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Accueil du site > Actualités > Société > L’altruisme seule base de la solidarité ?

L’altruisme seule base de la solidarité ?

Des animaux à l’homme, des pauvres aux riches, …

Les différents actes philanthropiques divergent autour de l’existence d’un véritable altruisme ou d’un altruisme caché.

L'altruisme seule base de la solidarité ? {PNG} Alors que le monde est enclin à une forte augmentation en terme de solidarité entre les individus à travers différents actes de générosités (don, bénévolat …). Mais qu’entendons par solidarité ? C’est un devoir moral résultant de la prise de conscience de l’interdépendance sociale étroite entre les hommes ou dans des groupes humains, et qui incite les hommes à s’unir, à se porter entraide et assistance réciproque et à coopérer entre eux, en tant que membres d’un même corps social¹.

Ironiquement, le monde n’a jamais été autant peuplé de personnes faisant preuve d'égoïsme (attitude ou conduite de celui qui, le plus souvent consciemment, ne se préoccupe que de son intérêt ou de son plaisir, propre au détriment ou au mépris de celui d’autrui¹). Le véritable altruisme dans les sociétés (conduite de l’homme responsable qui pose comme but de l’activité morale l’intérêt de ses semblables¹) est il en proie à un altruisme plus personnel, faisant référence à des enjeux pour certaines personnes ? On parle alors de faux altruisme ou d’altruisme caché. On peut donc se demander : Faut il nécessairement être altruiste pour être solidaire.

 

L’homme, “le mammifère empathique”

 

Venons en au fait, il a été démontré par Darwin² que les animaux et spécialement les mammifères étaient dotés de raisons mais surtout d’altruisme. Tout au long de leur vie les animaux vivent notamment grâce à l’entraide entre des individus d’une même espèce ou entre différentes espèces. Mais l’homme est également un mammifère cette démarche s’applique donc elle aussi à lui, malgré tout ce dernier est un être évolué et donc comme l’a dit Jean François Dortier³ il est “doté d’une gamme de comportements sociaux [...] ajouter à cela des aptitudes spécifiques : l’intentionnalité, la réflexivité, la création de cultures symboliques”. L’homme est donc un agent moral ayant une notion de “bien” et de “mal” ce qui rend l’application de cette théorie plus complexe.

Néanmoins les travaux de spécialistes telle que Daniel Batson⁴, ont permis d’obtenir un semblant de réponses, son expérience consistait à ce qu’un sujet observe une jeune femme recevant des chocs électriques (simulés, ce que le participant ignorait) et on lui proposait de prendre sa place. Par ailleurs, on disait au sujet qu’il pouvait quitter la salle d’expérience après deux chocs électriques solution appelés d’échappatoire facile, ou on lui disait qu’il devait rester jusqu’à la fin de l’expérience : 10 chocs (échappatoire difficile), au final la majorité des individus ayant un “haut niveau d’empathie” ont remplacés la jeune femme quelques soient les conditions, alors que ceux avec un “faible niveau d’empathie” l’ont remplacé trois fois plus souvent en situation d’échappatoire facile. Après avoir réalisé plusieurs autres tests divers (lien dans la description) Batson a pu confirmer que l’empathie est authentique.

 

Le bonheur comme récompense

 

Néanmoins, d’après plusieurs études sur le bonheur, il semblerait que l’altruisme y contribue grandement. C’est ce que nous présente Mickaël Mangot⁵ auteur du podcast présenter sur le site de l’essec business school Chaire Philanthropie, il explique alors que le don influe sur les dimensions du bonheur : à court-terme, à moyen terme et à long terme. Cela a pour avantages de provoquer des émotions positives, des sentiments de satisfaction, donner du sens à son existence,… Tous ces avantages contribuent à rendre plus heureux les personnes qui contribuent à donner sans se soucier du reste. Cela a donc naturellement pour objectif de pousser les gens à réaliser des actes altruistes et plus ils sont en proie à en réaliser, plus ils ont envie d’en faire. Cependant une question est soulevée. Lors de la réalisation de dons cela rend les personnes plus heureuses ce qui les pousse à recommencer pour atteindre ce bonheur. Mais on peut se demander si cela n’est pas paradoxal de donner à autrui pour atteindre son propre bonheur ? Car en effet cela devient un acte doté d’intérêt et donc quelque part de l'égoïsme.

Malgré tout, Michaël Mangot explique que le bonheur est quelque chose “d’oblique” et qu’il ne s’atteint jamais directement. De plus il prétend que “si nous donnons pour être heureux, nous ne sommes pas heureux, mais si nous donnons pour donner, alors nous sommes heureux”. Donc ces propos expliquent bien que pour atteindre ce bonheur on ne peut l’acquérir en le désirant. Cela doit être un acte dénué d’intérêts et non une satisfaction personnelle. L’intérêt est donc la clé pour expliquer si un acte est altruiste ou non.
 

Le profit comme seul but ?

 

Au cour de ces 15 dernières années, on a constaté une forte augmentation de la solidarité au sein de la société, cela passant par différents actes de générosité. L’un des premiers revenu lié à cette contribution provient sans aucun doute des classes aisées. En effet les milliardaires sont de plus en plus nombreux à réaliser des dons. On distingue alors deux types de milliardaires : les riches par héritage comme les français et les riches par succès dans le business, représenté en majorités par des chinois et des russes. Cependant tous ces dons ne sont pas sans intérêts. En effet selon Jacques Malet6 « certaines personnes aisées, qui n'ont pas été épargnées ces dernières années par les hausses d'impôts, ont décidé de donner plus pour payer moins d'impôts ». L’explication à ce grand élan de générosité se résume donc en grande partie par l’intérêt porté à la défiscalisation.

L’un des milliardaire illustrant parfaitement ce cas de philanthropie est Bill Gates. Il fait effectivement parti des personnes les plus influentes dans le domaine de la solidarité à travers le monde. Il est la deuxième plus grande fortune du monde (56 milliards de dollars), son succès à la tête de Microsoft lui a permis de remporter énormément d’argent. Suite à cela, il a voulu faire preuve de générosité et a alors décidé de créer plusieurs associations pour venir en aide aux plus démunis. En janvier 2000, il décide de mettre en place la fondation Bill et Melinda Gates. Leur association consacre environ 3 milliards de dollars aux causes humanitaires. Il a également créé en 2008 avec Warren Buffett “Purchase for Progress” pour lutter contre la famine dans les pays d’Afrique. Par la suite, ils arrivent à rallier environ 40 milliardaires américains à verser la moitié de leur fortune pour des associations caritatives. Toutes ces actions font d’eux des philanthropes reconnus, leurs causes sont plutôt nobles mais tout le succès, la réputation, la communication dégrade la valeur de leur actions, la faisant ainsi passer pour un acte plutôt égoïste.

Cela est d’autant plus vrai, quand on sait que Warren Buffett, l’associé de Bill Gates est contre l’idée que ces descendants héritent de sa fortune. Il affirme alors :« Il n’y a aucune raison pour que les futures générations de Buffett dirigent des sociétés uniquement parce qu’ils sont mes descendants. On peut donc y voir un acte égoïste lui permettant ainsi de répartir sa richesse dans des associations sans que ses proches n’y touchent de près ou de loin. De plus d’après Michael Onfray7, « ce prurit de bonté dissimule mal un banal acte égocentrique : cet amour de soi transformé en amour du prochain satisfait l’âme de celui qui n’a plus d’âme parce que l’hyper-richesse a ce don de détruire l’âme de celui que la fortune a soustrait au monde véritable. »

 

L’être humain est un mammifère évolué, capable d’adapter son comportement en société et ainsi faire preuve de solidarité, d’altruisme ou encore d’empathie. Cela s’explique en partie par son lien de parenté avec les autres individus du règne animal. Le bonheur se développant à travers ces caractéristiques de bienveillances, il est normal de les apercevoir au sein de la société actuelle. Néanmoins, ces dernières, notamment l’altruisme se retrouve détourné de sa nature par un certain nombre de personnes. L’acte altruiste n’est alors pas de nature désintéressé. Bien au contraire, il est utilisé afin d’arriver à ses objectifs personnels, comme la valorisation de son image vis à vis du reste de la population.

.                                                            Valentin Marolleau et Perrine Robergeau

 

¹ : définition du CNRTL : Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales

² : “De la filiation de l’homme

³ : « Altruiste ou égoïste, les deux faces de l’être humain », Sciences Humaines

⁴ : L’Essentiel

⁵ : auteur du podcast présenter sur les site de l’essec business school Chaire Philanthropie

6 : “Qui sont les plus généreux donateurs en France ?”, Le Figaro

7 : “Philanthropie : les milliardaires ont ils une âme”, Le Monde


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6 réactions à cet article    


  • UnLorrain 14 juin 15:46

    Qui se souci plus du bien-être d’autrui que de lui-même se meurt de soif à la fontaine. La Fontaine, il cause en 1650 si je n’omet pas.


    • Tall Tall 14 juin 16:47

      Un égoïste, c’est un type qui ne pense pas à moi.


      • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 14 juin 16:51

        @Tall

        Nan ...a moi !


      • Attila Attila 14 juin 21:01

        Qui pense autrui est un cochon !

        .


        • Et hop ! Et hop ! 15 juin 14:59

          Comme le dit la définition du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales, la solidarité n’existe pas entre tous les hommes, mais entre les hommes d’un groupe, en vertu du lien entre les membres du groupe.


          Il n’y a pas de solidarité en-dehors d’un groupe fermé.


          Ces groupes sont à l’origine fondés sur un lien de sang ou de parenté (familles, clans, tribus) ou d’affilation (amis, compatriotes, collègues, membresd’une mutuelle, d’une amicale ou d’une association.).


          La solidarité n’a rien à voir avec l’altruisme ou la générosité, c’est une obligation qu’ont les membres du groupe entre eux, et elle est réciproque.


          La première des solidarité est la défense contre les agression ou les oppressions, ou la vengeance, ensuite vient l’aliment ou le secours, ensuite l’entre-aide et la coopération. C’est aussi l’obligation de faire cause commune, d’agir dans l’intérêt général du groupe.






          • bourrak 15 juin 16:41

            Le problème que beaucoup ignorent, c’est que le monde extérieur n’a pas les mêmes règles que le foyer, la « morale » individuelle n’est pas toujours transposable à la société.

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