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Accueil du site > Actualités > Société > Fin de vie : « on n’a plus le droit d’avoir faim ou (...)

Fin de vie : « on n’a plus le droit d’avoir faim ou d’avoir soif » !

Nous tentons de sensibiliser notre classe politique sur les failles de la loi sur la fin de vie : la sédation profonde et continue sans nutrition ni hydratation. Ci-dessous la lettre que nous adressons à notre députée.

Noël approche, comme toutes les mamans du monde qui ont perdu un enfant, mon coeur saigne indubitablement, en ces périodes de fêtes. Chaque année, les restos du coeur ponctuent celle-ci, par une formidable mobilisation nationale. Leur chanson, telle une injonction, scande ces paroles : "aujourd'hui, on n'a plus le droit d'avoir faim et d'avoir soif" ! Ces paroles résonnent en moi, avec effroi. Certes, on n'a plus le droit d'avoir faim ou d'avoir soif mais, pour certains, on a le devoir d'avoir faim et d'avoir soif. Ces paroles, cette souffrance institutionnalisée, cette contrainte, est le passage obligé pour avoir un accès légal à la mort, depuis 2005. Vincent Lambert était resté 30 jours sans être alimenté, avant le tragique revirement de ses médecins, sous la pression de sa mère et surtout sous la menace de sa congrégation la "fraternité sacerdotale Saint Pie X". La fraternité, appuyée par "l'opus deï", est si puissante qu'elle est contrevenue, en toute impunité, à la décision du conseil d'état (plus haute juridiction administrative de notre pays), de libérer Vincent Lambert. Preuve, s'il en est, que la religion, parfaite antithèse de la foi, fustige la démocratie et bafoue la laïcité.

 

Cette cruauté, en habit de religiosité, de posture philosophique ou de pseudo humanisme, s'offre "pour pas cher", une bonne conscience : la souffrance des autres. Les patients dénutris sombrent dans des agonies inqualifiables sous les yeux traumatisés de leurs familles. La pathétique étude (journal Libération du 28/02/2014) de l'équipe clinique de l'hôpital Cochin, sur le cas de 25 enfants, nourrissons grands prématurés non viables, est à cet égard édifiante. Elle est un cri de douleur lancé par des parents, infirmiers, médecins, psychologues : "on a vécu l'enfer", "on arrivait plus à y aller", "cela a duré 18 jours", un médecin avoue : "au bout de 8 jours, la tentation de l'euthanasie devient lancinante"..... "dès que la peau se dégrade, c'est insupportable" !

 

Les intercesseurs de Dieu jugent le temps du deuil nécessaire pour les retrouvailles familiales et le détachement psychologique.

 

"Sciences sans conscience n'est que ruine de l'âme", déclarait Rabelais. Cette réflexion ne peut que fédérer. Cependant, chacun place la conscience où il veut, quand il veut. Cette notion intime, à géométrie variable, permet tout et n'importe quoi. La frontière si ténue entre le licite (laisser mourir) et l'illicite (l'euthanasie), génère des situations effroyables ! Que penser des fins de vie de patients en état végétatif chronique irréversible qui sont résistants et sportifs. C'était le cas, par exemple, de Patrick Koeffel, qui a résisté pendant 11 jours avec un corps dégradé, des signes agoniques insupportables, sous les yeux traumatisés de sa famille. L'épilogue de son calvaire fût finalement son euthanasie. C'est l'atrocité à laquelle le législateur nous condamne lorsque les progrès de la réanimation nous laissent dans cet espace temps qui n'est ni la vie, ni la mort. Cette condamnation à perpétuité peut être le lot de chacun d'entre nous, victime d'accident de la route, d'accident vasculaire cérébral ou d'arrêt cardiaque. Il est humain et légitime de réanimer dans l'urgence quelqu'un qui sombre dans l'inconscience. Il est, par contre, dans un second temps, inhumain et illégitime de le condamner à perpétuité dans l'enfermement de son corps ou dans le coma végétatif, alors que des lésions cérébrales profondes et irréversibles sont décelées, par IRM. La sédation profonde et continue jusqu'au décès, termes de la loi Léonetti Claeys de février 2016, est illisible pour les patients en EVC qui peuvent végéter pendant 5, 10 ou 20 ans, une fois leurs paramètres biologiques stabilisés. C'est, par ailleurs, une véritable énigme d'amorcer un compte à rebours, pour sédater, par rapport à une date inconnue de tous, celle de la mort naturelle du patient.

Je suis indignée que notre "combat" soit assimilé à une recherche de culture mortifère. Notre société se voit taxée d'égoïsme, d'individualisme, de consumérisme, comme une fin de non recevoir. Nos sachants vont jusqu'à opposer la réflexion à l'émotion, comme si nous étions constitués de pièces détachées. A l'air de la robotisation, on nous dénie le droit d'être simplement nous même, des humains.

 

Je souhaiterais, Madame la Députée, que la classe politique soit sensibilisée sur le sort des plus faibles d'entre les faibles, ceux qui sont condamnés à perpétuité, au silence et à l'indifférence. Les progrès de la science commanderaient que chaque citoyen s'exprime, sur ses propres souhaits, en cas d'inconscience, au travers de ses directives anticipées qui figureraient sur nos cartes vitales.

 

Madame la députée, sachez que ma posture n'est pas idéologique. Mon fils est resté 8 ans 5 mois et 12 jours dans un abominable coma végétatif, inconscient, avec des attelles, trachéotomisé, nourri par sonde de gastrotomie. Déglutissant à minima, il faisait des fausses routes permanentes qui provoquaient des étouffements dans ses propres glaires. Son agonie, sans sédation, sans nutrition et sans hydratation a duré 6 jours cauchemardesques. Elle a été dénoncée par Monsieur le député Jean Léonetti, initiateur de la loi qui porte son nom, dans son livre "à la lumière du crépuscule", comme étant un "laisser crever".

 


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33 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 8 décembre 2017 10:39

    Avec Macron et sa bande on aura encore plus faim et soif et on n’aura plus une thune ..... 



    Par contre certains feront encore plus bombance .......

    • Fergus Fergus 8 décembre 2017 13:35

      Bonjour, zygzornifle

      Avez-vous lu l’article ? Dans ce contexte de terrible drame familial, votre commentaire est aussi déplacé qu’écœurant !


    • zygzornifle zygzornifle 8 décembre 2017 10:48

      Nous tentons de sensibiliser notre classe politique sur les failles de la loi sur la fin de vie ....


      Arrêtez les conneries, pour beaucoup la fin de vie commence déjà a la naissance, a la première respiration, pour sensibiliser les politiques il faut les virer les déposséder de tous leur biens et les obliger a attendre comme tous les autres devant les accueils, les faire dormir dans la rue l’estomac creux depuis des jours , qu’ils fassent les poubelles, qu’ils aient la boule au ventre et la trouille de la rouste la nuit tombée, certains sont tout juste capable de pisser par eux même tellement ils sont assistés et ils osent se plaindre devant les caméras , ils me donnent la colère et la gerbe .....   

      • foufouille foufouille 8 décembre 2017 11:25

        "Elle est un cri de douleur lancé par des parents, infirmiers, médecins, psychologues : « on a vécu l’enfer », « on arrivait plus à y aller », "cela a duré 18 jours« , un médecin avoue : »au bout de 8 jours, la tentation de l’euthanasie devient lancinante« ..... »dès que la peau se dégrade, c’est insupportable«  ! »

        il faudrait faire un stage en réa chir, c’est souvent le cas.


        • zygzornifle zygzornifle 8 décembre 2017 12:58

          Ou il en est notre Schumacher ? Lui au moins doit être méga bien traité même s’il ne s’en rend plus compte .....


          • Fergus Fergus 8 décembre 2017 13:22

            Bonjour, Paul et Danièle

            Vous êtes évidemment les mieux placés, eu égard aux drames qui ont marqué votre vie, pour exprimer l’opinion que vous développez dans cet article que j’approuve à 100 % !

            Dans un récent article – Anne Bert : le choix de la mort dans la liberté et la dignité –, j’ai moi-même abordé la question de la fin de vie et exprimé ce que je pensais de l’aberrante loi Claeyss-Léonetti qui persiste à refuser une euthanasie  rapide et sans douleur tout en institutionnalisant la mise à mort à petit feu de personnes certes sous sédatifs mais privées de nutriments et de liquide. Difficile de faire plus monstrueux et plus hypocrite !


            • Fergus Fergus 8 décembre 2017 13:33

              J’ajoute - et j’aurais dû commencer par cela - que je suis sincèrement désolé pour votre fils et ce qu’il a dû subir, de même que pour les souffrances psychologiques et affectives qui ont été les vôtres.


            • Fergus Fergus 8 décembre 2017 14:09

              Bonjour, sarcastelle

              A ce stade de ma vie, je ne suis animé par aucune crainte.

              Quant à mon « intolérance radicale », à qui s’applique-t-elle ?

              A ceux qui ont décidé - sur des motifs évidemment recevables et dans un cadre collégial - de mettre fin à la vie de malades incurables et en état de grande souffrance physique ou psychologique, non en les délivrant rapidement et sans douleur, mais en en les plongeant dans une totale inconscience pour les tuer en cessant de leur apporter tout soin alimentaire.

              Désolé, mais en l’occurrence, l’humanité est de mon côté et du côté de ces parents qui vivent un enfer et refusent de voir leur proche décéder dans des conditions ignobles.

              Cela dit, libre à ceux qui approuvent la « sédation profonde et continue » de choisir cette fin pour ceux qu’ils aiment. Je ne m’y oppose pas. ce à quoi je m’oppose est que cette loi interdit toute fin alternative plus humaine.


            • foufouille foufouille 8 décembre 2017 14:21

              @Fergus
              « mettre fin à la vie de malades incurables et en état de grande souffrance physique ou psychologique »
              ce qui est rarement le cas dans les pays où l’euthanasie est pratiqué.


            • Fergus Fergus 8 décembre 2017 16:14

              Bonjour, foufouille

              Il existe effectivement une plus grande souplesse en matière d’euthanasie dans certains pays (notamment en Belgique et en Suisse), mais ce n’est pas de cela qu’il est question en France : c’est, dans les cas évoqués, l’interdiction de pouvoir librement choisir pour soi-même ou un proche une euthanasie rapide.


            • foufouille foufouille 8 décembre 2017 17:11

              @Fergus
              surtout pour un proche dans ton cas, le proche se fera gaver d’indignité ou de solitude.

              tu ne choisis pas librement au fond du caniveau.


            • Fergus Fergus 8 décembre 2017 17:46

              @ foufouille

              Il ne faut pas se leurrer, l’euthanasie a toujours été pratiquée.

              Dans ma famille, elle l’a été - sur proposition d’un médecin d’Aurillac - pour abréger les souffrances de l’une de mes grand-mères qui demandait depuis des mois à en finir. Dans celle de ma femme, elle l’a été - là aussi sur proposition d’un médecin de Paris - pour son propre père, également demandeur d’une fin abrégée.

              J’imagine qu’il a dû y avoir des cas de ce genre dans de très nombreuses familles. Dès lors, il était normal de légiférer pour éviter les dérives et les abus toujours possibles. Ce qui a été fait, mais sans aller au bout de la démarche, et c’est là que le bât blesse car les pratiques antérieures ayant quasiment disparu, il s’est créé un vide qui accentue de facto les souffrances.


            • ZenZoe ZenZoe 8 décembre 2017 18:04

              La loi Leonetti reste un peu au milieu du gué et je me demande pourquoi on ne va pas jusqu’au bout de la démarche.
              Surtout que, comme le dit Fergus, je pense fortement qu’une forme d’euthanasie est déja pratiquée depuis toujours sans le dire par les médecins. Je le pense parce que quelques personnes de mon entourage sont parties ainsi. Docteur, j’ai mal et j’ai peur et on m’attend là-haut, a dit ma grand-mère à l’agonie. Une dose de morphine pour calmer la douleur (un peu trop corsée je soupçonne), et hop, ma pauvre mémé qui ne s’est pas réveillée. Et c’était très bien comme ça. Et j’ai d’autres exemples.


              • Garibaldi2 9 décembre 2017 04:20

                Quand vous l’aurez entendu, hémiplégique, aveugle, spastique, atteint du CMV, et qui malgré son aphasie arrive à vous murmurer : ’’j’en ai marre’’, je vous jure que vous baiserez les pieds du médecin qui force à mort sur la dose de Fentanyl.

                Il est mort dans mes bras, à l’hôpital, c’était le 12 septembre 2016.

                IL FAUT CHANGER LA LOI ET ARRÊTER L’HYPOCRISIE QUI EST DE LAISSER LES MÉDECINS DÉCIDER SEULS.



                • Francis, agnotologue JL 9 décembre 2017 10:28

                  Cette formule est ambigüe au possible : en effet, en disant qu’on n’a plus le droit, ni d’avoir faim ni d’avoir froid, on culpabilise inconsciemment ou non, ceux qui sont pauvres.
                   
                   C’est une formule typiquement orwellienne. Désolé Coluche : tu t’es fait avoir.


                  • Fergus Fergus 9 décembre 2017 11:26

                    Bonjour, JL

                    Je ne pense pas que les « pauvres » se sentent culpabilisés par cette formule. Mais il est vrai qu’elle est très maladroite, le sens recherché par Coluche étant évidemment « On n’a plus le droit de laisser des gens avoir faim et avoir froid ».


                  • Francis, agnotologue JL 9 décembre 2017 12:18

                    @Fergus
                     
                     ’’Je ne pense pas que les « pauvres » se sentent culpabilisés par cette formule.’’
                     
                    En plus ! Salauds de pauvres !
                     


                  • Ruut Ruut 11 décembre 2017 12:47

                    @JL
                    Techniquement ils sont nos frères donc via l’état il devrais y avoir des structures nationales qui veillent a ce que tous les citoyens disposent d’un minimum de ressources vitales comme un toit, 3 repas de qualité par jours et des soins de qualité. ainsi qu’un accès gratuit a de l’eau potable de qualité.

                    Le fait que les restaux du cœur existent, implique que l’état ne fait pas son travail de soutien au citoyen.

                    Le plus simple serait de redonner aux Hôtels de ville leur mission première, offrir un toit gratuit pour tous, dans le respect des règles internes de l’établissement, offrir 3 repas de qualité gratuits pour tous par jour (une cantine) et l’accès a une fontaine d’eau potable (c’est le cas), mais pas seulement en heures de bureau, 7J/7. Ils sont déjà financés par nos impôts locaux, ce serais plus utile que des arbres au milieu de la route ou des dos d’âne ou des sens unique qui changent tous les 6 mois.
                    Les Hôtels de villes ont tout pour garantir l’égalité et la Fraternité au sein de notre nation.


                  • Francis, agnotologue JL 11 décembre 2017 13:24

                    @Ruut
                     
                     Faut-il vous préciser que ma réponse à Fergus : ’’En plus ! Salauds de pauvres’’, est à lire au second degré ?


                  • Djam Djam 9 décembre 2017 11:25

                    @ M & Mme Pierra, auteur de cet émouvant témoignage

                    On ne peut qu’adhérer à votre point de vue. Toute personne qui a vécu personnellement ce genre de drame comprend que l’on puisse supplier d’obtenir un accord de sédation douce pour faire cesser les souffrances d’un Être incurable. Mais c’est sans compter avec les véritables exigences du régime civilisationnel pour lequel les majorité votent depuis des décennies.

                    En réalité, l’euthanasie est pratiqué dans notre pays depuis des lustres, mais comme elle est officiellement interdite, les équipes médicales la pratiquent le soir, voire la nuit, lorsqu’elles ont eu suffisamment de réunions techniques et médicales pour prendre la décision. L’acte est d’ailleurs souvent assuré par un(e) infirmier(ière) qui accepte, sous la protection hiérarchique accordée, de le pratiquer par des gestes souvent simples : arrêt d’alimentation médicale injectée, augmentation progressive de sédatif mortel (morphine...), débranchement de soutien divers.

                    Il arrive assez souvent que des accords « secrets » soient pris entre le médecin traitant en charge et la famille qui, souvent aussi, refusent de connaître le procédé, mais donne l’accord pour faire cesser le calvaire.

                    Le problème change complètement à partir du moment où la Loi s’en mêle. C’est à partir de là que les débats les plus ahurissants surgissent. L’église met son grain de sel parce qu’on la convoque et cette convocation n’est que « politique ». Il y a fort longtemps déjà que les politiques français demandent avis à l’église pour la forme mais tous savent parfaitement bien que la décision finale restera politique et démago.

                    Ce que veulent éviter politiques et hommes religieux, c’est que l’individu devienne maître d’une décision que les premiers considèrent comme affaire collective. Ce n’est pas non plus totalement nul comme position. L’on connait tous très bien cet état d’esprit de membre de famille qui souhaite se débarrasser d’un « vieux » gênant afin de hâter les actes bureaucratiques. C’est bien plus fréquent qu’on ne le croit à notre époque, laquelle se caractérise aussi par un rejet stupéfiant de toute finitude. La peur de la mort est la caractéristique de notre société obsédée par le sans limite, la toute puissance, l’hyper technologie (médicale de surcroît) qui entend nous faire croire que l’éternité est notre futur !

                    Mettre un terme à une vie qui n’en finit plus de se détériorer est aussi, ne nous en déplaise, l’une des multiples caractéristiques de notre existence d’humain. Demande-t-on aux millions d’enfants et jeunes gens massacrés, handicapés en pleine jeunesse de l’autre côté de la Méditerranée ? Est-ce que quelqu’un tire sur un jeun homme en charpie mais toujours vivant alors qu’il gît sur un terrain de guerre illégale pendant nous cherchons à changer notre mobilier d’appartement ou nos cadeaux de fin de d’année ?

                    Non... nous ne pensons jamais à l’immense souffrance de millions de gens que nous contribuons à assassiner loin de nous par notre indifférence stupéfiante et notre soumission à la violence institutionnalisée mondiale. D’aucuns ne manqueront pas ici de me répondre que l’horreur là bas n’a rien à voir avec l’euthanasie souhaitée ici... ils auront raison d’une certaine manière, mais...

                    ...mais... à quoi nous convie ces insupportables fins de vie en mode totale assistance médicale ? Elles nous invitent aussi à nous interroger sur l’arrogance sans limite de notre civilisation qui n’en peut mais d’imposer au monde ses « valeurs » et ses « choix sociétaux ». Le jour où l’on aura donné l’autorisation institutionnalisée de donner la mort à des personnes irrécupérable par le médical, cela signifiera aussi que la Vie d’un humain n’aura que la valeur d’une estimation. Ce jour-là, les guerres qui tuent par millions des Êtres qui ne nous ont rien fait seront considérés comme des euthanasies « utiles », incontournables et nécessaires parce qu’on nous démontrera par la même occasion que les peuples visés ne seront pas « utiles » à la grande productivité du profit virtuel global.

                    Rappelons-nous la réponse que fit Madeleine Albright à la journaliste qui lui demandait ce qu’elle pensait des 500 000 enfants assassinés pendant l’horreur iraquienne :
                    https://www.youtube.com/watch?v=omnskeu-puE

                    Une « euthanasie » collective assumée parce que « l’enjeu en valait la peine » pour l’économie américaine, son image, ses actes !

                    Cela dit, et d’une façon personnelle, je sais que je ferai tout pour qu’une fin « digne » (mais peut-elle être digne même par injection létale ?) soit accordée à une personne proche qui serait hors curation possible.

                    Tous mon respect à vous, M et Mme Pierra.


                    • babelouest babelouest 9 décembre 2017 16:34

                      @Djam
                      je ne puis qu’opposer mon point de vue.
                      SEULE la personne peut décider, pas sa famille, ENCORE MOINS le corps médical, et ceci dans les deux sens. Celui qui a su anticiper et écrire ses volontés ne doit JAMAIS être contré, dans un sens comme dans un autre. Si cela a été vocal, et devant plusieurs témoins NON MÉDICAUX , cela aura pratiquement la même valeur.

                      Les médecins ne doivent JAMAIS interférer de quelque façon que ce soit. Bien entendu, les intervenants juristes encore moins s’ils ne sont pas des intimes de la personne.

                      Une injection létale sera TOUJOURS préférable à l’horrible solution dite « légale » française. Je le dis avec d’autant plus de force que ma femme, au bout de vingt ans de paralysie totale sauf la tête, ne l’a jamais demandée malgré ses souffrances.

                      D’ailleurs, j’avais écrit de façon claire à Léonetti : il n’a jamais répondu, ce qui, sur un sujet aussi grave, était assez abject.


                    • Soley Soley 9 décembre 2017 13:22

                      Je me suis occupé moi-même de nombreuses personnes en fin de vie par mon métier et je pense qu’il y a beaucoup d’incompréhensions autour de la définition de l’euthanasie et de la loi Leonetti.

                      En réalité l’euthanasie est autorisée par la loi Leonetti en prenant la définition fausse de nombreuses personnes. Il s’agit en réalité de mourir dans la dignité, qui ne s’appelle donc ni « suicide assisté », ni « euthanasie » ni « meurtre ».
                      Concrètement quand une personne est en fin de vie, elle ne perçoit plus aucun soin curatif et ses souffrances peuvent être éliminées totalement grâce à l’injection de morphiniques et de sédatifs, plus tous les soins de confort, en accord avec le patient. Tant que la souffrance est présente la dose d’antalgique et/ou de sédatif peut être augmentée jusqu’à ce que mort s’en suive. Tout ça est autorisé par la loi, à condition qu’elle soit appliquée sur le terrain.


                      • Fergus Fergus 9 décembre 2017 13:49

                        Bonjour, Soley

                        Vous oubliez de mentionner l’absence d’alimentation des personnes plongées dans cet état de sédation profonde. Or, c’est bien là qu’est le problème car cette non assistance à personne en danger de mort par manque d’administration volontaire de nutriments est bien une mort donnée, donc une euthanasie de fait qui, par la plus choquante des hypocrisies, refuse de dire son nom et soumet les proches au spectacle d’une mort lente administrée par dépérissement.

                        Zenzoé a écrit plus haut que l’on est « resté au milieu du gué » en matière législative, et c’est exactement cela.


                      • foufouille foufouille 9 décembre 2017 14:03

                        @Fergus
                        le bourreau n’existe plus, tuer n’est pas le métier d’un médecin.
                        personne ne t’obliges à regarder comme en réa chir.


                      • babelouest babelouest 9 décembre 2017 16:40

                        @foufouille c’est bien pourquoi les médecins ne doivent PAS DU TOUT être impliqués dans ce processus. Si injection létale il doit être donné, ce sera par une personne extérieure NON MÉDICALE. C’est ainsi que je le conçois, par exemple cela peut être un membre de l’ADMD, dont la seule récompense pourra être qu’on lui fasse à sa demande la même chose si cela s’avère nécessaire.

                        Nul membre du corps médical ne doit s’interposer dans ce processus, ce serait violer l’essence même du serment d’Hippocrate. « Ne pas nuire. »


                      • foufouille foufouille 9 décembre 2017 16:50

                        @babelouest
                        "par exemple cela peut être un membre de l’ADMD, dont la seule récompense pourra être qu’on lui fasse à sa demande la même chose si cela s’avère nécessaire.« 
                        ta merde ADMD et sa culture de la mort viendra nous »informer" que c’est mieux la dignité de crever jeune pour débarrasser la société.
                        ton ADMD viendra donc en réa chir pour nous achever ?


                      • alain_àààé 9 décembre 2017 14:17

                        excellent article mais je crois que nos politiciens n iront pas plus loin car il existe une association qui depuis plusieurs années interpélle ces politiciens sans résultat.il existe en belgique au pays bas en suisse ou l on pratique l euthanasie pour la belgique l euthanésie passe pour une mort naturelle ce qui n est pas le cas partout car cela pose des problémes de réglement de prét ( remboursement )en france les politiciens restent trés fragile pour les assurances car nous sommes des milliers de malades a qui nous avons demandé a nos médecins si nous étions incurables:leur réponse est toujours la méme demain on pourra trouvé le médicament miracle.mais des gens qui ont le cancer ou d autres maladies qui faut leur doses de médicaments de 25 a 40 médicaments sont dans une souffrance terrible pourquoi ne pas abrégé leur agonie et leurs souffrances par un texte de loi qui prendrait aussi les réglements des préts etc.......mais surtout la souffrance de ces malades incurables


                        • zygzornifle zygzornifle 10 décembre 2017 12:46

                          Les Députés et autres politiques sont comme des huîtres au fond de l’océan , ils se ferment dès que vous approchez d’eux , ils sont la pour EUX et non pour vous représenter , descendez un peu de votre nuage .....


                          • Louise Louise 10 décembre 2017 19:09

                            J’estime que personne n’a le droit de me tuer, même avec la plus grande compassion !

                            Dans le cas où je souffrirais terriblement, et qu’il n’y ait plus aucun espoir de guérison, je demanderai la sédation nécessaire, quitte à mourir plus tôt.
                            En fait, je voudrais être là au moment de ma mort... C’est le moment le plus important de la vie !

                            • babelouest babelouest 10 décembre 2017 19:34

                              @Louise
                              Mais bien sûr, VOUS SEULE devez décider, que ce soit dans un sens comme dans l’autre. C’est exactement ce que je préconise. En revanche, ce ne sont ni les législateurs, ni les médecins qui doivent imposer LEUR point de vue, ni à vous, ni à moi. Il suffit donc que, pour ceux qui en décident ainsi, la main qui les délivre ne soit pas condamnée si elle suit un protocole précis DEVANT TÉMOINS.

                              Quant au moment à la fois le plus important et LE PLUS TERRIBLE de la vie, c’est bien la naissance qui doit traumatiser profondément tout bébé qui naît, soudain expulsé dans un milieu terriblement hostile.


                            • Louise Louise 10 décembre 2017 19:52

                              @babelouest


                              Le moment le + important de la vie, pour les croyants, c’est la mort puisqu’elle est l’entrée dans la vie éternelle !
                              Je sais que c’est une question de foi, et que tout le monde ne la partage pas. :)

                              • Paul et Danièle PIERRA Paul et Danièle PIERRA 12 décembre 2017 17:49

                                Réponse de notre députée à la lettre qui lui été adressée par nos soins.

                                 

                                Bonjour Monsieur et Madame Pierra.

                                Je vous prie d’excuser mon absence lors d’un rendez vous précédent.

                                Je suis particulièrement sensible à la cause et au combat que vous menez comme vous a du vous l’expliquer Monsieur xxxxxx.

                                Il n’est nul besoin pour moi de rencontrer les malheureux témoins de ces douloureux sujets, pour être persuadée qu’il faut agir !

                                Vous avez été auditionnés à l’Assemblée.

                                Je mesure votre douleur et celle de votre enfant, je partage votre volonté de sensibiliser la classe politique. Je le suis particulièrement. Je serai vigilante sur le sujet, vous pouvez compter sur moi, sans pour autant vous déplacer à nouveau, (sauf nouvelle exigence de votre part). 

                                Je vous remercie d’avoir attiré de nouveau mon attention sur ce combat. je ne manquerai pas de vous informer des évolutions dans ce domaine . 

                                Bon courage à vous,

                                Très cordialement, 

                                 

                                Ma réaction à sa réponse.

                                 

                                Madame la députée,

                                Merci pour votre compassion. Nous pensions qu’il serait utile pour le débat sociétal qui nous occupe d’envisager une rencontre. Dans une logique assez communément partagée, nous imaginions que notre rendez-vous annulé la veille pour le lendemain, à cause de votre état de santé, serait reporté. Effectivement, nous avons été auditionnés à l’Assemblée Nationale, en 2008, par la mission d’évaluation de la loi Léonetti, à la demande de Monsieur le député Jean Léonetti, en personne. Vous êtes donc ainsi, la première personnalité politique que nous sollicitions. Nous n’aurons pas de « nouvelles exigences », pour vous citer. Ces termes supposent que nous aurions eu une première exigence, une exigence initiale. Il n’en est rien, il s’agissait d’une simple sollicitation qui, selon nous, s’inscrivait légitimement dans les attributions d’un député, dans son lien privilégié avec le citoyen. Exiger consiste à demander impérativement ce qui est considéré comme un dû, ce qui, avec respect, n’était pas notre intention.

                                Je publie régulièrement des articles sur le média citoyen « Agoravox ». La lettre qui vous a été adressée par nos soins y figure et comptabilise en 4 jours 2300 visites.

                                Dans un souci de compréhension plus fouillée de la problématique et de suivi pour nos lecteurs, nous adjoignons nos différents échanges.

                                Respectueusement.

                                Danièle Pierra


                                • zygzornifle zygzornifle 13 décembre 2017 14:26

                                  Fin de vie d’un politique : je n’ai jamais eut faim ni froid et cela grâce a votre pognon et surtout a votre connerie , vous qui nous entretenez , nous visons comme des plantes en serre dans le terreau , allez au boulot les larbins on en veut encore plus ....

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