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Accueil du site > Actualités > Société > Des modalités de la reproduction dans la société technicienne

Des modalités de la reproduction dans la société technicienne

 

Aucune étude sérieuse quant à la nature et aux finalités d’une société ne peut faire l’économie d’un questionnement sur la façon dont les gens s’y unissent et s’y reproduisent. Le mariage et l’accouplement sont les institutions les plus rigoureusement encadrées dans toutes les sociétés primitives. C’était aussi le cas en Grèce, à Sparte, à Rome, en Orient, où la législation dans ces domaines était très stricte. Qu’en est-il dans notre société ?

Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark. Les hommes sont malheureux, ils s’agitent, ils rêvent de victoire contre les nantis (gilets jaunes) ou au contraire de retour à un ordre antérieur, à la chrétienté médiévale par exemple. Ils réfléchissent. Ils écrivent. Et pendant ce temps-là rien ne change, le monde continue de tourner. Les utopies foisonnent, et pourtant jamais nous ne nous sommes sentis aussi peu libres, aussi déconnectés de l’espérance politique qu’à notre époque. Pourquoi ? D’où vient le paradoxe ?

 La réponse est simple. Les flots d’encre déversés par les utopistes et intellectuels de tout poil ne pèsent rien, c’est un amusement d’oisifs, de chômeurs et de retraités. Pendant que les hommes s’écharpent sur les forums de discussion, le sort du monde se joue ailleurs : chez les femmes. Vous ne trouverez pas de jeunes femmes sur Agoravox. Elles ont plus important à faire. Elles ont à préserver l’ordre d’aujourd’hui, et à construire le monde de demain.
 
 L’axiome que je défendrai dans cet article est le suivant : Qui possède les leviers de la reproduction façonne le monde selon ses désirs.
 Qui procédait aux choix en matière de reproduction aux siècles passés ? C’était celui qui tenait les cordons de la bourse. La reproduction était un outil aux mains des possédants pour préserver leurs prérogatives sociales. Le mariage était une affaire sérieuse. Il y avait des dots, des contrats, etc. C’est ainsi que l’ordre bourgeois de la société se perpétuait. Bien entendu, la nature se rebellait parfois, d’où les innombrables histoires d’adultères que l’on trouve dans la littérature de cette époque, de Balzac à Mauriac en passant par Flaubert. (Aujourd’hui, on peut noter que l’adultère a complètement disparu en tant que thème romanesque : quand la femme en a marre, elle s’en va et l’homme écrit un livre pour exprimer sa douleur : Lettres à Joséphine de Nicolas Rey, Rompre de Yann Moix.)
 
 Pour de multiples raisons historiques sur lesquelles je ne reviendrai pas ici, l’ordre bourgeois s’est effondré (le mot qui revenait à toutes les pages encore chez Roland Barthes n’est plus du tout employé). Ce qui lui a succédé, plusieurs penseurs l’ont mis en évidence, c’est un ordre nouveau : l’ordre technicien. Et dorénavant, dans cet ordre nouveau, qui choisit le reproducteur ? Réponse : c’est la jeune femme fertile, et elle seule. La femme choisit le père, et elle le fait selon ses propres critères. Et de quelle nature sont ces critères ? Réponse : ce sont des critères exclusivement techniques. La jeune fille peut s’amuser avec le rocker ou le bad boy, quand l’horloge biologique se manifeste, quand il s’agit de passer aux choses sérieuses, elle choisira le professeur, le fonctionnaire, le banquier, le bureaucrate, l’homme installé. C’est un schéma que j’ai vu se répéter mille fois. En un mot : l’homme qui fait preuve d’une certaine dextérité dans l’univers technicien, et surtout qui accepte et soutient le monde tel qu’il est. Tout sauf le rebelle, l’utopiste. Le penseur peut exprimer son désarroi et ses théories brillantes sur Agoravox, ce n’est pas lui qui se reproduira. Celui qui se reproduira, c’est celui qui accepte le capitalisme, la technique, l’Etat doté de pouvoirs de contrainte, les impôts, bref ce monde dont chacun se plaint sans cesse. Et c’est logique. Lorsque le père de famille détenait le pouvoir de choisir les acteurs de la reproduction, le monde reflétait les désirs du père de famille : propriété, ordre bourgeois, État policier, étanchéité des fortunes, raffinements artistiques réservés à une élite, etc. Maintenant que c’est la femme de trente ans qui procède seule au choix du reproducteur, le monde reflètera les désirs de la femme de trente ans : fonctionnalité, sécurité, confort technique, pas de morale, pas d’abstraction, multiplicité des stimulations sensorielles – des macarons aux vacances au ski, etc.
 
 Alors bien sûr les hommes sont malheureux, une telle société est invivable pour eux, et ils l’écrivent, ils rêvent d’un retour à la verticalité, que ce soit sous une forme catholique, ou d’une politique autoritaire, ou des diverses nostalgies du néo-paganisme, etc. Mais tout cela ne compte pas. Qui détient le pouvoir de reproduction façonne le monde. La totalité de l’humanité de demain sera le fruit des volontés féminines, du moins dans le monde occidental. Le monde de demain sera le reflet du désir des femmes d’aujourd’hui, comme le monde d’aujourd’hui est le reflet du désir des femmes d’hier. Et dans ces conditions, il est aisé de prédire ce que sera le monde de demain : ce sera un monde fonctionnel, utilitariste. Le système est clos, la coïncidence entre accroissement des droits des femmes et développement de la dimension technicienne de la société se poursuivra, et l’étau de la technique sur nos vies ne fera que se resserrer, encore et encore, inexorablement.

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27 réactions à cet article    


  • JL JL 2 mai 09:24

    Intéressante réflexion.

     

     En attendant, je note que c’est une femme, Monique Canto Sperber qui n’a plus 30 ans certes, qui dénonce la fin des libertés.

     

     De fait, le néolibéralisme qui a institué la liberté économique et la concurrence libre et non faussée en valeurs fondatrices a produit un système profondément inégalitaire et qui produit de l’insécurité. Pas de sécurité pas de liberté.

     

    La liberté économique tue les libertés individuelles : le libéralisme économique est un illibéralisme  !

     

    CQFD


    • JL JL 2 mai 10:23

      @JL
       
       Ces êtres ne sont pas corrompus. Ils sont la corruption
       
      « Ils croient à la compétition et à la compétitivité. Ils méprisent la coopération, la générosité et l’altruisme. Ils ont réussi à faire passer la bienveillance pour de la naïveté, la solidarité pour de la faiblesse, l’empathie pour de la lâcheté.
       
      « Il est de plus en plus clair qu’il n’y a pas de place pour nous et nos enfants dans l’utopie néolibérale en construction, sinon comme esclaves ou comme pièces détachées.

       »
       
       Comment croire en l’UE quand le pays qui en tient les rennes est un paradis fiscal ?


    • Pale Rider Pale Rider 2 mai 10:43

      @JL
      Les rennes : seulement en Scandinavie. Ici, ce seraient plutôt les rênes... smiley


    • Pale Rider Pale Rider 2 mai 10:39

      Merci pour cet article. Il faut ajouter que les pouvoirs, qui n’ont que le mot « bioéthique » à la bouche, font semblant de résister un peu avant de tout entériner. Par exemple la GPA, la PMA, et tous les sigles que vous voulez et dans tous les sens, le tout aggravé par le Mariage pour Tous qui est la porte ouverte au droit à l’enfant au mépris du droit de l’enfant à ne pas naître dans un contexte artificiel et, précisément, technicien. On prépare même (et ça existe déjà) la possibilité de faire des enfants sans le délicieux plaisir qui va avec et qui, contrairement à ce qu’on enseigne encore trop souvent, fait partie de la création « très bonne » et n’est pas un péché quand il est pratiqué dans le cadre d’un amour qui a l’intention de durer.

      Bon enfin, bien qu’un peu intello et sévissant sur AgoraVox, je suis très heureux d’avoir eu le temps de me reproduire, et dans un partenariat fort plaisant à tous égards, y compris sur le long terme. Je souhaite le même bonheur à tout le monde. Mais la reproduction, c’est comme l’alcool : avec modération (on est déjà 7 milliards !). smiley


      • JL JL 2 mai 11:19

        @Pale Rider
         
         ’’on est déjà 7 milliards !

        ’’
         
         Chic planète


      • Paul Leleu 2 mai 17:20

        @Pale Rider

        vous noterez que ce sont les femmes qui imaginent « le droit à l’enfant »... ça correspond tout à fait à leur psychologie, où elles choisissent un père de façon assez fonctionnelle, selon leurs seuls besoins et désirs...

        d’ailleurs l’article est très juste (et assez amusant)... mais au fond, est-ce si grave ? Comme le dit l’auteur, cela ne dépend pas de nous... dès lors, pourquoi lutter contre cette tendance historique ?


      • George L. ZETER George L. ZETER 2 mai 12:38

        excellent article, fort instructif. La femme n’est plus vraiment l’avenir de l’homme ; mais plutôt son carcan...


        • arthes arthes 2 mai 16:32

          @George L. ZETER

          Ah !!!

          Mais c’est oublier que les hommes sont des lâches, et les femmes qui se conforment à cette nécessité de reproduction et qui sacrifient leur liberté d’aimer pour le confort d’une vie morne et conventionnelle ne valent pas mieux^que ceux qui se laissent séduire par leurs artifices et pour les même raisons.

          Je renvoie tous ceux la dos à dos.

          Trop facile de prétendre que l’un ou l’autre sexe soit un carcan quand les deux sont autant coupable par lâcheté , paresse cérébrale et conformisme !, 


        • arthes arthes 2 mai 17:12

          @arthes

          Et d’ailleurs, il en résulte que les femmes aussi sont malheureuses (@ l’auteur) et que chacun des deux, homme et femme n’a qu’à s’en prendre qu’à soi-même, à sa propre b^étise, à son propre suivisme .


        • Paul Leleu 2 mai 17:26

          @arthes

          « Et d’ailleurs, il en résulte que les femmes aussi sont malheureuses ».

          oui, je le remarque aussi... mais elles ne changeront jamais... c’est un déterminisme... Et puis ce n’est pas très grave... si c’était vraiment grave, alors elles changeraient... c’est donc que ce n’est pas si grave.

          en fait, le bonheur n’est pas nécessairement dans le couple... en tout cas pas dans ce genre de couple...

          laissons les femmes se reproduire comme elles le veulent (« faire un enfant toute seule », comme on dit). Qu’est-ce qu’on en a à faire ? Ca ne nous empêche pas de vivre. Et dans le futur, grâce à cette sélection sociale et génétique, il sera né des hommes adaptés à ce nouveau monde, donc tout ira bien. Et nous on sera plus là.

          le vrai drame serait de s’obstiner contre le mouvement de l’époque, à reproduire des hommes inadaptés...


        • arthes arthes 2 mai 18:22

          @Paul Leleu

          Le vrai drame étant que les hommes et les femmes ne se remettent pas en question ; Avez vous noté lorsque je disais que les hommes quant à eux étaient des lâches ?
          Ne jetons pas la pierre qu’aux femmes...Et il n’y a pas moins ni plus à à plaindre les hommes malheureux que les femmes malheureuses pour s’être fourvoyés en formant des couples « par commodité sociale » , conformisme aux idéologies en cours et par soucis de reproduction et qui forcément éclatent à un moment, car dans le fond , à force de se considérer comme des males et femelles devant procréer les « races meilleures » et à force de croyance dans le déterminisme , les humains des deux sexes perdent leur humanité, l’amour devient une grossièreté, les esprits et  deviennent stériles , juste capables de reproduire, mais jamais de créer. 


        • Jean De Songy 2 mai 15:47

          NIGER : 6,4 ENFANTS PAR « FEMME »,

          IMPORTÉS PAR CAPITALISTE POUR GRAND REMPLACEMENT DE L’UTOPISTE


          Depuis les civilisations du temps immobile dirait Engels pour tue la civilisation gréco-chrétienne du logos européen.

           

          Film Idiotcracy. QI et PISA en chute libre. C’est le crétin le reproducteur.

           

          Traité de l’Amour Fou, excellent bouquin sur ce thème de « la structure fait l’Amour »

           

          Qui détient le pouvoir de reproduction façonne le monde : NON ! C’est l’inverse, tt marxiste sait ça, le capitaliste est lui-même aliéné. La structure est extériorisation de l’Histoire, la reproduction est partie de la structure. Et ça se finit comme ça, par l’utérus artificiel chez les cyborgs.

           

          « Cette émergence des besoins, fut elle formelle et asservie [marketing], n’est jamais sans danger pour l’ordre social — comme l’est la libération de n’importe quelle force productive, comme le fut et l’est l’émergence de la force de travail : dimension de l’exploitation [captation de la plus-value] elle est aussi l’origine des contradictions sociales les plus violentes, d’une lutte de classes.
          Qui peut dire quelles contradictions historiques nous réserve l’émergence et l’exploitation de cette nouvelle force productive que sont les besoins [illimités par la science, dans une désublimation narcissique dirigée par le Capital, qui détruit la tempérance traditionnelle]. »

           
          ’Pour une critique de l’économie politique du signe’ Baudrillard, 1972


          • Jean De Songy 2 mai 16:16

            Les excellentes conf de Todd sur le lien structures familiales/systèmes politiques (youtube)
            Le classique : Origine de la famille, de l’état et de la propriété, Engels
             
            Traité de l’Amour Fou chez un ennemi public N°1
            https://www.kontrekulture.com/produit/traite-de-l-amour-fou
             
            Paragraphe dédié sur
            https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Clouscard
             
            (de Iseult à gogochonne...l’évolution du Capital... lui-même évolution de l’Histoire)


          • Paul Leleu 2 mai 22:24

            @Jean De Songy

            « Qui peut dire quelles contradictions historiques nous réserve l’émergence et l’exploitation de cette nouvelle force productive que sont les besoins [illimités par la science, dans une désublimation narcissique dirigée par le Capital, qui détruit la tempérance traditionnelle]. » »

            très jolie phrase... nul ne peut répondre... en un sens, les Gilets-Jaunes eux-mêmes s’inscrivent comme les parangons « révolutionnaires » de cette libération des besoins. Bien-sûr, en apparance ils s’abritent derrière les fins de mois difficiles... mais c’est peut-être bien les « fin de moi moi moi » difficiles qui sont aussi en jeu... après tout, en 1968, Pompidou et Cohn-Bendit concourraient (malgré les apparences) à la même partition : liquider l’ancien monde... supprimer le Sénat, supprimer l’ENA, virer le Président, voter sur Facebook dans le RIC permanant... tout ça est finalement cohérent... et pourquoi pas un revenu universel pour assurer la paix sociale et faire tourner la consommation en période de robotisation ?

            quant à la façon dont ça se résoudra ? Dans le sang comme d’habitude... et c’est pas forcément les meilleurs qui survivront en plus. Les gens demanderont peut-être un régime autoritaire pour éviter le chaos sanglant. Presque un espoir, à bien réfléchir


          • Paul Leleu 2 mai 22:34

            @Jean De Songy

            il faut aussi penser que dans 20-25 ans, la génération du baby-boom aura clamsé dans les EHPAD... Il y aura « place nette »... la France sera réellement métissée (les blancs ne réprésenteront peut-être plus qu’une bonne moitié de la population). La France sera aussi entièrement déculturée et facebookisée...

            Culturellement, le vide suprême des baby-boomeurs ne pourra être égalé par aucune autre génération, même les pires... les jeunes malgré leur ineptie sont tempérés par la brutalité libéral-numérique... On pourra donc éventuellement voir se rétablir une certaine « tempérance », relativement à la civilisation numérique en place. Ce sera un peu niais-morveux, mais moins con que le baby-boom, presque un peu plus mâture à travers une vacuité désenchantée.

            La France (et l’Europe) cesseront certainement d’être des destinations de migrations massives. Appauvrie et polluée, saturée déjà d’immigrés... et l’Afrique se développera peut-être avec la Chine et l’Amérique. On ressemblera un peu à la Turquie ou l’Iran après la fin de leur Empire... des belles ruines.


          • Jean De Songy 2 mai 23:53

            @Paul Leleu
            « Le regard du Capital et de ses prothèses publicitaires et consuméristes doit être intégral [le Capital total de Marx]. Le corps de la femme, et plus encore de la femme jeune, a été dans l’histoire un refuge symbolique du secret, et je me rends parfaitement compte que dans une logique totalitaire d’appropriation capitaliste de l’imaginaire social tout entier pour le transformer en imaginaire consumériste, cette barrière doit être absolument franchie[...] D’où la baisse de la procréation, facteur aggravant d’un manque d’assurance [des glands remplacés] dans le profil psychologique et culturel des jeunes générations, et surtout tendance à trouver leurs seuls ressources communautaires possibles que dans une aire particulière de consommation bien spécifique [pour les souchiens seulement : geek et autres free-branling] » Costanzo Preve
             
            Oui, RIC, lotocrassie fesses-boucs, black blocs, crétinisation de l’état, robots nourrissant gogochons au RU à l’auge consuméristes, sont cohérents (Soros est moins con que Chouard, il finance les black blocs et tte subversion) l’individuation maximale dont fait partie le RIC, logique de l’essence, du multiple, de la société civile du bourgeois égoïste, de l’intersubjectivité dirait Hegel ...Avec la crise la branlette ne tient pas ses promesses, sous les pavés Le Pen disait Clouscard
             
            Non, le txt de Baudrillard a une réponse, en bon marxiste il sous-entend la contradiction « interne » du « système ». Le bobo narcissique à vomir, l’Unique, en n’ayant plus de « Nous » tempérant, de sacrifice à faire autre que pour lui-même, en sabotant les anciens « sur-moi » a fait tabla rasa, démocratie et famille comprises, 1ère étape des chgmts d’ères. Celle qui laisse l’autoroute à l’hybris de l’idée nvlle, GJ nie le système en se référant tjrs à l’auge, à moi, moi, moi de la pâtée, mais...
             
            Oui, être les enfants de soi-même, vouloir disposer de tout, bientôt de la vie éternelle, signifie fatalement livrer le pouvoir de disposer à un seul seigneur... pas à GJ...
             

            Le nouveau Seigneur résonne nouvellement. Il ne parle plus d’auge du capital. Mais Espace Vital, mort de la Mort, destruction de la Planète, nvlle espèce transhumaine, Il ne régresse pas à la tempérance ancienne, il contredit le bobo en le laissant chuter ds son auto-mvmt. Du judo historique.


          • Paul Leleu 3 mai 03:25

            @Jean De Songy

            « Le nouveau Seigneur résonne nouvellement. Il ne parle plus d’auge du capital. Mais Espace Vital, mort de la Mort, destruction de la Planète, nvlle espèce transhumaine, Il ne régresse pas à la tempérance ancienne, il contredit le bobo en le laissant chuter ds son auto-mvmt. Du judo historique. »

            Oui... mais il y a là-dedans quelque chose d’éminemment poétique... en fait, au coeur du pire du modernisme, je commence à entrevoir une sorte de libération pour un vieux classique comme moi...

            comme vous le dites, « il laisse le bobo chuter dans son auto-mouvement »... en fait il y a quelque chose d’antique, d’autoritaire, de renouveau des cartes...

            si vous regardez votre dernier paragraphe, et le placez à un niveau poétique, vous y trouverez comme les prémisses d’un retour à la violence (et à la sagesse) antique. Eschatologique. Artistrocratique.

            « Le nouveau Seigneur résonne nouvellement. Il ne parle plus d’auge du capital. Mais Espace Vital, mort de la Mort, destruction de la Planète, nvlle espèce transhumaine, Il ne régresse pas à la tempérance ancienne, il contredit le bobo en le laissant chuter ds son auto-mvmt. »


          • Jean De Songy 3 mai 09:59

            @Paul Leleu
            Oui, une poésie archéo-futuriste.. qu’on appelle le fascisme. Très loin de Zemmour, qui est la 1ère négation, l’ancienne, ds le paradigme de Joseph De Maistre...la plus efficace par son pessimisme. Evola, lui, était dadaïste.
            L’hybris de la Volonté de Puissance est un mythe intemporel. « Prométhée vrai dieu des grecs » Vernant. La Nature est une régression, Heidegger était un héros pour les juifs et leur « ontologie fondamentale ».
             
            « Le réactionnaire se représente le monde tel qu’il a toujours été. Le conservateur le voit comme il sera toujours. Il a l’expérience de son époque. Et il a l’expérience de l’éternité. Ce qui était ne sera jamais plus. Mais ce qui est toujours peut toujours revenir à la surface. »
             
            « Le sens des événements n’apparaît que dans leurs conséquences [...] c’est sur ces conséquences que le conservateur met un accent métapolitique. »
             
            Moeller van den Bruck


          • Paul Leleu 3 mai 13:17

            @Jean De Songy

            oui... ça semble intéressant. Et en tous cas nettement plus adapté pour moi que le free-branling comme tu dis avec tant d’humour.

            et puis j’avoue que c’est un petit plaisir de mettre aux gens le nez dans leur merde. Après tout, comme disait Pasolini, les néo-fascistes se sont les 68ards. Alors c’est rigolo de les voir entrer dans un monde archéo-futuriste, qu’ils ont généré, mais dont ils sont finalement les dindons.

            Et finalement, des sales mecs élitistes comme moi (à ma modeste échelle), on retrouverait presque un début d’utilité et d’avenir dans ce monde fasciste... Il y a comme une ironie de l’histoire


          • sylvain 2 mai 16:19

            bof, moi je n’ai pas vraiment l’impression que les jeunes femmes tiennent la société, ni que se trimbaler des mouflets rendent en soit puissant.

            la plupart des jeunes femmes comme des jeunes hommes que je connais sont plutôt paumés face à cette question . On a remis en cause la famille tradi, qu’il a toujours fallu imposer à coups de triques, or les coups de triques sont aujourd’hui très mal vus, et on a rien mis à la place

            Or le rien n’est pas tenable, et la famille tradi repointe le bout de son nez, mais il faudra au moins une guerre pour la remettre en place et encore ... en tout cas elle se fera sans moi


            • Paul Leleu 2 mai 17:42

              je trouve l’article assez bien vu... c’est d’ailleurs surtout vrai dans les classes bourgeoises ou petites-bourgeoises...

              J’ai dans la trentaine, et ça fait longtemps que j’ai renoncé (sauf imprévu). Je préfère justement refaire le monde en pure perte sur AVox avec des vieux schnoks savoureux, me consacrer à l’art classique, à la contemplation, à la jouissance de mon temps, aux voyages impromptus et à la méditation... sans me soucier de gagner sérieusement ma vie ni de respectabilité sociale.

              J’ai refusé certaines propositions sérieuses (pas beaucoup, mais quand même). Je ne suis pas un machin qu’on « annexe » le moment venu. J’ai pas envie de me transformer en chien de traineau soumis (c’est mon ressenti par rapport à mes rencontres). Une femme, si elle veut réellement partager ma vie, doit m’apporter quelque chose de spirituel (pas de danger que ça arrive, je dors sur mes deux oreilles). D’ailleurs, je ne vois pas ce que je pourrais transmettre à un enfant : mieux vaut justement un père en phase avec la société.


              • Jean De Songy 2 mai 23:57

                @Paul Leleu
                 
                un père migrant... gland remplaçant smiley


              • Paul Leleu 3 mai 03:14

                @Jean De Songy

                c’est clair smiley ...mais comme disent les chinois, « le vide appelle le plein »... en fait cette société moderne m’offre une vie incroyablement libre... plutôt que de déprimer, je vois s’ouvrir devant moi une voie incroyablement libre... au début t’y crois à peine... j’ai l’impression un peu loufoque de marcher dans une ville vide, un peu surréaliste... je vois les gens qui s’agitent dans l’ancien-monde, ou bien les prolos de la reproduction qui galèrent à rejouer les 30 glorieuses après la saison...

                J’ai l’impression de vivre au coeur de la société post-moderne ultra-macronienne... mais que ça se passe surréalistement bien pour moi, je passe entre les goutes... je suis devenu « virtuel »... je n’ai aucune responsabilité sociale... en plus avec « la fin du travail », tu peux reconvertir ton intelligence dans l’économie quaternaire... A force d’être hyper hyper hyper ringard, tu finis par être dans le coup !

                Et comme j’ai la chance d’avoir des passions puissantes, j’ai pu en profiter pour vivre des choses que je n’aurais jamais pu vivre, et faire des rencontres que je n’aurais jamais pu faire. L’avantage d’être un peu exclu de la reproduction, c’est que tu n’en as plus rien à foutre de la société future... non pas que tu sois malveillant, mais c’est bien aux reproducteurs de s’occuper de leur monde... Et en fait, ça te libères de quantités d’énergie, de dispositions, de possibilités, et d’audace inimaginables


              • Jean De Songy 3 mai 10:14

                @Paul Leleu
                La séparation de la Cité, le petit jardin que cultive bobo, c’est l’esclavage intériorisé du Capital. Un nihilisme libidineux que Clouscard appelle le capitalisme de la séduction. Avant lui Tocqueville, Marx, Nietzsche. Une défaite rassurée.
                 
                Le free-branling  : free-rando, free-ride, free-climbing, anglicisme des tribus de consommateurs mattuvus sur InterBEnet fesses-boucs, free, la consommation rend libre. La métaphysique du ski d’Evola...Le bobo grouillot mulotien (informaticien) à 2 smic qui se croit roi du monde dans l’entre-soi apéro, de Houellebecq. Tout ça je connais très très bien. Puis vient ça :
                 
                https://www.youtube.com/watch?v=47JRajorwAI
                 
                Quand l’aliénation primordiale reprend le dessus sur le Supermarché, la Mort.


              • Paul Leleu 3 mai 13:11

                @Jean De Songy

                oui je comprends... pour ma part j’ai la chance de le faire dans un domaine tellement particulier que ça nourrit mon âme. Justement, pas dans le sport ou l’informatique. Mais j’assume clairement de plus en plus un apartheid avec la société.

                Le « jardin intérieur » est aussi largement cultivé par des poètes anciens, de l’antiquité (y compris chinoise) et de l’âge classique... Quand tu es raffiné, c’est quand même un moyen de survie et de sociabilité. Tu vas « de château en château », dans un entre-soi, en évitant les barrages de gilets-jaunes. Tu n’es pas à proprement parler riche (loin de là), mais tu mets en valeur ton capital culturel et intellectuel pour échapper justement aux bi-smicards houellebcquiens.

                Sûrement que nous allons vers le fascisme. Qui est d’ailleurs une magnfique convergence entre Macron et les GJ. Mais que veux-tu y faire ? Mieux vaut faire profil bas, et consensuel. De toutes façons tu vas pas te sacrifier ou prendre des risques pour un ramassis de médiocres gogochons (prolos et bobos) français, qui ne rêve que de retrouver Johnny et Jacques Chirac après la révolution


              • Jean De Songy 2 mai 21:09

                La (re)production fait partie d’une logique naturelle de l’essence et donc n’est pas l’Histoire. Je sais qu’on dit que « la démographie c’est l’Histoire » mais elle n’est pas création. Actuellement la démographie intervient comme régression, comme la Nature d’ailleurs. Si ça vous intéresse je copie/colle un txt sur l’effectivité (politique) chez Hegel, pas publié chez CrassogochoVox, je m’en assure en commençant ainsi :

                 

                « Le concept crée, l’essence produit, où reproduit. »
                « Le concept est une liberté qui crée une liberté. »
                « Le gène est une essence qui impose SA nécessité à SON extension pondeuse. »

                 
                « Il est une race de coléoptères qui se suicident dans les piscines bobo pour poursuivre leur cycle reproductif via des larves aquatiques, appelées les gogochonnes. »

                 
                « L’œuf est certes une totalisation en-soi, mais c’est un même qui produit ce même. »

                 
                Extraits de « Le livre des rêves cyborgiens ».

                 


                • Paul Leleu 2 mai 22:11

                  @Jean De Songy

                  tu sais, à mon avis faut pas trop aller contre la tendance générale de son époque... les enfants qui naissent doivent être un minimum intégrés dans la société... car de toute façons en grandissant cette société va s’imposer à eux...

                  dès lors, quelque part les choses sont « bien faites »... et les enfants correspondent statistiquement à l’espace social auquel ils sont destinés.

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Laconique

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