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L’échange pour le changement

Je connais des retraités qui se terrent chez eux et jouissent des ressources fnancières plus ou moins conséquentes qu'ils ont accumulées avec patience, opiniâtreté, tout au long de leur vie de labeur et dont ils pensent qu'elles vont leur apporter la paix, la tranquillité et le bonheur de jouir d'une existence peinarde donc heureuse jusqu'à la fin de leurs jours.

J'en connais d'autres qui ont parfois ramé pour joindre les deux bouts durant leurs longues années de travail et qui, une fois sortis de la vie "active" professionnelle, s'activent en toute discrétion à essayer d'aider les personnes en difficulté autour d'eux, dans leur ville, région, partout où ils peuvent être d'une quelconque utilité.

Il n'y a pas de clivage manichéen, au contraire de ce que pourraient laisser croire ces premières lignes : ce ne sont pas ceux qui ont le plus peiné pour s'en sortir financièrement qui ont le plus à coeur d'aider les autres, une fois leurs soucis pécuniers derrière eux. Mais, de par mon expérience - qui vaut ce qu'elle vaut-, il y aurait peut-être une tendance.

Dans quel piège, évident pour un tiers, tombent les premiers évoqués : celui de l'égoïsme, de la mesquinerie, d'une vacuité existentielle qui va leur tordre les tripes, les rendre amers peu à peu, les "déshumaniser" au final.

Cela peut sembler trivial : si l'on ne vit que pour soi, replié et seulement attentif à satisfaire ses besoins et désirs, on ne va pas bien loin dans le cheminement intérieur que l'on parcourt tout au long de sa vie. La voie est bloquée, l'enceinte est formidable, le gouffre se creuse, l'abîme du desséchement intérieur et de l'éloignement d'avec ses semblables vous attire de toute sa pesanteur obscure.

Le paradoxe funeste, le cercle vicieux si complexe à rompre se met en place : chaque pas en direction de son petit plaisir personnel, "bonheur" artificiel, éphémère et vain vous éloigne de l'autre et vous incite, par peur du regard de celui-ci - nécessairement moins complaisant que celui que vous portez sur vous-même -, à vous renfermer davantage et gonfle encore la bulle irréelle, subjective qui vous surprotège superficiellement et altère/tue votre conscience, votre "humanité" progressivement.

Le bonheur ne peut être qu'ouverture, générosité, échange avec l'autre même si parfois cela peut amener aussi déconvenues, déceptions et déclencher des mécanismes psychologiques de repli sur soi compréhensible, réactions naturelles que l'on apprend à gérer au fur et à mesure des expériences vécues. 

Or, que nous vante, que nous instille insidieusement, jour après jour, le système socio-économique de nos civilisations modernes ?

Soyez compétitifs, performants, et vous réussirez votre vie : vous gagnerez de l'argent ! Beaucoup d'argent, de la considération, une place dans cette société consumériste et bornée, axée sur un paraître qui foisonne de codes sociaux aussi mesquins que clivants.

Vous êtes en opposition avec ces "valeurs" - ces anti-valeurs, de fait - ?

Aaaaahh, espèce de minable, vous ne vous opposez à la toute-puissance de ce système que par dépit !, parce que vous êtes un raté, un minable. Vous n'avez pas réussi à vous faire "une place au soleil" (soleil noir parfaitement adéquat pour brûler, exterminer tout sentiment d'altruisme) alors, jaloux et aigri, vous dénigrez une vision du monde "paradisiaque" pour les "winners".

C'est ce genre de conneries qu'il nous faut supporter, chaque jour, encore et encore.

Combat, invasion inepte et incessante qu'on cherche à nous mettre dans nos crânes, et qui parvient à s'implanter dans les esprits les plus malléables.

On doit dire "ASSEZ !!!" à tout cela ; assez de ce paradigme qui place le pognon au-dessus de tout, qui cherche à nous diviser pour mieux nous dominer, qui cherche à nous aigrir ou nous frustrer pour mieux nous faire chuter dans ses axiomes débilitants.

Donner, recevoir, persévérer : tel est le seul chemin possible pour accéder à une sorte de quiétude, de satisfaction non pas superficielle et temporaire, mais continue et bienfaisante. Il est à l'encontre, aux antipodes des valeurs "progressistes" qu'on souhaite nous inculquer de manière indélébile.

Donner, recevoir, persévérer - que ce soit depuis son palais, depuis sa hutte, depuis rien du tout si l'on ne possède rien - , et respecter son prochain malgré son altérité, sa différence.

Des coutumes ancestrales, un mode de vie millénaire, des sociétés rudimentaires, voilà ce que l'on a détruit et qu'on détruit encore et toujours - je pense au Brésil, aux pauvres communautés indigènes en Amazonie face à l'impitoyable Bolsonaro - au nom du "Progrès" qui rend malade la majeure partie des populations en son coeur.

Vous n'êtes pas d'accord quand j'écris que le "progrès" rend malade la majeure partie des populations en son coeur ?

Très bien ; étudiez un peu l'évolution des classes moyennes américaines. Observez-les devenir tous obèses, diabétiques et accros aux opiacés. Et nous, regardons-nous avec nos médocs anti-dépresseur devenus indispensables pour plus d'un tiers de nos concitoyens, aujourd'hui ; sûrement plus, demain.

C'est pour cela aussi qu'un modèle futur de décroissance n'est pas seulement vital pour la préservation des ressources, de l'écosystème de notre planète, mais aussi pour le bien-être de l'humanité, revenue à des valeurs plus saines et harmonieuses, à un mode de vie plus épanouissant et spirituel..

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12 réactions à cet article    


  • Raymond75 7 mars 19:33

    Ce que vous décrivez et appelez de vos vœux peut aussi s’appeler ’esprit civique’ : s’impliquer dans la société, et savoir être solidaire pour empêcher certaines personnes de sombrer totalement.

    Vous allez vous faire traiter de gogo, de naïf, et autres commentaires négatifs, car ces valeurs ne semblent plus être dans l’ère du temps.

    Et pourtant : les Français donnent beaucoup, souvent des petits dons par des personnes modestes, et environ 50% des retraités font du bénévolat. On peut aussi constater que le service civique, pourtant récent et dont on parle peu, rencontre un bon succès.

    Il ne faut donc pas désespérer : l’horreur économique dans laquelle nous sommes tous plongés et nous contraint n’a pas encore fait disparaitre les valeurs humaines fondamentales. Mais je serai plus inquiet pour l’avenir, pour ces jeunes qui ne connaissent que cela, qui ont des difficultés à trouver du travail et à le conserver, et qui sont toujours scotchés à leur smartphone, qui les enferment dans une bulle sans rapport avec la réalité ...


    • Arnould Accya Arnould Accya 7 mars 19:57

      @Raymond75
      Commentaire sympa qui m’ a fait rigoler smiley
      Je crois en un réveil actuel qui devrait s’amplifier.



    • Arnould Accya Arnould Accya 8 mars 14:32

      @lloreen
      pas bien parlant ce message smiley, mais j’irai voir


    • lloreen 8 mars 14:52

      @Arnould Accya
      "pas bien parlant ce message

      ".
      Effectivement mais il est dans l’écoute. 


    • Arnould Accya Arnould Accya 8 mars 19:15

      @lloreen
      Wooohhhh, elle est longue cette video, je trouverai le temps + tard.


    • zzz'z zzz’z 7 mars 20:58

      Après, si le Brésil est parti de ce côté, c’est bien parce que ça a chié grave dans le ventilo.

      Je ne vois pas pourquoi à partir du moment où l’on vit pensionné, l’essence même de l’être devrait se dissoudre. Les personnes qui partent de nos jours à la retraite ont certainement connu le plein emploi ; ce qui fait que toute savent que le travail est la seule chose qui permet de se réaliser et de réaliser ses projets, projets issus de leurs expériences. 

      De nos jours les mangent-caca du PAF ont et auront les projets qu’ils méritent…


      • Arnould Accya Arnould Accya 7 mars 21:23

        « le travail est la seule chose qui permet de se réaliser et de réaliser ses projets, projets issus de leurs expériences »

        Oui, quand le travail est choisi, apprécié et épanouissant.

        Sinon, NON !, ça peut au contraire être un véritable esclavage moderne.

        A combien estimez-vous le pourcentage de français qui vont au boulot la boule au ventre ?


        • zzz'z zzz’z 7 mars 21:43

          @Arnould Accya
          le plein emploi était le clou du commentaire.


        • Arnould Accya Arnould Accya 7 mars 21:51

          @zzz’z
          Plein emploi ne veut pas dire que, même à son époque, tous les travailleurs étaient heureux de leur sort, mais c’est vrai que ça arrangeait quand même bien les choses ...


        • zygzornifle zygzornifle 8 mars 13:56

          Je connais des politiques prêts a tout pour une poignée de pognon et capables de rien voire même pire ....

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