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Accueil du site > Actualités > Société > L’internationale financière

L’internationale financière

On attendait une internationale ouvrière et on a une internationale financière. Tous ceux qui continuent à vouloir penser dans les schémas des XIXème et XXème siècles ne comprennent pas ce qui se passe en ce moment, et d'une certaine façon nient l'Histoire.

Dans le temps où le président Macron disait comment il avait compris le désordre social de la France en annonçant une augmentation de 100 euro du SMIC, dont 80 euro étaient déjà actés... en même temps, le Sénat accordait par une loi des facilités pour sortir de l'argent du pays France. Sortir de l'argent de France pour ceux qui ont les moyens d'en sortir coûtera moins cher pour eux, et plus cher pour nous tous.

La question économico-politique de notre temps peut s'écrire, à mon sens, ainsi : Comment retenir les capitaux étrangers dans mon pays, afin que les investissements permis par ces capitaux, créent de la richesse et (donc ?) des emplois ? Il faut apparemment baisser le coût du capital pour les possédants, sans quoi, ils vont ailleurs. Moyennant quoi, les capitaux trouvent toujours un ailleurs où ils sont moins imposés et ils s'en vont quand même. Baisser l'imposition des capitaux en France, comme le fait, avec une force inégalée et excessive, l'actuel président, si elle relève d'une logique contestable moralement, mais théoriquement fonctionnelle conduit à l'échec malgré tout.

Il faudrait pour un dirigeant s'occuper faiblement de ces parcours monétaires dans le monde et qui passent par son pays parce qu'il n'y a aucune solution pour les contrarier efficacement, il n'y a aucun moyen de les influencer pour qu'ils se posent là ou ici.

De ce point de vue, le président Macron est vieux et applique une idéologie « livresque » du siècle précédent. Il n'a pas l'air bien préparé à comprendre ce genre de phénomène. Il n'a pas non plus été préparé à ce qu'on lui donne tort aussi vertement, avec des arguments raisonnants et aussi avec une affectivité négative intense. Il avait bien dit qu'il considérait que, depuis 30 ans, la France n'avait pas fait les réformes nécessaires parce que les gouvernements avaient cédé devant la rue et il a montré son inflexibilité personnelle, psychologique : « Ne tentez même pas ce coup-là » avait-il l'air de dire. Cependant, demander son départ est une inconséquence grave. D'abord, il y a peu de chance que cela se produise. Et dans le cas de probabilité si près de 0 où cela se produirait, quelle pourrait-être la campagne électorale ? de quels thèmes serait-elle composée, et quelles personnes, tellement plus intéressantes que Macron s'y présenteraient-elles ? N'a-t-on pas déjà eu ces débats et ces personnes ?

La question politique est devenue : « Quel degré de violences faut-il à Macron pour prendre une autre attitude, une attitude politique et non une attitude patronale ? »

Fait exceptionnel, Macron n'a pas d'opposition.

Les citoyens de gauche sont idéalistes et croient que la pensée fait plier le réel. Par conséquent pour eux, aucune politique n'est assez de gauche, puisque la politique, dans leur idée, ne dépend que de la volonté, il suffit de réclamer pour obtenir. Quand est en place un gouvernement de gauche, il faut continuer la lutte plus fort encore puisqu'il s'agit d'un gouvernement que l'on peut « mettre devant ses contradictions ». Les défaites illégitimes de la gauche commencent avec Jospin, en 2002. Bien qu'il n'ait pas démérité, il n'a pas pu être présent au second tour : dispersion des voix à gauche, et le thème récurrent de la gauche idéaliste : « tu n'es pas de gauche. » Hollande a connu bien pire, une opposition franche, cruelle et systématique au sein de son parti et un transfuge du PS, Mélenchon, qui est allé siphonner les voix de la gauche, sur le même sempiternel air « la vraie gauche, c'est moi »

Les déboires de la droite et son absence sont atypiques et conjoncturelles, une sorte de hasard, bien qu'elles tournent autour des « affaires », nombreuses à droite et que les responsables de droite, d'une manière générale tiennent tête avec, parfois, une mauvaise foi aussi grosse que la bosse de Polichinelle. La vitesse d'exécution de la justice avec Fillon est d'une rareté exceptionnelle.

Qu'est-il changé de cette situation depuis 18 mois ? Pas grand chose. Donc Macron reste sans opposition et le resterait dans des élections.

S'ajoute une attaque terroriste liée à l'islamisme.

Macron ayant réduit les gilets jaunes à la question de « l'inacceptable violence », se trouve face à deux systèmes de violence sans aucun rapport entre elles.

Le système social est illisible, l'élection de Macron est un effet de cette effacement des lignes de construction de la société et de notre incompréhension de nous-mêmes qui nous caractérise et les oppositions qu'il rencontre aussi.

Comment s'en sortir, comment refaire société, divisée, certes, mais avec un récit suffisamment partagé pour servir de cadre aux débats conflictuels internes ? Nous devons d'abord prendre en compte cette réalité de l'anomie qui nous constitue.


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4 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 14 décembre 2018 10:35

    À quand « l’Internationale Financière Prolétarienne » ?...

    DE L’HUMANISME ABSOLU ET ULTRA CAPITALISTE.

    Au
    Revenu Universel financé par la Fiscalitésans Refondation du Capitalisme
    on peut préférer le
    Dividende Universel financé par l’Épargneavec Refondation du Capitalisme

    Nota Bene :
    Il est recommandé d’ouvrir les url ci-dessous en les copiant ici pour les ouvrir directement dans votre moteur de recherche ou dans mon blog « Sincerites.org » car, sinon, il est possible que des url différentes ouvrent exactement le même texte. Veuillez excuser ce désagrément dû à AgoraVox.

    1)


    • julius 1ER 14 décembre 2018 10:57

      Comment s’en sortir, comment refaire société, divisée, certes, mais avec un récit suffisamment partagé pour servir de cadre aux débats conflictuels internes ? Nous devons d’abord prendre en compte cette réalité de l’anomie qui nous constitue.

      @l’auteur, 

      bon article qui pose de nombreuses questions auxquelles il est difficile de répondre tant elles sont complexes et contradictoires .... et surtout appelle d’autres questions !!!!

      alors pour démêler cet écheveau il faut essayer différentes hypothèses ...

      la première selon la thèse de JM Jancovici c’est que la croissance est liée à l’énergie donc sans énergie pas de croissance .....

      donc pour avoir une énergie abondante et bon marché il faut multiplier les sources d’énergies et surtout qu’elles ne soient pas contrôlées par des actionnaires cupides donc on doit revenir à un monopole publique de l’énergie .... même prix partout c’est le principe de la péréquation ..... mais surtout cela implique de nationaliser massivement... et le secteur de l’énergie et le secteur bancaire qui est son instrument indispensable pour mener à bien cette tâche !!!

      une fois que l’on a raisonné comme cela, on peut juste constater que l’on est aux antipodes de ces théories car dans la pratique tout est en mesure d’être privatisé c’est le dogme Reagano/Thatcherien initié par les Chicago’s boys de l’Ecole Friedman et dans lequel on est plus que jamais empêtré ..... 

      rien qu’à voir tous les chroniqueurs qui viennent nous raconter que seuls les privatisations sont sources d’emplois et de croissances exponentielles ??????

      lorsque l’on prend l’exemple du secteur bancaire responsable de la Crise de 2007/8 et de ce que faisait Leman/brothers pour sa propre croissance, on mesure bien que l’on va dans le mur en appliquant ces dogmes ..... mais Leman/brothers ce n’est pas les banques me direz-vous ????? 

      sauf que toutes les banques ont eu des actifs pourris .....que et la Fed et la BCE (et je ne parle pas des autres organismes financiers ) ont épongé en usant du quantitative easing pendant plus d’une décennie .....

      bien sûr au détriment de la croissance réelle de l’économie et de l’amélioration des niveaux de vie pour la plupart d’entre nous ????????

      alors ici et maintenant les Gj’s ....combien de divisions ?????pour refaire basculer l’économie vers des lendemains qui chantent ??????


      • JL JL 14 décembre 2018 14:31

        La différence entre le capitalisme et le néo-libéralisme qui est l’autre nom du capitalisme financer, c’est que si les deux systèmes sont farouchement opposés à la taxation du Capital (cf. le retrait de l’ISF), seul le néo-libéralisme est opposé à la taxation des revenus.

         

        Ne reste plus alors que la taxation de la consommation, dernier rempart avant la somalisation du monde.

         

        Nous avons réussi à associer les pires aspects du capitalisme et du socialisme. En France dans les années 1980, les socialistes ont pris le contrôle des banques. Aux États-Unis dans les années 2000, les banques ont pris le contrôle du gouvernement. C’est surréaliste.

         

        Dix principes pour préserver le monde des cygnes noirs, par Nassim Nicholas Taleb

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