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Le capital humain : une nécessité pour le développement économique au Maroc

‘‘Il n’est de richesse que d’hommes’’ (Jean Bodin, 1529-1596). Cette célèbre citation du philosophe et écrivain français n’a jamais été aussi d’actualité. L’émergence de l’économie de la connaissance et de l’immatériel, et la remontée des théories du capital humain, permettent de comprendre le rôle des individus dans le développement des nations. Selon Gary Becker (1992) l’investissement dans les hommes est une condition essentielle pour le progrès économique. Les pays doivent en effet s’attacher à leurs individus, car ils constituent leur ressource la plus inépuisable. Cet article s’attache à démontrer pourquoi la valorisation et le déploiement des ressources humaines du Maroc est-il si urgent.

 

Le capital humain au cœur du capital immatériel

Le capital humain est l’une des composantes du capital immatériel. Ce dernier recouvre touts les actifs intangibles dont jouit un pays. On peut diviser le capital immatériel en trois grandes catégories : (1) le capitale image, inclut la stabilité politique, la réputation du pays[1] (Mishina et alii, 2012), etc. ; (2) le capital relationnel, inclut le poids du pays sur la scène internationale, le nombre des alliés, l’étendue de ses relations externes, etc. ; (3) le capital humain, inclut les compétences du pays, (compétences détenues par les individus, savoir-faire industriel ou artisanal…), la culture locale, le caractère de la population, etc. Cependant, certains chercheurs associent systématiquement le concept du capital immatériel au capital humain (Bessieux-Ollier et Walliser, 2010), cela peut se comprendre vu que toutes les composantes du capital immatériel sont le résultat de l’effort humain, c’est ces derniers qui construisent le capital image et le capital relationnel.

 

Réussir les plans sectoriels et acquérir un avantage concurrentiel

Depuis dix ans, le Maroc s’est engagé dans des programmes de développement multisectoriel : Plan émergence, Maroc vert, Plan Azur, Programme Halieutis, etc. L’aboutissement de ces programmes et la réalisation de leurs objectifs nécessite la valorisation du capital humain du pays, le seul actif capable de contenir les secrets de l’avantage concurrentiel durable du Maroc, de capitaliser et développer ses métiers mondiaux. Selon les nouvelles théories du Commerce Internationale, les pays ne sont pas -naturellement- dotés des avantages comparatifs, ces derniers sont plutôt le résultat d’une volonté affirmée dans la durée et d’une construction idiosyncratique[2]. Les efforts en termes d’éducation, d’infrastructure et de R&D ont un rôle plus grand dans la construction des avantages comparatifs des nations.

Comme il est prévu dans ces programmes (notamment le plan Emergence), l’Etat a mis en place des mesures pour faire appel à l’assistance des Firmes Multinationales (FMN), en les invitant à investir au Maroc ; certainement, le flux des Investissement Directs Étrangers entrant est une opportunité, mais les IDE sont très contingents et dépendent largement des aléas politiques et économiques dans le monde, une stratégie doit donc être mise en place pour internaliser le savoir-faire apporté par les FMN et le pratiquer indépendamment de l’assistance étrangère. Cette attitude est désignée par le terme « Capacité d’absorption » (Tijani, 2011), elle permettra au Maroc de réaliser une indépendance technologique vis-à-vis des FMN[3]. Le cap est donc mis sur la formation des ressources humaines locales.

 

L’insertion dans l’économie de savoir et de l’immatériel

Depuis les années 1980, la croissance économique repose sur des éléments liés au savoir et à l’immatériel tels que les connaissances, les brevets, les franchises, les services, etc. Un simple regard sur les économies des du sud-est asiatique permettrait de conclure que la valeur ajoutée -des produits ou des exportations- est appréciée par la contenance de technologie et de connaissance et que les économies qui se développement sont des économies qui innovent et qui « mettent » de la connaissance dans leurs outputs. L’insertion du Maroc dans l’économie de connaissance passe par le fait de donner une place centrale au capital humain, notamment à l’éducation et à la formation tout au long de la vie, également faciliter l’accès aux NTIC. Il ne faut considérer l’économie de l’immatériel comme un branche de l’économie (qui dépend du secteur tertiaire), mais plutôt comme une économie transversale. La connaissance doit « embrasser » tous les secteurs économiques.

Finalement, le du capital humain revêt une importance qui dépasse les enjeux économiques ; sur le plan social, la qualification du capital humain est susceptible de réduire le taux de chômage, faciliter la transition vers la société moderne, etc. Par ailleurs, l’amélioration du classement du Maroc dans les index des institutions économiques internationales passe nécessairement par son avancement dans l’Indice de Développement Humain dont il occupe actuellement une fameuse triste position.

 

 

Références :

– Becker, G. (1992), « The Economic Way Of Looking At Life  », Nobel Lecture, December, 9.

– Bessieux-Ollier, C. et Walliser, E. (2010), « Le Capital Immatériel : État des lieux et perspectives », Revue Française de Gestion, Vol 36, N° 207, pp 85-92.

– Mishina,Y. Block, E. S. et Mannor, M. J. (2012), « The Path Dependence Of Organizational Reputation : How Social Judgment Influences Assessments Of Capability And Character », Strategic Management Journal, Vol. 33, N° 4.

– Tijani O. (2011), « La Capacité d’Absorption et le Rôle de la Gestion des Ressources Humaines dans l’Appropriation des Connaissances dans les Alliances Stratégiques au Maroc », Thèse de doctorat à l’université de Pau et des Pays de l’Adour.



[1] Certains pays véhiculent leur nom comme un nom de marque, on parle de la nation branding. Des agences internationales se spécialisent dans la valorisation et le maintien des marques pays et en émettent des classements périodiques.

[2] C'est-à-dire un avantage concurrentiel enraciné, construit en interne et difficilement imitable par les concurrents

[3] Les FMN recherchent, essentiellement, à baisser les coûts de production, donc elles peuvent à tout moment changer de destination vers des pays concurrents leurs offrant plus d’avantages (Roumanie, Tunisie, Turquie…).


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9 réactions à cet article    


  • caillou40 caillou40 5 septembre 2014 10:15
    Le capital humain... ?..vous voulez dire les « Esclaves » de sa majesté...dictateur du Maroc.. ?

    • bourrico6 5 septembre 2014 10:26

      C’est une manière comme une autre de démarrer le débat dans une disposition détendue, le tout , sans crisper personne.

      Bon comme t’es un peu bêbête, je précise que c’est de l’ironie.


    • caillou40 caillou40 5 septembre 2014 10:42

      Par bourrico6...Ayant vécu dans ce pays et proche du père de l’actuel roi...je sais de quoi je parle...mais vous ne pouvez pas vous empêchez de faire le mariole...Y a des enfants comme vous qui naissent avec une tare familiale... !


    • bourrico6 5 septembre 2014 11:29

      N’étant pas assistante sociale, autant vous dire que je me soucie de votre vie autant que de mon premier caca mou.

      Je note toutefois que vous persistez dans une voie raisonnable d’ouverture et de dialogue, et ne cherchez surtout pas à braquer vos interlocuteur en leur faisant des compliments.

      Pour finir le terme « bêbête » est sans doute insuffisant pour vous caractériser, mais vous entrez dans le cadre d’AV à la perfection.



      • igorencore igorencore 5 septembre 2014 22:32

        Quel effort pour arriver à ne pas dire = Vive la République laïque du Maroc....
        En vérité c’est l’unique fonction de ce texte alibi.


        • ecolittoral ecolittoral 6 septembre 2014 12:27

          «  ... sur le plan social, la qualification du capital humain est susceptible de réduire le taux de chômage. »

          Le terme chômage est une invention moderne. Quand au social, c’est un fourre tout.

          Quand on parle de qualification, en général, on part du principe qu’un individu non instruit ( lire, écrire + études) est un incapable. Quelle prétention et quel aveuglement !!!

          Comment qualifier de chômeur le berger, les femmes qui produisent leur farine et conditionnent fruits et légumes dans l’Atlas, le faux étudiant qui s’improvise guide et ramène de l’argent à la maison.

          Toute cette petite(?) économie qui fait vivre tant de monde.

          Ce « tant de monde » dévalorisé parce qu’il à un IDH (invention de bureaucrates) au raz des pâquerettes.

          « l’avantage concurrentiel durable du Maroc, de capitaliser et développer ses métiers mondiaux. »

          Vous lisez trop de livres.

          L’avantage concurrentiel conduit à la normalisation et à la réduction perpétuelle des couts de production. C’est à dire à la suppression de l’humain ou à sa paupérisation.

          Le Maroc est un réservoir de bon sens avec des populations instruites de leurs histoires. Des populations qui sont l’économie sans économiste, le social sans sociologue.

          Vous calquez votre article sur la normalité mondiale, hors, il n’existe pas de normalité mondiale.

          Ne pas le voir et négliger la valeur des individus, c’est ce qu’on appelle la crise.


          • Omar TIJANI Omar TIJANI 8 septembre 2014 22:04
            Claudec ; j’ai lu ton article, trés interessant, mais je vois que ça ne va pas dans une direction optimiste ; c’est normal, vous ecrivez un artcile engagé, tout comme la réponse de ecolittoral...

            Même si j’adhère au sens de ton article, je vais me poserai la question : et alors ? quoi faire pour changer cette situation qui profite au plus grands et plus puissants ? en répondant à ecolittoral je developpe plus...

            • Omar TIJANI Omar TIJANI 8 septembre 2014 22:17

              ecolittoral...Content de lire ta réaction qui est tout, comme l’article de Claudec, une réponse engagée.

               Evidement que la petite économie fait partie du capital humain du pays...c’est ce que je veux dire par " le capital humain, inclut les compétences du pays, (compétences détenues par les individus, savoir-faire industriel ou artisanal…), la culture locale, le caractère de la population, etc."

              Je calque mon article sur la normalité mondiale...j’avoue ; plus que ça... je peux vous parler de l’hégémonie des institutions internationales, des banques occidentales, etc. tout ça c’est une réalité, mais en tant qu’académicien je sais qu’on peut réaliser beaucoup de choses en se calquant à la normalité mondiale. Quand vous êtes un pays qui a 30% d’analphabètes (au Maroc), vous savez que vous devez commencer par éduquer avant de parler du refus de la normalité mondiale.

              Je sais aussi que certains pays se sont développés en se référant à la normalité mondiale : Sud Est asiatique,...

              Amitiés ecolittoral

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