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Accueil du site > Actualités > Société > Cette ruralité qui meurt

Cette ruralité qui meurt

 

Tout ce bruit médiatique autour de la menace de Stéphane Bern de laisser tomber sa mission car il craint de ne pouvoir sauver les monuments de la ruralité française est l'occasion rêvée de parler de celle-ci. Ce n'est pas du tout un sujet de préoccupation de nos gouvernants cette « France dite périphérique », ce n'est pas un électorat qui compte à leurs yeux...

Pendant plus de seize ans, j'ai travaillé dans la plupart des lycées professionnels de l'Eure, de Gisors à Verneuil en passant par Gasny, Louviers et Vernon. Un remplaçant enseignant comme je l'étais ne gagne pas bien sa vie, c'est le moins que l'on puisse dire, raison pour laquelle ce métier est souvent exercé par des épouses pour qui c'est de l'argent de poche et cela permet de s'occuper des enfants le mercredi. Je voulais satisfaire enfin mes ambitions, montrer ce que je valais, revenir à Paris dans un établissement plus côté, ce que j'ai fini par atteindre.

J'ai comme tant d'autres mangé de la vache enragée...

Cependant j'avais une compensation aux temps de transport que j'avais matin et soir (une heure et demie en moyenne), la beauté paradisiaque des paysages que je traversais, des paysages de plus en plus enlaidis par la construction de maisons « monopoly » un peu partout dans les pâtures et à la place des bosquets normands. Traverser l'Eure au petit matin, contempler le jour se lever sur ses forêts, ses collines, ses champs, oublier toute cette vaine agitation d'une époque qui ne tolère pas l'introspection, le silence de temps en temps et toute espèce de vie intérieure.

Bien entendu, ce n'était pas partout. Il ne s'agit pas ici d'idéaliser, de rêver tout éveillé. Je ne veux pas voir la campagne, la ruralité comme un parisien bourgeois pédagogue confit dans des poncifs irréalistes, redécouvrant l'eau tiède tout en pontifiant à la manière d'auteurs pétainistes comme René Bazin qui a écrit « la Terre qui meurt »...

De fermetures de petites écoles à classe unique ou de collèges de campagne disparaissant en faillite des petits commerces sur place depuis longtemps, des agriculteurs gagnant un salaire à peine suffisant pour vivre en passant par tous ceux ne supportant plus la capitalisation de leur activité :

L'achat de machines de plus en plus sophistiquées les encourageant à une agriculture la plus intensive possible pour une productivité artificiellement gonflée, la ruralité meurt sûrement, de plus en plus rapidement. Ne parlons pas des jeunes ruraux s'empressant on les comprend de ficher le camp pour les métropoles régionales, de grossir les rangs du « lumpenprolétariat » urbain de villes de plus en plus inaccessibles aux plus précaires :

Que ce soit pour se loger, manger, se divertir, vivre tout simplement...

C'est désolant mais on les comprend. Et c'est ainsi que l'on traverse des départements de plus en plus déserts excepté quelques zones proches des grandes villes affectionnées par les rurbains, ces foyers pas assez riches pour habiter en centre-ville, qui le sont encore suffisamment pour avoir une résidence dans un petit village ou un bourg. Il y a tous ceux pour qui c'est une forme de sagesse, qui veulent avoir une qualité de vie supérieure, un environnement paisible, moins violent, qui ont leur jardin, parfois même des animaux comme avant.

Je me demande souvent si cela n'est plus la seule chose raisonnable à faire en attendant l'effondrement inévitable à plus ou moins long terme d'une société hyper-consumériste. Il n'y a pas de recette-miracle pour y remédier, il est même déjà trop tard.

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

Amaury – Grandgil

illustration empruntée ici


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106 réactions à cet article    


  • Durand Durand 3 septembre 09:01


    « Je me demande souvent si cela n’est plus la seule chose raisonnable à faire en attendant l’effondrement inévitable à plus ou moins long terme d’une société hyper-consumériste. Il n’y a pas de recette-miracle pour y remédier, il est même déjà de trop tard. »

    Quel défaitisme !

    Non, ce n’est pas la seule chose à faire, sauf si l’on refuse de comprendre que ce sont les traités européens – irréformables à 27 – qui ont sonné le glas de l’agriculture française familiale de qualité au profit de l’agro-industrie ultra-lobbyiste et ultra-polluante.

    La France n’a plus le droit de taxer ou d’interdire les importations de produits agricoles et les produits agricoles français sont mis en concurrence avec les productions venues de pays sans protection sociale et aux salaire de misère (art.63 du TFUE...)... 

    D’autre part, la Politique Agricole Commune qui est définie par les traités européens et mise en œuvre par les instances européennes est très clairement une agriculture intensive :

    Article 39 du Traité de Fonctionnement de l’Union Européenne :

    (ex-article 33 TCE)


    « Titre 1. 

    La politique agricole commune a pour but 


    a) d’accroître la productivité de l’agriculture en développant le progrès technique, en assurant le développement rationnel de la production agricole ainsi qu’un emploi optimum des facteurs de production, notamment de la main-d’œuvre,... »


    Tout est dit !...


    La seule chose à faire est donc de sortir de l’UE pour pouvoir à nouveau protéger les productions françaises de qualité et ainsi redynamiser la ruralité.






    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 3 septembre 09:14

      @Durand
      UPR non ?


    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 3 septembre 09:18

      @Durand
      Vous avez compris, ou pas, que je ne parle pas seulement de l’agriculture mais d’écologie et de société. Notre société est à bout de souffle et le désastre écologique a déjà causé des désastres irrémédiables. Si c’était juste une question de traités européens ce serait bien


    • Durand Durand 3 septembre 10:14

      @Amaury Grandgil


      Vous ne valez même pas un Hulot... Lui, au moins, semble avoir enfin compris que l’ultra-libéralisme européen est incompatible avec l’écologie, donc avec une agriculture durable et donc avec une ruralité dynamique et bien intégrée dans une société moderne.

      Non, ce n’est pas juste une question de traités européens..., il s’agit également du déni dont vous faites preuve concernant leur contenu et sa mise en application OBLIGATOIRE par les instance européenne et nos gouvernements. Et il n’y a pas que l’agriculture qui est impactée..., tous les secteurs d’activité sont mis en concurrence avec le reste du Monde et périclitent les uns après les autres pour les mêmes raisons : les traités européens empêchent les États de protéger les citoyens. 

      Pour les traités, il existe une solution : l’article 50... Pour le déni..., je cherche...




    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 3 septembre 10:27

      @Durand
      Ah le fameux article 50 la lubie du gourou.. ;

      Sinon si vous avez l’intention de pourrir ce mur je vous en dissuade de suite.

    • Paul Leleu 3 septembre 11:07

      @Durand

      je trouve très intéressant la sortie de l’UE par l’article 50... mais je doute que la crise culturelle dont parle l’auteur soit réglée par un simple « frexit »... le ramassis français ne redeviendra pas un peuple en un tour de main... si toutes fois cela a encore un sens, et si nous le désirons vraiment... 


      quant à régler les autres problèmes : les pays « souverains » qui résistent à travers le monde à l’ordre impérial, se voient victimes de guerres froides, de putsch, d’escadrons de la mort, de sanctions économiques, de spéculations monétaires et autres joyeusetés... un peu comme quand la France du Général De Gaulle déstabilisait la monnaie guinéenne qui voulait s’émanciper du CFA (opération « persil »)... je me demande ce que Asselineau pense de « l’opération persil »... 

    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 3 septembre 11:29

      @Paul Leleu
      « le ramassis français ne redeviendra pas un peuple en un tour de main... si toutes fois cela a encore un sens, et si nous le désirons vraiment... »

      J’ai des doutes aussi, surtout après avoir foutu en l’air la ruralité

    • Paul Leleu 3 septembre 11:46

      @Amaury Grandgil


      oui... mais cette « ruralité » a-t-elle jamais vraiment existée ? Les masses paysanes d’autrefois représentaient-elles un monde libre et autogéré ? Ou plutôt le mode d’exploitation du peuple par les élites en phase avec l’ère agricole ? Du féodalisme des marges aux latifundium des régions centrales, le peuple était exploité : fermiers, métayers, ouvriers agricoles, journaliers... et autrefois les serfs... plus loin encore les esclaves... 

      l’autonomie était rare... et comme les « petits commerçants » d’aujourd’hui, les « petits paysans libres » se voyaient de toutes façons compressés par les lois du marché d’un côté, et par les impôts de l’autre côté... au profit des gros bonnets... 

      Ce qui me semble vrai, c’est qu’une vie collective existait dans les grands ensembles ruraux ou industriels, que nous avons perdu... c’est clair... et avec cette vie collective, une certaine joie « sans mots » de la condition humaine... très certainement... le système actuel a un besoin essentiel d’atomiser l’individu pour différentes raisons... 



    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 3 septembre 12:33

      @Paul Leleu
      Bien sûr qu’elle a existé, il y avait une exploitation tous les deux-cent mètres dans certaines régions...

      Il y a un abîme entre la théorie d’un système et sa réalité. Les aristocrates n’avaient aucun des moyens actuels pour faire payer l’impôt par exemple

    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 3 septembre 14:07

      @Paul Leleu
      Nous avons perdu en effet cette joie d’être ensemble. Elle allait de soi, chacun dans son rôle, chacun utile à la collectivité.

      Elle n’était sans doute pas parfaite mais elle existait...
      Je rêve de tout cela moi, de le retrouver. ça existe encore un peu dans certains coins mais ça s’abîme vite...

    • Paul Leleu 3 septembre 15:12

      @Amaury Grandgil


      vous pensez ce que vous voulez... mais je crois que vous idéalisez. Les percepteurs d’impôts d’hier avaient des moyens efficaces de recouvrer l’impôt... ça date pas d’aujourd’hui... sans compter les famines et la misère paysanne, jusqu’à une époque moderne. 

      Mais je partage avec vous l’idée qu’une vie collective pouvait exister, que nous n’avons plus... Cependant, cette vie collective a perduré dans les grands ensembles industriels, sous une nouvelle forme. C’est réellement la désindustrialisation qui a cassé cette réalité. 

      sur le fait de voir aujourd’hui encore des traces de vie collective , je suis dubitatif... je circule pas mal... le temps est depuis plusieurs décennies à l’individualisme... non seulement dans le monde industriel, mais encore plus dans ce qu’il reste du monde paysan. Je suis plus pessimiste que vous là dessus. Ca veut pas dire que les gens font pas de barbecue pour boire un coup... mais de là à s’entraider dans l’épreuve, et plus encore contre l’oppression en prenant des risques physiques et judiciaires... l’individualisme est très marqué maintenant... dans toutes les classes sociales. 

    • Durand Durand 3 septembre 15:30

      @Amaury Grandgil


      « Sinon si vous avez l’intention de pourrir ce mur je vous en dissuade de suite. »

      C’est promis, dorénavant, je serai toujours daccord avec vous pour ne pas risquer de pourrir votre mur...

      Mais votre mur est déjà pourri par votre déni et l’absence d’argumentation récurrente dont vous faites preuve une fois de plus.

      Allez-y, puisque ça vous démange !..., Et surtout, ne prenez pas de risque !

      Quand à l’art.50, il a plutôt bien réussi aux Britanniques, non ?

       




    • Cateaufoncel2 3 septembre 16:03
      @Durand

      « Quand à l’art.50, il a plutôt bien réussi aux Britanniques, non ? »

      En décembre 40, le national-socialisme réussissait drôlement bien (drôlement, pas plutôt) aux Allemands.

      P.S. - Les Britanniques ne sont même pas dehors de l’U.E., et on peut avoir des doutes sur la suite des événements.

    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 3 septembre 17:03

      @Cateaufoncel2
      Oui ils vont au Brexit à reculons et vont faire de la Grande Bretagne un genre d’hyper paradis fiscal.


    • gnozd 3 septembre 17:15
      @Paul Leleu

      Y’a sûrement plus l’esprit collectif dans ce qu’on appelle maintenant les « quartiers », c’est à dire les cités, où vit une population essentiellement issue de l’immigration, que dans la classe moyenne autochtone qui comme vous le dites a été totalement atomisée...

      C’est bien emmerdant. Pour nous. Mais c’est comme ça...

    • Cateaufoncel2 3 septembre 17:37
      @Amaury Grandgil

      « Oui ils vont au Brexit à reculons... »

      Tant qu’ils ne seront pas dehors, j’aurai un doute à propos de leur sortie... C’est dans ma nature, depuis quelques années, je ne crois plus rien qui ne soit vérifiable et vérifié.

    • Cateaufoncel2 3 septembre 17:45
      @gnozd


      "Y’a sûrement plus l’esprit collectif dans ce qu’on appelle maintenant les « quartiers », c’est à dire les cités, où vit une population essentiellement issue de l’immigration..."

      Il n’y a rien de tel qu’un ennemi clairement identifié pour souder une communauté. Et cet ennemi. ils l’ont, c’est nous !

      Ca aussi, c’est emmerdant pour nous.

    • aimable 3 septembre 19:11

      @Paul Leleu

      Je confirme pour le mode d’exploitation, cette forme d’esclavagisme agricole qui a perduré dans certaines régions Française jusque la fin des années 50 .
       ( la Normandie était bien placée dans ce domaine )

    • JulietFox 3 septembre 19:24
      @Durand

      Asseli NO !
      Combien de % aux élections le pote à Padequoi ???


    • meslier meslier 3 septembre 19:53
      @Amaury Grandgil

      Discussion entre Colbert et Mazarin sur le prélèvement de l’impôt :

      Colbert : Pour trouver de l’argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus. J’aimerais que Monsieur le Surintendant m’explique comment on s’y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu’au cou…

      Mazarin : Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu’on est couvert de dettes, on va en prison. Mais l’État…, lui, c’est différent. On ne peut pas jeter l’État en prison. Alors, il continue, il creuse la dette ! Tous les États font ça.

      Colbert : Ah oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l’argent. Et comment en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables

      Mazarin : On en crée d’autres.

      Colbert : Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu’ils ne le sont déjà.

      Mazarin : Oui, c’est impossible.

      Colbert : Alors, les riches ?

      Mazarin : Les riches, non plus. Ils ne dépenseraient plus.Un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres

      Colbert : Alors, comment fait-on ?

      Mazarin : Colbert, tu raisonnes comme un pot de chambre sous
      le derrière d’un malade ! il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches… Des Français qui travaillent, rêvant d’être riches et redoutant d’être pauvres ! C’est ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux là ! Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser…c’est un réservoir inépuisable.

       




    • MERLIN MERLIN 3 septembre 21:04

      @Cateaufoncel2

      En décembre 40, le national-socialisme réussissait drôlement bien (drôlement, pas plutôt) aux Allemands.
      N’importe quoi, sans vouloir vous offenser.....
      Rester dans l’UE c’est comme donner le bâton pour se faire battre.
      Et je rappelle que l’idée de l’UE était le plan que Hitler avait prévu pour gérer son après victoire, l’histoire en a décidé autrement, quoi que.....

    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 3 septembre 21:14

      @meslier
      source ?

      Un individu « libre et progressiste » de 2018 est beaucoup plus imposé qu’un paysan d’Ancien Régime...

    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 3 septembre 21:17

      @mesiler

      excellente la référence au curé Meslier

      sur la comparaison entre maintenant et l’Ancien Régime, une petite source

    • Julien Esquié Julien Esquié 3 septembre 23:21
      @Amaury Grandgil

      Se peut-il qu’il ait accès à certains services publics, entre autres choses ?

    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 4 septembre 08:32

      @Julien Esquié

      Aussi...
      Mais certains existaient déjà avant la République : le système de coches (de transport) de Colbert, la systématisation au cours du XVIIIème de la modernisation des routes, le système des relais pour les postes, l’école faite par le curé dans les villages...

    • devphil30 devphil30 3 septembre 09:30
      Un joli secteur celui de Verneuil que je connais bien

      Philippe

      • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 3 septembre 10:01

        @devphil30
        un petit paradis rural


      • izentrope 4 septembre 22:56

        @devphil30 - oui, la vallée de l’Avre a beaucoup de charme notamment Montigny, Tillières et breux sur Avre ... smiley


      • zygzornifle zygzornifle 3 septembre 09:34

        Les monument faut les vendes aux Chinois et que Berne le berné de Macron se batte pour les petits villages désertés et leurs habitants délaissés , les monuments je m’en bat ce ne sont pas eux qui souffrent mais bien les habitants des zones rurales délaissées ....


        • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 3 septembre 10:02

          @zygzornifle
          C’est l’ensemble


        • JulietFox 3 septembre 19:38
          @zygzornifle

          Le mien de village ne se meurt pas. Il EST mort.
          Les haies et bosquets on été arrachés, pour planter ce putain de maïs ; Les petites fermes, qui ont vu plusieurs siècles, rasées, achetées par des Anglais, qui ont foutu les camp après le Brexit si cher à l’UPR. et fait grimper les prix de 35%.
          Les stabulations gigantesques de 500 vaches, les ont remplacées, mais cet été sec comme l’âme du diable, leur fait tirer la langue aux bovidés. Et, il est a parier, que les cours de la bidoche vont s’effondrer.
          Les artisans ont fichu le camp, eux aussi. faute d’habitants, suivi par les médecins.
          L’école est vide, et sert de salle des fêtes, pour les repas, des vieux, de la chasse ( au gros, parce que le reste, « yenaplu »)
          L’église, continue de sonner aux angélus ( qui sait encore d’où ça vient) mais n’a plus de clients que pour les enterrements.
          Les anciens , très anciens, on les compte sur le doigts des 2 mains

          Ah, si. Il y a quelques années, certains éblouis par de beaux Messieurs en costume, ont accepté -à la 2ème enquête d’utilité publique- que leur rivière sauvage, où l’on péchait de la truite fario, soit barrée et devienne un patit lac, que l’on vide l’été, pour...arroser ce peutain de maïs, subventionné comme il se doit.
          Et le pire, c’est que la maison pour handicapés, promise, avec les emplois hadoc, et bien, les beaux Messieurs en costume ont tiré un trait dessus.Et le village est mort.

          R I P

        • ZenZoe ZenZoe 3 septembre 10:26

          J’approuve Stéphane Bern dans son combat pour sauvegarder un patrimoine provincial moins flamboyant mais tout aussi important. Et il a raison de râler sur le décalage des fonds accordés entre grands et petits monuments.

          Ceci dit, les ruraux n’ont besoin de personne d’autre qu’eux pour foutre en l’air la beauté de leurs paysages.
          Un petit voyage dans les campagnes françaises montre bien le désastre. Entre les immenses bâtiments agricoles en tôle, les usines en préfabriqués, les lotissements standardisés, les salles polyvalentes comme des verrues à l’entrée des villages, les anciennes et belles maisons remplacées par des horreurs architecturales modernistes, sans parler des centres commerciaux et leurs parkings, le tout généreusement saupoudré d’affiches publicitaires à gogo, on mesure bien l’étendue des errements esthétiques des locaux - car ce sont bien les locaux qui demandent et délivrent les permis de construire, saccagent leurs villes et leurs villages et détruisent leurs jolis bosquets et leurs prés bordés de haies !


          • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 3 septembre 10:28

            @ZenZoe
            C’est vrai que bien souvent ils saccagent l’esthétique de leur ville. Saccage dû aussi à la capitalisation forcée de l’agriculture.


          • Olivier 3 septembre 10:36

            @ZenZoe
            Oui tout à fait. 

            C’est le problème de l’architecture et de l’urbanisme modernes -en tout cas tels qu’ils sont pratiqués en France- qui est posé. 

            En fait absolument tout ce qui se fait actuellement est hideux et informe. Entre les architectes qui ne pondent depuis des lustres que des cubes en béton et les minables pavillons des promoteurs, tous identiques et d’une qualité déplorable -ce qui ne les empêche pas d’être très chers, et les zones commerciales, le paysage urbain a été totalement saccagé. 

            On dirait qu’il y a un parti-pris de l’anti-esthétique, à rebours du patrimoine du passé qui est devenu par le tourisme l’une de nos seules source de revenu. Ce qui est sûr, c’est que les touristes du futur ne viendront pas voir ce que fait la France actuelle ! 

          • Paul Leleu 3 septembre 10:46

            @ZenZoe


            bien dit... la ruralité et le périurbain sont aussi souvent un dépotoir des suffisances. L’individualisme et le consumérisme y atteignent des sommets. C’est juste que les gens sont moins riches que les bobos des villes... mais leur mentalité est pareille, en-dessous de leurs apparances vieille-france... pas joli-joli ...

            Sur les monuments, je ne sais pas quoi en penser... à quoi bon sauver des églises que plus personne ne fréquente depuis parfois 200 ans (la déchristianisation de la France du Nord a commencé dès la fin du XVIIème siècle) ?? Moi je suis un amateur d’art... mais même sur AVox on se fait insulter quand on dit que le rock n’roll c’est de la merde lyophilisée américaine pour veaux français dévirilisés... Ben, les monuments historiques subissent le même sort que le reste de notre culture. C’est juste que ça se voit plus, parce-que l’église c’est sur la place du village. Mais au fond, l’intérieur est mort depuis longtemps. Mais si tu regardes comment ont fini les monuments romains, tu te dis que ça va juste mettre des siècles à tomber en poussière. Dans l’indifférence générale... 

            Les gens aiment le Flunch, la bière jaune-pipi industrielle, le rock et leurs pavillons « monopoly »... c’est comme ça... ce sont des français, des occidentaux... soumis et fiers de l’être... faut pas en faire un drame... 

          • Paul Leleu 3 septembre 11:18

            @Olivier


            bien sûr qu’il y a un parti pris « anti esthétique »... c’est volontaire et conscient, du moins chez les gros architectes et promoteurs... c’est un choix délibéré... esthétique du néant, et sadisme de fournir « leur merde » aux clients... un peu comme un dealer fournit leur dose à des drogués hystériques... 

            dans de nombreux métiers, il y a cette conscience qu’il faut fonctionner à deux vitesses. La qualité pour quelques initiés. Et de la merde volontairement rabaissée pour les clients rentables. Dans mon métier, les gens me demandent expressément  de la merde. Même si bien sûr ils ne le formulent pas comme cela. Mais cela revient au même. Et ils en sont très satisfaits. On rajoute un ou deux zéros sur le contrat... c’est terrible, mais c’est comme cela. Au début cela me faisait mal, mais maintenant je m’y suis fait. 

            Les riches, les gros promoteurs et architectes, pour la plupart ne vivent pas dans l’environnement qu’ils construisent. Ils vivent dans de l’ancien et du préservé (la plupart d’entre eux). Mais ils savent que le public réclame du béton et de la laideur. De même qu’une soumise réclame le fouet. 

            Au passage, ça atomise les gens cultivés mais pauvres... ils sont désespérés, et ne peuvent plus servir de ferment de révolte au peuple. C’est multi-fonction. Et en plus, comme c’est de mauvaise qualité, il faut tout reconstruire tous les 30 ans... encore du pognon... Pourquoi s’en priver ? Les élus se sucrent au passage. 

          • Fergus Fergus 3 septembre 17:40

            Bonjour, ZenZoe

            Vous avez raison de le souligner, ce sont souvent les ruraux eux-mêmes qui dégradent leur cadre de vie. Et souvent des néo-ruraux venus de la ville qui restaurent ce qui peut l’être.

            Une vérité que tout le monde n’est malheureusement pas prêt à entendre, le citadins qui ont fait le choix de la campagne étant parfois vus comme des intrus, même lorsque leur bonne volonté est manifeste.


          • Aristide Aristide 3 septembre 18:35

            @Fergus
            Vous avez raison de le souligner, ce sont souvent les ruraux eux-mêmes qui dégradent leur cadre de vie. Et souvent des néo-ruraux venus de la ville qui restaurent ce qui peut l’être.


            Vous êtes malade ? Vous avez viré de bord ? Énoncer de telles bêtises est assez ... compréhensible, à réfléchir. 

            Ces ruraux dégradent leur cadre de vie avec des locaux de stockage pour les animaux et les récoltes, des lotissements de petites maisons modestes pour loger leurs enfants qui travaillent à la ville voisine, les maisons de village sont inaccessibles tellement prisées par les non-ruraux. Ils saccagent le décor idyllique en construisant des locaux publics réalisés avec les moyens des communes, ni pierre de taille, ni piscine ... Ils ont même l’aplomb de construire des maisons de la santé, des centre commerciaux de petites tailles pour ne pas être avalés parr la grande surface de la ville voisine. Déja que la moitié des commerçants ont plié boutique. Pire, ils financent des écoles avec des effectifs en baisse, essaient de nourrir les enfants avec de la cuisine faite localement dans des locaux pas rustiques.

            Par contre les non ruraux, les ceux qui viennent randonner dans les chemins entretenus pas ces mêmes ruraux. Ces non ruraux ont le choix de la couleur de leurs volets qui resteront fermés 11 mois sur 12, restaurent avec matériaux locaux des maisons qui étaient occupés par des vieux partis en maison de retraite , et ils installent tout le confort, celui qu’ils ont dans la ville d’où ils viennent, on n’est pas des sauvages. Bon il se plaindront du bruit des cloches, du débit internet qui ne leur permet d’accéder à toutes les chaines de leur bouquet préféré, ils râleront sur le chant du coq de la petite vieille qui a encore quelques poules pour les oeufs, et surement du bruit du tracteur l’été quand le rural ira dans son champ au moment de l’apéro en terrasse et saucisses du supermarché...Mais comme ils sont gentils, ils iront acheter le pain chez le multi-service du coin. Un jeune du coin qui vivote dans un local prêté par la mairie, pour assurer pain,épicerie , timbres et autres produits qui ne rapportent rien. Le non rural trouve que c’est trop cher par rapport au supermarché de la ville d’a coté auquel il s’approvisionne en allant au restaurant auquel il faut aller. Il a des étoiles au Michetruc ...

            Je rêve de voir autant de boboisme dans les propos que vous approuvez ...

          • pemile pemile 3 septembre 18:55

            @Aristide « les maisons de village sont inaccessibles tellement prisées par les non-ruraux »

            En bord de mer, peut être, en campagne les vielles maisons avec dépendances et grands terrains sont bradées.


          • Aristide Aristide 3 septembre 19:30

            @pemile


            En campagne ? Quelle campagne, les quelques régions qui sont entièrement désertées, celles qui arrivent à survivre, plus ou moins proche de grande localités, de lieux touristiques de toute nature, Allez voir dans les régions du grand Sud, dans les zones de moyenne et haute montagne, des villages près de curiosité locales, ..., cote ou pas. Les prix sont inaccessibles.

            Il existe effectivement quelques régions qui souffrent, mais aucune activité qui permet de valoriser le patrimoine et surtout ... aucun acheteur local ou pas. Vous avez bien lu que je parlais des lotissements souvent modestes dans ce cas, ce ne sont pas ces régions qui sont concernées par mon message. 

            Je parlais des zones où non-ruraux achètent ... et font monter les prix ...

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