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Accueil du site > Actualités > Société > L’émergence de l’Etat mafieux

L’émergence de l’Etat mafieux

La défaillance institutionnelle tend à mener à l’Etat mafieux, une structure où la protection dépend du paiement et de l’allégeance d’individu à individu. Ce risque est déjà très présent aujourd’hui , même en France.

Voici dix ans déjà l’économiste James Galbraith publiait « L’Etat Prédateur », où il démontrait, notamment, « la capture des administrations publiques par la clientèle privée d’une élite au pouvoir. Dont l’exemple extrême est le secteur financier, et nous en voyons aujourd’hui les résultats. » (1)

Sept ans plus tard le juriste et philosophe du droit Alain Supiot publiait « La gouvernance par les nombres » dont le thème peut être résumé ainsi : 

Nous découvrons comment le droit a toujours participé, avec l’art et la science, de l’imaginaire des hommes, véritable lien entre le réel et l’idéal, qui porte les civilisations. Mais l’imaginaire industriel a fait son temps, et nous entrons aujourd’hui pleinement dans l’ère de l’imaginaire cybernétique, qui répond au vieux rêve occidental d’une harmonie fondée sur le calcul. Un discours qui vise la réalisation efficace d’objectifs mesurables plutôt que l’obéissance à des lois justes, ne laissant aux hommes, ou aux États, d’autre issue que de faire allégeance à plus fort qu’eux, au mépris du droit social (2). 

Un film a été réalisé sur ce thème, avec Alain Supiot :

Ce système d’allégeances remplit le vide laissé par la dévalorisation institutionnelle, elle-même fruit de la prédominance des intérêts particuliers an sein des structures de pouvoir. Problématique régulièrement adressé par ce blog évidement, comme ici sur la question de la sur-vaccination (3).

Plus largement, le dogme néolibéral privilégiant les relations privées sur l’organisation institutionnelle (par exemple le principe « d’efficacité » cher à notre Président qui signe des accords secrets avec les compagnies d’autoroute, ou la « dérégulation » à l’américaine abolissant toute conscience écologique), l’institution voit son objectif de stabilisation et d’égalisation sociale transformé en un service rendu à ceux qui peuvent le payer : la justice n’est évidemment pas la même selon que vous avez des moyens ou pas, idem pour l’éducation dont le but premier est désormais de fournir des « ressources humaines » au système productiviste.

Les médias aux mains des grands capitalistes sont reniés par une partie croissante de la population (on parle de « médias aux ordres », de « merdias ») et on se tourne de plus en plus vers l’actualité temps-réel des réseaux sociaux – qui a elle-même le grand défaut de filtrer les sources en fonction des biais des abonnés, créant ainsi des bulles d’auto-confirmation d’où devient exclut toute possibilité de débat. 

Les institutions gouvernementales deviennent des chambres d’enregistrement des volontés de l’exécutif, des foyers de lobbyistes, des théâtres où l’on est plus empressé d’interdire la fessée ou d’imposer le racket routier (4) que d’adresser des question s fondamentales. La déconnexion croissante entre le monde institutionnel et la population provoque parfois des réactions, comme on peut le voir en ce moment avec les Gilets Jaunes (5), mais le train de la prédation n’est pas prêt de s’arrêter – et ce notamment par manque d’une alternative partagée par une partie suffisante de la population (6). 

Le déficit institutionnel laisse un vide : incapable d’assurer son rôle de garant de l’équité, donc de protection contre ceux qui ne se soumettent pas aux règles, l’Etat se transforme en une structure mafieuse au sein de laquelle les allégeances personnelles prennent le dessus sur le cadre légal. Le principe mafieux, en effet, et avant tout la fourniture – payante bien sûr – de protection à des entités qui peuvent ainsi agir à leur profit. Toute société qui ne dispose pas d’institutions fortes et respectées se transforme en société mafieuse, la seule solution garantissant les protections nécessaires à toute activité – même tout à fait légale, comme par exemple ouvrir un commerce. 

En Hongrie où j’étais récemment, le système Orban est un pur produit mafieux : ouvrir un commerce dans un lieu rentable de Budapest implique de connaître « la bonne personne », qui vous protège et bénéficie elle-même de la protection du niveau supérieur et ainsi de suite. La police, la justice, le fisc deviennent des instruments du pouvoir mafieux qui garantissent une forme de stabilité car il n’y a pas de surprises, pas de risque d’un changement imprévu de pouvoir et donc de remise en cause du système de protection. 

La Russie, la Turquie fonctionnent sur le même principe, comme de nombreux pays dotés d’un pouvoir fort et d’institutions faibles. L’Europe glisse dans cette direction. L’Italie est bien évidemment une victime de longue date de cette situation, des déchets de Naples au pont de Gênes d’innombrables activités licites ou illicites s’organisent sous couvert de la protection mafieuse. 

La France, pourtant encore dotée d’institutions dignes de ce nom, est percluse de fiefs mafieux au sens large, que ce soit dans le cadre des contrats publics, de la vente d’armes, du médicament, de la justice mais aussi plus prosaïquement à l’échelon local : dans la ville où j’écris ces lignes, Boulogne-sur-Mer, il est notoire que l’on peut difficilement établir un commerce viable sans l’aval de la franc-maçonnerie locale. Mais l’élection d’Emmanuel Macron et l’ouverture des ministères à des prédateurs et lobbyistes de premier ordre symbolise mieux que tout la débâcle institutionnelle face au système mafieux, chaque échelon des profiteurs s’assurant la protection de ceux ou celles ayant accès à la puissance publique.

Puissance essentielle car, bien entendu, le système mafieux a besoin d’une force de frappe garantissant sa crédibilité et c’est notamment le rôle de la police. Tout Etat mafieux dispose d’une police puissante, le plus souvent elle-même une organisation mafieuse en soi. Aux USA, pays « démocratique » sous emprise de la mafia policière, le principe du Protect and Serve est bien souvent remplacé par le Rape and Pillage (7).

Bien entendu toute corruption ou violence extrême au sein de structures étatiques, ou approuvées par l’Etat, ne ramène pas à un Etat mafieux en soi. Le SAC français des années 70 ne travaillait pas directement au profit du chef de l’Etat, tout comme la Stasi Est-Allemande ou l’AVH hongroise de la période communiste n’avaient pas pour but l’enrichissement des dirigeants de ces pays (8). En ce qui concerne les démocratie occidentales la bascule entre des structures corrompues et l’Etat mafieux a sans doute symboliquement débuté avec le 11 septembre 2001 et la « guerre contre le terrorisme », le moment où les USA ont basculé dans la prédation à outrance au profit de ses dirigeants.

L’invasion de l’Irak visait son pétrole, et la famille Bush tout comme le vice-président de l’époque Dick Cheney étaient fortement impliqués dans cette industrie. En Libye, l’attaque menée par la France visait à enterrer les traces de corruption de Sarkozy, allant bien au-delà du mandat de l’ONU qui se limitait à la défense de l’enclave de Benghazi. Pour ne citer que deux exemples symboliques. 

L’aspect clé de l’Etat mafieux est le fait que la protection n’est pas accessible à tous, elle se monnaie pour chaque individu. Pour ce faire les politiciens / parrains doivent centraliser les paiements (sous forme de commissions sur les contrats publics par exemple) et éliminer toute opposition afin de rassurer leurs « clients » qu’ils ne doivent payer personne d’autre. En effet, une concurrence à la tête de l’Etat mafieux signifierait qu’il faille payer plusieurs protections afin de se protéger contre des changements de pouvoir – le hedging, en termes financiers.

Ceci tend à renforcer la stabilité du système, réduisant toute opposition politique à l’état de figuration du fait du contrôle total des institutions, des médias, de la police et de la justice par la structure mafieuse qui s’étend du petit commerce aux opportunités d’affaires à l’échelle mondiale.

Cependant cette stabilité est également le talon d’Achille de l’Etat mafieux car, personne n’étant encore immortel, il fat bien un jour ou l’autre transmettre le pouvoir. Le Parrain en place a tendance à ne pas nommer de succession afin d’éviter une possible « accélération » du processus de transfert. Donc ces transferts sont toujours un moment de grande incertitude où la belle unité se divise en plusieurs camps antagonistes. 

Un changement imprévu de Parrain peut avoir des conséquences désastreuses sur la structure mafieuse en place, comme la nomination inattendue de MbS, par un roi d’Arabie quasi-sénile et proche de la mort, au titre de Prince Régent a eu pour effet de dégager un certain nombre de puissants saoudiens au profit d’une nouvelle structure (9). Et c’est pour éviter ce genre de situation que de nombreuses personnes donneraient cher pour connaître à l’avance les successeurs de Vladimir Poutine, de Recep Tayyip Erdoğan ou de Viktor Orbán ! 

La difficulté du choix du nouveau Parrain, les désordres que cela peut amener, offrent des opportunités pour un changement de structure. Non pas un retour à une réelle démocratie qui relève, en termes historiques, plus de l’accident de parcours que de la norme, mais au moins en faveur d’un système soit de type féodal soit de type dictature idéologique. Le système féodal est basé, comme la mafia, sur des allégeances entre personnes (le serf fait allégeance au Duc qui fait allégeance au Roi qui fait allégeance au Pape par exemple) mais également sur des structures applicables à l’ensemble de la société (droits, chartes, règles de transmission des héritages, etc…). L’allégeance à l’étage supérieur dépend alors de sa capacité à garantir le bon fonctionnement de ces structures. 

La dictature idéologique est l’essence de la théocratie mais également des philosophies de type marxiste : le « bien commun » est garantit par la violence institutionnelle, qui est dotée de règles de transmission du pouvoir et se protège structurellement de la main-mise d’un Parrain.

Certes ces structures sont corruptibles, mais la forte « idéologisation » de la société tolère plus difficilement son détournement à des fins de bénéfices privés. La démocratie a longtemps été une telle force, et elle l’est toujours comme le montrent les Gilets Jaunes, mais la gangrène néolibérale a transformé une grande partie de cette énergie en un combat pour la seule survie.

Les territoires appauvris et confrontés à la violence d’une force publique vendue à la structure mafieuse sont eux-mêmes un terreau fertile pour les mafias, mais c’est aussi là que germent les graines de la révolution suivante. 

 

Sources et liens

(1) https://zerhubarbeblog.net/2010/05/16/letat-predateur/

(2) https://www.college-de-france.fr/site/alain-supiot/La-gouvernance-par-les-nombres-film.htm

(3) https://zerhubarbeblog.net/2017/07/05/sur-vaccination-le-lobby-pharma-en-marche-avec-edouard-philippe/

(4) https://zerhubarbeblog.net/2018/10/10/letat-et-le-racket-des-radars-mobiles/

(5) https://zerhubarbeblog.net/2018/11/22/de-la-recuperation-des-gilets-jaunes-a-la-survie-en-milieu-rural/

(6) https://zerhubarbeblog.net/2018/04/17/le-sang-des-peuples-peut-il-coaguler/

(7) https://zerhubarbeblog.net/2016/10/04/do-not-resist-un-documentaire-effarant-sur-le-joug-policier/

(8) https://zerhubarbeblog.net/2018/10/29/la-hongrie-modele-dun-futur-anterieur/

(9) https://zerhubarbeblog.net/2017/11/23/maison-de-saoud-et-moyen-orient-game-of-thrones-en-vrai/

Nicolas Keyser-Bril développe le concept d’Etat mafieux sur son blog https://blog.nkb.fr/mafia-state/(en Anglais).


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29 réactions à cet article    


  • jacques 17 décembre 2018 11:04

    Je ne comprends pas la photo de Poutine.


    • JL JL 17 décembre 2018 11:18

      @jacques
       
      sur la photo : où sont Obama, Clinton, Merkel, Macron, Nethanyaou, MBS, ...


    • roman_garev 17 décembre 2018 12:00

      @jacques
      D’accord, et aussi, pourquoi Orban ?
      Cette photo devrait illustrer un article sur ceux qui sont les plus haïs par les néocons. Pas du tout celui-ci.


    • Zolko Zolko 17 décembre 2018 13:13

      @jacques : je ne comprends pas non-plus. Dénoncer « le dogme néolibéral » comme le font Poutine et Orbán, puis les accuser de ça ? On peut certainement leur reprocher pleines de choses, mais pas celui d’être néolibéral.


    • Paul Leleu 17 décembre 2018 20:32

      @jacques

      En fait, un bon marxiste dirait que tout état est une mafia... dans une « démocratie bourgeoise », l’état n’est que l’outil du cartel des principales fortunes et des grosses banques (les 200 familles).

      La seule différence, c’est de savoir jusqu’à quelles strates de la société la corruption descend... généralement en haut c’est totalement corrompu (sinon le mec finit comme Allende ou Sankara)... et puis les grandes décisions industrielles, monétaires, économiques et géopolitiques sont prises en fonction des différents « actionnaires » de l’état (les 200 familles)...

      Quand la corruption descend jusque dans les strates intermédiaires, puis inférieures de l’état (et des entreprises privées, faut pas oublier), on parle alors de corruption... alors que sinon on parle simplement « d’intrérêt national » (l’intérêt national supposé se confondre avec celui des 200 familles)...

      En bas c’est de la « corruption » ... au milieu ce sont les « affaires » ou les « scandales »... au sommet c’est « l’intérêt de la nation »... moralité, mieux vaut être un gros pourri qu’un petit.


    • V_Parlier V_Parlier 18 décembre 2018 21:46

      @Zolko
      Je crois saisir les critères de l’auteur qui les met tous dans le même sac : Les accusés Orban et Poutine n’ont certes pas de système économique socialiste (pas du tout) mais restent souverainistes, gardent le contrôle de leurs entreprises et structures stratégiques, de leurs échanges, ce qui, même dans une situation non idéale (des ripoux comme partout) fait moins de casse et provoque une amélioration progressive des conditions de vie. Peu de dette aussi (cet endettement pour faire croire que le pays est prospère, pour un temps...) donc plus de marge de manoeuvre. Aussi, pour comparer les bienfaits et méfaits d’une gouvernance il faut observer comment les choses évoluent car tout le monde n’a pas commencé dans les mêmes conditions de départ.

      Donc, selon ses propres critères l’auteur peut avoir raison mais il ne se concentre pas sur l’essentiel.



      • leypanou 17 décembre 2018 11:32

        En Libye, l’attaque menée par la France visait à enterrer les traces de corruption de Sarkozy, allant bien au-delà du mandat de l’ONU qui se limitait à la défense de l’enclave de Benghazi   : la destruction de la Libye a plusieurs causes, pas seulement pour enterrer les traces de corruption dont vous parlez.

        Les tenants de l’ordre mondial actuel ne veulent surtout pas qu’un état puisse se soustraire à leur joug, et M Khaddafi, aussi imprévisible qu’il était, était l’exemple type de l’« ennemi ».

        Les dirigeants qui veulent vraiment le bien de leur pays, et qui ne sont pas assez « forts », ont tendance à ne pas faire de vieux os. Les Mobutu ont pu rester non inquiétés pendant plus de 30 ans, mais les Sankara n’ont pas eu cette « chance ».


        • François Pignon NEMO 17 décembre 2018 11:56

          @leypanou

          Kadhafi a eu droit au même traitement que Sadam Hussein pour les mêmes raisons : la remise en cause du monopole du dollar anéricain dans le commerce pétrolier.

          Les ventes pétrolières mondiales se faisant en dollar américain, la demande en dollars par tous les importateurs de pétrole (ça fait beaucoup !) reste élevée, indépendamment des conditions économiques aux États-Unis, ce qui permet au gouvernement américain d’assurer des revenus par seigneuriage et d’émettre des obligations à des taux d’intérêt inférieurs, et donc de pouvoir supporter des déficits budgétaires supérieurs à ceux des autres pays.

          Il ne faut pas aller chercher plus loin l’origine de tous les conflits récents sur la planète, directement ou indirectement. Les affaires de Sarkozy et BHL là-dedans sont de la broutille, même si elles sont réelles.


        • François Pignon NEMO 17 décembre 2018 11:44

          Vous découvrez l’Amérique ?

          Si, comme vous l’écrivez, une mafia est « une structure où la protection dépend du paiement et de l’allégeance d’individu à individu », les diverses obédiences maçonniques ne sont rien d’autre que cela, et l’état français est gangrené par cette engeance depuis belle lurette, mais à forte dose depuis la troisième république. Le principal talent pour toute mafia, pour durer, c’est la discrétion. Quand ça commence à devenir trop visible, c’est qu’on est déjà dans un état totalitaire, et là, ça devient difficile d’en sortir. 


          • Spartacus Spartacus 17 décembre 2018 11:49

            Au lieu de lire James Galbraith, faudrait mieux lire l’autre James, James Mc Bill Bucanan et lire « l’école des choix publics ».


            Vous auriez une explication d’un Nobel sur dixit « la prédominance des intérêts particuliers an sein des structures de pouvoir  ».

            « Les hommes politiques, les électeurs et les administrations agissent en fonction de leur propre intérêt et non de l’intérêt public. »


            Vous comprendriez que Fillon emploie sa femme.

            Vous comprendriez Melenchon qui investi pour lui ses indemnités en profit foncier.

            Vous comprendriez Alexis Corbière qui préfère un logement HLM pour lui.

            Vous comprendriez ces fonctionnaires qui veulent un maximum d’avantages préférentiels corporatistes type régimes spéciaux« ou un emploi à vie.

            Vous comprendriez ces multinationales qui veulent que l’état intervienne pour avoir un monopole.

            Vous comprendriez tous cette population qui veulent des impôts »pour les autres", mais pas pour eux.



            Vous comprendriez pourquoi le problème c’est le socialisme, qui promet par l’état des avantages et donc est la cause de l’état prédateur.

            Vous comprendriez que les libéraux ont raison et que le meilleur état est limité au régalien et minimaliste.


            L’image est fausse, Trump et Bolsonaro n’ont rien a voir avec Poutine ou Erdogan, qui eux ont étés élus par la terreur sur leurs opposants.




            • sylvain 17 décembre 2018 14:08

              @Spartacus
              oh mon dieu ! alors nous serions tous des « individus isolés cherchant a maximiser leur profits » et en plus ca a été prouvé par un prix nobel !

              Tout espoir serait donc vain et cette idée qui me laisse avec un sentiment d’impuissance et de fatalisme ne saurait etre remise en doute puisqu’elle est scientifique et qu’elle a meme recu de nombreux prix nobel . Pourquoi meme la discuter entre ignares qui ne connaissent pas la langue scientifique

              Cependant, a y regarder un peu mieux vous verriez que ce mantra n’est pas une deduction logique, c’est l’axiome de base qui sert au développement déductif

              vous pourriez aussi remarquer que cette axiome est une bombe atomique sociale et que la théorie basée dessus ne sert qu’a lui donner de la puissance

              ou voir comme une évidence vérifiable tous les jours, au quotidien, le fait que la participation au bien commun ou le chacun pour soi est contextuel pour la plupart des gens . Imaginez un navire dans la tourmente et le capitaine qui crie « maintenant les gars c’est chacun pour soi », cela va t il pousser les matelots à se donner a fond pour sortir le bateau de la tempete ou a se battre pour les 4 gilets de sauvetages ??

              ou encore vous demander ce qui fait qu’une theorie est « scientifique » . Une theorie se voudrait aujourd’hui indiscutable si elle a été estampillée « scientifique », ce en quoi la science a pris le role normalement dévolu a la religion de dire la Vérité . Mais le crédit qu’à acquérit la science au cours des dernieres decennies est basée sur quelque chose que tout le monde peut vérifier : le fait de faire des prédictions qui se vérifient, l’empirisme . Vous en connaissez, vous, des economistes qui ont fait des théories qui se vérifient ??

              en bref, adhérer ou non a cette theorie est un choix et c’est une abdication en ce sens que c’est une theorie de l’impuissance populaire


            • Spartacus Spartacus 17 décembre 2018 15:17

              @sylvain
              Vous en connaissez, vous, des économistes qui ont fait des théories qui se vérifient ? ?

              Oui dans votre exemple.
              L’’intérêt général est la somme des intérêts individuels. Adam Smith

              Si tous les gens font tout pour sauver le bateau, ils y ont un intérêt (non-dit) supérieur que se battre pour un gilet. 
              Se battre pour un gilet, c’est risqué, on prend des coups, il n’y a pas de reconnaissance sociale ou on risque de perdre ses relations proches.

              Je comprend que les utopistes qui croient que l’intérêt général existe n’aime pas ce théoricien.. 
              Ce qui existe c’est seulement l’idée que certains se font de ce qu’est à leurs yeux l’intérêt général. Mais ce n’est pas l’intérêt général.


            • Arogavox 17 décembre 2018 11:54

              « en faveur d’un système soit de type féodal soit de type dictature idéologique »

              >>> manque d’imagination,

               ou plutôt d’inventivité, d’ambition et de volonté active pour tirer parti des avancées de l’art humain (somme colossale des efforts cumulés depuis l’aube de l’humanité pour dépasser une fatalité d’impuissance démentie par ... le fait que nous ne saurions maintenant redevenir des Cro Magnon ...

                 >>> une autre piste : « doléances Kdo » ...


              • Christian Labrune Christian Labrune 17 décembre 2018 13:13

                à l’auteur,

                Je vois qu’on n’en a pas fini avec le conspirationnisme !

                Ce qui est pratique avec la notion de mafia, c’est qu’elle suppose une organisation hiérarchisée et pyramidale, avec à sa tête un parrain tout-puissant. Le diable, en quelque sorte, gouverne le monde. C’est ce que pensaient déjà volontiers les hommes du moyen-âge formatés par l’eschatologie chrétienne. 

                Mais c’est qu’ils sont beaucoup trop nombreux à vouloir tirer les ficelles, avec plus ou moins de succès, et surtout plus ou moins de talent et d’intelligence. Notre monde ressemble surtout à un grand bordel où le hasard fait les rencontres et commande des convergences d’intérêts purement conjoncturelles. Ca m’étonnerait un peu que Boulogne-sur-Mer, par exemple, soit entièrement à la botte des francs-maçons, comme certaines bourgades de Sicile à celle de Cosa nostra ! Et pourquoi ne pas mettre des extraterrestres et même des reptiliens dans le coup, pendant que vous y êtes ?


                • François Pignon NEMO 17 décembre 2018 13:39

                  @Christian Labrune

                  Justement, vous ne croyez pas si bien dire : si notre monde « ressemble à un grand bordel » (c’est vous qui l’avez dit), il obéit alors à une structure en effet très hiérarchisée, car le monde de la prostitution ne rigoles pas. Demandez aux putains ukrainiennes ou maliennes ce qu’elles en pensent.
                  Les univers criminels les plus juteux, prostitution, drogues et pétrole,etc . sont contrôlés par des gens qui n’ont pas été formatés par l’eschatologie chrétienne mais font régner un ordre inflexible qui a tendance ces temps-ci à devenir plus puissant que celui des états. Des tribunaux privés constitués d’avocats d’affaires et baptisés « arbitrages » sont saisis par de très grosses compagnies pour faire à des états des procès... qu’ils gagnent. Les états paient des dédommagements à des bandits parce qu’ils les ont empêchés de racketter leur pays.


                • Odin Odin 17 décembre 2018 16:10

                  @Christian Labrune

                  « Mais c’est qu’ils sont beaucoup trop nombreux à vouloir tirer les ficelles, avec plus ou moins de succès, »

                  Vous trouvez qu’ils sont nombreux ?

                  BlackRock, State Street, Vanguard et Fidelity.

                  « avec à sa tête un parrain tout-puissant »

                  Je vous laisse chercher ce parrain ou pour être plus précis, cette dynastie dont le fondateur a décuplé sa fortune en 1815 smiley


                • Christian Labrune Christian Labrune 17 décembre 2018 22:24

                  si notre monde « ressemble à un grand bordel » (c’est vous qui l’avez dit), il obéit alors à une structure en effet très hiérarchisée

                  @NEMO

                  Quand on dit, familièrement, que « c’est le bordel », ce n’est pas en général pour caractériser un état des choses qui ressemblerait à celui d’une armée soumise à un commandement militaire. C’est une manière de dire que c’est le désordre, la pagaille. la confusion, chacun faisant dans son coin ce qui l’amuse. Si vous ne savez pas faire la différence entre le sens propre et le sens figuré, je ne peux pas grand chose pour vous.


                • Christian Labrune Christian Labrune 17 décembre 2018 22:41

                  Je vous laisse chercher ce parrain ou pour être plus précis, cette dynastie dont le fondateur a décuplé sa fortune en 1815 

                  ===========================

                  @Odin

                  Vous n’oseriez pas ressembler aux plus cons des gilets jaunes, qui n’hésiteraient pas, eux, à être plus explicites. C’est bien. La peur du ridicule, au fond, peut quelquefois être bonne conseillère.


                • SamAgora95 SamAgora95 17 décembre 2018 13:18

                  Bizarre les principaux membres de la mafia qui gouverne le monde et instaure le chaos depuis 30 ans ne sont pas sur la photo....en plus il y a un intrus (Poutine) qui ne correspond pas du tout au profil. 

                  Les gents sont tellement naïfs, qu’ils ne savent même pas qui sont leurs bourreaux. 

                  Voilà un exemple de photo crédible, il ne manque que les Américains (Bush, Obama etc..)

                  https://www.liberation.fr/planete/2015/01/11/des-chefs-d-etat-a-l-appel_1178638


                  • Zolko Zolko 17 décembre 2018 15:50

                    @SamAgora95 : https://www.liberation.fr/planete/2015/01/11/des-chefs-d-etat-a-l-appel_1178638

                    elle est super cette photo. Il y a la même scène prise d’un autre point de vue :

                    http://www.alterinfo.net/photo/art/grande/8799788-13922150.jpg?v=1452904505


                  • Christian Labrune Christian Labrune 17 décembre 2018 22:38

                    Bizarre les principaux membres de la mafia qui gouverne le monde et instaure le chaos depuis 30 ans ne sont pas sur la photo....en plus il y a un intrus (Poutine) qui ne correspond pas du tout au profil. 

                    ==============================
                    @SamAgora95

                    C’est vrai, ça : Poutine est un saint homme qui ne manque jamais de baiser les saintes reliques de l’église orthodoxe et de s’incliner profondément devant l’iconostase. Tout le monde a déjà pu voir ça : un vrai starets ! Je me demande bien ce que vient faire cette angélique créature du bon Dieu au milieu d’un tel bordel. C’est vraiment très incongru.


                  • SamAgora95 SamAgora95 18 décembre 2018 08:48

                    Qui a dit que Poutine était un ange ?

                    D’ailleurs heureusement que ce n’est pas le cas ! car sinon il aurait déjà disparu du paysage politique.

                    Poutine est en dehors du complot évident dont le but est d’instaurer une mondialisation forcée et sauvage à coût de rouleau compresseur, mondialisation qui nie les nations et donc la racine des peuples, la mondialisation est son pendant l’ultra libéralisme qui mènent à la mise en esclavage de l’écrasante majorité de l’humanité, mondialisation voulue et mise en oeuvre par un minuscule groupe de psychopathes, persuadés que c’est leur intelligence qui les a mené la où ils sont.


                  • Christian Labrune Christian Labrune 18 décembre 2018 14:24

                    @SamAgora95

                    Je suis effectivement très naïf, je le vois bien, et c’est vous qui avez raison. A la différence de beaucoup de chefs d’états complices de grands groupes industriels et de pouvoirs économiques dont ils ménagent les intérêts et les leurs aussi par voie de conséquence !-, Poutine conduit une politique totalement désintéressée, au service de l’intérêt général de la Russie et même du monde dans sa globalité. On l’aura toujours vu animé par de très hautes exigences politiques et morales.

                    Je n’en veux pour preuve que son soutien indéfectible à ce malheureux Bachar el-Assad, si injustement décrié partout, et son soutien aussi à la grande démocratie iranienne qu’il n’aura jamais eu la lâcheté de laisser tomber lorsqu’elle aura eu à faire face aux difficultés que s’ingénient diaboliquement à lui inventer des Trump ou des Nétanyahou. Très sincèrement ému par les ambitions légitimes d’un islam chiite qui désire épurer le monde, il fait tout ce qu’il peut pour aider à ce grand dessein, sans même regarder aux dépenses militaires, lesquelles sont pourtant considérable pour un pays qui n’a pourtant aucun bénéfice ultérieur à en escompter. Bref, c’est effectivement un idéaliste et un grand visionnaire.


                  • zygzornifle zygzornifle 17 décembre 2018 14:18

                    Snif il n’y a pas Carlos Ghosn  il est vrai que c’est quand même un minable et en plus il s’est fait gauler ....


                    • Decouz 17 décembre 2018 15:07

                      L’État profond est un concept politique, apparu en Turquie durant les années 1990, en lien avec l’affaire de Susurluk1,2.

                      Sa définition varie mais qui désigne le plus souvent la réunion d’un groupe de personnes au sein d’une entité informelle qui détient secrètement le pouvoir décisionnel de l’État, au-delà du pouvoir légal3. Elle est constituée soit par le noyau de la classe dominante, soit par des représentants d’intérêts au sein d’un État bureaucratique. C’est la composante la plus restreinte, la plus agissante et la plus secrète de l’establishment.

                      À partir de 2014, les travaux de Scott s’imposent parmi les spécialistes et dans les médias anglophones pour montrer la logique interne commune dans toutes les approches socio-historiques occidentales précédentes, et les origines historiques de la dérive...

                      Pour Rudy Reichstadt,si le concept peut être valable pour « rendre compte imparfaitement mais sûrement d’une partie bien tangible de la réalité dans le contexte de régimes semi-démocratiques ou autoritaires comme en Turquie et en Egypte », il serait plus difficilement applicable pour les démocraties libérales,

                      ers l’État profond américain depuis 1941...

                      Si l’on s’en tient à cette opinion, il relèverait alors d’une théorie du complot11...

                      Cependant les travaux de Scott ont démontré comment les Etats-Unis - parangon des démocraties libérales occidentales - censé garantir les libertés publiques fondamentales, et censé être doté de contre-pouvoirs efficaces, d’une presse pluraliste et d’un état de droit authentique, avait été peu à peu miné et dévoyé par l’État profond américain16. De plus, les chercheurs en sciences sociales ont montré de manière probante les différences fondamentales qui existent entre la recherche sur les Crimes d’État contre la Démocratie (SCAD) et la théorie du complot

                      https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tat_profond


                      • Christian Labrune Christian Labrune 17 décembre 2018 22:49

                        L’État profond est un concept politique, apparu en Turquie durant les années 1990, en lien avec l’affaire de Susurluk1,2.

                        =====================================
                        @Decouz

                        Le conspirationnisme n’est pas une chose nouvelle. La révolution de 89 a été précédée de grandes peurs délirantes que les historiens ont très bien étudiées, mais il n’y a pas si longtemps qu’on s’y trouve à nouveau confronté. Il y a trente ans, le phénomène était inexistant. Vous expliqueriez comment, cette résurgence de l’irrationnel le plus délirant ? Je serais tenté d’incriminer l’effondrement du niveau de culture générale, mais je suis pas conspirationniste et je ne pense jamais que les choses puissent s’expliquer par une cause unique.


                      • Alex Alex 17 décembre 2018 15:56

                        « L’invasion de l’Irak visait son pétrole »

                        Encore faudrait-il le prouver, et expliquer la coïncidence qui fait que sont curieusement visés les pays soutenant les Palestiniens...

                        Sinon, même si vous avez raison, en l’absence de preuves tangibles, votre article est en l’état un simple article d’opinion, donc tout à fait dans l’esprit de ce média.


                        • math math 18 décembre 2018 07:13
                          L’émergence de l’Etat mafieux ?...la mafia politique existe depuis des siècles..sinon des milliers d’années..Relisez l’histoire !

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