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Accueil du site > Actualités > Société > “La Caste” ou les croisés de la pensée unique

“La Caste” ou les croisés de la pensée unique

Début septembre 2018, parait “La Caste” de Laurent Mauduit, journaliste et co-fondateur de Médiapart. Celui-ci revient sur l’accession au pouvoir d’une élite formée par l’ENA, celle qui su profiter des privatisations des années 80-90 et qui se spécialise aujourd’hui dans les pantouflages et rétro-pantouflages. Celle-là même qui a propulsé l’un des leurs jusqu’au pinacle de l’État français et chargé d’appliquer froidement les directives européennes. "Enquête sur cette haute fonction publique qui a pris le pouvoir".

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L’Étrange Défaite

Ce livre se situe sous le haut patronage d’un historien républicain assassiné en juin 1944 par la Gestapo, Marc Bloch. Celui-ci, dans la débâcle de la « Blitzkrieg » de 1940 avait publié « L’Étrange Défaite », dans lequel il démontrait qu’il s’agissait moins d’une victoire allemande que d’une faillite des « élites militaires, mais aussi des élites publiques  ». Celles là « qui en réalité s’étaient déjà rangées du côté des vainqueurs avant même qu’ils n’occupent la France » et qui collaboreront au régime de Vichy.

 

Cette défaite, fait miroir à la politique néolibérale à l’échelle européenne. Moins d’État ! Plus de marché ! C’est la victoire de l’école de Chicago de Friedman et Hayek sur le capitalisme rhénan (ou économie sociale de marché).

 

D’autres références historiques appuient le récit de cette caste, parmi eux : Victor Hugo et Karl Marx. Durant le Second Empire, ces deux auteurs ont publié deux critiques acérées contre « Napoléon le Petit » et son « 18 Brumaire » de 1851. Mauduit, relie cette figure à celle d’Emmanuel Macron hissé au pouvoir par les élites contre le peuple, usant par la suite de son autorité pour mieux livrer le pays au libéralisme financier et qui s’humiliera lors de sa capture à Sedan en 1870.

L’auteur pastiche Hugo, en qualifiant Macron d’«  Emmanuel le Petit  » et ses nombreux soutiens scandant « Vive Macron ! Vive les stock-options » en reflet au « Vive Napoléon ! Vive le saucisson ! » chez Marx.

 

D’autres références montrent que dans le temps long, cette élite, unique à la France, ne date pas d’hier et à même ses fondements dans l’Ancien Régime. S’agit-il d’une trahison des idéaux de la Révolution ? Pour Mauduit, il s’agit plutôt d’une sécession entre la haute administration et la France. Celle-ci niant le « coup d’État permanent », cher à François Mitterrand, dont la France fait l’objet.

 

Chassés-croisés dans la haute administration

Le corps d’État qui représente le mieux cette « caste » est l’Inspection Générale des Finances (IGF) constitué en 1808 sous le Premier Empire. Ses membres ont compris très tôt l’intérêt de naviguer entre public et privé en mettant à profit leurs connaissances des institutions. Autrement dit, le pantouflage est une pratique ancienne.

Dans une époque plus récente, après la libération, un grand nombres d’établissement bancaires ou industriels se verront nationalisés pour assurer une croissance organique à l’État français. Cette période des Trente glorieuses s’achèvera par la privatisation de ces géants nationaux.

 

D’abord dans le monde de la finance avec des groupes comme la Société Générale, la BNP ou la Caisse d’Épargne, puis dans les services publics comme pour EDF, GDF ou la Compagnie des Eaux. Ce détricotage minutieux sera orchestré par des énarques qui occuperont par la suite le poste de directeur de ces sociétés privées ; pour le plus grand bonheur des investisseurs étrangers et des retombées économiques pour les intéressés.

On peut citer des noms comme : Daniel Bouton (Société Générale), Michel Pébereau (BNP), François Pérol (BPCE), Gérard Mestrallet (Engie, ex-GDF-Suez) ou Alexandre Bompard (Carrefour).

Les exemples sont trop nombreux pour être cités, tel la gabegie de ces serviteurs de l’état est énorme.

 

On voit également s’activer en tâche de fond des Necker modernes, tel Alain Minc, Matthieu Pigasse ou Jacques Attali. Conseillant l’État et les groupes privés au gré des appétits financiers.

Bien entendu, ces privatisations bénéficieront à cette caste qui remerciera convenablement les salariés. Car, qui dit capitalisme anglo-saxon dit négation des aspects sociaux, jusqu’à arriver à des « rupture de contrat à l’amiable » et des « plans de départs volontaires ».

 

Dans cette sphère on trouvera également d’autres énarques qui rejoindront l’Élysée pour mieux capitaliser sur leurs carnets d’adresse par la suite.

Ainsi, Jean-François Cirelli, ancien conseiller économique de Jacques Chirac qui est aujourd’hui à la tête de la filiale française de la multinationale des multinationales : le fonds d’investissement Blackrock. Si vous n’êtes pas familier avec le CAC 40, ce nom ne vous dira rien. Ce groupe américain est un véritable état privé qui possède des participations partout dans le monde, y compris dans de nombreux groupes français. Citons simplement un chiffre : 6 000 milliards de dollars, c’est que le fonds possède en gestion d’actifs en 2017.

 

Autre profil, celui de Jean-Jacques Barberis, ce trentenaire qui a également été conseiller économique, sous François Hollande. Celui-ci après le départ de son « parrain » Emmanuel Macron, rejoindra le groupe Amundi, qui est également une société de gestion d’actifs né de la fusion des branches d’asset management du Crédit Agricole et de la Société Générale. Celle-ci est plus modeste avec « seulement » 1 400 milliard d’euros d’actifs ( 1 600 milliard de dollars).

Autre détail d’importance, ce fringant ami de la finance est aujourd’hui à la tête du groupe de réflexion « En Temps Réel », que nous avons lié aux Gracques par ses porosités nombreuses.

Blackrock et Amundi pourront profiter de la loi Pacte, qui si elle est actée, ouvrira l’accès au régime d’épargne retraite à ces fonds d’investissement. Une réelle aubaine qu’une loi sur-mesure pour ces acteurs.

 

Un vrai personnage, Bruno Bézard, ancien directeur du Trésor, a totalement quitté la fonction publique, pour dit-il : « ouvrir une nouvelle page de [sa] vie ». Il rejoint ainsi le fonds d’investissement franco-chinois Cathay Private Equity, qu’il a bien connu, puisqu’il était en tant que directeur du Trésor, au comité exécutif de la Caisse des Dépôts et consignations, qui par le biais de la BPI a injecté depuis 2011 plus de 250 millions d’euros à parité avec l’État chinois.

Ironie s’il en est, cet état que l’OMC n’inclus pas dans l’économie de marché, est pourtant un partenaire privilégié par l’élite française. Qui plus est lorsque ce fonds, respecte les us et coutumes du monde des affaires avec une adresse fiscale aux îles Caïmans !

 

Une nuée d’activistes néolibéraux

Deux autres profils ont la vedette dans ce livre : François Villeroy de Galhau et Eric Lombard (que nous avions présentés dans ce précédent billet : La Caisse, la Planche à Billets et le Plan). Mauduit souligne également la dérive de ces activistes qui représente bien plus les intérêts de la finance que l’intérêt général.

Cela génère des conflits d’intérêts à grande échelle que ce soit dans le monde bancaire (Villeroy ex-directeur de la BNP-Paribas) et de l’assurance (Lombard ex-directeur de Générali France, repère de feu Antoine Bernheim, ex-commis de Vincent Bolloré).

C’est cette « société civile » que Macron aime voir à la tête d’institutions aussi puissantes que la Banque de France et la Caisse des Dépôts et Consignations. Celle-là même qu’il débauchera pour élaborer son rapport Attali intitulé CAP 22. On en parle peu dans les médias, pourquoi ?

 

Un autre acteur de la pensée unique, passé par la fondation Saint-Simon (dont d’anciens membres font ou ont fait partis des Gracques), Denis Olivenne. Celui-ci chante les louanges de la réduction des « charges sociales » dans une note intitulée « La préférence française pour le chômage » (publié dans Le Débat en 1994). Cette note soutient, par un raisonnement capillotracté, que le chômage est dû aux salaires trop élevés en France. Cette note sera néanmoins reprise dans un rapport d’Alain Minc sur « La France de l’an 2000 », où il émet ds recommandations sur la politique de rigueur à tenir : « La société française a fait (…) le choix du chômage (…). La commission pense que le coût salarial par tête (…) doit augmenter moins vite que la productivité ». D’où la désindexation du SMIC sur l’inflation, qui est une « solution raisonnable » pour le rapporteur.

 

On retrouve également un autre protagoniste également traité dans nos précédents billets : Jean-Pierre Jouyet, cet « être à l’échine souple », organisé « élastiquement pour passer par tous les trous » (Duranty). Son parcours inspire à Mauduit une réplique du film « Le Guépard » adapté du roman du même nom par Visconti (1963) : « Il faut que tout change pour que rien ne change ». Ce raisonnement sera appliqué par son élève à l'Elysée.

 

En filigrane de cet ouvrage, on retrouve ainsi ce milieu d’affaires parisien public/privé qui a poussé le candidat Macron jusqu’à s’afficher à la Rotonde au soir du premier tour. Celui qui a été généré par une pensée unique ultralibérale, allant jusqu’à justifier la caricature du Macron-Thatcher.

Cette pensée, c’est le fameux TINA : There Is No Alternative. Il n’y pas d’alternatives, seule la société de marchés appuyés sur la croissance peut nous mener vers la Providence. On ne vit plus « de la main à la bouche » (Weber), mais « on vit pour travailler » (Zizendorf). Cet « esprit du capitalisme » est incarné par ces cénacles de « mâles blanc » de plus de 50 ans qui noient toutes choses « dans les eaux glacées du calcul égoïste » (Marx,Engels).

 

 

Des euros dans le cerveau

Emmanuel Macron est le chantre du néolibéralisme, pourtant en terme de libéralisme politique celui-ci fait plutôt montre de bonapartisme et de présidentialisme. Celui qui se voulait le héraut de la « start-up nation » aurait pu exercer le pouvoir avec plus d’horizontalité, mais il assume totalement sa verticalité.

Il va même jusqu’à réhabiliter tous les symboles de l’Ancien Régime : son intronisation dans la cours du Louvre (résidence royale entre le XIVe et XVIIe siècle), le château de Chambord loué pour son 40ème anniversaire (symbole de la Renaissance), le château de Versailles pour les sommets internationaux (résidence royale entre le XVIIe siècle et la Révolution). En bref : « Le roi est mort, vive le roi ! ».

 

Même Pierre Rosanvallon (ancien membre de la fondation Saint-Simon) critique cet exercice du pouvoir, qualifiant Macron ainsi : « il est la version la plus élégante du populisme » et « il croit au mouvement qui conjugue une certaine horizontalité et une verticalité très forte » (France Culture, 26 février 2018). Tout est dit.

 

La conclusion de l’ouvrage de Laurent Mauduit s’achève sur un constat amer : le débat autour de la dérive oligarchique (et monarchique) du pouvoir est peu apprécié par la caste. Celle-ci use (et abuse) d’arguments réduisant cette critique au complotisme ou bien au populisme. Les médias, qui représentent les intérêts de cette caste sont les relais de cette reductio ad complotum, preuve en est, les entretiens de Mauduit sur RMC (Grand Oral des GG, 5 septembre 2018) et France Inter (L'invité du week-end, 8 septembre 2018).

Pour lui l’urgence est pourtant bien d’ouvrir le débat sur cette oligarchie qui déboucherai sur une « grande refondation démocratique  ».

Laurent Mauduit, donne des pistes pour mener à bien ce chantier d’envergure : refonte des politiques publiques s’appuyant sur une VIe République, suppression de l’ENA et recrutement sur le modèle de l’École de Guerre.

Ironie : c’est même un des soutiens (certe tardif) de Macron qui donne certaines pistes de réflexion, François Bayrou.

 

Au final, ce livre est un outil pour comprendre d'où vient cette caste et ses dérives. Il s’inscrit en droite ligne de nos précédents billets : La France est divisée entre une élite qui se dit bien pensante et le peuple qui ne peut plus les entendre. Cette sécession en dit long sur ce pays qui se voit toujours comme l’incarnation de la pensée des Lumières. Abstention massive, augmentation des inégalités, usage massif de la force (1er mai, ZAD, migrants), remise en cause de la presse...

Ainsi, ceux qui osent critiquer la caste au pouvoir sont des « idéalistes » qui n’ont pas le sens des « réalités ».

 

Le Président Macron s’exprimait le 31 août en Conseil des ministres en ces termes : « Nicolas Hulot portait des idéaux, mais quand ceux-ci se heurtent à la réalité, il faut chercher des compromis. Le sens du collectif est important. » et « Je ne voudrais pas que ce départ laisse penser qu’il y a ceux qui ont des idées et sont dans le vrai et ceux qui agissent et sont dans le faux. Non il y a ceux qui parlent et ceux qui font. Nous, nous agissons. L’idéologie, c’est bien, mais il y a la réalité » (Le Canard enchaîné, 5 septembre 2018).

 

C'est un appel : Tous ensemble, agissons ici et maintenant pour se passer de cette oligarchie.


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49 réactions à cet article    


  • bob14 9 septembre 10:33

    Article très intéressant et très complet sur ce système en gouvernance en France...mais attention le reste du monde se trouve dans la même situation avec d’autres « ENA » pour symboliser la MAFIA politique de la planète...


    • Christ Roi Christ Roi 9 septembre 20:32

      Attention. Ce monsieur est un américano-trotskiste à la solde de qui vous savez. Son but en France est de détruire notre pays. Il faut veiller à s’écarter et surtout ne pas lire ce traitre répugnant. smiley


    • alberto alberto 11 septembre 10:06

      @Christ Roi : Oui ! Et devant de telles provocations, on en vient à regretter l’abolition de la peine de mort... :->


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 11 septembre 17:32

      @bob14


      « ... attention, le reste du monde se trouve dans la même situation. »

      Evidemment. Le livre dit VRAI ; croyiez-vous que le probleme pouvait ne pas etre planétaire ? Achetez vite un exemplaire, cachez-le, et léguez-le a vos enfants, pour qu’ils puissent un jour s’y retrouver dans ce qui a été notre époque. Faites-vite, car des des milliers de voix, dans tous les médias, sont a créer jours après jour une autre « réalité » qui, avec l’appui du pouvoir d’aujourd"hui et celui de demain. deviendra l’Histoire qu’on leur enseignera. Relisez Orwell.

      PJCA





    • Clocel Clocel 9 septembre 10:34
      La marque de fabrique de Médiapart, l’enfonçage des portes ouvertes...

      Le livre serait sûrement utile si les zombies s’intéressaient à la lecture...

      Hélas...

      • malitourne malitourne 9 septembre 10:40

        Et que propose Mauduit pour changer tout ça ? Rien


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 11 septembre 17:51

          @malitourne




          « Et que propose Mauduit pour changer tout ça ? Rien »


          Rien ne peut être ORGANISÉ pour « CHANGER TOUT ÇA ». Le système actuel s’effondrera quand une majorité effective des individus, en prenant conscience de sa malfaisance, chacun pour soi, sans mot-d’ordre, spontanément et sans y chercher leur profit personnel ni vouloir y substier leur propre marotte, choisiront de tout faire pour le détruire, RÉFLÉCHISSEZ.

          PJCA

        • Raymond75 9 septembre 10:57
          Oui, ce fut l’échec de ma génération. Nous avions cru, jeunes, pouvoir changer le monde, et pas seulement en France ... Mais cette caste, en France et partout dans le monde dit ’développé’ a réussi à s’infiltrer et à tout paralyser à son profit.

          Nous n’avons pas été naïfs, et ce livre n’est pas le premier à dénoncer cela, mais nous n’avons pas pu actionner les leviers du pouvoir. Les politiques, de droite comme de gauche, sont totalement asservis au court terme, entre deux élections : des politiques, mais pas des hommes d’État. Et ils ont utilisé à leur profit la Commission Européenne, en lui faisant porter le chapeau.

          La démission de Nicolas Hulot a eu au moins ce mérite : montrer de façon éclatante que ce sont les lobbies qui sont au pouvoir, quels que soient le résultat des élections.

          "Ainsi, ceux qui osent critiquer la caste au pouvoir sont des « idéalistes » qui n’ont pas le sens des « réalités » ; dommage qu’ils ne proposent pas de pistes pour changer cela. Critiquer sans apporter de solution ne sert à rien.

          • Clocel Clocel 9 septembre 11:02
            @Raymond75

            La démission de Hulot, c’est un lobbyiste assassiné par d’autres lobbyistes, on va quand même pas porter le deuil !?

            Don’t worry, les loups ne se bouffent pas entre eux...

          • Festivus Festivus 10 septembre 01:49

            @Raymond75
            C’est quoi votre génération d’échec ?


          • Raymond75 10 septembre 09:32

            @Festivus


            Celle qui fut jeune dans les années 70, qui a vécu toute sa vie d’adulte avec le chômage de masse, qui avait compris la nature de notre société, et n’a rien pu faire pour modifier le cours des choses (et ce n’est pas faute d’avoir essayé) ...

          • bébert 9 septembre 11:03

            Cet adepte de Mr Plenel , dénonce les dérives financières des divers pouvoirs en place depuis des décennies , et dont les socialistes ont été les champions toute catégorie pour soutenir les privatisations et en faire profiter la finance , en quelque sorte il en est lui aussi complice. Quant on sait d’où vient Plenel et ce monsieur , on ne peut que rire jaune de leurs commentaires sur la vie politique et économique de ce pays. Eux aussi sont de petits collabos du système , pour maintenir leurs privilèges d’écrivaillons et bien vivre de celui ci.


            • Attilax Attilax 9 septembre 11:09
              Bel article auquel j’adhère totalement.
              Mais si l’analyse est juste, la solution est absente : concrètement, comment faire pour se débarrasser d’eux ?
              Tout est verrouillé et les gens ne me paraissent pas près à se battre, même s’ils gueulent tous. De plus, une majorité ne remet pas en cause le système représentatif, et les clivages idéologiques empêchent une action commune, la gauche et la droite se haïssant encore plus qu’ils ne haïssent le pouvoir en place.... C’est pas gagné.

              • Chourave Joker 9 septembre 11:24

                « agissons ici et maintenant pour se passer de cette oligarchie. »


                autres propositions :

                - armons-nous et partez !
                - y’a qu’à, faut qu’on !
                - ici, demain, on rase gratis !
                - Papa, c’est loin l’Amérique ? Tais-toi et nage !

                etc, etc...

                cette oligarchie est le symptômes d’une maladie, elle n’est pas la maladie ! 
                vous pouvez toujours faire tomber la fièvre ou calmer la douleur avec les médicaments appropriés, ça n’empêchera pas votre cancer de se développer

                un diagnotic n’est qu’une étape
                un traitement demande un pronostic, une stratégie et des moyens

                • gnozd 9 septembre 21:37
                  @Joker

                  Et donc ?

                • Chourave Joker 9 septembre 23:01

                  @gnozd

                  et donc, on aimerait savoir ce qu’on fait après

                • Attilax Attilax 10 septembre 14:29

                  @Joker


                  Oui, c’est tout le problème. Comment s’y prend-on pour changer un système totalement verrouillé dont la plupart des victimes sont à moitié consentantes ?


                • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 9 septembre 11:48

                  Pour la liberté d’expression. Contre la liberté d’excrétion. 9-9-9 (1+8 =9). Ne nous trompons plus de canal. Le Canard doit choisir le bon canal pour s’exprimer et pondre le bon article. Les oeufs ne sont pas en contact avec le cloaque. Depuis l’infundibulum jusqu’à la glande à coquille, l’oeuf a progressé avec la pointe en premier. Dès que la coquille est formée, l’oeuf va être retourné de 180° dans la glande à coquille. Il terminera sa course vers la sortie avec le gros bout en premier.

                  De la glande à coquille, l’oeuf passe dans le vagin (partie 5 de la photo). Au moment de la ponte, le vagin s’étire vers l’extérieur afin que l’oeuf ne soit pas en contact avec les déjections du cloaque. Pour Freud le cloaque se situait bien du côté de la partie qui sent les égoûts,....Quand le vagin est dominé par le cloaque, ne vous étonnez pas de sombrer dans la merde,....


                  • JL JL 9 septembre 11:55

                    De gauche à droite, de droite à gauche, les élites françaises sont pétainistes. Pétainistes un jour, pétainistes toujours.

                     
                     « Le démantèlement des acquis sociaux, le fait que les riches paient moins d’impôts, qu’on privatise de façon rampante l’université, qu’on donne les coudées franches aux affairistes. Cette façon de déguiser une soumission au capitalisme mondialisé en révolution nationale relève en soi du « pétainisme », au sens formel. » ( Alain Badiou )
                     
                     L’avantage du centrisme, c’est que les masques tombent, pour révéler le vrai clivage qui est entre le peuple et ses élites. Pour cela, merci à l’amnésie de la classe politique qui nous a amené Macron, le fossoyeur de la « politique du patineur » - un pas à droite, un pas à gauche - Macron, le roi du « En même temps ».

                    • Alex Alex 9 septembre 13:19
                      « raisonnement capillotracté : le chômage dû aux salaires trop élevés en France. »
                      Ben oui ! Dans l’optique de ces malfrats, quand le smic sera au niveau de celui du Bangladesh, ils pourront rapatrier des usines et n’auront plus à payer les transports et intermédiaires : tout bénéf pour eux,... sauf si leur tête se trouve en haut d’une pique...
                       
                      « cénacles de « mâles blanc » de plus de 50 ans »
                      Là, je ne suis plus d’accord ; Avox est rempli de personnes ayant ce profil, sans qu’ils puissent être accusés des mêmes turpitudes (à part 2 ou 3). Et ce genre d’expression est prononcé par des individus que j’exècre.

                      • JC_Lavau JC_Lavau 9 septembre 13:46

                        Inversement, quand on lit la guerre des farines, provoquée par l’incapacité de Turgot à anticiper la spéculation à la rareté, on conclut que l’administration royale de 1775 était bien trop légère, non structurée pour planifier et mesurer.


                        Administration beaucoup plus lourde nos jours, mais toujours incapable de lutter contre la corruption, et incapable de déceler les sources des dysfonctionnements, les erreurs de base.

                        • Chourave Joker 9 septembre 16:09

                          « incapable de lutter contre la corruption, et incapable de déceler les sources des dysfonctionnements, les erreurs de base. »


                          c’est comme si vous demandiez à Don Vito Corleone de s’engager chez les carabiniers ou à François Pignon de corriger les épreuves de physique au concours d’entrée à Polytechnique.

                          • Le421 Le421 9 septembre 16:41
                            Blackrock et Amundi pourront profiter de la loi Pacte, qui si elle est actée, ouvrira l’accès au régime d’épargne retraite à ces fonds d’investissement

                            Blackrock a ses entrées particulières directement à l’Elyzée.
                            Donc.
                            C’est comme si c’était fait.
                            Reste plus qu’à attendre une nouvelles crise genre subprimes et hop !!
                            Le hold-up sera fait.
                            Dans les règles en plus !!


                            • samy Levrai samy Levrai 9 septembre 16:51

                              Inversion des rôles, « 100 » ne semble pas suffisant quand on voit les resultats faussés d’une mauvaise cogitation... la chasse aux exécutants semble être un sport partagé par tous les enfumeurs ( souvent europeistes...)...

                              qui présente les politiques à élire aux français ? 
                              qui possède les médias ? 
                              qui dirige la France ? 
                              A qui sont les politiques redevables de leur élection ?

                              A aucune question, la reponse est ENA... de qui se moque t on du coup ?


                              • Chourave Joker 9 septembre 16:59

                                @samy Levrai


                                absolument d’accord
                                le symptôme n’est pas la maladie
                                vous semblez faire un meilleur diagnostic que les 100, mais je ne vois aucun traitement ni remède dans votre commentaire et le cancer risque de se dévrlopper
                                certains pensent qu’il suffit d’attendre et que nous serions en phase finale
                                sauf que la suppression de la cause n’est pas non plus une solution en soi : si vous abattez un arbre pour supprimer le gui qui le parasite, ça ne rendra service ni aux feuiles, ni aux branches, ni aux racines
                                il faut aller chercher le gui et surtout empêcher qu’il ne revienne

                              • samy Levrai samy Levrai 9 septembre 17:36

                                @Joker

                                 c’est une dure lutte

                              • samy Levrai samy Levrai 9 septembre 17:41

                                @Joker
                                Je suis UPR, les analyses et les solutions qu’offrent sont bien meilleures, mais nous ne sommes qu’un mouvement de liberation nationale, nous connaissons les causes , nous savons rétablir la democratie mais nous n’avons pas vocation à gouverner à long terme.


                              • Chourave Joker 9 septembre 18:10

                                @samy Levrai

                                « L’ennemi, c’est celui qui vous hait et veut vous détruire, l’adversaire, c’est celui qui vous aime et veut vous transformer. Les démocraties cultivent leurs ennemis ; elles liquident leurs adversaires. »

                                Jean-Christophe Rufin

                                Globalia, Ed. Folio

                              • samy Levrai samy Levrai 9 septembre 18:18

                                @Joker
                                Heureusement nous ne sommes plus en democratie, j’aurais trop peur sinon ! L’Empire n’a que des vassaux .


                              • Areole 9 septembre 21:02

                                @samy Levrai


                                C’est vrai, Il faut toujours secouer les mites de tes habits

                              • Chourave Joker 9 septembre 23:11

                                @Areole

                                des habits en pure soie de Chine ?

                              • Areole 10 septembre 09:40

                                @Joker
                                Surtout d’une Chine qui se lève à la vue des Nippons


                              • samy Levrai samy Levrai 10 septembre 10:47

                                @Areole
                                Ne pas y arriver à pied de par là.


                              • franc tireur 9 septembre 16:54
                                Si on regarde bien l’histoire de France les élites francaises ont toujours été anti patriotiques et tentées par l’etranger .Elle n’a du son salut qu’a l’influence de grands personnages , Jeanne d’Arc,St Louis,Francois I etc..jusqu’a De Gaulle.C’est attristant mais la réalité, il y a ce mal francais qui perdure au cours des siècles.
                                Et puisqu’on parle de l’ENA :

                                L’ancienne directrice de l’ENA, Marie Francois Bechtel ,députée de l’Aisne apparentée au groupe socialiste, livre ici un regard très critique sur le rapport des classes dirigeantes françaises à notre nation. De sa fréquentation des politiques à celle des élèves des grandes écoles, Marie-Françoise Bechtel a rapporté de nombreuses anecdotes édifiantes.

                                interview par médiapart 2014 : extraits

                                " C’est une idée qui me poursuit depuis assez longtemps. Je me souviens l’avoir soutenue pour la première fois dans un entretien accordé à Joseph Macé-Scaron dans le Figaro fin 2000. Je lui avais dit que j’étais très frappée de voir à quel point les élites britanniques étaient fières de leur nation. Aujourd’hui, pour moi, c’est plus que jamais un constat absolu et évident. Les élites françaises ont honte de la France, ce qui n’empêche qu’elles peuvent avoir un comportement extrêmement arrogant, même si cela peut paraître paradoxal. Je cite souvent l’exemple de Jean-Marie Messier. Ce pur produit des élites françaises avait qualifié les Etats-Unis de « vraie patrie des hommes d’affaires », et ce, juste avant de s’y installer. Ici, le propos est chimiquement pur. Toutes les élites ne sont pas aussi claires, mais beaucoup n’en pensent pas moins.

                                .....il est intéressant aussi de se demander quand ce mépris de la nation a commencé à se développer chez nos élites. Je pense qu’une réponse se trouve dans les écrits de Jean-Pierre Chevènement. Il a pour la première fois, me semble-t-il, abordé cette question dans la République contre les bien-pensants, dans les années 90, il l’a ensuite développée dans La France est-elle finie ? En substance, il démontre que cette haine de la France et du peuple date de l’immédiat après-guerre, et je partage cette idée. Je pense que les élites ont trahi le peuple, qu’elles se sont compromises avec le régime de Vichy et qu’elles portent sur leur dos la défaite de 1939, « l’étrange défaite ».

                                ...
                                Généralement, les hauts fonctionnaires partagent l’idéal européiste angélique et vertueux. Ils ont tous appris que « l’Europe est notre avenir ». Sur ce sujet, leur esprit critique est assez peu développé. Ils pensent tous que la France est une affaire dépassée.

                                ...
                                Les gens du Trésor sont toute la journée dans l’avion, un jour à Singapour, le lendemain à New York, pour placer l’argent public. Ils pensent en anglais. Au bout d’un certain temps, ils ne connaissent plus la France, c’est juste leur employeur. L’autre administration de Bercy qui compte, c’est le Budget, et cette direction serait plutôt gangrenée par l’idéologie allemande, si j’ose dire. Elle est devenue obsédée par l’équilibre budgétaire.

                                ...Le deuxième élément que le grand public ignore souvent, c’est que l’ENA fonctionne comme une école d’application de Sciences-Po. Car, ne nous trompons pas, c’est Sciences-Po, la grande école. C’est là que les étudiants sont formés, voire déformés. Or Sciences-Po est devenue « l’école du marché », selon les termes mêmes de Richard Descoings, qui a reformaté cette école. Cet homme, à la fois très intelligent et très dangereux, était persuadé que le marché était la loi et que la loi était le marché. Il n’avait d’ailleurs pas vu venir la crise. "


                                • Chourave Joker 9 septembre 17:04

                                  @franc tireur

                                  Ambroise Croizat (député) et Pierre Laroque (haut-fonctionnaire), ont mis en place la Sécurité Sociale.

                                  Pour vous, étaient-ils l’« élite » ou « de grands personnages » ?

                                • franc tireur 9 septembre 17:17

                                  @Joker


                                  Ca n’est pas la peine de selectionner des cas ici et la , il y a forcement eu des élites « positives » a différentes périodes de notre histoire , la France ne se dirige pas toute seule il faut une armée de hauts fonctionnaires derrière soi

                                • Chourave Joker 9 septembre 17:54

                                  @franc tireur

                                  donc, les élites françaises n’ont pas toujours été anti-patriotiques, cqfd...

                                • GHEDIA Aziz GHEDIA Aziz 9 septembre 19:34

                                  La situation décrite ici se trouve même dans certains pays encore sous développés et non encore bien introduits dans l’économie de marché tels que l’Algérie par exemple. Il y a une caste qui gouverne soi-disant au nom du peuple, mais qui, en réalité, est loin des préoccupations du peuple.


                                  • Citoyen de base 9 septembre 22:52
                                    Je suis en train de lire « La stratégie du choc » de Naomi Klein où celle-ci retrace la collusion entre Milton Friedman lié à l’école de Chicago et la mise en place des dictatures au Chili et en Argentine dans les années 1970.
                                    Ce livre fait froid dans le dos tant ses propos résonnent de façon très actuelle sur ce qui se passe en France et en Europe.
                                    Une guerre nous a été déclarée et il n’est pas encore clair de combien de temps nous disposons avant que cette guerre ne soit menée avec les instruments conventionnels d’une dictature, à savoir torture et répression armée.  smiley

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