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Accueil du site > Actualités > Société > Euthanasie, assez d’hypocrisie !

Euthanasie, assez d’hypocrisie !

Sans l’affaire Humbert, la loi Léonetti (1) n’existerait pas. Aussi peut-on espérer aujourd’hui que la mort récente, et tragique, de Chantal Sébire ne soit pas vaine et puisse conduire à y ajouter le mot euthanasie qui n’y figure pas encore.

Dans notre pays 70 % des personnes souhaitent mourir à la maison, mais 75 % meurent en réalité à l’hôpital, généralement dans de mauvaises conditions, parce que les unités de soins palliatifs (2) qui couvrent environ 15 % des besoins sont rares et inégalement réparties, et que les services de médecine classique n’ont pas suffisamment de personnel, ni les formations requises.

La loi Léonetti est certes un progrès, mais elle n’autorise qu’une démarche passive (cessation du traitement, non des soins) ce qui n’est pas adapté à la réalité actuelle puisque que selon une enquête récente de la Sofres publiée le 10 février 2008 (3) il y a 87 % des Français qui sont favorables ou très favorables à l’euthanasie.

Certains objectent toujours que les médecins sont là pour soigner et non pas pour donner la mort, mais chacun sent bien l’hypocrisie sous-jacente d’une telle pétition de principe contredite par la réalité puisque l’on estime de 10 000 à 15 000 cas par an où des médecins donnent activement la mort en cachette, ce que personne ne semble vouloir regarder en face, alors même que les positions médicales dites passives sont aussi de véritables arrêts de mort conscients pour les personnes concernées, mais dans de moins bonnes conditions. Est-il bien naturel que le médecin puisse rester à distance de la mort de ses patients après avoir accompagné leur vie ?

Quant à ceux qui pensent que ceux qui le souhaitent peuvent mettre fin eux-mêmes à leurs jours sans rien demander à personne ils doivent nous indiquer clairement comment des malades diminués en fin de vie, notamment à l’hôpital, peuvent librement se procurer les produits nécessaires et le mode d’emploi sans une aide extérieure.

Si la loi était modifiée en incluant une euthanasie active, celle-ci ne s’imposerait nullement aux personnes qui ne veulent pas y recourir pour des raisons diverses, notamment religieuses, parfaitement légitimes. Mais, si on ne peut obliger à mourir, on ne doit pas non plus obliger à vivre, et chacun doit garder son libre arbitre dans un Etat de droit laïc.

Bien entendu, la question du choix de fin de vie pour chaque personne doit être prévue et encadrée par la loi pour éviter tout abus. En l’absence d’indication claire, un dialogue entre la famille et les soignants sera évidemment nécessaire pour trouver en commun la solution la mieux adaptée. S’il n’y a pas de famille, ce choix incombera au corps médical seul, en son âme et conscience. Un recours éventuel dans les cas les plus complexes pourrait être confié à un groupe de personnes de divers horizons incluant des médecins, pour donner un avis indépendant sans mettre en route de lourdes et inefficaces machineries judiciaires au milieu d’un battage publicitaire inadapté à la nécessaire prise en compte de l’espace intime.

Ce toilettage indispensable de la loi n’empêche pas, bien au contraire, la création de nouvelles unités de soins palliatifs pour faire face aux besoins réels, tant il est vrai qu’un traitement multidimensionnel adapté à la souffrance des malades en fin de vie contribuerait déjà largement à réduire les demandes d’euthanasie. Souhaitons enfin que les rédacteurs de ces textes de loi souvent confus pour le commun des mortels, qui renvoient sans cesse à d’obscures références, puissent enfin décrire en français et clarifier leurs propos.

(1) Loi Léonetti du 22 avril 2005

(2) Soins palliatifs

(3) Sondage Sofres


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60 réactions à cet article    


  • Francis JL 21 mars 2008 12:05

    Encore un article opportuniste. Je veux dire : n’a-t-on pas assez reproché au gvt de faire des lois à partir des faits divers ? Un fait une loi !?

    Je voudrais faire deux remarques sur le sujet : la première concerne ce mot affreux d’euthanasie. Il décrédibilise tout discours qui l’emploie et se déclare humaniste dans le même temps.

    La deuxième concerne les soins palliatifs : à partir de quand cesse-t-on de soigner et entre-t-on dans une phase palliative ? Je pense que c’est là peut-être que la famille n’est pas suffisamment informée et qu’on peut déplorer un manque de transparence.

     

     

     


    • Francis JL 21 mars 2008 12:31

      Le problème avec ce mot euthanasie c’est qu’il est médiagénique. Comme kamikaze.


    • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 21 mars 2008 17:31

      Euthanasie vient du grec eu qui veut dire bien et thanatos qui veut dire mort ; ce terme ethimologiquement veut donc dire mourir bien et/ou en douceur !


    • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 21 mars 2008 17:34

      étymologiquement, avec mes excuses pour cette coquille qui trahit l’origine grecque du terme !


    • Francis JL 22 mars 2008 10:37

      @ Sylvain Reboul, oui, et alors ? Abattre signifie tuer avec une arme à feu. Pourtant il est regrettable d’employer ce terme à tort et à travers. Ecoutez les journalistes de radio et télé, et surveillez bien comment ils emploient ce verbe : lorsqu’ils respectent la victime, ils ne l’utilisent pas mais quand il s’agit d’un pékin de base ils ne s’en privent pas. Je le sais, j’écoute attentivement depuis de années.


    • Bretzel man 21 mars 2008 12:06

      Vous avez le droit d’avoir vos opinion.

      Mais les professionnels, à une écrasante majorité ne veulent pas prétqieur l’euthanasie. Pas réellement pare que’ils y sont opposés, mais parce que leur vocation n’est pas de donner la mort, ne serait-ce que pour mettre un terme à des souffrances intolérables.

      La question que vous devriez vous poser est : QUI VA LE FAIRE ?

      Et qui va assumer les responsabilités légales ?

      Vous-même, seriez-vous prêt à venir faire une injection, à débrancher ? En présence de la famille ?
      Comment voyez vous les choses se faire ?

      C’est facile de s’émouvoir, et c’est très humain. C’est très bien. Mais dans les faits concrètement ?
      Vous vouluez demander à une personne qui bosse 10-12h par jour, de pratiquer l’euthanasie ?
      Au médecin de famille.

      OK, mais s’ils ne veulent pas, qui le fait. Une profession qui ne ferait que ca... Super comme job.
       

       


      • Bretzel man 21 mars 2008 12:24

        Un grand bravo aux abrutis qui moinssent mon commentaire. Je ne dis pas que je suis pour ou contre l’euthanasie, je demande qui va la pratiquer... Si c’est pas être constructif, je ne vois pas ce que c’est ....


      • Francis JL 21 mars 2008 13:10

        L’on apprend qu’une autopsie a révélé que la mort de Mme Sébire n’était pas naturelle. Mais qui a demandé cette autopsie ? La famille ? Les lobbyes ? Le procureur de la République ? Car enfin, l’on ne voit pas les motivations du demandeur, et il faudrait qu’on nous explique.

        Qui et pourquoi a demandé cette autopsie ? Petit détail : si quelqu’un a procuré des barbituriques à Mme Sébire il pourrait être poursuivi, mais si cette personne lui avait procuré un revolver et des balles elle ne serait pas poursuivie pour ce motif (infos radiodiffusée ce midi, France Culture). N’est-ce pas aberrant ? Est-ce pour démontrer cela que certains auraient demandé l’autopsie ?


        • Bretzel man 21 mars 2008 13:20

          "Les lobbyes ?"

          Les lobbyes de quoi exactement, les lobbyes anti-euthanasie... Ca existe ca ?


        • Bretzel man 21 mars 2008 13:21

          "Est-ce pour démontrer cela que certains auraient demandé l’autopsie ? "

          Si demain on retrouve votre femme dead sur le tapis du salon, on ne fera pas d’autopsie ?


        • Julien Julien 21 mars 2008 16:31

          "Les lobbyes de quoi exactement, les lobbyes anti-euthanasie... Ca existe ca ?"

          Quelle mauvaise foi (sans jeu de mots)... Comme si le lobby des fondamentalistes chrétiens (que représentent des gens comme Mme Boutin par exemple) n’existait pas.

          C’est le même lobby, qui défend l’ordre moral judéo-chrétien. Le même lobby qui a tout fait pour détruire Simone Weil et sa loi sur l’avortement. Le même lobby qui considère que souffrir est normal et conduit à l’expiation de ses fautes.

          C’est d’ailleurs ce même lobby qui, aux USA, milite pour l’interdiction de l’enseignement des théorie de Darwin à l’école...


        • Bretzel man 21 mars 2008 18:18

          Joyeux pot pourrit de n’importe quoi...

          Qu’est ce que les USA viennent foutre la dedans....

          Les 3/4 de leur population ne savent pas situer la France sur une carte.

          Les chrétiens ne représentent plus rien en France. Ils n’ont aucun poid sur la scène politique.
          S’ils ont été effectivement contre l’avortement, ce sujet ne les interesse plus... si ce n’est les barjots du FN (quel puissant lobby....)

          Le personnel médical francais n’est franchement pas connu pour faire du prosélytisme.... Mais vous sortez d’ou.... ????

          Il y a, qui plus est, chrétien et chrétien pratiquants. Les premiers ont une sympathie pour la religion de leurrs parents, les autres se comptent sur les doigts de la main dans la plupart des paroisses.

          Je vous rapelle que d’ici 20 ans, 90% des curés seront roumains car plus personne ou presque n’est ordonné.

          Alors arrêtez votre délire, on ne parle pas ici de religion.

           


        • astus astus 21 mars 2008 14:22

          Vous demandez : qui va le faire ? Je vous réponds : des médecins le font déjà tous les ans pour 10 à 15 000 personnes. 

          Qui va assumer les responsabilités légales ? Je vous réponds : personne en l’état actuel puisque c’est illégal. Le problème vient justement du fait que c’est illégal...mais toléré en cachette.

          C’est précisément pour être plus en phase avec la réalité qu’il faut modifier la loi Léonetti. Mais pour changer la loi il faut d’abord cesser l’hypocrisie ambiante et là, apparemment, ce n’est pas gagné !

          Mais je vous rassure : personne ne sera condamné à être activement assisté au moment de sa mort ! 

           


          • Bretzel man 21 mars 2008 14:34

            Vous ne réponsez pas. Ma question se pose bien entendu dans l’hypothèse ou se serait légalisé.

            Pas la peine d’écrire en gras ou de vous offusquer...

            Et vous, seriez-vous prêt à débrancher vos parents par exemple ? C’est une question trash, mais comme vous ne vous génez pas pour donner votre avis sur une question aussi morale, vous comprendrez qu’on vous la pose.... ?


          • xray 21 mars 2008 14:25

            À propos de l’euthanasie 

            Recherche la trace de l’argent. Regarde dans quelles poches il aboutit. Et, tu comprendras la morale que les curés nous imposent. 

             

            Le remplissage des hôpitaux (Un bien-portant est un malade qui s’ignore.) 

             

            Le grand business (Un bien-portant est un malade qui s’ignore.) 

             

             


            • xray 21 mars 2008 14:33

              À propos de l’euthanasie 

              Certains médecins moralistes sont mal placés pour faire des effets de déontologie médicale. 

               

              Le virus machin (Un bien-portant est un malade qui s’ignore.) 

               

               


            • plume 21 mars 2008 15:23

              "Si la loi était modifiée en incluant une euthanasie active, celle-ci ne s’imposerait nullement aux personnes qui ne veulent pas y recourir pour des raisons diverses"

              Mort de rire ! Vous y croyez vraiment ?

              Argument à rapprocher de ceux évoqués à propos de l’avortement en son temps... Et de l’attitude des personnels (médecins notamment) face à un foetus porteur d’un handicap, notamment mental (trisomie 21, par exemple). Il faut voir la pression (le mot est faible !) exercée sur les femmes qui souhaitent mener la grossesse à leur terme, dans ce cas.

              Et donc, dans le cas de l’euthanasie, il ne faudra pas longtemps pour l’appliquer aux "faibles", avec ou sans leur consentement. Sera-ce vraiment un progrès de la civilisation ?


              • Icks PEY Icks PEY 21 mars 2008 15:38

                @ plume

                Exactement. Légaliser l’euthanasie conduirait à faire culpabiliser ceux qui sont en fin de vie mais qui ne souhaitent pas de l’euthanasie.

                Ils auraient tous les jours à regarder dans les yeux ceux qui ne pourront pas s’empêcher de penser, plus ou moins inconsciemment : « mais qu’est-ce qu’il attend pour en finir ? Il voit bien qu’il n’a plus aucune chance ! ».

                Autrement dit, on va inverser l’échelle des valeurs : celui qui refusera l’euthanasie sera considéré comme celui qui abuse de son droit à vivre.

                Et vous allez voir que dans 25 ans, certains iront même jusqu’à dire que cela coûte bien cher à la Sécu (ou à la famille) de maintenir en vie des personnes qui seraient peut-être mieux entre quatre planches (je dis dans 25 ans, mais certains en sont déjà convaincus, mais ils n’osent pas encore le dire ...).

                Bien cordialement,

                Icks PEY


              • COLRE COLRE 21 mars 2008 15:40

                Faire en sorte qu’il y ait de moins en moins de naissances pour les trisomiques 21, oui, pour moi, c’est un progrès de la civilisation. Pas vous ?


              • Bretzel man 21 mars 2008 15:43

                En tout cas cela fera gagner 15-20 ans à la SECU, et c’est l’objectif. car ce sont les personnes en fin de vie qui coutent très chers. Et comme la population vieillit...

                Il serait interessant d’entendre les "vieux" s’exprimer à ce sujet. Mais comme par hazard, ce sont les jeunes qui en parlent le plus.... Comme cezigoto qui se prend comme avatar jean moulin... rien que ca. Résistant de pacotille qui singe un arai résitstant.... pitoyable.


              • Bretzel man 21 mars 2008 15:45

                cher macaque, vous êtes bien placé pour savoir que dans le futur, l’espèce humaine va évoluer, et que les hommes d’aujourd’hui seront les trisomiques de demain.


              • COLRE COLRE 21 mars 2008 15:48

                Ah, @Icks PEY, nos posts se sont téléscopés, et sont en désaccord. Je trouve que votre raisonnement ne colle pas. En craignant le pire, on évite aussi le mieux… Bien sûr que votre crainte est fondée, ça arrivera avec l’euthanasie légale, mais ça arrive déjà sans ! il suffit de se balader dans les hôpitaux ou les maisons de retraite, essayez et vous verrez !


              • plume 21 mars 2008 15:51

                J’ajoute que je vous conseille l’excellent article suivant :
                http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/03/21/accompagner-et-laisser-mourir-par-marie-de-hennezel_1025755_3224.html#ens_id=1022062

                ...Histoire de remettre les pendules à l’heure, en prenant le temps d’écouter les professionnels de l’accompagnement de la fin de la vie.


              • Icks PEY Icks PEY 21 mars 2008 16:30

                @ Colre

                Vous parlez d’éviter la naissance de trisomique 21 en réponse à Plume.

                Dans la mesure où vous fixez le seuil de la vie à la naissance, je conçois votre point de vue.

                Maintenant, essayez de concevoir un autre point de vue : la naissance n’est pas le début de la vie, mais un changement d’état d’une vie qui préexiste déjà : autrement dit, un bébé n’attend pas la naissance pour être ce qu’il est.

                D’ailleurs, d’un point de vue strictement scientifique, il n’y a aucune différence fondamentale entre la veille de sa naissance et le lendemain de sa naissance. La seule chose qui change, c’est la source de l’oxygène : avant la naissance, l’oxygène vient de la mère, après il vient des poumons. Tout le reste est là et fonctionne déjà : ouïe, sucer son pouce, uriner, système nerveux, etc...

                Certaines mères vous raconteront sans doute leur émotion de sentir leur bébé dans leur ventre avoir le hoquet. N’est-ce pas mignon ?

                Si vous est en mesure de concevoir ce point de vue là, alors vous comprendrez pourquoi de nombreuses personnes sont contre les IMG de foetus trisomiques : parce que pour elles, la vie commence bien avant la naissance.

                Icks PEY


              • COLRE COLRE 21 mars 2008 16:37

                Je viens de lire, @plume, et ce texte n’est en rien convaincant ni représentatif des professionnels de l’accompagnement de la fin de la vie. Il reflète une opinion. Ni plus ni moins.

                Ce dont je témoigne là n’a rien à voir avec l’acte de donner la mort. Eh bien si, ou alors les mots n’ont plus aucun sens ! Même si la mort est au bout, il s’agit d’accompagner et de laisser mourir. c’est hypocrite, non ? puisqu’il s’agit tout de même de la provoquer.

                Je sais bien que certains trouveront cette réponse hypocrite. Oui !

                Je crains qu’ils n’aient pas compris qu’en agissant ainsi nous permettions à une personne au bout de ses souffrances de partir doucement, et non pas violemment et brutalement, comme c’est le cas lorsqu’on injecte ou administre une potion mortelle. C’est faux, c’est un mensonge, un fantasme. La mort est toujours violente et brutale ! d’une façon ou d’une autre, et il est faux de dire qu’elle ne le serait que par la dite « potion » (voyez le choix du mot, potion, un vrai truc de sorcellerie !)

                La reconnaissance et l’apaisement des proches qui avaient pris le temps d’accompagner en étaient la meilleure preuve. Evidemment ! cette idée, c’est un peu n’importe quoi. Que les proches aient été apaisés d’une mort douce, permise par la gent médicale, c’est d’autant plus normal que c’est exactement ce que l’on demanderait à une nouvelle loi légalisant une euthanasie ACTIVE.
                 


              • COLRE COLRE 21 mars 2008 16:50

                Désolée, @XP, je ne voudrais avoir l’air de vous contredire pour vous contredire…

                MAIS…

                • vous parlez du moment infinitésimal qui précède la naissance, en disant : pas de différence avec après… ok.
                • Puis, vous dites : et un peu avant, c’est pas très différent non plus, il suce son pouce, etc. ok.
                • Puis, encore avant… ah ! encore avant… là, pas ok. De proche en proche, vous voulez me faire croire que l’on peut remonter sans doute à l’ovule fécondé, non ? ou encore avant qui sait ? et vous parlez de « bébé », hésitez sur le fœtus, et oubliez l’embryon. Là, ça ne va plus comme raisonnement.

                Enfin, vous parlez de « scientifique » : mais la science a très bien étudié le processus de la procréation jusqu’à la naissance, mais elle n’a rien à voir avec la décision, sociale, éthique, des lois qui réglementent, dans chaque pays, les seuils et les droits des uns et des autres.
                 


              • Icks PEY Icks PEY 21 mars 2008 17:24

                @ COLRE

                Merci pour votre réponse.

                Vous dîtes : « Puis, encore avant... ah ! encore avant... là, pas ok. De proche en proche, vous voulez me faire croire que l’on peut remonter sans doute à l’ovule fécondé, non ? ou encore avant qui sait ? et vous parlez de « bébé », hésitez sur le fœtus, et oubliez l’embryon. Là, ça ne va plus comme raisonnement. »

                C’est pourtant là qu’est tout l’enjeu. La loi Veil, par exemple, fixe le début de la protection des embryons/foetus (je ne sais pas bien la différence) à 12 semaines dans le cas d’une IVG. Je n’invente rien, c’est la loi Veil, pas moi.

                Le problème, c’est que les IMG (c’est à dire les IVG mais relative aux foetus présentant un risque d’anomalie dite grave) peuvent être pratiquées jusqu’à la veille de l’accouchement. Cela pose question, non ? Foetus sain : on le protège à partir de 12 semaines / Foetus pas sain : pas digne d’être protégé ?? Et je ne pose même pas la question de na notion de « gravité » (à une époque, un bec de lièvre pouvait justifier une IMG, je ne sais pas si c’est encore vrai) ni même la notion de « risque » (qui inclut le fait d’éliminer des foetus sains présentant un risque, mais ce risque étant finalement non réalisé ...).

                Vous poursuivez en disant : "la science a très bien étudié le processus de la procréation jusqu’à la naissance, mais elle n’a rien à voir avec la décision, sociale, éthique, des lois qui réglementent, dans chaque pays, les seuils et les droits des uns et des autres.

                Les mots « rien à voir » me semblent excessifs : c’est bien la science qui est la mieux placée pour nous éclairer sur ce que nous sommes et à partir de quand nous le sommes devenus. La science nous donne une information objective bien utile pour éclairer l’éthique des lois.

                Icks PEY


              • COLRE COLRE 21 mars 2008 17:44

                @Icks PEY, bon, d’accord, la science avait à voir avec la décision, à une époque où l’on ne savait pas bien les mécanismes généraux ou précis. Mais maintenant, c’est ok, on sait COMMENT ça se passe. À nous, vous, moi, tout le monde, la société, de décider de nos droits à tous : à celui du fœtus, celui de la mère et celui de la société.

                Sinon, je ne connais pas les questions juridiques que vous évoquez à propos du fœtus « pas sain », comme vous dites. Je ne sais pas. Comme ça, sans réfléchir, je dirais que plus précoce est le dépistage des anomalies graves et mieux c’est. Trop tard, c’est pas terrible. Mais dans le cas de nouveaux-nés peu viables : pitié ! pas de réanimation SAUVAGE et irresponsable !
                 


              • Bretzel man 21 mars 2008 18:22

                "ni représentatif des professionnels de l’accompagnement de la fin de la vie"

                Ah, première nouvelle... Derniker sondage IPSO : 92% du personnel hospitalier (infirmier, soins palliatif), fermement opposé à l’euthanasie. Faudra réviser vos sources.


              • Icks PEY Icks PEY 21 mars 2008 18:33

                @ colre

                Je ne peux que vous inviter à vous renseigner sur le sujet, sans a priori ni parti pris.

                Article L2213-1 du code de la santé publique :

                « L’interruption volontaire d’une grossesse peut, à toute époque, être pratiquée si deux médecins membres d’une équipe pluridisciplinaire attestent, après que cette équipe a rendu son avis consultatif, soit que la poursuite de la grossesse met en péril grave la santé de la femme, soit qu’il existe une forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic. »

                En application de cet article, il est possible de provoquer des avortements de foetus, à n’importe quel moment de la grossesse dès lors que le foetus présente une forte probabilité d’handicap particulièrement grave.

                Vous remarquerez que la notion de « forte probabilité » n’est pas la certitude => certains foetus sains sont donc éliminés car ils présentaient quand même une forte probabilité.

                Vous remarquerez aussi que la notion de « particulière gravité » est une porte ouverte à tous les abus, a fortiori à une époque où les couples attendent un ou deux enfants maximum qui, bien entendu, se doivent d’être parfaits à la naissance. J’ai personnellement connu des hypothèses où des becs de lièvres (malformation du palais bucal opérable mais qui laissaient des traces au visage) justifiaient des IMG. Il y a eu aussi des cas de foetus avortés car ils étaient dénués de pouce aux deux mains.

                Moi, cela m’interpelle.

                Icks PEY


              • COLRE COLRE 21 mars 2008 18:49

                Au lieu d’aller chercher des sondages auxquels, grand garçon comme vous êtes, vous ne devriez plus croire sans vérifier, vous auriez pu répondre aux points que j’ai soulevés dans mon post (mensonges, hypocrisie, manipulations, truismes…).


              • COLRE COLRE 21 mars 2008 19:03

                ma réponse était à Bretzel…

                Sinon, @Icks PEY, merci de vos infos. Je comprends vos inquiétudes, avec l’humain le pire est souvent sûr, mais je ne vois pas comment on pourrait faire autrement. Il faut parfois faire des choix, prendre des décisions difficiles, et tout cela ne peut pas être prévu à la virgule dans la loi. Il faut des principes globaux, et il faut un peu d’honnêteté et de compétence pour essayer de les appliquer au mieux.

                Après tout, si la mère est jugée en danger de mort, vous trouverez normal (j’espère !) que l’on sacrifie le foetus, même pour un risque potentiel, non ?


              • Icks PEY Icks PEY 22 mars 2008 14:21

                @ colre

                Concernant la mise en danger de la mère, je ne pense pas qu’il y ait de doute là-dessus.

                Mon propos concerne le cas des foetus éliminés sur la base d’un "risque" d’un "grave" handicap.

                Mon propre vécu est à l’origine de mes sentiments : mon frère attendait un enfant (sa femme, en fait ...). Les médecins avaient diagnostiqué un possibilité de trisomie 21 d’une "chance" sur trois alors que les stats normales s’élèvent à une chance sur dix mille, par exemple.

                Ils ont refusé l’amnicenthèse qui, elle aussi, fait courir un risque statistique de fausse couche au foetus et ont déclaré qu’ils garderaient l’enfant quoiqu’il arrive. Ils ont fait l’objet de vives reproches de la part de leur médecin qui voyait en eux le comble des parents irresponsables qui acceptaient de donner la vie à un handicapé potentiel.

                L’enfant est né : il souffrait simplement d’une malformation cardiaque qui est, parait-il, caractéristique des trisomie : il fut immédiatement opéré et se porte depuis comme un charme : ses chromosomes sont parfaitement normaux.

                Ce serait arrivé à un couple peu sensibilisé à ces sujets là où qui ne disposent pas de la force de caractère pour résister au corps médical, la mère aurait subi une IMG. Je n’ai aucun doute là-dessus. Et un innocent aurait été tué.

                L’eugénisme consiste à éliminer ceux qui sont anormaux. Mais le fait d’éliminer des foetus normaux qui présentent un risque d’anormalité, c’est pire, non ?

                 

                Icks PEY

                 


              • COLRE COLRE 23 mars 2008 01:20

                @Icks PEY,

                Non, je ne peux pas vous suivre dans tous vos raisonnements. Pour résumer :

                • Si vous acceptez l’idée que l’on puisse avorter (pour vous = tuer ce que vous appelez un innocent) parce que l’accouchement met en danger la mère, vous acceptez donc que l’on puisse avorter pour de bonnes raisons : les vôtres, sauver la mère. Vous pourriez donc accepter d’autres bonnes raisons (même si ce ne sont pas les vôtres).
                • Si vous dites : un innocent aurait été tué, je vous dis non, pas plus que dans le cas précédent. Dans la vraie vie, on ne tue pas qqu’un pour sauver une autre personne. L’avortement n’EST PAS tuer qqu’un, et donc encore moins un innocent.

                Quant à votre expérience, imaginez que votre belle-sœur ait vraiment mis au monde un trisomique. Imaginez la souffrance, non seulement des parents, mais de l’enfant, et de tout ce qu’il va subir dans sa vie.

                J’aimerais qu’on m’explique en quoi on peut préférer mettre au monde un trisomique plutôt qu’un enfant « normal », bien portant, possédant toutes ses capacités intellectuelles et biologiques, pour avoir la vie la plus normale possible, peut-être fonder lui-même une famille et faire des enfants : autant de choses qu’il ne pourrait pas envisager autrement.

                Qu’on m’explique en quoi il faudrait imposer aux femmes (et aux couples) de ne pas avorter dans ces circonstances !! au nom de quel principe supérieur ?!
                 


              • 5A3N5D 23 mars 2008 11:12

                @ XP,

                "L’eugénisme consiste à éliminer ceux qui sont anormaux. Mais le fait d’éliminer des foetus normaux qui présentent un risque d’anormalité, c’est pire, non ?"

                Votre raisonnement est celui d’un religieux intransigeant et doit être accepté comme tel. Une question cependant : vous êtes-vous jamais penché sur le problème des fausses couches spontanées ?

                Vous devriez le faire, car la nature (dieu ?) n’a pas beaucoup de pitié envers ses créatures, mêmes parfaitement "normales".


              • Icks PEY Icks PEY 24 mars 2008 11:03

                @ 5a5n5d

                Je ne vous adresse pas la parole. Vos propose témoignent amplement de votre agressivité et de votre incapacité à l’échange d’idées. Depuis le début, vous dites que je suis un religieux intolérant alors que je n’ai jamais cité Dieu dans aucun de mes commentaires. Tout simplement parce que mon propos n’a rien de religieux : cela relève d’une éthique humaine et non d’une conviction religieuse donnée. Vous trouverez de nombreux athées qui sont gênés de voir ce que la loi Veil est devenue. On parlait de régime d’exception pour les mineures et lesfemmes violées, et on s’aperçoit à l’usage que l’avortement est en réalité un palliatif à une contraception défaillante. A une époque où les moyens de contraceptions sont en accès totalement libre, on pratique encore 250.000 avortements par an : tout le monde s’accorde à dire que c’est énorme et qu’une majeure partie de ces actes ne relèvent pas d’une urgence sociale comme cela avait été présenté en 1975. Point de Dieu là-dedans, juste une crainte que l’exception soit devenue banalité.

                 

                @ colre

                Rassurez vous, je n’entendais pour vous convaincre, juste vous faire toucher du doigt des éléments qui méritent réflexion. Vous partez du principe que le foetus est indissociable de sa mère et, comme son corps lui appartient, elle fait ce qu’elle veut jusqu’à ce que l’accouchement se déroule. Mais, dans ce cas, le délai de 12 semaines, selon vous, c’est quoi ? Une fictivité juridique ? Aucun mammifère sur terre ne possède deux coeurs, deux cerveaux ou deux sexes opposés. La fictivté juridique, elle se trouve dans l’argument de ceux qui pensent qu’une femme enceinte ne représente qu’elle même. Une femme enceinte porte la vie, une vie qui est tierce. Demandez à n’importe quelle femme enceinte ce qu’elle ressent à partir du 3èmre mois de grossesse, elle en parlera sûrement mieux que moi : elle porte une vie parfaitement distinct à ce point que même en cas de décès de la mère accidentel, on réussit parfois à sauver l’enfant.

                Le principe supérieur dont vous parlez est tout simplement la défense de la vie à quelque stade que ce soit. Mais l’avortement est comme l’euthanasie : l’Homme (avec un grand H) veut à tout prix contrôler la vie, de son commencement à sa fin. L’Homme croit qu’il y a là un grand progrès social à restreindre l’accès à la vie à ceux qui ne correspondent pas à certains critères, fort subjectifs au demeurant. Et pour fréquenter des trisomiques, je peux vous certifier qu’il y a souvent chez eux beaucoup plus d’amour et de beauté que dans beaucoup d’individus dits "normaux". Et paradoxalement, il n’y a pas de suicide chez les trisomiques. Cela interpelle, non, le fait qu’on veuille interdire l’accès à la vie de personnes qui n’auront pas l’idée de s’éliminer eux-mêmes ? Cela ne vous donne pas l’impression qu’on prend un décision à leur place ?

                Icks PEY


              • 5A3N5D 24 mars 2008 15:38

                @ Icks PEY,

                Je ne vous adresse pas la parole. Vos propose témoignent amplement de votre agressivité et de votre incapacité à l’échange d’idées.

                Je trouve votre réaction un peu facile : certes, vous ne m’adressez pas la parole. Ceci ne m’empêche pas, comme n’importe quel commentateur sur ce forum, de contrer ou d’appuyer vos arguments. Nous sommes, jusqu’à présent, dans une démocratie, chose que vous semblez regretter. Toutefois, ce n’est pas vous qui m’empêcherez de réagir à un commentaire.

                Mon incapacité à l’échange d’idées est peut-être réelle, face à un personnage totalement obsessionnel pour qui la vie échappe à l’homme, de la conception jusqu’au dernier soupir. Je me permets en passant de vous signaler que le sujet du billet porte sur l’euthanasie en non sur la loi Veil et l’avortement, et que vous êtes donc hors-sujet en ramenant l’avortement sur le tapis. Mais, les débats ayant pris cette tournure, continuons.

                Lu hier, dans un quotidien de province : un couple a décidé de garder un enfant suite à un avortement spontané. Le foetus pesait tout juste plus de 500 g. Il a donc fallu entretenir la vie artificiellement. Une opération a été nécessaire (l’article ne dit pas pour quel motif.) Suite à cette opération, l’enfant a perdu la vue. Évidemment, on ne sait rien de la souffrance physique et psychologique de ce foetus.

                Ma question est donc la suivante : jusqu’à quelles extrémités la science et la société sont-elles prêtes à aller dans ce qu’il convient bien d’appeler "acharnement thérapeutique" ? Au siècle passé, quelles auraient été les chances de survie de ce foetus ? A votre avis ? 

                La science a fait des progrès, tant mieux. Mais science sans conscience...

                Libre à vous de considérer qu’un ovule fécondé est un être humain. Mais n’imposez pas vos convictions profondes à ceux qui en ont de différentes.

                Je ne suis pas pour une utilisation détournée de la législation sur l’avortement, acte qui laissera toujours des traces physiques ou psychologiques. Les moyens contraceptifs sont évidemment préférables, et de loin. Il est cependant "normal" de constater que ces moyens sont mis à l’index par certaines autorités religieuses, qui prônent tout simplement l’absence de rapports sexuels en dehors du mariage. Donc, plus besoin de contraception ou d’IVG. Et on retrouve inévitablement des interdits que nul ne peut être contraint d’accepter sans avoir fait profession de foi.

                Une question encore : les autorités religieuses sont-elles les mieux placées pour parler d’éthique ?

                Vous qui, dans un autre fil de discussion, dénoncez le "totalitarisme" des athées tout en leur lançant un appel à l’union avec les catholiques pour contrer la progression de l’Islam, ne pensez-vous pas que le totalitarisme en matière de bioéthique se trouve du côté de la morale religieuse, donc du côté d’une philosophie dualiste dans laquelle le corps est considéré comme l’ennemi de l’âme.

                Vous parlez avec votre conscience et c’est à votre honneur, mais n’oubliez pas que tous les humains ne partagent pas votre vision des choses. Même s’il vous paraît inconcevable qu’on puisse avoir des idées différentes des vôtres, beaucoup de vos arguments s’opposant à l’euthanasie ou à l’avortement sont loin de recevoir un agrément général. 

                Cessez donc de penser que vous seul pouvez avoir des "idées." Si un enfant trisomique peut en effet ne pas souffrir de son handicap, imaginez la souffrance psychologique, la culpabilisation dans laquelle peuvent vivre certains parents et ne la présentez pas comme une "norme" devant être imposée à tous.


              • Bobby Bobby 21 mars 2008 16:33

                Bonjour,

                 

                Bien bon article ! Il souligne en effet une hypocrisie... dans la multitude de celles qui nous baignent tous les jours. Il faut être attentif à se débarasser des contre-vérités... quand au climat dans lequel ces efforts louables sont tentés, ils me disent qu’il y a loin de l’idée à sa réalisation !

                 

                Pour ceux qui s’en souviennent, le premier médecin à avoir été pousuivi, s’en est relativement bien tiré...(un juif dont j’ai lu avec intérêt le livre... j’ai oublié son nom, sorry !) son but humanitaire avait été compris. Un excellent film avec Daniel Auteuil aborde ce sujet délicat "Un coeur en hiver". La problématique y est très finement exposée.

                 

                Vous, moi, dans les mêmes circonstances, Quid au point de vue de la justice ? Celà ferait de nous... des assasins ! Il y a bien là, matière à changer nos lois... notre mentalité, pour ne pas verser dans une dogmatique... opposée là aussi, à la réflexion !

                 

                Bien à vous


                • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 21 mars 2008 17:23

                  Le distinction qualitative entre euthanasie passive et euthanasie active est parfaitement imaginaire dès lors qu’un produit anti-douleur administré à des doses suffisamment efficaces en fin de vie devient nécessairement létal a et que le simple fait de débrancher le malade provoque "activement " sa mort.

                  La seule différence quantitative est que ce que l’on appelle produit "passif" provoque la mort différée, à la différence du produit dit actif. Le premier prolonge l’agonie que le second raccourcit.

                  Ainsi si le produit passif soulage hypocritement la conscience et donc la mauvaise foi du médecin, elle ne tient aucun compte de la dignité au malade dans la mesure où sa volonté de mourir d’une mort inéluctable, en bénéficiant d’une courte agonie, n’est pas respectée.

                  La mort comme la vie nous appartient . Être libre c’est obtenir le droit de vivre et donc de mourir dans la dignité, sans donc être la victime de la morale hypocrite d’un autre qui prétendrait décider de la valeur de notre vie et du moment de notre mort à notre place.


                  • Bretzel man 21 mars 2008 18:24

                    Personne ne vous empêche de vous suicider.

                    CQFD avec l’épisode récent.

                    Le débat concerne essentiellement les personnes qui ne sont plus en mesure de prendre une décision.


                  • mithys 21 mars 2008 19:04
                     

                    Gaston REBOUL a très bien résumé le problème. Mon commentaire est le suivant.

                    La religion catholique condamne le suicide (donc aussi l’assistance au suicide) et incite à se soumettre à ce commandement. En témoignaient, à « C dans l’air » d’hier, deux médecins (les docteurs Bernard DEVALLOIS et Louis PUYBASSET) favorables (comme les curés), à l’ « accompagnement ». Ils acceptent que le malade ingurgite un produit, mais bien sûr sans l’avoir fourni ni administré. Quelle hypocrisie ! Quelle lâcheté ! Yves CALVI ne leur a hélas pas demandé s’ils étaient catholiques (il n’a sans doute pas osé utiliser cet argument ad hominem), mais j’en mettrais mes deux mains au feu … ! Et ils ont donc été totalement imperméables aux arguments humanistes pourtant pertinents du docteur François MORVAN (ADMD) notamment. Comment est-ce possible ? 
                    Je suggère une explication : c’est que, sauf exceptions, les croyants, fussent-ils médecins, ne réalisent pas que leur éducation religieuse précoce, confortée par un milieu culturel croyant unilatéral, a laissé des traces indélébiles dans leur cerveau émotionnel qui perturbent leur néocortex et donc leur esprit critique dès qu’il est question de religion ou de morale… De plus, ils ignorent - ou occultent - les principes, les valeurs, les fondements et les objectifs de l’humanisme laïque. Et il arrive un âge (+ ou - 25 ans) où il devient difficile de modifier ses options fondamentales sans se déstabiliser).
                    Comme la majorité des catholiques, ils privilégient donc le respect absolu d’un principe, celui du respect de la vie à celui de la qualité de la vie, de sa dignité. Pour eux, prolonger l’agonie, c’est digne ... !
                    Ces médecins n’en ont cure : le dolorisme prévaut …
                    Et, bien évidemment, comme tous les opposants à toute légalisation de l’euthanasie, ils ont invoqué le « risque de dérives, d’abus, … ». Et pour cause : les hommes ne sont-ils pas tous des « pécheurs » en puissance, et ce depuis le « péché originel » ? Pour l’Eglise, l’être humain est dépourvu de conscience morale, il n’a aucun sens de sa responsabilité individuelle ! Il est donc conditionné pour obéir ... Mais si habilement qu’il ne s’en rend pas compte.
                    Je rappellerai enfin que l’absence (paradoxale !) de compassion du catholicisme a connu notamment un paroxysme : l’éminent docteur Alexis CARREL qui, dans « L’homme, cet inconnu », en 1932, préconisait l’eugénisme et contribua à la promotion du nazisme … !
                    Comment est-il possible que dans le pays des Lumières, des droits de l’homme et de la liberté individuelle, le législateur français reste aussi rétrograde en matière de bioéthique ? Le catholicisme est passé par là, et les séquelles perdurent ...
                    Vivement en France un débat serein sur une légalisation « à la belge » de l’euthanasie !
                    Michel THYS Waterloo.
                    michelthys@tele2allin.be

                     


                  • mithys 21 mars 2008 19:08

                    Sorry ! SYLVAIN REBOUL ! Et non GASTON !

                    Micjel THYS Waterloo.


                  • oncle archibald 21 mars 2008 19:14

                    "Ainsi si le produit passif soulage hypocritement la conscience et donc la mauvaise foi du médecin, elle ne tient aucun compte de la dignité au malade dans la mesure où sa volonté de mourir d’une mort inéluctable, en bénéficiant d’une courte agonie, n’est pas respectée. La mort comme la vie nous appartient . Être libre c’est obtenir le droit de vivre et donc de mourir dans la dignité, sans donc être la victime de la morale hypocrite d’un autre qui prétendrait décider de la valeur de notre vie et du moment de notre mort à notre place."

                    Le produit passif soulage surtout le malade qui souffre et lui permet de conserver sa dignité, ou alors nous n’avons pas la même idée de la dignité. Quel que soit le « mode » actif ou passif utilisé, le malade ne sera pas conscient au moment de sa mort, car sinon il souffrirait.

                    La mort comme la vie nous appartiennent en partie, en ce sens que nous pouvons influencer notre avenir par certaines décisions. Mais en partie la vie ne nous appartient pas en ce sens que divers évènements qui nous échappent totalement l’influencent de façon très importante. On ne choisit ni ses parents ni l’heure de sa naissance, on choisit rarement son conjoint de façon rationnelle, on ne choisit pas ses enfants, et des évènements de hasard bouleversent parfois toute notre vie.

                    Je ne conçois pas comme un grand progrès de l’humanité que l’on choisisse l’heure de sa mort et je pense que ceux qui s’acharnent à vouloir une loi plus « permissive » dans l’intervention que celle qui existe déjà poursuivent des buts simplement idéologiques, au mépris de toute prudence, car donner la permission de tuer, comporte de grands risques.


                  • oncle archibald 21 mars 2008 19:52

                    « Il arrive un âge (+ ou - 25 ans) où il devient difficile de modifier ses options fondamentales sans se déstabiliser » et vous n’échappez pas à cette règle, Mithys !

                    Bien entendu chacun argumente pour défendre ses convictions et j’espère que vous n’y voyez pas d’inconvénients. J’espère aussi que votre éducation matérialiste précoce, confortée par un milieu culturel « bouffe catho » unilatéral, n’a pas laissé de traces indélébiles dans votre cerveau émotionnel au point de perturber votre néocortex et votre esprit critique dès qu’il est question de religion ou de morale, mais j’ai un gros doute ! L’argumentation que vous développez pour défendre l’idée que donner la mort à un malade en fin de vie serait un grand progrès pour l’humanité toute entière se résume à : les cathos sont des hypocrites qui cherchent des faux fuyants et qui n’ont aucune compassion pour leurs frères dans la souffrance. Cette « vérité assénée » n’est pas à l’honneur d’un grand philosophe qui feint de croire qu’il ne sait pas que le pays des lumières qui a proclamé les « droits de l’homme » était à la fin du XVIIIeme siècle tout imprégné de culture chrétienne et que c’est ceci qui a permis cela.

                    Et pour en revenir au sujet, sans perdre de vue votre « sectarisme athée », je relève que vous affirmez sans sourciller que les médecins qui sont pour l’accompagnement et contre l’euthanasie « acceptent que le malade ingurgite un produit, mais bien sûr sans l’avoir fourni ni administré ». Agrémenté des commentaires « Quelle hypocrisie ! Quelle lâcheté ! ». Et vous ajoutez « Yves CALVI ne leur a hélas pas demandé s’ils étaient catholiques (il n’a sans doute pas osé utiliser cet argument ad hominem), mais j’en mettrais mes deux mains au feu ! Alors permettez moi à mon tour d’utiliser vos propres termes : »Quelle hypocrisie ! Quelle lâcheté !« . Les »laïques" comme vous font beaucoup de mal à la cause de la laïcité, qui me tient à cœur dans la mesure ou elle permet et garantit la liberté de pensée.


                  • mithys 22 mars 2008 00:23

                    Mithys répond à oncle archibald : détrompez-vous : j’ai été croyant (protestant) jusquà 21 ans, et athée à 24, (j’en ai 69), après être passé par le déisme, l’agnosticisme et l’incroyance. J’ai donc reçu une éducation religieuse, mais bien sûr sans alternative non aliénante, et m’en suis affranchi. Je ne défends nullement "l’idée que donner la mort à un malade en fin de vie serait un grand progrès pour l’humanité", mais celle d’être libre de décider du moment de sa mort, comme de sa vie.Je ne cherche pas à avoir raison mais seulement à comprendre les raisons de ceux qui refusent aux autres le droit de mourir dans la dignité.S’il existe des explications autres que la soumission à des impératifs religieux, je ne demande qu’ à en prendre connaissance.

                    Prolonger l’agonie, même sans souffrance, est à mes yeux inhumain. On ne l’inflige pas à un animal .J’ai vécu pendant plusieurs jours l’agonie de ma mère de 85 ans, inconsciente et condamnée par la médecine. C’était tellement insoutenable que mes cinq frères et soeurs, unanimes, avons demandé au médecin (belge) de mettre fin à ce "calvaire", ce qu’il a fait. J’aurais apprécié que vous invoquiez des arguments en faveur des médecins qui, bien que ce soit leur droit, refusent même l’idée d’une légalisation de l’euthanasie. Je suis un ardent défenseur de la laïcité et de la liberté de pensée. Pour vous en convaincre, je vous suggère la lecture d’un texte de deux pages, sous formes de 20 questions http://atheisme.free.fr/Contributions/Croire_ou_pas_croire.htm Cordialement.

                     


                  • mithys 22 mars 2008 00:29

                    Cher Monsieur Sylvain REBOUL,

                    J’ai compris d’où vient mon erreur de prénom : j’ai fait l’ "amalgame" avec Gaston BOUTHOUL, le polémologue ! Je vous réitère mes excuses. Bien à vous, Michel THYS à Waterloo.


                  • mithys 22 mars 2008 00:45

                    Mithys à oncle Archibald : Vous écrivez " Donner la permission de tuer comporte de grans risques". Utiliser le mot "tuer", comme ceux qui s’opposaient à la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse, n’est pas un argument rationnel mais émotionnel. C’est nier que le médecin ait une conscience morale et une concience professionnelle. C’est confondre l’arbre et la forêt : une dérive ou un abus est certes toujours possible, mais est exeptionnel, a fortiori si l’euthanasie a été soumise à des règles précises. Avez-vous lu le texte de la loi belge ?


                  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 22 mars 2008 12:50

                    Je constate, comme c’était le cas pour l’avortement, que les adversaires de l’ euthanasie soi-disant active, alors que l’euthanasie (euthanasie voulant dire bonne mort ou mort en douceur en grec) est toujours active même en ce qui concerne les soins dits palliatifs qui n’ont rien de passifs, prétendent décider pour les autres et au nom de leur morale ce qu’il doit en être de la dignité des personnes, y compris de celles qui ne partagent pas leur vision de la dignité.

                    Je rappelle qu’une telle loi qui autoriserait l’assistance au suicide en fin de vie n’interdirait en rien de prolonger la vie ou l’agonie de qui le demande et je ne vois au nom de quelle idée de la liberté individuelle cette liberté et ce choix des uns devraient être refusés à ceux qui, au motif que ces derniers ne seraient pas d’accord avec la morale particulière de ceux qui refusent pour eux-mêmes l’assistance au suicide, refusent de voir prolonger leur agonie et le spectacle, quand ce n’est pas le rôle , qu’ils considèrent comme indignes d’eux que cette agonie donne à leurs proches..

                    La liberté des uns doit impliquer la liberté des autres. Demander d’autoriser ne rend pas ce qui est autorisé obligatoire, par contre interdire fait d’une interdiction une obligation. Il n ’y a donc aucune symétrie, du point de vue des libertés, entre une interdiction et une autorisation.


                  • Francis JL 22 mars 2008 19:56

                    Sylvain Reboul, vous n’avez pas tort en enfonçant des portes ouvertes !

                    Sur le mot ’euthanasie’, laissez moi vous redire qu’on peut euthanasier son chien avant de partir en vacances parce que c’est moins cruel que de l’abandonner sur une aire d’autoroute.

                    Ce n’est pas tout à fait avec des arguments pareils qu’on fera avancer le schmilbilk, même si, je vous l’accorde, il faut le faire avancer. Mais pourquoi faut-il qu’en France on fasse des lois quand il se produit un défraiement de la chronique ? Pourqui tout le monde s’accorde-t-il sur la nécéssité de faire des ’réformes’ alors que jamais, comme le rappelait encore Le Monde aujourd’hui, on ne s’en préoccupe quand tout va bien ? Il y a là matière à débat, et je vous promet que j’ai des choses à dire.

                     


                  • Lucrezia 21 mars 2008 17:32

                    Entre les canicules à venir et les "euthanises" potentielles ( voulues ou "forcées") ... la courbe des âges va sérieusement chuter ...C’est la Caisse d’Assurance Vieillesse qui va être contente (LOL) !


                    • barbouse, KECK Mickaël barbouse 21 mars 2008 19:28

                      bonjour,

                      pour ma part j’ai participé au protocole de fin de vie a domicile et veillé, en relais avec d’autres membres de ma famille, sur mon oncle, pendant les quinze derniers jours de son agonie, fin de parcours a son cancer du pancréas, a 43 ans. C’est une situation médicalement sans espoir en l’état actuel de la réalité médicale.

                      j’ai encore des années aprés, l’image de sa souffrance marquant son visage, le bruit de la pompe à morphine et mon coeur qui se sert a chaque fois que j’appuie sur ce bouton pour qu’elle lui en réinjecte une dose supplémentaire,

                      J’ai dans l’oreille de mes cauchemars le bruit du battement de son coeur suivie de son souffle sortant de sa bouche déformée, la vision de ses dent abimées, ses derniers kilos d’un corps dont la force m’impressionnais autrefois, et sa volonté restant lorsqu’il tendait encore son bras pour tenter de se redresser seul, et autres réalité sur ce que c’est que de veillé sur un des siens dans ces conditions.

                      Je savais que ça me marquerais psychologiquement, que rien ne m’avais préparé a vivre ça, qu’en y allant je faisait surtout en sorte que d’autre membre de ma famille ne le fasse pas, et que j’aimais assez mon oncle pour l’accompagné d’une affection sans faille jusqu’a la fin.

                      Mais la vérité, c’est que pendant des heures et des heures, assis en face de son lit, chaque nuit, cet homme que j’aimais, j’ai voulu le tuer. Rien ne m’était plus contraire tant il m’est facile d’envisager de tuer pour les miens, mais pas les miens.

                      L’étouffer avec oreiller, chercher une seringue et injecter une bulle d’air, sans autant de solutions envisageable lorsque je me torturais l’esprit a vouloir que sa s’arrete.

                      Pour lui, pour les autres, parce que de toute façon maintenant ou demain, tout est pret, tout le monde se prépare a son deuil, personne ne le saura jamais a part moi, et ce qui m’as arréter toutes les fois ou cherchant mon courage de passé a l’acte, c’est la peur de rajouté des problèmes avec la justice a ma famille déja débordante de chagrin.

                      Je ne suis pas le seul a l’avoir veillé et bien des années plus tard, ceux qui l’ont fait garde une trace dans leur mémoire qui n’a rien a voir avec les souvenirs heureux de moment partagé avec mon oncle. Il n’ ya pas de conspiration du silence entre nous, mais nous n’en parlons pas, parce que nous ne sommes pas masochiste ni n’aimons nous faire souffrir a coup de souvenir d’agonie lente et certaine vers une mort inexorable.

                      Mon oncle a expliqué peu de temps avant de perdre l’usage de la parole que c’était trop douloureux, qu’il était pret, qu’il en pouvais plus, tout en nous rassurant de son amour pour nous tous. Il envisageais de se suicider mais a été surpris pas la rapidité avec laquelle il a perdu ses dernières forces, et n’a tout simplement pas pu le faire.

                      quelque années aprés, je garde de cet épisode de ma vie, un profond dégout de moi même, parce que si j’avais eut le courage, je lui otais une semaine d’agonie sous morphine a souffrir pour rien. Le protocole anti douleur, la mort dans le confort chimique, c’est de la connerie, et ça ne prend pas du tout en compte la douleur psychologique accrue par la durée de l’agonie pour le patient comme pour son entourage. 

                      2 jours avant sa mort, aprés des journées sous anti douleur, il avait encore des moments de lucidité, et se voyait et se sentait tel que la maladie le ravageais, éructais un rale de soupir d’une tristesse profonde, se laissai retombé en fermant les yeux, cherchant a fuir l’horreur de sa propre vision de lui même.

                      C’est une amertume que je garde sans possibilité de réparation, d’expiation, de soulagement. J’aurai pu lui éviter ça a défaut de ne pouvoir rien faitre contre son putain de cancer. je comprend que c’est difficile ; que légifèrer c’est ouvrir la porte a des abus,

                      mais lorsque la fin est proche et irrémédiable, il n’est pas juste d’empecher une personne de pouvoir choisir son moment de départ si elle le veut, avec un dispositif médical adaptée, avec ça mon oncle nous aurai tous dis au revoir en tête a tête, et il serais parti de lui meme.

                      Il n’est pas juste de criminalisé ceux qui passent a l’actes dans la dignité malgré la violence de la situation et le contexte socio juridique actuel.

                      Ce doit etre un droit des familles que de ne pas laissé crever et souffrir les siens lentement grace au progrès médicaux lorsque l’intégrité de la personne est perdue dans l’incurable et inexorable. Le protocole anti douleur n’est pas une panacée, loin de là.

                      Qui peut appliqué ce genre de loi ? qui passe a l’acte ? honnètement, s’il existait un protocole qui permet de désigner un membre de la famille comme autorisé a appuyé sur le bouton pour abréger le calvaire, avec aval médical, inscription dans un dossier accessible par la police et la justice, un suivi psychologique pour qui a appuyé sur le bouton, et autre mesure saines pour éviter les abus et les risques,

                      je suis preneur, je me serai désigné volontaire auprés des miens, j’aurai appuyé sur le bouton, parce que j’aurai non pas été dans la peur des conséquences supplémentaire au deuils pour ma famille, mais l’agissant d’une décision collective familiale pour le départ de l’un des siens.

                      amicalement barbouse.


                      • Bobby Bobby 23 mars 2008 10:56

                        Tout-à-fait d’accord avec vous !

                        Bravo pour votre intervention !

                         


                      • vivelecentre 21 mars 2008 22:10

                        Bien sur votre témoignage est particulièrement émouvant, mais pourquoi cela ne reste pas dans la sphère privé ? pourquoi la décision ne se prend pas entre vous ?

                        Légiférer par ce que les autres pays l’on déjà fait ?

                        cela fait froid dans le dos quand on entend à la radio tel ou tel auditeur dire sur ce sujet , " il faudrait generaliser l’euthanasie, les malades alzheimers sont comme des animaux "

                        ou tel autre femme dire sa souffrance , sept ans après d’avoir vécu l’euthanasie de son mari contre son gré et contre même l’avis du défunt, en conflit avec le medecin, relaxé au pénal et condamné au civil a quelque milliers d’euros de dédommagement pour avoir pris une décision trop hâtive..

                        Et il y a aussi des rescapés célèbres sortis de situations désespérées , demandez leurs s’ils sont pour ? Pourtant , beaucoup , y compris le Corps médical, les avaient définitivement condamné...


                        • barbouse, KECK Mickaël barbouse 22 mars 2008 08:40

                          honnètement, quand je lis votre réaction j’ai envie de vous dire "a bas la société de spectacle", je peu vous jurer que quand on est des heures durant devant les 37 kilos d’un être humain dans l’agonie sous camisole chimique, il faut etre psychologiquement attardé mental pour sortir un voici et espèrer un miracle de rémission.

                          La grande différence, et c’est bien pour ça que je ne vous en veux pas, c’est le regard sur la mort. Pour nous, souvent, la mort c’est le plus tard possible, le mieux possible, garder l’espoir , la science qui évolue, les miracles, c’est important, etc...

                          mais dans les situations d’accompagnement d’un mourant, la mort, elle deviens synonyme de libération, de meilleurs des choses qui puissent arriver pour soulager enfin celui ou celle qu’on aime de son agonie. Son corps est déja trop amoché, son âme pour ceux qui y croient, ne peu plus décemment rester dedans.

                          la fin de vie d’un cancer, comme d’autre pathologies, c’est par étape, et quand certaines sont franchies, c’est sans rémission possible, c’est tout, c’est comme ça. Je sais bien que l’irrémédiable est insupportable pour la conscience, que l’espoir que sa finisse bien, que dieu, les prophètes, superman, l’énergie cosmique, etc.. y fera peut etre quelque chose. Mais non. on meurt, comme tout le monde un jour, c’est tout.

                          La différence reste dans le souvenir que l’on laisse aux vivants lorsqu’on traumatise encore plus de son départ les siens que c’est long et atroce.

                          amicalement barbouse.


                        • vivelecentre 22 mars 2008 14:20

                          Bien sur, e n’ai pas vécu votre situation et je ne sais pas comment j’aurai réagis.Peut être, effectivement, j’aurai essayé d’abréger son calvaire , mais cela n’aurai t concerné que ma conscience

                          Je ne veux pas vous choquer avec des comparaisons hasardeuses, mais il et probable que si on faisait du mal à mes enfants , je ferai la même chose à l’auteur et même la mort le cas échéant

                          Et pourtant je suis foncièrement contre la peine de mort, totalement et sans exception. Je considère n’avoir aucun droit sur la vie ou la mort de quiconque, sauf ma propre vie (contrairement aux chrétiens).

                          Toutefois, je ne peux pas dire dans l’absolue qu’un jour pourtant, je ne sois en situation de faire un homicide , dans des circonstances donné ( exceptionnelle bien sur )

                          Tout cela pour vous dire que je pense, quelque soit la douleur d’un cas, ce n’est pas sur un cas particulier, sous l’influence de l’émotion collective ,qu’il faut faire une loi nouvelle

                          Des cas comme celui de Marie Imbert et celui de ces jours derniers ont pour conséquence d’émouvoir ( à juste titre ) une bonne partie de la population , mais ils perturbent le recul et l’objectivité necessaire et je pense qu’il ne faut surtout pas se baser dessus pour une loi générale

                          Bien sur que si j’avais vecu ce que vous avez vecu , j’aurai peut être un autre avis , mais serait il plus objectif ?


                        • barbouse, KECK Mickaël barbouse 23 mars 2008 09:22

                          je ne sais pas si le vivre rend plus objectif lorsqu’il s’agit de réflechir, l’empirisme d’une douleur ne rend pas forcément lucide, vous avez raison.

                          Mais, je crois sincèrement que nombreux sont ceux qui lorsqu’ils regardent leurs enfants n’ont envie de leur infligé la gestion de leur agonie, et préfère lorsque on atteind un seuil de non retour possible, partir plus vite.

                          amicalement, barbouse.


                        • nbdl 22 mars 2008 02:04

                           

                           

                           

                          précison nécessaire : Française vivant à Luxembourg depuis 17 ans ...je tiens à préciser que je m’y sens très bien...

                          je souhaiterai juste apporter quelque précisions concernant l’euthanasie à Luxembourg puisqu’on le cite dans tous les médias français au regard de l’affaire Sabire :

                          La loi sur l’euthanasie vient d’etre votée au Luxembourg, soit, mais il faut aussi savoir, ce que les média Français ne citent pas, que l’avortement est encore illégal au Luxembourg..... sauf pour raisont médicales. Donc, faire passer le Luxembourg pour pays en avance sur les problèmes de société de ce type me semble un peu raccouci....

                           

                          Concernant l’euthanasie active et les soins palliatifs au Luxembourg :

                          Mon amie est décedée il y a 1 an au Luxembourg, à l’age de 41 ans, d’un cancer dans des conditions inimaginables - mon propre père, décédé il y a huit ans à l’age de 64 ans dans centre paliatif parisien a été traité de manière exemplaire, c’est vrai il a eu de la chance dans son malheur). Revenons juste à mon amie... en phase terminale (5 heures de vie au plus) ...je me suis entendue dire par l’infirmière : il n’y a pas de medecin (un dimanche soir ) , elle a eu sa dose de morphine, j’ai besoin d’un médecin pour lui en prescrire ! je ne dois qu’à ma colère d’avoir un peu soulager sa souffrance (je pense que j’ai tellement hurlé que l’infirmière, la pauvre , qui n’avait pas les droits, a été soulagée de donner de la morphine à mon amie) C’était, à l’époque le centre de soins palliatifs au Luxembourg. Il y avait son plateau repas préparé...alors qu’elle était en phase terminale ...mais plus rien dans l’hopital à manger pour son mari et ses 2 fils. La dose a malheureusement été suffisament faible pour que mon amie se reveille encore 2 fois dans la nuit dans d’atroces souffrances avant, finallement de décéder aux cotés de son mari et de ses 2 fils qui, de toutes façons n’étaient plus en état de demander quoique ce soit.

                          Je sais que le racourci peu sembler facile, mais depuis 1 ans et demi je n’ai pas vu grand chose bougé de ce coté là à Luxeembourg..des discours politiques , ha ça oui...mais c’est tout...soins aux mourants...mais bling blang ......d’un seul coup, tout le monde est pour l’euthananasie active au Luxembourg....la loi passe alors que nous sommes le dernier pays européen pour les dons d’organes !!!!

                           je suis aussi définitivement pour l’euthanasie active..........mais certainement pas comme seul choix...parce qu’on n’a pas la possibilité de soins palliatifs adequats.........qu’on ne veut pas mettre en place : que tout le monde ait le choix !......

                          Ma conclusion personnelle est terrible car vécue ici : il est plus simple de mettre en place une loi sur l’euthanansie que de mettre en place un vrai système de soins palliatifs et toutes ses alternatives ..ceci biensur est loin d’etre une généralité, j’en conviens, ......mais il serait peut etre interessant d’y reflechir avant de légiférer. ...Je le vois ici...c’est tellement simple de légiférer, d’etre citer en exemple par le reste de l’europe ..et meme du monde.....et d’avoir 90 % de la population qui fuit le pays dès qu’il sait qu’il à un cancer vers la France, la Belgique ou L’allemagne....à méditer...en tous cas, à investiguer !

                          2- je suis scandalisée du fait qu’on puisse faire une autopsie sur le corps de Chantal Sabire.....elle a déjà fait tellement........a-t-on pensé seulement à ses enfants ? n’a-t-elle pas suffisament contribuer de manière citoyenne ? Quelle est la valuer ajoutée de cette autopsie ? finir de détruire l’image de cette femme qui a eu le courage de penser que sa souffrance pourrait peut etre faire reflechir ?...juste réfléchir....elle n’a jamais demandé de légiférer .....


                          • Francis JL 22 mars 2008 20:11

                            NBDL, votre témoignage est bouleversant. J’ose croire que derrière cette autopsie, il y a autre chose que de l’acharnement d’un pouvoir ulcéré.

                            Je lis dans la presse que ses enfants ne se sont pas opposés à cette autopsie. Dans quelle mesure peut-on s’opposer à une autopsie justifiée par un tiers ?

                            En l’occurrence, la question n’est-elle pas : quel est le motif invoqué, et par qui ?


                          • Francis JL 22 mars 2008 20:52

                            Il y a 7 ans, mon amie avait été hospitalisée suite à des symptomes préoccupants. Quelques mois et moult examens, radios, scanners, ... plus tard, un soir, un vendredi, une toubib était heureuse de lui annoncer qu’ils avaient enfin trouvé. Bon WE.

                            Quelques mois plus tard, elle décédait d’un cancer des os foudroyant, dans un service de soins palliatifs de qualité, rien à redire. Elle avait 45 ans.

                             


                          • ethos ethos 9 juillet 2010 03:02

                            OUI à l’aide au suicide, mais NON à l’euthanasie !

                            Au sujet de la différence entre l’euthanasie et l’aide au suicide, il faut distinguer entre les arguments juridiques, éthiques et religieux. On ne peut pas simplement affirmer sans nuance qu’il n’existe pas de différence entre les deux : dans un cas c’est le patient lui-même qui s’enlève la vie (aide au suicide) alors que dans l’autre c’est le médecin qui la retire. Il faut d’abord préciser sur quel terrain (juridique, éthique ou religieux) on tire notre argumentation. Si l’on se situe sur le terrain de l’éthique, on peut raisonnablement soutenir qu’il n’existe pas de différence. Cependant, si l’on se situe sur le terrain juridique, il existe toute une différence entre l’euthanasie (qualifié de meurtre au premier degré dont la peine minimale est l’emprisonnement à perpétuité) et l’aide au suicide (qui ne constitue pas un meurtre, ni un homicide et dont la peine maximale est de 14 ans d’emprisonnement). Dans le cas de l’aide au suicide, la cause de la mort est le suicide du patient et l’aide au suicide constitue d’une certaine manière une forme de complicité. Mais comme la tentative de suicide a été décriminalisée au Canada en 1972, (en 1810 en France) cette complicité ne fait aucun sens, car il ne peut exister qu’une complicité que s’il existe une infraction principale. Or le suicide (ou tentative de suicide) n’est plus une infraction depuis 1972. Donc il ne peut logiquement y avoir de complicité au suicide. Cette infraction de l’aide au suicide est donc un non-sens.

                            En revanche, l’euthanasie volontaire est présentement considérée comme un meurtre au premier degré. Le médecin tue son patient (à sa demande) par compassion afin de soulager ses douleurs et souffrances. Il y a ici une transgression à l’un des principes éthiques et juridiques des plus fondamentaux à savoir l’interdiction de tuer ou de porter atteinte à la vie d’autrui. Nos sociétés démocratiques reposent sur le principe que nul ne peut retirer la vie à autrui. Le contrat social « a pour fin la conservation des contractants » et la protection de la vie a toujours fondé le tissu social. On a d’ailleurs aboli la peine de mort en 1976 (en France en 1981) ! Si l’euthanasie volontaire (à la demande du patient souffrant) peut, dans certaines circonstances, se justifier éthiquement, on ne peut, par raccourcit de l’esprit, conclure que l’euthanasie doit être légalisée ou décriminalisée. La légalisation ou la décriminalisation d’un acte exige la prise en compte des conséquences sociales que cette légalisation ou cette décriminalisation peut engendrer. Les indéniables risques d’abus (surtout pour les personnes faibles et vulnérables qui ne sont pas en mesure d’exprimer leur volonté) et les risques d’érosion de l’ethos social par la reconnaissance de cette pratique sont des facteurs qui doivent être pris en compte. Les risques de pente glissante de l’euthanasie volontaire (à la demande du patient apte) à l’euthanasie non volontaire (sans le consentement du patient inapte) ou involontaire (sans égard ou à l’encontre du consentement du patient apte) sont bien réels comme le confirme la Commission de réforme du droit au Canada qui affirme :

                            « Il existe, tout d’abord, un danger réel que la procédure mise au
                            point pour permettre de tuer ceux qui se sentent un fardeau pour
                            eux-mêmes, ne soit détournée progressivement de son but premier,
                            et ne serve aussi éventuellement à éliminer ceux qui sont un
                            fardeau pour les autres ou pour la société. C’est là l’argument dit du
                            doigt dans l’engrenage qui, pour être connu, n’en est pas moins
                            réel. Il existe aussi le danger que, dans bien des cas, le
                            consentement à l’euthanasie ne soit pas vraiment un acte
                            parfaitement libre et volontaire »


                            Eric Folot

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