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Accueil du site > Actualités > Société > La société de masse n’est pas démocratique. Pensez à vous instruire (...)

La société de masse n’est pas démocratique. Pensez à vous instruire !

Il est temps d’en finir avec la fiction philosophique du citoyen épris de démocratie. Un nouvel âge est arrivé, celui des sociétés de masse. Certes, déjà dans les années 1920 les philosophes s’essayèrent à interpréter des phénomènes nouveaux que furent les masses, parfois regroupées pour faire corps et se comporter en foule, voire en horde. Le phénomène des masses humaines est contemporain de l’âge industriel avec la production en masse de biens puis de services. Les masses n’ont pas bonne presse en général. Notamment parce que selon quelques interprètes de l’Histoire, les masses auraient favorisé l’avènement des régimes totalitaires, fascisme, nazisme, soviétisme. Le totalitarisme, c’est l’Etat, les élites dirigeantes, la police et les masses. Presque un siècle plus tard, la démocratie fait douter alors que les médias de masse occupent une place dominante dans nos sociétés. Mais les masses de 2010 ne sont pas les masses de 1920, pas plus que les bobos ne sont les bourgeois de la Belle Epoque. Des métamorphoses se sont produites pour parler comme l’excellent Ellul.

La grande nouveauté, ce sont les médias de masse, point de rencontre et de confrontation entre les masses, les acteurs de la politique, les célébrités et surtout formidable école de la sottise. Les médias de masse exercent une action sur la politique par ricochet, en transitant par l’opinion publique devenue opinion de masse. Les médias de masse sont prescripteurs. Ils fournissent des goûts et des préférences à ceux qui n’en ont pas, comme le pensait l’excellent Luhmann. Mais si ce n’était que cela, leur rôle pourrait être anecdotique, d’ordre esthétique et rien de plus. L’affaire est plus sérieuse qu’il n’y paraît car les médias de masse exercent une action prescriptive dans de multiples champs, celui de la santé, des loisirs, de la vie quotidienne, de la politique, de l’éducation et même récemment de la sexualité. Les médias « agissent » pour ainsi dire les masses ; ils meuvent les masses.

Si les masses sont mues par les médias, c’est que les masses sont déjà en mouvement. Masses désirantes, émotionnelles, craintives, colériques, fébriles, festives… L’Etat et ses dirigeants, les industries et ses managers, les médias de masse et les masses. Ainsi se dessine le concept de société de masse. Il faut prendre quelque distance avec ces fictions idéologiques et philosophiques du passé. Volonté du peuple, démocratie représentative, participative, souveraineté populaire, toutes ces fictions qu’on trouve développées chez les universitaires autorisés comme Pierre Rosanvallon, doublement « suspect » car syndicaliste à l’origine et maintenant officier de la légion d’honneur. On ne peut pas faire confiance à cet individu aurait dit Desproges. Ni d’ailleurs à Bernard Stiegler bien qu’il ait eu un parcours tout autre. Hormis ces deux là très près des fonctionnements institués, se pourrait-il que notre époque ait vu apparaître l’intellectuel de masse ? Il y eut le grand penseur « généraliste » puis les intellectuels spécifiques avait décrété Foucault. Ensuite les intellectuels médiatiques dont la présence sur les plateaux n’indique rien sur le contenu de leur pensée. L’intellectuel de masse écrit pour les masses. De là sa connivence avec les médias.

La société de masse comprend les individus constituant les masses et un certain nombre de structures et institutions qui sont insérées dans la société mais montrent également un fonctionnement autoréférentiel clos sur les pratiques mises en œuvres par leurs opérateurs sous la direction des administrateurs et autres directeurs. Avec des codes, des procédures et une sorte de téléonomie. L’analyse éclairante de Luhmann sur les médias s’applique également à d’autres systèmes. Le motif fondamental des médias, c’est la distinction entre l’information et la non-information. Examinons la santé. N’a-t-on pas un fonctionnement opérationnellement clos qui réalise des expériences en se proposant de séparer le normal et le pathologique dans un premier temps, puis de distinguer, moyennant études et statistiques, le curatif du non curatif. C’est ce dispositif qui permet à certains médecins d’exclure l’ostéopathie car échappant aux normes scientifiques, cette pratique étant désignée (ou soupçonnée) comme non curative faute de vérification. Dans d’autres secteurs, on a vu la médecine tracer la démarcation entre le bon et le mauvais cholestérol, puis séparer le pathologique sur la base de normes dans les analyses sanguines si bien que des gens en bonne santé se sont retrouvés malades et ciblés par des molécules censées agir sur le mauvais cholestérol. On appellera ce système la santé de masse. Les individus et les pouvoirs publics vont jusqu’à payer cher l’empoisonnement par la médecine.

L’art se prête bien à l’analyse systémique de Luhmann. Là aussi, le système de l’art se propose de désigner ce qui est de l’art et ce qui n’en est pas, étant relégué au rang de non art. En pratique, ce système décide de ce qui doit être montré dans un musée, dans une salle de vente, dans une galerie ou même dans l’espace public. Avec parfois une évaluation. Le système fixe le prix des œuvres décrétées artistiques sur le marché de l’art. Peu importe le contenu, du moment que c’est de l’art coté sur le marché. Et pour le reste, le système envoie aussi des signaux en direction des masses en désignant et en montrant au public des œuvres sous lesquelles on trouve une formule invisible : « ceci est de l’art ». Les médias accompagnent ce système, servant par ailleurs de relais aux industries culturelles en prescrivant les goûts culturels et ça marche. Les salles de cinéma sont pleines et les stades se remplissent. Les gens veulent assister aux mêmes concerts, y compris en mettant le prix.

L’université et la recherche sont aussi affectées par la massification. L’université adopte un fonctionnement similaire aux médias, jugeant ce qu’il convient d’enseigner et ce qu’il convient d’écarter avec des critères parfois arbitraires faisant que des pensées alternatives ou pas très conformes sont exclues malgré leurs qualités et pertinence. La recherche scientifique semble aussi se dérouler avec le principe de l’autoréférence et de l’autodétermination du « moi scientifique », lequel se traduit dans les faits par une recherche dont le principe est calqué sur celui des médias. La recherche sépare ce qui est publiable dans les revues et ce qui ne l’est pas. La politique devient aussi une affaire autoréférentielle. Les partis politiques se mesurent et se comparent dans leurs décisions et surtout leurs commentaires. Ils utilisent parfois des instituts pour être conseillés.

Tous les systèmes ont tendance à devenir industriels et par voie de conséquence, à se présenter face à des masses avec lesquelles ils sont en interdépendance tout en étant indépendant, à l’instar du monde animal relié et séparé de son milieu. L’industrie a tendance à absorber le plus possible d’activités professionnelles. Prenez le système de santé. Bien qu’indépendants sur le « papier », les médecins libéraux se mettent de plus en plus au service d’intérêts industriels, laboratoires, hôpitaux, centres de soin. Dans nombre de secteurs, les normes imposées créent une interdépendance entre les professionnels et les industriels pourvoyeurs de productions normées.

Comme on le constate, la massification de la société va de pair avec la fonctionnalisation autoréférentielle des systèmes industriels qui sont guidés par des intérêts particuliers et qui peuvent être fortement imbriqués avec des structures étatiques. Alors, en risquant une image déplaisante, on peut concevoir les masses comme un ensemble d’individus placés sous perfusion afin d’être irrigués par les flux de biens, services et facilités offertes par des systèmes industriels qui en retour, sucent à l’image des vampires le « sang vital » des masses ; porte-monnaie, corps à soigner, force de travail, psychisme, machine désirante, ennui du quotidien.

La démocratie au sens moderne n’est plus possible. Le lecteur saura le déduire du constat que je viens de tracer. Ou alors se contentera d’une démonstration lapidaire. La démocratie, c’est le pouvoir du peuple ou dans une acception plus réaliste, la participation du peuple au pouvoir et aux décisions politiques censées accompagner ses volontés. Dans une société de masse, il n’y a plus de volontés citoyennes, même s’il y a nombre de volontés oligarchiques (celles des directeurs des systèmes industriels et de leurs cadres). Puisque le peuple a été dissout en se massifiant, il n’y a plus de démocratie. CQFD.

Dernière remarque. La société contemporaine hyperindustrielle et hypermédiatisée est devenue trop complexe pour un exercice démocratique. Le paradoxe étant que les gens pensent que le politique n’a plus de pouvoir or c’est l’inverse, le politique n’a jamais été aussi présent, avec un Etat tentaculaire agissant dans tous les rouages, pris entre deux feux, celui des masses désirantes et celui des oligarchies dominantes, et un troisième feu, celui des problèmes croissants parce que la technique apporte plus de problèmes que de solutions. La politique est donc très développée avec un appendice démocratique réduit à sa plus simple expression à travers les urnes. La seule issue pour le citoyen souhaitant renouer avec l’esprit démocratique et la liberté, c’est de s’instruire et non pas de s’indigner. Le livre de Stéphane Hessel n’a représenté qu’un ouvrage pour masses. L’indignation en devenant populiste, sorte d’attitude suggérée pour conférer une conscience politique à des individus comme en d’autres occasions, les médias proposent des goûts à ceux qui n’en ont pas. Pour l’instant, les pouvoirs publics n’ont pas encore décrété la journée de l’indignation. Comme quoi, il existe une marge pour descendre encore plus bas dans la sottise.

Ce billet s’inscrit dans un livre à écrire, intitulé, instruisez-vous ! Si un éditeur sérieux se signalait, cela pourrait accélérer sa rédaction.


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56 réactions à cet article    


  • Montagnais Montagnais 25 juillet 2013 18:49

    Bel inventaire Dugué .. Mais l’esclave est tellement dévoué !


    « ... s’instruire, pas de s’indigner »

    Oui, mais aussi et surtout : déserter 

    Bon, on concède .. n’est pas déserteur qui veut

    Bien à vous, Adbusters

    • Gontran Gontran 25 juillet 2013 20:35

      Dans une société injuste et inhumaine, l’instruction conduit inévitablement à l’indignation. C’est parce que l’on sait que l’on condamne. Si on ne sait pas, on ne peut pas se faire d’opinion. 


      L’instruction, si elle a lieu, conduira tout le monde à considérer que les pouvoirs doivent être contrôlés. A chaque fois que l’on restreint le pouvoir, qu’on se protège de ses abus, on gagne en liberté et en égalité. A chaque fois qu’on le laisse sans limite, c’est une catastrophe. L’histoire le démontre. C’est factuel. 

      Je constate que la conclusion de tout observateur honnête et instruit sur ce sujet, quelque soit le régime qu’il favorise, est souvent la même : Montesquieu avait raison, le pouvoir abuse toujours si rien ne l’en empêche. Quelque soit le régime, qui que soient les représentants ou les dirigeants politiques, il est bon de contrôler leur pouvoir pour s’assurer qu’ils n’en font pas mauvais usage.

      Je pense que c’est cet enseignement qui permettra à l’humanité de franchir une nouvelle étape dans son cheminement vers des régimes politiques plus efficaces (c’est à dire, qui garantissent au mieux l’intérêt général tout en protégeant les droits fondamentaux de chaque citoyens). 

      • Sortirducadre Sortirducadre 26 juillet 2013 15:19

        Je suis assez d’accord avec vous sur la nécessité de contre-pouvoirs. Permettez-moi de pousser le raisonnement un peu plus loin : a-t-on besoin de pouvoir, et surtout de le déléguer à quelques-uns, pour organiser la vie en collectivité ?


        Je pense que non. On peut définir des objectifs suffisamment simples et universels pour ne pas avoir besoin de processus décisionnels trop compliqués, ce qui permettrait à chacun de contribuer au bien commun dans ses gestes quotidiens. Pour des décisions extraordinaires, on peut imaginer une assemblée qui se réunirait uniquement en cas de besoin pour prendre les décisions appropriées.

        Ce mode d’organisation présuppose que chaque individu ait fait sa révolution intérieure pour enfin comprendre que son intérêt et celui de l’autre est le même. Là je n’ai pas de solution mais je suis optimiste et croit que ce jour arrivera, naturellement.

        Amicalement.

      • Ruut Ruut 26 juillet 2013 16:21

        Comment sans pouvoir décisionnels faire les gros investissement infrastructurels vitaux qui nécessitent les ressources de plusieurs régions qui ne profiteront qu’a une seule région ?


        La solidarité n’existe que dans l’adversité.


      • Sortirducadre Sortirducadre 26 juillet 2013 16:49

        Je ne crois pas qu’il y ait autre chose de vital que : se nourrir, se loger et se vêtir, le tout dans un état de paix, à tous les niveaux. De « gros investissements infrastructurels » ne ne revêtent pas selon moi de caractère vital. Ou alors il faut me l’expliquer clairement.


        Tous ce qui est vital est localisable dans n’importe quelle région de la planète. Il n’est donc pas nécessaire de se battre pour obtenir quoi que ce soit puisqu’il n’y a pas de manque.

        Enfin, croire qu’il est nécessaire de déshabiller Paul pour habiller Jacques est une erreur. C’est vrai dans le système capitaliste libéral actuel, mais la coopération est bien plus efficace que la compétition pour atteindre les buts vitaux énoncé plus haut.

        Amicalement.

      • devphil30 devphil30 26 juillet 2013 05:06

        Massification avec abêtissement des masses pour mieux les contrôler.

        Vous avez raison les médias meuvent les masses , leur indiquent le chemin , la façon de penser et distillent les codes entre personnes avec les émissions de télé réalité , de pseudo culture.

        Le peu que j’ai pu apercevoir est affligeant de bétise mais malgré cela certains s’y complaisent car ils s’en sentent plus intelligent.

        La massification induit une diminution de l’apprentissage car la connaissance conduit à la prise de conscience , à la compréhension , entre 1980 et aujourd’hui j’ai pu constater une baisse très sensible du niveau des apprentissages des élevés et malgré cela le taux du bac restent en augmentation par volonté politique d’une baisse des niveaux.
        Les politiques préparent les prochaines générations à la bêtise organisée.

        Regardez le film idiocracye qui relate un monde futur ou le niveau intellectuel est navrant.
        http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=109539.html

        Bon article

        Philippe


        • L'enfoiré L’enfoiré 26 juillet 2013 10:34

          Bonjour Janus,

           C’est ce qu’on appelle souffler le chaud et le froid.
           Cette face-là, je plusse. smiley

          • L'enfoiré L’enfoiré 26 juillet 2013 10:48

            « Ce billet s’inscrit dans un livre à écrire, intitulé, instruisez-vous ! Si un éditeur sérieux se signalait, cela pourrait accélérer sa rédaction »

            Il faudrait l’écrire et qu’il y ait en plus des lecteurs.
            Actuellement, ils sont un peu trop coltinés entre gauche et droite

            • mogwai 26 juillet 2013 12:31

              c’est un très bon papier,je n’aurai pas su tourner la syntaxe aussi bien cependant j’aurai ajouté le rôle des mutuelles complémentaire privée dans les entreprises, qui jouent aussi un rôle de phénomène de masse avec l’obligation de consommer telle ou telle mutuelle à des prix prohibitifs,sous peines de ne pas être embauché.


              Si un bouquin,venait à sortir sur le sujet « instruisez-vous »,je l’achèterai sans aucun doute !
              le gros du problème se situant sur le nombre de tirages pour obtenir des tarif préférentiels, ce qui implique que pour s’y retrouver sur le retour sur investissement, il faut pour cela en vendre des milliers,ce que je vous souhaite bien évidemment !!

              J’aimerai parler du bouquin de Stéphane Hessel , « indigniez-vous »je l’ai lu et apprécié. L’inconvénient,lorsque ce genre de littérature sort pour instruire et réveiller « la masse »,un détracteur s’empresse de sortir une contre enquête afin de discréditer l’auteur face à l’information qu’ il nous livre, jetant ainsi une confusion sur la véracité des propos de l’auteur.
              Entre information,désinformation et propagande, le lecteur est soumis à des recherches de traçages personnelles,jeux de piste, souvent fastidieuses et longues ou souvent,il n’a pas le temps de s’y attarder, parce que trop pris par son travail aliénant et son quotidien .


              • mogwai 26 juillet 2013 12:36

                la correction n’ayant pas fonctionné la première fois,j’ai du le poster deux fois,dsl !!!



              • mogwai 26 juillet 2013 12:34

                C’est un très bon papier,je n’aurai pas su tourner la syntaxe aussi bien cependant j’aurai ajouté le rôle des mutuelles complémentaires privée dans les entreprises, qui jouent un rôle de phénomène de masse avec l’obligation de consommer telle ou telle mutuelle à des prix prohibitifs,sous peines de ne pas être embauché.


                Si un bouquin,venait à sortir sur le sujet « instruisez-vous »,je l’achèterai sans aucun doute !
                le gros du problème se situant sur le nombre de tirages pour obtenir des tarifs préférentiels, ce qui implique que pour s’y retrouver sur retour sur investissement, il faut pour cela en vendre des milliers,ce que je vous souhaite bien évidemment !!

                J’aimerai parler du bouquin de Stéphane Hessel , « indigniez-vous »je l’ai lu et apprécié. L’inconvénient,lorsque ce genre de littérature sort pour instruire et réveiller « la masse »,un détracteur s’empresse de sortir une contre enquête afin de discréditer l’auteur face à l’information qu’ il nous livre, jetant ainsi une confusion sur la véracité des propos de l’auteur.
                Entre information,désinformation et propagande, le lecteur est soumis à des recherches de traçages personnelles,jeux de piste, souvent fastidieux et longs où souvent,il n’a pas le temps de s’y attarder, parce que trop pris par son travail aliénant et son quotidien .

                • kergen 26 juillet 2013 13:34

                  Quelqu’un sait-il ce qu’est devenu Ariane Walther. Plus d’un mois sans un post....

                  Et Aldous ? Pareil, 1 mois sans nouvelles. 


                  • bernard29 bernard29 26 juillet 2013 14:21

                    Etes vous instruit, Monsieur Dugué ?

                    Oui ? alors que faites vous de votre instruction ? instruire les gens ? jusqu’à quand, jusqu’où et pourquoi faire si la société est une société de masses ? vous feriez mieux d’apprendre à jouer au football ou du pipeau pour vous produire sur scène.


                    • L'enfoiré L’enfoiré 26 juillet 2013 14:48

                      "apprendre à jouer au football ou du pipeau pour vous produire sur scène.


                    • bernard29 bernard29 28 juillet 2013 10:33

                      je ne comprends pas un article comme celui là. Que font les gens instruits dans notre société ? Ils profitent de la société de masse ; point !! Presque toute notre élite oligarchique sont des profs d’université, maître de conférence, avocats, politologues, chercheurs en « Think Tanks », dans des agences de réflexion stratégico-politico-sociologo-économico analyseurs. 

                      Tous ces gens qui sont persuadés d’instruire les masses, de fait ils en vivent, car sinon leur vrai rôle pour suivre leurs convictions serait de proposer et d’agir pour transformer l’éducation nationale au lieu de pondre des articles sur l’importance de l’instruction.

                      De tout temps, chaque gouvernement affirme mettre l’éducation au premier rang des préoccupations. Eh bien alors il faut voir les résultats ; « la massification. » Ce devrait être là le cheval de bataille de toute personne instruite, disant que la seule solution est l’instruction. Il leur faudrait un courage qu’elles n’ont pas pour bousculer leurs corporatismes, leurs collègues et amis de l’éducation et de l’université françaises.

                      A quoi ça sert de dire aux masses, aux agoravoxiens, ; « Instruisez-vous » ! Il faudrait mieux leur dire ce que vous proposez pour transformer « le grand service public de l’Instruction » qui déborde la simple éducation nationale. 

                       


                    • PtitLudo PtitLudo 26 juillet 2013 15:42

                      Très bon article. Mais c’est mal parti quand on voit que la bêtise la plus crasse est érigée en vertu et que les journalistes nous sortent des « savate hêtre » à qui mieux mieux ...


                      • Dominique TONIN Dominique TONIN 26 juillet 2013 16:00

                        L’auteur,

                        Je me risque à vous laisser un billet puisque apparemment vous n’y répondez pas.
                        Je n’abonde pas du tout dans votre sens, car à vous lire, le « citoyen de masse » serait trop bête pour s’émanciper ! Vous, le lettré, psy, chercheur, scientifique et que sais-je encore, considérez que nous sommes en démocratie, que tout va bien, que les élites qui nous gouvernent seraient encore assez aimables de se « taper cette sale besogne » !
                        Mais vous occultez, certainement sciemment, les conflits d’intérêts, les « Cahuzac » des temps modernes de la politique, les détournements d’argent public, le non respect du référendum de 2005 et tous les dénis de démocratie qui émaillent la vie politique que vous semblez soutenir, je n’ai pas encore dit « appartenir ».
                        Quant aux médias, vous savez tout de même qu’ils appartiennent aux grands patrons pour la grande majorité, ni que les politiques étaient pour une grande majorité, les caudataires de ces derniers.
                        Accessoirement visiter ce site démocratique : www.democratie-demos.eu

                        • pyjahman pyjahman 26 juillet 2013 19:43

                          @ Dominique TOnin,

                          J’ai plutôt l’impression que l’article va bien dans le sens de votre commentaire, ne l’avez vous pas un peu vite lu ?


                        • fcpgismo fcpgismo 26 juillet 2013 16:56

                          « Indignez vous » comprend instruisez vous cela va de soi. olivier Todd démontre la prévisibilité des révolutions arabes par les structures familiales mais surtout l’ augmentation du niveau d’ instruction des masses.

                          Je vote non à cet article il y a trop de contre vérités pourtant j’ apprécie l’ auteur.

                          • chmoll chmoll 26 juillet 2013 16:59

                            peutins j’ai lu un peu en haut ,purée que des belles phrases pour dire simplement que c’est le bordel
                            BHL c un virus ou koi ?


                            • Denzo75018 26 juillet 2013 17:09

                              De toute façon, même la « Démocratie » vécue par la Grèce antique « mère de toutes nos démocraties » n’était pas démocratique !
                              Car la démocratie n’a de sens que dans son contexte historique et a une définition changeante et qui ne vaut que pour ses contemporains ...


                              • gogoRat gogoRat 26 juillet 2013 17:33

                                 En fait nos « élites » actuelles, auto-déclarées, se disent « en avance » alors qu’elles ont oublié ( par ignorance ou par ruse ?) le maître-mot du siècle passé des Lumières :

                                  « sapere aude » 
                                ( comme le commun des ex-petits écoliers y a perdu son latin depuis longtemps, je propose une traduction communément reprise = « Ose te servir de ton propre entendement » )

                                 ( En se remémorant cette maxime , chacun pourra alors s’indigner ou non devant les mots : 
                                  « L’indignation en devenant populiste, sorte d’attitude suggérée ... »
                                )

                                • franc 26 juillet 2013 18:00

                                  Excellent article , continuez Mr Dugué à instruire les gens ,et ne vous opposez pas 0 Mr Onfray qui en fait de m^me

                                   la démocratie est inversement proportionnelle à la masse .

                                  Dans les cités antiques comme En Grèce où est né la démocratie dit-on ,la population n’excède pas plusieurs dizaines de milliers d’habitants .C’est pourquoi chaque habitant peut aller entendre de ses propres oreilles et voir d ses propres yeux les orateurs politiques ou autre sans intermédiaires ,et participer à des procès publique entendre en propre la parole de l’accusé comme des accusateurs et faire son propre jugement sans passer par le filtre déformant des intermédiaires de personnes plus ou moins malhonn^tes ou de techniques plus ou moins truqués comme cela se fait de nos jours avec les grossières mensonges débités chaque jour par nos médias de masse tout comme les fines et sournoises manipulations de la pensée exercées par nos intellectuels sophistes ou politiciens véreux .

                                  il ya des conditions bien déterminées pour qu’une démocratie puisse s’exercer réellement et correctement ,parmi lesquelle se trouve le nombre de citoyens qui devraient pouvoir se réunir ensemble dans une place publique pour entendre directement et sans intermédiaire débattre de tout sujet qui le concerne et en premier lieu des lois qui régissent leur société et de leur applications et donc aussi la participation à un procès publique de toute la collectivité simultanément dans une m^me place .ce nombre ne devrait donc pas dépasser quelques milliers et au plus quelques dizaines de milliers d e citoyens adultes .

                                  Une autre condition du bon exercice de la démocratie est que tous les citoyens soient bien instruits et conscients de tous les enjeux qui les concernent ;Or plus masse est grande t plus est difficle de l’instruire correctement surtout avec des moyens limités

                                  Une autre encore est que la collectivité soit homogène c’est à dire que les différences ethniques soient minimes et les différences culturelle ne soient trop grandes qui risquent la contrdiction et l’incompatibilité entrainant les oppositions voire les guerres civiles ethnico -culturelles .Car la nature humaine est ainsi faite qu’elle est gouvernée par des forces égocentriques puissantes et plus il ya de différences ethnico-culturelles ou religieuses ,qu’on le veuille ou non ,ces forces ethnico-égocentriques s’affrontent violemment m^me peintes sous le verni de la morale religieuse ou laïque ,et d’ailleurs m^me aggravées par des morales religieuse différentes et contradictoires .En principe les éléments allogènes ne devraient pas dépasser le seuil des 1% de métissage possible et au dela duquel se forme les communautarismes oppositionels


                                  • Captain Marlo Pilou Camomille 26 juillet 2013 18:27

                                    Bonne idée, instruisez -vous !

                                     ************* Un super livre :« Les confessions d’un assassin financier » de John Perkins.

                                    Vous découvrirez les diverses manières d’endetter un pays :
                                    * soit pour lui piquer ses ressources naturelles, et ravager son environnement.
                                    * soit pour qu’il vote docilement à l’ ONU.
                                    * soit pour qu’il laisse s’installer des multinationales.
                                    * soit pour ruiner son peuple.

                                    Ou tout cela à la fois...

                                    ************** Sur l’invention des médias mensonges, liés à la consommation de masse, une vidéo :

                                    « PSYWAR, le film de Scott Noble. 

                                    ************** Et sur les manipulations de l’opinion avec TINA, le rôle des économistes de l’école de Chicago en Europe, un petit livre :

                                     »Les Evangélistes du marché" de Keith Dixon.

                                    Il ne peut y avoir de démocratie que dans un pays indépendant et souverain, comme le sont le plus en plus certains pays d’ Amérique du sud, qui se sont débarrassés de leur dette et n’empruntent plus sur les marchés.


                                    • Éric Guéguen Éric Guéguen 26 juillet 2013 21:52

                                      Courageux, car on ne houspille pas le bon peuple impunément.
                                      Il doit être très difficile de vendre un livre aux masses dans lequel on leur dit « bougez-vous le cul ! »
                                      Chaque « démocrate » est persuadé que l’inculte, c’est l’autre.


                                      • Asblarf Asblarf 26 juillet 2013 22:34

                                        Excellent article, style fin, respectable et respectueux. Bref, probablement un des meilleurs articles que j’aie pu lire sur AgoraVox.


                                        L’instruction est essentielle, en effet. Cependant, un point qui me semble primordial est complètement occulté, et dans le texte et dans les commentaires. Il s’agit de la reproduction. La masse est masse précisément parce qu’elle est constituée d’un nombre important d’individus. Le fait est que cette masse est en constante augmentation car la grande majorité des couples hétérosexuels enfante et ce indifféremment de leur classe sociale ou de leur niveau d’instruction.

                                        Malheureusement, plus la masse augmente, plus la possibilité de cohésion idéologique et sociale s’affaiblit. Même si je m’instruis en continu la masse à convaincre croîtra parallèlement et de manière quasi exponentielle, de sorte que mes valeurs ne sauront, si ce n’est s’imposer, du moins convaincre un nombre critique d’individus. La masse a une inertie telle que la force pouvant la mouvoir lui doit être proportionnelle. D’où la masse impressionnante des media de masse.

                                        Comment ne pas prendre conscience qu’une masse continuellement croissante n’est autre que la manifestation physique de l’expression « creuser sa propre tombe » ? S’il est quelque instruction à recevoir, celle-là me semble la plus vitale. Ajouter à la masse ne saurait en réduire l’inertie. C’est physiquement tout le contraire.

                                        Quand même les individus instruits seraient les seuls abilités à se reproduire on ne saurait garantir la perpétuité d’une vision critique et profondément sociale. Il est donc vain d’imaginer que la masse engendrée par la masse inculte (à dessein) puisse un jour se mobiliser pour un monde meilleur plutôt que de subir le meilleur des mondes.

                                        Je cherche toujours une réponse à la question « pourquoi, dans les civilisations occidentales, continue-t-on à se reproduire ? » Que l’on s’entende bien : je ne désire pas détruire le concept de famille. Au contraire, la famille me semble un sous-ensemble essentiel d’un société saine. Mais faut-il qu’elle se constitue par le biais de nouveaux-nés ? S’il est encore autorisé à la masse de se reproduire, il faut bien saisir que cela sert la cause de nos maîtres.

                                        • Éric Guéguen Éric Guéguen 27 juillet 2013 08:19

                                          Bonjour Asblarf.

                                          Juste une remarque : on ne peut même pas s’assurer une reproduction des individus instruits car, étant donné que l’instruction n’est par définition pas innée et que pour chaque individu qui vient au monde, il n’y a pas capitalisation congénitale mais que tout est à recommencer, il faut se fier à l’Instruction publique, ce quel que soit le milieu social considéré. Or, sauf à instruire les enfants d’instruits en vase clos - ce qui n’est pas très sain et ne favorisa pas l’émulation - la masse toujours croissante des ignares tirera irrémédiablement l’ensemble vers le bas.
                                          Toujours le conformisme ambiant fera plus d’adeptes que le principe d’efforts au quotidien.


                                        • Folacha Folacha 27 juillet 2013 08:45

                                          Toutes les sociétés cherchent à se reproduire, pourquoi la société occidentale ferait-elle exception à la règle ?


                                          Il est vrai qu’un peuple d’Indiens d’Amazonie l’a fait . Que sont-ils devenus ?

                                        • Éric Guéguen Éric Guéguen 27 juillet 2013 08:54

                                          Toutes les autres sociétés étaient de type holiste, hiérarchique, et la masse n’y avait aucun pouvoir. C’était un troupeau, conscient d’être troupeau.
                                          La société occidentale laisse croire chaque jour davantage au troupeau qu’il est berger. Et celui-ci le croit dur comme fer. Mais comme il découvre aujourd’hui que ce n’est pas le cas, il se réfugie dans le complotisme et se dit que s’il n’est pas berger, ce ne peut être parce qu’il en est incapable, c’est plutôt parce que des peine-à-jouir l’en empêchent.


                                        • Asblarf Asblarf 27 juillet 2013 21:53

                                          Bonjour Folacha,


                                          Je parle de la société occidentale (caucasienne ou non, il s’agit juste d’un modèle, non d’un ensemble d’ethnies définies) parce qu’elle possède les outils pour limiter la reproduction, à l’inverse d’autres sociétés qui n’ont pas ou peu de moyens de contraception.

                                          Entendons-nous bien, je ne souhaite pas l’extension de l’espèce. Il me semble simplement que générer des individus de manière exponentielle est le meilleur moyen de diminuer le rayon d’action de chacun, d’en réduire le pouvoir ainsi que la qualité de vie.

                                          On essaye de nous faire croire qu’enfanter est un acte philanthrophique. C’est en réalité tout l’inverse. Plus de monde signifie une incapacité grandissante à fournir des services de qualité car il est nécessaire de recourir à des méthodes industrielles pour sustenter l’individu, que ce soit au niveau de la nourriture, du travail, de la santé ou du loisir. L’humain noyé par l’Homme.

                                          J’ai vu le futur. J’y vis. J’habite en Californie et sous mes yeux se déroule le film qui passera sur l’écran de vos vies françaises d’ici quelques années. Il y a ici une immigration telle (dont je fais partie, vous me direz) que le WASP est désormais une minorité. C’est officiel. Cette immigration n’est pas une immigration de proximité, comme on pourrait le penser. C’est une immigration d’intérêt. La région de la Baie de San Francisco est asiatique et indienne en premier lieu. Cette immigration massive, évidemment encouragée par les autorités dans une optique de dumping salarial manifeste, fait des ravages sur le plan socio-culturel. Les autorités californiennes, laxistes ou peut-être calculatrices, n’imposent aucune intégration à l’immigrant. Il en résulte une cohésion inexistante et un sentiment national nul. Il n’est pas rare du tout d’atterrir dans une échoppe où l’on ne parle que vietnamien, chinois, hindi ou espagnol. C’est la ghettoïsation à l’extrême. L’essentiel de mes voisins sont vietnamiens et chinois. En maintenant l’esprit communautaire on s’assure que le peuple ne sera jamais à même de s’insurger ni simplement de se mobiliser pour une cause commune. Il s’en suit aussi que le service dans l’essentiel de la baie est déplorable car il règne une forte antagonie tacite entre groupes ethniques. Bon nombre de WASP attachés à leur culture migrent en zones plus rurales ou changent carrément d’état. Ce qui génère un appel d’air vers toujours plus d’immigration. L’immigration massive dans la baie est concentrée autour de la Silicon Valley, où l’ingénieur autochtone est en minorité. Car quel natif de la région voudrait s’endetter sur 15 ans pour des études qui ne lui procureront qu’un salaire au rabais ?

                                        • Folacha Folacha 13 août 2013 19:56

                                          Bonsoir Asblarf (trois semaines après, je parcours mes « réactions »...)


                                          Et je ne le regrette pas car je trouve que vous résumez clairement et en peu de mots pourquoi la société française évolue vers le communautarisme .

                                           En ce qui concerne la croissance exponentielle de l’humanité dans un lieu « fini », nous sommes à ma connaissance une des premières cultures à avoir conscience que ça nous mène droit dans le mur...

                                          Merci d’avoir pris la peine de me répondre !

                                        • simplesanstete 27 juillet 2013 12:30


                                           Encore vous, çà déraille dans tous les sens
                                          Non mais, cette société anonyme pleine d’écrans est très démocratique, c’est celle de l’argent et du paraître, sacré cirque en pratique où les 2 partis sans couilles mènent le jeu des banques et des bourses , c’est la lutte des places pour accéder à LA classe, celle qui organise la guerre de tous contre tous. Encore un effort, çà commence à se voir !


                                          • Appolonius de Zante Appolonius de Zante 28 juillet 2013 18:22

                                            Lectures de vacances :
                                            « Psychologie des foules » de Gustave Le Bon
                                            « Discours de la servitude volontaire » d’Etienne de La Boétie


                                            • Dominique TONIN Dominique TONIN 28 juillet 2013 18:29

                                              @ l’auteur,


                                              « Pensez à vous instruire » dites-vous.
                                              C’est une excellente idée. mais voilà les merdias font exactement l’inverse, ils abêtissent !
                                              « I have a dream » et je le porte à la sagacité de chacun.
                                              Créer une chaîne indépendante qui serait essentiellement axée sur la politique, la formation et l’information des citoyens à cette chose qu’ils ont désertée.
                                              A tous ceux qui auraient des idées sur le sujet, aux mécènes, merci de nous contacter par le biais de notre site ; www.democratie-demos.eu

                                              • Zendo 28 juillet 2013 23:36

                                                Aaaaah. Enfin une idée interessante.


                                                Il faut en finir avec cette betise qu est la democratie.
                                                Le peuple est con et les banksters le savent bien, du coup ils en usent et en abusent.
                                                Declarations mensongères, crédits revolving, crise des subprime etc etc ...
                                                La finance controle les politiques et les medias le peuple.
                                                Le peuple est constitué d une multitude d unités dictatoriales.

                                                Alors ensemble, il est temps de reflechir a une autre maniere de gerer les pays, le pouvoir et la finance.


                                                • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 28 juillet 2013 23:58

                                                  Vous inversez que les deux premières phrases de votre « démonstration » ,et vous tombez sur ce que pensent nos zélites ...En etes vous conscient ?... Bon ,con ,c’est sur ... smiley


                                                • Zendo 29 juillet 2013 04:06

                                                  Euh, pourriez vous etre un peu plus explicite ?


                                                • Jérôme Henriques JeromeH 29 juillet 2013 01:25

                                                  Très bon article


                                                  • Hervé Hum Hervé Hum 29 juillet 2013 09:59

                                                    Si on en croit l’auteur du billet, il suffit qu’une chose devienne populaire, massique donc, pour perdre de sa valeur intrinsèque. Bref, pour ne pas être pris dans la nasse de la masse il suffit donc d’être contre tout ce qui est populaire !

                                                    Du pur simplisme...

                                                    L’auteur en tant que scientifique, devrait savoir que c’est à la masse que l’on attribut la force de gravitation. Que la masse est donc un principe universel et non une aberration.

                                                    Bref, il est stupide de critique l’existence de la masse populaire. Et tout aussi stupide de croire que les méthodes de manipulations de la masse soient différentes aujourd’hui qu’en 1920 ou à l’époque de Rome.

                                                    Non, ce qui est contemporain, c’est que cette même masse a aujourd’hui les moyens de s’instruire et qu’elle ne s’en sert pas alors qu’elle ne le pouvait pas jusque là. Mais tant qu’elle obtient ce qui l’a toujours guidée (du pain et des jeux) elle ne modifiera pas sa gravité. Parce que le propre de la masse est d’avoir l’esprit grégaire, peureux, sinon ce ne serait pas une masse ! Cqfd


                                                    • Éric Guéguen Éric Guéguen 29 juillet 2013 12:31

                                                      Bonjour Hervé.

                                                      Désolé, mais je ne vois pas vraiment en quoi vous n’êtes pas d’accord avec l’article, n’arrivez-vous pas aux mêmes conclusions en définitive ?
                                                      En outre, je ne suis pas d’accord avec vous lorsque vous dites : « C’est à la masse que l’on attribut la force de gravitation ». Non, plus la masse est importante, plus elle contribue à la force, mais en elle-même, on ne doit rien à la masse, il n’y a donc rien à lui « attribuer ».

                                                      Pour ma part, ce qui me semble délétère à notre époque est que ce qui fait masse (je préfère dire ce qui fait « nombre ») se voit ipso facto déclaré légitime. Et je vois là une manne extraordinaire pour la moindre entreprise à caractère commercial.
                                                      Voici ce que je crois : contrairement à ce que l’on a coutume d’entendre, le capitalisme n’est pas le pire ennemi de la démocratie, c’est son plus grand amant. Même si aujourd’hui elle ne le supporte plus...

                                                      Bien à vous,
                                                      EG


                                                    • Hervé Hum Hervé Hum 29 juillet 2013 13:17

                                                      Bonjour Eric,

                                                      Le terme « attribuer » est impropre, cependant, sans masse il n’y à pas de force gravitationnelle. C’est en tout les cas ce que disent les scientifiques. Masse et gravitation sont liés. On parles d’ailleurs de masse gravitationnelle. Mais ce n’est pas le sujet, c’était juste pour rappeler à l’auteur que la masse est une notion vitale et non pas accessoire qu’on peut éliminer.

                                                      Pour répondre à votre phrase je vous dirais ceci : Dans la démocratie, la transparence est à double sens, dans une dictature elle est à sens unique.

                                                      Complété par celle ci : La transparence est le baromètre de la démocratie, plus elle est faible, plus la démocratie est faible, plus elle est grande, plus la démocratie est grande.

                                                      Et enfin, vous avez raison, le pire ennemi de la démocratie n’est pas le capitalisme... Mais le secret défense (de l’action publique ou/et à destination publique, donc des entreprises commerciales). Puisque cela prive le peuple, donc la masse, de sa souveraineté au profit d’une minorité extrême et extrémiste.


                                                    • Éric Guéguen Éric Guéguen 29 juillet 2013 14:28

                                                      Le problème à notre époque, c’est que nos dirigeants cachent certaines choses au peuple parce qu’ils le savent incapable de les assumer, mais qu’en même temps ils préfèrent le flatter perpétuellement que de le rendre véritablement apte à assumer ces choses voilées.
                                                      C’est toute la perversion du système représentatif qui est à l’œuvre.


                                                    • Hervé Hum Hervé Hum 29 juillet 2013 15:49

                                                      Ce que vous dites est exact Eric, cependant, dire que le peuple est incapable d’assumer ou d’accepter la vérité ne date pas d’aujourd’hui mais depuis toujours. C’est sur ce principe que repose le pouvoir d’une élite. L’émancipation du peuple repose sur deux piliers, l’instruction dont pales Bernard Dugué et sur l’éducation. Mais les deux ont pour socle la transparence de l’information, sinon il faudra comprendre le mot instruction au sens de l’ordre donné, donc de l’obéissance. Et l’éducation comme la morale de la soumission à l’ordre établi.

                                                      Donc, la transparence est plus que tout ce qui aujourd’hui doit être mis en avant et promu. C’est même le grand combat qui à commencé avec internet et les affaires de Wikilead, Snowden, Médiapart, facebook, etc... Alors j’affirme que le pire ennemi de la démocratie c’est le secret de la décision politique. Et de ce fait, notre pays est une dictature car la décision politique échappe à la vue de tout citoyen.

                                                      Tout ce résume à ce seul mot.... TRANSPARENCE !


                                                    • Éric Guéguen Éric Guéguen 29 juillet 2013 16:03

                                                      Je crois plutôt, cher Hervé, qu’un peuple, comme un individu, peut vivre une période d’enfance. Or, toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire à un enfant, même si vous espérez qu’advienne le moment où il sera vraiment adulte.
                                                      Je pense que le peuple est un éternel enfant, et donc qu’il y a des choses auxquelles il réagirait de manière inconsidérée : il est un « éternel » enfant car d’une part nos dirigeants le maintiennent délibérément tel quel (je que je déplore, soyez rassuré) et d’autre part il n’est pas certain que le « peuple » soit prêt à endosser les efforts considérables à déployer pour sortir réellement de l’enfance.


                                                    • Hervé Hum Hervé Hum 29 juillet 2013 17:05

                                                      Ce que vous dites est bien ce sur quoi prospèrent nos chères élites. Vous le déplorez et le prenez comme une fatalité du monde.

                                                      Or, rien n’est plus faux et manipulatoire que cette idée là, car précisément, c’est un fait de notre temps que la majorité des citoyens ont acquis le minimum de maturité pour émanciper la société de la tutelle de ses élites. Seulement la peur, la force de l’habitude et le confort douillet de bien être matériel incline plus à la paresse intellectuelle qu’à l’action politique. Bref, nos élites font tout pour nous maintenir dans une indolence et paresse par le biais de ce que dénonce l’auteur, comme bien d’autres d’ailleurs.

                                                      En fait, ce n’est pas l’instruction qui fait le plus défaut car elle est là, accessible à qui la veut, mais le manque d’éducation. Or, selon mon précepte, on instruit la tête et on éduque le coeur. Et à ce titre, les valeurs qui sont mises en avant ne sont pas celles de l’empathie, mais de la cupidité, de l’envi et de la jalousie. Le système incite les gens à rêver de gagner des millions d’euros, pas des millions d’amis.

                                                      Pour illustrer mon propos sur la capacité du peuple de s’émanciper aujourd’hui, je l’exprime avec une simple phrase, aphorisme :

                                                      la liberté exige une grande discipline intérieure, la servitude un minimum et l’esclavage aucune, car la discipline est imposé de l’extérieur.

                                                      Si l’humanité est passé de l’esclavage à la servitude volontaire, c’est qu’elle à acquise cette discipline intérieure suffisante, or, la servitude est le pont qui sépare l’esclavage de la liberté. Il lui faut juste prendre conscience qu’elle à acquise cette discipline intérieure suffisante qui rend vraiment libre.

                                                      Et ainsi pouvoir dire « chacun doit être son 1er disciple et son dernier maître » sachant que si un disciple suit son maître, un maître se doit de suivre sa discipline !!!


                                                    • Éric Guéguen Éric Guéguen 29 juillet 2013 17:41

                                                      Ce que vous appelez éducation consiste à remettre au goût du jour tout un ensemble de valeurs, piétinées conjointement par la démocratie moderne et les forces du marché, un relativisme plébiscité par la première pour répondre à l’injonction égalitaire, par les secondes parce que ce que veut le peuple dans son ensemble rapporte toujours beaucoup d’argent.

                                                      Plus généralement ce n’est pas l’idée de « peuple » qui me répugne, bien sûr, c’est l’idée de dire que l’on peut se défaire du concept d’« élite ». On a tendance à ne comprendre que le sens péjoratif du terme « oligarchie ». Du grec, ceci se traduit par : gouvernement du petit nombre. Comment imaginer un gouvernement du grand nombre ? Comment, autrement dit, mobiliser autant de monde durant le temps imparti à une activité politique dûment honorée ? Non seulement la politique demande beaucoup de temps et donc d’abnégation, mais elle requiert chaque jour davantage de connaissances qui, quoi que vous disiez, me semble bien loin d’être assimilées par nos concitoyens.


                                                    • Hervé Hum Hervé Hum 29 juillet 2013 18:08

                                                      Comment imaginer un gouvernement du grand nombre ?

                                                      La réponse mérite un grand développement.

                                                      Toutefois, on peut affirmer, en étant d’accord sur l’essentiel.

                                                      Celui ci étant "la liberté économique commence là où s’arrête les nécessités du contrat social et s’arrête (la liberté économique) là où commence les nécessités écologiques.

                                                      Voyez vous, la très large majorité des citoyens plébiscitent cet aphorisme... Sauf l’élite qui nous gouverne !

                                                      Et vous dites à juste titre que la politique demande beaucoup de temps, or, c’est ce qu’offre la société actuelle. Le problème, c’est que nous utilisons ce temps à tout autre chose. Bien aidé par les médias.

                                                      Enfin, j’ai observé une chose, c’est que la nécessité d’un chef, donc d’une élite, ne se fait sentir que lorsque une société est face à un ennemi ou la menace d’une ennemi, donc en temps de guerre. Mais en temps de paix, le chef devient l’ennemi. D’où il ressort que la guerre (militaire ou économique) est une nécessité des élites pour gouverner en paix. C’est à dire avec un peuple docile.

                                                      Donc, un gouvernement du plus grand nombre se fait par la paix civile. Alors vient la question de savoir comment établir la paix civile.

                                                      Par la transparence entre les peuples car de là surgit la conscience d’un même intérêt commun, celui de partager les droits et devoirs sur quoi se fonde la responsabilité et donc, la maturité politique et sociale !!!


                                                    • Éric Guéguen Éric Guéguen 29 juillet 2013 19:25

                                                      Je déplore un peu le fait de considérer un peuple uniforme dans son ensemble, sans s’enquérir de la disparité entre les êtres : certains savent faire ceci, d’autres cela, d’autres parviendront à ceci ou cela par un long travail. Or, le démocratisme actuel refuse de voir les choses en face, de prendre en compte la réalité, les disparités idiosyncrasiques. Il s’imagine tout le monde également pourvu, spontanément de surcroît. Je pense que c’est une grave erreur, une erreur qui nous condamne à l’impuissance politique et à être les jouets des forces économiques.
                                                      Commençons par nous recentrer sur le « bien commun » : or, le « bien » discrimine, et le « commun » rassemble, deux actions que notre époque trouve suspectes.


                                                    • Hervé Hum Hervé Hum 29 juillet 2013 21:16

                                                      Je vous laisse le mot de la fin de notre petite conversation.

                                                      Je vais méditer votre dernière phrase sur le « bien commun ».

                                                      bonne soirée


                                                    • Éric Guéguen Éric Guéguen 29 juillet 2013 22:27

                                                      Bonne soirée à vous aussi.


                                                    • Zendo 29 juillet 2013 17:25

                                                      C est amusant comme chacun d entre vous est persuadé de la légitimité de son raisonnement.

                                                      Et je me dis alors qu heureusement qu aucun d entre vous n a de pouvoir car vous parlez comme de fins dictateurs.

                                                      Quand a vos elites ils n y a que vous qui les voyez. Mon banquier finit au karaoké tous les soirs comme les autres.

                                                      Bien a vous

                                                      • Éric Guéguen Éric Guéguen 29 juillet 2013 17:44

                                                        Rigolo, lorsque je ne suis pas convaincu par mon propre raisonnement, j’en change. Pas vous ?

                                                        Quant aux élites, je suis bien d’accord pour dire que la démocratie n’en a produit que des friquées, donc illégitimes au possible.


                                                      • Hervé Hum Hervé Hum 29 juillet 2013 18:19

                                                        Cher Zendo, moi je me dis qu’il est dommage que vous illustrez si bien l’esprit moutonnier dénoncez ici. L’absence de raisonnement propre.

                                                        Et enfin, la légitimité d’un raisonnement se fait par le débat contradictoire avec un interlocteur, non par un juge qui ne motive pas ses sentences. Qui affirme de manière péremptoire.

                                                        C’est cela le principe de la dictature.

                                                        Etonnant non !


                                                      • Zendo 29 juillet 2013 23:55

                                                        Continuez a rever a votre raisonnement propre

                                                        Ayez l impression d exister, pensez vous unique (cf l article)

                                                        Ca fait deux reactions que je publie et les seuls reponses que j aisont a chaque fois
                                                        Vous pensez comme les elites ... !

                                                        Bizarre

                                                      • Hervé Hum Hervé Hum 30 juillet 2013 09:09

                                                        Zendo, dans un autre commentaire vous écrivez ceci

                                                        Il faut en finir avec cette betise qu est la democratie.
                                                        Le peuple est con et les banksters le savent bien, du coup ils en usent et en abusent.
                                                        Declarations mensongères, crédits revolving, crise des subprime etc etc ...
                                                        La finance controle les politiques et les medias le peuple.
                                                        Le peuple est constitué d une multitude d unités dictatoriales.

                                                        Alors ensemble, il est temps de reflechir a une autre maniere de gerer les pays, le pouvoir et la finance.

                                                        A lire ce commentaire, j’ai bien du mal à savoir si c’est l’expression de votre souhait ou tout le contraire.

                                                        Car c’est précisément ce que nous étions en train de faire moi et Eric avant votre intervention En d’autres termes, vous nous reprochez de faire ce que vous souhaitez. Sauf à imaginer que votre commentaire est ironique et que le fond de votre pensée est tout le contraire. Mais le contraire est vouloir la dictature, que vous nous reprochez par ailleurs. En fait, vous dites refuser et la dicature et la démocratie, sans dire par quoi. La monarchie peut être ? Mais petit problème, la monarchie est une forme de dictature sauf s’il y a un parlement élu, mais merde, c’’est de la démocratie. C’est cornélien !!!

                                                        Comme vous me semblez jeune, je vais vous aider un peu Zendo. La vrai dictature consiste à vouloir imposer ses seules idées aux autres et non de les partager et les confronter aux autres, car ici, cela participe de la démocratie où au final, on vote pour l’idée qui nous a le plus convaincu. Sans d’ailleurs pour autant s’interdire d’en changer si elle ne résiste pas à l’épreuve de l’expérience et du temps.

                                                        Au final si je m’en tiens à votre commentaire copié ci dessus, vous dites la même chose que les autres, vous dites qu’il faut en discuter ensemble, mais quand on le fait vous accusez les gens d’êtres des dictateurs pour exprimer leurs idées. Car ni moi ni Eric avons tenté d’imposer nos idées, mais de les exposer pour enrichir la pensée de chacun.

                                                        Par contre vous, en refusant toute pensée, vous refusez et de vous instruire et de penser tout en critiquant le fait qu’il n’y ait pas de pensé.

                                                        Bref, recentrez vous sur vous même, déterminez votre éthique morale et à partir de là votre pensée politique pour être en harmonie avec elle. Ensuite, commencez à la mettre en pratique dans votre propre vie et alors vous existerez réellement. Car telle que vous exprimez votre pensée, vous vous refusez d’exister. Ce qui est très dangereux pour vous même et à terme pour votre entourage...


                                                      • Christian Hivert Christian Hivert 31 juillet 2013 19:13

                                                        c’est tellement vrai depuis les années 80, que je vous propose de découvrir

                                                        aujourd’hui, publié aux éditions Hélène Jacob, un livre socialement engagé, “Reine” premier tome d’une série de sept titres (Les Chevaliers Ivres) qui couvriront toute la période allant des années 80 jusqu’à aujourd’hui, en France, les récits étant contés du point de vue de personnages réprouvés et/ou marginaux.

                                                        Livre classé au top cent des nouveautés littérature d’Amazon ( http://www.amazon.fr/gp/new-releases/books/301132/ref=zg_mg_tab_t_bsnr#2 )

                                                        Dans les années quatre vingt du siècle passé à Paris, avant son embellissement petit bourgeois et l’expulsion des dernières vagues de prolétaires pauvres, au milieu des punks et des autonomes squatteurs, les chevaliers de Reine sont ivres de révoltes, de gloire parfois, de désespoir souvent.

                                                        La vie leur échappe et ils en perdent un peu en courant. Reine et Arthur son amoureux aventureux prennent deux chemins différents mais parallèles. Leurs illusions, l’un en un monde meilleur et plus juste, la lutte jusqu’à la victoire, l’autre dans une liberté possible, jouir sans entraves, se jouent d’eux à chaque détour.

                                                        Et tous les chevaliers des trottoirs parisiens arpentés et des squats en lutte sont ivres, résolument ivres et en dérive. Les Gens Bons de Paris s’en prennent plein la tranche et n’en reviennent pas. Tous ces pauvres s’agitent et manifestent, non mais gare, ils veulent les mêmes droits que les Gens Bons n’auront plus.

                                                        Il va falloir encadrer sévèrement tout cela, il faut une association et un responsable aux ordres.

                                                        Christian Hivert

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