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Accueil du site > Actualités > Société > 1965 : un dimanche au village

1965 : un dimanche au village

Un village du Cantal au printemps. De nombreux habitants de la commune, tous endimanchés, ont convergé vers la modeste église en granit coiffée d’un clocher à peigne. La plupart sont venus des hameaux environnants dans des tractions, des 203 ou de modestes 2 chevaux...

Le curé hisse avec difficulté son quintal en chaire, puis il ajuste lentement sa chasuble pour se donner le temps de reprendre son souffle. Enfin, après avoir affermi ses cordes vocales d’un raclement de gorge, il entreprend, sous l’œil blasé des angelots sculptés, de moraliser ses paroissiens de sa forte voix de baryton. Ainsi en va-t-il lorsqu’un évènement justifie la pénible escalade. Le prêtre se montre tantôt jovial et bonhomme, tantôt rigide et sentencieux ; un jour dans le rôle du tonton gâteau, un autre dans celui du père fouettard. Comme toujours lorsque le curé monte en chaire, l’annonce du sermon a couru dans le village, savamment distillée par la garde rapprochée du prêtre, des grenouilles de bénitier qui lui vouent un dévouement sans faille et l’assistent dans ses œuvres. Le curé n’a aucun talent pour commenter à ses ouailles les textes sacrés. Aux épîtres de saint Paul, il préfère les gazettes régionales, et plus encore l’observation de la vie paroissiale. Son truc : tirer une leçon édifiante des évènements locaux, qu’ils soient dramatiques ou cocasses. Encore faut-il qu’il y ait matière à sermon, ce qui n’est guère le cas plus d’une dizaine de fois par an.

Un brouhaha de chaises et de prie-Dieu remués, mêlé au cliquetis des souliers ferrés sur le dallage de l’église, envahit soudain le fond de la nef. Comme tous les dimanches depuis des temps reculés dont plus personne n’a gardé le souvenir, les hommes abandonnent l’office avant sa conclusion, dans le sillage rhumatisant de l’ancien maire. Sans un regard vers l’autel – il y a des limites à la foi ! – et surtout sans un regard vers le curé dont l’œil courroucé se pose en vain, messe après messe, sur la nuque des mécréants. Seuls les paroissiennes, les enfants et les dévots – quelques prudents vieillards soucieux de ménager leur avenir dans l’au-delà – attendront que le curé ait prononcé la formule de libération rituelle et que les dernières fausses notes du chœur des divas se soient éteintes sous les écailles bleutées de la voûte pour quitter la vénérable enceinte et rejoindre les hommes là où l’habitude ancestrale les a entraînés : au bistrot.

Les rejoindre au bistrot ou les attendre sur la petite place à proximité du monument aux morts dont les quatre obus d’angle pointent vers le ciel une tête rouillée par les intempéries et des fûts rongés par la pisse des chiens. Vingt-six noms ont été gravés sur le monument. Dix-neuf appartenaient à des pauvres diables de paysans transformés, pour une cause qui les dépassait, en chair à canon durant la grande boucherie de 14-18 dans les bourbiers de Verdun ou du Chemin des Dames. Sept noms sont venus s’y ajouter en 1945, cinq d’entre eux appartenant à des résistants tués en juin 1944 lors de la grande offensive allemande sur les maquis de la Haute-Auvergne. Tout cela laisse les chiens de marbre. La patte levée sur un suppositoire de métal et la truffe au vent à la recherche d’effluves évocateurs, ils pissent où bon leur semble, voilà tout. Il est vrai que le Poilu lui-même ne montre guère de rancune aux animaux : l’œil rivé sur les crêtes de la Margeride, la baïonnette au canon, il attend de pied ferme les ennemis de la patrie et n’a pas de temps à perdre avec les cabots du village et leur miction profane. D’ailleurs tout le monde s’en fout.

Blanc limé et Suze cassis

À commencer par les hommes. Sitôt sortis de l’église, les vieux vissent, l’un son béret, l’autre son chapeau sur un front couleur d’endive qui contraste avec la rougeur cuivrée du visage. Quelques-uns allument une Gauloise extirpée d’un paquet froissé. D’autres préfèrent rouler leur propre cigarette, à l’ancienne, comme ils l’ont toujours fait. Les rares non-fumeurs se contentent de faire disparaître au fond de leurs poches ces mains dont ils ne savent que faire dès qu’elles sont inactives. Insensiblement, tous forment des petits groupes, par affinité ou en fonction des besoins du moment : prêt d’une machine agricole, organisation d’une servitude communale, ébauche d’une liste électorale en vue des futures élections municipales. Puis, à marche lente ponctuée de fréquents arrêts, les groupes se dispersent en direction des cafés.

Des cafés, il y en a trois. Le premier est situé juste en face de l’église et ne se distingue de la maison mitoyenne que par la plaque de licence vissée sur le piédroit de sa porte. Le deuxième bistrot, tout aussi anonyme, est posé dans le haut du village sur une dalle de granit, juste à côté du couderc* où s’ébattaient naguère les cochons et d’où émergent le four banal, le lavoir et le travail à ferrer. Quant au troisième café, il est situé en contrebas de l’église, près de la mairie-école centenaire. Bordé d’une haie de frênes étiques, il cumule, sous une enseigne défraîchie, les fonctions de café, bureau de tabac, épicerie et quincaillerie.

Bien qu’il soit le plus grand des trois, le café de l’église se caractérise par une grande austérité : mobilier spartiate, comptoir rudimentaire, boiseries vermoulues, dalles de basalte usées par des générations de galoches. La décoration se limite à trois éléments. À commencer par l’inévitable Avis de répression de l’ivresse publique dont le seul intérêt consiste, non pas à prévenir l’éthylisme des populations rurales, mais plus prosaïquement à mesurer les progrès de la myopie des vieux. Vient ensuite le calendrier des pompiers 1929 ; on y reconnaît, posant fièrement à côté de la motopompe municipale, le père de la patronne, sanglé dans son uniforme et doté d’impressionnantes moustaches de sapeur. Enfin, trônant à la place d’honneur au-dessus du comptoir, une ancienne affiche de la Compagnie PLM** vante les attraits, piquetés de chiures de mouche, de la plage de Juan-les-Pins. Insolite en un tel lieu.

Pour l’heure, la patronne n’a pas la tête à s’évader, que ce soit à Juan-les-Pins ou ailleurs. D’un pas énergique et efficace, elle multiplie les allées et venues entre la salle et le comptoir, alignant sur les tables de bois les Ricard, les blancs limés et les Suze cassis. Autour d’elle les conversations vont bon train sous les tortillons de papier tue-mouche oubliés là depuis l’été précédent. Le verbe haut, on parle machines, on commente les derniers cours du bétail, on vilipende la PAC***. L’arrivée des femmes et des enfants modifie le cours des choses. On dérive sur la famille, l’éducation, la santé. Et des Orangina, des jus de fruit, de la limonade, ainsi que quelques petits verres de porto ou de Martini, viennent s’ajouter sur les tables.

La tournée des bistrots, tradition oblige !

À 13 heures, la vieille horloge délivre son message d’un timbre métallique. Son intervention agit comme un signal. Les hommes rajustent leur couvre-chef et se lèvent un à un, sans précipitation, imités par les femmes et les rares enfants présents dans l’établissement, la plupart des gamins préférant jouer dans les cours des fermes voisines, au risque de salir leurs habits et de se prendre une taloche. Peu à peu la salle se vide et il ne reste plus qu’une poignée de vieux paysans du bourg. Eux partis, le bistrot retrouvera son visage habituel, rythmé par le tic-tac régulier de l’horloge. Le calme revenu, les araignées pourront tranquillement reprendre leurs travaux de tissage. De temps à autre, une poule téméraire tentera de faire une incursion dans le bistrot pour glaner des miettes sous l’œil indifférent du chat de la maison. Jusqu’au moment où un coup de balai énergique chassera le volatile.

Ainsi en va-t-il chaque dimanche au café de l’église. Et il en va de même dans les deux autres établissements. À ce détail près, tradition oblige, que le prochain dimanche on ira dans un autre café et le suivant dans le troisième afin que chacun des débitants puisse y trouver son compte. Cela dure ainsi depuis des lustres, et tous dans le village respectent scrupuleusement l’usage établi. Sauf bien entendu ceux qui nourrissent un contentieux avec l’un des tenanciers et qui, pour rien au monde, ne mettraient les pieds chez l’ennemi juré, sans même se rappeler parfois l’origine du différend. Un ostracisme qui ne vaut évidemment pas pour les soiffards invétérés qui, là comme ailleurs, donnent spontanément de leur personne pour maintenir la France dans le peloton de tête des pays consommateurs de pinard. Non contents de s’abreuver tantôt chez l’un, tantôt chez l’autre comme tout un chacun, ces pochetrons mettent un point d’honneur à visiter chaque dimanche les trois débits, et plutôt deux fois qu’une !

Un grand chelem qui, depuis des temps immémoriaux, s’étend d’ailleurs à l’ensemble de la population à l’occasion des mariages et des baptêmes célébrés dans la paroisse. Ces jours-là, l’usage veut que tous les convives fassent, à l’instar des poivrots du bourg, la tournée des trois bistrots du village. Cela se voit même lors de certaines funérailles. Il est vrai qu’il convient alors à noyer le chagrin des parents et l’affliction des amis du défunt. Une noyade parfois si réussie qu’il n’est pas rare que l’un des participants pousse la chansonnette en l’honneur du disparu. C’est ainsi que les obsèques d’un ancien membre du Conseil municipal se sont terminées, l’été précédent, par un mémorable tour de chant sous l’œil ému de la veuve.

14 heures. Le village a retrouvé sa tranquillité, seulement troublée, de temps à autre, par l’aboiement d’un chien, le passage d’une voiture, l’éclat de rire d’un gamin ou une querelle de chocards dans le clocher. Le temps s’écoule paisiblement, rythmé ici par une horloge, là par un carillon Westminster. Dans les fermes, le repas terminé et l’Opinel replié, on boira le café dans un verre Duralex puis l’on remettra les habits de travail. Dans moins de quatre heures, dimanche ou pas, commencera la traite du soir…

 

* Le couderc est un espace communal destiné à l’usage collectif : ferrage des animaux, battage des récoltes, cuisson du pain, pâturage de petits animaux, etc.

** La compagnie de chemins de fer PLM (Paris-Lyon-Marseille) a été intégrée à la SNCF en 1938. Ses affiches touristiques sont restées célèbres.

*** La PAC (politique agricole commune) a été mise en place dès… 1962 !
 

Documents joints à cet article

1965 : un dimanche au village 1965 : un dimanche au village

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84 réactions à cet article    


  • Thierry 17 novembre 2009 10:37

    Cet article est d’un Impressionnisme littéraire digne de l’Ecole de Murols. Superbe !
    Un Auvergnat qui s’y connaît et s’y reconnaît.


    • Fergus Fergus 17 novembre 2009 10:54

      Un grand merci, Thierry, pour ce commentaire flatteur.

      L’école de Murol (avec ou sans « s ») fondée par le curé Boudal a mis en lumière en son temps d’excellents artistes malheureusement trop méconnus (j’ai un faible pour Mario Pérouse). Des artistes qui ont su mettre en valeur avec une grande sensibilité les paysages et les habitants de cette magnifique région. Je n’en apprécie que plus encore le compliment.

      Bonne journée à vous. 


    • Mania35 Mania35 17 novembre 2009 11:20

      Salut Fergus,
      Article d’un grand réalisme. J’ai revecu des souvenirs d’enfance, ou même plus récents à l’occasion de retour en Auvergne pour des mariages ou des enterrements. Aujourd’hui toutefois la plupart de ces anciens bistrots si particuliers a disparu, les jeunes ont déserté ces villages. La création de salles des fêtes a également porté un coup à ces anciens lieux de rassemblements communaux.
      Bonne journée.


      • Fergus Fergus 17 novembre 2009 11:32

        Salut Mania.

        Il est vrai que la plupart des bistrots de village ont disparu dans les zones rurales. Dans certains villages, il est même devenu impossible d’en dénicher un seul. Et cela ne vaut pas seulement pour l’Auvergne ou, de manière plus générale, les régions de montagne : en Alsace, dans de nombreuses communes, impossible de boire un verre, sauf à se désaltérer à la fontaine ou à descendre dans une cave déguster le riesling ou le pinot, ce qui n’est pas franchement recommandé si l’on doit prendre la route !

        Les bistrots ne vivent plus que sur les cartes postales anciennes, et les messes ont également souvent disparu avec eux, faute de paroissiens et de curés. Restent les églises et les chocards qui, eux, s’accommodent très bien de la désertion. Mais nos villages sont devenus bien austères !


      • rocla (haddock) rocla (haddock) 17 novembre 2009 11:30

        Monsieur Fergus s’ est dépassé lui-même dans ce récit relatant avec exactitude la vie des années 50-55 du siècle passé .

        Formidable description .

        Anecdote : Quand j’ étais môme je savais marcher sur les mains pendant des kilomètres .
        Le dimanche matin en short et coiffé de mon béret je faisais le tour des bistrots dans la position du marcheur à l’ envers et ensuite je passais avec mon béret receuillir les pièces que me donnaient les spectateurs .

        Un bon souvenir .

        Merci Fergus pour ce beau tableau .


        • Fergus Fergus 17 novembre 2009 12:47

          Salut, Capitaine, et merci à vous pour ce commentaire élogieux et surtout pour cette anecdote rafraîchissante qui nous ramène des années en arrière lorsque, étant gamins, nous faisions preuve d’une imagination débordante pour faire un peu d’argent. Tous les moyens étaient bons, y compris parfois un tantinet illégaux mais heureusement sans réelle gravité !

          Bonne journée.



        • ARMINIUS ARMINIUS 17 novembre 2009 12:21

          Merci pour cette tranche de vie, transposable dans la plupart des villages de la France d’une époque qui semblait ne jamais vouloir finir, tant elle avait réussi à imposer ses coutumes au cours des siècles... depuis les villages ont perdu qui leur vie, qui leur âme, transformés en villages dortoirs , en attractions touristiques avec authenticités douteuses. Dans les meilleurs des cas, ils se sont endormis et renaitront peut-être un jour quand les hommes auront retrouvé leur essence... « mais nous nous serons morts mon frère » comme le chantait si bien Felix Leclerc...


          • Fergus Fergus 17 novembre 2009 13:01

            Bonjour, Arminius, et merci à vous.

            Il est vrai que la plupart des villages en zone rurale ont très largement perdu leur identité, non seulement par la disparition des lieux d’échanges conviviaux, mais aussi du fait de l’exode des populations vers les villes, ou par ll’implantation de lotissements sans rapport architectural avec le bâti ancien. Et, pire que tout : la télévision a introduit dans les foyers ses programmes formatés et insipides qui, en deux ou trois décennies, ont détricoté un lien social qui avait parfois mis des siècles à se constituer.

            Cela dit, il y a des communes qui, sous l’impulsion de quelques personnes motivées, essayent de revivre. On y a ici restauré le four, là rouvert un bistrot dont ne subsistait plus que la plaque de licence, ailleurs sauvé une épicerie transformée en lieu de rendez-vous et d’échanges. Comme à Tarnac, par exemple, avant que MAM ne désigne les dangereux terroristes !


          • kitamissa kitamissa 17 novembre 2009 12:25

            bel article ...

            je me revois gamin dans mon hameau dfans les années 50 ,sans monument aux morts,celui çi étant placé 2 kms plus bas à la commune ..

            « Aux enfants de la commune morts pour la patrie ! »

            sinon,même topo,la messe le Dimanche pour les bonnes femmes et les chiares,et le troquet pour les bonshommes.....qui rentraient chez avec une bonne « musette » comme on dit chez nous !

            4 bistrots quand même hein ? ,mais le bureau de tabac avec son billard ,sa cabine téléphonique et sa proximité avec l’église faisait la meilleure recette !

            l’après midi c’était chez Baudin ,il y avait un billard et les participants jouaient à la poule ,en mettant chacun dans une cagnotte ,et le gagnant encaissait la somme qui servait à régaler tout le monde ....inutile de parler des muflées que les mecs tenaient quand ils rentraient le soir chez eux ...

            parfois c’était la bonne femme qui venait chercher son mari dans une brouette !

            chez nous le curé était un petit bonhomme qui ressemblait à Charles Aznavour ,avec des lunettes,et qui zozotait ...

            par exemple pour : > Jésus dit un jour à ses apôtres , ça faisait : > Zézus dzit un zour à zes zapôtres !...> y compris les postillons qu’on recevait si l’on était aux premières loges !

            nous à la sortie de la messe,on fonçait à la boulangerie patisserie dépenser nos petits sous en bonbons exposés dans de grands bocaux ,et pour ceux qui avaient plus de pognon,ou celui grapillé sur la monnaie des commissions ,pour s’offrir une religieuse ( la pâtisserie smiley..... )....ou un éclair au chocolat !
            puis sur le chemin du retour,faire les sonnettes ou les clochettes des baraques pour faire gueuler les chiens ! et se faire courser par le propriétaire ..> attendez un peu bande de p’tits cons ! <



            • Fergus Fergus 17 novembre 2009 13:13

              Bonjour, Kitamissa, et merci pour ces souvenirs superbement évoqués.

              Personnellement, c’est carrément l’argent de la quête que je dépensais à la boulangerie, ou du moins la moitié de ce que m’avait donné mes parents, Dieu me semblant, à l’époque où j’y croyais encore, plus riche que moi qui n’avait jamais cinq sous d’avance.

              Pour ce qui est des muflées, je me rappelle en avoir vu de sévères. Comme ce jour de fête votive (avec parquet-salon et champion régional d’accordéon) où un vieux berger prénommé Jean avait tenté de repartir chez lui au volant de sa deux chevaux. Planqués derrière la bagnole, nous étions quatre gamins à l’empêcher de partir pour rigoler. Après deux ou trois tentatives infructueuses, le vieux Jean, complètement bourré, était sorti de la voiture, s’était gratté le front puis était reparti à pied en titubant dans la nuit. Il a été retrouvé au petit matin à la sortie du village, cuvant dans le fossé où il était tombé. Sans le savoir, nous lui avions peut-être évité un accident grave. Encore que la 2 CV semblait bien connaître le chemin...


            • Lapa Lapa 17 novembre 2009 12:48

              impressionnant impressionnisme !

              un coup de bambou énorme sur le crâne. Belle plume Fergus !


              • Fergus Fergus 17 novembre 2009 13:17

                Bonjour, Lapa, et content de vous voir intéressé avec mes souvenirs d’Auvergne et d’un mode de vie aujourd’hui bien mis à mal par l’individualisme et la télévision.


              • Jojo 17 novembre 2009 12:54

                On s’y croirait, une France pourtant qu’on ignore… Alain Delon vous le dit en un mot comme en cent : Bravo ! 


                • Fergus Fergus 17 novembre 2009 13:24

                  Merci, Jojo.

                  Une France qui pourtant s’efforce encore d’exister, ici et là, plus facilement dans les régions de montagne où la solidarité et les coutumes n’ont pas encore totalement cédé la place à une modernité mondialisée trop souvent porteuse du virus de la déshumanisation.

                  Il suffit parfois de passer le pont (salut, Georges !), de franchir le col, ou de pousser un peu plus loin vers le fond de la vallée...


                • ZEN ZEN 17 novembre 2009 13:10

                  Salut Fergus

                  Là alors, je m’y reconnais un peu...
                  Sauf que les hommes, dans mon village, poussaient le vice jusqu’à s’arranger pour arriver en retard à la messe (en général après le Confiteor) -_trop de choses à se raconter sous le porche et trop peu d’envie de passer par l’aveu des fautes..._ , pour piquer un roupillon pendant le sermon et pour s’éclipser en douce après l’Agnus Dei ,pour se pointer les premiers au Café de la Mairie pour une communion autour de la sainte table, sous l’espèce du vin...


                  • Fergus Fergus 17 novembre 2009 13:28

                    Salut, Zen.

                    Manifestement, les tiens étaient pires que les miens ! Mais ils se retrouvaient dans la même communion.


                  • ZEN ZEN 17 novembre 2009 13:29

                    En fait, au Corpus Christi, les hommes préféraient le Lacryma Christi


                  • Fergus Fergus 17 novembre 2009 13:37

                    Plutôt sympa, le Lacryma Christi. Personnellement j’aime bien le blanc, à la fois très sec et très fruité. Mais il a tendance à bien sonner si on le consomme sans trop de modération.


                  • brieli67 18 novembre 2009 11:14

                    EN BLANC en vin des Vosges
                    cépage Crillon

                    http://www.crillon-moine.fr/


                  • Fergus Fergus 18 novembre 2009 16:12

                    J’avoue que je ne le connaissais pas.
                    Il a l’air bien sympathique. Il faudra que je le goûte lorsque je retournerai dans les Vosges.
                    Merci pour le lien.


                  • Gazi BORAT 17 novembre 2009 13:24

                    Mes souvenirs de campagne sont quelque peu différents et relèvent d’un (rare) cas particulier : un hameau de Bourgogne dont les quelques habitants étaient tous communistes..

                    Mais guère différents des autres paysans...

                    Il y avait une veuve bizarre qui vivait seule et que l’on croisait de temps en temps.

                    Je me rappelle d’une fois où l’un des paysan, la voyant passer, avait craché par terre en marmonnant.

                    Devant mon air étonné, il m’avait éclairé :

                    « J’l’aime pas celle-là ! Elle traverse les champs en diagonale.. Ca fait crever les vaches ! »

                    gAZi bORAt


                    • Fergus Fergus 17 novembre 2009 13:31

                      Bonjour, Gazi Borat.

                      Comme quoi, il y a toujours eu, et en tous lieux, une part de superstition chez les paysans, qu’ils soient calotins (assez rare), communistes (encore plus rare) ou... prudents (l’écrasante majorité) ! 


                    • Gazi BORAT 17 novembre 2009 13:38

                      @ FERGUS

                      Je pense que cela est dû au caractère aléatoire du métier, aux nombreux paramètres sur lesquels le paysan n’a aucune prise, les saisons qui varient, etc..

                      Encore que cela change aujourd’hui..

                      Un exemple ?

                      Je me souviens qu’autrefois dans le Jura, toutes les années ne permettaient pas la production de vin jaune.. La bonne moisissure n’apparaissant pas forcément à chaque fois.

                      Aujourd’hui, les viticulteurs ont remplacé l’empirisme par de solides connaissances scientifiques, les cursus d’oenologie ont produit leur effet sur la maîtrise des processus : on arrive à produire du vin jaune chaque année...

                      gAZi bORAt


                    • Fergus Fergus 17 novembre 2009 14:10

                      Je pense que vous avez raison, concernant les superstitions : la vie du paysan, quel que soit son domaine d’activité, a toujours été caractérisée par la crainte de la calamité destructrice de récolte ou de cheptel. Un phénomène que l’ignorance des gens n’a fait qu’entretenir au fil du temps.

                      Mais, comme vous le soulignez, ce temps-là est largement révolu. D’une part, l’empirisme a effectivement laissé la place à des méthodes d’exploitation plus scientifiques ou plus rationnelles. D’autre part, les paysans sont maintenant éduqués, diplômés et connectés à Internet comme vous et moi. Une sacrée différence que j’ai pu mesurer, de génération en génération, dans ma propre famille de paysans d’Auvergne.


                    • brieli67 18 novembre 2009 08:58

                      A Gazi
                      Dans le Haut Beaujolais il y a des villages de viticulteurs entièrement laîcs et cocos....

                      Le vin Jaune ou le sotolon/e
                      un « scandale » trés peu relayé.
                      Le chantre jurassik et gynéco http://www.leblogdolif.com/

                      Gazi toute une saga ce vin jaune. reconstruite.
                      Le vigneron cherchait les grappes restées sur cep et les grapillons deuxième génération, qui sont âcres amers. Oxydé ce jus devient de moins en moins acide prend une odeur de céleri ( odeur Maggi) qui en se polymérisant avec du glycol donne ce sotolone.

                      Pour les portos et les madères, c’est l’acool qui devient vinaigre qui est transformé en sotolone
                      Pour le vin jaune , c’est l’acide citrique et l’acide tartrique de ces petits raisins verts qui donne le sotolone à degré alcoolique plus bas
                      Le porto ne réussit qu’entre 14,5 et 16 °
                      au_dessus vinaigre pardon bon pour les Anglais.
                      La Crimée pour leur sherry : jus de citron plus vinaige plus alcool... sans levures sans bactéries

                      Si réussi le vin Jaune était de tout temps recherché par les Bourgognes Blancs. Devine... un clavelin par foudre de Chardonnay !

                      Gazi, un souvenir écran bête. La Percée du Vin Jaune ....
                      De la Poste de la Charité chez Jeanne la Cordelière.... des détails communs « marrons » de cet hiver-là ... - 17° à Peyrache et des pitons de glace sous le nez. 25 ans... de celà !
                      fabuleux le oueb......... n’est ce pas ?


                    • Fergus Fergus 18 novembre 2009 09:07

                      Des vins de grande qualité, ces vins du Jura, mais trop méconnus. J’aime particulièrement les blancs, mélanges de savagnin et de chardonnay, des vins très charpentés et qui déroutent souvent ceux qui les abordent pour la 1ere fois. Et j’ai un penchant très marqué pour le rosé pupillin d’Arbois. Un vrai régal que ces vins !


                    • L'enfoiré L’enfoiré 17 novembre 2009 13:34

                      Salut Fergus,

                       Autre titre « Un dimanche comme les autres au royaume de ceux qui s’en foutent et qui n’ont rien d’autre à faire ». Mais je suis d’accord il est un peu long.
                       Dans les grandes villes, on a heureusement perdu ce palliatif à l’ennui.
                       Tant de choses à faire en dehors des villages.
                       Je ne pourrais pas y vivre personnellement. Y passer, oui. M’enfuir ensuite.
                       Trop passionné par le mouvement, comme citadin.
                       Il faut garder des dimensions humaines à la ville, bien entendu.
                       Pas de mégalopole, mais une ville simple avec des habitants qui déambulent, se promènent et que l’on voit dans les rues.
                       Rien à voir avec le village, donc.
                       


                      • Fergus Fergus 17 novembre 2009 13:48

                        Salut, L’enfoiré.

                        Moi aussi, j’aime bien les villes, pour le mouvement, pour les marchés, pour les filles en mini-jupe, pour les mecs un peu marginaux, pour les concerts, pour les théâtres, etc.

                        Mais j’aime bien aussi les villages où le temps prend son temps, où les hommes connaissent la valeur des choses, où la solidarité veut encore dire quelque chose, où l’on se prend à écouter les trilles d’une mésange, où l’où doit céder le passage au troupeau qui rentre à l’étable.

                        Les deux sont complémentaires, non ?


                      • L'enfoiré L’enfoiré 17 novembre 2009 14:08

                        Fergus,
                         Absolument. Comme La Fontaine parlait du rat des villes et du rat des champs.
                         Il ne se coudoient pas vraiment.
                         S’aiment-ils chez les humains ?
                         Vaste question.

                         Le rat des villes ne sait même plus que le lait, au départ, ne vient pas en bouteille.
                         Le rat des champs ne peut supporter l’absence du silence.
                         Je me souviens avoir surpris par mon commentaire à des photos d’un beau village.
                         « Les gens se parlent quand ? Entre 09:10 et 09:18 ? »
                         Cela me semblait bien nu de toute vie.
                         Les oiseaux, c’est beau. Mais leur parler et espérer avoir une réponse ? 


                      • L'enfoiré L’enfoiré 17 novembre 2009 14:10

                        Je parlais de ce timing, car après il faut aller travailler dès que le trafic le plus important est passé et qu’enfin, ils vont pouvoir rejoindre le lieu du travail : la ville.


                      • L'enfoiré L’enfoiré 17 novembre 2009 14:16

                        Fergus,
                         Encore une chose que je détesterais à vivre dans un village, c’est d’être surveillé derrière les rideaux à chaque fois que l’on sortirait.
                         « - T’as vu, il est aller chez sa voisine. Tu penses pas qu’il fricote pas avec elle ? »
                         Un esprit qui en ville n’existe pas vraiment.
                         


                      • Fergus Fergus 17 novembre 2009 14:39

                        @ L’enfoiré.

                        Les villages dont je parle ne sont pas tous des cités-dortoir péri-urbaines, mais des espaces ruraux de la France profonde où les habitants ne vont pas travailler en ville.

                        Il est vrai que la densité belge est très différente de la densité française, ce qui rend les villages beaucoup plus proches des centres urbains, souvent très industrialisés.

                        Pour ce qui est des gens qui épient les voisins derrière les rideaux, je crois pouvoir affirmer que cela existe également en ville dans les quartiers pavillonnaires. Et même dans les immeubles où certains locataires se précipitent derrière leur judas pour voir qui vient frapper à la porte du voisin. Cela dit, il est en effet probable que le phénomène est moins développé en ville, cette qualité étant la conséquence paradoxale d’un défaut : l’individualisme ! 


                      • Gazi BORAT 17 novembre 2009 15:10

                        @ L’Enfoiré

                        La ville est indéniablement un espace de liberté, par l’anonymat qu’elle permet aux individus.. Cela a compté dans certains cas pour des décision d’exode..

                        Mais cela dépend aussi du village. Certains voient depuis des siècles des familles se déchirer pour des questions diverses : rivalités, jalousie querelles pour des droits de passage, etc.. Certains sont de moeurs plus rigoristes que d’autres..

                        Mais dans d’autres cas, des vertus de convivialité et d’entraide font partie du paysage.

                        Dans ce cas là, on approche du paradis..

                        gAZi bORAt


                      • L'enfoiré L’enfoiré 17 novembre 2009 16:00

                        Fergus et Gazi,

                         Je suis d’accord avec vous deux.
                         C’est individualisme contre convivialité qui peuvent tourner, tous deux, à l’aigre.
                         C’est un choix de société. Ceux qui viennent derrière leur judas sont souvent des anciens habitants de village et qui pour des raisons de facilités ont émigré vers les villes.
                         J’habite dans un complexe d’appartements, ce qui veut dire aussi un microcosme de ce qu’on peut appeler l’esprit de village.
                        Mais tel est pris qui croyait prendre, on s’en fout et les velléités s’émoussent ou ne touchent que ceux qui sont vulnérables. Droit de passage, tiens on a ça pour le garage.
                        Le paradis n’existe pas sinon on ne chercherait jamais à voyager pour découvrir autre chose dans un ailleurs incertain.


                      • L'enfoiré L’enfoiré 17 novembre 2009 16:53

                        Ce que je remarque dans les commentaires, c’est ce côté « curé » toujours bien ancré comme un acteur important du village.
                        Rien de changé donc depuis les grands moments du petit monde de Don Camillo
                        Encore une différence avec la ville.


                      • Fergus Fergus 17 novembre 2009 17:11

                        @ L’enfoiré.

                        De nos jours, le « côté curé », s’il est présent dans les évocations des uns et des autres sur ce fil, n’est plus vraiment ancré dans les villages. Et cela depuis belle lurette, la dégringolade ayant commencé durant les années 70.

                        Et pour cause : d’une part, les gens sont de plus en plus éduqués et par conséquent nettement moins crédules, moins croyants et moins pratiquants ; d’autre part, les vocations de prêtres se font désormais de plus en plus rares, au point que certaines petites paroisses n’accueillent plus d’offices religieux que de manière exceptionnelle, les prêtres ruraux ayant parfois la responsabilité de 5 ou 6 paroisses ! Les messes obligent désormais les pratiquants à se rendre au chef-lieu de canton.

                        Résultat : le curé qui, naguère (l’exemple de Don Camillo est assez juste), partageait le leadership (si je puis dire) de la communauté avec le maire et l’instituteur s’est totalement effacé dans les paroisses où il ne réside plus devant le maire et, dans certains cas, le secrétaire de mairie. Quant à l’instituteur, il a lui aussi disparu de nombreuses communes au profit du chef-lieu de canton.


                      • Gazi BORAT 17 novembre 2009 18:04

                        Tout à fait d’accord avec cette évocation de Don Camillo..

                        Le curé avait effectivement une place importante.. Certains étaient des personnages atypiques..

                        Et Peppone ?

                        Dans les villes, et particulièrement dans les quartiers ouvriers, le curé avait un concurrent, la cellule locale du Parti..

                        Tous deux avaient un rôle social d’encadrement de la jeunesse et occupaient les gamins, les « Faucons Rouges » contre le « Patronnage ».. Ils donnaient tous deux un sens à leurs interrogations, leurs expliquaient le monde..

                        Aujourd’hui, plus rien.. C’est la télé, voire le net qui les remplacent..

                        Mais rien ne remplace un médiateur humain..

                        Cet attrait pour les « marques », aliénation sans précédent de la jeunesse, aurait été battu en brêche..

                        gAZi bORAt


                      • claude claude 17 novembre 2009 14:07

                        bonjour,

                        merci fergus de faire revivre les dimanches de mon enfance aveyronnaise. ce n’était pas des opinels que l’on repliait, mais des laguioles, des calmels plus exactement, des « vrais » fabriqués en aveyron et non pas à thiers.

                        le calmels est un couteau mythique, personnel, il est fait à main et pour la main, se love dans sa paume. chacun d’entre eux est guilloché de manière différente. c’est une marque d’appartenance entre le propriétaire et son couteau. chaque membre de la famille a le sien, et l’on grandit avec ses couteaux.
                        il a une lame en carbone, qui se noircit avec le temps. elle devient de plus en plus fine au fur et à mesure des affûtages, ce qui fait qu’on remplace la lame tous les 20 ans.

                        et puis, il y avait l’aligot, monté à la main sur le coin de la cuisinière à bois. mon grand-oncle lorsqu’il recevait, dans sa ferme de l’aubrac, la famille, avec la bande de galopins que nous étions, nous préparait un d’aligot. et lorsqu’’il avait fini, il renversait l’énorme faitout au dessus de la cuisinière pour montrer la perfection de son plat : rien ne tombait de la grosse marmite. alors, un immense sourire éclairait son visage barré d’une grosse moustacle, et il concluait d’un ton satisfait « voilà comment on le fait, l’aligot ! »

                        pour la messe, les miens diffèrent un peu : les femmes allaient à celle de 7 heures pour préparer le repas de midi, sinon, elles laissaient mijoter le repas pendant qu’elles étaient à la messe, et filaient à la maison dès que celle-ci était finie, pendant que les hommes, les enfants et les invités prenaient l’apéro au bistrot.


                        • Fergus Fergus 17 novembre 2009 14:24

                          Bonjour, Claude, et merci pour ce commentaire.

                          Parmi tous ceux que j’ai connus, quelques rares paysans portaient un laguiole sur eux, mais la plupart préféraient l’opinel, non pour sa qualité, mais pour son coût moindre et pour se mettre à l’abri d’une perte toujours possible dans les travaux des champs. 

                          Des laguioles, il y en avait en revanche dans les fermes, avec leur célèbre manche de corne. Pour ce qui est des « couteaux indiens » autrement dit des calmels, je n’en ai vu que dans des boutiques... aveyronnaises.

                          Quant à l’aligot, c’est la grande spécialité de mes cousins de... Chaudes-Aigues. Il est vrai que l’Aubrac commence quasiment à leur porte.


                        • Gazi BORAT 17 novembre 2009 18:14

                          Pour moi, cela a été la serpette..

                          Le pêre de ma mêre était manouche d’origine. La serpette, instrument du vannier. La première fois qu’il m’en offert une, cela a constitué une sorte d’étape dans mon développement.

                          Depuis, je ne suis pas resté fidèle à la serpette.. mais pas un seul jour de ma vie, je n’ai pas porté un couteau sur moi. Je me sentirais nu sans cela.

                          Une seule exception : lorsque je prend l’avion.. Mais je le garde jusqu’à l’enregistrement et le glisse au dernier moment dans le bagage de soute. Je me souviens d’un jour à Istanbul où j’ai accompagné quelqu’un à l’aéroport. Période tendue, fouille à l’entrée : j’ai tendu spontanément mon couteau au policier, lui ai dit de me le garder précieusement jusqu’à mon retour, le présentant comme un souvenir de mon grand-pêre.

                          Fait surprenant, il l’a regardé sous toutes les coutures avec un air grave, me l’a rendu, et m’a laissé passer en me disant que c’était interdit.

                          Je n’ose imaginer la réction d’un de nos CRS face à une telle argumentation.

                          Porter un couteau sur soi, attitude dangereuse ?

                          Absolument pas ! Question d’éducation..

                          Je me suis bagarré plus souvent qu’à mon tour dans mon adolescence.. mais jamais je n’aurais pensé à utiliser cet outil pour règler un différend ou menacer quelqu’un..

                          gAZi bORAt


                        • Jojo 17 novembre 2009 18:28

                          Gazi Borat smiley
                          A chaque fois que je pense en savoir un peu plus sur vous, je dois vite déchanter. Et tout recommencer à zéro. On dirait que ça vous amuse...

                          Et comme dirait Cambronne : Salut et frustration !

                          Bonjour à Claude en passant.


                        • Gazi BORAT 17 novembre 2009 18:39

                          @ JOJO

                          Cette histoire de couteau, je n’aurais jamais eu l’occasion de la raconter sans l’intervention de Claude..

                          Il est vrai que certains articles, parmi les meilleurs de ceux que peut produire un forum comme Agoravox, sont ceux qui libèrent les évocations de chacun.

                          Mieux que les sempiternelles foires d’empoigne.

                          Un signe pourtant encourageant : le sondage d’opinion sur les prestations comparées de Frêre Tarik et Soeur Caroline donne presque 33% de partisans de l’un, de l’une et de sans opinions.

                          L’idéal serait un 33,33% partout. On approcherait de la civilisation...

                          gAZi bORAt


                        • claude claude 17 novembre 2009 18:45

                          et en bonne aveyronnaise que je suis,
                           j’ai « importé » le laguiole en alsace : mon chéri et mes enfants ont le leur, un vrai, de chez calmels, avec un manche en corne ! et avec un guillochage personnel.

                          ... et aussi l’aligot, les tripoux, le jambon cru séché, le friton, la saucisse sèche... le gâteau à la broche ... le roquefort...

                          miam !

                           smiley


                        • Gazi BORAT 17 novembre 2009 18:56

                          Curieux, le choix que l’on fait des choses que l’on inscrit dans sa culture personnelle.

                          Pour l’Alsace, je retiendrais, non la choucroute, mais la flameküche.. et la saucisse de foie.. Et les ustensiles de cuisine et de conservation en terre :

                           Romertopf http://www.risingwoods.org/images/food/romertopf_01.jpg

                          Betschdorf http://www.pays-betschdorf-hatten.com/wp-content/uploads/copie-de-poterie-betschdorf0.gif

                          Et l’intérêt porté au travail du bois. Dans les maisons traditionnelles d’Alsace, les instruments de menuiserie étaient parfois exposés dans le salon..

                          gAZi bORAt


                        • Jojo 17 novembre 2009 19:27

                          Gazi Borat
                          « L’idéal serait un 33,33% partout. On approcherait de la civilisation... »
                          Je serais aussi assez preneur je l’avoue. A une condition cependant, qu’on me garantisse que ça reflète vraiment ce que pensent les gens dans leur diversité et en connaissance de cause, pas un vote réflexe ni un vote sous (ou suite à) influence(s)… Souvenez-vous de l’époque du moinssage citoyen... Comme baromètre de la vox populi, on a vu mieux…

                          Comme c’est la deuxième fois que vous y faites allusion et que je vous respecte trop pour l’ignorer jusqu’à l’éventuelle troisième, autant le dire clairement. Je ne vous dirai pas ce que je pense de Tariq Ramadan, pas plus que je ne l’ai dit à certains qui m’accusaient d’en être un disciple. D’autres que moi se font un plaisir et un devoir, de vous dire ce que je pense et ce que je devrais penser de lui ou de tout autre musulman (intellectuel ou pas).

                          Cela dit, le vin étant sorti smiley je devrais lâcher sous la torture que je n’ai pas regardé la vidéo et que je ne la regarderai pas…

                          Mon intérêt pour peu que ça ait un quelconque... intérêt pour qui que ce soit, va vers des gens comme Metwalli Al Chaaraoui, un exégète du Coran par le coran. Le plus grand qui ait jamais été !

                          Oui je sais, comme scoop il y a plus croustillant mais ce n’est pas moi qui ai commencé… smiley


                        • brieli67 18 novembre 2009 07:49

                          @ gAZI

                          La poterie bleue ... que pour les boissons froides
                          La jaune de Soufflenheim pour les plats chauds et le lait.
                          Histoire de pigments.

                          Le Römertopf, c’était un peu mode dans les années 6o. De superbes pommes rissolées... Mais cette poterie sans vernis se goinfre de graisses et au bout de quelques utilisations : goût rance.

                          Les Expats d’Alsace de par le monde souffrent tous : Melfor, Raifort et Moutarde Forte


                        • Gazi BORAT 18 novembre 2009 16:43

                          @JOJO

                          Je n’ai pas non p^lus regardé la video.. et ai voté ni pour l’un, ni pour l’autre.. par réflexe ? sans doute !

                          @ BRIELY

                          En principe, la graisse doit culotter le romertopf comme le goudron le fourneau d’une pipe.

                          Une anecdote sur ces plats que l’on ne nettoie jamais complètement.

                          Une famille allemande en 1945 a réussi à sortir de la zone sovietique mais.. katastrof ! A été oublié la coctte dans laquelle la grand mêre prépare le gulash et auquel ’une couche patiemment constituée, cuisson après cuisson, donne un goût inimitable..

                          Courageusement, la mêre prend sa bicyclette et, au péril de sa vie et de ce qui lui reste de vertu repart vers la zone soviétique, se cachant lorsqu’apparaissent des soldats de l’Ermée Rouge, récupère dans la maison abandonnée la précieuse coctte.. et refait le chemin dans l’autre sens..

                          Accueillie comme une héroïne à son retour.

                          Une semaine plus tard, la petite famille parvient à récupérer de quoi constituer un gulash.. comme d’habitude excellent.

                          Cependant, dans la nuit, lorsque tout le monde dort, le gamin de la famille, pas encore rassasié se lève.. et gratte consciencieusement le fond de la cocotte avec une cuillère.

                          Le lendemain.. Horreur ! La grand-mêre trouve son ustensile totalement nettoyé !

                          Mais qui donc a pu faire cela ?

                          Le nain !

                          gAZi bORAt


                        • brieli67 18 novembre 2009 19:49

                          Rumpelstilzchen
                          prononciation : roum-peul-chtil-tsiène
                          conte de Grimm voir wiki....

                          Le petit nom de notre Prezz donné par Angie et la presse allemande !

                          ach ! Goulaschkanone


                        • Gazi BORAT 19 novembre 2009 07:31

                          @ Briely

                          Je connaissais l’appellation de la « roulante » de la Heer...

                          Pour une fois, l’argot militaire allemand était imaginatif et sortait des contractions type « sanka » (ambulance)..

                          Mais curieux, la journaliste donne l’impression de découvrir l’eau chaude.. et parle d’une disparition de cet engin dans l’armée française ?

                          gAZi bORAt


                        • Gazi BORAT 19 novembre 2009 07:39

                          rumpelstilzchen ?

                          J’aurais bien vu le Baron de Münchausen, rapport à la vantardise et à l’épisode de NS détruisant le Mur de Berlin..

                          gAZi bORAt


                        • kitamissa kitamissa 17 novembre 2009 14:28

                          un jour le curé m’a désigné pour remplacer l’enfant de choeur attitré ( il avait l’appendicite )
                           
                          c’était à l’époque ou j’allais au cathéchisme parce qu’avant,pour se débarrasser des gamins,on les envoyait chez le curé !....et puis il y avait le cadeau et le repas de communion quand même !.... smiley ..

                          nous étions donc à deux pour assister le curé ,un qui tournait les pages et servait l’eau et le vin,et moi qui tenait les clochettes pour le Sanctus !....Sanctus !....

                          et voilà t’y pas que mon salaud de collègue avait dévissé partiellement une des quatres clochettes du bidule ,au moment ou le cureton dit Sanctus !...Sanctus ! moi je secoue les clochettes et soudain,la clochette sabotée se détache et roule au bas de l’autel ,rire général de toute l’assemblée ,cris horrifiés des vieilles bigotes et des vieux grincheux,sifflets des potes qui se tordaient de rire !

                          bref le merdier complet ,le cureton déconcentré qui m’a renvoyé dans la sacristie !....

                          j’ai quitté mes fringues d’enfant de choeur ,et attendu que la messe ( foutue) se termine....

                          une fois la messe terminée le curé m’a flanqué un coup savate au cul et hop débarrassé de cette fonction qui m’emmerdait !

                          j’ai quand même foutu mon poing sur la gueule de mon collègue qui avait saboté le truc muche et qui m’avait fait passer pour un con devant tout le monde,et devant la nana que j’aimais en secret et qui s’est foutue de ma poire !


                          • Fergus Fergus 17 novembre 2009 16:51

                            En ce qui me concerne, la messe, je ne l’ai servie que trois ou quatre fois. Dans une école de curé où j’étais pensionnaire (un internat qui, soit dit en passant, m’a guéri de la religion une fois pour toutes) et... aux catacombes de Paris pour une messe exceptionnelle qui n’attirait pas les enfants de choeurs ; la plupart avaient les miquettes de côtoyer les ossements, contrairement à quelques copains et moi qui avions nos entrées par une cave de la rue Dareau dans le 14e arrondissement.


                          • rocla (haddock) rocla (haddock) 17 novembre 2009 16:28

                            T’ as raison Maxim , j’ aim pas non-plus qu’ on me dévisse les clochettes . On était tous un peu enfants de choeur ou servants de messe .
                            Pendant des annéesj’ me suis tapé l’ office de huit heures d mat le dimanche .

                            A l’ époque il y avait la messe de 7 heures , de huit heures de neuf heures ensuite la grand-messe à 10 heures avec chants et habits d’ ornements , puis celle de onze heures trente .

                            Pour les acharnés les vèpres et puis après je sais plus quels tralalas encore .

                            C’ était à l’ église Saint Etienne à Mulhouse , il y avait de nombreux abbés vicaires prètres et curé .J’ ai eu ma claque pour la confirmation de l’ évèque en personne .

                            Le truc vraiment positif qu m’ a emmerveillé , un jour une messe solennelle avec zigmu .

                            Orgue , violons , trompettes etc , le bonheur des oreilles .


                            • Fergus Fergus 17 novembre 2009 17:57

                              C’est sûr que, croyant ou pas, une messe avec musiciens (et choeurs éventuellement), ça peut être avoir une sacrée gueule.


                            • Gazi BORAT 17 novembre 2009 19:04

                              Une messe avec musiciens ?

                              Ne pas manquer certains offices à Perpignan, dans le quartier San Jaume..

                              La rumba gitane, cela décoiffe, le dimanche matin !

                              gAZi bORAt


                            • Fergus Fergus 17 novembre 2009 19:24

                              Je note (s’ils ne rejettent pas les mécréants) pour le jour où j’irai à Perpignan, une ville que je ne connais pas, pas plus que le Roussillon. Mais cela fait partie de mes projets.


                            • oncle archibald 18 novembre 2009 09:10

                              Allez y au printemps, avec les cerisiers en fleurs sur fond de Canigou enneigé .. C’est beau à tomber raide .. Et si vous avez de la chance essayez de vous faire raconter la celèbre bataille de Peyrestortes .. La légende veut que pour mettre en déroute les envahisseurs, on fit mettre en ligne les « donnes »« traduisez les femmes mures, bien en chair, sur la crête de la colline, accroupies, fesses nues tournées vers l’ennemi ... Traduction approximative du catalan que je ne sais pas écrire : quand ils ont vu ces »carres« (ces figures), si grosses avec de telles moustaches, si noires (les catalanes sont en règle générale très brunes) ils ont fui !

                              Ce récit de fin de banquet raconté par un spécialiste bien allumé au »rancio", un vin doux et un peu rance à la fois, de production artisanale familiale, c’est une merveille dont on ne se lasse pas ...

                            • Fergus Fergus 18 novembre 2009 09:33

                              Bonjour, Oncle Archibald.

                              L’anecdote est à elle seule une invitation au voyage.

                              De même que les cerisiers en fleur qui montrent qu’il n’est pas forcément besoin d’aller à Kyoto !

                              C’est noté. Merci à vous.


                            • kitamissa kitamissa 17 novembre 2009 17:59

                              salut Capitaine ....

                              moi aussi mon pote,l’évêque de Chartres Monseigneur Michon ,oncle d’une copine de cathé qui était venu pour consacrer sa nièce ,nous a tous bénis !....

                              et puis la grande musique dans l’église St Remy de Draveil avec grand’messe et choeur,et moi qu’avait une envie de pisser pas possible qu’il a fallu que je me retienne comme un malade !

                              si il n’y avait pas eu autant de monde,j’aurais bien été me soulager dans le confessionnal !

                              auparavant on avait défilé dans les rues en rang d’oignon avec un cierge allumé ,tous dans nos beaux costards ,et les gonzesses dans leurs aubes !....

                              le pire ,c’est que j’avais des potes qui n’allaient pas à l’église et qui étaient sur le trottoir en train de faire les cons et qui s’amusaient à m’appeller ,et à envoyer des vannes !

                              c’est vrai qu’on avait l’air un peu tarte avec nos bougies et nos brassards avec nos pompes vernies et nos coupes de cheveux toutes fraiches avec la raie sur le côté ,le tout bien plaqué à la brillantine !

                              et mon pote Bebert qu’arrêtait pas de péter ,on avait tous envie de se marrer ,mais le cureton nous guettait du coin de l’oeil !


                              • Fergus Fergus 17 novembre 2009 18:57

                                Des prêtres, il y en avait quelques-uns qui n’étaient pas piqués des hannetons, comme on dit. Je raconterai un de ces jours les exploits disciplinaires d’un « préfet de discipline » irlandais un peu particulier et dont mes fesses ont eu à souffrir à grands coups de baguette.

                                Mais il n’avait pas que des mauvais côtés, j’en veux pour preuve l’itinéraire un peu tordu qu’il nous faisait suivre pour aller au stade et qui, par un curieux hasard, passait pile devant la maison d’une nana pour le moins dessalée qui, nous voyant arriver, s’asseyait sur ses marches, les jambes bien écartées pour nous montrer qu’elle n’était pas blonde.

                                Nettement mieux que la Vénus de Botticelli sur le Larrousse ou les pin-up de Ciné-Revue sur lesquelles on s’excitait alors ! Allez savoir pourquoi, après cela, nous n’avions pas la tête au foot... 


                              • oncle archibald 17 novembre 2009 18:31

                                Moi, es qualité d’enfant de choeur de village en 1955-58, ce sont les enterrements qui m’impressionnaient le plus .. On mettait une aube noire et on partait de l’église avec le curé qui portait la croix, l’enfant de choeur un seau d’eau bénite dans lequel trempait le goupillon .. On allait ainsi jusqu’à la maison en deuil chercher le défunt .. première bénédiction du cercueil dans la maison .. on repartait devant le corbillard à chevaux .. arrivée à l’église, re-bénédiction et messe .. Hop on repartait au cimetière, curé et enfant de choeur devant, corbillard avec les parents et amis aux « cordons du poêle », famille proche juste derrière et foule des villageois derrière ... Et vas y d’une nouvelle bénédiction du cercueil sur les tréteaux avant de le descendre dans la terre .. La veuve éplorée qui tapait sur le cercueil en criant « c’est pas vrai, Joseph, je veux partir avec toi, .. » très impressionnant .. et puis sur le chemin du retour la même qui avait essuyé ses larmes et demandait à ses proches si elle avait bien réussi « les regrets » ... 

                                Le plus dur c’est quand il y avait deux enterrements dans la même journée et qu’ils habitaient loin de l’église... crevant !!

                                • Fergus Fergus 17 novembre 2009 19:12

                                  Bonsoir, Oncle Archibald, et merci pour cette belle évocation.

                                  J’ai moi aussi connu des enterrements de ce type, y compris avec un corbillard à l’ancienne, tiré par une paire de boeufs. Souvenirs... 

                                  Cela dit, comme je l’ai écrit dans mon papier, il y avait également après l’enterrement un en-cas pour les participants qui pouvait, dans certains cas, se transformer en un buffet roboratif et copieusement arrosé où il pouvait arriver que l’on se mette à chanter.

                                  C’est ainsi qu’un jour, du côté d’Aurillac, l’un de mes oncles et moi avons assisté en spectateurs dans une salle d’auberge à un banquet d’obsèques qui s’est terminé sur un véritable tour de chant, digne des noces les plus joyeuses. Avec au programme des vieux succès du type La petite Tonkinoise, Baisse un peu l’abat-jour, Les palétuviers roses ouViens Poupoule. Inoubliable ! Et la veuve avait l’air tellement contente de l’hommage à son disparu ! 

                                   


                                • Yohan Yohan 17 novembre 2009 18:46

                                  Bonsoir Fergus
                                  Très belle évocation, finement ciselée. et tu sais que je prise particulièrement le genre smiley


                                  • Yohan Yohan 17 novembre 2009 18:57

                                    Les sorties de messe au village, avec les mémés endimanchées qui papotent sous vôtre fenêtre, les seules habilités à me réveiller sans déplaisir pendant les vacances.


                                    • Fergus Fergus 17 novembre 2009 19:18

                                      Salut, Yohan, et merci pour tes messages.

                                      C’est vrai qu’elles sont bien sympathiques, ces vieilles dames endimanchées qui se font de plus en plus rares.

                                      J’aime bien ces Finistériennes qui, toutes vêtues de noir, marchent tête baissée dans les embruns et le vent de noroît du côté de Porspoder ou Lampaul-Plouarzel sur fond de mer agitée pour se rendre à la messe. Un spectacle intemporel, mais hélas ! en voie de disparition.


                                    • Radix Radix 17 novembre 2009 19:02

                                      Bonsoir Fergus

                                      Belle évocation très bien écrite ! A quelques détails près, j’ai retrouvé le village du Tarn et Garonne où je passais les vacances d’été avec mon grand-père.

                                      J’y suis retourné depuis mais la centrale nucléaire avait prit la place de mes souvenirs !

                                      Radix


                                      • Fergus Fergus 17 novembre 2009 19:22

                                        Salut, Radix, et merci pour ce commentaire.

                                        Très dur, cela : découvrir que le village ancré dans sa mémoire est défiguré par l’industrie. A plus forte raison nucléaire.

                                        Reste le souvenir des moments que l’on y a passés...


                                      • Radix Radix 17 novembre 2009 19:50

                                        Tiens Fergus, comme j’ai cru comprendre que tu avais des ascendances irlandaises va donc faire un tour à Edée, tu sais là où il y a cette échelle d’écluses.

                                        Dans les virages de la route qui monte au bourg, sur ta gauche, il y a un logis de France tenu par un irlandais, Fergal, et sa femme.

                                        Sa cuisine est un vrai délice mais pour la St Patrick il est complet !

                                        Radix


                                      • Fergus Fergus 17 novembre 2009 19:57

                                        Non, je n’ai pas d’origine irlandaise. Mais j’aime beaucoup l’Irlande. J’ai d’ailleurs un article en préparation sur un lieu très particulier de ce magnifique pays.

                                        Tu parles de Hédé et de ses 11 écluses ; un lieu, là aussi, où j’aime bien me balader, ce ui est beaucoup plus facile, les écluses de Hédé étant à... 25 km de mon domicile rennais.

                                        Je note l’adresse de Fingal avec intérêt.


                                      • Fergus Fergus 17 novembre 2009 19:58

                                        Excuses, Fergal.


                                      • Fergus Fergus 17 novembre 2009 20:34

                                        Merci à vous, Waldgänger, pour ce commentaire.

                                        Il est vrai que notre pays est en mutation rapide. L’Auvergne que je décris n’existe plus que de manière très parcellaire. Reste les paysages et l’architecture des vieux villages qui, la plupart du temps, n’ont guère bougé. Quant aux exploitations agricoles, elles mêmes ont beaucoup évolué du fait de la disparition de nombreux paysans et de la mécanisation galopante de ceux qui restent.

                                        Bonne soirée.


                                      • kitamissa kitamissa 17 novembre 2009 21:31

                                        lorsque l’on évoque nos souvenirs de villages ,il ne faut pas oublier non plus,ni les idiots et les ivrognes célèbres ,ou encore les personnages hauts en couleurs .....

                                        l’idiot du village c’était Couillette,journalier agricole....

                                        les ivrognes éternels bourrés du matin au soir ...Titis,Bouboule,Clotaire,Piccolo,Vévé le facteur,le père Lapie et Manu les cordonniers !

                                        le grand Jean ,un maçon de 2 mètres qui ressemblait au gigantesque mec aux dents d’acier dans un James Bond ! pour un litre de rouge il cassait la chaine de son vélo au démarrage !

                                        fallait faire gaffe quand il était bourré parce qu’il avait le vin méchant !

                                        et Bouboule cité plus haut qui faisait du rodéo avec son vélo et le domptait comme un cheval sauvage en le plaquant à terre comme pour marquer le bétail !

                                        et Manu le cordonnier cité plus haut également,qui à midi rentrait régulièrement sur son vélo dans la charcuterie située dans le virage ,vu qu’il essayait d’aller tout droit tellement il était chargé au Muscadet ! et le père Aubert le charcutier le foutait dehors avec pertes et fracas !

                                        j’oubliais la mère Marie ,ancienne danseuse de revues bien imbibée,et qui aimait bien les petits jeunes !


                                        • Fergus Fergus 17 novembre 2009 22:45

                                          Une belle galerie de personnages, Kitamissa. Et des gens comme ceux-là, il y en a dans tous les villages.

                                          Sans compter ceux qui vivaient à la limite de l’indigence et qui, par orgueil, se muraient dans le silence pour ne pas avoir à se comparer aux voisins ou à dire leur misère. J’en ai connu un à qui un fermier avait donné, en récompense d’un travail accompli chez lui, un sac de blé pour ensemencer son modeste champ. L’homme avait refusé d’être raccompagné chez lui en voiture et il avait porté son sac de 80 kg sur plus de 2 kilomètres d’un sentier comportant le passage d’une combe assez raide. Une vraie bête de somme et de fierté réunies.


                                        • Yohan Yohan 17 novembre 2009 23:02

                                          Les filles ne sortaient pas tant qu’aujourd’hui, sauf le Dimanche, où l’on pouvait vérifier d’un regard si on avait toujours le ticket, et on s’en satisfaisait le plus souvent pour le reste de la semaine, consacrée essentiellement aux copains. En plus, habillées de blanc et petite jupette aidant, on était bien content d’aller à la messe, rien que pour les regarder jouer la vierge effarouchée ou celle qui l’a déjà fait...


                                          • Fergus Fergus 17 novembre 2009 23:15

                                            Ah, les filles ! Personnellement, j’en ai suivi une à la JEC (jeunesse étudiante chrétienne) lorsque j’étais adolescent et devenu totalement athée. Mais j’ai laissé tomber rapidement : trop d’efforts de comédie catho pour un très mince espoir de conclure eu égard à la moralité de la demoiselle ; le jeu n’en valait pas la chandelle !

                                            Bonne nuit, Yohan.


                                          • kitamissa kitamissa 17 novembre 2009 23:18

                                            ah ,nous on était tous amoureux de Paulette Meyer ( la pauvre elle est morte jeune du crabe à 26 ans !) 
                                            chatain clair ,belle gueule ,yeux bleus transparents ,déjà bien formée alors que les autres gourgandines avaient des tronches de cake et grandes biques maigres ou petites grosses,... la Paulette elle avait des jambes bien galbées et un petit fion !...

                                            on était tous à tirer la langue quand elle montait sur son vélo et qu’on apercevait les cuisses qui se découvraient !

                                            je suis sûr que le curé aussi la reluquait en douce !

                                            et quand elle est devenue femme ,ah la vache ,bandante comme tout ! un vrai top model !

                                            c’est un pote qui s’est marié avec elle plus tard,un mec super chouette ,et la suite malheureuse !....


                                            • Fergus Fergus 18 novembre 2009 09:22

                                              Pour être curé, on n’en est pas moins homme !!!


                                            • Yohan Yohan 17 novembre 2009 23:33

                                              Il y avait ces deux soeurs, parisiennes, blondes, minces, plutôt hautaines et très jolies qu’on ne voyait qu’à la messe ou parfois aux entractes de la séance de cinéma du samedi soir au village ; j’en ai rêvé longtemps.....
                                              Plus tard ado, je suis sorti avec l’une des deux, pas peu fier de l’avoir à mon accroche poisson. Mais le charme fut vite rompu. Elle habitait en fait dans un pavillon de banlieue sud. Un peu coincée et tristounette, et elle embrassait mal...


                                              • Fergus Fergus 18 novembre 2009 09:28

                                                Bonjour, Yohan.

                                                Là, on touche à l’espèce de fascination qu’exerçaient très souvent les adolescents et adolescentes venus de Paris sur les jeunes du cru. Cela paraît idiot de nos jours, mais le Parisien et surtout la Parisienne étaient paré(e)s d’un exotisme excitant. Cela n’empêchait pas les « Parigot, tête de veau » ou « Parisien, tête de chien » de fuser de temps à autre sur leur passage, mais plus pour le folklore...


                                              • brieli67 18 novembre 2009 07:37

                                                ha ha ha c’est bien Catho....ce monde là.

                                                 Vatican II et les curés qui ne se reproduisent plus.... mERCI ;

                                                Ce rite bistro/messe a encore existé en Alsace dans les faubourgs et les villages ayant leur vieux curé à proximité jusque fin des années 8o...

                                                Les temples désespérément vides sf Noel et Pâques

                                                D’ailleurs en 1965 les Am une autre messe était dite
                                                Le Football Club du bourg allait évoluer pour 15 ans en Promotion d’honneur, 2 fois vice-champion d’Alsace et 4 fois refus de jouer en divisions supérieures.

                                                Ah les clubs_houses et les cabanes des Sociétés de Pêche....
                                                les fontaines de l’Amer_bière, des Pastis .... au prix coûtant de l’ Aldi le plus proche.


                                                • Fergus Fergus 18 novembre 2009 09:20

                                                  Salut, Brieli.

                                                  Des souvenirs alsaciens pas très différents des autres, si ce n’est qu’en Alsace le temple remplaçait effectivement l’église en de nombreux lieux.

                                                  Plutôt sympathique l’ambiance autour du club de football local. En Auvergne, cela ne valait guère que pour les chefs lieux de canton, vu la petite taille des communes et la faible population qui interdisait toute création de club.

                                                  Pas de concours de pêche en revanche, ou très rares. Il est vrai que la pêche à la truite ou au brochet dans des rivières sauvages comme le Bès ou l’Allagnon, ou dans les lacs de barrage pour les adeptes de la perche suffisait au plaisir des adeptes. De plus le braconnage était une réalité assez répandue et à laquelle j’ai moi-même participé occasionnellement (pêche à la main de truites et d’écrevisses).

                                                  Bonne journée.


                                                • brieli67 18 novembre 2009 10:50

                                                  PAS DE RITE APERO AU BISTROT APRES L’EGLISE

                                                  ni de grosse bouffe à Noel et à Nouvel_an.
                                                  pas de cloches qui vont tourbillonner à Rome.

                                                  La Toussaint et le 15 août non chômés.

                                                  Le dimanche am c’était bière bretzel du jour .... et des interminables tournées de skat, notre bridge local.

                                                  Pour le Fierbreeeli, Flammekoeche, « tarte flambée »
                                                  faites un tour chez René
                                                  http://www.voltzenlogel.net/nouveau/voltzenlogel/page7/recette.html
                                                  vrai recette sans lard ni oignons ni maizena, ni oeufs.... avec l’huile de colza « l’ancienne » qui donne une odeur citronnée si chauffée à 500 ° qu’on laisse dégouliner de sa portion

                                                  là aussi désolé le Flammes a sa source dans les villages protestants de la Ville de Strasbourg de part et d’autre du Rhin. Pas de « ban » en commun chez les protestants.

                                                  La spécialité catholique une potée mise au four banal ou le boulanger :
                                                  le Baeckeoffe

                                                  Et spécialement pour la Madame la Laitière et dame aux couteaux
                                                  http://www.klingenthal.fr/klingenthal_et_sa_manufacture.htm
                                                  Ah nos français de l’intérieur pas mieux que les Spatze les piailleurs de l’ôt côté du Rhin.


                                                • Georges Yang 18 novembre 2009 08:58

                                                  Je pense en lisant a mon village lorrain dans les annees 60


                                                  • Fergus Fergus 18 novembre 2009 09:12

                                                    Salut, Georges.

                                                    Eh oui, il y avait de grandes similitudes dans les modes de vie et les comportements de nos villages des sixties, où qu’il se situent sur le territoire national métropolitain. Il est vrai que nous étions encore dans une France rurale agricole et chargée des traditions du passé.
                                                    Mais déjà l’exode vers les villes avait commencé...

                                                    Bonne journée.

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