes 21 mai 14:29

      @foufouille

      Si cela était possible actuellement, autrement dit, s il avait conscience et possibilité de communiquer, ce serait déjà fait non ?

      A moins que vous vouliez exprimer que ce n est pas important, son avis à lui.


    • Samson Samson 21 mai 14:40

      @arthes
      La loi Léonetti ne permet que la sédation de la souffrance.
      La nuance entre sédation et euthanasie ne tenant le plus souvent qu’au dosage du produit injecté, je ne doute pas un seul instant que l’immense majorité de telles situations se résolve légalement ou non en plein respect de la volonté de la personne et de l’idée qu’elle se fait de sa dignité, dans l’intimité du cercle familial et du colloque singulier entretenu le cas échéant et de préférence au préalable - par le patient avec son médecin.
      Le cadre légal ne sert en fait que de garde-fou pour garantir et limiter le risque d’abus !


    • foufouille foufouille 21 mai 14:47

      @arthes
      je n’ai pas accès au dossier médical, j’ignore si il est stimulé mais il semble que non. il existe des machines pour écrire avec les yeux.
      en tout cas, il réagit faiblement dans une vidéo.


    • arthes arthes 21 mai 15:11

      @fSamson

      D’accord, donc il s’agit de la volonté de l’intéressé qui est prise en compte.
      Encore que, l’on peut se demander si il n’y a pas de recours de la part des proches qui voudraient arguer en mettant en avant que le sujet n’a pas tous ses moyens et qu’il n’est pas à même de disposer de lui même en claire conscience.


    • Michel DROUET Michel DROUET 21 mai 15:17

      @Aristide
      Il s’agit avant tout d’une personne maintenue artificiellement en vie, et qui rentre dans le cadre de la loi Léonetti sur la fin de vie, ce qui est très explicite et nous évite de confondre cet état avec un handicap. Ce sont deux notions différentes.


    • Michel DROUET Michel DROUET 21 mai 15:24

      @lautrecote
      En fin de vie plus exactement selon tous les médecins qui ont accompagné ou accompagnent Vincent Lambert. Cela fait quand même beaucoup de monde depuis dix ans, et ils se seraient tous trompés ?
      Quant à « il me semble qu’il y a des personnes vivantes qui reviennent de bien plus loin que cela », il me semble à moi que l’approximation n’a pas sa place en médecine. Après, cela relève des croyances individuelles...


    • Christian Labrune Christian Labrune 21 mai 15:55

      Il s’agit d’une personne vivante qui ne dispose pas de la totalité de ses capacités, physiques, mentales ou sensorielles.

      ..........................................................
      @Aristide
      A lire beaucoup d’articles et d’interventions sur AgoraVox, on ne peut être que frappé du nombre considérable de gens qui ne disposent pas de capacités mentales suffisamment étendues. Faut-il les euthanasier pour autant ?


    • Christian Labrune Christian Labrune 21 mai 15:59

      savoir ce qu’est l’humanité et décréter ce qui n’en disposerait plus et seraient donc des « légumes » ...

      =========================
      @Aristide

      Les nazis ne procédaient pas autrement. Ceux qui n’étaient pas de purs aryens ne méritaient pas d’exister, et leur élimination était tout aussi souhaitable que celle de la vermine. On aura pu voir que de la théorie à la pratique, il n’y avait pas loin.


    • Samson Samson 21 mai 16:35

      @arthes
      "Encore que, l’on peut se demander si il n’y a pas de recours de la part des proches qui voudraient arguer en mettant en avant que le sujet n’a pas tous ses moyens et qu’il n’est pas à même de disposer de lui même en claire conscience.« 

      D’où l’intérêt d’une convention préalable au moins verbalement avec son médecin traitant et la rédaction d’un document exprimant clairement ses »dernières« volontés, qui pourront ainsi en toute discrétion être respectées. J’y ai personnellement procédé dès le début de ce qu’il faut bien qualifier d’ »affaire Vincent Lambert« et en ai avisé mon médecin traitant pour bien m’assurer de son accord.

      Si même des proches s’y opposent ensuite pour des raisons philosophiques ou religieuses, difficile tant de nier l’existence d’un tel document que prouver quoique ce soit en cas d’issue fatale, au moins dans l’immense majorité des cas ! Et cela permet au moins d’éviter d’ajouter du tragique à des situations qui le sont déjà bien suffisamment, de voir se déchirer encore un peu plus les familiers par médias, avocats et soignants interposés, ...

      D’autant que des différences de sensibilité relevant plus que de la nuance peuvent en de telles circonstances émerger, et notamment sur la perception qu’à chacun(-e) de l’ »acharnement thérapeutique". A suivre l’approche d’une de mes sœurs, mon père reposerait depuis plus de cinq ans dans un cimetière et n’aurait jamais eu l’opportunité de se rétablir : il va bien merci ! et continue dans son grand âge à profiter du printemps au côté de ma mère.

      Cordiales salutations à vous !


    • Fergus Fergus 21 mai 17:16

      Bonjour, lautrecote

      « Il s’agit d’une personne vivante »

      Vivante, en effet, comme l’est un salsifis ou une amibe. Mais désormais incapable de la moindre réaction humaine.


    • Le421 Le421 21 mai 17:22

      @victormoyal
      Vous avez raison !! Seul Dieu peut décider de la vie ou de la mort.
      Les hommes devraient en fait cesser toute intervention et laisser le Maître suprême faire...
      Au fait.
      C’est pas ce qu’ils ont voulu faire en débranchant les machines ??
      Je suis pris d’un put... de doute, moi...  smiley


    • tashrin 21 mai 17:30

      @victormoyal

      Point godwin au premier commentaire... joli


    • lautrecote 21 mai 17:31

      @arthes
      Pardon, mais je me sens de la même famille (humaine) que Vincent Lambert, et vous-même d’ailleurs !
      Cela étant, je comprends votre question, et la réponse est simple : je ne me range ni d’un côté ni de l’autre, ce n’est pas une bataille rangée, et personne ne me demande mon avis. Je me contentais de réagir aux propos de Fergus qui opposait « personne vivante handicapée » (ce qui, stricto sensu, est bien le cas de Vincent Lambert) à « personne que son état végétatif irréversible a de facto privé de son humanité ». Et je remarquais que le qualificatif vivante avait disparu, que l’état était devenu irréversible (il me semble que si c’est ainsi qu’est qualifié son état par l’ensemble des médecins qui ont donné leur avis sur l’état de Vincent Lambert, il eût pu ajouter « dans l’état actuel de nos connaissances », tant il est vrai que la médecine n’est pas une science figée), et pire encore, que Fergus avait l’autorité pour décréter que Vinvent Lambert avait perdu toute humanité (c’est comme même une assertion assez grave pour être relevée).

      Concernant la décision de le laisser vivre ou pas, j’ai simplement écrit qu’il me semblait juste de lui laisser le bénéfice du doute, et de le laisser vivre (il m’a semblé comprendre qu’il ne souffrait pas...). Je pense qu’un être humain mérite cela, même s’il est diminué. Ou alors prouvez moi qu’il souffre, mais s’il souffre, il n’est pas tout à fait dénué d’humanité (c’est compliqué n’est-ce pas ?).

      Jamais je n’ai approuvé ni désapprouvé l’épouse ou les parents, je ne voudrais tout simplement pas être dans leur cas, et le jour où je le serai, si ce jour arrive, à ce moment, je vous demanderai de me laisser gérer mes affaires...

      Il me semble donc que votre question n’a pas lieu d’être, et en tous cas je ne me sens pas obligé d’y répondre, puisque je n’ai pas d’opinion là-dessus (je n’ai pas accès au dossier comme on dit...).
      Quant à ses parents, eux seuls peuvent répondre à cette question.

      Je réclame simplement le droit pour Vincent Lambert d’être traité comme un être humain et non comme un légume, même et y compris dans les mots pour parler de lui, ou dans la décision de le laisser vivre.


    • lautrecote 21 mai 17:33

      @Fergus
      vous vous enfoncez.

      Je n’ai plus envie de vous répondre, je suis écoeuré.


    • Samson Samson 21 mai 19:03

      @lautrecote

      « Votre position me rappelle celle que l’on avait il y a quelques centaines d’années (et probablement même moins) à propos des autistes, des handicapés, de certains malades, enfin des gens pas comme nous. »

      J’ignore à quels faits précis vous faites allusion mais - dans l’espoir d’élargir le champ de réflexion - je me permets de vous joindre ce lien.

      En vous présentant mes cordiales salutations !


    • Samson Samson 21 mai 19:34

      @Michel DROUET
      « Cela fait quand même beaucoup de monde depuis dix ans, et ils se seraient tous trompés ? »
      Comme vous l’indiquez vous-même, 10 ans pour une « fin de vie », çà commence à faire long. Budget oblige, en Belgique au moins, le séjour en unité de soins palliatifs est bien plus limité dans le temps ! De là à conclure à l’erreur d’aiguillage, ...

      « ... il me semble à moi que l’approximation n’a pas sa place en médecine. »
      Si la science y trouve une très considérable part, la médecine relève à ma connaissance toujours de « l’art de guérir » et n’est en aucun cas une science exacte ! Fort heureusement, serais-je tenté d’ajouter !

      Et aussi ténu qu’il subsiste - « tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir ! », au moins à s’en référer à la sagesse populaire !


    • Fergus Fergus 21 mai 19:35

      @ lautrecote

      « s’il souffre, il n’est pas tout à fait dénué d’humanité »

      Ah bon ? Un chien souffre, un chat souffre. Sont-ils des humains pour autant ? Non.

      Observez en outre que les bons apôtres qui refusent que soit mis fin à l’existence sans issue de Vincent Lambert seraient les premiers à abréger ladite existence si cet végétatif irréversible atteignait leur chien ou leur chat !

      Désolé pour mon approche : elle peut sembler froide alors qu’elle n’est que pragmatique. Et personnellement, je considère que la véritable compassion est du côté de l’épouse et du neveu, pas du côté de la mère.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 21 mai 19:40

      @Fergus

      Qu’en savez vous ?


    • Samson Samson 21 mai 19:59

      @Fergus
      "Observez en outre que les bons apôtres qui refusent que soit mis fin à l’existence sans issue de Vincent Lambert seraient les premiers à abréger ladite existence si cet végétatif irréversible atteignait leur chien ou leur chat !« 
      Çà m’est de fait déjà arrivé ! Toute la différence est qu’il s’agissait bien d’un chien, et que recourir à l’euthanasie pour abréger ses souffrances relève pleinement à mes yeux de l’humanité.
      Mais quand il s’agit d’un être humain, je ne peux que me référer à l’expression de sa volonté propre, et faute d’avoir été exprimée ou d’avoir accès à son intime conviction, je me limite à la sédation de sa douleur et m’abstiens dans le doute de toute solution »définitive« ,

       » ... la véritable compassion est du côté de l’épouse et du neveu, pas du côté de la mère« 
      Pour ce que j’en comprends, ils en bavent tous ! J’imagine qu’entre fol espoir d’une guérison »miraculeuse" et volonté d’abréger cet interminable calvaire, chacun(-e) éprouve la compassion qu’il-elle peut ! Je préfère pour ma part humblement m’abstenir de tout jugement !


    • Michel DROUET Michel DROUET 21 mai 20:26

      @Samson
      Pour compléter, j’ai envie de dire que bien évidemment la médecine n’est pas une science exacte mais qu’en l’espèce il n’y a pas eu d’approximation sur ce dossier depuis dix ans puisque les décisions des équipes médicales ont été les mêmes.


    • Julien Esquié Julien Esquié 22 mai 06:57

      @Christian Labrune

      L’analogie est tout à fait écœurante, comme le sont, très souvent, les comparaisons historiques. Elle amuse aussi, toutefois.


      Au fait :

      L’Allemagne autorise une « mort assistée ».

      La Belgique autorise l’euthanasie active.

      Le Canada autorise l’euthanasie active.

      L’Espagne autorise d’euthanasie passive.

      Les Etats-Unis autorisent l’euthanasie passive.

      La Finlande autorise l’euthanasie passive.

      La Norvège autorise l’euthanasie passive.

      La Suède autorise l’euthanasie passive.

      La Suisse autorise l’euthanasie passive.


      Comme chacun le sait — sinon chacun, C. Labrune — ces 8 états, désormais, sont sous la coupe du national-socialisme.


      Mais tout cela n’est qu’un combat d’arrière-garde, sans grand intérêt. La légalisation de l’euthanasie n’est qu’une question de temps. Elle est inévitable, comme l’a été celle de l’interruption volontaire de grossesse.


      Un C. Labrune, sans doute, nous expliquera que la FRANCE – l’éternel village gaulois – saura ne pas plier. Ce phare du monde. Le même qui, quand il disposera à nouveau de sa souveraineté, après avoir quitté l’euro, saura imposer à l’univers sa loi, et ses intérêts nationaux.

       

      La seule analogie qui vaille, c’est celle qu’il convient d’établir entre les opposants à l’euthanasie – lesquels, hier matin, à les voir et les écouter, piaillant, n’étaient pas, pour le coup, sans évoquer quelques souvenirs douloureux – et les opposants à l’interruption volontaire de grossesse. C’est d’ailleurs le point aveugle du discours de C. Labrune. Les pro-life, comme on dit, ont au moins cette cohérence.

       

      Qui a un tout petit peu de courage, nous dit C. Labrune, saura, le moment venu, se comporter à l’exemple des stoïciens, et procéder à sa propre suppression. Qu’on n’en doute pas, il aura, lui, C. Labrune, ce courage et cette politesse élémentaires. A l’en croire, un V. Lambert, au fond, serait une sorte de dégonflé. Qu’il se lève, prenne un flingue, et se loge une balle dans la tête. Ou bien, comme J. Potocki, polit-il patiemment, en cachette, la boule de son sucrier ?

       

      Ce qui est emmerdant, tout de même, c’est que les gens, avant de demander à mourir, attendent d’être mourants. Les salauds.


      Mais on verra C. Labrune à l’œuvre. Son attitude, le moment venu, décidera, seule, du crédit qu’il convient d’accorder à son discours. On nous casse les pieds avec V. Lambert alors que vit, à Paris, et il est en pleine forme, un nouveau Sénèque.

       


    • foufouille foufouille 22 mai 08:32

      @Fergus
      comparaison idiote car le véto est hors de prix.


    • arthes arthes 22 mai 10:19

      @Samson

      Cela fait tout de même réfléchir cette histoire....
      Le seul problème que je vois, quant à l’élaboration d’un document qui constituerait sa dernière volonté en cas d’accident très grave, dernière volonté étant de « partir », c’est que il sera toujours rédigé en bonne santé, mais rien ne dit que, si la vie nous réserve un triste sort, ne pouvant communiquer dans un état similaire à V. Lambert, nous n’ayons pas tout de m^me une certaine conscience avec un désir irrépressible de s’accrocher à la vie , et qu’avec horreur nous nous rappelions de ce que l’on avait écrit, qui constitue une mise à mort par soi même....
       : C’est assez glaçant.


    • arthes arthes 22 mai 10:49

      @lautrecote

      Ce qui me plait dans votre réponse est votre point de vue et l’importance que vous accordez au principe humain.
      Lorsqu’on dépassionne , on peut prendre de la hauteur, si j’execre que ce drame soit mis au pilori en place publique, car cela devrait se gérer dans l’intimité de la famille, au moins cela permet de réfléchir et d’être plus tolérant.
        l’épouse, la mère, enfin tous ont plongé dans une souffrance qui ne semble pas prête à se terminer, quelque soit l’issue. dans le fond nous n’avons pas à juger si il s’agit de bonnes ou de mauvaises raisons qui motivent leurs décisions et leur bataille , le jugement intervient spontanément, de façon épidermique, ensuite, il faut etre cohérent et quand le jugement n’est pas en accord avec l’éthique morale personnelle, faut voir plus loin (je parle pour moi).

      Je suis d’accord avec vous sur votre approche humaine, même si je peux employer l’expression  « il vit comme un légume » qui signifie juste qu’il ne peut pas être autonome, cela n’enlève en rien l’humanité de ce jeune homme, c’est une évidence viscérale pour moi..

      Voyez vous, chacun pense selon ses convictions, je vois ce garçon comme un être humain pour le moment « bloqué » , bloqué parce qu’il ne meurt pas, bloqué parce que il ne peut pas non plus communiquer avec la vie, bien que bien vivant.
      Et une famille déchirée.
      Et cela porte son sens.
      Peut être, la meilleure des choses, serait que cette famille arrive à se réconcillier, après toutes ces épreuves, chacun sortant de sa bulle et faisant un pas vers l’autre. je le leur souhaite, peut être il est la le sens à trouver dans cette tragédie, et que ce serait aussi un bienfait pour celui qui est sur son lit et qui ne peut le dire.


    • lautrecote 22 mai 11:08

      @arthes
      je suis dans l’ensemble en phase avec votre réponse.
      Je reviendrai juste sur un point, vous dites bloqué parce qu’il ne peut pas non plus communiquer avec la vie.
      Au-delà de la question « que signifie communiquer avec la vie », il me semble (d’après ce que j’ai compris) qu’il respire sans assistance, qu’il peut être nourri, qu’il n’a pas besoin de machine pour le maintenir en vie. Alors si ce n’est pas lui qui communique avec la vie, c’est peut-être la Vie qui communique avec lui...

      Je pense que ce n’est pas seulement au principe humain que j’accorde de l’importance (pas principalement), mais au principe de la Vie. Ce n’est pas la vie qui existe parce que l’univers existe, mais c’est l’univers qui existe parce que la vie existe (principe biocentrique énoncé par R. Toro). C’est donc la vie que nous devons protéger, toute la vie, rien que la vie.
      Notre société est mortifère, et c’est pour ça qu’elle ne va pas bien. C’est un autre sujet, et en même temps (© E. Macron), c’est le même...


    • arthes arthes 22 mai 11:54

      @lautrecote

      Pour être plus précise : Bloqué car :  Ne peut communiquer sa volonté aux autres humains.
      2 possibilités pour le faire ; soit technique, donc besoin de machines extrêmement sensibles et sophistiquées..
      Soit nous éveillons nous même des organes de perception sensibles, naturels donc, capables de saisir et (plus difficile) de comprendre les mouvements de l’âme  d’un être plongé dans un tel état.

      L’univers existe parce que la vie existe, oui.

      Société mortifère, justement, dans la réponse que j’ai rendue à Samson, je mets les pieds sur le frein pour ce qui se profile , je pense aussi d’une manière épidermique, à savoir que chacun exprime ce qu’il voudrait que l’on fasse en cas de malheur, donc pour beaucoup : Partir.

      Ne voila donc pas où « on » veut nous contraindre moralement ? Nous emmener à Exprimer en bonne et due forme notre propre volonté de mourir, ce qui évite la prise en charge morale de tiers et évite les crises de conscience..


    • Aristide Aristide 22 mai 12:06

      @Fergus

      Vivante, en effet, comme l’est un salsifis ou une amibe.

      Vous devriez avoir honte de parler comme cela d’un homme. Quelque soit son état, il mérite le respect, ...

      Vous disqualifiez complètement le discours des gens responsables qui pronent l’euthanasie, déplorable ...


    • Prudence 22 mai 13:37

      @Fergus
      Fergus, vous êtes dans l’erreur et ignorez manifestement la situation. Vous parlez (sans le savoir) de quelqu’un qui a pleuré à deux reprises, quand on lui a annoncé la fin des soins, en 2013 et en 2019. Il faut vous renseigner avant de parler. Nous commettons tous ce genre d’erreurs. Nous avons alors à les rectifier, sinon nous tombons dans la faute et le mensonge. Son état n’est aucunement végétatif, voir l’avis du professeur d’éthique médicale Emmanuel Hirsch à ce sujet.


    • lautrecote 22 mai 13:39

      @Aristide
      je ne suis pas souvent d’accord avec vous, mais là, je vous suis totalement !


    • lautrecote 22 mai 13:47

      @arthes
      dans la réponse que j’ai rendue à Samson, je mets les pieds sur le frein pour ce qui se profile
      j’aime bien votre réponse à Samson


    • Samson Samson 22 mai 15:39

      @arthes

      " ... rien ne dit que, si la vie nous réserve un triste sort, ne pouvant communiquer dans un état similaire à V. Lambert, nous n’ayons pas tout de m^me une certaine conscience avec un désir irrépressible de s’accrocher à la vie , et qu’avec horreur nous nous rappelions de ce que l’on avait écrit, qui constitue une mise à mort par soi même....
       : C’est assez glaçant.’

      Bien d’accord avec vous, le risque n’est pas à négliger !
      A chacun(-e) de prendre ses dispositions en toute cohérence avec soi-même, partant du fait que notre condition est mortelle et que la vie en elle-même constitue un risque dont l’issue s’avère à tout coup fatale.

      « Cela fait tout de même réfléchir cette histoire.... »
      Elle nous confronte de fait tant à notre propre fragilité qu’à son rapport aux évolutions médicales et technologiques de l’époque.
      Ne pouvant plus exprimer de lui-même sa volonté, Mr Vincent Lambert devient l’ « icône » cauchermardesque d’enjeux qui dépassent très largement sa propre personne, le sort dévolu à son corps raccordé et médiatisé ouvrant à un immense espace à projections, réflexions et débats sur ce qui constitue notre « humanité » et ses limites.

      Cordiales salutations !


    • Samson Samson 22 mai 17:07

      @arthes

      « Société mortifère, justement, dans la réponse que j’ai rendue à Samson, je mets les pieds sur le frein pour ce qui se profile , je pense aussi d’une manière épidermique, à savoir que chacun exprime ce qu’il voudrait que l’on fasse en cas de malheur, donc pour beaucoup : Partir. »

      Bien d’accord avec vous, mais cela ne relève-t-il pas tant de la conception que chacun se fait de la dignité humaine que du respect de son inaliénable libre arbitre ?

      « Ne voila donc pas où « on » veut nous contraindre moralement ? Nous emmener à Exprimer en bonne et due forme notre propre volonté de mourir, ce qui évite la prise en charge morale de tiers et évite les crises de conscience.. »
      Dans le cas d’espèce, la contrainte me paraît avant tout déterminée par l’évolution technologique. Je doute qu’une « affaire Vincent Lambert » ait pu avoir lieu il y a seulement 30 ans.
      La contrainte morale est toute aussi indéniable, mais concerne bien plus largement le sort dévolu à l’ensemble de nos vies, de notre environnement et de la planète sur laquelle nous vivons.
      L’être - humain, animal, végétal, minéral, ou même plus largement conçu en tant qu’écosystème (océan, paysage, ...) - se réduirait-t-il comme le veut l’air du temps au fruit du hasard dans un univers privé de sens ?
      Et, à suivre le dogme de la « Pensée unique et son catéchisme de la »Sainte Croissance« , peut-il donc se résumer à marchandise et valeur économique, réduit à une fonction strictement utilitaire, productive ou consumériste ?
      Cette approche ne correspond en rien à mon intime conviction et c’est bien en conséquence que j’ai rédigé mes propres »dernières volontés« . On n’est jamais trop prudent quand - alors même qu’elle se pratiquait jusque là sans vagues, en toute discrétion et avec ou sans l’assentiment de la personne concernée, le »droit« à l’euthanasie est déjà légal en Belgique !
      Censée les contenir, cette légalisation ouvre en fait à tous les abus : il suffira très simplement d’augmenter la facture de ceux ou celles qui auraient le mauvais goût d’en décliner l’avantage, et le pouvoir d’achat des »excédentaires" se chargera du reste, ...

      Mais qui serais-je pour imposer à d’autres mes propres conceptions ?

      Le mérite du présent débat est précisément de confronter les différentes approches et si j’entends me faire respecter dans mon libre arbitre et la conception que je me fais de ma dignité, j’entends de la même manière respecter - le cas échéant en toute confidentialité et discrétion - ceux d’autrui, d’où ma suggestion !

      Je vous présente, une fois encore, mes cordiales et respectueuses salutations !


    • Radix Radix 21 mai 13:01

      Bonjour

      Maintenant on sait que les catholiques ne sont pas végans... Ils sont pour la sauvegarde des légumes !

      Radix


      • tashrin 21 mai 14:05

        je suis profondement choqué par cette histoire terrible

        L’indignité des parents, des integristes catho en filigrane derriere qui cherchent l’instrumentalisation d’un drame humain pour soutenir leur ideologie de merde, l’attitude de l’avocat sont proprement revoltantes. Et les média n’arrangent rien, à commenter ça comme un match de foot. C’est ignoble

        Toutes mes pensées à ce monsieur, ainsi qu’à son épouse et ses véritables proches, évidemment

        le point positif, c’est que ca va inciter beaucoup de gens à anticiper et à rédiger leurs dernières volontés


        • foufouille foufouille 21 mai 14:28

          @tashrin
          l’ADMD instrumentalise aussi ce cas pour pouvoir faire euthanizié de force tous ceux qui n’ont rien signer.


        • Samson Samson 21 mai 14:07

          Si même une actualité tragique le projette à l’avant-plan, sa récupération politique relève à mon sens du plus vulgaire des mauvais goûts.

          Pourvu au moins que les tragiques aléas, contradictions et déchirements entourant le sort de Vincent Lambert nous servent de leçon : quelles que soient ses convictions philosophiques ou religieuses, le seul moyen de les faire respecter dans la conception que chacun(-e) se fait de sa propre dignité est de les rédiger et d’en laisser trace écrite et non-équivoque sur soi et entre les mains d’une personne de confiance.

          Si tel avait été le cas, on n’en serait pas là !


          • foufouille foufouille 21 mai 14:31

            @Samson
            ça sent effectivement la récup pour les élections car les ripoublicains n’ont jamais été favorable aux handicapés.


          • Prudence 22 mai 13:42

            @foufouille
            « Foufouille », la plus grande loi sur la handicap a été écrite sous Jacques Chirac, qui se sentait même personnellement concerné par la question (comme l’était d’ailleurs le Général de Gaulle). Un de mes collègues, père d’un enfant en situation de handicap (comme moi-même), et qui votera sans doute LFI dimanche (pas moi) m’a dit « Tu te rends compte, ceux qui ont le plus fait pour les handicapés en France, ce n’est pas la gauche, c’est la droite ».


          • Prudence 22 mai 13:44

            @Samson
            Cela n’aurait pas suffi, car on n’est pas dans un cas d’acharnement thérapeutique, mais peut-être dans un cas de locked-in syndrome.


          • foufouille foufouille 22 mai 13:48

            @Prudence
            je parles de la droite actuelle qui est libéral depuis sarkozy et très loin de De Gaulle .........


          • Samson Samson 22 mai 17:17

            @Prudence
            De fait, mais cela supposerait l’enregistrement d’une certaine activité cérébrale. Je ne suis pas médecin et n’ai pas accès au dossier.
            Maintenant, je n’ignore pas que des comas profonds peuvent donner lieu à bien des phénomènes attestés par leurs témoins mais actuellement inaccessibles à la rationalité scientifique qui faute d’explication ne peut au mieux que constater, au pire nier sous couvert de « rationalisme » obtu.


          • Traroth Traroth 21 mai 15:25

            Donc, pour la droite, le droit à mourir dans la dignité n’existe pas. Il faudra s’en souvenir !


            • Le421 Le421 21 mai 17:25

              @Traroth
              Ben, j’veux pas dire...
              La consanguinité entre la droite LR et les cathos intégristes n’est plus à démontrer.
              Fillon, Pénélope et leur abbaye de Solesme, histoire connue.
              Cette remarquable institution à l’origine de « la manif pour tous » et militant pour la dépénalisation des relations homosexuelles avec les mineurs, notamment...
              Des références.


            • Prudence 22 mai 11:35

              @Traroth
              La question est de savoir si Vincent pleure de joie devant la mort-délivrance ou s’il pleure parce qu’il supplie ses parents de faire en sorte qu’on ne le tue pas. Car il a pleuré en 2013, et cette-fois aussi en 2019.
              Si vous, vous savez, c’est qu’on devrait vous appeler Madame Soleil.
              Tout est effectivement question de dignité et de respect. Et ici, le respect, c’est écouter. Or on ne peut écouter dans une chambre d’hôpital quelqu’un qui y a été finalement « torturé », parce que le lieu n’était pas adapté à son cas, en le privant de toute vie autour de lui.
              L’hôpital de Reims doit acter sa propre incapacité, et confier Vincent à un autre cadre en la déclarant sortant sans autre forme de procès. A la justice, ensuite, si une MAS accepte de l’accueillir, d’attaquer éventuellement sa compagne sous astreinte de 1000 euros par jour si elle refuse la MAS, pour mauvais traitements à personne vulnérable. La « torture », soutenue depuis des années par le lobby français pro-euthanasie a assez duré. Qu’on écoute Vincent, qu’on le mette en position d’être écouté, qu’il puisse être le plus souvent possible auprès de tous ceux qui l’aiment.


            • Traroth Traroth 22 mai 14:42

              @Prudence
              Sa femme vient le voir tous les jours. Ses parents 3 ou 4 fois par an...


            • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 22 mai 14:44

              @Traroth Qu’est ce que tu en sais ?


            • Traroth Traroth 27 mai 17:40

              @Aita Pea Pea
              Personnellement, je n’en sais rien, mais c’est ce que disent tous les médias, et qui n’a pas été sérieusement contesté. Cherchez et vous trouverez.


            • Christian Labrune Christian Labrune 21 mai 15:51

              Excellent article, auquel il n’y a pas grand chose à ajouter.

              J’entendais les analyses de Bellamy sur i24news, dans l’émission d’Anna Cabana, bien des mois qu’il devînt une des figures dominantes de LR, et elles étaient toujours d’une pertinence qui n’avait pas beaucoup de rapport avec la stupidité ordinaire et préfabriquée du discours politique. Son catholicisme, qui n’était pas encore clairement assumé, ne paraissait pas les déterminer et il ne me dérange pas trop : chacun se débrouille comme il peut avec ses petites perversions.

              Au reste, les athées munis d’un minimum de culture philosophique seront encore plus radicalement opposés à l’euthanasie que les catholiques. Si ces derniers croyaient aux dogmes de leur religion, ils pourraient toujours penser que le grabataire qu’on pique comme un vieux chien, ou comme un cheval qui ne pourrra plus courir, se retrouvera l’instant d’après dans la Jérusalem céleste, sa mort ne sera qu’un incident de parcours ; et Dieu réparera tout ça. Pour moi, si on avait achevé Vincent Lambert, il n’y aurait plus, et pour l’éternité, de Vincent Lambert. Si on commence à considérer qu’il y a des vies qui ne valent pas d’être vécues, où s’arrêtera-t-on ? A la suite du précédent article de Sylvain sur cette question, je proposais ironiquement de supprimer, dans les établissements scolaires, les élèves trop nuls dont on pouvait craindre que l’existence ne soit pas une partie de plaisir, pour leur éviter toute sorte d’humiliations et des souffrances prévisibles et bien inutiles.

              A partir du moment où on s’est engagé sur cette pente glissante, tout devient possible. Et de toute façon, quand on parle d’euthanasie, cela suppose un personnage dont la fonction sera de tuer. En France autrefois, c’était le rôle de « l’exécuteur des hautes oeuvres de la République » ; autrement dit, du bourreau. Il aurait mieux valu dire « basses oeuvres », mais on maîtrisait déjà très bien un art, parvenu aujourd’hui à sa perfection, consistant à dissimuler la réalité des choses en remplaçant un mot par un autre. Quelques crétins, à la suite de cette intervention, seront probablement tentés d’écrire qu’euthanasier, ce n’est pas tuer, mais quand on pratique sur un individu une intervention qui fait que le coeur et les fonctions vitales s’arrêteront dans l’instant qui suit, on tue. Avec les substances dont on dispose aujourd’hui, c’est presque aussi rapide que le couperet de la guillotine. La France a renoncé à couper en deux les assassins, mais on a pu craindre ces derniers jours que la peine de mort allait être rétablie pour les infirmes.

              Je ne sais plus quel bourreau était mort sans descendance, et des historiens ont publié les lettres de motivation que le Garde des Sceaux de l’époque avait reçues, où les postulants s’étendaient longuement sur leur habileté à occire toute sorte d’animaux, et même sur le plaisir qu’ils y prenaient.

              Exercice : écrire un modèle de lettre de motivation pour le chômeur qui postulerait à un poste de tueur dans l’administration des pompes funèbres. Dans le cas où l’euthanasie serait légalisée, il va de soi en effet qu’elle devrait relever des pompes funèbre, et non pas de la médecine, laquelle a pour objectif de réparer les vivants, et non de les achever - même si ça ne réussit pas toujours, hélas, comme elle le souhaiterait.


              • oncle archibald 21 mai 17:11

                @Christian Labrune :

                «  Si on commence à considérer qu’il y a des vies qui ne valent pas d’être vécues, où s’arrêtera-t-on ? »

                Tout est dit et bien dit !


              • Xenozoid Xenozoid 21 mai 17:12

                @oncle archibald

                on les prend en hôtages


              • Michel DROUET Michel DROUET 21 mai 20:30

                @oncle archibald
                C’est qui « on » ? Jusqu’à aujourd’hui ce sont les équipes médicales en concertation avec les familles qui ont cette lourde responsabilité et personne d’autre.


              • Prudence 22 mai 11:09

                @Christian Labrune
                Merci, Christian Labrune, pour votre texte. Athée intelligents et croyants pas stupides sont ainsi d’accord : c’est toujours avec de l’esprit et de la liberté que l’on défendra le plus efficacement la vie et le respect de l’autre.
                Pas en adorant les triangles.


              • lautrecote 22 mai 11:10

                @oncle archibald
                Pas mieux !


              • bernard29 bernard29 21 mai 17:17

                Les trois équipes médicales qui ont suivi Vincent Lambert ont porté le même diagnostic sur "l’ obstination déraisonnable" avant de prendre leur décision d’arrêter les soins de Vincent Lambert.

                Voir article du Monde de ce jour ; « Cest le troisième médecin qui soccupe de ce patient. Le premier, avait reçu, entre autres intimidations, des petits cercueils La seconde a fini par jeter léponge face aux menaces subies. »

                 Ce qui signifie que contrairement, à ce que certains laissent entendre, il n’y a pas eu précipitation dans la décision de l’équipe actuelle, qui est donc la troisième équipe médicale. Les trois équipes n’ont pas non plus considéré le cas Lambert comme celui d’un acharnement thérapeutique à la survie d’un handicapé.

                Par ailleurs, l’équipe médicale finalise sa décision après avoir consulté la famille , dans les cas où le patient n’a pas laissé de directives anticipées. C’est à chaque fois la décision de l’équipe médicale et de la famille, il n’y a pas de niveau de handicap qui tienne. Et d’après les articles lus sur cette question, il apparaît qu’un consensus se fait entre l’équipe médicale et la famille et que pour la quasi totalité des affaires, ça se passe bien. 

                Ainsi, la famille de Vincent, sa femme qui est aussi sa tutrice, a exprimé clairement son souhait aux médecins.
                Mais, il y a une difficulté parce que les parents de Vincent, n’acceptent pas l’avis de l’équipe médicale et de l’épouse tutrice du patient et veulent à toute force imposer leur choix.

                Ces parents se sont ’ils posés la question des raisons qui ont déterminées la position de l’épouse par exemple, aussi au regard de l’enfant de ce couple. ?

                Pour ma part, c’est la position de la tutrice et donc de l’épouse qui devrait prévaloir.


                • Michel DROUET Michel DROUET 21 mai 17:25

                  @bernard29
                  Rien à rajouter. Sur ce sujet je suis en total accord avec vous.


                • bernard29 bernard29 21 mai 17:47

                  @Michel DROUET
                  merci , j’étais aussi d’accord avec vos commentaires plus haut.


                • amiaplacidus amiaplacidus 21 mai 18:06

                  @bernard29
                  qui écrit : "Cest le troisième médecin qui soccupe de ce patient. Le premier, avait reçu, entre autres intimidations, des petits cercueils La seconde a fini par jeter léponge face aux menaces subies.« .

                  Il semblerait que les partisans du »droit à la vie à tout prix" n’hésitent pas à vouloir tuer ceux qui ne pensent pas comme eux, tout comme ils réclament, en tout illogisme, la peine de mort pour les criminels, soutiennent l’armée et ses interventions, ne voient aucun inconvénient, au contraire, aux brutalités policières, etc.


                • Prudence 22 mai 09:50

                  Merci pour ce très bel article.

                  On trouve aussi sur le site de ceux qui soutient Vincent Lambert d’utiles informations. Il y a en fait entre 1500 et 2000 personnes dans des situations comparables, parfaitement bien traitées en MAS, milieux associatifs où le personnel est à la fois compétent et dispose de temps, contrairement à ce qui se passe dans certaines maisons de retraites privées, sous la pression du profit.

                  Quelle différence entre Vincent et les autres ? Surtout le fait que sa famille se déchire. Vincent n’est pas en fin de vie, Vincent n’est pas dans un état végétatif, contrairement à ce que disent les médias mainstream.Le professeur d’éthique médicale Emmanuel Hirsch a bien dit qu’il ne s’agissait pas de fin de vie, mais de situation de handicap : https://www.francetvinfo.fr/societe/euthanasie/vincent-lambert/affaire-vincent-lambert-la-france-s-autorise-un-acte-d-euthanasie-estime-le-professeur-d-ethique-medicale-emmanuel-hirsch_3451963.html

                  Les commentaires des lecteurs de cette page France-Info sont glaçants, inhumains. Il faut savoir qu’une partie de nos concitoyens pensent de même. On n’aimerait pas les avoir dans son cercle d’amis, ni se retrouver avec eux sur une barque surchargée un jour de naufrage.

                  Sur cette page écrite en 2016 (qui permet de mieux comprendre la situation !), les avocats et la famille expriment leur espoir d’obtenir la tutelle (qui fut finalement confiée à l’épouse) : http://www.jesoutiensvincent.com/tutelle-de-vincent-vigilance-et-confiance/

                  Une autre page internet comprend des remarques inégales (parfois peu informées, mais parfois plus que la majorité, notamment en fin de page, voir : « Vincent et les autres ») : https://www.fawkes-news.com/2019/05/sa-sachant-condamne-vincent-lambert.html#more


                  • bernard29 bernard29 22 mai 10:26

                    @Prudence

                    Vous dites ;« Vincent n’est pas dans un état végétatif, contrairement à ce que disent les médias mainstream. » 
                    Ce ne sont pas les médias mainstream qui le disent, ce sont les trois équipes médicales qui se sont succédés au chevet de Vincent qui le disent.

                    Quant à la tutelle !! . la vraie famille prioritaire de Vincent est son épouse et sa fille. D’ailleurs c’est la femme de Vincent qui a la tutelle et qui est la personne reconnue comme « la personne de confiance » par les hôpitaux.


                  • foufouille foufouille 22 mai 10:33

                    @bernard29
                    il bouge les paupières quand on lui parle. 1500 autres personnes sont dans ce cas .......


                  • bernard29 bernard29 22 mai 10:39

                    @foufouille
                    qu’est-ce que vous en savez ? vous avez connaissance des documents médicaux ? 


                  • Prudence 22 mai 11:21

                    @bernard29
                    Ne vous focalisez pas sur les paupières, des protocoles existent pour des patients qui ne peuvent pas les bouger et qui communiquent en faisant varier leur respiration (ont fait ça dans d’excellentes MAS spécialisées).
                    Vous ne voudriez peut-être pas de cette vie, c’est votre problème. Moi je crois si peu au paradis (bien que j’admire la religion chrétienne) que je préfèrerais, je crois, cette vie à la mort, notamment si mon épouse me rendait visite souvent, si je pouvais entendre les oiseaux, le magnifique et puissant chant des merles surtout, au matin et au soir, passer auprès de fleurs au printemps et en été, ressentir la chaleur du soleil, voir les étoiles commencer à briller le soir, voir le vent caresser les branches d’un bouleau ou d’un frêne, sur fond de ciel bleu, voir arriver un jour l’automne par la couleur des feuilles... La mort viendra bien en son temps, et, hélas, le temps passe vite.
                    Il faut maintenant laisser les préjugés de côté, et écouter Vincent en le plaçant d’abord dans un lieu favorable, pas en ce lieu de torture qui est une chambre d’hôpital.


                  • foufouille foufouille 22 mai 11:34

                    @bernard29
                    un de ses amis l’a filmé. la vidéo est sur le net.


                  • Michel DROUET Michel DROUET 22 mai 11:37

                    @bernard29
                    Encore un qui lit les articles de Sylvain chercher à les comprendre.


                  • Prudence 22 mai 10:08

                    Votre problème, « Michel Drouet » et « Bernard29 », c’est que le réel vous contredit. Vous vous rattachez à des décisions prises alors que tout avait été fait pour désinformer sur le cas de Vincent, d’où votre position erronée. Entre 1500 et 2000 personnes sont dans son cas.

                    Mais les choses, désormais, vont aller dans un autre sens, et la monstrueuse loi d’euthanasie et de mort, devant laquelle des pays ont plié, sera, il faut l’espérer, évitée en France.

                    Ne faites jamais comme les F-M, qui passent toute leur vie durant à côté de la vraie vie en des lieux mortifières, et qui, ridiculement, adorent un triangle au lieu de la Trinité.

                    Quand le sage montre le ciel, l’idiot regarde le doigt.


                    • bernard29 bernard29 22 mai 10:31

                      @Prudence
                      vous dites ; Entre 1500 et 2000 personnes sont dans son cas.

                      Chaque cas est différent et doit être regardé spécifiquement, selon l’avis des médecins et des familles concernées. Il est hors de question de faire des généralités lorsque se targue d’ humanisme..


                    • Prudence 22 mai 11:02

                      @bernard29
                      Tout à fait, Bernard 29. Il faut savoir si l’émotion qui submerge Vincent et le fait pleurer (lequel est bien vivant, entend, pense et ressent, comme nous) veut dire « Je ne veux pas vous quitter, il n’est pas temps, comme tout un chacun je crains la mort et je la veux lointaine » ou « Merci pour cette fin, je vous dis affectueusement adieu et j’en suis bouleversé ». L’erreur atroce que commettrait l’équipe qui ne le fait pas sortir serait de mal interpréter ce que veut dire Vincent. Or, l’écouter, c’est d« abord le mettre en condition de l’être, chaque jour, par un personnel compétent, formé pour cela, et de lui donner les meilleurs conditions de vie, au lieu de le torturer à l’hôpital.
                      Car 1) il a parlé de son vivant de refuser l’acharnement thérapeutique, certainement en pensant au cas où il serait inconscient, ce qu’il n’est pas le cas, car il semble entendre comme vous et moi, et il s’exprime (par son coeur), 2) ce n’est pas de l’acharnement thérapeutique mais de la nutrition, Vincent n’est pas en état végétatif mais pauci-relationnel, c’est bien différent, il n’est pas en »fin de vie« comme le rappelle le professeur Hirsch, et enfin 3) on peut changer d’avis ; j’ai le cas autour de moi avec un cancer du poumon, et il faut voir comment le malheureux se raccrochait à la vie, mais il était trop tard. A propos de tabac, on peut d’ailleurs s’interroger sur ce pense profondément l’épouse de Vincent au sujet de la vie, puisqu’elle fume et qu’elle lit pourtant chaque jour »fumer tue". Ne projetterait-elle pas sa propre conception de la vie ?
                      Je suis pour ma part écoeuré par le concert d’insanités issu des commentaires des lecteurs de cette page. J’ai honte pour mes concitoyens. Sont-ils devenus stupides ? Ignares ? Méchant et sans coeur ? Ont-ils de mauvaises relations et sont-ils sous influence médiatique ou autre ? Mystère. Lisez-les cela vaut la peine : que de la haine, du mépris, on critique même la compétence du professeur Hirsch, lui qui protège les plus faibles. A vomir, vous dis-je, que des erreur haineuses issues de coeurs qui n’ont pas appris à aimer, sans doute hélas dès l’enfance :
                      https://www.francetvinfo.fr/societe/euthanasie/vincent-lambert/affaire-vincent-lambert-la-france-s-autorise-un-acte-d-euthanasie-estime-le-professeur-d-ethique-medicale-emmanuel-hirsch_3451963.html


                    • Michel DROUET Michel DROUET 22 mai 11:39

                      @Prudence
                      Vous avez l’air très au courant des dossiers médicaux de l’ensemble des cas...


                    • Prudence 22 mai 11:53

                      @Prudence
                      Si le diable existait, et si, (par définition pour la mort, le crime, et contre la vie), il avait décidé de pousser des gens à torturer un pauvre homme atteint de locked-in syndrom, en le privant de toute joie, jusqu’à ce qu’il demande la mort de lui-même, ou pire : en nous faisant croire qu’il la demandait, tout ceci pour faire passer enfin la loi d’euthanasie et de mort, n’aurait-il pas, ce diable, considéré qu’à Reims, il avait trouvé où s’installer ?
                      V R S !


                    • Prudence 22 mai 11:55

                      @Michel DROUET
                      Vous voyez des complots partout : vous projetez.


                    • bernard29 bernard29 22 mai 12:58

                      @Prudence

                      voici ce que dit un médecin catholique de Belgique, « Chrétienne engagée, Corinne Van Oost est médecin en soins palliatifs à la clinique d’Ottignies, en Belgique, où l’euthanasie est légale, et animatrice du réseau de soins palliatifs à domicile de la région. »

                      Voici son interview très utile
                      « Vincent n’est plus vivant spirituellement, il n’est plus qu’un corps » 

                       https://www.marianne.net/debattons/entretiens/vincent-lambert-n-est-plus-vivant-spirituellement-il-n-est-plus-qu-un-corps


                    • Prudence 22 mai 13:55

                      @bernard29
                      Je connais pleins de chrétiens de cette sorte, rigides et abstraits. Ils arrivent d’ailleurs en ce moment à vider les églises. Il suffit qu’ils y soient pour qu’on ait envie d’en partir.
                      Celle-là, égarée dans les méandres de l’abstraction, croit manifestement, comme au moyen-âge, à la séparation du corps et de l’âme. Votre citation est légèrement de mauvaise foi ou bien vous ne raisonnez pas bien, bernard29 : ce serait donc son corps qui se mettrait à pleurer, et la sensation de tristesse n’existerait pas ? Il n’entendrai rien, mais à l’annonce de mort prochaine, c’est son corps qui pleurerait mais pas lui, Vincent ? Vous vous moquez de moi, bernard29 ? Faites attention : continuez ainsi et je vais finirais par vous dire que votre place, en 1933, aurait été au NSDAP et que vous y auriez trouvé toute une clique d’amis, du même avis que vous. Vous auriez pu vous réunir avec eux dans de ténébreuses réunions bien mortifères, bien loin du réel.


                    • foufouille foufouille 22 mai 14:04

                      @bernard29
                      c’est une pro euthanasie ........
                      il ne souffre pas
                      personne ne voudrait vivre comme ça
                      à la fin, c’est plus un légume car il souffre


                    • bernard29 bernard29 22 mai 18:06

                      @Prudence
                      vous dites ;
                      « Votre citation est légèrement de mauvaise foi ou bien vous ne raisonnez pas bien, bernard29 : ce serait donc son corps qui se mettrait à pleurer, »

                      C’est la parole d’un médecin et je fais confiance à un tel médecin comme aux équipes qui ont suivi Vincent Lambert.

                      Vous avez vu « le corps pleurer » sur une vidéo facebook. ?? bravo la référence. !!


                    • foufouille foufouille 22 mai 18:26

                      @bernard29
                      c’est toujours possible que les vidéo soit truquées .........


                    • Taverne Taverne 22 mai 12:42

                      Je ne reconnais plus notre Sylvain Rakotoarison quand il déclare : « Par ailleurs, un peu dans le rôle de Ponce Pilate, le Défenseur des droits Jacques Toubon, a déclaré le 17 mai 2019 ne pas vouloir intervenir dans cette situation. »

                      « Ponce Pilate », je trouve la formule injuste. Qu’auriez-vous fait à sa place ? Peut-il faire prévaloir des droits particuliers sur d’autres droits particuliers ? Voudriez-vous que le rôle du Défenseur des Droits soit d’arbitrer l’Inconnu, le Non maîtrisable, ou qu’il se dresse en démiurge ?

                      L’auteur d’ordinaire mesuré et prudent parle aussi de « mort programmée ». Oui, la mort de cette personne a été programmée, mais par la Mort. Les individus, qu’ils soient médecins ou juristes, n’ont fait que différer la date programmée par la Nature ou Dieu.

                      En somme, nous avons surajouté à la programmation naturelle une programmation toute artificielle. Il faut être lucide, dans des milliers de cas, cela est utile car cela sert le patient, sa famille, la société (par les progrès de la médecine). Mais, on n’a pas toujours la chance de pouvoir contredire le destin.

                      Quand un ordre supérieur (la Nature) dépasse tous les niveaux d’ordre humains, techniques, moraux — , alors que cet ordre naturel et inexorable règne et s’applique ! Car en voulant à tous prix corriger les choses (un travers répandu chez l’être humain moderne), on produit parfois plus de désordre qu’on en répare. 

                      Qu’il en soit ainsi ! En musique, pourquoi pas : « Let it be ! », « Live and let die »


                      • Prudence 22 mai 14:08

                        @Taverne
                        Alors comme ça, « Taverne », vous parlez de « la Mort » avec une majuscule et vous dites savoir qu’elle a programmé le décès de Vincent : qui êtes-vous pour parler au nom de « la Mort » : vous la fréquentez, peut-être, vous êtes son représentant dans la région ?
                        Quand vous semblez connaître aussi les décrets supérieurs de la nature et de son « ordre inexorable » : de même, qui êtes-vous ? Ou plutôt : pour qui vous prenez-vous ?
                        Au nom de quoi, d’ailleurs, déclarer « supérieur » l’ordre de la nature ? Ne nous battons-nous pas contre lui et ne sommes nous pas plus fort que lui, momentanément, lorsque nous tuons les virus qui nous tueraient autrement ? C’est, je crois, encore trop prétentieux et pédant de prétendre dire qu’il est supérieur, inférieur, égal, etc. Il « est ». C’est un mystère. Que cela nous dépasse, d’accord. Mais personnellement je n’ai pas bien compris (je reste modeste) si j’étais dépassé par la droite, la gauche, le haut ou le bas, ou d’ailleurs.
                        Eloignez-vous donc des représentations en « plus » et en « moins », sinon vous n’aurez plus qu’à entrer en loge, où vous trouverez toute les hiérarchies et les refus d’égalité que vous voudrez, avec grands Yakas et plein plein de degrés à monter.
                        Moi je suis concret. Il n’y a qu’à relire mes envois.


                      • Taverne Taverne 22 mai 14:31

                        @Prudence

                        La Mort a programmé le décès de chacun d’entre nous, ne le saviez-vous pas ? Notre autodestruction est inscrite dans notre « logiciel ». C’est la nature.

                        Vous m’avez mal lu. Je dis que, quand l’ordre supérieur de la Nature dépasse tous les autres et que l’on ne peut plus rien y faire, il faut se soumettre à cet ordre naturel des choses (selon la loi précitée de la fin inévitable de chaque être). Je n’ai jamais dit qu’il ne fallait pas lutter contre les virus.

                        En tous cas, en pareil cas extrême, le choix s’en trouve considérablement simplifié, sauf pour ceux qui préfèrent placer leurs convictions personnelles ou leur foi au-dessus de l’ordre naturel des choses qui, pourtant, en pareil cas, impose sa loi.


                      • arthes arthes 22 mai 17:01

                        @Taverne
                        Pour votre post de 14.31

                        Voui, mais...L’ordre supérieur de la nature, vous le connaissez ?
                        A ma connaissance,nul ne le connait...Quant à la mort programmée, elle dépend e chacun de nous et quand ? Le logiciel il le dit pas vraiment, ni comment, d’ailleurs Lambert est toujours en vie.

                        A moins que vous déterminiez cet ordre supérieur à l’aune de l’avis de celui de la médecine qui décréte seule qu’une personne n’est plus un être humain à un certain stade et qu’ il faille ainsi appliquer une sentence et que vous connaissez donc la date et l’heure à laquelle la mort doit survenir pour cette simple raison....Humaine donc.

                        Un peu facile tout de même.

                        Dans le fond, quoiqu’il advienne de Lambert, il faudra tout de même bien admettre qu’il s’agit bien d’un être humain, vivant, mais humain.

                        La question que je me pose du coup (on avance) : Est ce que le fait de décréter, médcine à l’appui, que Lambert n’est plus un humain n’est pas un moyen de se donner bonne conscience pour ne pas avoir à rougir de prendre la position de le faire partir, au nom de « l’ordre naturel » , en plus ?

                        Parce que si c’est cela, c’est quand même hypocrite et dangereux..


                      • Taverne Taverne 22 mai 17:23

                        @arthes

                        Nous n’avons, ni vous ni moi, le droit de trancher. Mais la Nature, si ! Et elle ne se gêne pas !

                        Que faites-vous de la volonté de Vincent Lambert (lire ici : point 3), vous qui respectez l’être humain même à l’état hyper végétatif, fichu et sans aucune conscience ?

                        Evidemment, c’est interprétable mais moins que la position tenue par les parents qui veulent déduire une volonté contraire ultérieure à partir de mouvements corporels incontrôlés dont on ne peut tirer aucune déduction certaine (d’autant plus que la conscience a disparu selon les constats des médecins). Je dis : entre deux interprétations, il faut choisir la moins pire.


                      • foufouille foufouille 22 mai 18:18

                        @Taverne
                        donc quand il réagit en entendant la voix de ses parents au téléphone, c’est végétatif ?


                      • Prudence 22 mai 18:57

                        @Taverne
                        « Taverne », vos remarques sont lamentable. Tous les lecteurs savent désormais que vous mentez : car tout le monde sait maintenant qu’il ne s’agit pas d’un état végétatif. Vous n’avez plus qu’à changer de pseudo. Ce ne serait pas un mal parce qu’avec les bêtises que vous sortez, on pourrait croire que vous buvez trop.


                      • Prudence 22 mai 19:06

                        @Taverne
                        « Taverne », mon pauvre et triste ami, voilà que vous mettez un « N » majuscule à « nature » et que vous dites qu’elle « tranche ». Non, la nature ne « mérite » pas de majuscule, et elle ne tranche rien du tout. C’est la nature, elle est. Parfois nous luttons efficacement contre elle, parfois maladroitement au point que des forces nous reviennent en face de manière imprévue, parfois nous l’admirons, parfois nous l’aimons (pas assez). Elle est. C’est tout. Ceux qui ont la foi ont de la chance. Vous projetez partout des hiérarchies, vous êtes bien à plaindre. Car vous ne voyez pas que Vincent est submergé d’émotions et pleure. Oui, je vous plains, il y a quelque chose de « pas normal » en vous". Vous emm..... le monde. Mais je n’irai jamais dire que vous êtes de trop. Au contraire, je vous incite à continuer vos raisonnements, cela vous fera connaître.


                      • arthes arthes 22 mai 19:33

                        @Taverne

                        Justement, la nature n’a pas tranché, et qu’est ce que la nature ? Cela n est pas juste la mort, il s’agit aussi de tout ce que nous ignorons et qui fait que Lambert est encore en vie, il me semble que c’est extrêmement plus complexe qu’une querelle entre athées et cathos...Entres scientistes et intégristes si vous préférez, deux dogmes, deux croyances..

                        Quant à la volonté exprimée par Lambert, lorsqu’il était en bonne santé, elle fait des émules et partout on entend des personnes qui souhaitent rédiger leur propre mise à mort, seulement, comment pouvez vous savoir à l’avance si vous ne garderez pas conscience et désir de continuer à vivre même si cela n’est pas perçu ni par vos proches, ni par les machines ? Comme vous pouvez souhaiter de mourir aussi.

                        Seulement, un papier, avec un avis médical qui vous classe légume et « non humain » ça dédouanne pas mal la société, oui, il y a une hypocrisie face à cela, je ne vous vise pas, je pense qu’il faut y réfléchir.

                        Ne pensez pas pour autant que je sois partisane dans cette affaire, au départ je pensais : Le pauvre garçon, son âme doit souffrir que de ne pouvoir partir, pourquoi s’acharner à lui faire endurer ce genre de vie ?
                        .
                        Et puis...Je n’en sais fichtrement rien, en fin de compte, absolument rien, pas plus mais ni moins que ceux qui veillent sur lui.

                        Mais, et cela j’y tiens, il s’agit toujours d’un être humain, je ne l’ai jamais vu autrement, , et le danger est que, à l’occasion de cette affaire, on fasse passer dans l’opinion qu’un être bien malade , pas conscient et qui a besoin d’assistance ne mérite pas de vivre , n’est plus un être humain, coute cher et est inutile à la collectivité, tout simplement

                        .

                        .
                         


                      • Christian Labrune Christian Labrune 22 mai 21:37

                        Au nom de quoi, d’ailleurs, déclarer « supérieur » l’ordre de la nature ?

                        =====================================
                        @Prudence

                        Vous avez bien raison de rire d’un pareil argument : depuis le développement des premières civilisations, il y a près de dix mille ans, il n’y a plus de Nature avec un grand N. Avant le néolithique, l’espérance de vie moyenne était bien inférieure à vingt ans, et si on avait continué à laisser faire la « Nature », si les techniques n’avaient pas pris le pas sur elle, il y a longtemps que la plupart des intervenants à la suite de cet article seraient morts de maladie ou d’accident.
                        La seule question qui compte, en la circonstance, est celle-ci : Vincent Lambert peut-il, grâce aux moyens techniques dont on dispose aujourd’hui, continuer à vivre, ou faut-il le mettre à mort ? Aurait-t-il, en quelque manière, mérité une peine de mort qui n’existe même plus pour les pires assassins ?
                        On garde aujourd’hui à grands frais, emprisonnés pour plusieurs dizaines années quelquefois, des criminels qu’on aurait autrefois exécutés, mais je préfère quand même ça à la guillotine. La survie des criminels les plus abominables, pourtant, ne me paraît en rien plus souhaitables que celle d’un accidenté devenu grabataire à qui la société n’a jamais rien eu à reprocher.
                        Il y a là deux poids et deux mesures, et cet appel constant des vautours de l’euthanasie au massacre d’innocents qui n’ont plus les moyens de se défendre a quelque chose de particulièrement ignoble et crapuleux : ces comportements consistant à s’acharner sur les plus faibles et les mourants, on les observe dans certaines espèces animales, mais elles sont particulièrement indignes de ce que la pensée humaine a pu produire de plus élevé.


                      • Taverne Taverne 22 mai 15:38

                        L’argument juridique du Défenseur des droits pour ne pas intervenir comme il est demandé par les parents est imparable

                        Il a déclaré : « La demande de mesures provisoires du Comité des Nations Unies entre en contradiction avec les décisions de justice nationales et européennes », relève le Défenseur des droits dans son communiqué, ajoutant qu’« il ne lui appartient pas de résoudre cet éventuel conflit de normes ».

                        Source : Le Monde

                        En tant que juriste (et tout juriste le confirmera), je confirme qu’il n’a pas à s’ériger en une sorte de Tribunal des conflits des juridictions nationales internationales. Cela excèderait de loin sa mission.

                        De plus, il ne peut pas arbitrer non plus entre les positions des membres de la famille qui ont toutes une valeur égale au regard du Droit français (la décision de la tutrice ne vaut pas plus que celle des autres) contrairement au Droit belge qui instaure une hiérarchie familiale (le conjoint en premier).

                        Donc, que peut défendre notre Défenseur ? Rien du tout.


                        • Taverne Taverne 22 mai 15:50

                          Ajoutons qu’il y a un conflit entre les deux ordres de juridiction françaises : (la particularité de notre pays est d’avoir deux ordres de juridictions depuis la Révolution).

                          D’un côté, le Conseil d’Etat (justice administrative) qui a décidé l’arrêt des soins, de l’autre la Cour d’appel de Paris (justice judiciaire) qui ordonne la reprise des traitements. Le Défenseur n’est pas responsable de cette dualité et il pas pour rôle d’arbitrer non plus entre ces deux ordres de juridiction.

                          Pour compliquer encore les choses, le fondement légal mis en avant par la Cour d’appel (la voie de fait) semble erroné :

                          « Pour Serge Slama, professeur de droit public à l’Université Grenoble-Alpes, il y a un important problème de compétence  : « la Cour d’appel de Paris s’est reconnue compétente sur le fondement de la théorie de la voie de fait, mais son interprétation n’est pas conforme à la jurisprudence du Tribunal des conflits ». Le juriste explique que, depuis 2013, la voie de fait n’est constituée que s’il y a une atteinte à »la« liberté individuelle au sens de l’article 66 de la Constitution. Celle-ci a été restreinte par le juge constitutionnel depuis 1999 à la seule « privation de liberté ».

                          Ainsi, assure-t-il, « si le droit à la vie a bien été consacré comme une liberté fondamentale par le Conseil d’État, il ne s’agit pas, dans le sens retenu par le tribunal des conflits, d’une atteinte à la liberté individuelle. Les conditions de la voie de fait ne sont donc aujourd’hui pas réunies ». Serge Slama est rejoint par Diane Roman, juriste, agrégée de droit public et professeure des Universités. » (source Public Sénat.)


                        • Prudence 22 mai 18:59

                          @Taverne
                          « Taverne », on va s’en occuper dimanche, avec nos bulletins de vote.


                        • Christian Labrune Christian Labrune 22 mai 22:02

                          @Taverne

                          Vous raisonnez à peu près comme si le Droit était tombé un jour du ciel des vérités éternelles. Comme si vous ne saviez pas que le droit est une construction contingente, et qu’il ne saurait l’emporter sur les exigences de la pensée philosophique lorsqu’elle tend à s’affranchir des contingences historiques.

                          A l’époque d’Aristote, le fait de posséder des esclaves ou de les vendre n’était en rien contraire au droit. Le pater familias romain jouissait quasiment d’un droit de vie et de mort sur tous ceux de sa maison. Quand, à la fin des années trente, on exterminait les infirmes ou les déficients mentaux dans les hôpitaux de l’Allemagne nazie, il n’y avait là rien qui fût contraire à un droit allemand qu’on venait de redéfinir.

                          Le droit européen actuel, touchant à ces questions de vie et de mort, est fortement influencé par des exigences de rentabilité économique : maintenir en vie les vieux, ça coûte cher, et les politiques, au lieu de réprimer les délires criminels de certaines associations, trouvent préférable de les laisser se développer dans une majorité de la population qui est encore à l’âge où l’on a la vie devant soi et où on n’a pas encore pris la mesure de sa brièveté.

                          Si on était dans l’Allemagne de la fin des années 30, vous trouveriez aisément des juristes à citer pour expliquer qu’il est tout à fait normal et même souhaitable d’éliminer physiquement beaucoup de monde.

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