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Accueil du site > Actualités > Société > Des putains et des hommes

Des putains et des hommes

Tant que les hommes auront des besoins impérieux à assouvir, il ne faudra pas s’étonner de servir de porte-manteaux dans les conseils d’administration.

L’écriture de haut niveau, c’est comme le sport de compétition, ça crée des tensions internes terribles qu’il convient de soulager prestement. C’est pour cela qu’après un bon papier bien tourné, j’ai besoin de me payer un petit jeune bien membré pour quelques aller-retour vigoureux, administrés par un pro du sexe. Bien sûr, on pourrait m’objecter que je n’ai pas besoin de payer pour trouver quelqu’un de disposé à me baiser, mais, c’est que voyez-vous, dans ces cas de grosse fringale sexuelle, l’essentiel c’est de jouir vite fait bien fait et de ne surtout pas me prendre la tête avec le mec. J’ai des besoins tyranniques. Je paye un mec pour les satisfaire et m’épargner les complications. Pas envie de perdre mon temps avec des phases d’approche, pas envie de m’emmerder à penser à plaire, à séduire, pas besoin d’aller m’épiler, de penser à ce que je vais mettre, à ce que je vais dire, de me faire chier à être sympa ou vaguement baisable. Je peux être nulle, médiocre, puer du bec ou de la moule, je n’ai aucun effort à faire, il me suffit de sortir le fric pour me sentir remplie et si j’ai envie d’un cuni, je n’ai pas besoin de négocier trois plombes pour avoir ce que je veux.

Je vous choque, là ?
Je vous gêne, au moins ?
Je vous mets vaguement mal à l’aise, peut-être ?
Vous êtes déçus ?

C’est que vous êtes de sacrées chochottes, c’est tout. C’est pourtant de notoriété publique : nous, les femmes de lettres, nous sommes puissantes, imaginatives, en pleine possession de nos moyens et nous avons de gros besoins sexuels pour alimenter notre art. Nous sommes passionnées et voraces à la fois, nous avons besoin de collectionner les pompes de luxe sur plusieurs niveaux, les sacs à main et les bons coups. Surtout que les pros, au moins, ils savent faire jouir sans coup férir et qu’ils ne nous pourrissent pas la vie après l’orgasme à s’avachir dans un coin du lit en ronflant bruyamment. Plus nous avons du succès et plus il nous faut nous payer de belles robes et de petits minets dont les abdos ne se sont pas encore fait la malle dans des torrents de bière et dont les petits culs rebondis nous promettent des saillies vigoureuses et pleines d’entrain.

Je peux comprendre que mes angéliques lecteurs/supporters soient un peu désappointés, mais c’est surtout dû à leur ignorance du milieu. Les éditeurs connaissent bien nos petites faiblesses et ils ont toujours quelques agences d’escort boys dans leur carnet d’adresses pour sceller un bon contrat avec une femme écrivain. Le pire, c’est pendant les salons littéraires, là où se retrouvent les déesses de la plume, les nanas à gros tirage, et pas seulement dans les linéaires des librairies, si vous voyez ce que je veux dire. Entre les flots de champ’, l’ivresse de la reconnaissance du public et de la profession, on se met à consommer de l’étalon comme d’autres se bourrent de petits fours au caviar. Au dernier Salon du livre, les organisateurs ont même pensé à créer des cabanes à bites aux alentours, pour que les filles puissent rapidement se faire mettre un bon coup avant de retourner à leur séance de signatures.
Faut dire que c’est éprouvant pour les nerfs, les séances de dédicaces, faut nous comprendre aussi.

Bon, maintenant, avec toute cette énergie sexuelle et créatrice démultipliée par la fièvre de l’événement, il y a toujours à craindre que les petites putes bien membrées qui ont convergé vers le Salon ne suffisent pas à la tâche pour assouvir les besoins frénétiques des dizaines de milliers de lectrices chauffées à blanc par la magie des mots. Dans le but louable d’éviter les débordements et qu’un homme innocent (mais un homme bien gaulé peut-il être totalement innocent, ne cherche-t-il pas, inconsciemment, à attirer sur lui la concupiscence irrépressible des femmes pleines de vie ?) ne devienne une victime collatérale de nos ébats et débats de haut niveau, on tente de limiter le nombre de visiteurs masculins. D’ailleurs, généralement, les hommes ne goûtent guère toutes les subtilités de notre art et préfèrent rester entre eux, à nous attendre dans les hôtels. Heureusement, il y a aussi quelques hommes un peu plus astucieux que les autres, et il y en a même un qui propose pour le prochain Salon du livre la ceinture anti-viol, avec un dispositif ingénieux qui empêche une érection suffisante du membre actif en cas de stimulation extérieure.
Grâce à cette invention, nous allons pouvoir exhiber nos compagnons légitimes au prochain Salon du livre, l’esprit tranquille.

Il y a des collectifs d’hommes qui s’insurgent contre le sort qui est fait à leurs congénères lors de nos réunions littéraires, il y a même des hommes prohibitionnistes, de vieux garçons aigris et pas très gâtés par la nature qui cherchent à obtenir l’interdiction de la prostitution, sans tenir compte du fait que les petits jeunes, par exemple, ça leur rend bien service ce gentil commerce pour financer leurs études, que l’on parle tout de même du plus vieux métier du monde et qu’ils font l’impasse sur les impérieux besoins féminins.
Certains parlent même d’égalité des sexes, revendiquent l’accès au pouvoir, aux postes à responsabilité.

Un peu comme si Mac Do allait entamer des négociations avec les vaches qui garnissent ses hamburgers...
 

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61 réactions à cet article    


  • Noor Noor 26 avril 2010 10:17

    j ai adoré votre article hahaha , trés divertissant ...
    J’étais sure que les femmes vénales et castratrices finiraient par donner leur point de vue
    mdr


    • Monolecte Monolecte 26 avril 2010 14:17

      Il était prévu pour être distrayant, objectif atteint !
      Castratrice, peut-être... ça doit être pour cela que j’ai essentiellement des amis hommes.
      Vénale... pas assez, vu la gueule de mon compte en banque !


    • Newby Newby 26 avril 2010 10:20

      Je plains le T-shirt. smiley

      Excellent article !!!!!


      • Monolecte Monolecte 26 avril 2010 14:18

        Non, je veux être le T-shirt ! smiley


      • MonsieurG MonsieurG 26 avril 2010 10:28

        69e article de la demoiselle sur AV.
        Ça ne s’invente et ne s’improvise pas. C’est du talent, tout simplement.

        [Révérences]


        • JL JL 26 avril 2010 10:46

          Bon moment de détente !  smiley

          Je conseille à tous ceux qui ont aimé cet article de lire « Les hommes protégés » de Robert Merle (*). Ils vont adorer.

          (*) premier dépôt légal dans la coillection Folio : septembe 1983, et réédité depuis.


          • Emile Red Emile Red 26 avril 2010 11:22

            Si à comprendre de façon naïve mais toutefois revèche, les écrivaines à grand tirage sont des femmes à fort tirage....

            Je sors...


            • JL JL 26 avril 2010 11:59

              Non non, surtout pas, restez ! Plus on est de fous  smiley


            • Graindesable Graindesable 26 avril 2010 12:07

              Excellent article. Très jouissif...euh si j’ose dire


              • jymb 26 avril 2010 13:11

                (sur un air connu)

                Et pif, et paf

                Oui voila la vie parisienne

                Du plaisir à en perdre haleine

                oui voila..etc etc


                • jymb 26 avril 2010 18:30

                  Je vois sur les votes négatifs que la légèreté d’Offenbach n’a pas sa place içi,
                  Je vous laisse à vos halètements besogneux
                  Bonne soirée !


                • Monolecte Monolecte 26 avril 2010 18:35

                  Je ne sais pas pourquoi tu t’es fait moinser... C’est la vie ? Des fois je chie mon âme par les oreilles sur un billet qui reçoit un accueil pincé, pour ne pas dire froid et d’autres fois, un truc, un cri et paf, tout le monde commente.
                  Va savoir...
                   smiley


                • aigle80 aigle80 26 avril 2010 13:22

                  j’adore !! du parler vrai,pas de fausse pudeur ,de chichi,une femme qui s’assume et qui en plus remet les choses à leurs vraies places si je puis dire ! eclatez vous bien !


                  • Monolecte Monolecte 26 avril 2010 14:20

                    Pour remettre les choses dans leur contexte, je ne suis pas grand chose de ce que je raconte ici : pas écrivain et pas très offensive sur les questions sexuelles... désolée smiley


                  • johnford johnford 26 avril 2010 20:35

                    ou comment répondre au premier degré à un article qui est au second degré, bravo aigle.


                  • Radix Radix 26 avril 2010 13:28

                    Bonjour Monolecte

                    Je vais peut-être éviter dorénavant les salons du livre malgré ma passion pour la lecture. Je ne suis plus tout jeune et je ne suis pas sûr que mon coeur résiste à vos assauts !

                    Radix


                    • pigripi pigripi 26 avril 2010 13:36

                      @auteur
                      Drôle, excellent et très imagé.
                      Si seulement tous les bitards (bitard, de bite, sexe mâle, comme connard de con -conil- sexe femelle) qui fréquentent ce site pouvaient vous lire et comprendre le message....


                      • Monolecte Monolecte 26 avril 2010 14:21

                        J’aime bien bitard, va agrémenter mon vocabulaire courant au volant !


                      • gbmaven 26 avril 2010 15:54

                        Loué soit-il !


                      • pigripi pigripi 26 avril 2010 18:56

                        @lefurtif

                        Un peu de culture ne nuit pas
                        Le bitard est l’animal mythique poursuivi par les étudiants poitevins depuis Rabelais au moins

                        Merci pour l’info.
                        Toutefois, en langue française, les homonymes sont acceptés et les néologismes tolérés à bon escient.
                        Je maintiens donc « bitard »=masculin de « conne ».


                      • kitamissa kitamissa 26 avril 2010 14:06

                        un des rares articles qui nous réconcilie avec Avox ....bravo !


                        • Dame Jessica Dame Jessica 26 avril 2010 14:24

                          @ l’auteur,


                          Bonjour, je ne faisais que déambuler mollement quand tout à coup, brusquement, là comme ça, je tombe sur votre prose, puissamment jouissive (si j’ose dire !)...Que dire ? Merci ? Bonne bourre ?« à vite vous (re) lire » me semble , au final, le plus adéquat !

                          • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 26 avril 2010 14:27

                             smiley
                            J’ai bien ri, Monolecte, bravo !

                            J’adore celle-ci : "mais un homme bien gaulé peut-il être totalement innocent, ne cherche-t-il pas, inconsciemment, à attirer sur lui la concupiscence irrépressible des femmes pleines de vie ?"


                            • Monolecte Monolecte 26 avril 2010 17:37

                              Vi, vi, vi, celui qui se sculpte les pectoraux durant des heures de souffrance et de sueur et qui annonce ensuite qu’il en fait ça que pour lui... c’est comme la nana qui s’en colle pour 10 000€ de faux nibards... Tout est dans le regard de l’autre.


                            • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 26 avril 2010 17:42

                              Je n’ai, je l’avoue, rien contre le pectoral légèrement bombé ; le mollet joliment courbé ; la ceinture abdominale discrète mais ferme. Quitte à s’infliger des souffrances, pour un homme tant soit peu sportif, l’entretien du corps n’en représente guère une insurmontable. Pour son plaisir comme pour le nôtre smiley


                            • Shaytan666 Shaytan666 26 avril 2010 18:05

                              Pectoral ! pectoral ! c’est pas des pastilles à sucer contre le mal de gorge ça ? C’est quand même plus efficace que les sucettes à l’anis  smiley  smiley


                            • Monolecte Monolecte 26 avril 2010 18:13

                              Je me gausse, je me gausse, mais même quelqu’un d’aussi farouchement en guerre contre le sport et la dictature de l’apparence que moi a fini par comprendre que l’entretien de son corps est aussi aussi une forme de respect, de soi, et de cette belle machine qui nous a été prêtée, le temps de traverser la vie.


                            • Manuel Atreide Manuel Atreide 26 avril 2010 21:19

                              @ Monolecte

                              deux petites choses :

                              1- le sport est aussi une bonne drogue et on s’habitue à la fois à l’effort mais aussi à la douleur des courbatures, ca finit par devenir un peu jouissif et peut justifier sa pratique sans avoir à se poser la question de la séduction ou de l’attrait physique.

                              2 - cela dit, c’est sympa aussi, un bomec bien roulé, même si son jeu préféré, c’est de vous pourrir vos débardeurs comme un chiot vous bouffe les charentaises !


                            • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 26 avril 2010 22:11

                              En effet, Monolecte. Bien que la puissance de l’esprit humain impose parfois sa loi aux contingences du corps, ce dernier a sa part et en tant que tel mérite respect, soin, abdos voire smiley


                            • LE CHAT LE CHAT 26 avril 2010 14:41

                              Hilarant , de quoi redonner aux hommes le goût de la lecture ! smiley


                              • Monolecte Monolecte 26 avril 2010 18:15

                                ... et le goût des femmes qui aiment les hommes qui aiment les femmes, totalement et pas seulement pour faire éternuer Popaul... smiley


                              • Salsabil 26 avril 2010 15:03

                                Excellent ! smiley

                                J’aime beaucoup la photo, aussi.... Miam !


                                • WatchTower WatchTower 26 avril 2010 15:15

                                  Je veux bien être votre escort boy pour un soir....ou 20 minutes !


                                  • WatchTower WatchTower 26 avril 2010 16:43

                                    Je suis serieux.


                                  • Monolecte Monolecte 26 avril 2010 17:38

                                    Ben là, vu la photo, je ne sais pas, j’hésite... un thé, plutôt ? smiley


                                  • WatchTower WatchTower 27 avril 2010 21:39

                                     

                                    J’ai bien utisé le mot boy pour me demarquer de la photo du vieux savant fou que j’arbore !
                                    Le thé m’ira aussi, si vous savez tenir la conversation. Mais attention, je ne payerai pas ! Eh oui la gallanterie n’est plus valable dans votre optique d’égalitarisme forcené !


                                  • rocla (haddock) rocla (haddock) 26 avril 2010 15:34

                                    Sexe  : le fruit d’ Eve fendu .....

                                    Cocteau .


                                    • L. D. T. L. D. T. 26 avril 2010 15:44

                                      "les femmes de lettres, nous sommes puissantes, imaginatives, en pleine possession de nos moyens et nous avons de gros besoins sexuels."
                                      Non vous êtes une salope. Toutes les femmes sont des salopes à part celles qui ne l’ont pas encore compris. Et honnêtement votre papier n’apprend pas grand-chose si ce n’est que vous avez une prétention bien empressée de vous qualifier d’écrivaine de talent. Même moi je crois que je pourrais égaler ça...


                                      • rocla (haddock) rocla (haddock) 26 avril 2010 15:49

                                        L.D.T.

                                        Un grand con vient de parler .

                                        Monolecte excusez , y a des cons parmi nous .

                                        Par minou aussi .... smiley


                                      • LE CHAT LE CHAT 26 avril 2010 16:19

                                        @ L.D.T

                                        autant dire que c’est une pute , reste à savoir ce que veut dire c’est une pute ! on en est vite une pour certains !  smiley


                                      • Dame Jessica Dame Jessica 26 avril 2010 16:37
                                        @ LDT

                                        Et bien ? Qu’attendez vous pour « égaler ça » ? La critique (surtout aigre et indigente comme la vôtre) et toujours facile quand l’art (ou le talent comme ici par exemple) sont tellement plus rares !
                                        Je me demande ce qui vous a choqué LTD : les gros besoins sexuels évoqués ou la puissance potentielle des écrivains (il n’y a pas d’écrivaines très cher) ?
                                        Bref, je ne saurais assez vous recommander une activité sexuelle régulière (avec ou sans salopes) vous verrez, ça détend à défaut de rendre aimable...

                                      • Monolecte Monolecte 26 avril 2010 18:03

                                        Je suis contente que L.D.T. soit passé par là : il illustre parfaitement ma démonstration.
                                        Merci, Merci !


                                      • Manuel Atreide Manuel Atreide 26 avril 2010 21:18

                                        @ L.D.T.

                                        tais toi et retourne t’entrainer, t’as encore des progrès à faire avant de devenir un matou pour ces dames !

                                        Franchement, on dirait que certains font tout exprès pour faire passer les hommes pour des crétins décervelés ... c’est déjà pas évident de lire Kant devant un banc de muscu, si en plus on se fait démolir le peu de crédibilité qu’on a par un chat atrabilaire et rétrograde ... Allez zou, une série de pompes pour la peine. Ca t’apprendra :


                                      • Monolecte Monolecte 27 avril 2010 00:36

                                        Il n’y a pas de généralités : il y a des cons comme des gens merveilleux partout, y compris dans les deux sexes...


                                      • L. D. T. L. D. T. 30 avril 2010 12:20

                                        C’est à la bourre mais je n’avais pas trop l’intention de l’écrire jusqu’à ce que j’aie du temps à perdre.

                                        Depuis quelques années maintenant, depuis que l’écriture est le média du narcissique trop lent pour passer à la télévision et que le monde de l’édition ne cherche qu’à se faire de l’argent facile qui vient si rapidement quand les promotions servent des auteurs incapables ou des auteurs vaniteux et incapables, depuis Angot quoi, il y a une certaine plainte que l’on entend par-ci par-là, de bouches de littéraires et de bouches d’intellectuels, de vieux éditeurs et de gens de bon goût et de culture : la littérature actuelle ne quitte pas le royaume du tout-à-l’égo. Grande passion des gens de revenus de rente qui s’ennuient, d’artistes miteux amis de gens de médias, de prétentieux assomés que leur talent ne soit vu que d’eux-mêmes et de femmes seules qui veulent se trouver une occupation, la littérature du tout-à-l’égo est l’outil de cette grande masse de bourgeois lassés de leur vie de riche qui se masturbent jusqu’à l’orgasme d’imaginer que l’on puisse enfin reconnaître un intérêt à leur vie et ne peuvent s’empêcher de jeter à la face des autres leur vie privée en espérant pouvoir surprendre, plaire, amuser parfois, mais jamais intéresser dans le sens complet du mot, dans le sens définitif, du "c’est intéressant, il faut que je m’en souvienne". Aucun intérêt n’est à trouver dans cette littérature qui serait de crématoire si elle n’était celle des beaux quartiers. De tout ce que le tout-à-l’égo a produit, il n’y a au mieux et en restant optimiste qu’un style d’écriture relativement méritant à trouver ici, une anecdote mémorable à trouver là, parmi ces dizaines de milliers de pages tout juste trois ou quatre éléments peuvent être sauvés de l’indignation des lecteurs. Cette littérature-là n’est bonne que pour satisfaire ses auteurs et les quelques personnes poussées par la promo à croire réellement être devenus des gens cultivés pour avoir lu du Beigbeder. Elle n’a servi qu’à satisfaire une si morne bourgeoisie qui en fin de XXe siècle ne trouvait plus d’aventures à conter ou d’histoire à vivre, tant le monde a cherché à cesser de tourner depuis les années 1960. Elle est la dernière bille à tomber dans le puits de l’histoire, la bille qui annonce que l’écriture n’a plus de sens puisque l’histoire n’avance plus, cette bille qui aime se contenter du néant ou de son proche l’infinitésimal et ne demande plus rien d’autre que d’accepter l’inanité telle que nous l’avons voulue. Le grand rêve de tant d’aveugles et de décervelés, la Fin de l’histoire. Pour célébrer le néant de notre présent et l’inexistance effrayante pour les incultes de notre avenir, gratifions ceux pour qui cette situation est appréciable d’un droit à publier du vide sur papier qui servira toujours à faire tenir un peu les comptes des maisons d’édition et les amitiés de leurs directeurs.

                                        Personnellement, ne lisant pas, je ne me suis jamais senti ne serait-ce qu’un tant soit peu concerné par le cancer d’égo qui avait pris la littérature moderne. Tout au plus m’inquiétais-je de la décadence encore plus forte que la culture française aurait à subir par son action. Jusqu’à ce que je tombe sur le cancer en personne venu plaquer une éclatante métastase qui m’en a brûlé les yeux et le cortex de son incroyable complexe d’ennui(un nouveau genre de complexe d’infériorité) sur la première page d’Avox.

                                        Et là, j’ai compris pourquoi même les plus mous et les plus consensuels de ces gens de littérature, même ces bourgeois incapables de considérer débattre ailleurs que dans une salle bien chauffée et confortable, même ceux qui sont nommés égratigneurs du système producteur de sous-littérature par chuchotements, de crainte de réveiller la bête et d’être maltraités par toute l’édition parisienne, même ceux-là l’attaquaient frontalement. J’ai compris, comme une coulée de goudron qui me serait passée dans la tête. J’ai vu ce combien l’emmerdement que je ressentais à lire pouvait rapidement se transformer en mépris pour des personnes qui ont une prétention à l’égale de leur vide culturel, pour ceux dont la vie est vide et dont l’écriture n’est qu’une copie forcément inférieure à leur vie. J’ai lu ce texte.

                                        Je l’ai lu bien lentement, en espérant être tombé sur un sujet digne d’intérêt. Après le premier paragraphe, j’ai pensé ceci :"Bon eh bien elle ne se prend pas pour de la merde et elle aime se faire tirer pour se détendre...et ?"

                                        Puis ces lignes,

                                        Je vous choque, là ? Non.

                                        Je vous gêne, au moins ?  Non.

                                        Je vous mets vaguement mal à l’aise, peut-être ? Non.

                                        Vous êtes déçus ? Oui, d’avoir perdu mon temps à lire ceci en espérant apprendre quelque chose.

                                        C’est que vous êtes de sacrées chochottes, c’est tout. Eh bien non plus.

                                        Même si tout ceci n’est qu’ironie pour servir l’harcelante idéologie féministe, il n’y a aucun droit à la satisfaction quand on plagie une littérature d’incapables. En plus clair, même pour dénoncer les bites des footballeurs, votre texte ne mérite pas d’être lu d’une seule lettre. Piquer de la sous-littérature pour en faire une démonstration anti-phallique et venir me le mettre sous le nez ne méritait que le commentaire que je vous avais mis avant de cliquer sur les liens de votre papier : vous êtes une salope. Et non, les footballeurs eux ne sont pas des salauds, juste des hommes. L’égalité homme-femme c’est un mensonge depuis le premier instant, et cent ou mille textes de ce genre, plagiats ironiques de littérature vide, n’y changeront rien, pas plus par la fatigue que leur vacuité donne au lecteur que par l’éternelle comparaison impossible que les féministes font entre femmes et hommes.

                                        Défendre des conneries en écrivant de la merde, vous n’êtes pas prête de m’entendre vous faire des compliments.


                                      • zelectron zelectron 26 avril 2010 15:44

                                        @Monolecte
                                        Pourquoi n’avoir pas titré des gigogos et des amazones ?
                                        Ceci étant, quelle verve ! Tu est formidable quand tu t’y met.+++


                                        • pigripi pigripi 26 avril 2010 18:49

                                          @Rocla

                                          L.D.T.

                                          Un grand con vient de parler .

                                          Vous n’êtes pas PC, il fallait écrire « un grand bitard »....


                                          • Dame Jessica Dame Jessica 26 avril 2010 20:35

                                            @ Calmos


                                            Et où doit on s’adresser je vous prie pour obtenir cette merveille, dédicacée, si possible ? (Je cacherai ma joie, je vous le promet et nul n’en saura jamais rien !)

                                          • Monolecte Monolecte 26 avril 2010 19:53

                                            Petit vantard, va !
                                            Tout le monde avait bien compris qu’il s’agissait de monsieur Monolecte.. smiley


                                            • Dame Jessica Dame Jessica 26 avril 2010 20:47

                                              @ Calmos

                                              Croyez bien que je n’y manquerai pas !

                                              • Manuel Atreide Manuel Atreide 26 avril 2010 21:19

                                                @ l’auteur ...

                                                c’est peu dire que d’écrire la joie, le plaisir même de lire un tel texte. Un vrai gramme de finesse, d’humour et de subtilité dans ce quotidien un peu gris, un peu terne, un peu bêtement phallocrate. Et puis, ça donne des idées et des envies même si on sait bien que tout cela doit rester dans la gamme du fantasme faute de voir le joli prince servant se métamorphoser en triste sire vénal et mou du bulbe.

                                                C’est en tout cas une belle parabole pour tous les crétins qui pensent que la prostitution est un monde de bisounours ou ces dames sont belles intelligentes et sexy et que les prétextes donnés pour ces commerces vieux comme le monde font de tout ceci un moment de plaisir sans contrainte.

                                                Comprenez moi bien ,je ne suis pas fondamentalement contre les putains (hommes ou femmes) mais je trouve assez gluants les raisons trop souvent avancées : ils sont stressés, ils sont sous pression, ils ne font rien de mal, ils l’ont mérité, ils sont les maitres. Foutaises ! Ils veulent baiser, oui, et peu importe qui ! Eux seuls comptent et la jolie fable de pretty woman qu’on essaie de nous vendre n’existe que sur l’écran blanc de nos salles de ciné. Dans la réalité, le ciné est bien plus miteux et toujours affublé d’un X.

                                                Votre talent montre cela avec un esprit un brin insolent et une verve acide qui devrait en faire réflechir plus d’un. Encore faut-il qu’ils soient équipés pour, tout de même (cf ci dessus ...)

                                                Bref, un grand merci pour cette démonstration, et pour ce plaisir du lundi.

                                                Votre serviteur, Monolecte.

                                                Manuel Atréide


                                                • herbe herbe 26 avril 2010 22:03

                                                  Auteur,

                                                  Vous alimentez l’art avec un gros écrit très sex(u)e(l).

                                                  Je vous en remercie à mon tour comme tant d’autres.

                                                  un double effet potentiel serait de faire évoluer les mentalités de tous et toutes.

                                                  Ah le commerce de la chair ! : http://www.madinin-art.net/litterature/derobade.htm

                                                  Devons nous laisser prendre ça aussi par la l’implacable loi du marché ?, mais bon il y a un roman qui illustre ça dèjà :
                                                  http://fr.wikipedia.org/wiki/Extension_du_domaine_de_la_lutte

                                                  Bien cordialement


                                                  • herbe herbe 26 avril 2010 22:23

                                                    Si c’est celle là :

                                                    http://fr.wikipedia.org/wiki/Herbe_aux_bisons

                                                    Je l’aime bien cet aromate.

                                                    Mais mon pseudo est inspiré de plein de choses en fait :

                                                    il s’agit pour moi d’un jeu de mot qui conjugue mes initiales, mon désir de protection de la nature (*), et une certaine forme d’humilité que peut aussi évoquer le mot : en herbe

                                                    (Sans compter l’ambiguïté (non voulue de ma part mais chut .... !) avec une certaine herbe, le chanvre que de façon injuste on a liquidé il fut un temps économiquement malgré un formidable potentiel, je pense que son heure reviendra et pas forcément pour son usage craint (par certains) et célébré ( par d’autres) en tant que drogue :
                                                    http://fr.wikipedia.org/wiki/Chanvre)

                                                     (*)Il y a tant de merveilles végétales à célébrer, elles recèlent tant de secrets, en tout cas je reste fasciné par ce processus fondamental bioenergétique carrément à la base de la chaine alimentaire (et même énergétique, puisque pétrole, charbon, bois viennent de là aussi...) :

                                                    http://fr.wikipedia.org/wiki/Photosynth%C3%A8se


                                                  • herbe herbe 26 avril 2010 22:48

                                                    ? ??

                                                    Vodka ?


                                                  • Antoine 26 avril 2010 23:57

                                                     Pute, pas pute, footballeur, pas footballeur, à l’oeil ou avec un « cadeau », etc..., peu importe pourvu que tout le monde y trouve son compte !


                                                    • King Al Batar King Al Batar 27 avril 2010 10:16

                                                      Bravo à l’auteur pour cet article délicieux....

                                                      Si seulement la réalité pouvait en être ainsi, et si seulement les femmes pouvaient (même si ca développe de plus en plus) avoir le même comportement sexuel et consumériste que les hommes.... HA, moi je le jeune homme plein de puissance, mais pas encore pété de thunes, je serai le plus heureux du monde..... J’ai pas envie d’attendre de devenir millionaire et laid pour baiser des top models !

                                                      On a beaucoup à apprendre des signes Bonobo....

                                                      Chez cette espece animale, on utilise le sexe pour tout ! pour se détendre, pour se reconcilier, pour plein de choses. Par exemple lorsque deux males se disputent, un femelle vient les reconcililer en leur proposant... de la baiser chacun leur tour pour se calmer ! Si les femmes humaines pouvaient avoir la même conception du sacrifice pour la communauté, peut être qu’il y aurait eu moins de guerre sur Terre.... J’imagine déjà le délire.

                                                      « Vous voulez faire la guerre ! Calmez vous, venez chez nous baisez nos femmes, nous on vient chez vous, on baise les votres, et vous verrrez tout ira mieux après.... »
                                                       Oups je crois que je vais trop loin et que je raconte n’importe quoi ! Ne m’en veuillez pas....

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