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Accueil du site > Actualités > Société > La révolution des fonctionnaires

La révolution des fonctionnaires

La révolution des fonctionnaires aura lieu. Elle est en route, elle gronde déjà. Mais contrairement à toute attente, cette révolution qui exprime la volonté profonde d’un changement longtemps attendu ne germe pas dans la rue mais dans les esprits. Chronique d’un bouleversement sociétal dont les fonctionnaires seront les précurseurs.

Nous sommes aujourd’hui plus de cinq millions d’agents de la fonction publique. Un actif sur quatre travaille pour accomplir une mission assurée par une entreprise ou une administration publique. Les effectifs n’ont cessé de croître au cours des vingt-cinq dernières années et l’Etat consacre une part considérable de son budget au fonctionnement de ses administrations. Cependant, le diagnostic, partagé par les usagers comme par nombre de fonctionnaires eux-mêmes, est sans appel : la fonction publique est en crise. A l’image du pays, elle a profondément besoin de se réformer.

De l’inefficacité, une maxime. La formule est sévère mais pourtant beaucoup partagent la vision acerbe d’une fonction publique inefficace, voire incohérente. Certes, comment blâmer celui qui exprime une telle opinion, après avoir vécu le parcours administratif faisant suite à un changement de situation familiale, à une demande de titre de séjour, ou à une démarche d’adoption ? Comment convaincre du contraire un étudiant qui fait face aux invraisemblances d’une administration universitaire différant son inscription pour des raisons administratives et par là même ses droits à la sécurité sociale étudiante ? Ou bien que dire à ce même étudiant observant l’échec d’un système éducatif ne lui garantissant plus un avenir au sortir de ses études ? Aussi, les exemples d’incohérences sont légion vu de l’intérieur : le manque de communication entre services, l’absence de stratégie commune en matière d’investissements, de ressources humaines, les lourdeurs administratives freinant toute initiative, l’ampleur des dépenses injustifiées tandis que le manque de moyens est régulièrement dénoncé... etc. Chaque jour, les fonctionnaires sont les témoins privilégiés de l’archaïsme d’une fonction publique dont les aberrations quotidiennes, si elles étaient connues de tous, feraient frémir le plus indulgent des citoyens. L’inefficacité de la fonction publique est criante dans de multiples domaines. Cependant il serait injuste d’en conclure que les agents de la fonction publique sont inefficaces de part leur éventuel manque de compétences. Au contraire, comme il est mentionné dans le rapport de la commission Péberau : « On souligne trop rarement les compétences dans la fonction publique... Que ce soit dans l’Etat, dans les collectivités territoriales, ou dans les régimes spéciaux, le niveau des compétences est globalement satisfaisant et comparable à celui que l’on trouve dans le secteur privé. On ne peut pas soutenir que les faiblesses de l’appareil administratif sont le résultat de l’incompétence des fonctionnaires. ». Le haut niveau de qualification des agents de la fonction publique se manifeste notamment par la répartition des effectifs entre les différentes catégories (A+, A, B et C) ; la plus grande part des fonctionnaires appartenant aux catégories A et A+ dont les concours sont accessibles aux titulaires de diplômes d’enseignement supérieur. Le nombre élevé de candidats aux concours de la fonction publique, renforce également la sélection et l’exigence de compétences avérées, ce quel que soit le niveau de qualification requis. Cependant, en dépit d’une politique sélective de recrutement, la fonction publique fait plus que jamais l’objet de vives critiques.

Les sirènes de l’immobilisme. Devant un tel constat, nous sommes en droit de nous interroger sur les origines des dysfonctionnements de nos administrations et entreprises publiques et il apparaît impératif d’y trouver des remèdes de toute urgence. Or depuis des années, les syndicats et organisations dites représentatives du personnel de la fonction publique désignent avec constance la cause supposée des divers maux de notre fonction publique : il s’agit de l’éternel alibi du manque de moyens et d’effectifs.

Sur ce point, un regard éclairé par une rapide comparaison avec d’autres pays industrialisés s’impose. Durant les dernières années, la part du secteur public dans l’emploi a diminué ou s’est stabilisée dans la plupart des grands pays industrialisés, à l’inverse du cas français. Ainsi, en 2002, alors que les agents de la fonction publique en France représentaient 21% de la population active, la part des actifs employés dans les administrations publiques en Allemagne ou au Royaume-Uni se limitait à environ 15% de la population active. A la même époque, la part des agents de la fonction publique dans la population active était au Japon de l’ordre de 8%. Cet écart important entre la situation française et celle des autres pays industrialisés s’est creusé depuis une quinzaine d’années comme en témoigne la comparaison des effectifs de la fonction publique dans 7 pays de l’OCDE (Australie, Canada, Etats-Unis, France, Suède, Royaume-Uni) entre les années 1980 et 1997. Le rapport publié par l’OCDE révèle qu’alors que les autres pays ont procédé à des réductions des effectifs des agents de la fonction publique comprises entre 10 et 40%, la France a vu le volume de ses agents augmenter de plus de 7%. Ceci illustre l’effort que les différents gouvernements français qui se sont succédé au cours des dernières années ont consacré aux effectifs de la fonction publique. En matière budgétaire, les dépenses n’ont également cessé de croître, pour atteindre des sommets. Aujourd’hui, les dépenses consacrées au fonctionnement des administrations publiques sont telles qu’elles ne pourraient être assurées sans recourir à l’emprunt public. L’argument invoquant l’unique manque de moyens pour justifier de l’inefficacité de la fonction publique n’est plus tenable. Comble de l’ironie, parmi les quatre premiers postes de dépense se trouvent « l’enseignement scolaire » et « la recherche et l’enseignement supérieur » : des ministères dont on évoque régulièrement la nécessité de soutenir l’action mais dont on pointe aussi du doigt les faiblesses et les échecs. De façon générale, le recours à l’augmentation systématique des effectifs et des moyens n’a pas prouvé son efficacité dans les principaux ministères car cette politique n’a pas produit d’amélioration significative de la qualité ou de l’efficacité des services publics au cours des deux dernières décennies.

En réalité, la complexité structurelle et l’absence de gestion des carrières sont les premières responsables du manque d’efficacité de l’appareil public.

Concernant les incohérences structurelles de la fonction publique (multiplication des services aux attributions très proches, charges administratives supportées par des fonctionnaires dont ce n’est pas la fonction première...etc.), bien que le diagnostic ait été établi depuis plusieurs années (lire par exemple le rapport de la commission des finances, de l’économie générale et du plan sur la performance des dépenses de l’état du 11 mars 2003), le nécessaire aggiornamento de la fonction publique est sans cesse repoussé aux calendes grecques. Cet immobilisme est dû en grande partie à la pression subie par les politiques de la part des organisations syndicales. En effet, chaque mesure, chaque projet de réforme visant à moderniser les services publics se heurte à une résistance tenace. Ce fut le cas par exemple lors de la mise en place de l’informatisation de la collecte des impôts ou du système de déclaration pré-remplie accusés de tous les vices : inégalité d’accès des citoyens à l’internet, « simplification excessive du système déclaratif » supposée restreindre les possibilités d’exonérations fiscales... etc. La réduction du travail des fonctionnaires chargés de la collecte fut même dénoncée par les syndicats car considérée comme justifiant à terme une réduction des effectifs... Les exemples d’opposition de principe sont nombreux et il suffit d’observer les réactions actuelles concernant le projet de réforme sur l’autonomie des universités - pourtant souhaitée par de nombreux présidents d’université - pour constater que les habitudes sont tenaces.

Bien que la pensée unique, dictée par une minorité active, soit toujours pesante au sein de la fonction publique, les réticences au rejet systématique des réformes se manifestent de façon de plus en plus ostensible par des fonctionnaires jusque-là silencieux. Cette évolution est marquée par le « coming-out » de fonctionnaires qui jusque-là n’avouaient pas leur sensibilité « de droite » ou leur condamnation de mouvements sociaux prônant l’immobilisme au nom du maintien de privilèges renommés « acquis sociaux ». La profonde volonté de changement se traduit par une progressive remise en cause des principes dictés par la pensée unique, pensée juste et solidaire incarnée par ceux qui prétendent défendre les intérêts du plus grand nombre. Remettre en cause ces principes et l’assumer au grand jour se révèle d’ailleurs souvent périlleux puisque les promotions au sein de la fonction publique sont très souvent conditionnées par le soutien d’un syndicat ou d’un gestionnaire à l’agent désireux de voir sa carrière progresser. Ce système conduit naturellement à l’écrasement des voix dissidentes et au renforcement du pouvoir concentré dans les mains des organisations syndicales dont la représentativité est pourtant loin d’être satisfaisante. L’exaspération d’un grand nombre d’agents de la fonction publique conscients que l’immobilisme est synonyme de régression pour la majorité, finit malgré tout par délier les langues. Le masque du fonctionnaire arc-bouté sur ses principes, protégeant coûte que coûte ses avantages supposés et obsédé par le fait de travailler le moins possible, se craquèle peu à peu. Le vrai visage du fonctionnaire se révèle bien éloigné des clichés. Il est multiple, varié à l’image de la population. Et la proportion de ceux qui souhaitent le changement, insoupçonnée jusque là, est finalement considérable.

De la nécessité de la reconnaissance. Le changement emblématique, souhaité par de nombreux agents et fonctionnaires, est incarné par l’intégration du principe d’évaluation dans la fonction publique. Actuellement, l’évaluation est un terme tabou, dont l’usage est réservé au secteur privé. L’évaluation est pourtant par essence la première étape en vue de la reconnaissance du travail accompli.

Or, le principe d’évaluation est trop souvent réduit aux notions d’objectifs et de rentabilité. S’il est nécessaire selon moi, bien que d’autres le contestent, d’introduire la notion de rentabilité au sein des administrations et entreprises publiques, il est certes incontestable que le principe de rentabilité ne peut être placé au centre de l’action d’un certain nombre de secteurs publics. Ainsi, il est évident que l’hôpital ou la justice ne peuvent être administrés dans un unique souci de rentabilité. En revanche, certains services publics tels que les transports ont connu des gains de rentabilité notables par l’évolution des modes de fonctionnement sans que la qualité du service rendu ne se soit dégradée. Nous pourrions citer ici l’exemple de la SNCF qui en se modernisant est redevenue depuis quelques années une entreprise rentable tout en offrant de nouveaux services aux usagers. La notion d’objectifs doit elle aussi être définie dans chaque secteur en fonction des particularités de l’administration ou de l’entreprise. En revanche, refuser ab initio la définition d’objectifs dans le secteur public revient à nier la volonté se doter de critères permettant d’identifier les besoins, les faiblesses ou les réussites.

Cependant, le principe d’évaluation ne se résume pas à ces deux aspects - objectifs et rentabilité - mais implique notamment celui de reconnaissance. C’est probablement l’absence de reconnaissance qui constitue la faiblesse fondamentale de notre fonction publique. La notion de reconnaissance peut de plus indirectement agir de façon cumulative. En effet, en l’absence de reconnaissance, d’une part la réussite ou la volonté de progresser ne sont pas récompensés mais les abus et la paresse ne sont pas non plus sanctionnés. Ce dernier point est notamment celui que l’on remarque, que l’on retient et que l’on colporte. Ces abus non sanctionnés exaspèrent finalement aussi bien l’usager lorsqu’il les découvre que la très large majorité des fonctionnaires qui accomplissent leur mission consciencieusement. Il faut enfin reconnaître que chaque administration, chaque service public connaît un ou quelques individus qui non seulement bénéficient d’un salaire qu’ils n’honorent pas par leur travail, mais également qui induisent une légitime aigreur chez leurs collègues conscients de l’injustice d’une telle situation. L’absence de sanction pour ces fonctionnaires non-scrupuleux pourrait être néanmoins acceptable si la fonction publique prenait soin en compensation d’appliquer le principe de reconnaissance à ceux qui se distinguent par leur travail ou leur motivation. Malheureusement, il n’en est rien et la reconnaissance du mérite est inexistante dans la fonction publique. Ainsi, le système actuel est de l’aveu de beaucoup de fonctionnaires, particulièrement démotivant. Est-il acceptable par exemple, que tout le personnel d’un service reconnaisse l’efficacité, la disponibilité et la gentillesse d’une secrétaire et que dans le même temps, sa carrière et sa rémunération soient désespérément figées depuis plusieurs années ? Est-il acceptable que certains personnels techniques, dont les compétences sont reconnues de tous, soient submergés par le travail tandis que d’autres parmi leurs collègues ont su se rendre inutiles par leur manque de bonne volonté et obtiennent en fin de mois le même salaire, la même reconnaissance de l’Etat ? Que dire de cet autre qui par sa fonction est conduit à dépasser largement les horaires prévus par son statut mais qui n’aura aucune revalorisation pour cela ? Les exemples d’injustice sont innombrables. En outre, les fonctionnaires, dont les salaires évoluent moins vite que ceux des salariés du privé depuis 1999, n’ont pour seule perspective d’évolution que l’ancienneté. Les primes sont en réalité distribuées de façon quasi-automatique, et rien ne permet de rétribuer d’avantage l’agent ou le fonctionnaire qui se distingue par ses efforts. Si les abus non sanctionnés sont bien une réalité au sein de la fonction publique, les élans, les motivations anéanties par un système égalitariste sont bien plus nombreux.

Le feu sous la cendre. Les fonctionnaires sont pour moi à l’image du feu qui couve sous la cendre. Il n’en faudrait que peu pour que la fonction publique ne se transforme en un modèle d’efficacité en tirant parti de cette réserve de talents et de compétences. Il ne suffirait que de rendre à ses agents leur motivation et la liberté d’entreprendre, d’expérimenter, de bénéficier d’une part de leur réussite. Il suffirait de faire une petite révolution : adopter le principe de la reconnaissance.


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115 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 30 mai 2007 10:44

    C’est avant tout le conservatisme qui tue la fonction publique.

    A commencer à les embauches effectués depuis des années non pas sur des critères d’emplois mais pour permettre à des personnes en recherche d’emploi d’avoir un emploi à vie !

    On se retrouve donc avec des personnes non motivés dans leur travail et ne cherchant pas à évoluer ni à moderniser le service publique,qui s’interpréterait pour eux, par plus (+) de productivité,donc plus (+) de travail !

    Seul le conservatisme des avantages acquis au sein de ces administrations les interressent.

    Supprimer un certains nombres d’avantages afin de recadrer les emplois à ceux du privé ,dans le sens « service » et « productivité »,et booster les meilleurs par des primes,comme cela fonctionne très bien déjà dans le privé,serait une bonne solution

    Ensuite,supprimer les 35h dans l’administration et obligé les fonctionnaires à cotiser 42 ans.


    • Nicolas Nicolas 30 mai 2007 10:51

      « Ensuite,supprimer les 35h dans l’administration »

      Chouette ! comme ca je retrouve mes 31 heures !


    • nico 30 mai 2007 11:35

      @lerma, « A commencer à les embauches effectués depuis des années...pour permettre à des personnes en recherche d’emploi d’avoir un emploi à vie ! » Quelles embauches ???? Les créations de postes dans la fonction publique sont des CDD !!!! de 1,2,3ans... ce ne sont pas des tafs à vie ! Comme d’hab.. argumentation ignorante à grand coup de clichés simplistes ... Tchô !


    • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 30 mai 2007 19:38

      @ Texier, l’auteur

      Excellent article. Permettez-moi, toutefois, de relever par ci par là quelques petites erreurs.

      Je précise bien que votre analyse est tout à fait pertinente, et que je ne relève que quelques détails en vrac.

      Vous parler de « rentabiliser » le secteur public. Il me semble que vous devriez utiliser un autre mot comme, « mieux gérer » ou « optimiser ». Une administration n’est pas là pour gagner de l’argent. En revanche elle se doit d’être la plus efficace possible pour le coût le plus faible possible.

      Ce qui vous a conduit à ce « lapsus » c’est l’implication trop importante de l’Etat dans les activité commerciales telles que l’énergie, les transports, la communication, l’information, la culture, que sais-je ?

      ******************************

      Autres petites précisions concernant les salaires. La progression est plus forte dans la fonction publique que dans le privé. Aussi étonnant que cela paraisse !

      Depuis 10 ans, la progression des salaires dans le public a été 10 fois supérieur que dans le privé ! Pour plus de détail, voici une synthèse très éclairante

      Je partage totalement avec vous la distinction entre l’inefficacité de l’administration en générale, et la compétence majoritairement satisfaisante des fonctionnaires.

      Mais quand on vois les réactions que votre article génère, on se demande s’il n’y a sur Agoravox que des fonctionnaires fainéants, incompétents et voulant préserver leurs privilèges smiley ou si, et c’est plutôt mon hypothèse, par un réflexe corporatiste, dès qu’on dénonce un dysfonctionnement ou une incompétence avérée, il se forme un pack qui défend bec et ongles l’indéfendable.

      Encore bravo pour votre article et le débat qu’il suscite.


    • maxim maxim 30 mai 2007 11:05

      personnellement ,ce sont les incohérences entre les services d’une même administration qui illustrent bien la lourdeur ,et le necessaire dégraissage ,(et le mot n’est pas fort ) qu’il conviendrait de réaliser ,afin que le citoyen soit convenablement servi,d’autant plus que ce sont ses impôts qui alimentent cette belle administration qui fait notre fierté ....

      un exemple : en 1990,j’ai eu un grave accident sur un chantier que je visitais dans le cadre de mon travail .... cet accident a eu des suites conséquentes....hopital,opérations ,infirmité ,et tout les désagrements occasionnés ,perte de clientèle ,non suivi des chantiers en cours ,pertes financières ....bref,la « totale » ...

      je suis par la suite passé devant une commission d’experts pour évaluer le pourcentage d’invalidité auquel j’avais droit ,une pension m’a été accordée ,j’avais reçu un courrier dans ce sens ,ne voyant rien venir ,j’ai reçu un autre courrier attestant dans la meme lettre qu’une pension m’avait bien été attribuée ,mais que je n’y avais plus droit car je ne m’étais pas présenté pour une contre expertise ,pour laquelle je n’avais jamais été convoqué ....

      j’ai saisi la justice ,avec les frais que celà engage ,pour défendre ma cause auprès du tribunal des affaires sociales de Melun ,j’ai été débouté de mes demandes après deux appels ....

      j’ai laissé tomber ,on connait l’expression ,le pot de terre contre le pot de fer .......

      je ne parlerai pas d’autres deboires que j’ai eu avec d’autres administrations ,entre autre le trésor public qui m’avait demandé un chèque de 0 francs ,ayant tardé de le payer devant l’énormité de la situation,je n’ai rien envoyé et j’ai eu une mise en demeure de régler avec lettre d’huissier et les frais ........

      il a fallu que je me déplace plusieurs fois pour enfin obtenir une remise gracieuse pour cette somme de 0 francs ....

      vive la France ,vive le service public ,une institution comme notre baguette de pain,notre pinard,notre steack frites .......

      j’espère que l’on va améliorer le menu ......


      • Darkfox 30 mai 2007 11:22

        Mhh déjà un gros problème est le fait que le fonctionnaire se sent protéger . C’est à dire qu’il peut tres bien ne rien faire , cela ne changera rien, son avancement est programmé etc..

        Il est par exemple abhérant que l anpe n’est pas de base de donnée en tre les demandeurs d emploi et les demande d emploi afin de faire des croisements ! Que la sécurité sociale malgrès malgrès un outils informatiques fassent le boulot à la même vitesse ?

        Que les assistantes sociales est par exemple 14 semaines de vacances ! Que le nombre d’arret maladie de certaines branches de la fonction explosent. que les Chauffeurs RATP/SNCF travaillent 25h par semaine et j’en passe dans certains ministères ou parfois les 28h était de rigueurs (pas sur le papier mais en réel !)

        Mais d’autres branches contrebalance entre les moyens parfois ridicule de la police qui s en sorte bien ( pas de repression routière mais les autres branches), la santé avec les heures infernales des infirmières et des médecins.

        Mais ce qui est le plus bizzare c’est que les fonctionnaires ne comprennent pas que les personnes qui les payent c’est nous. Hors lors que l’on fait engueuler par la dame de la mairie parce qu on la dérange dans sa discution. Qu on nous regarde comme des extraterretres quand on leur demande si il ne pourrait pas fermer un peu plus tard le soir et ouvrir plus tard le matin afin de permettre à ceux qui travaille de pouvoir faire leur demarche et qu il ne comprennent pas pourquoi la plupart des francais ne les suivent pas dans leur grève pour leur augmentation de salaire ( qui sera donc une augmentation de nos impots..) .

        Ils ont perdu le contact et ca c’est domage


        • Darkfox 30 mai 2007 11:58

          oula près relecture je me rend compte que je me suis un peu emporté. La fonction publique reste une force vitale et beaucoup en sont conscients à ’l’intérieur aussi . Je me souviens d’un professeur d informatique qui rageait d’avoir un budget « chaise » a dépensé chaque année qui était élevé et que son budget informatique lui ne permettait pas d’acheter du matériel informatique. Mais qu ’il ne pouvait pas trasnferrer son buget chaise en matériel ...

          Enfin bref plus de dicernement, optimisation des postes et surtout l arret du double emploi ( dans l education national apr exemple ou 2 organisme ont les même prérogatives..)


        • Redj Redj 30 mai 2007 12:12

          « Que la sécurité sociale malgrès malgrès un outils informatiques fassent le boulot à la même vitesse ? »

          ==> renseignez-vous, déjà à la sécurité sociale ce ne sont pas des fonctionnaires, ils sont juste assimilés. Ils sont soumis au même code du travail que tous les salariés, y compris les licenciements. Ne confondez pas tout et ne tombez pas dans la caricature à la Coluche !!!

          Ensuite, allez faire un tour dans un centre, et vous verrez que le traitement des feuilles de soins ne se fait plus manuellement, mais via scannérisation + validation. Et oui, la sécurité sociale est moderne (malgré les vieux bâtiments).

          Ensuite, s’il y du retard, c’est peut-être aussi qu’il faut le temps d’adapter correctement le système informatique à tous les changements décidés par les gouvernements successifs.

          Et pour finir, ne vous inquiétez pas, le dégraissage a déjà commencé, vous n’aurez plus longtemps à mettre la main à la poche pour payer toutes ces feignasses immobilistes !! smiley


        • Gilles Gilles 30 mai 2007 14:45

          Ouais, rajoutons que la plupart des embauches effectuées à la Poste, la SNCF, EDF dans les facs ne sont pas des postes de fonctionnaires mais souvent des CDD mal payés. ça fait même bien longtemps que ces entreprises fonctionnent ainsi !


        • Rugbybanane Rugbybanane 31 mai 2007 18:51

          C’est hallucinant ! Je suis fonctionnaire, je paie mes impôts sur le revenu, locaux, et autres et de plus, je travaille dans un service de perception au ministère des Finances, on pourrait dire que je m’auto-finance....


        • ExSam 30 mai 2007 11:42

          Texier, c’est le petit Baverez nouveau. Il n’a de cesse de scier la belle et noble branche qui supporte sa culotte sale. Un refrain qui vous est offert par la pensée France-Inter.

          On préférera partir dans les sentiers peu battus, monter vers les sommets, s’aérer l’esprit et soulager le coeur en lisant ceci :

          Eloge des fonctionnaires Pierre Bitoun Ed. Calmann-Levy 2001

          Un livre qui en finit avec « le grand matraquage ».

          Le sociologue Pierre Bitoun, chercheur à l’Institut de la recherche agronomique, y pique un véritable coup de colère contre la culpabilisation rampante des fonctionnaires. L’auteur démonte chacune des idées reçues.

          Les agents de la fonction publique bénéficient de la sécurité de l’emploi, est-ce un mal ? Non seulement, Pierre Bitoun raconte que ce statut est « le fruit d’un combat d’un siècle et demi », il révèle que près d’un quart des fonctionnaires sont régis par des contrats précaires et il interroge toute la société : cette sécurité de l’emploi ne devrait-elle pas être la norme pour tous les salariés ?

          De même, faut-il les accuser de « faire trop la grève » alors que ce droit, dont devraient pouvoir user les salariés du privé, a déjà été grandement rogné par l’État patron ? Les fonctionnaires sont-ils trop nombreux ?

          Pierre Bitoun nous invite à un « voyage en pénurie publique ». Sont-ils des salariés tranquilles, voire fainéants ? L’auteur détaille les risques professionnels auxquels sont aujourd’hui exposés les policiers, les magistrats, les pompiers, les hospitaliers les enseignants et même les guichetiers.

          Un bon antidote contre le bourrage de crâne des Maître de conf qui ont trop écouté la vulgate libérale ou qui ont les dents longues...


          • Nicolas C. 30 mai 2007 22:54

            Certes, les fonctionnaires font un travail formidable. Doit on pour autant tous laisser à l’identique simplement en balayant toute argumentation d’un revers de la main et d’une insulte : « liberale » ?

            Quand le principal empecheur de travailler est le mode de gestion, il faut revoir le mode de gestion et non pas les hommes qui y sont. C’est ce qui se passe avec la plupart des administrations francaises. Les doublons y sont a foisons, les responsabilités ne sont pas clairement definis, donc bcp de services font le MEME travail qu’un autre ; et au final on se retrouve avec plusieurs equipes qui ont fait leur travail consciencieusement (et avec les mêmes resultats, ce qui est bon signe), alors que juste une équipe aurait pu faire ce travail, pendant que les autres auraient travaillé sur d’autres projets.


          • ben ben 31 mai 2007 13:16

            c’est toi qui parle de bourage de crane ???!!!


          • bozz bozz 30 mai 2007 12:00

            Mon cher Michael, je partage avec vous un grand nombre de points de vue, mais je reste malgré tout beaucoup moins optimiste vis-à-vis de la contestation des fonctionnaires. Je m’explique, une grande majorité de fonctionnaire sont rentrés dans la fonction publique justement pour être à l’abris de ces changements (regardez les études sociologiques qui montrent que 70% des jeunes veulent devenir fonctionnaire pour la sécurité de l’emploi et l’assurance de rester tranquiles)

            Le problème principal de notre système est la non responsabilité de ses actes pour les fonctionnaires : pas de sanction évidemment mais surtout pas d’évalution convenable des objectifs à atteindre regardez ce qui se fait déjà : nos enseignants ne peuvent pas obtenir de mauvaises notes et quand la note est basse la sanction n’est jamais là (pas de retour en formation, pas d’aide spécifique afin de s’améliorer etc... donc on constate l’incompétence mais on ne fait rien- on se demande à quoi servent ces évaluations) Ceci a des conscéquences facheuses sur la motivation ou tout simplement pour les choix de vie des fonctionnaires. Prennons votre exemple de maître de conf. vous pouvez décider d’arrêter votre recherche en faisant le minimum (recyclage de votre thèse, utilisation des données de vos étudiants) tout en continuant d’assurer votre charge de cours (là aussi au minima)et continuer votre carrière comme si rien n’était car avec le temps que vous dégagez ainsi vous pouvez soigner vos relations, entrer dans les bonnes commissions etc...

            moralité on vous engage pour faire des cours (qui ne sont pas évalués) et faire de la recherche (elle aussi très peu évaluée) mais vous pouvez très bien décider de faire tout autre chose...

            et ceci est transposable dans beaucoup de métiers de la fonction publique... conaiisez vous l’histoire des livres qui sont bouffés par des souris dans une bibliothèque publique ? Grand malheur, les livres sont rongés par des souris, pour y faire face le directeur convoque une réunion du collège des conservateurs : il y découle l’utilisation d’un chat pour chasser les souris ! Très bien quelques mois passent jusqu’au jour où horreur les livres sont à nouveau rongés ! que ce passe-t-il ? demande la directeur, rien nous venons de titulariser le chat.....

            anecdote insignifiante mais qui malheureusement reflète assez bien la réalité, il existe des services qui ne fonctionnent que grâce à l’utilisation de vacataires ou de contractuels et lorsque ces postes sont pourvus par des titulaires, le travail s’en fait nettement sentir...


            • noireb 30 mai 2007 17:26

              Excellent exemple que celui du maitre de conf.

              Ce n’est pas sans m’en rappeler certains de ma connaissance... Et ils arrivent même à passer HDR, chef d’équipe, ou directeur de labo...


            • Jojo2 30 mai 2007 12:06

              Quand on secrète de façon continue des chefaillions via les grandes écoles, il faut bien leur donner des troupes. Et si la gestion est mauvaise, c’est de la faute des troupes, pas des chefaillions dont le but est de pantoufler dans le privé 15 ans plus tard pour bénéficier de parapluies dorés.

              La réforme doit commencer par le HAUT.


              • alberto alberto 30 mai 2007 14:25

                Jojo2 : j’approuve entièrement votre remarque pleine de pertinence (le poisson pourrit toujours par le tête !), et voulant signifier mon approbation par un « vote plus », j’ai donc cliqué sur « oui », or le « score » de votre commentaire qui en était à + 2 est descendu à + 1 : ?

                Encore les bizarreries du vote AV...

                Ceci dit, j’applaudis à cette très bonne analyse de Michael Texier, notamment en ce qui concerne l’évaluation !


              • jak 30 mai 2007 12:30

                Le plus inquiétant après le nombre exponentiel de fonctionnaire, est le fait que 25% des étudiants Français aient comme seule ambition de devenir fonctionnaires, surtout comme vous le soulignez, la grande majorité concerne l’élite de cette population.

                Quand a la réforme de l’administration, qui peut réussir ce tour de force ?


                • Pinpin 30 mai 2007 15:02

                  Une bonne part de ces étudiants veulent rentrer dans la fonction publique car y résident des métiers interessants et utiles à la société, chose bien plus difficilement trouvable dans le secteur privé.

                  La fainiantise n’est pas dans la jeunesse, qui dispose de plein d’énergie et fait souvent preuve de bonne volonté dans la recherche de reconnaissance de leur ainés.

                  Notre pays va mal peut-être car les jeunes n’ont plus leur place, pris de haut par la population majoritaire de plus de 40 ans.


                • noireb 30 mai 2007 17:31

                  Pinpin, tu es naïf.

                  J’ai connu plus d’un étudiant inscrit à la fac parce (et je cite) : les bancs y sont plus confortables qu’à l’ANPE, c’est chauffé en hiver, et y a des soirées organisées...

                  Et même sans aller dans ces extremes, je connais personnellement des gens brillants, qui se contenteront du minimum (fonctionnaire pépére), apres avoir vu que ceux qui bossent moins s’en sortent aussi bien, voir mieux s’ils mettent à profit leur temps de glande.


                • O.Z.Acosta 30 mai 2007 12:33

                  Le problème de la fonction publique est aussi que tout est centralisé à Paris. Combien coute à la collectivité tous ces gardiens de la paix à peine sortie de l’école et qui ont des logements de fonctions ( F5 ) à saint germain en laie pendant que j’ai du mal à me loger en province .....

                  La france avec sa police et ses pauvres moyens.Arrétez de nous faire rire, la france est le pays industrialisé où il y a le plus de policiers par habitant.

                  Il est facile de hurler devant le guichet mais combien de planqué dans les ministères à pondre des circulaires inaplicables en locale......

                  Dans mon service nous somme 17, 15 ingénieurs super mais 2 techniciens donc quand il y a du travail à faire ce sont les ingénieurs qui le font donc par exemple : cablage d’armoire informatique 3500 points, 3 ingénieurs pendant 8 jours à 10 heures par jour sachant que celui qui est payé le moins gagne plus de 20 € de l’heure ..... il est facile sous couvert d’avancé de carrière de promouvoir des personnes à des classes supérieures mais quand il n’y a plus personne pour faire le boulot ca coute à la colléctivité et pas question de demander aux techniciens de faire le travail car ils ne veulent pas et qu’il n’y a pas de position hierarchique.

                  et que dire des chefs de services qui commulent les postes et les « charges de mission » alors qu’ils ne sont pas compétent en la matière. Il n’y a pas de problème d’évaluation, la reserve vient du fait que cela va se faire à la tête du client et non pas sur les compétences.

                  Je rejoint l’auteur sur le fait que ce n’est pas un problème d’agent de la fonction publique mais de gestion du personnel et de hierarchie. on engage des agents administratifs qui ne font pas leur travail et se décharge sur le personnel technique car il faut que eux fassent 35 heures alors que les agents techniques sont plus près des 45 heures avec le même salaire que s’ils travaillaient 35.

                  Voila le problème de la fonction publique, que l’on travail 35 ou 45 c’est la même paie et en plus on est mal vu.

                  Quand aux grèves, nous faisons grève administrative mais quand la manifestation est terminé, nous rentrons au travail pour finir notre journée et récupérer les heures « perdues ». Et la securité de l’emploi, il faudrait demander aux personnels de jussieux ce su’il en pense ..... quand on est fonctionnaire, on représente l’Etat dans n’importe quelle condition : en poste, en vacance, quand on dort et je peut vous dire que ce n’est pas toujours facile.

                  Enfin il faut reconnaitre que la « règle N°1 du sorcier et toujours vrai » : les gens sont stupides, on peut leur faire croire n’importe quoi par la peur, la manipulation ou tout simplement en leurs faisant croire que c’est eux qui ont eu l’idée mais ne jamais oublier qu’ils sont stupides.

                  Z


                  • O.Z.Acosta 31 mai 2007 12:00

                    je n’ai rien oublié mais à catégorie égale, E par la mienne que vous travaillez 45 ou 35 heures c’est la même chose.

                    Quand aux primes informatiques que n’ont pas les agents administratifs, a ce que je sache je ne touche pas de NBI donc pourquoi toucheraient-ils la PPRS ( prime de participation à la recherche scientifique ) ou une PFI ( prime de fonction informatique ), ils n’ont pas d’asteinte ( Noël, jour de l’an, WE ) moi oui. Quand on modifie le réseau ce n’est pas eux qui travaille jusqu’a 4 heures du matin et qui sont présent à 9h soit 5 heures après.

                    Seulement le salaire brut d’un IGE après 6 ans de services sans prime est de ...... 1931,60 €, la PPRS 252,06 € et la PFI 272,06 moi je préfererais avoir tout inclu dans mon brut que des primes ( question retraite ).

                    ha ce que je sache, je fait en moyenne 45 heures semaines ( annualisé ), et a ce salaire là c’est un technicien dans le privée.

                    Z


                  • O.Z.Acosta 31 mai 2007 14:40

                    Je travaille dans la BAP E et je suis IGE 2C indice 426 j’ai bac + 5 DESS sécurité des systèmes informatiques.

                    J’ai des formations complémentaires opérateurs ( je pourrais être DSI dans n’importe quelle boite privée y compris opérateur téléphonique type FREE ou 9 telecom ), j’ai 6 ans d’expérience grand réseaux ( 25000 prises infos, 35000 téléphone réparti sur 6 grands sites ).

                    Ce que je voulais dire c’est que si je travaille 35 ou 45 heures tout le monde s’en fout mais vu que nos salaires sont annualisés je gagnerais la même chose donc il est sur que certains collégues qui sont rentré en même temps que moi et qui font 35 heures car ils sont dans des composantes gagnent la même chose et cela n’est pas normale car eux touchent les même primes mais ne font pas les atreintes car ils ne font pas parti d’un service générale.

                    En même temps je reproche à certains admnistratifs qui sous couvert de faire 35 heures se déchargent de leur travail sur le personnel technique.

                    Le problème de la fonction publique ne vient pas des agents ( enfin si certains profitent trop de la situation ) mais de la hierarchie parfois innexistante parfois aveugle qui impose des dispositions sans à la fois informer et surtout discuter avec le personnel technique ce qui implique que nous sommes toujours en train de chercher des solutions de bout de chandelle avec des moyens reduits mais des exigences hierarchiques élévées.

                    L’administation marche sur la tête sans même s’en rendre compte, et cela ne va pas s’arranger car que va-t-il se passer on va diminuer le nombre de personnel technique à son stricte minimum et augmenter à la fois les étages hierarchiques et le personnel administratif (DHRC, controleur de gestion .....) ce qui n’est pas très bon regardez dans les industries privées ce qui s’est passé dans les années 90.

                    Exactement la même chose qui aura exactement le même resultat, l’externalisation du technique qui à reduit la reactivité et à terme à lui aussi incité à la délocalisation.

                    Z


                  • vachefolle vachefolle 30 mai 2007 13:46

                    etape 1 : privatiser tout ce qui est privatisable. par exemple l’ANPE peut entierement etre remplacee par des entreprises privees.

                    etape 2 : permettre des passerelles entre prive et public, pour donner la possibilite a des salaries du prive de travailler kk annees dans le public sans tout le bazar des diplomes/status. Par exemple, de tres nombreuses femmes cadres seraient d’accord pour etre profs quelques annees. Aider aussi dans le sens contraire , pour immerger des fonctionnaires dans le prive....

                    etape 3 : Reorganiser tous les 3 ans, par principe. Les reorganisations dans le prive ont comme objectif principal de secouer l’arbre hierarchique et de remotiver tt le monde (? !)... Meme si une oraginisation matricielle n’est pas plus adaptee qu’une pyramidale, changer pour changer est la solution !

                    etape 4 : AUDIT d’organisation integral des administrations....


                    • spartacus 30 mai 2007 20:20

                      Dites-donc, Vachevolle,

                      vous ne seriez pas atteint de sarkozite aïgue, par hasard ?

                      Faites-gaffe, mon vieux, il y a une épidémie qui courre en ce moment... smiley smiley


                    • chevsinclair 4 juin 2007 14:07

                      dis donc spartacus vous serez pas atteint de sectarismme aigu, ça fleurit à ma gauche en ce moment... c est le mot audit qui vous fait peur ? vous savez ce que cela est exactement ? Ou bien est ce le mot organisation, ou encore, passerelle ? Je comprends pas de quoi vous avez la trouille ? Expliquez nous, car à mon avis c’est exactement là que doit être le noeud du problème, ou plutot, une ignorance qu’il faut vite combler...


                    • Michael Texier 30 mai 2007 14:05

                      Je crains que certains n’aient pas compris le but de mon témoignage. Il ne s’agit pas pour moi de pointer du doigt qui que ce soit, ni de « scier la branche sur laquelle je suis assis » bien entendu. Je ne me considère pas au dessus de mes collègues mais je fais seulement un constat effaré. J’observe comment les choses fonctionnent autour de moi et j’écoute les témoignages de mes collègues. Mon analyse n’est pas que les autres (une catégorie dont je m’excluerais naturellement) sont paresseux ou profiteurs mais la situation n’en est pas moins alarmante. En supposant que la large majorité des fonctionnaires sont des gens initialement motivés et compétents, j’en conclue que c’est le système qui est responsable de la démotivation que j’observe tous les jours. Car s’il est une chose qui est incontestable (je suis très bien placé pour m’en apercevoir), c’est à quel point de nombreux fonctionnaires (et agents de la fonction pubmlique, pour mettre tout le monde d’accord) ont perdu toute motivation. c’est un fait. Essayons de réfléchir, sans polémique et de façon sereine, à la façon de corriger cet état de fait.

                      @ bozz : Je n’ai rien à ajouter à vos propos. Ils traduisent simplement ce que je vis. Je confirme qu’il est inadmissible que les Maîtres de conf’ dont je fais parti ne soient pas évalués. Je ne suis pas le seul à le penser, loin de là. Pour le reste, l’idée d’évaluatuion est pour moi indissociable de la reconnaissance, sinon elle est inutile. Je ne parle pas de sanction volontairement pour ne pas instruire la polémique mais la sanction peut aussi prendre la forme de l’absence de reconnaissance. Pour ma part, je crois beaucoup plus à la motivation qu’aux coups de baton.


                      • alberto alberto 30 mai 2007 14:40

                        M. Texier : votre article est excellent et présente un constat pertinent de la situation des salariés de la fonction publique.

                        Mais quant aux blocages, envers de nécessaires réformes, vous semblez charger exclusivement les syndicats : mais quid de la haute fonction publique qui a quand même la responsabilité de l’organisation de ce doux bordel ?

                        Nota : voir plus haut la remarque de Jojo2.

                        Bien à vous.


                      • Jojo2 30 mai 2007 15:24

                        « Je confirme qu’il est inadmissible que les Maîtres de conf’ dont je fais parti ne soient pas évalués »

                        Ceux qui ne sont pas associés à une équipe dépendant d’un organisme. Les universitaires dans une équipe INSERM, par exemple, sont évalués. Quand à ce qui est fait de leur évaluation, c’est un autre problème, elle est utilisée pour l’évaluation de la structure, donc ne joue que très indirectement sur leur carrière. Au contraire des chercheurs des organismes dont l’évaluation conditionne (en partie, avec le piston+++) l’avancement...


                      • herve33 30 mai 2007 14:08

                        Parlez de la fonction publique en général , c’est forcément sortir des clichés qui ne sont pas forcément valables pour la totalité de l’adminstration .

                        Cependant je suis d’accord avec le point que la reconnaissance du mérite est assez inexistante dans la fonction publique . Et je dirais même que le fonctionnaire qui proposent des innovations n’est que rarement soutenu par ses supérieurs hiérarchiques qui bien souvent ne veulent pas faire de vagues .

                        Sur les sanctions dans la fonction publique , elles existent et depuis 2002, un fonctionnaire doit avoir un entretien d’évaluation avec ses supérieurs hiérarchiques pour évaluer les objectifs à atteindre et ce qui a été fait l’année précédente . D’autre part , une mauvaise notation peut affecter l’avancement de carrière .


                        • Redj Redj 30 mai 2007 17:40

                          @Herve33,

                          Les entretiens d’évaluations sont un bon outil, encore faut-il qu’ils servent à quelquechose. Je suis assimilé fonctionnaire pour ma part, j’ai un entretien tous les ans. Depuis que cela existe je réalise mes objectifs fixés l’année n-1.

                          Or, le système de rémunération n’est pas lié à cet entretien, ou du moins n’est plus lié, parce qu’ils se sont aperçu que tout le monde réalisait ces objectifs, et donc que tout le monde méritait plus ou moins une augmentation. Résultat, on est toujours soumis à cet entretien, mais le système de rémunération n’a pas évolué. Il reste toujours au bon vouloir du prince qui préfère augmenter tous les ans les mêmes personnes, y compris celles qui sont reconnus dans l’entreprise comme incompétentes (à un point qu’elles n’ont plus de missions, où des missions fantômes), et laisser les autres ruminer. De toutes façons que peuvent-ils faire, le directeur a tous les droits. Côté motivation des troupes il y a mieux quand même non ?

                          Je pense que mon exemple n’est pas une généralité, mais qu’il existe quand même beaucoup de situation analogue à celle-ci, où seul le pouvoir du petit chef compte !!!


                        • Gilles Gilles 30 mai 2007 14:29

                          Vous dîtes :

                          « ...concernant le projet de réforme sur l’autonomie des universités - pourtant souhaitée par de nombreux présidents d’université - pour constater que les habitudes sont tenaces. »

                          Cela semble être une critique péremptoire de l’immobilisme. Pourtant, cette réforme est trés critiquée par les employés des université et en tout premier lieu les maitres de conférence et professeurs, et à mon avis à juste titre. Les présidents des universités, souvent juste des gestionnaires parfois trés politisés et proches des élus locaux ne sont aucunement représentatifs ni même compétents à eux seuls pour juger d’une réforme.

                          Plus que critiquer pour en arriver à la conclusion que n’importe quelle réforme sera mieux que l’immobilisme actuel (dû aux syndicats si je comprends bien), il est nécessaire d’étudier en profondeur les contenus des réformes et en débattre. Discuter aussi de la mission du service public (uniquement comptable ou plus large) et voir si c’est conforme à l’esprit de la réforme, ce qui est loin d’être évident pour la réforme des universités

                          Pour les universités l’autonomie peut avoir du bon, mais attention, pas à n’importe quel prix. Aucun chercheur ne veut voir ses recherches et sa carrière subordonnées à des décisions prises par les élus du département en coopération avec le medef local (comme cela se fait déjà pour les facs ayant signé un accord avec le ministère) ne connaissant rien au sujet et dont la fonction est de penser uniquement à leur fief plus qu’à l’intéret général de la nation et de la recherche.

                          Aucun chercheur ne veut avoir une mobilité restreinte au département ou à la région (je les comprends), surtout qu’à ce moment les petites facs auront du mal à recruter les meilleurs dans la spécialité, ce qui polarisera la recherche entre pôles d’excellence dans les grands agglomérations et facs dédiées à la formations professionnelle uniquement pour le bassin d’emploi local dans les départements ruraux. Ce qui en fin de compte lésera les étudiant tombés dans ces facs

                          Bref.... comme quoi il faut discuter en détail de chaque point plkutôt que de se jeter sur la première réforme venue


                          • DavidR 30 mai 2007 14:45

                            C’est étonnant d’entendre parler de pensée unique alors que vous en reprenez quelques poncifs (« le nécessaire aggiornamento de la fonction publique » ; « Les oppositions de principe » ; « mouvements sociaux prônant l’immobilisme au nom du maintien de privilèges renommés « acquis sociaux » »). Mais bien sûr la pensée unique c’est toujours celle de l’autre — il faudrait faire un historique de l’utilisation du terme pour comprendre comment un terme inventé par P. Bourdieu (me semble-t-il), dans son sens originel, pour dénoncer la doxa à l’oeuvre dans les médias, est devenu dans la bouche de certains, dont la vôtre, son exact contraire.

                            Fort heureusement la fonction publique reste un endroit où certaines personnes sont encore habitées par le désir de faire en sorte que la chose publique (république) fonctionne du mieux possible, malgré tous les assauts qu’elle subit, sans spécialement compter leurs heures et sans appétit pour une reconnaissance autre que celles des usagers. Et sans elles, il y a bien longtemps que cette société aurait rencontré le mur dans lequel elle se dirige tout droit — mais elle finira par le rencontrer.

                            Ainsi il y a des profs qui en plus de leur temps devant élèves et du travail avant et après que cela nécessite, font leurs évaluations le mercredi après midi car, en terminale, par exemple, avec la baisse horaire de leur matière et la surcharge des programmes, ils ne pourraient sans cela envisager de fournir aux usagers une formation satisfaisante pour envisager d’obtenir le baccalauréat.

                            Il en est d’autres qui, en première, pour les mêmes raisons, font des heures _bénévoles_ d’aide individualisée (jusqu’à trois heures par semaine).

                            Il y en a même qui ont un site sur lequel ils répondent avant d’aller se coucher aux questions des élèves les semaines qui précédent les contrôles.

                            Et ce n’est pas de récompense au mérite dont ils ont besoin, juste d’une rémunération décente.

                            A bon entendeur.


                            • Ronny Ronny 30 mai 2007 14:56

                              @ auteur et commentateurs

                              L’article n’est pas inintéressant, mais il est biaisé à mon avis (il manque d’un minimum d’ojectivité). Il alterne les observations pertinentes et une certaine forme de poujadisme anti fonctionnaire... Il souffre aussi d’un défaut, qui est celui de tous les articles traitant de la fonction publique, et qui est de considérer qu’il n’existe qu’une seule fonction publique, unanime, monolilthique, autonome et autoreplicative !

                              Commentaires plus précis pour expliciter mon propos :

                              Les effectifs n’ont cessé de croître au cours des vingt-cinq dernières années et l’Etat consacre une part considérable de son budget au fonctionnement de ses administrations. C’est un refrain connu, mais la situation est plus complexe. Si il y a eu une hausse globale en 20 ans, pas de chance, les dernières années voient une baisse des effectifs sensible (Cf insee, presque -2% des effectifs entre 2003 et 2004, Cf rapport senat -2,5% entre 2006 et 2007, etc.). La hausse doit aussi etre analysée de facon plus fine. Entre 1982 et 2003 l’emploi public a augmenté de 24 %. Dans le même temps, l’emploi total augmentait de 13 %. La croissance de l’emploi public repose sur celle de la fonction publique territoriale (FPT). La FPT enregistre la plus forte progression des effectifs (+ 42 %) en grande partie en raison de la régionalisation et de la décentralisation. La fonction publique d’État (FPE) a progressé comme l’emploi total (+ 14 %) (source documentation francaise) ! De plus, nombre de postes crées ces dernières annés ne sont pas des postes de fonctionnaires, mais des CDD ! Les baisses signalées plus haut sont donc des baisses a minima, ne prenant pas en compte le caractère « volatile » de nombreuses créations d’emploi récentes du public.

                              « De l’inefficacité, une maxime » Non certainement pas. Les agents du public que je connais et ils sont nombreux n’ont pas pour maxmime de l’inefficacité. Que l’organismation de services soit calamiteuse, certes, que certaines derives que vous pointez du doigt soient pénibles et contre productives, nous sommes d’accord (par ex : « le manque de communication entre services, l’absence de stratégie commune en matière d’investissements, de ressources humaines, les lourdeurs administratives freinant... non pas toutes, mais certaines »initiatives). OK aussi avec vous, plus bas sur la multiplication des services aux attributions très proches, charges administratives supportées par des fonctionnaires dont ce n’est pas la fonction première..."

                              En revanche vous dérapez quand vous écrivez « l’ampleur des dépenses injustifiées tandis que le manque de moyens est régulièrement dénoncé  » Si des dépenses amples existent, elles ne se produisent surement pas au niveau des services, mais au niveau des directions, voire de certaines caisses noires de ministères ! C’est un autre monde, celui de la haute FP d’Etat, réservé à des quasi politiques et où le fonctionnaire de base n’a pas accès. A ce sujet, vous parliez de lourdeur... Il faut voir le nombre de papiers, de justificatifs, et le temps que prennent la commande de certains matériels par les services ! Au delà et en revanche, non, désolé "le parcours administratif faisant suite à un changement de situation familiale, à une demande de titre de séjour, que je connais bien pour diverses raison est relativment simple, et a été très simplifié par l’utilisation possible d’internet, voire automatisé (carte de séjour). J’ai également demandé voilà peu une nouvelle carte grise, le tout par internet et courier, sans déplacement et envoi à mon domicile en 8 jours (en région parisienne !), idem pour la tele-déclaration des impôts...

                              Un mot sur la comparaison des taux d’emploi dans les services publics dans différents pays pour dire qu’il faut faire attention à comparer ce qui l’est. Etes-vous certain que les administrations des lands en Allemagne ou celle des provinces en Belgique soient comptabilisées dans les stats que vous présentez, par exemple. Deuxième point, compte-t-on les statuaires seuls, les DDD, l’équivalent temps plein, pas mal de vérifications à faire avant de s’emballer. Au delà, la question qui se pose est « moins de service public est-ce »mieux« ou »moins bien« pour la société ». Y a t il des secteurs qui ne sont privatisables (hopitaux, éducation par exemple) ou pas privatisés en France et qui le seraient à l’étranger, et est-ce souhaitable ?

                              Vous écrivez aussi "En effet, chaque mesure, chaque projet de réforme visant à moderniser les services publics se heurte à une résistance tenace. C’est totalement faux. Qu’il y ait des résistances, cela arrive et ce me semble justifié lorsqu’elles tentent de freiner une dégradation des conditions de travail, une activité supplémentaire sans contre partie rémunérée, etc. Mais vous oubliez dans le même temps de signaler (à dessein ?) que nombre de réformes souhaitées par les fonctionnaires eux mêmes et susceptibles d’améliorer le service, ont été tout simplement envoyées à la trappe par les gouvernements de droite (souvent) comme de gauche (aussi !), d’ailleurs !

                              Enfin attaquons le morceau de choix : Bien que la pensée unique, dictée par une minorité active, soit toujours pesante au sein de la fonction publique,... Ben non, la FPE n’est pas dominée et contrôlée par des syndicats, les gens y sont libres de penser et d’agir. La diversité syndicale existe. « Minorité » d’aileurs, écrivez vous, mais vous oubliez que les délégués syndicaux sont élus par plus de 60% (jusqu’à 80% dans certains services) des personnels. Vous confondez donc adhérents et représentants. A ce compte, Sarkosy ne serait représentatif que d’à peine 1% des francais, puisque moins de 1% adhère à l’UMP ! Donc à la porte Nicolas !

                              Autre citation : Condamnation de mouvements sociaux prônant l’immobilisme au nom du maintien de privilèges renommés « acquis sociaux ». Phraséologie typiquement conservatrice ! Si vous considérez une certaine sécurité de l’emploi, une liberté de parole comme des « privilèges », alors au lieu de demander la perte de ces acquis pour la FPE, vous feriez mieux de demander leur extension à l’ensemble des personnels de la FP, et aux personnes du privé. La politique d’alignement vers le bas ou vers le pire n’a jamais conduit à une amélioration des conditions de travail ou des niveaux de vie. Au contraire. C’est faire preuve d’un esprit étrange que de faire croire le contraire.

                              « Remettre en cause ces principes et l’assumer au grand jour se révèle d’ailleurs souvent périlleux puisque les promotions au sein de la fonction publique sont très souvent conditionnées par le soutien d’un syndicat . C’est totalement faux et mensonger qui plus est ! Nombre de promotions se font à l’ancienneté (et cela est dénonçable effectivement), et les instances d’évaluation sont pour la plupart multicasquettes. Les seules instances à forte coloration syndicales sont les CAP (com. admin. paritaires) qui comme leur nom l’indique comportent à part égale des représentants de la direction et du personnel. Elles interviennent après les promotions au choix, et le plus souvent ne modifient pas les classements, heureusement. En revanche, oui, il faut plaire au »gestionnaire" ou à son supérieur direct pour des promotions au choix. Le délit de sale gueule n’est d’ailleurs pas toujours bien loin, et cette situation n’est pas caractéristique du public. Les employés du privé sont dans le même cas ! Donc arrêtez de fantasmer sur ce point !

                              Terminons sur une note positive : je suis d’accord avec vous quand vous écrivez « C’est probablement l’absence de reconnaissance qui constitue la faiblesse fondamentale de notre fonction publique... Ces abus non sanctionnés exaspèrent finalement [...] bénéficient d’un salaire qu’ils n’honorent pas par leur travail, mais également qui induisent une légitime aigreur chez leurs collègues conscients de l’injustice d’une telle situation... ». Ceci posé, et pour connaître pas mal de services du public, je dirais que le système fonctionne sans carotte ni bâton ce qui est sans doute peu compréhensible dans le cadre - très étroit - d’une pensée sarkosienne !!! J’ajoute que pour un système fondé sur l’intérêt des gens pour leur boulot (enseignants, medecins et infirmiers, cheminots, flics, juges, etc.,) il fonctionne curieusement plutôt bien. J’estime personnellement à 5% le taux de tire au flanc dans la FP, ce qui est globalement très peu (et pas forcément très différent du privé !), et qui ne peut que vous réconcilier avec celle-ci.


                              • glop 30 mai 2007 17:44

                                Ouf enfin quelqu’un qui se démarque !

                                Serai-je devenu un dinosaure ?

                                Au fait M Tixier vous êtes prof de fac ?

                                Trouvez-vous normal qu’on parle de semestres en fac alors qu’un semestre dure grosso modo 4 mois ?

                                Combien de temps de présence à la fac ? Si je ne m’abuse vous avez un horaire des plus intéressant...

                                Avez-vous fait votre aggiornamento pédagogique ? (vous êtes-vous demandé si ce que vous enseigniez était bien transmis ? Vous êtes-vous impliqué personnellement dans la réussite de vos élèves (cours de soutien, aide péda sur internet, reprise de cours pafois mal compris) ? Demandez-vous à vos élèves ce qu’ils ont compris ou pas à la fin de chaque cours ? Sont-ils préparés aux partiels (type examen blanc)...)

                                Je ne veux pas en rajouter mais le mot « révolution » venant de quelqu’un issu d’un milieu de travail ou les conservatismes sont patents (certains datent du Moyen-Âge) me fait doucement rigoler... Sans dout M Tixier parle-t-il des autres mais surtout pas de son milieu... qui en plus est très performant (taux de réussite en licence pour une cohorte entrée en 1° année ?)

                                Réponse à voir ( s’il y en a une !)...


                              • titi 30 mai 2007 18:10

                                Concernant la faiblesse des salaires dans la fonction publique...

                                J’ai lu hier différents articles annoncant grosso modo la même chose : http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-31055964@7-37,0.html

                                Donc je fais mon petit calcul...

                                600 M / 9500 = 63157,89 euros par an et par personne.

                                En faisant la supposition que les charges sur les salaires du public sont le même que dans le privé (ce qui n’est pas le cas du fait des Assedic par exemple), on peut donc estimé le salaire net moyen annuel de ces postes non renouvelés à 31500 euros soit 2625 euros nets.

                                Or le salaire moyen en France pour 2005 était de 1903 euros mensuel... Mais il est vrai que ces 9500 postes supprimés correspondent visiblement à des départs à la retraite (? ??) et donc à des personnes ayant atteint les « hauts des grilles ».

                                Donc je continue mes investigations sur le site de l’INSEE... :

                                Moyenne des salaires secteur privé + semi public

                                Homme : 23778

                                Femme : 19182

                                source http://www.insee.fr/fr/ffc/chifcle_fiche.asp?ref_id=NATCCF04106&tab_id=42

                                et

                                Moyenne des salaires secteur Public :

                                Homme : 27000 (l’insee ne produit pas le détail à l’euro)

                                Femme : 23000

                                source http://www.insee.fr/fr/ffc/chifcle_fiche.asp?ref_id=NATCCF04102&tab_id=39

                                D’où question... c’est quoi un salaire qui motive les fonctionnaires ?


                              • titi 30 mai 2007 18:13

                                Si si bien sur il y a bien le détail à l’euro dans le lien :

                                Homme : 27 488

                                Femme : 23 687


                              • Michael Texier 30 mai 2007 18:19

                                @ Ronny, Je vous remercie de votre commentaire très argumenté. Permettez-moi cependant de répondre sur quelques points :

                                Vous donnez avec beaucoup de détails les chiffres correspondant aux évolutions d’effectifs dans les différentes catégories de fonction publique et vous procédez à une analyse de ces évolutions selon la nature du contrat et l’origine de ces embauches (décentralisation, etc...). Votre analyse est probablement plus précise que la mienne, mais mon objectif n’était pas d’identifier les secteurs ayant bénéficié de ces créations de poste, ni de limiter mon propos aux seuls fonctionnaires. L’évolution des effectifs à laquelle je fais référence permet seulement de rappeler que les gouvernements successifs ont généralement soutenu l’emploi au sein de la fonction publique au sens large. Cela ne signifie pas que toutes les administrations sont en sureffectif, mais que le manque d’effectif ne peut pas expliquer tous les disfonctionnements.

                                Au sujet de la formule « De l’inefficacité, une maxime », je reconnais moi-même qu’elle est sévère, pour ne pas dire caricaturale. Bien entendu, cela ne signifie pas que les fonctionnaires adoptent cette maxime, mais que les usagers parfois peuvent le percevoir ainsi. J’aurais dû le formuler de sorte que l’ironie soit mieux perçue. Vous semblez à ce propos oublier que je suis moi-même fonctionnaire...

                                Concernant l’ampleur des dépenses, je ne peux pas vous laisser dire qu’elles seraient le fait seulement des directions et ministères. Vous comprendrez que de part ma position, je ne peux pas vous donner d’exemples précis ici, mais je puis vous dire que lorsque je parle d’ampleur, je reste très très modéré. Bien entendu, il ne faut pas faire de généralités, mais certaines situations sont tout simplement irréalistes. En revanche, je confirme qu’à l’inverse, certaines dépenses anodines nécessitent des procédures invraisemblables et des formulaires à n’en plus finir. Cela illustre les incohérences du système.

                                Pour ce qui est des parcours administratifs, je suis là aussi assez bien placé pour en parler. Ceux qui connaissent la situation d’un couple mixte me comprendront... Je vous assure qu’il reste beaucoup à faire concernant la simplification des démarches, même si elle a déjà commencé, ce dont on peut féliciter les administrations concernées.

                                Lorsque vous évoquez la comparaison avec les pays voisins, vous semblez suggérer que je prône « moins de service public ». Ce n’est pas le cas ! Je souhaite « mieux de service public », pour les usagers et pour les fonctionnaires. Mon argument consiste seulement à dire que mieux n’implique pas nécessairement plus de fonctionnaires. J’essaye de trouver une autre explication que celle des moyens ou des effectifs.

                                Vous dites qu’il est faux de dire que les propositions se heurtent à des résistances. Je reconnais que c’est la vision que j’ai. Peut-être exagérée, mais je constate que sur l’exemple de l’autonomie des universités, la réaction première de beaucoup fut l’opposition et non pas la discussion des points de désaccord.

                                Vous m’accusez de conservatisme lorsque j’évoque le fait que nous autres fonctionnaires bénéficions de certains privilèges. Je ne crois pas que reconnaître une inégalité soit un conservatisme. Dans le même temps, nous avons aussi des raisons de revendiquer sur certains sujets. Mais comment faire valoir ses droits si l’on ne négocie que dans un sens ? C’est ça le conservatisme.

                                Au sujet des promotions, le point est très important et vous avez raison, cela mérite d’y apporter quelques précisions. C’est un fait que pour l’essentiel, l’avancement s’effectue dans la fonction publique à l’ancienneté, ce qui est une aberration complète. Entendons nous bien, je ne dis pas que l’ancienneté ne doit pas être prise en compte naturellement, mais qu’il est contre-productif que ce soit le seul critère. En revanche j’ai eu plusieurs témoignages de personnes m’ayant déclaré que le soutien d’un syndicat était nécessaire lors du changement de corps. Bien sûr, vous n’ignorez pas que l’emploi dans la fonction publique est catégorisé en un grand nombre de corps (bien trop important d’ailleurs ce qui freine considérablement les évolutions de carrière) et que l’avancement par ancienneté se limite au changement de grade (ou d’échelon) dans un même corps. Le passage d’un corps à l’autre n’est pas automatique et il est très clairement conditionné par le soutien dont le candidat bénéficiera au sein des membres de la commission chargée de sélectionner les dossiers.

                                Pour l’évaluation, vous dites qu’elle existe déjà depuis 2002. Je le sais très bien, les dossiers sont justement complétés en ce moment. Mais soyons sérieux, il ne s’agit nullement d’évaluation mais plutôt de rapports de complaisance pour la plupart. Je ne condamne pas ceux qui les remplissent car ils n’ont pas de réels moyens d’évaluation. C’est l’objet de ma critique.

                                Je partage votre point de vue concernant le fait qu’il ne faut pas caricaturer les fonctionnaires par l’image de tires au flanc. Je pense au contraire que les fonctionnaires méritent mieux que cette image. Ils méritent aussi qu’on les récompense pour leur travail. Ce n’est pas « la carotte » mais une simple justice. Je n’ai nul besoin de me réconcilier avec la fonction publique, je veux au contraire la défendre, comme vous visiblement, mais avec une autre approche. Salutations.


                              • Michael Texier 30 mai 2007 18:30

                                @ glop,

                                Le second paragraphe a dû vous échapper... Je dénonce justement les échecs de l’université. Je suis tout à fait d’accord avec vous, il y a beaucoup à dire sur la fonction d’enseignant à l’université. Un point cependant : un Maître de Conférences a pour mission d’enseigner ET de mener une activité de Recherche. Certes, certains oublient ce point. Mais la plupart des MdC le font avec passion et ne comptent pas les heures. Pour ma part, et je reste presque tous les jours au laboratoire jusqu’à des heures où la plupart des salariés, même dans le privé sont rentrés chez eux. Il faut savoir être critique, en premier lieu avec soi-même, mais il ne faut pas être injuste.


                              • AGORA 31 mai 2007 17:21

                                Il ne faut pas oublier que dans ces statistiques sont compris tous les salaires, y compris les « HH » (hors hiérarchie) dont personne ne peut chiffrer le montant réel. Pour ma part j’ai un exemple concret : cadre B, fonction publique d’Etat, niveau de recrutement BAC + 2, 27 ans d’ancienneté, responsabilité pénale personnelle encourue éventuellement, 37h hebdo minimum, (charte du temps imposée par mon ministère)heures sup non payées mais à récupérer dans les 2 mois ou à économiser sur un plan épargne temps : 2.100 € net, dont 25% de primes qui ne comptent pas pour la retraite mais sur lesquelles je paie comme sur le salaire de base la CSG, CRDS, des impôts (ben oui je paie pour pouvoir être payé puisque « les fainéants de fonctionnaires sont payés avec NOS impôts » et une « petite » taxe appelée solidarité puisque nous ne cotisons pas pour le chômage. Chez nous quand quelqu’un est viré (révoqué)il n’a droit à rien, même pas à sa retraite. Ce qui m’agace c’est la confusion entretenue entre les fonctionnaires et les assimilés (sécu, edf, mairie), c’est ce que je vis au quotidien et ce que je lis dans les quotidiens, c’est bizarre j’ai l’impression d’être sur une autre planète. Plus largement cette façon d’opposer différentes catégories de salariés, d’entretenir cette illusion que l’herbe est plus verte dans le champ du voisin et qu’il vaut mieux pratiquer une politique de terre brûlée que de souhaiter une herbe verte pour tout le monde. Je ne nie pas qu’il y ait des fumistes chez nous comme partout, mais a tous les détracteurs des fonctionnaires je pose cette question : après 2 ans de chômage votre gamin réussit un concours de la fonction publique qui sur 1400 candidats en retient 20, allez vous le renier parce qu’il accepte le poste ? Ah non au fait il n’y a plus de postes dans la fonction publique mais des « équivalents temps plein » . Peut être que votre gamin on n’en prendra qu’un bout pour faire des économies (c’est de l’humour" ...)


                              • glop 31 mai 2007 20:23

                                A l’auteur

                                J’ai beau lire et relire, je ne vois pas de réponse à mes questions à part celles sur l’orientation !

                                Vous n’avez pas répondu.

                                Autre question comment se fait le recrutement : maître ass, maître de chaire , ... ?

                                Quant à la pédagogie : Ne le niez pas, elle est tout à fait absente de la plupart des cours dispensés. A part une poignée de profs qui s’escriment, les autres sont plus motivés (vous l’avez déclaré) par leurs recherches... C’est bien, mais comme vous le savez très certainement ( à moins que vous ne soyez naïf), on ne peut mener de front une recherche avec des cours à préparer, corriger des TD des copies, et réfléchir enfin à une pédagogie qui permette aux étudiants d’arriver à un niveau honorable.

                                D’autre part, pourquoi cette furie dans la recherche ? Pour pouvoir publier ! Ce qui permet (selon la qualité) au prof d’évoluer dans sa carrière, de se faire connaître et reconnaître afin d’obtenir une « sinécure »... De là « quelques dérives »... reconnaissez-le... Je ne parlerai pas des quelques « lobbies » qui règnent dans les universités, vous les connaissez, je pense, mieux que moi.

                                D’évaluation sur la formation dispensée aux étudiants : zéro... (vous l’avez reconnu dans une de vos réponses)

                                Je vous rapellerai donc que l’Université est un lieu de formation ET de recherche pas l’inverse !


                              • CAMBRONNE CAMBRONNE 30 mai 2007 15:06

                                A Michael TEXIER

                                Excellent article qui fait le point honnêtement de la situation sans charger la mule et qui nous donne quelques raisons d’espérer .

                                Je crois comme vous que la plupart des fonctionnaires sont des gens animés des meilleures intentions du monde et qu’il faudrait peu de choses pour que tout fonctionne mieux .

                                Je voudrais donner l’exemple de l’armée qui a du faire face à une des plus grandes mutation de son histoire avec la professionnalisation .

                                Une réorganisation considérable a été mise en oeuvre pour économiser dans tous les domaines et apparemment ça marche pas mal .

                                La reconnaissance : Le fonctionnaire militaire est noté de façon trés éllaborée afin que tout le monde ne se retrouve pas noté élite comme ce fut le cas jusqu ’en 1974 et l’est encore dans le reste de la fonction publique . A chaque passage au grade suivant vous retombez de deux cases sur une échelle de douze .

                                La grande muette a probablement fait dans la discrétion le plus grand bon en avant de l’ensemble de la fonction publique .

                                La reconnaissance existe avec l’avancement au choix et les primes de qualifications et les décorations .Les noteurs sont multiples pour éviter les injustices et permettre les recours . Je crois que les militaires ne sont pas des fonctionnaires malheureux ni aigris .

                                N’étant plus dans le circuit je parle sous contrôle de mes camarades encore en activité .

                                Je sais qu’en disant que l’armée est plus ouverte et plus moderne que l’éducation nationale je vais ma faire allumer mais qu’importe je le dis haut et fort .

                                Merci aux anciens appelés d’algérie de ne pas me tomber dessus en racontant leurs souvenirs peu édifiants car justement l’armée a changé dans le bon sens .

                                Salut et fraternité .


                                • Jojo2 30 mai 2007 15:29

                                  Combien a été donné aux officiers qui sont partis avant l’âge ? Et qui cumulent retraite et emploi dans le privé ?


                                • alberto alberto 30 mai 2007 16:27

                                  Cambronne : je suis d’accord avec ce que vous dites sur l’armée, je pense aussi que globalement elle a réussi ses mutations.

                                  Mais pour ce qui est de son « département » en contact avec « l’usager », je veux parler de la gendarmerie, les bienfaits des réformes sont peut-être un peu moins évidents : ça grogne dans les gendarmeries et le public est à moitié satisfait...


                                • CAMBRONNE CAMBRONNE 30 mai 2007 18:07

                                  Jojo

                                  Ceci fait partie du plan de dégagement des cadres dont j’ai d’ailleurs bénéficié .

                                  C’est une bonne gestion des personnels qui a permis de réduire considérablement les effectifs avec des départs volontaires à la retraite .

                                  A titre indicatif car je vous sens animé de mauvaises intentions les gens de la Sncf ou d’ailleurs qui partent à cinquante ans continuent de travailler dans le privé et sont donc d’horribles cumulards .

                                  Salut et fraternité .


                                • CAMBRONNE CAMBRONNE 30 mai 2007 18:13

                                  Ha les gendarmes , c’est une autre affaire . ils regrettent beaucoup leurs petits appelés qui donnaient plus de souplesse à leur travail .

                                  Je suis pour une fusion avec la police . « Les gendarmes sont des militaires qui ne pratiquuent pas » disent les mauvaises langues .

                                  Salut et fraternité .


                                • Jojo2 30 mai 2007 18:37

                                  Ben moi aussi j’aurais aimé bénéficier de cette bonne gestion des personnels. 64 ans et toujours au boulot pour avoir une retraite convenable. Quand je pense qu’à 50 balais, j’aurai pu partir avec combien ?, 50,000 euros ? et me reconvertir dans la gestion d’HLM, tout en touchant, combien déjà, la retraite d’un Lt Colonel ?

                                  PS : Les conducteurs SNCF, ceux qui vous travaillent tant, n’ont MEME pas le 1/4 des avantages des sous-offs et bossent tout autant. Je sais ce dont je parle, j’habite à coté d’une base.


                                • CAMBRONNE CAMBRONNE 31 mai 2007 10:42

                                  JOJO

                                  Tout le monde peut s’engager dans l’armée et faire carrière il n’y a pas de discrimination de sexe de race ni même de nationalité (par le biais de la légion étrangère ).Du sans diplôme à Bac + cinq chacun peut y faire son trou . Donc vos conducteurs de locos contre qui je n’ai rien ont fait un choix et les militaires un autre .

                                  Vous savez ou vous ne savez pas mais à l’heure actuelle les militaires sont très longtemps absents du domicile , les mutations sont fréquentes et cela rend en général impossible le travail de l’épouse .

                                  J’ai été muté en moyenne tous les deux /trois ans . Nos femmes ont tout à gérer car nous sommes très souvent partis par monts et par vaux .

                                  Retraite d’un colonel 2ème échelon : 2750 Euros par mois .

                                  Non je ne regrette rien . Tout ça m’est bien égal .

                                  Salut et fraternite mon cher Jojo


                                • Reinette Reinette 30 mai 2007 17:43

                                  SUPPRESSION DE 9.500 EMPLOIS DE FONCTIONNAIRES EN 2006

                                  PARIS (Reuters) - L’Etat français a supprimé en 2006 9.500 postes de fonctionnaires au lieu des 5.430 programmés, ce qui a permis une économie de 600 millions d’euros, selon le nouveau ministère du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique.

                                  Le ministère, qui a confirmé une information publiée lundi dans les colonnes du Figaro, a souligné que cette baisse d’effectifs, presque le double que prévu, était la plus importante depuis les cinq dernières années.

                                  Le Figaro note que les départs à la retraite « ont été presque intégralement remplacés puisque quatre postes sur cinq ont été de nouveau pourvus ».

                                  Par conséquent, souligne le journal, cet allègement de la masse salariale est imputable à une « gestion plus serrée des embauches par les ministères ».

                                  « C’est encore loin de la volonté manifestée par Nicolas Sarkozy de ne plus remplacer qu’un départ sur deux, ce qui se traduirait par la suppression de 30.000 à 35.00 emplois », ajoute le quotidien.

                                  Les chiffres définitifs figureront dans la loi de règlement du budget 2006 qui sera présentée au conseil des ministres du 6 juin, précise le journal.


                                  • snoopy86 30 mai 2007 18:15

                                    @ Reinette

                                    1 million de créations de poste en 25 ans (voir lien de l’auteur sur les effectifs), 9500 suppressions en 2006...

                                    Ce n’est pas à ce rythme qu’on va alléger les dépenses de l’Etat...


                                  • Raphaël Louvradoux 30 mai 2007 18:45

                                    Tout d’abord, pour ce qui est de l’inefficacité globale, on ne peut que se rendre à l’évidence : je l’ai constatée à de nombreuses reprises, et ce dans plusieurs catégories de la fonction publique. Ce qui m’ammène à préciser que la « fonction publique » peut être une expression dangereusement fourre-tout du fait de la multiplicité des métiers et des status qu’elle renferme : la simplification abusive guette.

                                    Or, il me semble que brandir l’inefficacité comme seul raison, pourfendant au passage les manques de moyens et d’effectifs, est un vice de raisonnement. Une augmentation globale des effectifs, sans aucun détail, c’est du mensonge par omission : j’ai effectivement vu plus de policiers et CRS dans la rue, mais pas plus, voire moins de personnels hospitalier et enseignant, qui manquent, eux, cruellement et ce depuis des années.

                                    Un point sur les syndicats. Certes, là, rien à redire, on a un problème général en France, de sous-syndicalisation et de non-représentativité, allié à des syndicalistes vivant souvent dans une bulle faite de luttes de principe. Ça bloque beaucoup de choses, mais j’espère que ça n’éclipse pas trop ceux qui font vraiment et bien leur boulot de protecteur des droits des salariés.

                                    Deuxième vice de raisonnement, toujours selon moi, dire que les présidents d’université souhaitent ladite réforme n’est en rien un argument concluant. Une personne par université, en terme de représentativité des opinions, c’est peu. et de surcroît, ça n’est pas non plus très objectif, de donner le voeu de ceux qui vont en bénéficier personnellement, par le biais d’un accroissement de pouvoir. Ce que je vois, en tant qu’étudiant, c’est que la fac est une vaste jungle qui manque à la fois de rationalisation de son fonctionnement administratif (aucune communication entre les services, ni entre les services et les étudiants ou les profs, horaires d’ouverture du secrétariat abérrants), mais également d’effectif (2 secrétaires pour plus d’un millier d’étudiants). Là est le gros du problème. en ce qui concerne à proprement parler de l’autonomie des universités, je pense pour ma part, surtout au niveau des diplômes, qu’il faut un cadrage national strict nuancé par quelques spécificités locales valorisantes, et non pas l’inverse. Et plus généralement, trop d’autonomie ce serait creuser un fossé immense entre les facs les plus riches et les plus pauvres.

                                    Une expression me trouble : la « pensée unique ». J’ai dit plus haut mon sentiment à l’égard des syndicats, mais là c’est différent : c’est du vocabulaire de nature propagandesque, flou et caricatural au possible. Et dernièrement, un des thèmes récurrents, vaseux et bassement réthorique de l’ex-candidat Sarkozy. Mon avis est que ça n’a rien à faire dans un article. De même, associer l’expression « acquis sociaux », entourée de guillemets méprisants (c’est ainsi que je l’ai ressenti) à de vulgaires privilèges, c’est déchirer de nombreuses pages du livre de l’Histoire.

                                    Sur la reconnaissance et les abus. Si il est évidemment vrai que la première est inexistante, et que c’st fondamentalement inacceptable, les seconds sont le fait d’une minorité, que l’on retrouve absolument partout, c’est le pourcentage d’individus incompétents ou pas à leur place qui existe dans l’espèce humaine, en schématisant énormément. Pour en revenir au sérieux, la conséquence est qu’une surveillance serait d’abord impossible, inefficace et malsaine.

                                    Sur les salaires, conséquence de l’absence de reconnaissance, c’est ici qu’on touche l’un des points les plus ahurissants. Non seulement figés sur la durée d’une « carrière », mais surtout non revalorisés significativement depuis des années : ils ne suivent même pas l’inflation. Mais en même temps, comme l’essentiel des gens qui payent les impôts qui font les salaires de la fonction publique ne voient pas non plus leurs salaires suivre l’augmentation du coût de la vie, où trouver l’argent ?

                                    Impôts, qui soit dit en passant, ne sont pas toujours plus faciles à déclarer sur internet. L’Etat montre ici en se pliant au progressisme de manière irrationnelle, son incapacité à gérer ce genre de mutations. Trop peu de serveurs par rapport au nombre de déclarations, mauvaise gestion des certificats (normalement valables 3 ans, mes parents doivent le renouveler chaque année, car annulé), et comme tous les services officiels, développés pour un foncionnement exclusif avec le produit payant et mal développé de Microsoft, InternetExplorer. On est même en train de sacrifier l’un des dernier symboles d’une démocratie faible, l’urne physique et transparente. L’éternel débat du « le progès c’est bien parce que c’est un progrès », sans concertation, sans recul, sans dispositif alternatif. Parce que payer ses impôts par internet, ça présente des avantages indéniables, mais encore faut-il avoir internet. Service payant et privé, je le rappelle.

                                    Enfin sur les préjugés : vous dites qu’ils se fissurent. Mais ils ne sont et n’ont jamais été que des préjugés, et resteront comme tels. Le seul changement est dans l’esprit des gens, les préjugés ne changent pas. Dire qu’il y a des préjugés c’est les valider. Mettre en évidence les faits réels c’est les combattre.


                                    • La Taverne des Poètes 30 mai 2007 18:50

                                      Moi ça me fout les jetons de penser à cette troupe de révolutionnaires armés de tampons encreurs !

                                      P.S : très bon article.


                                      • Le Hérisson Le Hérisson 30 mai 2007 18:57

                                        A l’auteur,

                                        Votre article est intéressant mais, quelque peu optimiste.

                                        Je connais bien le milieu des fonctionnaires territoriaux, notamment ceux qui sont contractuels. D’abord, le public ignore qu’il y a une grande quantité de contractuels dans la fonction publique et que ceux-ci n’ont absolument aucune garantie d’emploi contrairement aux idées reçues.

                                        Il n’existe aucune passerelle entre la fonction publique et le privé (ou si peu). J’ai connu par exemple quelqu’un diplomé d’une grande école qui s’est retrouvé contractuel et qui, pour ne pas être viré, devait passer un concours inepte de la fonction publique et suivre une formation tout aussi inadaptée à son métier. Ce genre d’exemples sont légions. Et coutent excessivement cher à la collectivité...

                                        Quand vous dites que ce sont les organisations syndicales qui bloquent, vous avez raison, en tout cas, en partie. La FP est « cogérée » par des syndicats on ne peut plus préhistoriques et des ministres qui n’osent pas bouger ou bien qui reculent à la première manifestation.

                                        Effectivement, la restructuration des impôts (les Français sont ceux qui paient les plus pour la gestion du fisc !) est un bel exemple.  smiley Le fait également qu’aucun des candidats principaux n’ait abordé de fond ce sujet (sauf des formules à l’emporte pièce du genre "il faut diminuer le nombre des fonctionnaires, sans dire où...) en est un bel exemple.

                                        Aujourd’hui, les fonctionnaires sont démotivés, sous estimés, inhibés par leur hiérarchie. Quant aux contractuels, qui font souvent « bouger le mammouth », ils n’ont aucune sécurité : on les prend, on les utilise et on les jette.

                                        Il est urgent de réformer le système, d’ouvrir la FP aux salariés du privés, de créer des passerelles, de créer de l’intéressement et de la motivation, d’assouplir les hiérarchies. Mais qui osera ???


                                        • Argentomaouss Argentomaouss 30 mai 2007 22:57

                                          Vous dites : « Il est urgent de réformer le système, d’ouvrir la FP aux salariés du privés.... ». Cela est déjà le cas. Il suffit qu’ils s’inscrivent aux concours qui sont organisés par à peu près tous les ministères.

                                          C’est vrai qu’il y a de moins en moins de places offertes, mais après tout, c’est ce que tout le monde souhaite non ?


                                        • Céline Ertalif Céline Ertalif 31 mai 2007 00:43

                                          Bonjour,

                                          Je suis tellement d’accord avec le Hérisson à propos des contractuels, de la fonction publique territoriale en particulier, et des syndicats que c’est exactement ce que j’ai décrit avec un exemple cuisant dans mon dernier article expliquant que les syndicats se sont battus contre le CDI pour les contractuels ! http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=23980

                                          @ l’auteur

                                          Je suis d’accord avec beaucoup de choses dans cet article. Cependant, je trouve qu’il participe un peu de l’esprit « premier de la classe » si caractéristique du milieu fonctionnaire. Pour être responsable de l’évaluation dans la collectivité locale où j’exerce, je suis obligée de lutter avec insistance sur le sens de l’évaluation : on évalue un résultat du travail, on ne juge pas les personnes. Et là, c’est très dur. Cela signifie qu’il faut faire l’effort de définir les objectifs du côté des élus et des cadres, et obtenir que les agents prennent un peu de distance et intègre la préoccupation du résultat et des objectifs du service.

                                          Et oserai-je souligner devant un enseignant combien nous souffrons au bas de la hiérarchie (mais pas seulement) du traumatisme de l’échec scolaire. Il faut des années pour sortir des craintes issues de ces traumatismes pour atteindre la sérénité qui permette d’arriver à une démarche « d’auto-évaluation qui, au fond, est l’objectif essentiel de l’évaluation » (selon un agent de catégorie C entendu pour l’évaluation 2006 dans ma commune - il ne faut jamais désespérer !)


                                        • spartacus 30 mai 2007 20:03

                                          Ca y est ! On les a trouvés...

                                          Qui ? Mais les nouveaux boucs émissaires, voyons !

                                          Ce « service public », tout empreint de « pensée unique », maléfique apanage d’une minorité agissante aux ordres des syndicats.

                                          Ces fonctionnaires, planqués à vie, fainéants, privilégiés, qui se refusent à toutes réformes tant leur place est enviable.

                                          Le remède il est là, pourtant. Tout bête, tout simple :

                                          « Puisque Il suffirait de faire une petite révolution : adopter le principe de la reconnaissance. »

                                          Ben oui, la vieille recette de la carotte et du baton.

                                          On donne bien des cartons rouges au football !

                                          Et des bons points à la maternelle...

                                          Comme ça ça permettrait de faire le tri entre les « bons » fonctionnaires, les utiles, les propres sur eux, les zélés, les non revendicatifs,

                                          et les « mauvais » fonctionnaires, les paresseux, les syndiqués, bref, les nuisibles à la société...

                                          En fait l’idéal, ce serait un service public... privatisé !!

                                          Tout dans le rendement et les gains de productivité.

                                          Avec suppression des syndicats, ces empêcheurs de se lever tôt en rond ! Et de travailler plus pour gagner plus !

                                          Il faudrait tout remettre à plat, se poser des questions quant à chaque administration, chaque poste, traquer impitoyablement les inutiles et donner des médailles en chocolat à ceux qui resteraient.

                                          Ce jour est proche : la Révolution est en marche ! La majorité silencieuse de la fonction publique ne va pas tarder à entrer en rebellion, afin de faire entendre, ici comme ailleurs, le Nouvel Evangile selon Saint Sarko.

                                          Amen.


                                          • ben ben 31 mai 2007 13:27

                                            @spartacus :

                                            Ouch !!!

                                            Magnifique !!!

                                            Quelle mauvaise foi, quelle haine et quelle bétise dans votre commentaire...

                                            On croirait entendre un CGTiste de la fonction publique tellement ca vole haut !!!


                                          • Gasty Gasty 2 juin 2007 15:52

                                            Incroyable comment l’ironie est mal perçu !


                                          • Hume Hume 30 mai 2007 20:03

                                            Tres bon article et commentaires qui donnent d’autres points de vue que le sempiternel, les « fonctionnaires, ce sont tous des faineants » et pour lesquels on pointe trop souvent les avantages et non les desavantages.

                                            Par exemple, notre cher gouvernement parle de l’injustice des regimes speciaux mais en aucun cas ne parle du « pourquoi » de ces regimes speciaux. Reponse : un fonctionnaire est en moyenne paye 30% moins cher que dans le privee a niveau et travail equivalent.

                                            Je suppose donc qu’apres leur victoire (ecrasante ?) aux legislatives, ils repareront egalement cette injustice.


                                            • ben ben 31 mai 2007 13:30

                                              Qu’entends on par travail équvalent ? Mêmes pressions, mêmes horaires, même insécurité de l’emploi, mêmes périodes de chomage lors du parcours professionnel, même avantages sociaux ?


                                            • Hume Hume 31 mai 2007 18:07

                                              Si vous savez vous retrouvez le mot salaire.

                                              Quant a la pression du travail dans le privee, on ne la retrouve pas de partout. De part mon parcours, je connais les deux : j’ai trouve autant de glandus et de gens travailleurs dans le privee et le public.

                                              Mais si cette vision stereotypee qui est la votre vous convient et vous aide a vivre mieux...


                                            • joel 30 mai 2007 21:56

                                              Je rajouterais qu’il n’y a pas que la fonction publique d’état mais aussi la fonction publique territoriale dont l’auteur ne semble pas avoir la connaissance : les mairies et autres syndicats intercommunaux voir les conseils généraux ou régionaux sont apparemment complètement inconnus de l’auteur.

                                              C’est d’ailleurs une fonction publique très dynamique ou par contre la majorité des emplois sont des catégorie C et non A ou B comme cela est écrit.


                                            • 65beve 65beve 30 mai 2007 22:15

                                              Je reste persuadé qu’un cheminot avec ses 35 heures coûte moins cher qu’un militaire qui joue à la guéguerre dans les bois. commençons à faire des économies par là.


                                              • goc goc 30 mai 2007 23:18

                                                il faudrait commencer par mettre dans chaque bureau de l’administration, la phrase suivante :

                                                l’administration est au service du citoyen, et non le contraire


                                                • perlin 31 mai 2007 00:31

                                                  @ l’auteur

                                                  Je mimisce car je n’en suis pas, mais il me semble que vous faites un peu dans l’angélisme. Ho certes pas sur la compétence individuelle qui ne me paraît pas contestable, mais plutôt sur la conclusion.

                                                  Je doute que les fonctionnaires ou assimilés soient prêts dans leur majorité à accepter de bonne grâce cette révolution.

                                                  Je pense qu’en guise de révolution nous ne pourrons avoir qu’une évolution sur une bonne génération (20 ans). C’est probablement en effet le temps nécessaire pour que les diplodocus (dont quelques spécimens ont donné du clavier dans les commentaires ci-dessus) soient naturellement éjectés et que des jeunes d’esprit ouvert sur le monde prennent les manettes.

                                                  Attention, je ne dis pas que les plus de quarante ans sont des diplodocus, je dis que c’est dans cette tranche d’âge qu’on en trouve le plus (y compris parmi les hauts fonctionnaires) et qu’ils ont une facheuse tendance à bloquer les positifs.


                                                  • Romain de Pescara 31 mai 2007 00:33

                                                    @L’auteur

                                                    Il est rare de rencontrer dans la fonction publique des êtres qui n’oublient pas leur devoir et la fonction qu’ils souhaitent en faire. Vous ouvrez une voie vers une autre façon de penser la fonction publique et cela est tant mieux car cela est désiré par beaucoup. Vous soulevez habilement la vision que se renvoient le camp libéral et le camp public, et à juste titre vous stigmatisez les différences. Sachez que même si la nécessité se fait plus pressante peu l’affrontent avec intelligence et peu surtout en ont le courage. Tout être qui critique avec intelligence son milieu mérite l’approbation de ceux qui le condamnent. C’est une grande force mais dont le mérite revient souvent à mener seul son combat.

                                                    @Leon

                                                    Je suis étonné que le professeur que vous êtes ne salue pas l’effort d’écriture, et l’effort de conviction. vous me direz aucun professeur ne rend l’élève intelligent tant il craint de ce fait sa critique, c’est en cela que le monde politique ne vous ai pas étrangé.


                                                    • yoda yoda 31 mai 2007 01:59

                                                      Un bon article sur le constat des dysfonctionnements du public lie a la rigidite du systeme. Ce constat justifierait de possibles reorganisations et la mise en place de systemes d’evaluation et de reconnaissance (qui par ailleurs existent deja sous certaines formes).

                                                      Cependant je trouve une peu triste l’idee (peut etre vrai)que l’homme ne bougerait ses fesses qu’a la vue de la carotte ou du baton. J’ai l’idee folle que la motivation de bien faire son travail n’est pas uniquement le resultat d’une avidite egotique et materialiste d’un meilleur salaire et d’une meilleur reconnaissance que son voisin, mais resulte aussi d’un certain sens du devoir et du respect de la societe et de l’autre.

                                                      bien a vous, smiley


                                                      • Christoff_M Christoff_M 31 mai 2007 02:58

                                                        Réponse à l’auteur suite à un débat de Taddéi sur la dette de l’état français le nombre des fonctionnaires serait de 27% de la pop active et le cout des salaires serait 40% du budget de l’état ...


                                                        • arturh 31 mai 2007 07:17

                                                          Le problème en France, ce n’est pas les fonctionnaires, c’est la Fonction Publique.

                                                          La Fonction Publique est, par essence, politique.

                                                          L’erreur que fait l’auteur de l’article est de trop céder à cette fatalité qui fait croire que la Fonction Publique serait irréformable parce qu’elle serait là depuis tout le temps, telle quelle, comme le Massif Central.

                                                          Or, il n’en est rien.

                                                          Et pour comprendre les problèmes, ou plutôt le poids que constitue la Fonction Publique en France qui ralenti, quant elle ne paralyse pas, le dynamisme de notre pays, il suffit de dire une chose.

                                                          La Fonction Publique, telle qu’elle existe aujourd’hui, est le produit d’une refondation complète en 1946.

                                                          Et pour comprendre les problèmes que pose aujourd’hui cette refondation, il suffit de dire que la réforme de la Fonction Publique fut effectuée en 1946 par Maurice Thorez, Ministre de la Fonction Publique, mais surtout Secrétaire Général du Parti Communiste Français, de retour de Moscou où il avait passé toute la guerre sous la protection de Joseph Staline.

                                                          En même temps que Maurice Thorez réforma entièrement la Fonction Publique, il créa effectivement l’ENA...

                                                          Alors quand l’auteur parle de « révolution » à propos des fonctionnaire, il ne semble pas se rendre compte à quel point il a raison. En effet, la Fonction Publique telle qu’elle existe en France est un pur produit de la révolution communiste...

                                                          http://www.senat.fr/rap/r04-441/r04-4412.html « La DGAFP est née en 1945 d’une volonté de refondation administrative politique après la débâcle de juin 1940, sous l’impulsion conjointe du général de Gaulle, chef du gouvernement, et de Maurice Thorez, ministre de la fonction publique. »

                                                          Ce que le site ne dit pas, c’est que lorsque Maurice Thorez conduisit effectivement sa réforme et la création de l’ENA, le général de gaulle avait déjà quitté le pouvoir et Maurice Thorez avait les mains libres....

                                                          On notera au passage qu’il y a une forme de négationisme à propos de cette histoire. Par exemple le site de l’ENA, qui mentionne le rôle du Général de Gaulle, ne dit rien de Maurice Thorez, dont le rôle dans la création de cette école, dont les élèves monolise aujourd’hui l’essentiel du pouvoir politique, économique et culturel, a été bien plus important.

                                                          Et évidemment, quand on parle de Fonction Publique, en France, on ne mentionne jamais le rôle de Maurice Thorez, qui fut pourtant fondamental.

                                                          Oui, à titre personnel, je donnerais cette opinion : le problème de la Fonction Publique en France, est que dans la mondialisation, dans un monde complètement nous devons faire avec une Fonction Publique de type soviétique d’avant la chute du Mur de Berlin.


                                                          • arturh 31 mai 2007 17:55

                                                            parkway. Le Mur de Berlin est tombé et le Statut de la Fonction Publique de Maurice Thorez va suivre. Et la chute du communisme, ce n’est pas le MacCarthysme.


                                                          • chmoll chmoll 31 mai 2007 09:40

                                                            la nébuleuse, a mis en ligne un site accessible 24/24 de formulaires pour particuliers et professionels (rien que ça)

                                                            les fonctios qui faisaient se boulot,plus besoin d’eux ensuite la masse salariale des fonctios est importante (trop) dans l’budget d’la nébuleuse

                                                            si j’ajoute tous c’que vous pouvez faire sur le net,renseignements ect ect

                                                            moi j’trouve que c’est logique de faire un peu de nettoyage à se niveau là


                                                            • erca57 31 mai 2007 11:37

                                                              Très bon article, qui restitue bien l’état d’esprit des fonctionnaires qui ne se satisfont pas du statu quo.

                                                              Quant à changer cet état de fait, je crains que l’immensité de la tâche ne permette pas d’espérer une amélioration prochaine. Surtout que la solution n’est pas d’ordre arithmétique, comme semblent le penser les politiques et les imbéciles (excusez le pléonasme). D’autant moins que personne ne sait ce qu’on compte : les personnes ayant le statut de fonctionnaires, les personnes travaillant dans la fonction publique, celles émargeant au budget de l’état ? Ce ne sont pas les mêmes !

                                                              En matière de dysfonctionnements des services publics, la question préalable ne serait-elle pas : à qui profite le crime ?


                                                              • vraitravailleur 31 mai 2007 12:11

                                                                Pourquoi devient-on fonctionnaire ? Pour la garantie de l’emploi (c’est-à-dire pour devenir un prébendier). Pourquoi dirige-t-on une entreprise ? Pour créer des richesses.

                                                                Là réside la différence fondamentale entre le « public » et le privé.

                                                                Louis XIV a définitivement établi le statut du fonctionnaire : il doit sa place au bon plaisir du roi -c’est là son seul mérite - et il devient propriétaire de son grade. S’il ne commet pas de grave faute professionnelle (et notamment le détournement de mineurs ou de fonds dans le cadre de ses fonctions, ou encore le harcèlement sexuel), son traitement à vie est assuré.

                                                                Encore qu’ il y a quelques temps, l’organisation d’un détournement de fonds au profit d’un « grand frère » politique intouchable constituait parfois la condition sine qua non pour obtenir une nomination par décret présidentiel.

                                                                Dans ces conditions, le « mérite » d’un fonctionnaire est d’avoir obtenu des diplômes et réussi un concours d’entrée devenu difficile du fait de l’afflux des candidats, alors que les nobles de l’Ancien régime s’étaient contentés de naître.

                                                                Mais pour l’instant, personne n’a pu mesurer l’efficacité d’un fonctionnaire ? Exceptées les forces de l’ordre notées au nombre de P.V. attribués aux conducteurs qui ne respectent pas à la lettre le code de la route, les fonctionnaires ne peuvent être notés et promus qu’à travers le regard subjectif de leurs chefs et de la commission paritaire d’avancement.

                                                                Le fonctionnaire ne peut être efficace au sens du service rendu à la collectivité, puisque, par nature, c’est le parasite de ceux dont le travail est sanctionné par un résultat économique.

                                                                Conseil aux fonctionnaires : faites-vous élire dans la commission paritaire qui décide de votre avancement. C’est alors que votre « mérite » sera vraiment reconnu.

                                                                vraitravailleur


                                                                • arturh 31 mai 2007 12:17

                                                                  C’est évidemment la même chose. En effet, le statut de la Fonction Publique sert de modèle et de référence à tous ceux qui travaillent de près ou de loin avec l’Etat, qu’ils soient employés de collectivités territoriales ou d’enterprises nationales comme EDf ou de cas particuliers comme la RATP.


                                                                • arturh 31 mai 2007 12:18

                                                                  Désolé, cette réaction était destinée au précédent post.


                                                                • AGORA 31 mai 2007 17:29

                                                                  Autre non sens entretenu, je suis désolée mais je ne suis pas devenu fonctionnaire pour la sécurité de l’emploi, mais pour travailler.

                                                                  A une époque où le chômage était déjà endémique, après avoir quitté un emploi dans le privé pour suivre mon conjoint qui était lui aussi dans le privé, être resté deux ans sans emploi, entre de dizaines de demandes d’emploi restées sans réponses,différents petits boulots, stages et autres, j’ai passé quelques concours, le premier que j’ai réussi et qui m’a donné du travail je l’ai accepté. Je ne suis pas fonctionnaire par vocation, mais ma mentalité n’a pas changé en le devenant, je suis payé pour faire un travail, et je le fais, je n’ai pas l’impression de voler mon salaire ni d’être payé à ne rien faire. Je dépend du ministère de la justice et j’ai la faiblesse de croire que si nous ne faisions rien de nos 10 doigts, cela se remarquerait ....


                                                                • AGORA 31 mai 2007 17:33

                                                                  re oups pour le second je répondais à : La révolution des fonctionnaires par vraitravailleur (IP:xxx.x51.163.103) le 31 mai 2007 à 12H11


                                                                • Bof 31 mai 2007 14:12

                                                                  5 000 000 de fonctinnaires mais pour faire fonctionner notre petit pays !!! car nous sommes devenus un petit pays . Alors, avec 5 000 cela devrait suffire . Nos grands industries nationalisées ont dispauru , il n’y a plus que très peu de chose à faire fonctionner avec l’Europe qui prend le relais si j’en crois les « amendes » à payer parceque nos fonctionnaires ne réalisent pas ce qui est imposé librement par l’Europe.


                                                                  • AGORA 31 mai 2007 16:42

                                                                    Il ne faut pas oublier que dans ces statistiques sont compris tous les salaires, y compris les « HH » (hors hiérarchie) dont personne ne peut chiffrer le montant réel. Pour ma part j’ai un exemple concret : cadre B, fonction publique d’Etat, niveau de recrutement BAC + 2, 27 ans d’ancienneté, responsabilité pénale personnelle encourue éventuellement, 37h hebdo minimum, (charte du temps imposée par mon ministère)heures sup non payées mais à récupérer dans les 2 mois ou à économiser sur un plan épargne temps : 2.100 € net, dont 25% de primes qui ne comptent pas pour la retraite mais sur lesquelles je paie comme sur le salaire de base la CSG, CRDS, des impôts (ben oui je paie pour pouvoir être payé puisque « les fainéants de fonctionnaires sont payés avec NOS impôts » et une « petite » taxe appelée solidarité puisque nous ne cotisons pas pour le chômage. Chez nous quand quelqu’un est viré (révoqué)il n’a droit à rien, même pas à sa retraite. Ce qui m’agace c’est la confusion entretenue entre les fonctionnaires et les assimilés (sécu, edf, mairie), c’est ce que je vis au quotidien et ce que je lis dans les quotidiens, c’est bizarre j’ai l’impression d’être sur une autre planète. Plus largement cette façon d’opposer différentes catégories de salariés, d’entretenir cette illusion que l’herbe est plus verte dans le champ du voisin et qu’il vaut mieux pratiquer une politique de terre brûlée que de souhaiter une herbe verte pour tout le monde. Je ne nie pas qu’il y ait des fumistes chez nous comme partout, mais a tous les détracteurs des fonctionnaires je pose cette question : après 2 ans de chômage votre gamin réussit un concours de la fonction publique qui sur 1400 candidats en retient 20, allez vous le renier parce qu’il accepte le poste ? Ah non au fait il n’y a plus de postes dans la fonction publique mais des « équivalents temps plein » . Peut être que votre gamin on n’en prendra qu’un bout pour faire des économies (c’est de l’humour" ...)


                                                                    • AGORA 31 mai 2007 16:53

                                                                      Autre non sens entretenu, je suis désolée mais je ne suis pas devenu fonctionnaire pour la sécurité de l’emploi, mais pour travailler.

                                                                      A une époque où le chômage était déjà endémique, après avoir quitté un emploi dans le privé pour suivre mon conjoint qui était lui aussi dans le privé, être resté deux ans sans emploi, entre de dizaines de demandes d’emploi restées sans réponses,différents petits boulots, stages et autres, j’ai passé quelques concours, le premier que j’ai réussi et qui m’a donné du travail je l’ai accepté. Je ne suis pas fonctionnaire par vocation, mais ma mentalité n’a pas changé en le devenant, je suis payé pour faire un travail, et je le fais, je n’ai pas l’impression de voler mon salaire ni d’être payé à ne rien faire. Je dépend du ministère de la justice et j’ai la faiblesse de croire que si nous ne faisions rien de nos 10 doigts, cela se remarquerait ....


                                                                      • AGORA 31 mai 2007 17:16

                                                                        Oups je me suis trompée en cliquant je répondais à : > La révolution des fonctionnaires par titi (IP:xxx.x36.119.180) le 30 mai 2007 à 18H10


                                                                        • lyago2003 lyago2003 31 mai 2007 19:04

                                                                          Ange était toujours en retard. Chacun s’arrangeait avec le temps et tentait d’imposer aux autres sa propre relation. Dieu s’efforçait d’organiser le sien en cohortes de sept jours, mais ce n’était qu’une vieille habitude. Ange vivait au jour le jour. . Pour tromper son impatience, il passa en revue l’ordre du jour de la réunion qu’il allait présider.

                                                                          Quand une affaire était terminée, ils en mettaient une autre en chantier. D’abord, choisir la victime. Cette fois, Luc voulait « se faire » le président de la république française. Chacun était libre de faire des propositions selon ses dégoûts personnels, mais il fallait tout de même être raisonnable. Le président, c’était un gros morceau. Coupable sans doute, on ne se hisse pas au sommet de l’état sans se salir les mains, mais la culpabilité n’était pas tout.

                                                                          La Société ne prenait en charge que les affaires qu’elle était en mesure de mener à bien. Luc avait parfois tendance à l’oublier dans son désir de bien faire, au risque de mettre leur vie en danger. Le président, ce serait pour une autre fois. Ange, lui, en voulait à l’ancien président d’une grande banque nationalisée. Toutes les conditions d’une mise en accusation étaient effectivement réunies : gestion inconséquente, abus de biens sociaux, enrichissement personnel, indemnité de départ injustifiée ...

                                                                          Chaque français en subissait encore financièrement les conséquences. La tentation de donner à ce fonctionnaire de haut vol le châtiment qu’il méritait était forte, mais d’un faible intérêt juridique. Ce n’était après tout qu’une banale affaire d’escroquerie cautionnée par l’état, avec le contribuable dans son rôle habituel d’escroqué. Prouver la culpabilité du banquier était un jeu d’enfant que Dieu laissait à d’autres.

                                                                          Seuls les jugements susceptibles de faire jurisprudence méritaient l’attention de la Société. Si Luc péchait par excès de confiance, Ange tombait parfois dans la facilité. Aussi remercièrent-t-ils le ciel de leur envoyer en pature cet Adrien Assiret, un jeune retraité de cinquante et un ans qui en avait eu assez de sacrifier les meilleures heures de pêche et de jardinage à l’instruction de ses élèves. C’était des ânes qu’il avait depuis longtemps abandonnés à leur sort en profitant de toutes les failles du système. Bon an, mal an, il était malade une semaine par mois. Grippe, migraine, déprime hivernale, poussée de sève au printemps, c’était un grand sensible. Tout cela était parfaitement légal et toléré, mais très en deçà des ambitions de l’enseignant. Il lui fallait du temps libre, toujours plus de temps libre. Il avait donc pris sa retraite officielle quatorze ans avant les autres, au prétexte qu’il avait élevé trois enfants. Si Dieu lui prêtait vie, il jouirait une longue retraite payée pour l’essentiel par le boulanger du coin. Une telle prouesse laissait Dieu rêveur, lui qui travaillait chaque jour de la semaine. Non qu’il enviât la vie étriquée de cet homme et son entêtement à ne rien faire de productif. Non, ce qui l’intriguait, c’était la passivité des uns et l’égoïsme des autres. Ce qu’il voulait comprendre, c’était comment une caste de paresseux avait fini, dans l’indifférence générale, par faire main basse sur le temps à son seul profit.

                                                                          Rien de tel qu’un procès pour isoler la cause de l’effet. On entendrait les parties, on démonterait les mécanismes, on prendrait le temps de comprendre. Il lui tardait d’y être. Chacun avait sa place dans la Société. Dieu jugeait, Ange défendait, Luc attaquait. La seule fois où Luc et Ange avaient interverti leurs rôles, Dieu avait du prononcer un non-lieu pour vice de forme tant la défense semblait se réjouir des malheurs de son client. Luc ne valait rien comme avocat, mais c’était un procureur redoutable. Il fallait toute l’énergie et la créativité d’un Ange pour contenir ce prédateur né. Soudain Ange passa. Dieu lui fit un petit signe de la main et trouva enfin le mot fléché sur lequel il butait depuis le matin : en neuf lettres, « paresse régionale ».


                                                                          • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 1er juin 2007 02:00

                                                                            L’article est intéressant. Prudence, toutefois, sur les comparaisons internationales : le profil des effectifs du gouvernement central d’un État fédéral comme le Canada diffère naturellement de celui d’un État comme la France. Sur le fond, je crois qu’il faut distinguer entre les problèmes de compétence, ceux de motivation et, enfin, ceux qui découlent d’une indispensable réduction du personnel administratif quand les moyens modernes de gestion et de traitement de l’information sont mis en place. La plus grande partie des contacts entre les fonctionnaires et la population peuvent et doivent être faits d’ordinateur à ordinateur. http://www.nouvellesociete.org/708.html

                                                                            Pierre JC Allard


                                                                            • phyletta 1er juin 2007 12:12

                                                                              Bonjour, j’ai lu avec attention l’ensemble des commentaires, étant moi même fonctionnaire, qui plus est dans l’administration des douanes, secteur hautement décrié ces temps ci.

                                                                              Globalement, je suis vraiment démoralisée de voir à ce point comment on peut taxer d’entrée de jeu les fonctionnaires de fainéants. Cela dure depuis 1974, lorsque R. BARRE avait annoncé qu’ils étaient des nantis ! décidemment, lorsque la croissance va, les fonctionnaires sont des « gagne-petit », lorsqu’elle s’essouffle, ce sont des privilégiés.

                                                                              je suis fonctionnaire, paraît il cadre supérieur (il faudrait comparer le salaire par rapport à celui des cadres du Privé !), je n’ai pas eu la chance, pour cause de concours, toujours assorti de mobilité (surtout pour les cadres supérieurs) de rejoindre ma région d’origine.

                                                                              premier sacrifice : je viens des hautes pyrénées, lorsque j’ai passé le concours d’entrée, on m’a accueillie à l’école en disant « bonjour. Vous pouvez tracer une frontière entre le Havre, Paris Mulhouse ».

                                                                              Pour ce qui me concerne, c’est vrai, voilà 25 ans que j’officie, je n’ai jamais pu redescendre en dessous de la Loire.

                                                                              Moralité : faut attendre d’être vieux pour obtenir une mutation ?

                                                                              1992 : j’ ai passé une sélection professionnelle pour accéder au grade supérieur : me voilà Inspecteur principal, bombardée... à LONGWY, joli port de pêche comme on dit : il n’y avait que deux femmes, dont moi, dans ma session ; bref, à six mois du 1er janvier 1993 (ouverture des frontières), on balance les deux seules femmes du stage, en premier poste, dans une direction (nancy) « appelée à être sinistrée » socialement, un cadre supérieur en moins (sur toute la direction), tout le staff changé à 6 mois du 1er janvier : affectée en juillet, en septembre de la même année, j’étais la plus ancienne de la direction, avec ma collègue... où sont passés les cadres « expérimentés » pour faire front ?

                                                                              Sur mes conditions d’affectation : n’étant pas de nature très optimiste, et étant persuadée que j’allais être collée, j’avais fait bâtir une maison dans le nord de la France : j’y suis restée 15 jours, mutée en « célibataire forcée » (pour l’exemple, on n’allait pas muter mon mari aussi dans une région vouée à des suppressions d’emploi massives, malgré les résultats contentieux engrangés sur cette frontière (stups, manquements aux obligations déclaratives, je crois d’ailleurs que pour notre malheur futur, on a du embêter un peu trop de députés qui revenaient du Luxembourg...). bref, je me retrouve seule à Longwy laissant mon mari et ma gamine de 18 mois à Lille.

                                                                              Logement de fonctions : une bâtisse pourrie, trop grande pour une personne seule ; je l’ai refusée et j’ai atterri à la caserne de gendarmerie de Mont St martin (F3 avec paiement du loyer, bien sûr), sise dans « un quartier sensible ».(je ne rentrais jaamis seule à pied,).

                                                                              Le retour à Lille en fin de semaine (quand je n’étais pas de permanence, et il m’est arrivé d’y rester trois semaines d’affilée, vu qu’il manquait un cadre sup dans cette Direction), se faisait à mes frais, et mes risques personnels : pour gagner du temps le vendredi soir, je prenais l’autoroute via la belgique, donc, si j’avais un accident de circulation, je ne pouvais pas être couverte par « l’accident de service » vu que je circulais à l’étranger. Quant aux trains, je prenais celui de Longuyon pas avant 20h le vendredi soir (arrivée à minuit) pour éviter les « appelés du contingent » passablement éméchés qui revenaient de leur service militaire (jeune femme seule dans un train farcis de jeunes appelés...c’estd ela provocation m’avait dit le chef de gare) de tout cela bien sûr, l’administration ne m’en avait rien dit lorsqu’elle m’a annoncé mon affectation.(sans rire, j’ai eu 30 secondes de réflexion, j’en ai profité pour demander s’il y avait un autre poste possible, vu que j’étais reçue 6ème), on m’a dit que non. Bon ; donc,j’étais d’accord.

                                                                              Au bout de deux ans, chouette, j’ai le droit de demander une mutation. Ce que je fais, il y a des postes à Nantes, c’est au bord de la loire, une partie de ma famille y est. Une maison cela se revend... je postule... j’en profite pour annoncer à mon directeur (qui m’avait demandé, en arrivant, de ne pas lui claquer un congé de maternité, compte tenu du sous effectif de cadres dans la direction) que j’attends un second enfant, mais que, comme promis, mon congé de maternité sera « pour l’autre Directeur ». j’attends. Au bout de quelques semaines, la direction du personnel m’annonce qu’effectivement je peux être mutée, mais qu’il n’y a pas de place pour mon mari.

                                                                              je les crois. je retire spontanément ma candidature, et je suis « rapatriée » à Lille, sur un poste qui ne m’engage pas, mais enfin, je n’ai guère le choix.

                                                                              Trois mois plus tard, j’apprends, de manière tout à fait officielle, que quatre inspecteurs (dont trois plus jeunes que mon mari) sont mutés à Nantes.

                                                                              Explication officieuse celle-ci : dans la DR de Nantes, il y avait déjà une femme à la tête de la division d’angers. quand le DR du coin a su que j’étais la première sur la liste, appelée qui plus est à prendre un congé de maternité, il a opposé son véto à ma nomination. Et il a eu gain de cause.

                                                                              cela, c’est pour expliquer le si faible nombre de femmes cadres supérieurs dans l’administration, entre autres.

                                                                              j’arrive donc à Lille : n’importe qui à ma place serait content : je retrouve ma maison, ma famille, je n’ai plus de frais : et ben non, il y un os, j’aime mon boulot, et je n’ai pas du tout aimé celui qui m’a été confié, parce que j’étais une femme : la communication essentiellement, quelques réunions en Préfecture (celles que les autres ne voulaient pas honorer de leur présence, pour cause de travail « plus important » à faire...)

                                                                              ce système va durer jusqu’à ce que la première femme soit nommée directrice interrégionale, hé oui ! le partage du travail s’effectue alors de manière plus équitable, elle a su valoriser les gens, au lieu de les cantonner dans des fonctions subalternes du genre, « le dernier arrivé est le dernier servi » (sauf pour les permanences à Noêl et nouvel an, où là, que vous aiyez des enfants ou pas, vous y avez droit !)

                                                                              sauf qu’elle part, mutée, au bout de 14 mois. je suis très déçue, et inquiète , j’ai eu peur de « retomber » dans un job cantonné « au service poubelle » après son départ. Alors j’ai sacrifié ma maison, mes intérêts financiers, pour partir à 400 KM, avec armes et bagages et retrouver un poste « plus actif ». ce n’est pas beau la motivation ?

                                                                              Arrive le temps des « promotions » : pour obtenir le grade supérieur, il faut bouger... je suis donc restée deux ans seulement, puis j’ai sollicité un poste qui me permettait d’accrocher le grade (j’avais le choix entre deux postes, un dans le nord ouest, et l’autre dans le nord est), (400 Km de plus), avec au passage, un troisième enfant ;

                                                                              Depuis je suis toujours au même endroit : mon mari a pu me rejoindre (c’est déjà beau), je suis restée à 100% malgré les trois gamins (l’administration rechigne à « officialiser » les temps partiels de ses cadres supérieurs, même lorsque c’est pour maladie, et j’en connais,ce n’est jamais publié au bulletin officiel, « c’est mauvais pour l’exemple »).

                                                                              Bref, depuis que je suis rentrée dans l’administration, j’ai changé de poste environ tous les trois ans, et depuis que je suis cadre supérieur, c’est systématiquement assorti d’un déménagement. Du coup, je suis obligée de ma calmer maintenant à cause des gamins, comme tout le monde.

                                                                              Et la guigne arrive (rappelez vous que c’est la fonction publique) : Arrivée donc sur le dernier poste, je tombe sur un directeur qui s’entend très bien avec moi, trop peut être. du coup, je me sens obligée de lui mettre (maladroitement sans doute) les points sur les I, au bout de quelques mois (ai je trop tardé à le faire ?) du genre « je ne voudrais pas avoir le sentiment d’être favorisée par rapport à mes autres collègues ». Attitude rarissime chez un cadre supérieur, qui par définition, ne peut faire la différence entre loyauté et servilité.

                                                                              Pour m’être opposée aussi ouvertement à ce directeur (je passe le détail des humiliations subies, qui je pense m’auraient permis d’aller devant un tribunal pour harcèlement moral)j’ai eu 5 centièmes de moins à ma notation : pour un cadre supérieur, c’est une sanction rédhibitoire (avec le recul en rigolant, j’ai dit que je me retrouvais sur le même banc que les alcooliques, les corrompus etc) : l’administration, gênée sans doute, m’en a rendu 4 d’office, sans que je fasse le moindre recours, sur les conseils de mon premier directeur, avec lequel j’ai toujours conservé de bonnes relations. mais sous la promesse que je n’en fasse pas après :

                                                                              Pourquoi ? parce qu’en faisant un recours, ce n’était plus mon cas personnel contre un Directeur, c’était moi contre l’adminsitration : le Directeur en question n’a jamais été désavoué (il faudrait pour cela que l’adminsitration fusse courageuse) bien au contraire il a eu « sa carotte » de fin de carrière, pour s’en débarraser en quelque sorte (aux frais du contribuable bien sûr), c’est plus commode, plus rapide, cela évite à l’adminsitration de reconnaître ses erreurs : le principe hiérarchique veut que, lorsqu’il y a divorce administratif entre deux cadres, c’est toujours aux torts exclusifs du moins gradé. Et l’administration est gagante : pas de linge sale lavé au grand jour, une réhabilitation partielle me concernant, sans aller jusqu’au bout de sa logique pour ne pas désavouer ouvertement un directeur,principe hiérarchique oblige...

                                                                              Pourtant, les torts ont été partagés dans cette affaire là, pardon encore d’évoquer mon petit cas personnel, mais cela en dit long sur le fonctionement adminsitratif : sur le fond, pour lui,(ce qui me semble le plus grave,) sur la forme, pour moi, dans la mesure où plus la situation empirait, plus j’ai mené une opposition frontale, peu diplomate, bref, j’ai du quelque part chercher le bâton pour me faire battre...l’administration n’aime pas le bruit, n’aime pas qu’on la pousse à trancher....

                                                                              dans l’administration, un dicton circule : lorsqu’on pose un problème (du genre : un directeur adjoint doit il se soumettre à tous les « souhaits », voire « caprices » du directeur interrégional sans broncher"), on devient un problème.

                                                                              c’est très vrai, j’en suis la preuve vivante.

                                                                              maintenant, j’ai 48 ans, je sais que je ne serai jamis promue directrice (comment pourrait on faire confinace à quelqu’un qui est capable de dire non ?), et il me reste un paquet d’années à travailler sans aucune perspective.

                                                                              Ceci pour rejoindre partiellemnt le commentaire de Monsieur Texier.

                                                                              j’ai tout de même changé de fonctions, (je trouve salutaire de se remettre en question, tous les 5 ans, on devrait tous changer de poste), je gôute aux joies de la performance, et je trouve très injuste que la Douane ait été à ce point montrée du doigt pendant la campagne électorale : donc le savoir faire devrait s’accompagner du faire savoir, et là, on est nul !

                                                                              8500 douaniers (en Surveillance, ceux qui sont en uniforme) ont « fait » - pour s’occuper, parce que depuis l’ouverture des frontières, c’est bien connu, il y a de moins en moins de fraudes) 240 tonnes de tabac de contrebande, quelques 60 millions d’euros de contrefaçons, 3, 2 tonnes de cocaïne, 51 tonnes de résine de cannabis (et encore, l’objectif était de 85 !), 1, 4 millions de doses et cachets d’excstasy etc. ; les services civils ont encaissé quelques 66 milliardsd’euros de recettes fiscales ; pour 2006 seulement. (voyez le bilan 2006 présenté par JF COPE en mars 2007, accessible sur le net)

                                                                              Bon, nous avons 81 indicateurs de performance. A mon avis, c’est trop, trop d’indicateurs tue les indicateurs, d’autant que certains se contredisent : ex : fluidifier le trafic (donc moins de contrôle, moins de temps perdu au dédouanement) mais en même temps, il faut qu’un agent affecté au contrôle rapporte en moyenne 50 000 euros par an (il est loin de les gagner : un agent de constatation gagne environ 1300 euros nets par mois, primes incluses).

                                                                              Pourtant, c’est bien la performance, avoir des objectifs n’a jamais tué personne, bien au contraire. mais là où le bât blesse, c’est que j’ai vraiment l’impression que, quelques soient nos résultats, et là où je suis, ils progressent continuellement depuis trois ans, preuve que les agents ont bien su adapter leurs méthodes de travail - de toute façon, on se fera « exterminer », en tant que fonctionnaires, puis en tant que douaniers, qui n’ont plus rien à faire depuis 1993, c’est bien connu.

                                                                              Dommage qu’il n’y ait plus de gens du terrain à la tête de notre direction générale (plein d’énarques tout partout !) : en 1993, parce qu’ils avaient peur d’être désoeuvrés, la Douane a ramassé plein de missions à droite et à gauche, du genre « le retrait des fruits et légumes » (dons aux oeuvres charitatives sous contrôle douanier) ou, la petite dernière, « le contrôle des poissons sous taille » ;

                                                                              Bref on a 434 missions à peu près, bien que le discours officiel soit « le recentrage sur le coeur de métier ». Quid ????

                                                                              Bon, c’est beaucoup trop tard maintenant, et avec des si, c’est toujours plus facile de refaire l’histoire : mais pourquoi n’ a t on pas constitué une véritable douane européenne, ce serait tellement plus efficace dans la lutte contre la fraude, car notre coeur de métier, c’est celui-là ! Il faut l’assumer sans complexe, au lieu d’inventer des pans entiers d’activité du genre « le pôle action économique, la douane au service des entreprises, la douane et ses procédures domiciliées simplifiées » etc etc. Allons, la plus grande simplification que l’on puisse offir aux entreprises, c’est de disparaître ! Il fallait assumer notre rôle de bras séculier du ministère des finances, comme la garde du même nom en Italie, au lieu de faire perpétuellement le grand écart entre « la douane au service des entreprises » et la lutte contre la fraude : voyez l’association « DEFIS » mise en place par un de nos éminents énarques : dans le cadre de ce contrat, la douane d’une part « fiabilise »l’entreprise en ne lui infligeant qu’un taux très très modéré de contrôles", en échange, l’entreprise lui communique toute information qu’elle serait susceptible d’avoir sur d’éventuels trafics... de stups ou autres... cela n’a jamais marché ! soyons sérieux et réalistes : pour son image de marque, son commerce, la fidélisation de sa clientèle, jamais une entreprise ne reconnaîtra être de près ou de loin, à son corps déféndant, impliquée même de façon très indirecte dans un tel trafic ! pas de mélange des genres, c’est malsain !

                                                                              Mais enfin, tout cela pour vous dire qu’il y a bien des choses à revoir dans la fonction publique, de la parité jusqu’à la motivation, la lisisbilité des politiques suivies ; je retiens, comme j’ai fini par beaucoup aimer mon travail, que la douane est fort mal connue et mal appréciée ; au fait, savez vous qu’on évalue à environ 60 milliards d’euros la perte sèche (en fraudes fiscales)de l’ouverture des frontières ? système déclaratif oblige, on déclare ce que l’on veut, et il n’y a plus de douaniers pour vérifier de façon aléatoire, si c’est exact ou pas.

                                                                              je ne suis pas une nostalgique des temps révolus et ne demande pas à ce titre de remeubler les frontières (vastes billevesées, la fraude vole sur le net, entre autres !!!). je pense que la Douane souffre principalement de deux choses :
                                                                              - de ne pas avoir su communiquer régulièrement sur ses résultats, or nous vivons dans une société de communication où le faire savoir prime sur le savoir faire
                                                                              - d’avoir raté des positionnements stratégiques en 1993, en refusant d’assumer certaines missions qui nous auraient maintenus partiellement en frontière, parce que trop sécuritaires (c’est ainsi que le contrôle d’identité a été confié principalement à la Police de l’Air et des Frontières), alors que la plupart des saisies que nous opérons ont une connotation « sécuritaire » : le tabac de contrebande alimente les grands réseaux maffieux ou terroristes, les stups, les contrefaçons etc...), et d’avoir manqué le RDV européen avec les autres douaniers de l’Union (maintenant c’est trop tard, il n’y a plus une seule administration douanière qui ait les mêmes secteurs ou compétences que nous !). On a fait la vierge effarouchée, chaque fois que le préfet (ministère de l’intérieur) nous faisait les yeux doux, en mettant en avant notre rôle fiscal...mais c’est quoi, la fiscalité des stups ?

                                                                              Ce message est long. n’en retenez qu’une chose : on peut être fonctionnaire et aimer son boulot, même si, quand on est femme cadre supérieur dans un monde masculin très fermé, ce n’est pas rose tous les jours ! malgré tout, j’aime mon métier, même si j’en ai par moment vraiment souffert. Et soyez plus modérés vis à vis des fonctionaires, et des douaniers...si déjà celui ou celle qui a le courage de tout lire pouvait tempérer son jugement en ce sens, ce sera déjà ça !

                                                                              Et rassurez vous, : même sans aucune perspective de carrière (faut être très souple pour cela, ce n’est pas mon fort), je continuerai à bosser, franchement, je plains les gens qui s’ennuient à leur travail, mêm si je pense très hônnêtement que, si j’avais su prendre plus de recul par rapport à mon boulot, j’aurais eu sans doute des réactions plus tempérées vis à vis de mon supérieur hiérarchique, et peut être que l’Administration m’aurait alors complètement réhabilitée, peut être... ! Et je médite ceci chaque jour : si ce qui m’est arrivé avec un certain directeur m’était advenu dans le privé, aurais je eu les mêmes scrupules à tenir tête ainsi ? dans le privé, j’aurais été virée, avec trois gosses à nourrir. Dans le public, j’y ai laissé « seulement » ma carrière. Alors, que faut il en conclure, sur la fonction publique ?


                                                                              • phyletta 1er juin 2007 12:13

                                                                                désolée, un boulette : les services civils ont fait en 2006 66 millions d’euros, pas milliards...mes excuses !


                                                                              • lyago2003 lyago2003 1er juin 2007 18:09

                                                                                @ phyletta, Longue litanie des inconvénients, je pense que vous pourriez faire aussi long avec la liste de vos avantages, celà aurait au moins le mérite d’être honnête.


                                                                                • phyletta 1er juin 2007 18:33

                                                                                  je reconnais bien là l’esprit primaire anti fonctionnaire ! d’accord, j’ai la sécurité de l’emploi. mais je n’ai jamais empêché qui que ce soit de faire des études supérieures pour passer des concours de catégorie A, pour partir de sa région, pour passer ses soirées à réviser un concours interne après la journée de boulot, pour accepter des mutations, pour rester à temps plein malgré trois enfants, dont deux handicapés pour tout vous dire, puisque je n’ai axé mon discours que sur les « avantages » ; donc cher internaute, avant de donner des leçons d’honnêteté aux autres, et puisqu’il paraît qu’il faut valoriser le travail ces temps ci, je crois que vous devriez commencer à vous appliquer à vous même ce que vous exigez des autres, apparemment. Moi c’est toujours comme cela que j’ai pratiqué, je n’ai jamais jeté la pierre, par principe, car souvent le « principe » rejoint « les idées reçues », votre réponse, si cela peut s’appeler ainsi, en témoigne.


                                                                                • lyago2003 lyago2003 1er juin 2007 18:43

                                                                                  Votre réponse est pathétique. Moi je,moi je,

                                                                                  J’attends toujours votre liste de privilèges au lieu de tenter de noyer le poisson mon cher fonctionnaire non primaire.

                                                                                  Arrètez donc de vous prendre pour DW.


                                                                                  • phyletta 1er juin 2007 18:53

                                                                                    non je préfère laisser tomber, rien de constructif dans cet échange, avec vous en tout cas. la liste de « mes privilèges » se résume à deux mots : mon salaire, j’ai un traitement brut de 3771 euros mensuels,sur lequel sera calculé 75% de ma retraite (dans très longtemps) après 25 ans de service, 10 dans la catégorie A (inspecteur) et depuis le 1er juillet 1992, en tant que cadre sup ; j’ai aussi la sécurité de l’emploi ; pas de logement ni de véhicule de fonctions, je vous rassure. quant à « moi je », « moi je », je vous rappelle que vous êtes ici sur un site permettant aux opinions personnelles de s’exprimer, et par définition, je ne fais qu’exprimer les miennes ; j’ajoute que je ne vous répondrai plus, j’attends je l’espère des contributions plus interessantes et plus ouvertes d’esprit, venant d’autres internautes. Etant primaire par nature, je pense en effet qu’il y a des gens intelligents qui ne sont pas forcément fonctionnaires, ni anti fonctionnaires.


                                                                                  • Thierry136 1er juin 2007 21:25

                                                                                    Excellent article, vraiment bien écrit et qui sent le vécu ! Je suis fonctionnaire dans une université et je pense comme vous que la majorité des fonctionnaires est compétente. C’est le poids des structures, des acquis, des comportements qui pèsent sur nous et nous empêchent d’agir efficacement pour tout changer. Et l’isolement aussi. Rien que cette si lourde hiérarchie, ces circuits complexes et ahurissants pour passer la moindre commande, ce découragement aussi devant les avantages incroyables de certains qui ne sont en effet jamais sanctionnés et nuisent à l’ensemble de la communauté.

                                                                                    Mais ceci n’est pas une plainte. L’argent n’est pas essentiel comme signe de reconnaissance : le travail accompli pour les étudiants l’est beaucoup plus.

                                                                                    Ce qui me pousse à vous répondre, c’est ce sentiment de gâchis qui me taraude depuis des années. On pourrait faire tellement plus pour les étudiants, surtout pour les plus faibles qui décrochent pendant la première année. On pourrait créer des universités fantastiques avec toutes les idées, tous les personnels et tout l’argent car c’est le grand paradoxe : il y a de l’argent, beaucoup d’argent dans les universités mais souvent très mal géré.

                                                                                    Alors que faire ? Ca m’a fait du bien de vous lire et je pense mettre les pieds dans le plat, dans mon université.

                                                                                    J’aimerais lancer un appel à la présidence de l’université pour demander que les personnels (dans un premier temps) aient la possibilité d’envoyer, à une bal créée pour l’occasion, des mels où chacun pourrait demander des éclaircissements sur tel ou tel point et proposer des idées d’amélioration. Les mels seraient étudiés par les conseils ou le bureau de l’université. Les réponses (éventuelles) seraient envoyées à TOUS les personnels. Cela devrait encourager la participation d’un plus grand nombre, petit à petit.

                                                                                    Rien de très révolutionnaire pour ceux qui ne connaissent pas le fonctionnement d’une université mais si ça marche, je vous le dirai ! smiley


                                                                                    • lyago2003 lyago2003 1er juin 2007 21:27

                                                                                      Merci en tous cas de votre réponse partielle concernant les avantages d’un fonctionnaire classe A. Cordialement, ni primaire ni anti-fonctionnaire ni intelligent mais très étonné de votre mauvaise foi.

                                                                                      Gardez donc vos réponses pour ceux qui sont en accord avec vos écrits celà fera avancer le schmilblick puisque vous ne supportez pas la contradiction.


                                                                                      • Rage Rage 2 juin 2007 19:43

                                                                                        Excellent article, je ne pourrais qu’aller dans le même sens.

                                                                                        Une phrase résume tout : « En réalité, la complexité structurelle et l’absence de gestion des carrières sont les premières responsables du manque d’efficacité de l’appareil public. »

                                                                                        Je résume le résumé en 3 mots : DEFICIENCE de MANAGEMENT des COMPETENCES

                                                                                        Autrement dit, la Fonction publique crève de l’incompétence notoire de ces RH qui ne font que gérer des paies, ne décident de rien, ne comprennent rien et font croire qu’elles servent à quelque chose.

                                                                                        La fonction publique en France, c’est the wrong man at the wrong place. Mort à l’initiative, culte de la féodalité, déresponsabilisation à la racine, démotivation des troupes, promotion à l’incompétence.

                                                                                        Vous ne me croyez pas ? Je le vois tous les matins et j’ai 25 ans... ça me désole... et il faudrait déplacer des montagnes pour que ça change positivement...


                                                                                        • vraitravailleur 2 juin 2007 22:07

                                                                                          @phyletta

                                                                                          Merci, pauvre phyletta, de nous avoir raconté votre vie de femme esclave, obligée de passer son temps dans un bureau à subir les caprices d’une hiérarchie uniquement préoccupée de son avancement. Vous êtes contrainte en effet de gagner un modique salaire en comptant les heures de présence (37 selon vous) parce que votre mari est incapable de subvenir seul aux charges du ménage.

                                                                                          Vous rendez-vous compte que vous avez gâché toute votre jeunesse et pour quoi ? Pour faire une petite carrière dans des villes moches avec un salaire de misère et pour seul bénéfice la garantie de l’emploi. Non, les fonctionnaires ne sont pas des feignants mais ils ont été conditionnés pour avoir peur de quitter la fonction publique et ils se voilent la face pour ne pas voir qu’ils sont inutiles à la collectivité, surtout ceux des douanes.

                                                                                          Quand le système socialiste s’est effondré dans les pays du Pacte de Varsovie, les salaires des fonctionnaires sont devenus si médiocres que les femmes se sont lancées dans le privé tandis que les maris restaient fonctionnaires en attendant des jours meilleurs et « pour la garantie de l’emploi ». Le résultat au bout d’un an : beaucoup de femmes gagnaient vingt fois plus que leur mari et certaines en ont alors changé.

                                                                                          Un peu plus haut, j’ai lu qu’un colonel 2e échelon avait moins de trois mille euro de retraite. C’est intéressant mais uniquement comme revenu d’appoint pour quelqu’un qui retravaille après sa retraite. De toutes façon, on ne pourra jamais comparer public et privé puisque dans le privé, je ne dépends de personne pour me fabriquer des revenus : si je fabrique des chaussettes et que ça ne marche pas, j’essaye de fabriquer autre chose et je finis par trouver le créneau rentable.

                                                                                          Dans la fonction publique, il n’existe pas de mesure de rentabilité ni de sanction de la clientèle. C’est donc la hiérarchie qui décide arbitrairement. Et la hiérarchie, c’est un individu qui ne s’intéresse qu’à sa carrière. C’est la seule finalité de la fonction publique.

                                                                                          A quarante huit ans, rien n’est perdu, chère phyletta, d’autres perspectives s’offrent à vous ! N’avez-vous jamais eu envie de faire autre chose que d’aller au bureau 37 heures par semaine subir les humeurs de la « hiérarchie » ?

                                                                                          vraitravailleur


                                                                                          • phyletta 3 juin 2007 09:57

                                                                                            Bonjour. Sur le montant de la retraite : c’est vrai que cela doit en décevoir pas mal, je n’aurais pas forcément tout à fait ce montant, j’ai pourtant le même grade équivalent que celui de colonel.

                                                                                            la retraite est dans la fonction publique calculée sur l’indice de fin de carrière, donc le plus élevé, à condition qi’il ait été détenu pendant 6 mois au moins. dans le privé, c’est sur les 20 meilleures années . cette distorsion s’explique par le fait que les salaires de la fonction publique sont beaucoup moins élevés que dans le privé. les lois FILLION de 2003 prévoyaient que cela soit dans un premier temps calculé sur les trois dernières années.

                                                                                            cela me semblerait effectivement plus équitable, en effet, l’actuelle législation fait qu’il existe des promotions retraite, c’est à dire qu’on fait passer « les plus anciens » dans le grade immédiatement supérieur, à condition qu’ils s’engagent à partir à la retraite au bout de six mois.

                                                                                            Bon, OK, humainement je comprends, surtout que ce système ne concerne qu’une partie infime d’un même corps, par exemple, sur 200 postulants au niveau national (chez nous en douane, ailleurs je ne sais pas), seule une dizaine à tout casser va bénéficier de ce système.

                                                                                            le problème, c’est que lorsque vous avez un promu de ce type dans le service, promu en fonction « d’un excellent dossier » évidemment, vous avez plutôt tendance à faire la tête :
                                                                                            - parce que vous ne l’avez que pour 6 mois ;
                                                                                            - parce qu’ils vous rappelle que justement dans six mois, il s’en va, donc, pour arriver à le « manager » correctement, si quelqu’un a des idées, je suis preneuse...

                                                                                            mais d’un autre côté, il faut bien comprendre que si ce type de disposition existe, c’est que vraiment la pension est en général peu attractive, les salaires ne le sont déjà pas. ce qui explique que pas mal d’énarques vont « pantoufler » dans des postes du privé, ce qui en dit long aussi sur leurs préoccupations premières dans la façon de mener leur carrière. Excusez moi, je ne suis pas là sans doute très objective, j’ai vraiment une dent contre eux...

                                                                                            d’autant qu’en me baladant sur le net, j’ai lu qu’une prime de performance avait été versée aux hauts fonctionnaires des cabinets ministériels, aux directeurs et autres, d’un montant de .... 10 à 15 000 euros. Ah BON ?

                                                                                            parce que sur le terrain, (je fais partie des gens qui se sont levés pas mal de fois la nuit, pour aller rejoindre mes gars quand il y avait soit une procédure en cours, soit un problème etc..) les agents, c’est à dire, ceux qui font la performance, n’ont eu que...80 euros sur l’année (pour 2006), le maximum étant de 150, lorsque les 10 objectifs prioritaires, au niveau de la douane du moins, ont été atteints. Pour 2006, 6 sur 10 seulement ont pu être réalisés, et c’est calculé au niveau national, « tout le monde travaillant pour tout le monde » : bref, les directions qui ont par exemple atteint 9 objectifs sur 10 ne touchent pas plus que celles qui n’en ont fait que 5 sur 10, puisqu’il s’agit d’une moyenne. deuxième « erreur » à mon avis (mais moi je vois cela du petit bout de la lorgnette), à l’intérieur d’une direction régionale, tous les services touchent cette prime, c’est à dire les agents du terrain (ceux qui rampent dans les camions, qui se tapent 24 h de procédure non stop, etc etc) et...les services administratifs (8h 12h 14h 18h). On appelle cela l’esprit de « collégialité », c’est justifié par le fait que le service « des équipements », est là pour nous aider (au nom de la LOLF, par exemple, ils ont réaffecté les téléphones portables, donc évidemment il y en a moins...)je n’arrive pas à avaler la pilule : les primes de performance devraient être réservées à ceux qui la font !!!!! je n’ai rien contre les services administratifs, (faut bien des comptables etc etc...)mais quand même ! je trouve cela démotivant au possible ! je comprends qu’au niveau central, on préfère jouer « national » : c’est plus facile de « distribuer » la même somme à tout le monde plutôt que de récompenser en individualisant les directions selon leur niveau propre des objectifs atteints.cela créerait des différences, donc, des explications à donner... Même si, il faut, pour être totalement juste, adapter les objectifs en fonction de facteurs totalement extérieurs à la simple bonne volonté des gens : ainsi, faire un manquement aux obligations déclaratives (« avez vous des sommes à déclarer » est quand même plus facile dans la direction du Léman, à la frontière franco suisse, qu’en pleine Bourgogne ! plus facile de faire des robots électro ménagers contrefaits à Marseille (port d’importation) que d’encaisser des droits de douane à Rouen (port d’exportation). Donc, il fallait faire du « sur-mesure ». mais évidemment, cela demande du temps, du boulot, une bonne connaissance du terrain (faut pas demander cela aux énarques), et surtout, surtout, savoir dire à un service, ou une personne, car cela aussi cela peut arriver, qu’il est « franchement mauvais », ou pire, qu’il a régressé, alors qu’il bénéficie soit d’un emplacement, soit de moyens que d’autres n’ont pas.

                                                                                            Et sur la notation : je rejoins ce qu’a expliqué Monsieur TEXIER. je pense que sincèrement, l’administration fait des efforts pour essayer de responsabiliser les agents (et leur hiérarchie).mais comme je dis souvent à propos de la performance, on n’a pas imité le privé, on l’a singé seulement : vous ne pouvez pas « bouger » quelqu’un fusse à 30 km, le mettre sur un poste plus utile, où il y a plus de boulot, si ce n’est pas la même résidence... (il faut prononcer une mutation, inscription au tableau national,aller en CAP centrale avec les syndicats). Un directeur, pour cause de LOLF, dirige soit disant « l’opérationnel » mais, il faut savoir que tout ce qui touche au personnel, au matériel, aux indemnités comptables et autres dépend, dans le cadre de la LOLF, du Directeur Interrégional, responsable des services « gestionnaires ». D’après vous, qui détient le pouvoir dans ce système ? celui qui doit faire les résultats avec ce qu’il a là où il les a, ou celui qui détient les cordons de la bourse ? Il paraît que tout le monde travaille ensemble, ils appellent cela « le principe de collégialité ». En réalité, cela tourne aux enguelades organisées chaque trimestre, lorsque vous avez un directeur opérationnel qui songe à faire marcher ses services ; s’il songe à sa carrière (au fait, justement, c’est le directeur « gestionnaire » qui le note désormais), il la ferme, il exécute, et il « fait au mieux ». la performance c’est bien, enfin, on aurait pu en faire quelque chose de chouette. moi cela ne me dérange pas de travailler avec des objectifs, bien au contraire, on sait où on va, et on cherche à s’améliorer. mais, principe de LOLF oblige, on a « cloisonné » les services de gestion et les services opérationnnels, les premiers ayant toujours le dernier mot (comptable et hiérachique) sur les seconds. je croyais que dans le privé, un directeur a qui on refile des objectifs a aussi carte blanche pour s’organiser et les atteindre. je rêve ? est ce partout pareil comme chez nous ?


                                                                                          • phyletta 3 juin 2007 10:30

                                                                                            A Vrai travailleur

                                                                                            Vous êtes sympa. je n’ai pas tellement écrit cela pour me plaindre de mon sort, non, mais surtout pour dénoncer, notamment dans la gestion des cadres supérieurs surtout dans les très petites adminsitrations, la loi du « non écrit » du « non dit » au delà des belles assurances et des beaux principes qui paraît il régissent tout déroulement de carrière.

                                                                                            1) je vous dois d’être honnête : femme esclave est un peu fort : c’est vrai que chez nous, la plupart des femmes cadres supérieurs sont divorcées, ou sans enfants, ou célibataires, et de toute façon, se comptent sur les doigts d’une main ; il y a environ en douane, hors la direction générale à Paris, 7 postes de directeurs interrégionaux (trois à quatre directions régionales à gérer) et 44 directions régionales :
                                                                                            - sur les 7 DI, 0 femmes
                                                                                            - sur les 44 postes de directeurs, actuellement, 8 femmes, dont une seule mariée et mère de famille, un autre mariée sans enfants, les autres célibataires ;
                                                                                            - ceci dit, si d’aventure on devait nommer des femmes pour assurer une parité, je suis contre ce principe de discrimination positive : on ne devrait pas se poser ce genre de question, et ne plus faire attention, dans les nominations, si DURAND s’appelle Monique ou Pierre.

                                                                                            2) je suis très loin des 37h par semaine : dans le cadre de l’ARTT , les cadres sup sont au forfait : 38h30 par semaine au minimum. mais « cela ne se fait pas » qu’un cadre sup pose des « récupérations », pour l’exemple bien sûr. cela fait partie des interdits qu’un cadre sup s’auto inflige, pour ne pas « décevoir » : un cadre sup qui part à 18h, c’est mal vu... En Allemeagne ou dans les pays du Nord de l’Europe, cela signifierait au contraire soit que vous ne savez pas vous organiser dans votre travail (en allemagne), soit que vous n’avez pas de vie de famille, ou alors, qu’elle est franchement le dernier de vos soucis : ce qui explique que la majorité des directeurs soient plutôt des hommes, et que, pour cause de carrière, madame assure l’intendance, et donc ne travaille pas. d’où la faiblesse du nombre de femmes dans ce métier. cela explique aussi, puisqu’il n’y a qu’un seul salaire pour toute la famille, qu’un directeur « soit prêt à tout » pour faire carrière.

                                                                                            Et puis il y a aussi l’évolution des mentalités : du temps où j’ai passé ce concours, il y avait environ 140 postulants pour 15 places. maintenant, les jeunes couples travaillent tous les deux, et le rapport « qualité prix » s’effectue lorsqu’il est question que l’un des deux passe cette sélection. moralité, l’an dernier, 47 candidats inscrits (au niveau national !) pour 14 places.

                                                                                            Tout le monde préfère la carrière longue : pas de différences notoires de salaire, moins d’ennuis car moins de responsabilités au boulot, moins de mobilité...

                                                                                            3) je ne regrette rien de mon parcours, dans la mesure où si j’ai été esclave de quelqu’un, c’est d ’abord du boulot : j’aime cela, que voulez vous ! je crois que je dois tourner autour de 45h par semaine, j’en amène chez moi parfois, donc voyez, tout n’est pas de la faute de l’administration ; elle ne m’oblige pas à le faire. c’est moi qui me sens obligée de le faire (ce qui existe chez la grande majorité des cadres supérieurs, à des degrés plus ou moins divers, je ne suis pas la pire...)

                                                                                            4) Et puis, à 48 ans, où voulez vous que j’aille, à part mon expérience de fontionnaire, qui en voudrait d’ailleurs ? Il faut avoir des qualités que je n’avais peut être pas pour « se jeter à l’eau » dans le privé, le gôut du risque par exemple. j’ai choisi la sécurité, pour les enfants principalement. Donc, je n’ai pas le droit de me plaindre tout à fait.

                                                                                            5) En revanche, il y a de sacrés progrès à faire dans l’honnêté du discours, la gestion des personnes, le déroulement des carrières etc etc ; c’est vrai que je n’ai pas eu beaucoup de chance de ce côté là, mais vous savez, dans le privé, si je n’avais pas « cédé » à mon supérieur hiérarchique, ne croyiez vous pas que je l’aurais payé encore plus durement ?

                                                                                            n’empêche que votre message m’a fait plaisir. mais je pense à la majorité des femmes qui cherchent à s’émanciper, s’épanouïr dans le boulot, et de ce côté là, je n’ai quand même pas tout raté ! merci en tout cas de votre sollicitude, de la part d’un cadre sup fonctionnaire femme mère de trois enfants, très « incorrecte poliquement » !


                                                                                          • toto1701 2 juin 2007 22:28

                                                                                            qui peut m’expliquer les 150 euros(en moyenne) de difference entre le salaire mensuel imposable et le net perçu qui figure sur les fiches de paie des fonctionnaires


                                                                                            • toto1701 2 juin 2007 22:32

                                                                                              precision le montant imposable et plus élevé que le net perçu ce qui a mes yeux constitue un vol !


                                                                                            • toto1701 2 juin 2007 22:37

                                                                                              qui accepterait de declarer 150E que je multiplie par 12 mois /soit 1800euros de revenu non perçu par an


                                                                                            • phyletta 3 juin 2007 08:58

                                                                                              bonjour, je crois que cette différence provient du fait qu’il y a imposition sur l’imposition, c’est à dire qu’on prélève deux fois la CSG et autres prélèvements sociaux, ce qui explique que le montant à déclarer est toujours supérieur au montant net réellement perçu.je ne suis pas certaine que cela ne concerne que les fonctionnaires d’ailleurs. j’espère que cette réponse est la bonne.


                                                                                            • phyletta 3 juin 2007 12:06

                                                                                              personne, c’est l’employeur (donc l’Etat) qui le fait à votre place


                                                                                            • moebius 2 juin 2007 22:36

                                                                                              Alors combien de points de retraites ? les révolutionnaires


                                                                                              • Parpaillot Parpaillot 3 juin 2007 00:10

                                                                                                Article intéressant, merci à l’auteur !

                                                                                                Dans le monde en général, et l’Europe n’y fait pas exception, le service public est soumis de plus en plus à des critères de rentabilité. Ceci est le corollaire de la mondialisation de l’économie. On peut déplorer cet état de fait, mais il faut s’y adapter bon gré mal gré ...

                                                                                                Pour toute activité, de quelque nature que ce soit, aussi bien dans le secteur privé que public, il me semble logique de pouvoir fixer des objectifs et d’en vérifier ensuite les résultats à l’aide d’indicateurs de pondération. Les activités du secteur public ne devraient pas y faire exception, étant entendu que ce sont les utilisateurs des prestations fournies (les usagers) qui les paient en finalité, que ce soit par l’achat de leurs titres de transport, par des émoluments administratifs, ou encore par le biais de leurs impôts. L’interprétation des résultats doit permettre en premier lieu de détecter les anomalies, de les analyser et d’y remédier dans les meilleurs délais. Les coupables n’étant pas forcément les lampistes ...

                                                                                                A l’heure où l’on semble s’orienter vers une harmonisation fiscale au sein des pays de l’UE, voire au-delà, il semblerait logique que l’on puisse également exiger l’harmonisation des prestations fournies par les services publics de ces pays, et ceci aussi bien en termes de nature que de niveau de qualité. On pourrait y parvenir en fixant par exemple des critères de convergence comme ce qui a été fait pour la rigueur budgétaire au sein de la zone Euro.

                                                                                                Il est nécessaire de responsabiliser les fonctionnaires, mais pour y parvenir il faut également leur donner plus de compétence et surtout changer les mentalités au sein des administrations publiques, celles-ci étant au service des citoyens et non pas l’inverse ...

                                                                                                On peut encore relever que dans certains pays, en Suisse par exemple dans l’administration fédérale et dans la plupart des cantons également, le statut de fonctionnaire a été abrogé. Dans ces pays, les employés (on ne parle plus de fonctionnaires ...) de la plupart des services publics sont soumis à des entretiens d’évaluation périodiques. L’efficacité des services publics s’en est trouvée améliorée, pour le plus grand bien des usagers.

                                                                                                Enfin, dernière remarque : lorsque je lis certaines réactions relatives à cet article, j’ai l’impression de me replonger dans la lecture de Courteline et parfois même de Zola, à lire la misère extrême vécue par « phyletta » par exemple, vers qui va toute ma compassion ...


                                                                                                • phyletta 3 juin 2007 19:15

                                                                                                  A parpaillot, grand merci, mais il faut tout relativiser, je ne suis pas au chômage, vous savez, je connais des pères de famile qui font semblant d’aller au travail le matin pour ne pas avouer à leurs gamins qu’ils n’en avaient plus ; moi j’ai eu la chance de partir tous les matins au travail, même si pendant une assez longue période, j’y suis allée « la peur au ventre ».

                                                                                                  simplement j’ai voulu dire que la vie de fonctionnaire n’est pas toujours aussi rose et privilégiée qu’on veut bien le faire croire. Et que tous sont loins d’être des « dilettantes ». votre soutien de même que celui de « vrai travailleur », me réconfortent dans le sens qu’il m’importait par dessus tout de réhabiliter au moins en partie une catégorie professionnelle un peu trop« sous les feux » en ce moment, ce qui ne m’empêche nullement de dénoncer ses vissicitudes, car il y en a ! mais je crois que dans l’administration, il est difficile de critiquer ouvertement un système sans que cela soit perçu comme une forme d’« hérésie », alors que pour moi, la critique est d’abord constructive, il faut bien souligner ce qui ne va pas pour chercher à améliorer le cours des choses, non ? c’est simplement identifier un problème pour chercher à le résoudre. mais dans l’administration, il ne doit pas y en avoir, par définition. comprenne qui pourra ; en tout cas, moi, j’ai eu ma dose. Mais grâce à des témoignages comme les vôtres, je crois que je garderai suffisamment de « peps » pour longtemps encore.


                                                                                                • idyllique 3 juin 2007 13:17

                                                                                                  Voir l’excellent dossier de Capital... tout est dit ! Chaque fonction publique fonctionne avec ses multitudes chapelles, un millefeuille monstrueux à gérer par l’Etat, les collectivités territoriale et qui coûte très cher à tous les contribuables car pas rentables. La révolution culturelle est que même les fonctionnaires dans leur ensemble souffrent des dysfonctionnement ubuesque, des vexations, des bas salaires, ils veulent être « rentables », être rémunéré en fonction de leurs compétences, métiers, parcours, mérites... travailler plus pour gagner plus, avoir leurs primes intégrés au salaire pour que leur retraite soit moins pingre ! et être débarrassés de ces syndicats strostkystes qui verrouillent tout le système, sont systématiquement contre tout (notons, les fameuses CAP entre autres (planquent des incompétents notoires qui se glorifient en se permettant de juger de l’avancement d’un fonctionnaire au pifomètre et selon l’humeur du moment sans jamais aller sur le terrain ou mieux faire passer ledit fonctionnaire devant un jury pour qu’il puisse exposer, soit questionné ses motivations de carrière !) Le nivellement se fait par le bas à tous les étages... S’ils bossent ! Oui, la fonction publique sait générer du travail à la pelle... et justifier ses besoins en RH ! Enfin vouloir mettre dans le même sac : le prof de fac, l’instit, le pompier, l’infirmière, la secrétaire administrave, le collaborateur d’élus et le ministre est une erreur consternante... ce n’est pas ainsi que nous les aideront à se débarrasser de tous leurs carcans !


                                                                                                  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 3 juin 2007 14:10

                                                                                                    Vous avez tout à fait raison : le manque apparent d’initiative des fonctionnaires et d’innovation dans la fonction publique n’est en rien le fait du manque de dévouement des fonctionnaires, car celui-ci, quand il existe -et c’est très rare- est une conséquence et non une cause de l’étouffement systématique auquel le personnel (qui n’est pas considéré comme des personnes mais comme des fonctions sur une organigramme) est soumis par leur hiérarchie qui est souvent double, si ce n’est triple qui coopèrent pour gérer les corps : l’administrative (on ouvre systématiquement la parapluie), la syndicale (on défend les statuts et les prérogatives contre l’arbitraire de la hiérarchie administrative) et parfois la pédagogique dans l’éducation nationale (Inspection éclair pour l’avancement).

                                                                                                    Nul n’a intérêt alors, sauf à prendre des risques incalculables pour sa carrière, de se mettre à dos cette double, voire triple hiérarchie qui défend les acquis comme condition de la soumission consentie à l’état. Ce système, sous le but apparent de rendre les fonctionnaires indépendants des usagers et des pression extérieures privées, ne reconnaît en rien les services rendus auprès des usagers.

                                                                                                    L’état se prétend par définition l’incarnation de « l’intérêt général » et celui-ci, comme chacun sait , doit s’imposer contre celui, toujours suspect de particularisme, des usagers. Donc les fonctionnaires sont priés de ne pas répondre à la demande sauf lorsque les choses se gâtent. Or la reconnaissance passe par cette réponse ; mis cela voudrait dire que l’état et ses procédures impératives n’aient plus le monopole de l’intérêt général.

                                                                                                    Et voilà pourquoi votre fille est muette (comme l’armée) !


                                                                                                    • dezil 3 juin 2007 14:23

                                                                                                      J’aimerais que vous me donniez les deux services de l’Education Naionale qui ont les memes prérogatives.


                                                                                                      • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 3 juin 2007 21:09

                                                                                                        Je ne sais pas si votre question s’adresse à moi, mais pour avoir été 9 ans en CAPA je peux vous dire que les conflits entre inspection pédagogique et administration sont courants pour juger de la qualité de l’enseignant et cela pour une raison très simple : une inspection n’est qu’une comédie ponctuelle, une mise en scène instantanée et ne dit pas grand chose de l’efficacité dans la durée de l’enseignant et de sa pratique, au contraire de l’avis de son chef d’établissement.

                                                                                                        De plus si vous êtes agrégé vous êtes protégé plus ou moins à vie...de toute concurrence par rapport à un certifié etc..

                                                                                                        Sans compter que le syndicat majoritaire (la FSU) fait quasi ce qu’elle veut avec l’administration, voire l’inspection, pour les nominations et la promotion des enseignants de sa chapelle. (échanges permanents de services mutuels entre syndicats adhérents à la même fédération). Le syndicat joue constamment de leurs conflits quand il ne les aiguise pas afin de défendre les intérêts de leurs clients...Le gestion de l’EN est un jeu à trois bandes permanent sur lequel toute velléité de réforme des pratiques et des programmes s’épuise.


                                                                                                      • vraitravailleur 3 juin 2007 15:07

                                                                                                        @phyletta

                                                                                                        Effectivement, du moins jusqu’à une date récente, les officiers qui partaient en retraite assez tôt bénéficiaient d’un indice de retraite équivalent à celui du grade supérieur : par exemple, un lieutenant colonel pouvait partir avec la retraite d’un colonel au 2e échelon. C’était « l’article 5 ». J’ignore s’il existe toujours.

                                                                                                        Par ailleurs, fonctionnaire de catégorie A, sans doute à un indice net d’environ 850 points, vous pouvez demander une mutation intéressante dans un autre ministère ou une autre direction. Vos primes sont un peu basses alors que le ministère des Finances est connu pour accorder à ses fonctionnaires les primes les plus élevées de la fonction publique.

                                                                                                        Effectivement, vous aussi, vous avez été bien conditionnée pour penser que vous n’êtes pas capable d’avoir une autre activité professionnelle qu’agent des douanes.

                                                                                                        Alors que vous avez une foule de qualités qui pourraient vous permettre de créer ou de travailler dans une entreprise ou un cabinet privé : vous possédez la connaissance des arcanes de la fonction publique indispensables pour négocier avec l’administration.

                                                                                                        Les règlements douaniers n’ont plus de secrets pour vous et vous savez comment les contourner ou les mettre en contradiction, car, résultant d’une série de loi votées pour satisfaire des intérêts particuliers, ils sont nécessairement incohérents. Connaissance que n’ont pas toujours les importateurs.

                                                                                                        Vous êtes tolérante, ouverte au dialogue, vous avez élevé deux enfants handicapés, ce qui nécessairement forme le caractère à l’endurance et à la patience.

                                                                                                        En revanche récriminer après les énarques n’est pas positif pour un fonctionnaire : j’ai lu plus haut que l’ENA avait été créé par Maurice Thorez (alors ministre de la fonction publique), c’est-à-dire sur le modèle de l’Ecole des cadres du parti communiste d’Union Soviétique comme le CNRS a été revu en 1946 sur le modèle de l’Académie des Sciences de l’Union Soviétique.

                                                                                                        Pourquoi réagir comme le petit apparatchik Nekrassov (de Sartre) qui en veut à son chef Orlov ? L’Enarque fait partie de la Nomenklatura. Pour réussir le concours, il a dû apprendre à contrôler ses propos et sa gestuelle, porter en permanence un costume gris ou bleu marine avec une chemise bleu-clair et une cravate unie et sa position est beaucoup plus instable que la vôtre, puisqu’il est révocable à tout moment. Il est donc normal qu’il s’intéresse exclusivement à sa carrière, sans état d’âme.

                                                                                                        Si vous décidez de rester fonctionnaire jusqu’à votre retraite, faites-vous élire dans les commissions d’avancement, développez votre pouvoir de nuisance, essentiellement en accumulant des preuves sur les détournements de fonds ou de matériels saisis effectués par la hiérarchie pour ressortir ces preuves au moment opportun en les apportant directement au cabinet du président de la République. Qui ne voudra pas de vagues.

                                                                                                        C’est la seule méthode efficace dans la fonction publique et qui vous permette d’obtenir davantage de primes, des congés supplémentaires, une notation d’élite, avec toutes les croix dans la bonne case, un avancement très rapide et surtout un congé exceptionnel d’au moins cinq ans avant la retraite, avec traitement complet, années validées pour cette même retraite.

                                                                                                        Encore jeune, vous pourrez alors entreprendre d’autres activités bénévoles ou lucratives.

                                                                                                        Et vous vous direz comme tous ceux qui ont vécu votre expérience avant de se mettre à leur compte : « si j’avais su, je n’aurais pas perdu tout ce temps et j’aurais voté plus tôt pour Sarkozy ».

                                                                                                        vraitravailleur


                                                                                                        • phyletta 3 juin 2007 17:49

                                                                                                          Re bonjour,

                                                                                                          Vrai travailleur, je vais quand même pas mal méditer vos propos, sans doute êtes vous quelqu’un de très réaliste, au contraire de vous, j’ai du rester un peu idéaliste, ou naïve sur les bords, pour ne pas dire autre chose ;

                                                                                                          1)Sur mon indice, je suis à 797, je passe théoriquement l’an prochain à 820, puis sans doute plus rien après ;

                                                                                                          2)Sur les primes du ministère des finances, il paraît effectivement qu’elles sont plus élevées qu’ailleurs, sauf peut être au ministère de l’Intérieur ? ce qui n’est pas normal, c’est que la Cour des comptes n’y retrouve pas ses petits, et j’ai la vague sensation qu’il vaut mieux être dans les bureaux de bercy, dans les directions générales, que dans les services extérieurs, dits de terrain.

                                                                                                          Pour les primes attribuées avec la mise en place de la performance, je ne pense pas que cela facilite les choses et crédibilise le discours, que cela pousse les agents à adhérer à ce système, que de leur octroyer « en globalité » un maximum de 150 euros annuels (soumis à l’IR) s’ils atteignent les 10 objectifs fixés (par JF COPE pour 2006 et 2007).Surtout si dans les cabinets ministériels, elle atteint 10 à 15 000 euros ! je dois rêver sans doute, mais moi j’aurais préféré un système qui reconaisse d’un côté la garantie de l’emploi : base de salaire plus élevée, intégration d’une partie des primes - donc disparition de fait de celles-ci- dans le calcul du salaire, MAIS : deux tiers assurés, un tiers gagné en fonction des objectifs assignés et des résultats obtenus : la part variable peut augmenter en fonction du grade par exemple. je sais je sais... je vais me prendre tout le monde sur le dos....

                                                                                                          3) l’ENA : a été créée effectivement en 1945, pour reconstruire l’administration au lendemain de la guerre. Bon, si on suit la logique « sarkosyste » (sans aucun jugement de valeur), à quoi sert aujourd’hui cette école ?

                                                                                                          Pourquoi dîtes vous qu’ils sont révocables à tout moment ?

                                                                                                          4)Vos conseils : instinctivement, je sais que vous avez sans doute raison. mais voilà, pour faire carrière, ou se protéger efficacement, il faut une forme d’intelligence proche de l’habileté, de la ruse. je ne possède pas ces qualités, bien au contraire, je parle trop vite (j’écris beaucoup aussi)et je dis très facilement ce que je pense. Mortel cela...par curiosité, où avez vous trouvé qu’on peut avoir 5 ans « gratis » ???

                                                                                                          5) j’avais pensé à me racheter des trimestres d’études supérieures (on peut en racheter jusqu’à 12)prévues par les lois Fillion. le prix du rachat est fonction de l’indice, étant à 797, le rachat d’un trimestre me coûterait plus de 10 000 euros ; Bon,je ne peux pas racheter mes années d’études sup, mais je me demande, même si les jeunes agents ont un indice bien inférieur, comment ils vont faire eux, surtout que beaucoup d’ agents de constatation (catégorie C, dite « exécutante » rentrent maintenant avec au minimum une licence ou bacc + 4.) je trouve que c’est terrible pour eux.Ils ont tout intérêt à passer des concours à titre interne, mêm si les places deviennent de plus en plus chères, là aussi.

                                                                                                          6)En revanche, je pense déjà à ce que je ferai « plus tard », il est hors de question que je reste à ne rien faire (pas mon tempérament, je ne suis pas patiente du tout) ; donc ne vous en faîtes pas, je trouverai, j’y ai déjà pensé, exactement ce que vous avez dit, une activité soit bénévole, soit lucrative, mais en tout cas au service de la collectivité. Mille mercis encore.


                                                                                                        • Rage Rage 3 juin 2007 19:01

                                                                                                          Bonjour,

                                                                                                          Vu la masse de réponses, je pense qu’il serait vain d’essayer de résumer un tel problème en quelques lignes.

                                                                                                          Néanmoins j’insiste : au lieu de toujours incriminer les gens, je pense qu’il serait grand temps de regarder du côté des STRUCTURES de décisions et de MANAGEMENT.

                                                                                                          Il y a 3 fonctions publiques, 3 façons de faire. Mais dans l’ensemble, toujours les mêmes problèmes dans la FPT et la FE (état) : la direction ce sont les élus, pas des PDG ou DG.

                                                                                                          Les élus décident, les autres suivent et alimentent les dossiers. A partir de ce postulat, il est déjà erronné de croire que quiconque en fonctionnaire est « autonome » et maître de ses choix sauf à avoir un feu vert politique en ce sens. C’est clair.

                                                                                                          Par ailleurs, les « conflits de chefs », cela existe. Pour se disputer la matière, les primes et surtout l’intérêt des élus. Certains ne pensent qu’à ça, exister auprès des élus. Donc le management des troupes, ils s’en cognent.

                                                                                                          Pour les aspects « structurels » je pense qu’il est notable d’insister sur le fait qu’un chef de service ne manage en rien les personnes avec qui il travaille : il manage la matière de travaille, mais la carrière, la paie, les primes etc... c’est le rôle des RH. Les RH eux ne voient pas le terrain, ne savent pas qui est bon ou pas, et encore moins qui mérite quoi.

                                                                                                          Quant à établir des indicateurs, comment évaluer un service de moyens généraux d’un service informatique ?

                                                                                                          Je pense que les verrous de l’administration sont structurels car ils ne laissent pas les idées, les initiatives, les « autonomes » remonter. TOut ce qui est novateur est broyé par la machine. On attend toujours la bequée de l’idée provenant d’élus trop souvent redoutés et dépassés par le temps dans lequel ils vivent : sans programme de leur part, trop d’administrations sont figées.

                                                                                                          Trop de directeurs jouent la carte « pas de vague » alors qu’il faudrait au contraire créer des tsunamis d’innovations et de mutualisation de moyens.

                                                                                                          Je vous le dis, le problème n’est pas tant les « fonctionnaires » et leur 5 millions de cas, mais plutôt le poids d’une structure hiérarchique hors du temps.

                                                                                                          A Marseille, record de France, on peut monter à N+32, soit 31 chefs jusqu’à l’élu qui valide. On imagine donc la souplesse pour lancer des projets... surtout quand on doit concerter avec d’AUTRES administrations (donc N+32 x 4-10 acteurs, je vous laisse imaginer le « bordel »).

                                                                                                          Trop d’élus, trop d’échelons hiérarchiques, trop peu de spontanéité et de responsabilité, crise de confiance, manque d’autonomie, tels sont les maux que la France paie tous les jours au prix fort.


                                                                                                          • vraitravailleur 4 juin 2007 15:58

                                                                                                            @phyletta > La révolution des fonctionnaires

                                                                                                            Re bonjour, Mes réponses sont placées sous vos commentaires :

                                                                                                            1)Sur mon indice, je suis à 797, je passe théoriquement l’an prochain à 820, puis sans doute plus rien après ;
                                                                                                            - Réponse 1 : Si, si vous passez aux échelles lettres. Au choix.

                                                                                                            2)Sur les primes du ministère des finances, il paraît effectivement qu’elles sont plus élevées qu’ailleurs, sauf peut être au ministère de l’Intérieur ? ce qui n’est pas normal, c’est que la Cour des comptes n’y retrouve pas ses petits, et j’ai la vague sensation qu’il vaut mieux être dans les bureaux de bercy, dans les directions générales, que dans les services extérieurs, dits de terrain.

                                                                                                            - Réponse 2 : Vous avez tout compris : il faut être près du Bon Dieu. Autre solution : vous faire nommer dans un organisme international ( à Bruxelles) ou attaché douanier dans une ambassade : Avec votre indice, l’indemnité de résidence et la prime pour enfants handicapés, ajoutées à votre traitement brut, multiplient votre salaire mensuel par quatre ou cinq, selon le pays ? soit environ 15 OOO euro/mois au moins non imposables (postes à rechercher : Rome, Madrid, Lisbonne, Berlin, etc)

                                                                                                            Pour les primes attribuées avec la mise en place de la performance, je ne pense pas que cela facilite les choses et crédibilise le discours, que cela pousse les agents à adhérer à ce système, que de leur octroyer « en globalité » un maximum de 150 euros annuels (soumis à l’IR) s’ils atteignent les 10 objectifs fixés (par JF COPE pour 2006 et 2007).Surtout si dans les cabinets ministériels, elle atteint 10 à 15 000 euros ! je dois rêver sans doute, mais moi j’aurais préféré un système qui reconnaisse d’un côté la garantie de l’emploi : base de salaire plus élevée, intégration d’une partie des primes - donc disparition de fait de celles-ci- dans le calcul du salaire, MAIS : deux tiers assurés, un tiers gagné en fonction des objectifs assignés et des résultats obtenus : la part variable peut augmenter en fonction du grade par exemple. je sais je sais... je vais me prendre tout le monde sur le dos....

                                                                                                            Réponse 3 : c’est vraiment un calcul d’apothicaire : voir la solution de la réponse 2.

                                                                                                            3) l’ENA : a été créée effectivement en 1945, pour reconstruire l’administration au lendemain de la guerre. Bon, si on suit la logique « sarkosyste » (sans aucun jugement de valeur), à quoi sert aujourd’hui cette école ?

                                                                                                            Réponse 4 : à fabriquer de jeunes apparatchiks de haut niveau. Quoi qu’il en soit, l’ENA effectue un tri et l’on ne peut nier que ce système permet de nommer des jeunes à des postes de responsablité. Si l’ENA n’existait pas, l’administration française serait une pure gérontocratie fondée sur le seul avancement. Ce serait pire.

                                                                                                            Pourquoi dîtes vous qu’ils sont révocables à tout moment ? Réponse 5 : parce que le gouvernement peut mettre un haut fonctionnaire en disponibilité, à tout moment et sans justification.

                                                                                                            4)Vos conseils : instinctivement, je sais que vous avez sans doute raison. mais voilà, pour faire carrière, ou se protéger efficacement, il faut une forme d’intelligence proche de l’habileté, de la ruse. je ne possède pas ces qualités, bien au contraire, je parle trop vite (j’écris beaucoup aussi)et je dis très facilement ce que je pense. Mortel cela...par curiosité, où avez vous trouvé qu’on peut avoir 5 ans « gratis » ? ? ?

                                                                                                            Réponse 6 : Renseignez-vous sur les congés de fin de carrière et les lois de 1962. Vous êtes exactement dans la grille d’indices (à partir de 797) qui vous permet de bénéficier de cette prébende. Il ne m’est pas possible de vous en dire plus car seuls les initiés connaissent les moyens de l’obtenir. Rappelez-vous que notre correspondance est accessible à n’importe qui.

                                                                                                            5) j’avais pensé à me racheter des trimestres d’études supérieures (on peut en racheter jusqu’à 12)prévues par les lois Fillion. le prix du rachat est fonction de l’indice, étant à 797, le rachat d’un trimestre me coûterait plus de 10 000 euros ; Bon,je ne peux pas racheter mes années d’études sup, mais je me demande, même si les jeunes agents ont un indice bien inférieur, comment ils vont faire eux, surtout que beaucoup d’ agents de constatation (catégorie C, dite « exécutante » rentrent maintenant avec au minimum une licence ou bacc + 4.) je trouve que c’est terrible pour eux.Ils ont tout intérêt à passer des concours à titre interne, mêm si les places deviennent de plus en plus chères, là aussi.

                                                                                                            Réponse 7 : Ne vous apitoyez pas sur les fonctionnaires de catégorie C titulaires d’un DESS ou d’un doctorat en droit. Seuls, les timorés sans imagination acceptent ce genre de situation. Pensez plutôt à les exploiter pour qu’ils préparent les dossiers à votre place en vous en attribuant tout le mérite. Quant au rachat d’années d’étude, cela ne vaut pas la peine : mieux vaut acheter des obligations.

                                                                                                            6)En revanche, je pense déjà à ce que je ferai « plus tard », il est hors de question que je reste à ne rien faire (pas mon tempérament, je ne suis pas patiente du tout) ; donc ne vous en faîtes pas, je trouverai, j’y ai déjà pensé, exactement ce que vous avez dit, une activité soit bénévole, soit lucrative, mais en tout cas au service de la collectivité. Mille mercis encore.

                                                                                                            Réponse 8. Nous pourrons reprendre ce dialogue par le même canal. Je vous ferai signe dès que je retrouverai un article ou un commentaire signé phyletta.

                                                                                                            Amicalement.

                                                                                                            vraitravailleur

                                                                                                            http://TVRmHPJo Réagir à l’article | Réagir au commentaire | SIGNALER UN ABUS

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                                                                                                              Il y a trop de conservatisme, trop de corporatisme, aucun respect pour « le con » qui paye. Vivent les bobos


                                                                                                              • BOUDEY Philippe 8 juin 2007 09:37

                                                                                                                Votre article « sonne l’heure » pour paraphraser André Suarez .Ancien Fonctionnaire (vrai !) de l’Administration Française -A+-...J’ai exercé en FRANCE la moitié de ma mission , 20% à l’étranger en détachement , 30% en Outre-Mer : je crois me prévaloir d’une certaine expérience « tous azimuths » . J’ajouterai qu’en métropole j’ai exercé au niveau régional et central , administratif et financier. Pardonnez à ce C.V. rapide , mais présentation oblige :5 points seront abordés, retenus dans cet article auquel j’adhère (hélas) dans son ensemble . -1°)Il est constant que 20% environ des agents font le travail des 80% qui attendent leur traitement et leur retraite en brassant avec zèle le maximum de vent . -2°)La compétence technique (je ne parle pas des attributions ) est médiocre voire inexistante dans cette dernière catégorie , où se recrutent la plupart des « promus » par voie interne. -3°)Ces seviteurs distingués le deviennent par l’opération du saint esprit , pardon , je voulais dire l’intervention syndicale d’autant plus puissante qu’elle est ultra minoritaire .Les recrutements EXTERNES sont de plus en plus rares... -4°)On pourrait dresser un classement des « administrations » où le phénomène sévit à l’état endémique : l’Education Nationale est hors concours ; en revanche nos DIPLOMATES font honneur à notre pays.

                                                                                                                -5°)L’intérêt général , la disponibilité-MOBILITE-,le respect de l’autorité légitime deviennent des contre valeurs du politiquelment correct (apprises dans ce que l’on appelle encore « familles », « école », ...et même « entreprises...publiques » ). Un big bang oui est INDISPENSABLE .


                                                                                                                • mikado 24 juin 2007 10:56

                                                                                                                  voila un article tout à fait intéressant et globalement juste , même si selon moi le probléme de la fonction publique est beaucoup plus complexe et lié aux différents corps... l’artcile généralise ce probléme d’un point de vue ethique, ce qui à l’avantage de pointer « le probléme de fond », qui est la reconnaissance, OUI !!! et l’inconvénient de mettre tout les fonctionnaires dans le même pannier. je veux dire par la qu’on ne peut pas comparer un personnel admistratif à un enseignant, ou un pompier à un agent sncf, même si le service à de commun le mot publique, il n’en rencontre pas du tout les même difficultés dans sa mise en oeuvre et son efficacité ! cette remarque ne tend pas du tout à dénigrer certaines fonctions, je tiens à le préciser, je parle bien des problémes concrets enracinnés dans la mise en action de telle ou telle profession.

                                                                                                                  le point central à mon avis est la question des syndicats(pour les enseignant en tout cas, hihihi), la france est un pays, effectivement d’immobilisme et de personnes avares de leurs avantages au point de ne pas voir la nécessité d’un changement à défault d’être régulier, extrêment profond aujourd’hui...et même si le gouvernement n’est pas un exemple en thermes de mesures il à le mérite de vouloir suivre l’évolution de la société, quand il n’a pas les yeux fermés...alors on dit merci aux syndicats qui font quand même des choses trés bien, mais malheureusement à la demi hauteur de ce qu’ils font en mal...avis extrêmement personnel,d’un jeune fonctionnaire...comme on dit je ne vais pas cracher dans la soupe, mais elle est quand même pas terrible cette soupe de la fonction publique ! il faut arrêter de dire qu’on est privilégié, même si certains avantages sont indiscutables, venez passer un concours de l’enseignement et « essayer de le mettre en pratique » , et vous comprendrez que le probléme est bien « la reconnaissance »

                                                                                                                  sonnerie rentendie qui dit oubli ton écrit et passes à l’action...mince alors a+, dsl pour les fautes, pas de relecture.


                                                                                                                  • alchimiste32 2 septembre 2009 01:49

                                                                                                                    Bonjour à tous. Je ne sais pas comment ni pourquoi j’ai atterri ici mais ce que je sais c’est que je suis très remonté et quand j’ai lu cet article, ca m’a rappelé un petit fonctionnaire, un Bac-6 pour être gentil, la trentaine, qui m’a reçu, avec une nonchalance à faire sursauter le dalailama, pour lui remettre un dossier administratif.....du coup j’ai décidé de pondre ici ma frustration colérique, au risque d’offenser les millions de fonctionnaires français, que certains sont compétents, intègres et honnêtes, loin s’en faut. 
                                                                                                                     
                                                                                                                    Donc, ce petit fonctionnaire, n’a pas 50 ou 60 ans, j’aurais largement passé l’éponge d’une façon telle à faire pâlir un vitrier, non il a la trentaine, donc supposé connaitre un petit quelque de chose à l’informatique élémentaire.
                                                                                                                     
                                                                                                                    - Ah Monsieur, ça c’est pas bon, il me faut juste des photocopies...
                                                                                                                    - C’est des photocopies Monsieur le préposé au guichet 
                                                                                                                    - Oui, mais .........c’est pas en noir et blanc
                                                                                                                    - Ben ca arrive que les photocopies soient en couleur 
                                                                                                                    - Bon !!
                                                                                                                    .
                                                                                                                    .
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                                                                                                                    - C’est marqué « à ne remplir qu’en un seul exemplaire »
                                                                                                                    - Oui, mais moi il me faut le 2eme formulaire !!!
                                                                                                                    - j’ai suivi les instructions...
                                                                                                                    - Faites une photocopie (en noir et blanc)
                                                                                                                    - j’ai pas de monnaie
                                                                                                                    - Bon, je vais le faire alors...
                                                                                                                     
                                                                                                                    .
                                                                                                                    .
                                                                                                                    .
                                                                                                                    - Ca c’est quoi ?
                                                                                                                    - Un bulletin de paie PDF que j’ai imprimé
                                                                                                                    - Oui, mais moi j’accepte pas les bulletins en ligne !
                                                                                                                    - hein ?
                                                                                                                    - Il faut que ca soit l’original Monsieur
                                                                                                                    - L’original passe aussi par une imprimante, il n’a pas le choix 
                                                                                                                    - Oui, mais c’est un papier spécial, je sais pas moi !!!
                                                                                                                    - Papier recyclé vous voulez dire ?
                                                                                                                    - pardon ?
                                                                                                                    - Vous voulez peut être un cachet dessus !
                                                                                                                    - Voila par exemple 
                                                                                                                     
                                                                                                                    .
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                                                                                                                    - Agrafées sur le formulaire comme c’est indiqué sur la notice
                                                                                                                    - A oui, c’est vrai.
                                                                                                                     
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                                                                                                                    - sous vos yeux (de rêve).
                                                                                                                     
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                                                                                                                    - Oui, comme c’est écris dessus.
                                                                                                                    - Comment ca se fait, on les a pas encore reçus !!
                                                                                                                    - Ben moi, je l’ai trouvé dans ma boite aux lettre, j’y peux rien.
                                                                                                                    .
                                                                                                                    .
                                                                                                                    .
                                                                                                                    Après une heure, il me demande de reprendre RDV, et revenir avec le dossier....A ce moment là, je me suis dis soit ce petit fonctionnaire à la con est vraiment con, et dans ce cas, je rejoins l’idée d’un célèbre humoriste, soit il a atterri à ce poste sans qu’il le sache...et dans deux deux cas, c’est pas du tout marrant, il est payé par ceux qu’il est sensé servir.

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Texier M


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