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Accueil du site > Actualités > Société > Le mythe de la pénurie de logements

Le mythe de la pénurie de logements

Un argument, repris en boucle pour justifier de l’explosion des prix de l’immobilier depuis 2000, tient en un mot : pénurie. Il manquerait 1 000 000 de logements en France et il faudrait en construire 500 000 par an pour combler ce retard. L’offre, inférieure à la demande, provoquerait une hausse vertigineuse des prix. Mythe ou réalité ?

Remettons les choses dans le contexte : l’explosion. Entre 2000 et 2013 les prix de l’immobilier ancien ont cru de plus de 120% (1) quand, dans le même temps, le revenu médian des ménages augmentait d’un peu plus de 4% (2) et les prix à la consommation de 26% (3). Cette explosion des prix de l’immobilier aurait pour origine un déficit de logements.

Tout d’abord, si on compare la situation de la France avec celle de ses voisins de l’UE, le stock de logements par habitants est parmi les plus élevés. Le graphique suivant, issu d’une étude du cabinet Deloitte en 2012 (4), est assez significatif :

Il semble qu’en France l’offre de logement ne soit donc pas si faible qu’on pourrait le penser de prime abord. Une partie de l’explication résiderait, toujours selon Deloitte, dans le fait qu’en France (et en Espagne) nous avons beaucoup de résidences secondaires.

Alain Jacquot faisait le même constat en 2011 dans un ouvrage intitulé “Pour sortir de la Crise du Logement” (5). Il notait ainsi que “le stock de logements rapporté à la population est, en France, le plus élevé parmi tous les pays d’Europe de l’Ouest [...] même en tenant compte des quelque 10% de résidences secondaires dans notre pays, l’insuffisance de logements n’y apparaît pas comme flagrante, au moins en comparaison avec nos voisins européens”. C’est assez limpide… mais peut être y a t’il d’autres raisons qui expliquent qu’en France nous avons besoin de plus de logements que dans les autres pays de l’UE ?

Quand, sur un marché, l’offre est inférieure à la demande, l’ajustement se fait soit par les quantités (hausse de la production pour satisfaire la demande) soit par les prix. S’il y avait réellement pénurie de logements en France les loyers auraient, normalement, dû exploser. Or c’est loin d’être le cas.

Le Centre d’Analyse Stratégique indique dans une note intitulée “l’évolution des prix du logement en France sur 25 ans” (6) que : “la relative modération de la hausse observée (ndr : des loyers) conduit donc à remettre en cause l’idée d’une pénurie généralisée de logements. Si une telle pénurie sévissait, elle aurait dû se traduire par des hausses de loyers bien plus importantes.”

 

Le graphique suivant, issu de la même note, explicite ce décalage entre les prix et les loyers.

20140326140401.jpg

 

Si l’ajustement ne s’est pas fait par les prix c’est donc qu’il a dû se faire par les quantités.

Jean Claude Driant dans “pourquoi manque-t-il des logements en France” (7) s’interroge sur la taille des ménages : “s’il manquait vraiment entre 800 000 et un million de logements (chiffres les plus couramment évoqués), les habitants « en ménage » auraient dû se serrer dans les logements existants. En effet, entre 1999 et 2008, la population de France métropolitaine a augmenté de 3,614 millions de personnes tandis que le nombre de personnes « hors-ménages » est passé entre 1999 et 2008 de 1,294 million à 1,469 million, soit une augmentation de moins de 175 000 personnes. S’il manquait effectivement autant de logements, la taille moyenne des ménages aurait donc dû augmenter. Or, selon les recensements, elle a continué de baisser, passant de 2,40 personnes à 2,27 entre 1999 et 2008.”

Peut être a-t-on mobilisé des ressources existantes pour combler le déficit ? Peut-être est-ce que la structure du parc a été profondément modifiée depuis 2000 et que nous n’avons plus de marge de manoeuvre ? En observant les données de l’INSEE (8) sur le parc de logements on observe surtout une grande constance, le taux de résidences secondaires passant de 10% à 9.5% et celui des logements vacants s’offrant même le luxe d’augmenter de 6.7% à 7.1%.


20140326144310.jpg

Dans le même ordre d’idée on pourrait penser que la taille des logements s’est réduite et qu’on arrive à mettre plus de monde dans moins de place. Là non plus… il n’en est (en moyenne) rien. Le Commissariat général au développement durable dans “L’Etat du Logement en 2011” (9) indique en effet que la surface moyenne est plutôt en hausse constante depuis 2000.


20140326145940.jpg

La pénurie ne serait donc qu'un mythe ? Est-il alors vraiment souhaitable de se fixer des objectifs en terme de quantités de logements à construire (plan 500 000 logements) alors même que la demande est globalement satisfaite ?

 

Sources :


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61 réactions à cet article    


  • Rincevent Rincevent 27 mars 2014 19:17

    Les statistiques c’est une chose, la réalité vécue sur le terrain est souvent autre chose.

    le stock de logements par habitants est parmi les plus élevés. En brut oui, mais combien de réellement disponibles, habitables ?

    Si une telle pénurie sévissait, elle aurait dû se traduire par des hausses de loyers bien plus importantes.” Encore faut-il trouver des locataires solvables, avec la crise. Je connais des propriétaires, bien contents d’être payés tous les mois, qui n’augmentent pas ou très peu le loyer de crainte de faire fuir leur locataire.

    La taille moyenne des ménage
    a surtout diminué à cause des divorces, séparations, mutations, etc.

    Les surfaces. J’ai un architecte dans ma famille : depuis qu’il exerce il constate que les promoteurs lui demandent d’une année sur l’autre de rogner sur les m2. Il n’a encore jamais vu le contraire.

    La demande globalement satisfaite
     : ça me fait penser à l’impayable Georges Marchais avec son « bilan globalement positif » quand il parlait de l’URSS…


    • Bulbe Immo Bulbe Immo 27 mars 2014 20:29

      combien de réellement disponibles, habitables ? Autant que dans les autres pays du comparatif. Nous n’avons pas, en France, le parc le plus médiocre d’Europe.

      Encore faut-il trouver des locataires solvables, avec la crise
      . Effectivement... mais ça vaut aussi pour les propriétaires accédants. Ce que je voulais souligner c’est que la cause de la hausse des prix N’EST PAS la pénurie de logements. Si tel était le cas, s’il y avait une vraie pénurie de logements, les loyers sous la pression de la demande auraient dû augmenter de la même manière que les prix. Si les prix ont explosé c’est en réalité pour une toute autre raison ( ça fera l’objet d’un autre article ).

      La taille moyenne des ménage a surtout diminué à cause des divorces. C’est vrai... mais force est de constater que ces ménages éclatés ont trouvé leur place. S’il y avait vraiment pénurie il y aurait eu regroupement (typiquement plusieurs générations sous le même toit) et pas éclatement.

      J’ai un architecte dans ma famille : depuis qu’il exerce il constate que les promoteurs lui demandent d’une année sur l’autre de rogner sur les m2. C’est effectivement le cas sur les logements collectifs (cf dernière vignette) qui ont une surface constante sur la période. En revanche pour les logements individuels la tendance est à la hausse de la taille moyenne. En cas de pénurie tous les segments devraient être touchés.

      La demande globalement satisfaite fait référence aux travaux de prospective de l’INSEE sur la demande de logements qui fait état d’un besoin de l’ordre de 350 à 400 000 logements supplémentaires par an (au maximum) pour combler à la fois la croissance démographique et les phénomènes de décohabitation.

      Vouloir construire 500 000 logements par an ne répond à aucune demande, à aucun besoin. En construire 300 000 bien placés serait déjà une bonne chose. L’autre solution serait de décentraliser et déconcentrer pour réduire la pression sur certaines poches actuellement en tension (IDF, PACA, Côtes en général).


    • César Castique César Castique 27 mars 2014 20:33

      « le stock de logements par habitants est parmi les plus élevés. En brut oui, mais combien de réellement disponibles, habitables ? »


      Et ajoutons que des logements libres en Haute-Savoie, en Lozère, dans les Deux-Sèvres, en Mayenne et dans les Vosges, ne sont pas d’un bien grand secours pour qui cherchent à se loger en Ile-de-France.

      Sans établissement d’une corrélation entre les conditions régionales d’offres et demandes, les chiffres fournis sont sans grand intérêt. Sauf pour une propagande destinée aux citoyens peu attentifs...

    • Bulbe Immo Bulbe Immo 3 avril 2014 11:26

      S’il y avait de l’emploi en Lozère, Corrèze, Creuse... ces logements seraient occupés et les secteurs en tension (IDF, PACA...) seraient moins prisés donc moins tendus.

      La logique de concentration / urbanisation / péri urbanisation est effectivement celle qui prévaut. Pour autant, est ce LA solution ? Ne serait il pas plus judicieux de mieux aménager le territoire pour déconcentrer les grands centres urbains ?

      La révolution des technologies de l’information et la dématérialisation ne pourraient elles pas permettre de mieux répartir les Hommes et les compétences sur l’ensemble du territoire ?

      Autant de question qui vont au delà du problème du logement cher...


    • foufouille foufouille 27 mars 2014 19:18

      assez nuls
      les logements vides ne sont pas louables et les banques ne prêtent qu’aux « riches ». les prix des ruines sont énormes
       


      • Bulbe Immo Bulbe Immo 28 mars 2014 10:54

        Si les banques ne prêtent qu’aux riches (maintenant) c’est finalement pour protéger les pauvres d’eux même.

        Les banques ont prêté à tire larigot au début des années 2000, nous payons maintenant les conséquences de ces errements : spirale haussière, immobilier cher, salaires devant s’ajuster et/ou subventionnement de ceux qui n’ont pas eu la chance (ou l’opportunité) d’acheter en 2000 et/ou paupérisation => compétitivité en berne.


      • foufouille foufouille 28 mars 2014 15:36

        un locataire paye un loyer. mais a vie


      • Bulbe Immo Bulbe Immo 28 mars 2014 16:10

        Raisonnement simpliste.

        Si on vous propose un logement à 400 000€ pour lequel le loyer mensuel est de 400€, vous le louez ou vous l’achetez ? (exemple volontairement caricatural).

        Si vous tenez compte de tous les frais inhérents à la propriété (taxe foncière, frais d’entretien, charges de copropriété éventuellement, frais de notaire, d’agence, droits de mutation, blocage de l’apport qui ne génère plus d’intérêts) et des perspectives de moins-value potentielle, la location n’est pas forcément, actuellement, le plus mauvais calcul qui soit.

        Qu’on soit locataire ou propriétaire, le logement est redevenu un coût, pas une martingale comme il a pu l’être sur la période 2000-2008.


      • Rincevent Rincevent 27 mars 2014 19:39

        @ foufouille.

        « les prix des ruines sont énormes » Les prix affichés oui, mais à supposer qu’il n’y a pas de travaux de gros œuvre qui, aujourd’hui, va acheter cher une passoire thermique avec tous les travaux à faire pour être simplement aux normes ? (électricité, isolation, plomberie).

        En fait, ces ruines ne se vendent pas comme ça, sauf pour un promoteur (qui va récupérer le terrain et raser pour faire du R + 4) et juste au prix du terrain. En matière de prix, le seul baromètre fiable est l’indice des notaires puisqu’il s’agit de ventes effectivement réalisées et pas de rêves de vendeurs…


        • foufouille foufouille 27 mars 2014 20:26

          mai si des gens les achétent. car il y a un grand terrain, souvent et de la place. il faut juste être bon bricoleur ou avoir du cash.
          certains abandonnent et les ruines partent de moins en bien. surtout une grange a 50000 qui sera invendable car il y a rien a moins de 50 km


        • Bulbe Immo Bulbe Immo 28 mars 2014 10:42

          En matière de prix, le seul baromètre fiable est l’indice des notaires puisqu’il s’agit de ventes effectivement réalisées et pas de rêves de vendeurs…

          Oui... et non. Il y a plusieurs biais statistiques dans les chiffres des notaires :

          1. la base de donnée n’est pas exhaustive (enfin... elle ne l’était pas jusqu’à début mars mais un récent décret doit changer la donne) : les bases des notaires, servant à calculer les indices de prix, sont renseignées selon le bon vouloir de ces derniers. Combien de biens y a t-il dans ces bases sur les 800 000 transactions annuelles ? Personne ne le sait... opacité entretenue disent les mauvaises langues (dont je suis).
          2. dans les périodes de baisse du volume de transaction seuls les biens sans défaut se vendent (voir définition du « flight to quality »). Mécaniquement la moyenne augmente. Pour donner un ordre d’idée LaForêt, note de conjoncture, évolution du marché Parisien, 2013 vs. 2012, p.26 : "L’évolution des prix ne reflète pas fidèlement la réalité du marché parisien. Une analyse détaillée des prix montre que le "mix produit" a changé et que les prix ont, en réalité, baissé de 10% à bien immobilier identique". Les statistiques définitives des notaires pour 2013 (à paraitre le mois prochain) ne feront, à mon humble avis, pas état d’une baisse de cette ampleur.

        • non667 27 mars 2014 20:00

          à bulbe
          Il manquerait 1 000 000 de logements en France et il faudrait en construire 500 000 par an pour combler ce retard.

          derrière ces chiffres d’intoxication politiques se cache une volonté politique et un but (qui en l’état actuel ne peut être que mondialiste ! )
          si on s’intéresse au p.l.u . ( ex pos ) on entend les politiques umps .... nous imposer le grenelle de l’environnement qui préconise de densifier (bétonner ) les villes et d’augmenter le quota de logement sociaux (35% ) pour faire face au besoin à venir !
          sachant que les « de souches » responsables ne font que les enfants qu’ils peuvent loger/nourrir ces logements seront donc destinés à accueillir toute la misère du monde !
          de souche avortez ! et à vos poches "salauds de riches qui êtes propriétaires de votre logement pour payer taxe d’habitation ,taxe foncière , droits de mutation , droit de succession qui vont augmenter sans fin jusqu’à ce que vous n’ayez plus de patrimoine et soyez contraint de devenir locataires des gentilles multinationales du logement  ! smiley smiley smiley smiley


          • jef88 jef88 27 mars 2014 21:46

            j’habite au centre d’une petite ville des Vosges.
            sur 80m, , 160m de façades, soient 7 maisons dont certaines ont plusieurs appartements, nous sommes 9 habitants.....
            POURQUOI ?
            parce que depuis 45 ans les emplois fuient, la population a diminué de 50%, il n’y a plus de commerces, la ville meurt .....
            mais une chose progresse : le chômage !


            • Bulbe Immo Bulbe Immo 28 mars 2014 10:22

              Il est moins couteux d’entretenir quelques oisifs dans un grand pôle urbain (RSA, chômeurs et autres formes de précarité) que quelques salariés méritants éparpilés sur le territoire avec leurs cohortes de dépenses : une poste, une école, des réseaux à entretenir, le ramassage des ordures, des services publics à assurer...


            • epicure 28 mars 2014 18:16

              parce que les gens au chômage , au RSA etc.. ils n’ont pas besoin de poste, d’école et autres services public ?

              Le gars qui a une famille et qui perd son boulot, et n’en retrouve pas tout de suite, il n’a plus besoin d’école pour ses enfants, il perd son boulot et tout d’un coup les enfants n’ont plus besoin d’aller à l’école, il n’a pas besoin de poste pour ses démarches administratives, ses problèmes de santé vont bien sûr disparaitre donc pas besoin de sécurité sociale etc.....

              Voilà des propos dénués de bon sens, démagos et méprisants pour des gens que les vrais privilégiés ont jeté dans la précarité, le chômage.


            • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 28 mars 2014 18:24

              Epicure ,l’auteur ne fait que relever un certain cynisme politique .


            • Bulbe Immo Bulbe Immo 3 avril 2014 10:30

              Tout à fait.


            • Rincevent Rincevent 27 mars 2014 22:31

              Reprenons

              - En attendant votre prochain article, il faut se contenter d’une affirmation qui est : la cause de la hausse n’est pas la pénurie, point-barre…

              - Taille des ménages : toujours le raisonnement mathématique complètement déconnecté de la vie : comment voulez-vous faire vivre sous un même toit des gens qui ont fini par se haïr ou des générations qui travaillent aux quatre coins du pays avec des besoins différents ?

              - Surfaces : j’insiste sur la réduction des surfaces constatée dans le neuf par les pros (des artisans aussi) et pas une stabilisation.

              - Demande globalement satisfaite : au delà des chiffres bruts, quels logements ? Pour quels classes de revenus ? Ou ?

              Il semble que le sujet qui fâche pour vous soit ce projet de 500 000 logements. Rassurez-vous, la puissance publique n’en a pas les moyens ! Et 300 000 serait effectivement déjà inespéré. Quant à décentraliser, César Castique y a déjà répondu en partie. Ajoutez à cela la problématique des transports et son corollaire écologique et vous verrez que ce n’est pas si simple.

              A part ça, devant le silence de votre fiche je me pose la question : qui est Bulbe Immo, le nouveau venu ? Un pur amoureux des statistiques ? Ou qui représente t-il ? Petits propriétaires satisfaits de la situation actuelle ? Acteurs de la nébuleuse immobilière et si oui lesquels ? (à part le BTP bien sûr). Ce serait bien de nous le dire.


              • Bulbe Immo Bulbe Immo 28 mars 2014 10:19

                il faut se contenter d’une affirmation qui est : la cause de la hausse n’est pas la pénurie, point-barre. Non, suffit de demander... j’espère que vous ne m’en voudrez pas trop de ne pas tout mettre dans le même papier, le sujet est vaste.

                Les causes de l’explosion des prix de l’immobilier sont assez biens connues désormais et la pénurie n’en est pas une. La note du CAS (cf lien dans l’article) et plusieurs autres études sur le sujet indiquent que l’origine de la hausse vertigineuse des prix en France est due à l’augmentation du crédit au début des années 2000 : baisse des taux, allongement des durées, baisse de l’apport demandé => solvabilisation des ménages.

                Une fois la hausse enclenchée avec des variations importantes d’une année sur l’autre, nous sommes entrés dans une spirale haussière. Il fallait absolument acheter (et vite). Quand la réserve de ménages s’est tarie les politiques ont jugé bon de maintenir le marché en état de lévitation à grands coups de subventions (déduction des intérêts d’emprunt, PTZ sur l’ancien).

                Dernier étage de la fusée (se déroulant sous nos yeux) : la baisse récente des taux (plus bas historique) dans un contexte de caisses loin d’être pleines ce qui exclu de facto une nouvelle solvabilisation via des aides et autres subventions... mais sait on jamais, les aides au logement c’est 2% du PIB en France, on pourrait parfaitement imaginer quelques formules magiques pour déshabiller Paul (baisse des APL) pour habiller Pierre (augmentation des aides à la Pierre).

                Comment voulez-vous faire vivre sous un même toit des gens qui ont fini par se haïr ou des générations qui travaillent aux quatre coins du pays avec des besoins différents. S’ils ont actuellement le choix de ne pas y être contraints c’est bien qu’il n’y a pas de pénurie de logements. Rien de plus.

                j’insiste sur la réduction des surfaces constatée dans le neuf par les pros. Sourcez vos dires leur permettrait d’avoir un peu plus de consistance. Ce n’est pas parce qu’on a un architecte dans sa famille qu’on a une vision exhaustive du marché. Toutes les enquêtes font le même constat : la taille moyenne des logements augmente. NB : je mentionnais bien dans mon article que ce sont des moyennes. En fait la taille des logements augmente plus vite pour les ménages âgés que pour les jeunes (pour lesquels elle est en diminution)... mais en moyenne elle augmente.

                qui est Bulbe Immo, le nouveau venu ? J’ai l’habitude que cette question me soit posée par des agents immobiliers ou autres promoteurs en règle générale. En quelques mots : locataire, mobile, disponible, intéressé par le sujet et nullement encarté dans un quelconque lobby pro immo, ni de près, ni de loin. C’est bien, ça me change. Pour vous donner plus de billes je vous inviterai juste à aller voir la page Facebook qui est en lien sur ma fiche ce que vous ne manquerez pas de faire, en bon investigateur que vous êtes.


              • wesson wesson 28 mars 2014 00:30

                bonjour l’auteur,
                je lit rapidement votre papier toutefois je crois qu’il pêche par excès de simplification.

                La clé de la compréhension de la pénurie en logement, c’est de quel type de logement on parle.

                Il y a effectivement trop de logement pour des revenus aisés, et pas assez pour des revenus modeste. C’est ça la clé. Surtout dans un contexte de déflation salariale, les besoins en logement pas cher seront de plus en plus important, sauf que personne ne veut les fabriquer.

                La voilà votre pénurie.


                • Bulbe Immo Bulbe Immo 28 mars 2014 09:34

                  De fait ce n’est donc pas une pénurie au sens « Offre < Demande » mais un manque de logements abordables. Force est de constater que le stock est là, cohérent avec le nombre de ménages, que les loyers n’explosent pas et que les Français ne sont pas contraints à se serrer toujours plus.

                  Même si le taux d’effort des locataires a augmenté ce n’est rien en comparaison avec celui des primos-accédants qui sont, au final, les dindons de la farce.


                • San-antonio San-antonio 28 mars 2014 11:25

                  Que signifie « logements pour les revenus modestes » ?
                  Que la bulle éclate pour de bon et un énorme pourcentage des « logements pour des revenus aisés » deviendront de parfaits « logements pour revenus modestes »...


                • epicure 28 mars 2014 19:40

                  C’est bien un problème d’offre et de demande, puisqu’il n’y a pas d’offre adaptée à toute une partie de la population, celle qui n’a pas les moyens d’acheter un appart ou une maison.

                  Dans de nombreux endroits les prix les plus bas à la locations (en excluant tout ce qui est taudis ou équivalent ) sont trop élevés. Et en plus les loueurs ont en plus des demandes exorbitantes.
                  Par exemple un loyer à 500€ pour une petit appart (1 chambre, un salon/cuisine plus WC et petite salle de bain) , et un salaire triple du loyer.
                  Bref pour un appart qui n’a rien de luxueux, on demande un salaire que n’a pas la moitié de la population. et même sans ça pour quelqu’un ou un couple avec un seul revenu au SMIC cela fait la moitié du salaire ( avec des aides au logement négligeables ).
                  Dans la région parisienne j’ai vu des chambres/studio de moins de 20 M² pour plus de 400€ à l’époque, et c’était en gros le minimum qu’on pouvait trouver. Sans compter que les demandes en HLM étaient saturées. C’est beaucoup trop cher par rapport au public que c’est destiné ( les gens qui logent là faute de mieux et de gros moyens ).

                  Enfin c’est sûr que par chez moi, théoriquement il ne devrait pas y avoir de pénurie de logements avec tout ce qui se construit, sauf qu’il y a plein de nouveaux appartements qui sont construits pour le tourisme, et qui restent vacants, par contre il y a une pénurioe de logements pour les résidents qui n’ont pas la chance d’avoir un revenu supérieur au revenu médian.

                  Dans le détail, il y a bien une pénurie de logements, même si cela ne concerne qu’une partie de la population.
                  Il y a une disproportion aussi entre les offres de logement et les demandes, qui ne coïncident pas.
                  Et aussi dans beaucoup de milieux urbains les prix bas sont trop hauts pour les revenus modestes.

                  Tout ça fait donc qu’un a d’un côté des appartements vides, et de l’autre côté des gens qui cherchent à se loger, sans que les appartements vides correspondent à leur besoin.
                  Donc il y aurait bien besoin de nouveaux logements pour répondre aux demandes réelles non réalisées, ou alors rendre accessible des vieux appartements retapés ( pas en faire des trucs haut de gamme ).


                • Bulbe Immo Bulbe Immo 3 avril 2014 10:36

                  Enfin c’est sûr que par chez moi, théoriquement il ne devrait pas y avoir de pénurie de logements avec tout ce qui se construit, sauf qu’il y a plein de nouveaux appartements qui sont construits pour le tourisme, et qui restent vacants, par contre il y a une pénurioe de logements pour les résidents qui n’ont pas la chance d’avoir un revenu supérieur au revenu médian.

                  Ce n’est donc pas un problème de stock mais bien de logements abordables et bien localisés. Les logements sont là, ils existent déjà. Si on construit plus que la demande on risque juste de se retrouver avec des logements vides.

                  Si ces derniers n’étaient pas subventionnés avec vos impôts je dirai « banco » mais c’est loin d’être le cas. Il n’est pas rare que les programmes neufs en collectif soient achetés à plus des 2/3 par des investisseurs en quête de défiscalisation.

                  Le logement est devenu un produit financier comme les autres.


                • zygzornifle zygzornifle 28 mars 2014 08:47

                  Personne ne parle de l’état de milliers de logements qui sont insalubres voire bons pour la destruction .....


                  • Fourmi Agile Evrard 28 mars 2014 09:09

                    Ici sur la cote Basque c’est la même chose : quantité d’appartements vides 10 mois par an et loués au prix fort pendant l’été.

                    Il nous reste pour vivre que de petits studios, souvent mal faits, humides et qu’on loue malgré tout très chers. 

                    Je ne sais pas quand, mais un jour la population va se mettre en colère.

                    • Bulbe Immo Bulbe Immo 28 mars 2014 09:44

                      Tout à fait, on en revient au problème d’affectation des logements. Ils sont là mais parfois en situation de sous occupation criante. Cas typique que vous remontez (même problème pour les résidences secondaires et autres logements loués à la semaine sur l’IDF) mais également cas des logements occupés par des veuves / veufs qui ne peuvent ou veulent pas bouger.

                      Sur 300 000 ménages en sous occupation on en compte 170 000 où la personne seule ou la personne de référence du ménage a plus de 70 ans (Source « Haut Conseil de la Famille » https://docs.google.com/file/d/0B7c8XSLbST9lZVRnZk9xZENzYUE/edit)

                      Les mobilités sont très rigides en France, notamment en raison de coûts de transfert élevés. Dans le cas de la propriété : Droits de Mutation + Notaires + Agents Immobiliers = 11% du prix d’un bien. Dans le cas du logement social il est rare de se voir proposé un logement plus adapté (une mutation = deux ménages à gérer).


                    • Rincevent Rincevent 28 mars 2014 19:31

                      Je confirme pour la Côte Basque : pourquoi s’embêter à louer à l’année alors qu’on peut faire le même chiffre (voir plus) avec des vacanciers ou des travailleurs saisonniers. Les jeunes du pays, eux, ne sont pas d’accord et sont obligés de rester chez les parents comme le préconise l’auteur…

                      Pour la colère, c’est fait : périodiquement, des agences immobilières se prennent des bonbonnes de gaz. Pour le moment il n’y a pas eu de morts, heureusement.


                    • epicure 28 mars 2014 19:46

                      sur la côte méditerranéenne c’est pareil, même problème.
                      Nombre de résidences estivales ne sont pas adaptées pour une habitation l’hiver. en plus que souvent ce sont des trucs mal conçus, mal construits.
                      Ce ne sont clairement pas la réponse au mal logement des gens qui vivent toute l’année et qui ont un travail ou cherchent un emploi non saisonnier.


                    • Ruut Ruut 28 mars 2014 09:39

                      En fait le problème des logements en France viens des transports en communs qui font abusivement augmenter les prix et empêche l’expansion des villes a cause du parc de transport en commun trop cher et restreins.

                      Pourquoi faut il OBLIGATOIREMENT se loger a Paris si nous travaillons a Paris (pareil pour toutes les grandes villes) ?
                      Simplement parce que l’offre en place de parking gratuite est volontairement insuffisante ce qui force les travailleurs a se loger localement et a dépendre des transports en communs abusivement cher. (pareil pour le cout des places de parking privés)
                      Cette contrainte politique fait augmenter les prix des logements en ville.
                      Car avoir accès aux transports en communs est un luxe.

                      Le racket routier renforce encore ce phénomène.


                      • Bulbe Immo Bulbe Immo 28 mars 2014 09:49

                        La concentration est effectivement une partie du problème.

                        L’aménagement du territoire conduit à centraliser les activités dans des pôles dynamiques. Augmentant les temps de transport et repoussant toujours plus loin des centres les ménages en recherche de logement. Le mouvement pendulaire sont une véritable plaie.

                        La révolution des technologies de l’information ne devrait elle pas au contraire permettre un maillage plus diffus du territoire ? A t-on vraiment besoin de concentrer autant de siège sociaux, de bureaux et d’activités transversales dans ces grands pôles urbains ? (C’est un autre débat).


                      • San-antonio San-antonio 28 mars 2014 12:43

                        Bien sur que l’un des problèmes est la concentration.
                        Il n’y a qu’a se pencher sur le marche immobilier de l’autre cote de La Manche, marché qui a subi les memes exces que celui de la France, mais plus tôt, de manière plus brutale et bien plus concentrée.
                        L’activité économique du pays est plus ou moins concentrée dans un cercle de 300 km autour de Londres. a part un peu d’industrie économique dans les Midlands, rien de bien notable ailleurs. La situation est donc comparable a la France, en pire. Il suffit de se balader sur le site Rightmove pour se faire une idée. Pour info, on peut s’offrir une rue entière a Liverpool pour le tarif d’une seule maison de 3 chambres, même pas a Londres, mais a 30 km de son « immense périphérique », la M25.
                        Si on se penche sur l’Allemagne, pays dont l’activité économique est bien mieux distribuée (hors ex Allemagne de l’est), les choses sont différentes, avec une bulle immobilière loin d’être générale, une capacité a se loger dans de très grosses villes telles Hamburg a des tarifs humains et surtout un risque bien moins grave d’explosion de bulle immobilière et de la récession qui va avec, la santé économique du pays ne reposant pas stupidement sur « le bâtiment », mais sur des activités a ajout de valeur...


                      • TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE TOUSENSEMBLE OU L ECUREUIL ROUGE 28 mars 2014 10:44

                        ET DES LOGEMENTS INSALUBRES SONT TOUJOURS LOUES DANS DES IMMEUBLES INSALUBRES 18 RUE DE LA JUSTICE 75020 AGENCE :PATRIMONI PROPERTY !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!


                        • Bulbe Immo Bulbe Immo 28 mars 2014 10:59

                          Patrimoni Property. « La rentabilité d’un actif dépend de sa bonne gestion. »

                          Rentabilité, actif, gestion. Je crois qu’il n’y a rien à rajouter, ces termes reflétant la financiarisation du logement parlent d’eux même.

                          On s’insurge régulièrement contre les traders qui s’engraissent en spéculant sur les matières premières, mais peu de gens crient au scandale quand le logement, bien de première nécessité, est offert sur un plateau aux aficionados de la spéculation.


                        • claude-michel claude-michel 28 mars 2014 12:16

                          La liste des logements libres est longue..très longue...Comme les prix hauts..très hauts..Il n’y a qu’en France que nous constatons ces arnaques sur les prix et les gouvernants ne font rien pour y remédier.. ?


                          • Ruut Ruut 28 mars 2014 13:03

                            Pour que les ministres réagissent, un salaire de ministres au SMIG les amèneraient a régler les problèmes de la majorité du peuple de France puisqu’ils devraient y faire aussi face.
                             (bien sur c’est excessif)


                          • claude-michel claude-michel 28 mars 2014 13:31

                            Par Ruut...non pas exesif...Ils seraient obligés de revenir au peuple...leurs salaires (avec les cumuls) sont un outrage a la bien séance et au respect du peuple surtout pour le manque de résultats que nous avons..Que l’on ne vienne pas parler (dans leur bouche) de république..ou de démocratie.. ?


                          • Trelawney Trelawney 28 mars 2014 13:30

                            En France, le nombre de logements pour 1000 habitants était de 512 en 2005. Il a légèrement augmenté depuis mais on va rester sur cette base. L’Espagne est à 515 logements et les Pays Bas à 422 et l’Allemagne à 477.

                            Donc en France nous avons plus de 1 logement pour 2 habitants. Comme nous avons dans les secteurs à forte densité une pénurie de logements, ces chiffres (exacts) pourraient sembler étranges.

                            Il y a une raison à cela : Dans ces logements sont intégrés les résidences secondaires ainsi que les logements de vacances (Pierre et Vacances, VVF, Belambra etc.). La France est une destination touristique majeure, où beaucoup de villages sont habités par une population étrangère et où il existe un très grand nombre de logements de vacances. Ce qui fausse beaucoup le résultat.

                            Il faut aussi comparer ce nombre de 512 au nombre de 70 qui est le nombre de logements sociaux en France pour 1000 habitants. Ce nombre de 70 est très faible par rapport au Pays Bas (147) et au Danemark (102). Mais il est très fort par rapport à l’Allemagne (27) et l’Espagne (3).

                            Si vous enlevez le nombre des logements de vacances vous vous retrouvez à 350 soit un nombre de logements très faible par rapport à l’Allemagne, les Pays Bas, la Belgique et même la Grande Bretagne.

                            Il suffit de voir la liste des demandeurs de logements sociaux pour s’en rendre compte.

                            Le prix du loyer n’a pas vraiment augmenté par rapport au prix du logement, parce que le prix du loyer tient compte de la capacité des locataires à pouvoir le payer. Il tient aussi compte d’un parc immobilier relativement vétuste qui s’il vaut beaucoup d’argent aujourd’hui, n’a pas couté ce prix lorsque le propriétaire en a fait l’acquisition il y a 20 ans. Donc si il y a 15 ans vous avez acheté un logement 80000 euro (il vaut 150000 aujourd’hui dans des villes comme Lyon, Lille, Nantes, Bordeaux etc.) et que vous le louez 600 euro, vous avez une rente de 8% net (moins la taxe foncière et divers), ce qui est très rentable. Et à 600 euro vous êtes assuré de conserver votre locataire

                            Pour diminuer le cout des loyers et aussi le cout des logements, il faut donc construire des logements mais surtout des logements sociaux.


                            La part du loyer dans le budget d’un ménage est d’environ 25% (35 pour la région parisienne). Mais cette part augmente trés fortement quand les revenus sont inférieurs à 2000 euro. Il faut donc plus de logement sociaux.

                            Le problème dans la construction des logements sociaux est que le développement des bailleurs sociaux s’est fait (grâce et à cause du 1%) de façon anarchique. Ce qui fait que les 1% sont collectés dans les régions voire même les localités. Les bailleurs sociaux des régions comme l’ile de France souffrent de manque de moyens pour construire, alors que les bailleurs sociaux du Gers, de la Lozère, de l’Ardèche collectent le 1% des PME de leurs régions et n’ont rien à construire.




                            • Bulbe Immo Bulbe Immo 28 mars 2014 13:57

                              Si vous enlevez le nombre des logements de vacances vous vous retrouvez à 350 soit un nombre de logements très faible par rapport à l’Allemagne, les Pays Bas, la Belgique et même la Grande Bretagne.

                              Comment arrivez vous à ce résultat de 350 en partant de 512 ? Peut on raisonnablement dire que le tiers ( smiley) des logements en France sont des « logements de vacances » ? Pouvez vous sourcer ce que vous avancez ?

                              La part du loyer dans le budget d’un ménage est d’environ 25% (35 pour la région parisienne). Mais cette part augmente trés fortement quand les revenus sont inférieurs à 2000 euro. Il faut donc plus de logement sociaux.

                              Et si, au lieu de logements dits sociaux, on avait des logements privés abordables ? Actuellement on a d’une part quelques insiders qui ont réussi à obtenir des logements sociaux et qui s’y accrochent (mobilité très faible dans le parc social : quand on a un HLM on le garde, quitte à refuser des opportunités) et d’autre part des locataires dans le privé qui, pour les plus précaires, sont subventionnés via des aides à la personne (APL, ALS...). Pour les autres, la masse grouillante des locataires pas assez pauvres mais pas assez riches pour accéder : rien, nada.

                              Je me fais un peu l’avocat du diable mais, si on supprimait les APL, que se passerait il ? Aurait on des millions de locataires à la rue ou bien les loyers seraient ils alors contraints de s’adapter à une demande solvable en baisse et, au final, n’aurait on pas une baisse des loyers (pour tous) ?


                            • foufouille foufouille 28 mars 2014 15:45

                              "et que vous le louez 600 euro, vous avez une rente de 8% net (moins la taxe foncière et divers), ce qui est très rentable. Et à 600 euro vous êtes assuré de conserver votre locataire"

                              nan car tu as oublier tes travaux a faire

                              sinon, sans locataire, le bailleur met en vente et ne baissera presque jamais le loyer
                               


                            • Trelawney Trelawney 28 mars 2014 17:24

                              Comment arrivez vous à ce résultat de 350 en partant de 512 ?

                              Voila ce qui arrive lorsque l’on ne vérifie pas ses sources. J’ai pompé les chiffres sur les stats du ministère du tourismes et bien sur ils ne comptes pas comme nous.

                              En recoupant mes données j’arrive à 250 logements pour 1000 habitant soit environ 34 millions de logements. Dans ces 34 millions de logements il y a environ 3 millions de résidence secondaire 1 millions (le ministère du tourisme compte en lits ) de logements de vacances. Ca ramène le nombre à 460 et pas 350 soit un peu en dessous de l’Allemagne (il y a très peu de propriétaires allemands donc les résidences secondaires là bas c’est anecdotique) .

                              Il n’empêche que pour réguler le prix du loyer, la France manque de logements HLM.

                              Pour ce qui est de l’APL je suis de votre avis. C’est une allocation qui va direct dans la poche du propriétaire et qui ne bénéficie pas au locataire. S’il n’y avait pas l’APL le cout des loyers serait moins élevé.

                              Maintenant 500000 logements à construire et 500000 à rénover par an c’est peut être beaucoup mais 300000 ce n’est pas assés


                            • Bulbe Immo Bulbe Immo 3 avril 2014 10:40

                              300 000 ce n’est effectivement pas assez. L’INSEE estime la demande entre 330 et 350 000 logements par an (https://docs.google.com/file/d/0B7c8XSLbST9lWXVSbUFfQTU1RGM/edit)

                              Loin des 500 000 rêvés non ?


                            • paul 28 mars 2014 14:12

                              Il ne peut être fait une analyse sérieuse des questions très variées relatives au logement avec les chiffres présentés dans ce court article : ils globalisent les différentes problématiques (excès de simplification comme c’est dit plus haut), et ne tiennent aucun compte des différents secteurs géographiques ni des conditions de l’urbanisme qui sont liées . L’aspect social est évacué, le mot spéculation est curieusement absent .
                              En conclusion, rien ne justifie le titre, presque provocateur .


                              • Bulbe Immo Bulbe Immo 28 mars 2014 14:30

                                La question est pourtant assez simple : il y a pénurie et il faut massivement construire (objectif 500 000) ou il n’y a pas pénurie et il faut trouver d’autres solutions (aménagement du territoire, mobilisation des ressources disponibles...).

                                A trop vouloir faire un problème micro d’un enjeu macro on finira inévitablement par faire une erreur de diagnostic et par adopter de mauvaises mesures. A moins finalement que la scission du territoire entre les insiders des grands centres urbains connectés à la mondialisation et les ruraux détachés ne soit, finalement, que le seul objectif qui vaille.

                                L’avenir serait fait de pôles concentrés et de vide. L’aspect social, qui s’en soucie avec des objectifs chiffrés en nombre de logements ?


                              • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 28 mars 2014 14:42

                                Interressant article et commentaires ...
                                Pour l’abandon d’idée d’amenagement du territoire ,un article du monde :
                                http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/02/07/amenagement-du-territoire-la-fin-d-une-ambition-politique_4362318_3232.html.


                              • Bulbe Immo Bulbe Immo 3 avril 2014 10:41

                                Merci pour le lien. Article intéressant.


                              • Stof Stof 28 mars 2014 14:32

                                Le problème c’est que tout le monde veut habiter aux mêmes endroits : bassins d’emploi et sur la côte.
                                Donc une moyenne nationale est assez peu pertinente.


                                • Bulbe Immo Bulbe Immo 28 mars 2014 14:37

                                  Donc envisager de construire 500 000 logements sans aucune considération géographique est assez peu pertinent.

                                  Nous sommes d’accord.


                                • dixneuf 28 mars 2014 15:26

                                  Et pourtant les terrains ne manquent pas, il existe encore des terres agricoles pour construire des habitations, des routes (avec des ronds-points) et plein d’autres choses à développer durablement....  smiley


                                  • njama njama 28 mars 2014 16:14

                                    Jusqu’à la fin des années 90 les banques exigeaient 20 % d’apport pour acheter de l’ancien, 10 % pour du récent de moins de 15 ans je crois, et pas (ou presque) d’apport pour des constructions neuves. Les taux étaient bien plus élevés qu’aujourd’hui ...
                                    Dans l’acquisition de logement anciens des prêts sans apport (PAP ou prêts conventionnés) étaient possible sous réserve de faire réaliser au moins 50 % du montant d’acquisition en travaux.
                                    Les « frais de notaire » (qui sont en fait en grande partie des taxes que l’Etat perçoit) étaient de l’ordre de 10 % du montant d’acquisition, et n’étaient pas éligibles pour être compris dans un prêt, donc il fallait pouvoir les financer sur de l’épargne.

                                    vers le fin des années 90 et début des années 2000 les taux bancaires ont dégringolés, les banques ne demandaient aucun apport, la durée des prêts s’est allongée jusque 25 ans, puis jusque 30 ans. Les frais de notaires avaient été bien réduits sous Jospin (je crois) - mais les transactions se multipliant, les prix de l’immobilier flambant, cette mesure n’a pas dû couter un centime à l’Etat, au contraire.
                                    Et puis depuis 3 ou 4 ans les banques sont beaucoup plus pointilleuses pour prêter de l’argent ...

                                    Tout cela pour dire que les banques font la pluie et le beau temps dans les conditions d’accession à la propriété, et que la spéculation d’autre part sur les biens immobiliers par des agences principalement (que je tiens personnellement pour responsables de cette flambée des prix) fait la côte ...

                                    Avant, il me semble que c’était le coût de réalisation du neuf qui plus ou moins déterminait les prix de l’immobilier. Comme dans la récente spéculation immobilière ces coûts du neuf ne pouvaient pas flamber au même rythme que l’ancien ... le prix des terrains a doublé, voire triplé ou plus. En pratique les surfaces des parcelles se sont vraiment réduites. Encore une fois, ce sont les promoteurs et spéculateurs divers qui ont été à la base cette bulle immobilière.

                                    La pénurie de logements je n’y crois pas ..les difficultés de se loger en France, sont très souvent assez locales, dans les grandes villes par exemple.


                                    • Bulgroz 28 mars 2014 16:49


                                      Rappel de l’engagement n° 22 du candidat Hollande  : « J’agirai pour que soient construits au cours du quinquennat 2,5 millions de logements intermédiaires, sociaux et étudiants« 

                                      Logements commencés : (chiffres Ministère Développement Durable)

                                      2011 : 421 306
                                      2012 : 346 463
                                      2013 : 312 867

                                      Donc, en 2013, avec le couple Duflot/Hollande, on a démarré 108 439 logements de moins qu’en 2011 avec Sarkozy (-26%)

                                      Pareil pour le nombre d’autorisations de construction de logements : -20,7%

                                      C’est à dire que le couple Duflot/Hollande est tellement persuadé qu’il n’y a pas de pénurie de logements qu’ils ont fait chuter la construction de logements. Certes, le BTP pour la première dans son histoire licencie, mais ce n’est pas grave.

                                      Oui, vous avez bien lu, le candidat Hollande s’est engagé à construire 500 000 logements par an et en 2013, on en construit 100 000 de moins que sous Sarkozy.

                                      Curieux que cet article n’en parle pas.

                                      Pareil, pour les investissements étrangers en France : -83% entre 2012 et 2013 (-87% entre 2011 et 2013) quand ces mêmes investissements ont augmenté de 340% en Allemagne . OUi, vous avez bien lu : -83% entre 2012 et 2013. Chapeau l’artiste !!!


                                      • epicure 28 mars 2014 19:55

                                        Tiens une autre promesse non tenue.....
                                        Faut pas s’étonner s’il est très bas dans les sondages, s’il n’est même pas capable de tenir une promesse comme celle ci.


                                      • Bulbe Immo Bulbe Immo 3 avril 2014 10:49

                                        Curieux que cet article n’en parle pas.

                                        Ce n’est pas curieux... c’est le fond de l’article. F. Hollande promet mais sans que cette promesse ne repose sur rien. Sur aucune demande fondée. Au lieu de diluer on concentre toujours plus. Dans les années 50/70 on a eu les chemins de grue, les grands ensembles. Ce plan de bétonnage n’est qu’une resucée des mêmes erreurs.

                                        Construire pour contruire c’est bon pour le BTP et la croissance, c’est une vraie politique de l’offre... avec les problèmes que ça risque d’engendrer. Ces logements surnuméraires, il faudra bien que quelqu’un les assume au final. Vous serez là pour régler la note, vous ?


                                      • paul 28 mars 2014 17:51

                                         Buble immo : relisez les articles dont vous donnez les liens, ils contredisent en bonne partie vos affirmations sur l’offre de logements. Par exemple sur Métro politiques : « Pourquoi manque t-il des logements en France ? » :
                                         « la localisation, un critère fondamental ...une pénurie de logements accessibles ...un manque de plancher plus qu’un manque de terrain ...mieux articuler logement et urbanisme ...une transformation des relations entre Villes,aménageurs et promoteurs », ect ...
                                        Logements accessibles, il est surtout là le problème . Comparaison avec nos voisins de l’UE : voyez l’Allemagne, ce n’est vraiment pas en notre faveur .
                                        Vous avez belle explication à cette crise : si il y avait pénurie de logements, les prix auraient dû normalement exploser. Or c’est loin d’être le cas ! Un point de vue de propriétaire et d’investisseur .
                                        Le 20 janvier dernier, France 3 a diffusé un excellent documentaire qui contredit vos affirmations : La France en face, le scandale du logement .
                                         www.france3.fr/emission/la-france-en-face-le-scandale-du-logement


                                        • Bulbe Immo Bulbe Immo 3 avril 2014 11:09

                                          Le documentaire de France 3 était effectivement assez instructif. Visiblement vous ne l’avez pas vu en intégralité, les exemples sur la construction excédentaire en produit de défiscalisation étaient assez édifiants (Besançon de mémoire). Le reportage sur le ménage lyonnais contraint de se taper 2h de transport quotidien également. La maison à 100 000€ qui part en lambeau, pareil. Il ne suffit pas de bétonner pour rendre le logement accessible.

                                          Dans certaines zones il y a trop de logements (vides) et dans d’autres il n’y en a pas assez. La solution préconisée c’est de construire plus... où ? on s’en moque. A quel prix ? on s’en moque.

                                          En inversant un peu la réflexion ne serait il pas plus judicieux d’attirer les ménages dans des endroits où il y a déjà des logements plutôt que de les concentrer toujours plus dans des grands centres urbains ?

                                          Ce n’est pas parce qu’on répète 1000 fois une bêtise qu’elle devient une vérité : on ne manque pas de logements en France.


                                        • Rincevent Rincevent 28 mars 2014 22:31

                                          @ l’auteur.

                                          Il est vrai que l’augmentation de l’offre de crédit a évité à la bulle immobilière d’éclater. Mais pourquoi cette offre sinon parce que, entre autre, les salaires étant bloqués, les primo-accédants ne pouvaient plus suivre à 15/20 ans. Or ce sont les meilleurs clients dans l’ancien et, pour satisfaire la filière immobilière, on a tiré à fond sur la corde du crédit. Alors, « le laisser se purger de ses excès (les promoteurs, banquiers, artisans, agents immobiliers, notaires, l’État... en seront pour leurs frais) » Pourquoi pas ? Ça aurait le mérite de remettre à leur vrai niveau de prix des biens actuellement surévalués et donc décoincerait le marché, non ?

                                          « Si les banques ne prêtent qu’aux riches (maintenant) c’est finalement pour protéger les pauvres d’eux même ». Les banques auraient donc une moralité ? Çà se saurait… Le simple exemple des crédits revolving et la réticence à établir un fichier national des crédits efficace prouve le contraire. Des pauvres endettés sont, paradoxalement, une source de revenus pour les banquiers.

                                          Un exemple dans l’immobilier ? Le Crédit Agricole. Préteur en tant que banque, il avait racheté des petits réseaux d’agences immobilières afin de participer au festin de la bulle (Square habitat). Et là, mauvaise pioche, 2008, conséquences chez nous de la crise des subprimes US, le marché s’enraye… Mais, maintenant, qui détient à la fois des créances saisissables et un réseau pour les revendre ? C’est très « moral » non ?

                                          « Les banques ont prêté à tire larigot au début des années 2000, nous payons maintenant les conséquences de ces errements : spirale haussière, immobilier cher, salaires devant s’ajuster et/ou subventionnement de ceux qui n’ont pas eu la chance (ou l’opportunité) d’acheter en 2000 et/ou paupérisation => compétitivité en berne ». D’accord avec les deux premiers termes mais ensuite où avez-vous vu que les salaires (pour ceux qui en ont encore un) s’étaient ajustés ? Pour les subventions, le seul vrai bénéficiaire c’est la bulle. Que la paupérisation pèse sur la compétitivité ce n’est hélas pas l’avis du patronat, c’est exactement le contraire.

                                          Indice des notaires :
                                          oui j’aurais dû dire le plus fiable par défaut, quant on examine les autres…

                                          « Il est moins couteux d’entretenir quelques oisifs dans un grand pôle urbain (RSA, chômeurs et autres formes de précarité) que quelques salariés méritants éparpillés sur le territoire avec leurs cohortes de dépenses : une poste, une école, des réseaux à entretenir, le ramassage des ordures, des services publics à assurer » epicure vous a répondu comme il convenait. L’opposition entre oisifs et travailleurs « méritants » donne un éclairage particulier à ce qui était, au départ, un avis sur l’immobilier.

                                          La baisse récente des taux :
                                          elle n’a fait que suivre, mécaniquement, la baisse de tous les placements pour cause d’emballement mondial de la planche à billet, tout simplement.

                                          « S’ils ont actuellement le choix de ne pas y être contraints c’est bien qu’il n’y a pas de pénurie de logements. Rien de plus ». Un pur sophisme et encore les statistiques vs la vie : que savez-vous des conditions de vie de ces gens dans ces conditions ? Par exemple du père parti en studio qui n’a pas le droit de recevoir ses enfants parce que son logement est trop petit ? Sortez des schémas statistiques et regardez vivre autour de vous.

                                          « En fait la taille des logements augmente plus vite pour les ménages âgés que pour les jeunes (pour lesquels elle est en diminution)... mais en moyenne elle augmente ». Évidement, entre un jeune primo-accédant qui démarre avec juste son salaire et le crédit qui va avec et un « vieux » qui a souvent financé son bien actuel par la vente d’un précédent, les moyens (et donc les surfaces) ne sont pas du tout les mêmes. Ajoutez à ça les enfants qui sont partis, la réticence affective à quitter un chez-soi et on peut parler de sous-occupation (ça vaut aussi pour les veufs avec la perspective « riante » de la maison de retraite…). Mais, là aussi, on est dans la vrai vie/les sentiments plus que dans les chiffres.

                                          « Dans le cas du logement social il est rare de se voir proposer un logement plus adapté ». C’est vrai, il existe bien un manque d’actualisation des situations familiales et des revenus. Certains pourraient se loger dans le privé mais pour les offices HLM ils présentent un double intérêt : ils sont plus solvables que les autres et ils son garants, par leur présence, de cette volonté (affichée) de mixité sociale. Chez moi, la grande barre HLM a été sérieusement rénovée, les loyers sérieusement réactualisés sur les revenus (40 % d’augmentation pour une collègue), les quelques réellement pauvres évacués ailleurs et elle s’appelle maintenant Résidence…

                                          En bon investigateur que vous êtes
                                          . Je « n’investigue » que quand je suis obligé de rechercher une information qui n’est pas directement disponible. La consultation de Facebook ne m’en a pas appris beaucoup plus.

                                          Bonne soirée.


                                          • Bulbe Immo Bulbe Immo 3 avril 2014 11:15

                                            Au final je pense que nous sommes d’accord sur presque tout. Sauf sur les solutions pour sortir de l’ornière.


                                          • vesjem vesjem 29 mars 2014 08:52

                                            excellent article qui confirme ce que je pensais
                                            un des pb , c’est que l’accession à la propriété principale a diminué (pour les revenus modestes) , à cause de la succession de lois imbéciles à dessein , favorisant l’investissement locatif ;
                                            nos élites sont vraiment des branquignoles


                                            • njama njama 29 mars 2014 09:55

                                              dans les relations de causes à effets en immobilier, l’annonce essentiellement politique à la base de 80% d’une classe d’âge au baccalauréat a eu d’immenses conséquences sur le logement dans les grandes villes où il y avait des universités.

                                              Les conséquences étaient faciles à deviner, hormis que tous ces jeunes n’iraient pas pointer à l’ANPE ce qui jugulait momentanément les chiffres du chômage, ils iraient en fac ... donc logements.
                                              C’est là que certains spéculant sur cette vague annoncée ont fait fortune en achetant des immeubles en ville pour les « découper » et les transformer en résidences pour étudiants. Et d’autres se sont trouvés précocement des vocations de Thénardiers, générant une économie de rentiers. La rentabilité du locatif en ville a explosé avec ce phénomène entraînant une réaction en chaîne ...

                                              En ajoutant que les étudiants ont pu bénéficier d’allocations logements, cela a provoqué une flambée des loyers des petits logements, qui s’est répercuté sur le m2 des plus grands et donc sur la valeur foncière de l’immobilier


                                              • Bulbe Immo Bulbe Immo 3 avril 2014 11:16

                                                C’est un point de vue qui se défend.


                                              • stetienne stetienne 5 avril 2014 09:53

                                                il faut
                                                autorise les mobiles hommes comme habitation principale
                                                controler le prix des terrains celui ne devant pas depasser 5% du prix d’une maison

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