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Accueil du site > Actualités > Société > Femmes, sciences et naturels : le féminisme « épicène » de Le (...)

Femmes, sciences et naturels : le féminisme « épicène » de Le Doeuff

Il y a un ouvrage féministe qui a mon avis est fort à recommander, quoiqu'il passe totalement outre la dimension biologiste des sexes. C'est donc un sociologisme, duquel pourtant je me sens proche, en dehors de cette passe.

 

Dans le Sexe du savoir, Le Doeuff - prénom Michèle - défend ce que tout féminisme défend logiquement, comme égalisation sociojuridique des conditions : à défendre ce qu'on nomme en grammaire l'épicène, c'est-à-dire - au-delà du neutre, qui subit toujours une influence ou l'autre - le non-référable, non-attribuable, non-discernable, sexuellement parlant (le neutre correspondant toujours à une castration, ablation des testicules ou des ovaires, dans l'idée).

Par exemple, l'adjectif versatile ou le nom juge sont épicènes, puisqu'à dire un ou une juge versatile, juge versatile ne subit aucune altération, et qu'en soi donc juge et versatile ne permettent pas de distinguer un sexe, sans pourtant être neutres. Vous suivez ?

A partir de la page 276, aux éditions Champ Flammarion, 1998, on lit la chose suivante :

... en octobre 1990, le journal la Recherche publie, sous la signature d'un jeune chercheur, un article fertile en expressions intéressantes [politiquement héroïsantes, avec des expressions masculinistes, mais caractérisées par une aspiration vide ; Le Doeuff témoigne ailleurs que dans les réunions de travail scientifiques, au moment où de telles expressions sont employées, un ange passe : les hommes retiennent leur respiration comme s'ils ne voulaient plus passer pour des lâches, mais c'est stérile, tandis que les femmes ont le regard absent de façon inquétante - je la crois sur parole] ... De quoi nous entretient-on ici ? Sûrement pas de sciences mais plutôt d'un phallicisme en état de déception [car les grandes invocations n'ont aucune vertu pratique]. On suppose couramment que les représentations phallocratiques satisfont les phallocrates et que l'affirmation du masculinisme comporte un bénéfice de plaisir pour presque tous les hommes, si bien qu'il serait inéluctable qu'un homme, dès qu'il ne se surveille pas, articule des théories machistes ou des propos idiots, au sens étymologique du terme [idiot, c'est-à-dire pareil à soi-même]. Sans s'inscrire totalement en faux contre cette idée [toutefois], on doit souligner le caractère malheureux d'un tel masculinisme.

Cette thèse est désormais courante 20 ans plus tard, mais voyez la suite  :

Si des hommes tiennent à une configuration qui comporte pourtant un grand déplaisir pour eux-mêmes comme pour les femmes, il faut appeler cela un symptôme ; or un symptôme ne saurait passer pour une théorisation valide de quoi que ce soit, notamment pas du travail scientifique.

Coup de génie de Le Doeuff, puisqu'elle remarque le symptôme.

Or, Le Doeuff correspondait avec Deleuze - prénom Gilles - qui théorisa si bien le masochisme, que le psychanalyste Lacan - prénom Jacques - reconnut l'ouvrage de Deleuze sur la question, pour essentiel et plus pertinent que tous les travaux psychanalytiques sur la question, alors que Deleuze contesta la validité de la psychanalyse - du moins d'un certain usage de la psychanalyse - avec son ami Guattari - prénom Félix. C'est dire la probité !

L'essentiel à retenir, donc, c'est qu'à travers ce masculinisme, on s'impose tou-te-s un masochisme, auquel il faut référer le machisme. Le machisme est un masochisme, évidemment pour les femmes qui le subissent voire qui se font machistes inversées, mais aussi pour les hommes qui ne parviennent pas à instaurer d'autres modes de relation plus véraces ... relations en dehors des clichés machistes. C'est triste, n'est-ce pas ?

A partir de la page 280  :

La ruse phallocratique est là, non dans une piperie masculine marquant les valeurs scientifiques ou philosophiques elles-mêmes, mais dans l'art de faire prendre des vessies pour des lanternes, en donnant à croire que le discours [de grandiosité - sens 2 psychiatrique] est commentaire véritable du travail scientifique ou que la scientificité serait pour de bon comprise dans et par l'imagerie masculiniste offerte en réconfort aux hommes savants et ceux qui ne le sont pas [...]. Globalement, l'exclusion des créatrices dans la représentation mythique de l'inventivité permet à n'importe quel homme de se prendre pour Einstein et Léonard de Vinci sans avoir à manier une équation ou un pinceau, et quand bien même il ne s'intéresserait en rien à la peinture ou à la physique : consommer par l'identification l'idée de "grand homme". Je crains fort qu'une partie de la problématique féministe sur les sciences ne soit tout simplement tombée dans le piège de cette confusion délibérée opérée par le masculinisme et ne s'en prenne donc qu'à une image virtuelle du travail scientifique. Cette confusion joue, côté sujet, sur l'ambiguïté [du mot latin pour homme masculin qui est] vir (homme/grand homme) ; côté activité, elle abolit l'hiatus existant entre d'une par un travail de réflexion sur les concepts ou des protocoles expérimentaux et d'autre part une idée creuse ou allégorique de Raison. Or on peut tout à fait sauver l'idée modeste, potentiellement épicène et transnationale, d'efforts rationnels en sciences ou en philosophie et déclarer que l'allégorie d'une Raison creuse n'a aucun intérêt, sauf pour qui y cherche un bénéfice narcissique ou le moyen symbolique d'exclure du débat un bon nombre d'Autres, femmes, Esquimaux, Caraïbes, etc. Si c'est la soudure qui est frauduleuse, c'est à elle qu'il faut s'attaquer : et c'est de duplicité qu'il faut accuser Bacon quand il soude à une théorie potentiellement épicène du travail inductif ... une vision masculiniste comme la Maison de Salomon.

Le pire dans cette histoire, donc, c'est que des féministes elles-mêmes rejettent la science au nom de cette soudure, alors pourtant qu'aucune d'entre elles ne renonceraient - au hasard, par exemple - à la stérilisation découverte par Pasteur - prénom Louis - pour une opération gynécologique.

Soudure toujours perpétuée par Mill - prénoms John Stuart - au XIXème siècle (page 310 : John Stuart Mill fut néanmoins féministe à sa façon reconnue par Michèle Le Doeuff, mais est celui qui associera foncièrement la notion d'intuition et de féminité, alors que les siècles précédents définissaient l'intuition comme saisie immédiate des choses, bonne chez Descartes - prénom René - autant que chez Kant - prénom Emmanuel ... soit donc que ces deux derniers siècles ont accentué le différentialisme genré jusqu'à l'absurde, plus que les siècles précédents prétendument supposés tyranniques !).

A partir de la page 235  :

Le courant de pensée dit de feminist epistemology [épistémologie féministe, théorie féministe de la connaissance] voit l'entreprise scientifique, telle qu'elle s'est créée au XVIIème siècle [deux siècles après Bacon déjà !], comme un projet masculin de domination d'une nature qui serait femme. Pierre Thuillier résume ainsi un des ouvrages fondateurs de ce courant, the Death of Nature de Carolyn Merchant : en remontant dans le passé, on peut repérer une étroite relation entre le sort réservé aux femmes et le sort réservé à la nature, "constatation" fondée sur un argument linguistique - "dans les grands textes de l'Occident, la nature est grammaticalement de sexe féminin". Face à "l'univers des sorcières, fantasque et inquiétant", la science moderne se présente comme mise en ordre "s'appuyant sur une philosophie "masculine" et faisant régner la raison" ; de ce fait, il y a dévaluation des savoirs et pouvoirs féminins, tandis que "les compétences masculines sont privilégiées".

Diverses objections viennent à l'esprit : premièrement dans certains pays d'Europe, autant d'hommes que de femmes furent condamnés pour sorcellerie ; faire de celle-ci un monde de femmes est représentation ou invention rétrospective. Deuxièmement, sorcellerie et sciences occultes se croyaient exercices de pouvoirs ; il est donc difficile de les opposer formellement à une science qui serait dominatrice. Troisièmement, les textes anciens qui biologisent la nature en parlent souvent comme d'un vivant, ce qui n'est pas la même chose qu'une femme. Quatrièmement, quand bien même des aristotéliciens assimileraient la materia prima à un principe selon eux de féminité, je ne vois pas pourquoi j'aurais, moi, à m'identifier à ce principe-là ni à prendre fait et cause pour lui. Cinquièmement, quand Marina Yaguello [une linguiste] parle du sexe des mots, tout le monde hurle  : elle confondrait sexe et genre grammatical : mais le tout passe sous d'autres plumes, quand il entre en résonance avec l'idée que les filles ont des raisons de ne pas réussir dans les filières scientifiques. Sixièmement, avez-vous remarqué que le bon vieux syntagme de philosophie-masculine-faisant-régner-la-raison a été reconduit comme une évidence entre guillemets ? Alors que P. Thuillier laisse entendre que le point de vue de C. Merchant sur la féminité de la nature pourrait être réducteur et à prendre avec des pincettes ...

Le Doeuff à le génie de ne pas rejouer la guerre des sexes. Le savoir est épicène.

"Je sais bien ... mais quand même" : selon O. Manonni, une croyance peut exister tout en étant répudiée et se diffuser sur le mode précisément de la répudiation. "Je sais bien" qu'il n'est pas vraiment vrai que la nature est femme mais je vous le dis tout de même, en résumant le discours de quelqu'un qui l'affirme. Et en mettant des guillemets à philosophie "masculine", j'indique que ma croyance a été déstabilisée mais que (tout de même !) il y a bien quelque chose comme une accointance entre masculinité et raison, science, philosophie, mise en ordre ... Rapporter la thèse de C. Merchant sur le sexe de la nature, sans la valider ni la critiquer, elle qui permet de glisser dans le propos l'assimilation du rationnel et du masculin, c'est se faire donner par une femme un argument venant corroborer ce qu'on pensait depuis si longtemps déjà ...

La feminist epistemology est essentiellement une psychologie de l'esprit scientifique ; elle rapporte celui-ci à une agressivité supposée caractéristique du premier sexe et pour laquelle l'invention du forceps au XVIIème siècle et l'effraction, vue par Agricola, des mineurs dans les entrailles de la terre auraient valeur de paradigmes. Ce que ce courant ne fait pas ou alors seulement à titre de rappel permettant au discours de se déployer, c'est de s'occuper directement de la sociabilité entre scientifiques, des conditions de recrutement dans les laboratoires ou des discriminations au quotidien de la vie scientifique, aujourd'hui comme hier.

Mais Le Doeuff ne s'arrête pas là  :

On peut en outre se demander [si la feminist epistemology] ne met pas en circulation [à la charnière du XXème-XXIème siècle encore] un joli contresens sur l'écologie qui nous est nécessaire ; une défense de dame Nature contre les sciences nous est proposée au nom d'une solidarité de sexe avec elle, comme si nous n'avions pas besoin aussi des sciences pour analyser les phénomènes de pollution industrielle ou automobile ; comme si votre marmaille, après s'être baignée dans une mare naturellement saturée de micro-organismes, ne vous revenait pas avec qui un lichen sur l'amydale, qui un champignon sur l'omoplate et, qui a bu la tasse, une diarrhées des familles ...

Au fait, saviez-vous qu'on disait une médecienne, pour désigner une femme pratiquant la médecine ?

L'ouvrage de Le Doeuff est riche. Et logique. D'une profonde probité. Michèle Le Doeuff est probe, et c'est personnellement tout ce que j'attends du féminisme - sinon il n'est que la preuve, que les femmes peuvent être autant de mauvaise foi que les hommes.

Probe : un adjectif épicène.

 

 

 

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23 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 12 décembre 2019 16:53

    « Au fait, saviez-vous qu’on disait une médecienne, pour désigner une femme pratiquant la médecine ?  »

    Ah bon ?

    Je croyais qu’on disait une « docteuse » !


    • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 12 décembre 2019 17:25

      Ah bon !

      Vous croyiez ?

      Mais vous faîtes de l’humour comme Monsieur Jourdain de la prose, mais c’est génial ça Séraphin.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 12 décembre 2019 17:47

      @Marzhin Tavernier

      Monsieur Jourdain n’était pas aussi con qu’il en avait l’air
      Quand il disait : « Nicole, apportez-moi mes pantoufles, et me donnez mon bonnet de nuit », il en avait rien à foutre si c’était de la prose
      c’est lui qu’avait le pognon et tenait le sucre devant le nez de ceux qui croyaient le ridiculiser alors qu’ils n’étaient que des laquais et que Jourdain jouait avec eux pour se distraire entre deux négociations avec les négriers de Nantes, Bordeaux et Rouen qui enrichissaient les marchands comme lui
      Comme dans d’autres pièces de Molière dans le Bourgeois Gentillhomme, on ne sait pas qui manipule qui.


    • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 12 décembre 2019 21:08

      J’applaudis avec les otaries.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 13 décembre 2019 08:51

      @Marzhin Tavernier

      Pourtant, normalement,un phoque devrait être triste, dans une eau tarie


    • popov 16 décembre 2019 12:45

      @Séraphin Lampion

      Et le masculin de sage femme ?


    • JC_Lavau JC_Lavau 16 décembre 2019 13:00

      @popov. On attend aussi le féminin de « tête d’haineux » et le masculin de MB.
      Et le féminin de shalom, c’est chale femme ?


    • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 18 décembre 2019 18:52

      @JC_Lavau
      Et le masculin de sans soeur, c’est sans frère. 11 articles censurés en 5 jours quand même.


    • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 19 décembre 2019 08:25

      @JC_Lavau
      Oooooh ! 13 articles censurés en 5 jours maintenant. Vous vous surpassez. Que de travail !
      2,6 articles censurés par jours en moyenne.
      Allez ! Encore un petit effort et vous allez rattraper le champion (129 en 1 mois) soit 4,3 articles censurés par jour.


    • nono le simplet nono le simplet 19 décembre 2019 08:32

      @Daniel PIGNARD
      le « champion » a amélioré son score ... ce matin 133 en un mois dont 32 en 5 jours ...


    • Raymond75 12 décembre 2019 17:03

      "comme égalisation sociojuridique des conditions : à défendre ce qu’on nomme en grammaire l’épicène, c’est-à-dire - au-delà du neutre, qui subit toujours une influence ou l’autre - le non-référable, non-attribuable, non-discernable, sexuellement parlant" ...

      C’est vachement compliqué de parler des gonzesses !!!


      • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 12 décembre 2019 17:24

        Ah non, justement, ce n’est pas d’elles qu’il s’agit, cher macho de ton bon petit plaisir bizarrement efféminé dans la démarche, selon d’autres clichés tactiques.


      • Paul Leleu 12 décembre 2019 21:38

        @ l’auteur

        « les hommes qui ne parviennent pas à instaurer d’autres modes de relation plus véraces »... pourquoi reporter la responsabilité sur les hommes plus que sur les femmes ? Les femmes sont tout aussi incapables d’instaurer une relation « plus vérace » avec les hommes.

        Mais j’imagine que tout homme qui proteste est un « macho mal baisé »... c’est à dire à peu près l’équivalent d’une féministe au 19ème siècle... tout cela est d’une grande intolérance... Cherche-t-on l’égalité ou la domination des femmes, car ce n’est pas la même chose ?

        les femmes sont largement autonomes et maitresses de la relation. Notamment dans la jeune génération. Elles ne peuvent pas attribuer toutes les difficultés qu’elles rencontrent dans leur vie d’adulte au « machisme ». Ca fait un peu léger. Quand on prétend être adulte et l’égal des hommes, on assume les difficultés de la vie, ses contradictions et y compris ses propres petites bassesses avec un peu plus de maturité, d’humilité et de sobriété.


        • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 13 décembre 2019 12:38

          J’ai parlé de machisme inversé, et bien entendu, je suis convaincu que d’autres types faussetés peuvent être induites par les hommes comme les femmes, indépendamment des questions d’égalité d’ailleurs. C’est connu que les relations sociales sont régulièrement un jeu conventionnel. Donc vous avez raison, mais vous vous trompez de prêche à mon endroit. Bien à vous.


        • Étirév 13 décembre 2019 05:20

          Si les premiers efforts de la pensée humaine ont créé une science qui n’a jamais été dépassée et que, de toutes parts, on cherche aujourd’hui à reconstituer, c’est que, dans la jeunesse de l’humanité, la femme avait parlé. La découverte qu’elle fit des lois de la Nature a été l’origine, la source, la base de toutes nos connaissances. Première révélatrice des vérités naturelles, elle est restée elle-même, dans le souvenir atavique de l’homme, l’idéal lointain, la suprême personnification religieuse ; son ombre s’est traînée dans toutes les religions, c’est la vierge devant laquelle l’esprit de l’homme s’incline, souvenir confus de la première Théogonie.

          C’est ainsi que la très haute antiquité a possédé des notions vraies de toutes les sciences, et ces notions ont même pris des développements poussés si loin dans les détails, dans la précision des faits, que, pour nous remettre à leur hauteur, nous devons donner une vigoureuse impulsion à nos sciences modernes qui se traînent si péniblement par les sentiers de l’empirisme et de la routine.

          Mais la tradition s’est emparée de ces notions que la femme avait apportées, et les a transmises à travers les siècles en les altérant.

          Les conceptions théologiques que l’on nous représente comme ayant régné à l’origine de la vie humaine sont, dans la forme qu’on leur donne aujourd’hui, le travestissement de la pensée féminine, pensée travestie parce qu’elle est exprimée par des hommes qui n’en comprennent pas le sens, et, dès lors, devenue grotesque et ridicule comme le serait un homme affublé de vêtements de femme.

          La métaphysique qui se greffe sur la théologie est le même travestissement un peu modifié. Quant à la science moderne, celle du moins qui supprime complètement la forme primitive traditionnelle, même travestie, c’est-à-dire tout l’apport de l’esprit féminin, celle-là, c’est le néant.

          Citons, à ce propos, toute l’œuvre de Newton, esprit nébuleux qui a entravé le progrès des sciences physiques, comme l’esprit nébuleux de M. Darwin a entravé celui des sciences naturelles.

          Cette prétention d’appeler science ce qui est le renversement de toute vérité, démontre l’obscurité qui règne dans les esprits dominés par des passions troublantes.

          Le sens caché, le sens ésotérique des faits, des textes, des livres religieux, ne semble pas pouvoir être compris par la généralité des hommes : c’est pour cela que l’antiquité avait institué l’usage de l’initiation, conférée seulement à ceux qui voulaient bien se soumettre à une longue étude et qui consentaient d’avance à accepter les conclusions de la science. Mais ceux qui veulent voir clair dans les choses abstraites a priori, c’est-à-dire avec leurs seules facultés, ne voient rien, et ils nous le prouvent bien, puisque leur premier mot est toujours une négation.

          (Comment peut-on comprendre l’histoire des religions, à travers les raisonnements faux qu’ont fait naître les luttes de sexes, si l’on n’a pas étudié préalablement la physiologie et la psychologie comparée de l’homme et de la Femme, puisque c’est cette science qui éclaire tout ?)


          • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 13 décembre 2019 12:39

            L’important c’est d’y croire, et de ne pas abandonner votre clitorisme.


          • San Jose 13 décembre 2019 08:06

            Une juge versatile

            .

            On ne dit en aucun cas « une juge ». C’est une invention des années 90. Grâce à Richelieu, qui portait une robe pour mieux tromper son monde, nous avons une académie dont les arrêts s’imposent à tou-s-te-s. 


            • Marzhin Tavernier Marzhin Tavernier 13 décembre 2019 12:41

              La langue est une création quasi-permanente. L’Académie est une invention. René Descartes n’avait que faire de l’orthographe, et laissait à son imprimeur de graphier corps avec un S, etc. Cela dit, il paraît que râler, c’est bon pour la santé, donc j’espère que vous vous sentez mieux maintenant.


            • San Jose 14 décembre 2019 09:27

              @Marzhin Tavernier
              .
              J’ai bien remarqué que vous étiez de la catégorie de rédacteurs qui ont toujours raison. Aussi abonderai-je dans votre sens en signalant une heureuse formulation de notre époque, encore entendue à la radio ce matin, les mobilités alternatives, qui me paraissent tout à fait dignes de succéder au conseiller des grâces, aux commodités de la conversation et à l’urinal virginal. 


            • popov 16 décembre 2019 12:26

              @Mazrin Tavernier

               Le Doeuff - prénom Michèle

              J’aurais préféré John, John Dœuff.


              • JC_Lavau JC_Lavau 16 décembre 2019 12:57

                « personnellement tout ce que j’attends du féminisme ». Etrange idée d’attendre quelque chose de bien d’une guerre civile, financée et dirigée par la C.I.A., Rockefeller et György Soros.

                De mon côté, j’en suis bien revenu, depuis que je suis moins ignorant.


                • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 19 décembre 2019 09:00

                  En tout cas, les hommes courent plus vite que les femmes, la preuve ? La natalité mondiale est au-dessus de 10 pour mille.

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