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Fatiha Agag-Boudjahlat décrypte la guerre des mots communautariste (partie 1/3)

Alors qu’elle vient de sortir un nouveau livre préfacé par Elisabeth Badinter, « Combattre le voilement  », prochainement revu sur le blog, il est plus qu’utile de revenir sur le livre de Fatiha Agag-Boudjahlat, « Le grand détournement ». Une contribution importante, où elle s’emploie à décrypter les détournements sémantiques des communautaristes islamistes et leurs soutiens.

 

« La liberté, c’est l’esclavage »
 
Moi qui essaie d’apporter ma contribution au combat sémantique contre l’oligo-libéralisme, je suis d’autant plus sensible à l’ambition de Fatiha Agag-Boudjahlat. Il faut doublement la remercier, comme professeur à une époque où l’Etat oublié ceux qui instruisent nos enfants, mais aussi comme défenseuse de notre modèle républicain face aux assauts des islamistes, aidés les communautaristes d’inspiration anglo-saxonne, entre complaisance et complicité. Pour elle, « le don le plus précieux que m’a fait la République est celui de me donner les moyens de penser par moi-même, de forger mon opinion, indépendamment de mes racines, de mon sexe, de mes convictions religieuses  ».
 
Dans ce livre, elle dénonce cette « nouvelle réalité langagière  », ce combat pour le sens de mots comme « tolérance, égalité, féminisme, vivre ensemble, laïcité  ». Son objectif est « d’étudier ce grand détournement qui conduit à un grand renversement des valeurs, et à une fracturation de la société  », notant qu’il « n’y a pas d’idéologie sans mots qui lui donnent corps. Ces derniers ont une dimension normative. Modifier ce qu’ils désignent, sans les modifier eux, permet d’instiller et d’installer de nouvelles représentations et de nouvelles idéologies (…) les mots font advenir une réalité, qui peut être redessinée par l’idéologie. Beaucoup de termes dont nous pensions la définition arrêtée sont aujourd’hui détournés, dévoyés, jusqu’à devenir des éléments de langage d’une offensive idéologique  ».
 
Pour elle, « le concept d’islamophobie permet de fixer et de naturaliser une pratique de l’islam. Si l’opposition au voile est islamophobe, c’est parce que le voile est musulman et qu’il n’y a pas de bonne pratique de l’islam sans port du voile. Telle est la logique infernale (…) L’islamophobie est donc un ‘formatage’ de la communauté musulmane coalisée autour d’une pratique qui, par sa radicalité, sédimente le lien avec ses leaders et ses pairs ». Elle rappelé que l’Etat de l’Ontario, au Canada, reconnaît des tribunaux confessionnels musulmans depuis 2004, chargés de statuer sur les affaires familiales, comme en Angleterre, où existent 85 charia’s courts, où la femme n’est pas l’égale de l’homme dans l’héritage… Pour elle, « notre tolérance favorise l’emprise des religieux  ». La logique est un retour à la ségrégation, commune dans le monde anglo-saxon. Pour elle, « on empêche l’enracinement, la religion agit comme un démulplicateur d’alterité  », renforcé par les mariages arrangés avec « une épouse de là-bas  ».
 
Elle dénonce remarquablement bien les accommodements d’une partie des élites. Dans la logique communautaire, « le commun ne rassemble pas, il réduit les liens et les échanges à leur minimum utilitaire » et demande « en quoi cette pratique rigoriste protègera-t-elle de la discrimination ? ». Elle dénonce le discours victimaire des manuels scolaires, transformant l’école en « fabrique d’indigènes  ». Pour elle, « au lieu de donner sa place aux individus, on les enferme dans des identités communautaires (…) transformant des personnes nées et scolarisées en France en étrangers  ». Pour elle « le foulard porté par des jeunes filles françaises ne saurait relever de la même logique. Elles ne portent pas le foulard par tradition, c’est un choix dicté par un chantage  ». Pour elle, « les jeunes filles voilées font le choix de s’exclure en refusant d’enlever leur voile dans l’enceinte de l’école. On n’est pas victime d’exclusion quand on choisit de désobéir à la loi  ». Enfin, elle note que les accusations d’islamophobie sur le blasphème reviennent à « sommer les non-musulmans de tenir compte et de respecter le dogme musulman ».
 
Pour ceux qui ne l’auraient pas encore fait, je vous encourage vivement à acheter les livres de Fatiha Agag-Boudjahlat, dont vous pourrez découvrir des interviews données sur TMC ou PolonyTV. Merci pour votre combat de défense de notre République, dans des contextes pas toujours évidents. Avec d’autres, comme Malika Sorel, Céline Pina ou Zineb El Rhazoui, vous êtes des Marianne du 21ème siècle.
 

 

Source : « Le grand détournement », Fatiha Agag-Boudjahlat, Editions du Cerf

 


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17 réactions à cet article    


  • Raymond75 26 juillet 11:27

    Les féministes font preuve d’une démarche à la Orwell en inversant le sens des mots. Ainsi, une femme est ’libre’ de se voiler, ce qui est potentiellement vrai et autorisé par la loi (loi de 1905, liberté de conscience), mais en oubliant sciemment les pressions et les menaces qui le plus généralement les conduisent à se voiler.

    Un autre exemple, encore plus dramatique : les excisions sont en progression EN FRANCE !!! Parlent elles de ce scandale ? Que proposent elles pour lutter contre les dérives du communautarisme ? Traiter tout le monde d’islamophobe ...

    https://www.jim.fr/e-docs/le_nombre_de_victimes_d_excisions_en_tres_forte_hausse_en_france_ _178664/document_actu_pro.phtml


    • astus astus 26 juillet 15:18

      Bonjour Raymond75,

      L’excision n’est pas à mettre en lien avec l’islam, car c’est une pratique qui est spécifique aux cultures animistes. En revanche la circoncision est une autre mutilation sexuelle (dont personne ne parle) qui est largement pratiquée chez les musulmans, mais pas seulement, comme je le montre dans cet article :
      https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-tabou-des-mutilations-sexuelles-203992
      De plus il existe aujourd’hui en France une tendance à pratiquer par des médecins peu scrupuleux des décalottages forcés chez les enfants, dans nos hôpitaux et cabinets médicaux privés, sans leur accord ni celui des parents, comme je l’écris dans cet autre billet ici :
      https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/faut-t-il-calotter-les-serials-204803

      L’excision comme la circoncision sont d’authentiques mutilations sexuelles puisqu’elles sont pratiquées en dehors de réelles nécessités médicales et qu’elles laissent souvent des séquelles physiques et psychologiques importantes.
      Les preuves sont ici : 
      http://www.droitaucorps.com/circoncision-monde-prevalence

      Bien à vous.


    • Raymond75 26 juillet 15:23

      @astus

      Je suis d’accord avec vous, mais je ne me situais pas au niveau des religions, mais de l’attitude des féministes.


    • astus astus 26 juillet 15:44

      @Raymond75
      Oui, les féministes luttent pour défendre ce qui les touche plus particulièrement, comme l’excision, et ne voient pas forcément la nécessité de lutter contre toutes les mutilations sexuelles, comme si celles qui affectent les hommes n’avaient aucune répercussion sur la façon dont ils se considèrent réciproquement, ce qui est faux, bien entendu. Les femmes comme les hommes sont les victimes souvent consentantes de traditions archaïques violentes qui les rendent souvent violents à leur tour.
      Cdlt


    • maQiavel maQiavel 27 juillet 01:02

      @Raymond75

      « en oubliant sciemment les pressions et les menaces qui le plus généralement les conduisent à se voile »

      ------> Et ce qu’oublient ceux qui utilisent ces arguments , c’est que des études montrent que les personnes qui se voilent sous l’effet des pressions et des menaces sont extrêmement minoritaires ( environ 6 %). En réalité , la pression sociale qui les enjoint à ne pas porter le voile est bien plus forte ( le voilement étant un obstacle par exemple pour trouver un emploi ). 

       


    • astus astus 27 juillet 07:47

      @maQiavel
      Comment expliquez-vous alors comment ces pressions très minoritaires (6%) ont conduit un grand nombre de femmes à se voiler alors qu’en 1980 je peux attester, vivant moi-même dans un quartier où vivent de nombreux musulmans, que quasiment aucune d’entre elles ne l’étaient ?


    • maQiavel maQiavel 27 juillet 08:56

      @astus

      En gros , il y’a deux phénomènes qui expliquent que les femmes musulmanes portent plus le voile qu’il y’a 30 ou 40 ans : un retour à la religiosité ( pour beaucoup, le voilement est simplement l’expression de leur foi ) et un mal être identitaire ( dans les contextes de crise identitaire , les gens ont tendance à se rattacher à une tradition familiale ou religieuse ). Il y’a évidemment d’autres raisons mais ce sont là les principales évolutions.


    • astus astus 27 juillet 09:36

      @maQiavel
      Je partage votre point de vue en précisant qu’on ne peut isoler ce retour à la religiosité d’une dimension politique, comme d’ailleurs ce fut longtemps le cas (et encore parfois) pour les autres religions monothéistes. « L’Islam est politique ou n’est rien. » (Khomeiny)
      C’est précisément ce qui fait problème en France où les lois sont votées librement par les citoyens et non imposées par Dieu. 

      D’où la phrase prémonitoire du Nouveau testament : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. »


    • maQiavel maQiavel 27 juillet 10:35

      @astus

      « on ne peut isoler ce retour à la religiosité d’une dimension politique »

      ------> Bien sûr qu’on peut , vous savez toutes les femmes voilées n’ont pas en tête les affirmations de Khomeiny. smiley

      Il existe incontestablement des femmes qui portent le voile pour des raisons politiques , ce serait absurde de le nier. Néanmoins , on ne saurait réduire le port du voile à un militantisme politique , ce réductionnisme serait tout aussi absurde. Et de fait , des études montrent que les militantes politiques parmi les musulmanes qui se voilent sont minoritaires.

      En réalité , il n’y a pas un mais des voiles , vouloir uniformiser les femmes voilées est une erreur , il existe parmi elles une diversité d’opinions et de motivations , il existe des individus portant mille et une formes de tissus pour mille et une raisons : pour certaines , le voile est une réponse à une crise existentielle , pour d’autres c’est un symbole de piété , on a aussi celles pour lesquelles le port du voile peut être une manière de vieillir en retrouvant une pratique maternelle ou encore celle qui le portent par narcissisme sachant qu’elles attirent les regards , celles qui ont des défauts physiques, sont bourrées de complexes, et jouent du voile à la fois pour cacher ces défauts et faire croire qu’elles sont belles, vous avez aussi des adolescentes qui se mettent à porter le voile parce qu’elles veulent s’intégrer à une bande de fille mais aussi des jeunes femmes qui évoluent dans des familles très pieuses, et copient la tradition sans trop la remettre en question. Toutes ces motivations s’imbriquent, s’enchaînent, évoluent dans le temps. Cette pluralité se traduit également dans les multiples manières de le porter. Par ailleurs , les autorités religieuses font de moins en moins autorité dans le port du voile , à l’ère d’Instagram qui est devenu avec YouTube la principale source d’inspiration en matière de mode des jeunes femmes françaises portant le hidjab , on assiste à une accélération de la diversification des styles : ils empruntent à la mode occidentale comme à celles d’Afrique subsaharienne, du Moyen-Orient, d’Asie ou des pays du Maghreb, afin de construire des looks hybrides et cosmopolites, adaptés aux envies et aux récits identitaires. Le développement de ce commerce a de facto réduit le pouvoir des communautés religieuses sur la définition de ce qu’il est approprié de porter pour une femme.

      Bref , dans ce tableau , la plupart n’ont aucune revendication politique , le port du voile apparait le plus souvent comme le résultat d’un processus complexe de construction de soi.


    • astus astus 27 juillet 11:25

      @maQiavel
      Il n’y a pas en effet systématiquement de revendication politique, mais il y a le fait que l’islam porte en lui une non séparation totale du civil et du religieux qui signifie au croyant comment il doit se comporter à chaque moment dans l’ensemble de sa vie en société. C’est une des raisons pour lesquelles il existe en Angleterre de nombreux tribunaux islamiques en parallèle des juridictions classiques pour appliquer la charria, notamment pour le droit des affaires familiales (mariage, divorce, héritage ). Les sentences rendues sont presque systématiquement au désavantage des femmes, d’autant que ces tribunaux sont dirigés uniquement par des hommes qui ont tout fait pour que le mot islam, qui renvoie à celui de soumission, soit imposé très tôt dans l’éducation donnée toutes les femmes. Le voilement, malgré sa diversité, ne renvoie jamais qu’à cette soumission originelle qui fait penser au « Discours de la servitude volontaire » d’Étienne de la Boétie. 


    • maQiavel maQiavel 27 juillet 11:54

      @astus

      Pour ce qui est de la non séparation du civil et du religieux , je constate que selon l’étude de l’IM 73 % des musulmans en France font bien cette distinction et sont en faveur de la laïcité. Pour les autres , ils ont le droit de ne pas aimer cette séparation mais s’ils agissent pour l’abolir , ils doivent être combattu comme des éléments subversifs. Mais encore une fois , la majorité des femmes portant le voile se retrouvent dans ces 73 %. Ce n’est donc pas le voile qui pose problème mais les actions subversives d’individus militant pour l’islam politique de façon concrète.

      S’il existe des tribunaux islamiques en parallèle des juridictions classiques pour appliquer la charria , c’est parce que les pouvoirs publics anglais et leur tradition communautariste le permettent. En France , la république est une et indivisible et tous les citoyens ou étranger vivant en France sont soumis aux mêmes lois . Tant que nous conserverons ces principes , il n’y a rien à craindre. Et si nous abandonnons ces principes , c’est contre nos autorités publiques qu’il faut se retourner.

      Lorsque vous écrivez « Le voilement, malgré sa diversité, ne renvoie jamais qu’à cette soumission originelle qui fait penser au « Discours de la servitude volontaire » d’Étienne de la Boétie » , beaucoup de femmes voilées ne serait pas du tout d’accord avec vous et ont une interprétation très différente du port du voile , pour certaines c’est même un symbole de liberté. C’est là que je veux en venir : vous avez le droit de l’interpréter de cette façon mais d’autres peuvent l’interpréter différemment , il n’existe pas de vérités absolues incontestables puisque les symboles sont sujets aux interprétations subjectives et aux sensibilités particulières.


    • astus astus 27 juillet 13:44

      @maQiavel

      On trouve plusieurs autres études qui montrent le contraire, notamment chez les jeunes mais pour faire écho à votre propos j’écoutais entre 12 et 13 h. une interview sur France Inter de Leïla Slimani par Léa Salamé. Et cette autrice disait qu’elle ne critiquerait jamais des femmes voilées mais en revanche qu’elle combattrait toujours ceux qui imposent le port du voile même à des fillettes de 8 ans. Je suis en accord avec cette vision des choses mais je suis frappé par la sous-estimation inconsciente du rôle de l’éducation sur ce sujet qui laisse entendre que les gens sont toujours libres de choisir ceci ou cela comme s’ils n’étaient conditionnés dès l’enfance par rien du tout. Slimani ajoutait par exemple que les garçons au Maroc sont élevés très différemment des filles. A ceux-là rien n’est imposé, notamment en matière de respect de l’autre sexe, mais à celles-ci tout est interdit pour ne pas compromettre un futur mariage. Et ceci bien sûr avec une complicité éducative maternelle qui reproduit dans les moindres détails une tradition patriarcale qui autrement les ostraciserait. Spinoza disait que l’on est vraiment libre quand on sait ce qui empêche de l’être, mais malheureusement celles qui revendiquent leur liberté dans la soumission sont légion comme on le voit tous les jours dans la vie des couples et je suis personnellement frappé par la tristesse fréquente des femmes voilées que je côtoie. Mais cela n’exclue évidemment pas que d’autres soient heureuses de cette situation, même si c’est à leur corps défendant.  


    • maQiavel maQiavel 27 juillet 14:13

      @astus

      Je ne connais pas d’étude qui montrent le contraire de ce que j’ai affirmé. Néanmoins , il est vrai qu’il y’a un effet « âge » et catégorie sociale qui joue : plus les musulmans en France sont jeunes et précarisés , plus ils sont rigoristes et revendicatifs. Par contre , on ne sait pas si cette intensification se maintiendra ou s’éloignera avec l’âge.

      « je suis frappé par la sous-estimation inconsciente du rôle de l’éducation sur ce sujet qui laisse entendre que les gens sont toujours libres de choisir ceci ou cela comme s’ils n’étaient conditionnés dès l’enfance par rien du tout »

      ------> Là-dessus , je suis d’accord avec vous , nous sommes influencés par notre éducation et notre environnement socioculturel , c’est évident. Mais cela n’est pas seulement valable pour le port du voile , on pourrait l’étendre au port du Jeans , des talons hauts ou des jupes moulantes. En fait c’est très simple : Une femme adulte a le droit de porter ce qu’elle veut quand bien même son choix est influencé , la société n’a pas son mot à dire.

      « je suis personnellement frappé par la tristesse fréquente des femmes voilées que je côtoie »

      ------> Je côtoie aussi des femmes voilées mais je ne fais pas du tout le même constat que vous , la plupart ne sont en rien soumises aux hommes , pas même de leur famille et je ne vois pas chez elles de tristesse particulière.


    • astus astus 27 juillet 15:08

      @maQiavel

      La loi de 1905, à laquelle je suis personnellement très attaché protège les différents exercices religieux et la liberté de penser, mais dans d’autres pays ce n’est pas du tout le cas, et la moindre déviance dans l’apparence vestimentaire ou dans la pensée par rapport aux normes entraine aussitôt de pénibles et parfois mortelles conséquences. Je me réjouis donc que les tenues et les opinions soient libres en France ce qui me conduit à espérer que d’autres pays où ces libertés sont ignorées et où les droits les plus élémentaires sont bafoués puissent s’en inspirer un jour. C’est d’ailleurs ce qui se passera forcément car cet écart qui s’est réduit pour d’autres religions deviendra tout simplement intenable sur une longue durée. Pour rien au monde la majorité des chrétiennes d’aujourd’hui ne voudraient vivre ce que vivaient en France leurs ancêtres du XVIème siècle. On peut donc espérer que l’islam fasse aussi son chemin compte tenu de son retard important de socialisation et d’exégèse des textes. Le problème est que ceux qui font ce travail sont souvent vivement critiqués, et traités d’islamophobes par ceux qui s’accrochent au passé dans l’éternelle lutte des anciens contre les modernes. 

      Je dois toutefois arrêter à présent cette conversation pour raisons personnelles mais je vous sais gré d’y avoir pris part tout en regrettant que l’auteur de l’article n’ait pas jugé utile de faire de même. Bonne journée à vous.


    • maQiavel maQiavel 27 juillet 16:58

      @astus
      Je vous souhaite une bon fin d’après midi. 


    • JL JL 26 juillet 11:56

      « le concept d’islamophobie permet de fixer et de naturaliser une pratique de l’islam. Si l’opposition au voile est islamophobe, c’est parce que le voile est musulman et qu’il n’y a pas de bonne pratique de l’islam sans port du voile. Telle est la logique infernale (…) L’islamophobie est donc un ‘formatage’ de la communauté musulmane coalisée autour d’une pratique qui, par sa radicalité, sédimente le lien avec ses leaders et ses pairs ».

       

       Ce n’est pas très clair. Ce qui ferait sens pour moi serait : « L’islamophobie est donc une stigmatisation de la communauté musulmane coalisée autour d’une pratique qui, par sa radicalité, sédimente le lien avec ses leaders et ses pairs ».

       

       Ceci dit, et dans la lignée de cette remarque, et peut-être pour relativiser la question du voile serait un épiphénomène , il faut lire cet article :

      Comment est-on passé de « l’arabe » au « musulman » ?

       

       Enfin, je voudrais ajouter qu’hier soir, sur Arte, il y avait un long reportage sur la Syrie, et plus précisément, certaine région de Syrie : une jeune femme, voilée à souhait, nous racontait son amour pour l’instruction (on voyait surtout des fillettes) et ses difficultés à faire classe sous les bombes du sanguinaire Bachar El Assad.

       

       Vous avez dit stigmatisation ? Je dirais plutôt « tout et le contraire de tout ».

       

       


      • astus astus 26 juillet 11:58

        A Laurent Herblay,

        Le mot d’islamophobie a d’abord été utilisé par les mollahs iraniens, dont Khomeini que nous avons accueilli en France durant 10 ans, pour faire passer les femmes qui refusaient de porter le voile en Iran pour de « mauvaises musulmanes ». Il est utilisé à présent pour discréditer tous ceux qui critiquent cette religion, y compris les musulmans sincères contre lesquels ces fanatiques commettent régulièrement des attentats meurtriers et qui en sont leurs premières victimes.


        Au sujet du voile la principale prescription du Coran est la bienséance.

        A l’origine il s’agit d’une très ancienne tradition pré-islamique (assyrienne entre autres) dont tout le précieux patrimoine culturel a volontairement et systématiquement été détruit en Arabie Saoudite. Il s’agissait alors de marquer la différence entre les femmes mariées honorables et les esclaves ou prostituées.


        L’apôtre Paul a par la suite repris ce thème du voile dans sa 1ère Épitre aux Corinthiens :

        « Toute femme qui prie ou qui prophétise la tête non voilée, déshonore sa tête : elle est comme celle qui est rasée. »

        « Si une femme ne se voile pas la tête, qu’elle se coupe aussi les cheveux. »

        « Or, s’il est honteux à une femme d’avoir les cheveux coupés ou la tête rasée, qu’elle se voile. »


        Jusque vers 1980 aucune femme musulmane n’était voilée en France ce qui montre que ce changement est bien lié à des injonctions politiques et non religieuses. Ou alors il faut admettre que Coran changé depuis.

        Le voile ne sert donc plus à cacher mais au contraire à révéler cet aspect politique de refus communautariste de la société d’accueil. Les femmes qui se voilent sont donc, volontairement ou sur injonction, « républicophobiques » et « androphobiques »


        Mais il est finalement curieux que l’islam copie des traditions chrétiennes ou pré-islamiques, toutes deux passées de mode. Et cela montre clairement que l’islam, comme d’autres religions auparavant, a un gros problème avec la sexualité. En fait ce retard est global : mutilations sexuelles, dont la circoncision, polygamie, éducation des filles, droits humains, démocratie etc. 

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