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Accueil du site > Actualités > Société > Le CNR, les 200 familles, les nazis et De Gaulle : une histoire de (...)

Le CNR, les 200 familles, les nazis et De Gaulle : une histoire de France

L’histoire est un gruyère contrefait. Elle consiste, à partir de certains faits, et dans un périmètre autorisé, à écrire une histoire vraisemblable, destinée à éduquer les foules, pour préparer l’avenir. Certains faits ne sont pas et ne seront jamais accessibles aux historiens, ne serait-ce que parce qu’ils sont « tombés dans l’oubli », parfois parce qu’ils n’ont pas été consignés sur un support pérenne. De plus, les options qui s’opposent au discours national font prendre un risque professionnel, voire social, à ceux qui les soutiennent. Enfin, les incohérences entre le discours officiel et les faits entrainent rarement une réécriture de l’histoire mais plus souvent une mise à l’écart des faits gênant et parfois de ceux qui les soutiennent. Pour illustrer ces affirmations qui sembleront péremptoires aux amateurs de belles histoires, attardons-nous quelques instants sur la montée du nazisme après la première guerre mondiale et son soutien par une oligarchie financière internationale.

En 1918, la France et l’Allemagne sortent extrêmement affaiblis de la guerre, surtout la France qui a subi les combats sur son sol. Pour autant, l’Allemagne parviendra, en 31 ans, à construire la plus grande puissance militaire d’Europe, malgré les sanctions et limitations dont elle faisait l’objet. Comment cela a-t-il bien pu arriver ? Puisque la puissance économique est un préalable nécessaire à la puissance militaire, alors l’Allemagne a bénéficié de circonstances économiques favorables, ce qui peut sembler contradictoire avec le régime de sanctions dont elle était frappée. En réalité, ces sanctions ont été allégées très rapidement. Pire, ses anciens adversaires auraient largement contribué à son redressement. Il convient de se souvenir que l’époque était marquée par la montée des revendications sociales et que Adolphe Hitler et son NSDAP a pu être perçu, dans certains milieux, comme une digue face à l’expansion du communisme. Par ailleurs, l’industrie allemande, qui assurait d’excellent retour sur investissements, semble avoir bénéficié d’un financement massif de la part de l’oligarchie financière occidentale, en particulier de Wall Street mais aussi de la City. C’est ainsi qu’elle fut capable de soutenir un effort de guerre bien supérieur à celui de ses futurs adversaires.

Cette version de l’histoire est attestée par de nombreux faits qui tissent un récit sensiblement diffèrent de celui qui est enseigné dans les écoles. Antony Cyril Sutton, économiste américain d’origine britannique, a tenté de leur donner un sens dans un livre intitulé « wall street & the rise of Hitler ». Il est taxé de complotisme. L’Italien Guido Giacomo Preparata s’est consacré à l’étude des liens entre les nazis et l’oligarchie financière de Londres et de Washington. Il soutient que la majorité du financement des nazis était d’origine étrangère. L’allemand Joachim Fest soutient que le Directeur de la compagnie anglo-hollandaise Shell aurait remis d’importante somme d’argent à Hitler dès 1923. Il écrit « A partir de 1924, les industriels et les financiers partisans d’Hitler (Thyssen, Vogler, Schroeder et Kirdorf) ont transmis secrètement des sommes significatives aux nazis. De plus, la direction des émeutiers et les fonctionnaires du parti reçurent des salaires en monnaie étrangère ».

Une recherche même embryonnaire sur internet apporte une abondance de faits qui remettent largement en question les croyances d’une majorité de personnes. Pour autant, l’écriture de cette histoire exigerait d’accéder à des archives que certaines familles n’ont aucun intérêt à partager et les auteurs qui s’y sont risqué ont pour la plupart entrepris une tache qui s’apparente à la reconstitution d’un puzzle avec un nombre de pièces très limité. Il est néanmoins impossible d’ignorer les contradictions entre le récit officiel, qui soutient que le parti NSDAP aurait accédé au pouvoir avec l’unique soutien financier de ses adhérents et de la population allemande tombée sous son charme, et certains faits aujourd’hui documentés. Il est désormais incontestable que le IIIème Reich a bénéficié des investissements des compagnies américaines General Motors et Ford, ainsi que du gérant de la Banque d’Angleterre Montagu Norman. Les banquiers américains ont largement soutenu l’industrie chimique allemande et en particulier d’IG Farbenindustrie, la Standard Oil de Rockfeller avait pris le contrôle de Krupp... Le soutien de l’oligarchie financière occidentale à Adolphe Hitler n’était pas seulement idéologique, cette oligarchie protégeait aussi ses investissements, en particulier contre la montée du communisme.

Mais le plus surprenant dans ce paysage dramatique, qui dessinait une nouvelle Europe dès les années 30, une Europe moins sociale et plus respectueuse des pouvoirs financiers, c’est que l’oligarchie française, ces 200 familles qui avait été malmenée par le Front populaire, semblait-elle aussi sensible aux perspectives – faut-il écrire espoir ? - portées par Adolphe Hitler, ce qui donne sens à l’étrange défaite de 1940 (lire l’ouvrage éponyme de Marc Bloch).

A défaut de disposer d’éléments sur les probables contributions de nos industriels à la montée du nazisme (je n’ai pas fait de recherches sur ce thème), il est aisé de trouver des faits qui illustrent leur coopération avec les allemands pendant l’occupation. Cette coopération leur fut, d’après Annie Lacroix-Riz, extrêmement bénéfique, puisque la situation particulière dans laquelle se trouvait la France leur permettait d’exercer une pression sociale qui devait furieusement leur rappeler les conditions très favorables de la révolution industrielle (Travail, Patrie, Famille). Persécuté par les nazis, les communistes n’ont eu d’autre choix que de constituer une résistance. Après l’épisode du front populaire, la montée du syndicalisme, Il est permis de penser que les 200 familles disposaient certainement d’une liste de fauteurs de troubles, communistes et autres agitateurs sociaux, et que les allemands auraient certainement accepté de prendre en charge ses personnes s’ils avaient eu connaissance de cette liste. Il s’agit ici de pure spéculation mais cette perspective explique pourquoi tant de communistes ont pris le maquis. A la question, les industriels français ont-ils collaboré avec un pistolet sur la tempe ou par intérêt, Annie Lacroix Riz semble soutenir l’idée que le pistolet n’était pas chargé et qu’ils le savaient. Sans doute s’agissait-il davantage de sauver les apparences.

A la libération, en toute logique, dans une perspective de justice dont notre pays est si friand, les industriels auraient certainement dû payer le prix de leur trahison. Ce serait oublier le pragmatisme d’un De Gaulle dont l’objectif premier était de reconstruire la France et qui avait donc besoin de leur aide. En échange d’une écriture de l’histoire qui oublierait leur fructueuse collaboration avec les nazis, nos industriels durent accepter, on l’imagine avec quelques réticences, les conditions sociales du CNR (Conseil National de la Résistance) qui sont à la base de l’Etat français, pour le plus grand bénéfice des citoyens, mais pas des 200 familles et de leurs descendants.

Aujourd’hui, alors que tout le monde a oublié cette histoire, les descendants des 200 familles ne perçoivent pas ce qui pourrait s’opposer à une soumission accrue du peuple français à ses intérêts. Après tout, la Grèce donne un excellent exemple de ce qu’un peuple peut endurer. Peut-être est-il temps de leur rappeler l’origine nauséabonde de leur fortune...


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88 réactions à cet article    


  • Alex Alex 23 novembre 15:36
    Il y a certainement une grande part de vérité dans votre article, mais je relève, au hasard :
    « Certains faits ne sont pas et ne seront jamais accessibles...
    A défaut de disposer d’éléments...
    Il est permis de penser...
    Il s’agit ici de pure spéculation... »
    Avec de tels « arguments, » votre article manque pour le moins de solidité, et ce n’est pas l’appel à la stalinienne Annie Lacroix-Riz qui risque le renforcer.

    • math math 23 novembre 15:48

      @Alex...

      La BRI fut créée en 1930, dans le cadre du plan Young, par les banques centrales internationales, dont la Banque d’Angleterre et la Réserve fédérale des Etats-Unis, à l’initiative de Hjalmar Schacht, alors directeur de la Reichsbank. Celui-ci pouvait compter sur le soutien de Montagu Norman, lui-même conseillé par le baron Bruno Schroder, de la branche britannique de la J. Henry Schroder Bank. L’associé de Schroder, Frank Cyril Tiarks, fut le co-directeur de la Banque d’Angleterre aux côtés de Norman, tout au long de la carrière de ce dernier.

      Parmi les directeurs de la BRI (et donc avec la complicité des présidents américains successifs, dont Thomas McKittrick pendant la Deuxième Guerre mondiale), figuraient Harman Schmitz, directeur d’IG Farben, le baron Kurt von Schröder, directeur de la JH Stein Bank de Cologne et principal financier de la Gestapo et de la Brigade Tête de Mort, Walther Funk, de la Reichsbank, et l’économiste nazi Emil Puhl, les deux derniers ayant été personnellement nommés au conseil d’administration par Hitler.

      Les fonds américains et britanniques destinés à soutenir l’accession d’Hitler au pouvoir et à financer, par la suite, sa machine de guerre, transitaient par la BRI. Avant 1940, celle-ci avait investi des millions de dollars en Allemagne, tandis que Kurt von Schröder et Emil Puhl, de leur côté, avaient déposé d’importantes quantités d’or à la BRI, sommes utilisées après la guerre pour financer les « rat-lines » (référence aux lignes du mât d’un navire qui coule, sur lesquelles les rats tentent de fuir). Grâce à ces filières, des nazis et leurs collaborateurs pourront s’échapper d’Europe pour se réfugier en Amérique du Sud et au Moyen-Orient….Malgré l’importance de la BRI pour Hitler, la Grande-Bretagne ne s’opposa pas aux activités de la banque, même après la décision britannique d’entrer en guerre contre l’Allemagne. Sir Otto Niemeyer et Montagu Norman, respectivement directeur et PDG britanniques, conservèrent leur poste tout au long de la guerre.


    • Breton8329 Breton8329 23 novembre 16:04

      @Alex c’est l’un des objets de cet article : rappeler que l’histoire est un produit complexe. Certains faits connus et d’autres sont inconnus ; certaines croyances sont vraies et d’autres sont fausses. L’histoire est construite sur ces éléments. Autant dire qu’elle est pour une part non négligeable construite sur du sable. En particulier, la part de faits inconnus et de croyances (des faits qui ne peuvent pas être vérifiés) me semble largement sous estimée. C’est dans ces interstices que se glissent les idéologues pour écrire l’histoire selon leurs intérêts. C’est ce qui explique mes choix rédactionnels ; j’aurai pu faire des choix plus audacieux mais c’eut été au détriment de ma neutralité. Je n’ai pas toute les pièces du puzzle. 

      Quant à Lacroix Riz, peut on résumer une personne à une étiquette ? C’est une historienne qui n’a pas son pareil pour déterrer les faits. Ensuite, elle écrit son histoire selon son angle d’attaque (les interstices mentionnés supra), mais cela n’enlève rien à la qualité de ses recherches.


    • Ouallonsnous ? 23 novembre 17:27

      @Alex

      La stalinienne Annie Lacroix Riz ne l’est que dans votre logorrhée, c’est une historienne qui travaille d’après les archives et non d’après la doxa des propagandistes du moment qui sévissent dans les merdias de l’oligarchie dominante  !


    • JP94 23 novembre 21:16

      @Alex
      Si vous traitez Annie Lacroix Riz, tout ça parce que le contenu de cet article incriminant les banquiers occidentaux vous gênent, pourquoi ne pas vous qualifier vous-même, puisque vous défendez en réellement ceux qui les dénoncent, de vichyssois, de collabo ? dites-nous donc ce qu’ont fait vos glorieux ancêtres sous l’Occupation à l’Ouest, une Occupation, qui comme l’écrivait le communiste ( stalinien, forcément) ; Georges Politzer en 1941 dans un ouvrage Révolution et contre-révolution au XXème siécle  avant d’être arrêté par vos amis de la Police française et fusillé en février 1942 au Mont Valérien  sa femme Maï (stalinienne aussi, forcément) livrée aux nazis mourut en déportation  une Occupation qui, comme sans targuait l’idéologue du Reicu Alfred Rosenberg auquel ripostait le héros (stalinien, certes) Politzer, a permis le pillage de la France, notamment en métaux donc l’industrie de l’armement allemande avait besoin ! 

      Donc vos amis collabos, pas plus que vous ne pouvez évidemment tolérer de lire la a réalité connue dès l’époque et donc ne pouvez apprécier les ouvrages d’Annie Lacroix -Riz , que vous ’avez pas lu pas plus que les archives, pas plus que des ouvrages d’histoire sérieux.

      Pour ma part je respecte cette historienne, mais je dois préciser que mon grand-père , stalinien pur souche,a dès 1940 participé activement à la Résistance en Zone interdite ( dans le Nord) à deux pas de la Kommandantur ... 
      A chacun son camp ! 


    • Alex Alex 23 novembre 21:54

      @JP94

      « Si vous traitez Annie Lacroix Riz [de stalinienne], » c’est tout simplement parce qu’elle l’est. Je ne vois pas pourquoi cela vous choque puisque vous êtes fier de la stalinitude de votre aïeul. (J’espère que vous conservez toute votre admiration pour le petit père des peuples !)
      Mais en matière d’objectivité, on peut trouver beaucoup mieux. C’est un peu comme si l’auteur avait cité des banquiers ou des capitalistes de l’époque.
      Partir de ma remarque pour me traiter de collabo est la preuve définitive que vous êtes un véritable historien et, surtout, d’une intelligence supérieure smiley
      Mon arrière-grand-père s’est battu contre les Autrichiens en 1870, mon grand-père contre les Prussiens en 14-18, et mon père contre les Allemands en 39-45. 
      Je vous demande de me croire autant que je vous crois...

    • Alex Alex 23 novembre 21:57

      @math
      Merci pour votre réponse intelligente, à comparer à celles des 2 olibrius ci-dessous.


    • kirios 24 novembre 08:51

      @Breton8329
      ce qui me gène dans votre article c’est que vous faites la part belle aux communistes .
      la Résistance française n’a pas été initiée par le parti communiste (qui n’était pas PCF à l’époque .) !
      pour le reste , j’ai lu la traduction française du bouquin de SUTTON qui m’a convaincu .


    • CN46400 CN46400 24 novembre 09:37

      @kirios
      « (qui n’était pas PCF à l’époque .) ! » Ah ! bon c’était quoi alors ?

      Quel autre parti a résisté avant le PCF ?


    • Christian 24 novembre 10:13

      @CN46400
      Quel autre parti a résisté avant le PCF ?

      C’est vrai qu’il n’y a pas eu un parti de droite en tant que résistance par contre il y eut d’innombrables résistants non communistes. Et ces résistants reçoivent beaucoup moins d’hommage que...les communistes. Et c’est une vérité que les Américains avec Dulles en Suisse ont soutenu de nombreux résistants, peu importe que Dulles fut anti communiste.
      Un résistant non communiste par exemple : Michel Hollard, l’homme qui a sauvé Londres et qui reçu de l’aide en Suisse.
      https://www.letemps.ch/opinions/michel-hollard-lhomme-sauve-londres


    • kirios 24 novembre 11:00

      @CN46400
      mea culpa !
      je pensais sa mutation plus tardive mais je me suis trompé : le PC est devenu PCF en 1937.


    • Breton8329 Breton8329 24 novembre 11:51

      @kirios probablement une maladresse de style de ma part parce qu’en fait, l’idée que je défends, c’est que les communistes n’ont pas été plus héroïques que les autres, ils n’ont tout simplement pas eu le choix que de basculer dans la résistance.


    • CN46400 CN46400 25 novembre 11:05

      @Christian
      Personne ne conteste que de nombreux français aient résisté dès les premières heures de l’occupation, mais je parle de partis ou d’organisations politiques...


    • math math 23 novembre 15:50

      Joseph Kennedy.--- père de l’ex-président des Etats-Unis John Kennedy qui s’est fait assassiné ---. Joseph Kennedy était ambassadeur à Londres de 1938 à 1940, et il était en faveur d”une politique d’apaisement avec Hitler et appuyait les militants violents de l’IRA.

      Kennedy était un homme d’affaires prospère dont les activités couvrirent la construction de bateaux, la banque, le cinéma, et la bourse.
      Certains l’attribuent à une partie de la responsabilité dans le krach de 1929



      Il était un antisémite avéré et ne cachait pas sa fascination pour les régimes totalitaires.


      • Jeekes Jeekes 23 novembre 19:14

        @math
         
        ’’Il était un antisémite avéré et ne cachait pas sa fascination pour les régimes totalitaires.’’
         
        Antisémite ? Ch’sais pas.
        Mais sûrement pas antisioniste.
         
        Parce que chez ces gens-là, Monsieur, on cause pas, Monsieur.
        On compte !
         


      • JP94 23 novembre 21:18

        @math
        Voici qui devrait vous intéresser : 
        ( on y voit les tractations de Dulles avec les nazis) 

        https://www.youtube.com/watch?v=Ka9KeaTN6aw

        Une série culte à l’Est ... ici sous-titrée ... 


      • Garibaldi2 24 novembre 04:58

        @math

        Et Prescot Bush (le père et grand-père des 2 présidents) ... !

        Henry Ford, antisémite virulent a payé la traduction en anglais des ’’Protocoles des sages de Sion’’ et il menait campagne contre les Juifs dans ses journaux.

        A lire : https://www.monde-diplomatique.fr/2007/04/LOWY/146


      • Christian 28 novembre 08:33

        @JP94
        Je suis en train de regarder cette série, fort intéressante.
        L’opération Sunrise qui a abouti à la reddition de l’armée allemande en Italie a été un grand succès qui a permis de sauver des milliers de vies ainsi que des trésors culturels en Italie. Hitler avait ordonné « la terre brûlée » càd de tuer et de tout incendier lors du retrait de l’armée. C’est clair que des généraux allemands ont désobéi à Hitler en essayant d’obtenir une collaboration avec les Alliés occidentaux contre Staline et c’est probablement vrai que c’était une option envisagée par Dulles, ce que dénonce ce film. Il n’empêche que cette négociation de reddition n’a pu se réaliser que grâce à l’armée suisse, en particulier les sr qui ont à cette occasion largement enfreint les règles de neutralité, mais le résultat fut positif.

        Le 2 mai 1945 Churchill annonça à la Chambre des Communes la reddition sans conditions de l’armée allemande d’Italie comportant près d’un million d’hommes. Cette reddition était le prélude à la fin de la guerre.

         

        "Dans l’histoire de la guerre cette capitulation est un fait unique en ce sens qu’elle a pour effet de mettre hors de combat une immense armée et de libérer un territoire extraordinairement vaste et important. Cette capitulation exercera, à n’en pas douter, une influence favorable sur le cours des événements."


      • kalachnikov kalachnikov 23 novembre 16:19

        Genre les Schuller-Bettancourt, l’autre collabo qui achète un brevet de résistance en payant avec une moannaie qui s’appelle Liliane, oui, la Liliane chez qui Sarko allait chercher des enveloppes ?



        • Rincevent Rincevent 23 novembre 17:29


          Persécuté par les nazis, les communistes n’ont eu d’autre choix que de constituer une résistance.
          Holà, quel raccourci ! On rembobine et on regarde calmement : https://www.ina.fr/video/I00007236 Bref, avant l’invasion de l’URSS, le PCF a fricoté avec des autorités allemandes qui n’étaient pas contre…


          • Breton8329 Breton8329 23 novembre 19:03

            @Rincevent c’est un article, pas un livre. Mais vous avez partiellement raison, la convergence entre les nazis et les communistes a été documentée ou plus exactement, la volonté des communistes français de profiter de la débâcle de 40 pour occuper l’espace politique vacant (réf 1). Mais c’était sans compter sur la police de Vichy, plus anticommuniste que les nazis, qui faisait enfermer les communistes et autres « nuisibles » dans des camps (réf 2). In fine, lorsque la résistance s’est organisée vers 1942, les communistes l’ont rejoint parce qu’ils n’avaient pas vraiment le choix. Et avec Barbarossa, vous connaissez les sentiments des nazis à leur égard. Voir 1/ https://www.contrepoints.org/2014/07/15/172469-quand-les-communistes-aimaient-les-nazis 2/http://siteedc.edechambost.net/Histoire_communistes_generalites.htm


          • CN46400 CN46400 23 novembre 19:19

            @Rincevent
            Les faits :
            Le PCF est dissous en septembre 1939 par le gouvernement français, l’Humanité est interdite.
            En juillet 1940, les allemands autorisent la parution de tous les journaux. l’Humanité fait des démarches pour une reparution légale qui finalement lui est refusée.... Quoi d’anormal ?


          • CN46400 CN46400 23 novembre 19:33

            @Breton8329
            La grève des mineurs du Nord a eu lieu en avril-mai 1941. Les principaux « meneurs », qui étaient communistes, ont été fusillés...
            La répression anti communiste a commencé dès septembre 1939. Dans mon département, 510 personnes, soupçonnées de communisme, ont été entendues dans les gendarmeries et surveillées. Alors qu’avant la guerre les effectifs du PCF étaient inférieurs à 250 unités et que beaucoup d’entre-eux étaient mobilisés dans l’armée de la « drôle de guerre »....


          • Rincevent Rincevent 23 novembre 21:19

            @CN46400

            Quoi d’anormal ? Que des français aillent demander à l’ennemi occupant leur pays une autorisation d’exister au grand jour, comme si rien ne s’était passé, ça vous parait ‘’normal’’ à vous ? Pour moi, c’est un appel à collaboration.

            Si le PC a été dissout et l’Humanité interdit par le gouvernement Daladier en 1939, c’est bien à cause de son alignement sur le ‘’grand frère’’ avec l’approbation du pacte germano-soviétique du 23 août. Le 3 septembre, nous entrions (doucement) en guerre contre l’Allemagne. Ça aussi, ce sont des faits.


          • JP94 23 novembre 21:30

            @CN46400
            Exactement : précisons que la grève des mineurs de 1941, avant le 22 juin 1941, donc avant Barbarossa, a mobilisé 100 000 mineurs ,et que cette grève, organisée par le PCF a initiée par des femmes, sur des revendications sociales.

            Elle montre que personne n’a trahi sinon elle aurait été empêchée...elle montre l’unité du peuple qui n’a pas peur face aux nazis et ne croit pas les collabos au pouvoir ( n’oublions que Vichy a été instauré suite au vote des pleins pouvoirs à Pétain par l’énorme majorité du Parlement ( sauf les communistes, déchus de leur mandats).
            Elle était prévue pour 10 jours et a duré 10 jours.

            Enfin il est historiquement faux de prétendre que le PCF est entré dans la résistance après le 22 juin 1941 : il a commencé la lutte armée après, mais il a été le seul jusqu’au 6 juin 1944 ! ce n’est pas le parti des fusillés pour rien.

            Dès le 10 juillet 1940, le PCF a diffusé l’appel de Duclos.
            Et ses militants ont aussi diffusé celui de De Gaulle.
            Par ailleurs, l’appel du 18 juin a été remanié et le concept de Résistance est postérieur au 18 juin ...
            Dès 1940, on a arrêté des militants communistes pour des tracts ... 
            Par ailleurs, les militants communistes allemands ont été arrêtés dès la prise de pouvoir par Hitler ; Thälmann a été emprisonné dès 1933 et exécuté en 1945...


          • CN46400 CN46400 23 novembre 22:10

            @Rincevent
            Et que dire des autres quotidiens qui, tous, ont paru normalement jusqu’en 44 ?
            « Le 3 septembre, nous entrions (doucement) en guerre contre l’Allemagne. »
            Ouais mais on la faisait contre les cocos français plutôt que contre les nazis !


          • Rincevent Rincevent 23 novembre 23:05

            @CN46400

            Pour l’Occupation, les Allemands avaient fait le choix de maintenir un gouvernement français pour les affaires courantes, plutôt que de gérer le pays directement comme en Pologne. C’était bien plus économique en terme de personnel administratif, de garnisons et de police, par exemple. Avec quand même quelques verrous évidents comme la censure de presse.

            Si tous les journaux ‘’généralistes’’ ont continué de paraitre, c’était dans le même état d’esprit qui faisait que les théâtres, les cinémas et les terrasses en été étaient toujours bien remplis. Quelqu’un a dit un jour que 5 % des Français avaient résisté activement et 2 % avaient collaboré vraiment, le reste attendant que ça se passe en comptant ses points de retraite… Ça ne faisait pas de ces gens des héros mais pas des collabos non plus.

            Les Français comptaient surtout sur les Américains pour les débarrasser des vert-de-gris, pour les Russes c’était loin et on ne semblait pas spécialement pressé de les voir un jour… Je parle là à partir de ce que mon père m’en a raconté et il a tenu un cahier durant toute cette époque, depuis Munich jusqu’à la Libération. Une de ses activités favorites le soir était, après avoir écouté la radio suisse (Radio Sottens), de déplacer des petits drapeaux sur une carte de l’Europe, en fonction des offensives de l’Armée Rouge, surtout après Stalingrad. Lui savait que ce serait par là que le Reich s’effondrerait le plus surement.


          • Garibaldi2 24 novembre 05:15

            @Rincevent

            Le PCF a fricoté avec les Allemands ? Faudrait être plus précis ! Ce serait bien que Courtois et Rotman nous expliquent qui était censé écrire dans L’Humanité (interdite depuis avant guerre, comme le PCF) et qui était supposé l’acheter ?!!! Curieusement cette question n’est jamais posée car il est bien entendu impossible d’y faire une réponse qui tienne la route. Vous ne pensez pas que cela aurait été un excellent moyen de repérer les communistes, qui, rappelons-le, ont été parmi les premiers a être déporté en Allemagne dès 1933.

            ’’20 mars 1933 Le commissaire nazi à la police de Munich, Heinrich Himmler, crée dans les locaux d’une ancienne usine de poudre à Dachau un camp de concentration destiné aux prisonniers politiques. Les opposants au régime, des communistes et des sociaux-démocrates pour la plupart, commenceront à y être déportés. 250 000 personnes seront transférées au camp de Dachau entre 1933 et 1945. 70 000 y mourront.’’

            source : http://www.linternaute.com/histoire/categorie/evenement/16/1/a/50221/premie r_camp_de_concentration.shtml

             


          • Garibaldi2 24 novembre 05:19

            @Breton8329

            Georges Guingoin (’’le préfet du maquis’’) est dans le maquis dès septembre 1940.


          • Garibaldi2 24 novembre 05:32

            @Rincevent

            Vous devriez nous faire un petit topo sur le traité (militaire) franco-soviétique d’assistance mutuelle, signé le 2 mai 1935, et torpillé par l’état-major français.

            ’’Article 2 du traité :

            « Au cas où la France ou l’URSS seraient l’objet d’une agression non provoquée de la part d’un État européen, malgré les intentions sincèrement pacifiques des deux pays, l’URSS et réciproquement la France, se prêteront immédiatement aide et assistance ».’’

            source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_franco-sovi%C3%A9tique_d%27assistance_mutuelle

            Faut-il vous rappeler que l’URSS n’a pas participé à l’accord de Munich (septembre 1938), et qu’elle a été placée devant le fait accompli.


            Et ça aussi ce sont des faits.



          • Rincevent Rincevent 24 novembre 14:31

            @Garibaldi2

            Pour les précisions : http://pcf-1939-1941.blogspot.com/2013/06/demande-de-parution-de-lhumanite-du-26.html

            Maintenant, c’est vrai que la démarche semble curieuse, voire ingénue, compte tenu de ce qui était arrivé aux communistes allemands. Comme le bureau politique n’était pas composé d’ingénus, la seule explication que je vois serait des consignes envoyées de Moscou, dans le cadre de l’accord Ribbentrop/Molotov, sinon, quoi ?


          • Rincevent Rincevent 24 novembre 15:13

            @Garibaldi2

            Il est vrai que l’état-major ne voulait aucune collaboration avec l’URSS, non seulement en 1935 mais aussi en août 1939 avec la mission militaire franco-britannique qui a glandé à Moscou, alors que le danger se précisait. Staline en a tiré des conclusions et, la veille qu’elle reparte, l’accord germano-russe sera signé…

            Après Munich, Staline avait effectivement quelques raisons d’être méfiant vis à vis des franco-britanniques, mais tout le monde, à cette époque, a fait preuve de méfiance réciproque, entre autre la Pologne, la Roumanie et les pays baltes qui refusaient à l’Armée Rouge la possibilité de traverser leur territoire pour porter secours à un signataire de l’accord de 1935.

            Accessoirement, dans le cadre de l’accord avec les Allemands, les Russes n’ont pas livré que des marchandises. Ils ont aussi livré à la Gestapo des anti-fascistes allemands réfugiés chez eux. Sans commentaires…


          • CN46400 CN46400 24 novembre 18:24

            @Garibaldi2
            C’est Duclos qui était le rédacteur principal de l’Humanité clandestine qui était distribuée gratuitement sous le manteau, format A4 avec retirage en régions. Il est resté dans la région parisienne pendant 5 ans (39-44) sans être localisé par la police.


          • titi 25 novembre 01:16

            @Garibaldi2

            Article 2 du traité :

            « Au cas où la France ou l’URSS seraient l’objet d’une agression non provoquée de la part d’un État européen, "


            C’est la France qui déclare la guerre à l’Allemagne.

            Elle n’est donc pas la victime d’une agression.

            Ce traité n’aurait donc rien changé.


          • Garibaldi2 25 novembre 04:41

            @Rincevent

            Y voir une manoeuvre de Moscou ne tient pas la route non plus. Les communistes du PCF savent parfaitement ce qui est arrivé en Espagne (ils ont fait partie des Brigades Internationales), ils savent que leurs camarades allemands sont traqués depuis 1933 et déportés en Allemagne, et ils n’ont donc aucune illusion sur les Nazis.

            Je n’en veux pour preuve que cet extrait, c/c du site en question : ’’Le fascisme au pouvoir en France, les amis de Hitler, conseillers de Daladier, les méthode nazies copiées contre les travailleurs, contre les syndicats libres, contre le grand Parti Communiste, voilà ce qu’on ose appeler « la démocratie contre l’hitlérisme » !’’

            Sur le document donné en lien sur le site en question :

            ’’ que l’Union Soviétique présente son visage de pacificatrice et de libératrice des peuples, elle qui a été seule jusqu’ici à infliger de rudes coups à Hitler et à faire barrage à l’hitlérisme en Russie Blanche, sur la Baltique et dans la Mer Noire’’ (L’Humanité clandestine 7 nov 1939)


            Donc, il faudrait être cohérent.


            Sur le site que vous indiquez, j’ai noté ceci : ’’Le premier, c’est l’Humanité du mercredi 19 juin 1940 soumis au visa de la Kommandantur le 20 juin 1940 alors que les armées françaises étaient toujours engagées dans des combats contre la Wehrmacht.’’.

            L’Humanité est interdite en France depuis août 1939. Donc, ce journal interdit, dont les typo et les ouvriers du labeur ne sont plus sur place, a pu ressortir, comme par magie en pleine débâcle ?!! Vous savez le temps qu’il fallait en 1940 pour composer un journal, faire tourner les rotatives, sans compter qu’il fallait trouver le papier, qui avait été confisqué à L’Humanité dès son interdiction.

            Vous connaissez l’identité du rédacteur du blog  ? On ne la trouve nulle part ! Curieux pour quelqu’un qui prétend faire oeuvre de vérité historique !!!




          • Luniterre 25 novembre 22:39

            UN ÉLÉMENT DE RÉPONSE « GROUPÉ » POUR LES TROIS... :


            @Breton8329

            « ...ou plus exactement, la volonté des communistes français de profiter de la débâcle de 40 pour occuper l’espace politique vacant (réf 1). Mais c’était sans compter sur la police de Vichy, plus anticommuniste que les nazis,... »


            @CN46400

            « ...l’Humanité fait des démarches pour une reparution légale qui finalement lui est refusée.... Quoi d’anormal ?... »


            @Rincevent

            « ...la seule explication que je vois serait des consignes envoyées de Moscou, dans le cadre de l’accord Ribbentrop/Molotov, sinon, quoi ? »


            En réalité, il n’y a pas plus de raison de voir l’histoire des communistes comme celle d’un bloc que pour n’importe quel autre groupe humain, malgré les apparences.


            La démarche de Duclos, via Tréand et Ginollin, auprès des allemands, non seulement n’était-elle certainement pas représentative de l’état d’esprit de la majorité des communistes français, mais elle eut même probablement rencontré une vive opposition interne, eut-elle été connue.


            Une doc historique essentielle sur le sujet, ce sont les mémoires de Mounette Dutilleul, qui s’est trouvée très proche de ces événements.


            https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/11/mounette-dutilleul-ou-la-memoire-effacee-comment-appeler-les-choses-par-leur-nom/


            [Il semble que le doc ait été remis en ligne, depuis la parution de cet article]


            De même l’origine réelle de l’initiative n’est vraisemblablement « moscovite » que par la présence de Thorez à Moscou, aux bons soins de l’Internationale, où il était relativement influent, et non pas forcément par d’autres autorités « supérieures ». La dissolution de l’Internationale, par la suite, est au moins autant une manière de régler ce genre de problèmes qu’un « concession » faite à l’Occident. En fait, une bonne occasion de se débarrasser du boulet...


            http://pcf-1939-1941.blogspot.com/2013/06/demande-de-parution-de-lhumanite-du-26.html


            Le Kominform, à l’initiative d’Andreï Jdanov, visait, quant à lui, par la suite, à redresser la complaisance « occidentale » des PCF et PCI, sans réussite notable, et fut donc abandonné à son tour.


            De cette complaisance, voit le résultat, aujourd’hui...


            Luniterre



            https://tribunemlreypa.wordpress.com/andrei-jdanov-1947-rapport-sur-la-situation-internationale_/



            https://tribunemlreypa.wordpress.com/doctrine-jdanov-les-bonnes-feuilles-commentees-selon-eduscol-du-rapport-jdanov-de-1947/



            **************************





          • Luniterre 26 novembre 11:33

            COQUILLE

            Il faut évidemment lire : 

            « De cette complaisance, on voit le résultat, aujourd’hui... »

            Luniterre


          • soi même 23 novembre 18:46

            ( Pour autant, l’Allemagne parviendra, en 31 ans, à construire la plus grande puissance militaire d’Europe, malgré les sanctions et limitations dont elle faisait l’objet. Comment cela a-t-il bien pu arriver ? Puisque la puissance économique est un préalable nécessaire à la puissance militaire, alors l’Allemagne a bénéficié de circonstances économiques favorables ) C’est une question important historique qui touche un dès secret les plus gardés du plan Young.


            • Jeekes Jeekes 23 novembre 19:20

              @soi même
               
              ’’Pour autant, l’Allemagne parviendra, en 31 ans’’
               
              Ben merde alors, personne n’a l’air de s’être rendu compte que 1918 + 31 ans, ça faisait 1949 ?
               
              Bon, ceci dit, les boches nous l’ont rejouée bis repetita.
              Yaka voir aujourd’hui encore comment nos politicards passent leur temps à lécher le fion de la mère Quelle...
               
              On m’dira que c’est pas pire que d’avoir sucé la bite à létal-miaou, ou celle du président des z’états-z’unis. Quel qu’il soit...
               

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