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Accueil du site > Actualités > Société > A la rue un jour, à la rue toujours...

A la rue un jour, à la rue toujours...

Faites-vous partie des 13 % de Français qui redoutent de devenir des SDF un jour ? « Un jour » donc « toujours » ? C’est une crainte que n’ont pas nos voisins européens et c’est une peur fondée ! En effet, malgré le milliard d’euros dépensé pour l’urgence sociale, jamais le nombre des sans-abris n’a été aussi élevé : 220 000 selon les associations.

"La politique qui consisterait à sortir les gens de la rue n’existe pas". Au lieu de les sortir de la rue, le système en place, qui manque de souplesse, de pragmatisme et favorise la confusion des rôles, la séparation rigide des fonctions, l’obscurité des objectifs, fait que les sans-abris sont pris dans des portes tournantes qui les renvoient à la rue dans des conditions pires qu’au moment où on les a - provisoirement - retirés.

C’est le constat amer qu’a dressé la FNARS (Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale) lors de la première conférence de consensus ayant pour thème "sortir de la rue" qui s’est tenue les 29 et 30 novembre 2007.

Nos voisins européens sont plus efficaces car plus pragmatiques. Ainsi, la Grande-Bretagne applique un plan depuis 1998 qui consiste à mieux coordonner l’action des intervenants (en France, un SDF peut être réveillé plusieurs fois dans la nuit par différentes maraudes : celles du Samu social, de Médecins du monde, de la Brigade d’assistance aux personnes sans-abri). Chez nos voisins d’outre-Manche, la stratégie consiste à dissuader les personnes de s’"installer" dans la rue par des moyens coercitifs et par un accompagnement social poussé. Le pragmatisme fait ses preuves aussi dans des pays comme l’Irlande et le Danemark.

Au pays des Shaddocks, la route est longue avant que l’efficacité soit de mise. Et d’abord, il faudrait apprendre à compter ! Car les chiffres varient selon les catégories de référence et les sources statistiques. Selon l’enquête Insee 2001, il y aurait 86 000 personnes sans domicile. Selon le rapport Fondation Abbé Pierre de 2007, il y aurait 100 000 personnes sans domicile fixe, plus 50 000 en chambres d’hôtel, plus 41 000 habitats de fortune (cabane, construction provisoire), plus 100 000 à l’année en mobile home et camping...

La FNARS a remis, à la suite de la conférence, un rapport au gouvernement par lequel il propose une plus grande prévention (comme la mutualisation de la prise en charge des risques d’expulsions locatives suite à non paiements de loyers), une plus grande cohérence de l’action publique. En effet, les pouvoirs publics ont accumulé les dispositifs dédiés à l’urgence sociale, mais c’est devenu un millefeuille source de gaspillages de temps et d’argent.

Le rapport plaide aussi naturellemnt pour une meilleure politique du logement. Le paradoxe, dit-il, est que l’on construit beaucoup en France, mais la construction doit être réorientée vers les logements sociaux (PLA-I et PLUS).

Le président Sarkozy vient d’annoncer un contrôle plus rigoureux et fréquent des ressources des locataires de HLM en vue de l’application renforcée du surloyer à ceux qui dépassent les plafonds. C’est une mesure qui va dans le bon sens, mais qui ne suffira pas.

(1) Le PLUS (Prêt locatif à usage social) remplace, depuis le 1er janvier 2000, les PLA (Prêt locatif aidé) et les PLA-LM (Prêt locatif aidé à loyer minoré). Le PLA-I est le Prêt locatif aidé d’intégration. Les prêts et avances PLUS et PLA-I peuvent désormais être accordés aux collectivités territoriales ou leurs groupements dès lors qu’il ne s’agit pas de logements conventionnés, aux organismes dont l’un des objets est de contribuer au logement des personnes défavorisées et agréés à cette fin par le préfet du département.


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7 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 12 décembre 2007 10:29

    Les socialistes ont pris l’habitude de sous-traiter les problèmes de sociétés à des associations qui en ont faient un bizness,d’ou la grande concurrence pour toucher les subventions pour offrir des tentes !!

    La véritable réponse sera la loi « DALO »,le RMA et un seul accompagnement (au lieu de plusieurs comme c’est la cas aujourd’hui)

    Les mesures prisent par le Président correspondent à une réalité,celle de voir des belles voitures de luxe dans des cités ou résidences HLM,alors que les conditions de ressources sont bien souvent dépassées.

    « Ces locataires » parfois font de la sous-location de ces logements pour des personnes n’ayant pas les moyens de ce loger et font payer le prix fort.

    Nous avions donc ,l’Etat qui enrichissait à ce jour des voleurs sans aucuns controles !


    • La Taverne des Poètes 12 décembre 2007 10:40

      Le RMA n’a pas fait un tabac et c’est un euphémisme. Le RSA marchera peut-être mieux mais ce n’est pas sûr car le projet initial de Martin Hirsch sera fortement révisé par Sarkozy et comme pour la DALO, les moyens ne seront pas à la hauteur des enjeux.


    • La Taverne des Poètes 12 décembre 2007 13:11

      Politique du logement « pour les nuls » et les gens pressés" : problématique et solutions proposées :

      - le problème : La loi DALO (Droit Au LOgement) adoptée le 5 mars 2007 oblige à mise à disposition de logements nombreux. Or, le manque en logements sociaux est évalué à 800 000 (selon l’association Abbé Pierre) pour seulement 80 000 -donc 10 fois moins !- de logements qui seront créés en 2007 (100 000 en 2008 et autant en 2009).

      - Les solutions envisagées : Il faut donc aussi essayer de libérer des logements sociaux et de les ajuster à la taille de la famille occupante (échange de logements). En effet la sous-occupation de logements est importante (la part des personne sseules dans le parc social est passée de 8% en 1970 à 35,5%). La mobilité aussi est faible : quand on est en HLM pon peut y rester à vie (moyennant dans certains cas un surloyer mais pas très lourd). La commission Attali (Attali est sarkoziste) prévoit de jeter dehors plus vite et plus facilement les locataires indélicats. La ministre du logement Christine Boutin souhaite remplacer le principe de « maintien dans les lieux » par celui de « maintien dans le parc social » qui permet des déplacements de locataires avec éventuellement aides au relogement. Difficultés : les personnes âgées sont dures à bouger. Les parents assurant des droits de visite pour les enfants mineurs doivent pouvoir disposer de chambres pour les accueillir. Et même dans le cas d’enfants placés par le juge des enfants, l’absence de logement adapté pourrait empêcher le retour des enfants chez leurs parents.

      Pour tout savoir sur la loi DALO : je vous mets ce lien vers mon article : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=30442


      • La Taverne des Poètes 12 décembre 2007 14:54

        Seuls 15 % des SDF environ sont des « clochards » ! Pour aller plus loin sur la question du logement social , ce lien vers une publication très sérieuse du CREDOC « Logement social. Une porte de plus en plus difficile à ouvrir » (format pdf) : http://www.credoc.fr/pdf/4p/205.pdf


        • vieuxcon vieuxcon 13 décembre 2007 02:24

          Elle est pas drôle, mais je la fait quand même : Et si on réquisitionnait la tente de Kadhafi ?


          • logic 22 décembre 2007 11:20

            Décidément nous sommes trés forts en France pour disserter sur les conséquences sans en chercher les causes réelles et profondes . C’est ainsi que les problèmes ne se résolvent jamais : vous pouvez combattre un foyer infectieux si vous ne détruisez pas le virus il ne pourra que revenir sans cesse et chaque fois un peu plus fort !

            J’aimerais d’abord que l’on fasse un distingo dans les exclus de la Société car il ne faut pas s’y tromper il y a de plus en plus parmi eux des individus qui se sont responsabilisés dans leur vie de citoyen en travaillant payant leurs impôts leurs cotisations élevant leurs enfants et n’ayant jamais rien réclamé à l’Etat et même ayant donné bénévolement de leur temps à la Société (associations sportives culturelles sociales.. ;) Et oui ça existe dans notre « démocratie » et ça existera de plus en plus vu l’hypocrisie de ceux qui nous gouvernent (tous confondus depuis plus de 25ans cf. d’ailleurs anniversaire des restos du coeur)Leur hypocrisie donsistant à nous faire croire que nous progressons alors qu’ils nous appauvrissent chaque jour un peu en s’enrichissant eux et leurs copains Pour cela ils ont mis en place des sbires qu’ils ont formatés à leur « philosophie » basée sur l’arnaque qui font passer les honnêtes denonciateurs des injustices pour des excités des fachos ou autres troubles fêtes Tout le système est bien ficelé ; : savez vous que Hirch est un pote de Strauskann lui qui a foutu notre industrie en l’air lui même le pote à Trichet qui aprés avoir fait le trou du CL a été gouverneur de la BdF et today de l’Euro Et n’oublions pas que Strauskann a été obligé de démissionner de Bercy à cause de l’affaire de la MNEF

            Et vous voulez faire confiance à tous ces gens là qui en 27ans ont fait passer la dette publique de 20% de notre PIB à 65% en 2007

            L’argent n’est pas créée par l’Etat et encore moins par eux mais par la responsabilisation des citoyens mais quand ceux qui les gouvernent sont des irresponsables que l’on vénère que reste-t-il à faire ???

            Ne croyez pas au barbu ce ne sont pas des Pères Noêl loin s’en faut car leur discours est à l’opposé de ce qu’ils pensent et surtout de leurs actes et chaque fois qu’ils prennent une décision c’est en réalité pour mieux nous enfoncer J’appelle ces gens là des manipulateurs et sont trés contents lorsque nous nous divisons sur leur persone et leur démagogie


            • La Taverne des Poètes 11 janvier 2008 09:29

               "Il faut arrêter d’envoyer des personnes à la rue", a déclaré Olivier Berthe, président des Restaurants du coeur"

              Cela fait trente ans que les politiques publiques successives mènent à l’échec : il s’agit d’en finir", a déclaré, le 10 janvier, Hervé de Ruggiero, directeur général de la FNARS (Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale. "Le principe selon lequel personne ne doit subir la contrainte de vivre à la rue a été acté par François Fillon le 15 décembre dernier, et pour nous, c’est l’Etat qui est le garant du droit au logement et de la solidarité nationale." Pour la FNARS, il faut aussi rappeler en préalable que le logement est la finalité des dispositifs d’accueil.

              L’Etat ne prend pas ses reponsabilités en poussant les gens à la rue : à leur sortie de prison, d’hôpital psychiatrique. Places d’accueil d’ugence insuffisantes, quotas des logements sociaux de communes non respectés par les communes riches...Et bientôt en mettant dehors des logemens HLM les locataires qui dépassent les plafonds sans avoir la possibilité de se reloger, en évaluant le train de vie de RMIstes dont certains seront également handicapés dans la recherche de logement adapté, car parmi ces catégories il y a des familles très endettées ou connaissant de lourdes difficultés.

               

               

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