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Du confort intellectuel en politique (mais pas que)

La première fois que j'ai été saisi par le conformisme en politique, la sottise grégaire, l'intolérance, c'est en 1983,1984. L'époque était dure, elle cumulait, il y avait la « main » « Touche pas à mon pote » et les disques contre la famine en Éthiopie. La main était censée défendre la différence mais tout le monde devait la porter, cherchez l'erreur....

Quant à la famine des éthiopiens, je suggérais un jour innocemment en classe de seconde que les élèves plutôt que d'acheter les disques pouvaient tout aussi bien faire le sacrifice de leurs vacances d'hiver ou d'été, voire de quelques jours d'icelles, que cela serait sans doute plus efficace que quelques pleurnicheries...

Ce fut l'hallali...

Comment, quoi ? Renoncer à ses vacances ? Et puis quoi encore ?

Je vis là de fait les limites de la sensiblerie grégaire, elles arrivent très vite.

Le conformisme politique et social du peuple ne date pas d'hier, tout comme les illusions dont se bercent les pseudo z-élites pour déculpabiliser d'être matériellement favorisées Cela date de la Révolution ces grands mouvements de foule célébrant la liberté mais auxquels tout le monde est tenu de participer sous peine de rejet du corps social. Ce rejet en nos temps de confort intellectuel plus puissant que jamais est le sort le plus atroce qu'un individu puisse connaître, l'éjection hors du troupeau. Une chose a cependant changé...

...Pendant des décennies, on le voit dans le livre d’Eric Hazan sur « l'invention de Paris » les plus turbulents des français pensaient que manifester, se rassembler, se révolter pouvait avoir une chance de changer les choses. Mais toujours un nouveau pouvoir se manifestait et les petites gens étaient à chaque fois les dindons de la farce, croupissant en cellule pendant que les leaders des révolutions, tous issus de la classe nantie, développait un ventre de notable installé. On le constate encore un peu partout. Je l'ai moi-même constaté à l'université pendant mes études.

Ne restaient plus en fin de parcours que les enfants de nantis à quelques exceptions notables...

Le peuple n'essaie donc même plus de se rebeller, préférant quelques moments d'euphorie collective même artificielle. Ce sont des revanches contre les puissants, mais aussi contre ceux qui maîtrisent les codes sociaux et culturels. On les envoie se faire foutre pendant quelques heures a-t-on l'illusion par de grands rassemblements sur-affectifs qui sont aussi devenus la norme dans l’Église. L’Église actuelle n'irait pas rechercher la brebis perdue, elle préfère choyer le troupeau, le dorloter, que tous se prennent par la main, que l'on fasse plein de bisous de câlins tous ensemble...

...Pas une tête qui dépasse, pas un esprit un peu indépendant, car bien entendu il convient de renoncer à son libre-arbitre.

Tout ce qui subsiste vraiment comme valeur c''est cette abominable gentillesse « über alles » que l'on retrouve partout. Il n'y a plus en politique les gentils et les pas gentils. Les gentils sont vaguement écologistes, très vaguement mondialistes mais on a le droit d'être chauvin au moment des compétitions sportives. L'on achète la paix sociale en tolérant tout comportement en accentuant la nécessité de la différence et finalement tout le monde se comporte comme le voisin en pensant se singulariser. Certains se font tatouer « essuie-glace » en chinois, pensant que c'est leur prénom, croyant se donner un genre, d'autres régressent en s’organisant des « gloubi boulga nights ». D'autres encore finissent islamistes et se font sauter aux carrefours...

En ce moment les « pas gentils » sont ceux qui n'ont pas envie de faire semblant de participer à la grande euphorie du foutebôle, ils ne sont pas gentils du tout...

...On ne leur oppose d'ailleurs que des sottises infantiles. Ce n'est pas bien grave mais c'est d'une tristesse à pierre fendre.

Bien entendu les « pas gentils » sont tous de droite, souverainistes, et opposés au consumérisme destructeur de toute vie intérieure.

Quant à moi je suis comme Bérenger, le personnage fétiche de Ionesco dans ses pièces et particulièrement dans « Rhinocéros », je voudrais absolument intégrer le troupeau que je n'y arriverai pas. Car je m'y refus, et il me semble que je ne suis pas le seul.

Et c'est ainsi que Zoroastre est grand...

...Je dis ça c'est pas pour cafter mais comme ça je ne stigmatise personne.

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen<

Amaury – Grandgil

illustration, capture d'écran LCI


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9 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 14 juillet 17:55

    Le confort des politiques est dans leurs épointement déclarés ou non et dans leurs points retraite .....


    • sylvie 14 juillet 18:47

      @zygzornifle
      petit soucis pour le robot, on dit appointment, sur un autre poste tu dis « éllocution » non c’est allocution, allez tournée générale avant fermeture


    • zygzornifle zygzornifle 16 juillet 15:08

      @sylvie


       non problème de vision mr le correcteur d’orthographe 

    • foufouille foufouille 14 juillet 19:09
      c’est pas que les manifs ça sert à rien mais à qui. aux mondialistes libéraux de gauche qui importeront des clandestins qui bosseront comme auto entrepreneur pour 5€/h ou mieux, le travailleur détaché auto entrepreneur qui ne sera pas payer.


      • generalchanzy 16 juillet 14:40
        Bizarre ! Autour de moi, il n’y a pas de gentils ou de pas gentils...Que des personnes qui pensent ce qu’elles veulent.

        Et non, je ne suis pas un martien..



            • CommunArt CommunArt 16 juillet 23:24

              Dans l’excellent livre de M.Hazan, « L’invention de Paris », je crois me souvenir que la Commune nous rappelle que le peuple, un jour, se souleva pour de bon, et qu’il ne fut alors pas mené par des nantis. Je suis surpris, en vous lisant, de cette omission des vrais martyrs de la liberté populaire ( Louise Michel en tête, sans oublier les communards fusillés dont on peut encore célébrer la mémoire au Père-Lachaise) Certes, ce fut encore Thiers qui tira son épingle du jeu, mais les idées de la Commune (sécurité sociale, interdiction du travail des enfants etc...) survécurent jusqu’au CNR qui s’en inspira librement.

              Même s’il est vrai que ces valeure sont aujourd’hui en voie de disparition... Un jour le peuple de Paris se leva pour changer le monde, sans ballon rond au milieu smiley

              Bien à vous

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